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AUSSI LONGTEMPS QUE TU LE PEUX – Poème de Constantin Cavafis Όσο Mπορείς

Grèce – Ελλάδα

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Traduction Jacky Lavauzelle*******

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Constantin Cavafy poèmes
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LITTERATURE GRECQUE
POESIE GRECQUE

Ελληνική λογοτεχνία
Ελληνική ποίηση

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Constantin Cavafy
Καβάφης
1863 – 1933

Traduction Jacky Lavauzelle

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Traduction Jacky Lavauzelle


LES POEMES GRECS

 AUSSI LONGTEMPS QUE TU LE PEUX
Όσο Mπορείς
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1913

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Périclès Pantazis, Περικλής Πανταζής, Χιονισμένο τοπίο, Paysage enneigé , E. Galerie Averoff, Musée Averoff,, Pinacothèque E. Averoff, Metsovo, Epire

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Κι αν δεν μπορείς να κάμεις την ζωή σου όπως την θέλεις,
Et si tu ne peux pas avoir la vie que tu désires,
τούτο προσπάθησε τουλάχιστον
tout du moins, essaie
όσο μπορείς: μην την εξευτελίζεις
aussi longtemps que tu le peux de l’avoir : ne te perds pas
μες στην πολλή συνάφεια του κόσμου,
Dans la confusion du monde,
μες στες πολλές κινήσεις κι ομιλίες.
dans des gestes et discours inutiles.

*

Μην την εξευτελίζεις πηαίνοντάς την,
Ne t’égare pas dans des aventures fiévreuses,
γυρίζοντας συχνά κ’ εκθέτοντάς την
en participant à tout et en t’exposant
στων σχέσεων και των συναναστροφών
à d’inutiles relations et contacts
την καθημερινήν ανοησία,
jusqu’à la folie quotidienne,
 ώς που να γίνει σα μια ξένη φορτική.
jusqu’à ce que tu deviennes à toi-même un étrange étranger.

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Καβάφης
Traduction Jacky Lavauzelle

ARTGITATO
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LA POESIE GRECQUE EN GRECE 

Le langage est ce qu’il y a en Grèce de plus antique. C’est un grand charme pour celui qui a voué un culte à l’antiquité grecque d’entendre parler grec autour de lui, de reconnaître dans les conversations d’un guide ou d’un marinier tel mot qu’il n’avait jusque-là rencontré que dans Homère. Il semble alors qu’on est réellement transporté dans la Grèce antique ; on est tenté de dire aux passans, comme Philoctète à ses compatriotes retrouvés dans Lemnos : je veux vous entendre, et de s’écrier comme lui, ô langage bien aimé ! Mais, pour se livrer à ce transport, il faudrait, dira-t-on, que ce langage fût celui des anciens Hellènes, et non pas un dérivé imparfait que défigure une prononciation bizarre. A cela on peut répondre : Quant à la prononciation, il n’y a pas de raison pour que les descendans de Périclès adoptent le système qu’un savant Hollandais a imaginé au XVIe siècle. Du reste la question est délicate et ne saurait être traitée ici. Qu’il suffise d’affirmer que plusieurs règles de prononciation, adoptées par les Grecs modernes, remontent à la plus haute antiquité, et que l’on trouve déjà dans le second siècle de notre ère des exemples de l’iotacisme, c’est-à-dire de ê, ei, oi, prononcés i, bien que l’iotacisme ne paraisse avoir été définitivement et complètement constituée qu’au Xe ou XIe siècle.

Dans le langage populaire de certaines parties de la Grèce, on retrouve quelques vestiges des dialectes qui y furent parlé autrefois. En général, les anciens dialectes grecs ont péri par suite de la conquête, qui les a éteints avec la vie locale des pays subjugués. Cependant ils n’ont pas disparu entièrement ; on retrouve des traces assez nombreuses du dialecte œolien dans la Béotie et la Phocide, et dans un canton montagneux du Péloponèse, la Tzaconie, le dialecte dorien s’est merveilleusement conservé un certain nombre de mots grecs oubliés par le temps ont été remplacés dans l’usage par une autre expression : ainsi, trecho, courir, au lieu de dremo ; au lieu d’artos, pain, psomi. Eh bien ! il arrive que le vieux mot grec oublié se retrouve dans un coin de la Grèce, par exemple dremo dans les villages du Parnasse…

Jean-Jacques Ampère
La poésie grecques en Grèce
Seconde Partie
Revue des Deux Mondes, tome 7, 1844

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Καβάφης
Constantin Cavafy
Έλληνα ποιητή
Cavafy Poèmes

Constantin Cavafy – En attendant les barbares – Περιμένοντας τους Βαρβάρους

Grèce – Ελλάδα

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Traduction Jacky Lavauzelle*******

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Constantin Cavafy poèmes
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LITTERATURE GRECQUE
POESIE GRECQUE

Ελληνική λογοτεχνία
Ελληνική ποίηση

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Constantin Cavafy
1863 – 1933

Traduction Jacky Lavauzelle

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Traduction Jacky Lavauzelle


LES POEMES GRECS

 Περιμένοντας τους Βαρβάρους 

En attendant les Barbares
1904

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Traduction Jacky Lavauzelle
Les Huns à la bataille de Chalons, Alphonse de Neuville

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-Τι περιμένουμε στην αγορά συναθροισμένοι;
-Ensemble, qu’attendons-nous sur l’agora ?
 Είναι οι βάρβαροι να φθάσουν σήμερα.
Aujourd’hui, il paraît qu’une bande de barbares bientôt déferlera.

*

-Γιατί μέσα στην Σύγκλητο μιά τέτοια απραξία;
-Pourquoi rien ne vient du Sénat ?
Τι κάθοντ’ οι Συγκλητικοί και δεν νομοθετούνε;
Pourquoi nos sénateurs ne légifèrent donc pas ?

*

-Γιατί οι βάρβαροι θα φθάσουν σήμερα.
– Car les barbares aujourd’hui arriveront.
Τι νόμους πια θα κάμουν οι Συγκλητικοί;
Quelles lois peut-on faire maintenant ?
Οι βάρβαροι σαν έλθουν θα νομοθετήσουν.
Les barbares à leur tour légiféreront.

*

-Γιατί ο αυτοκράτωρ μας τόσο πρωί σηκώθη,
-Pourquoi notre empereur s’est-il ce matin levé,
και κάθεται στης πόλεως την πιο μεγάλη πύλη
et est parti à la plus grande porte et s’est assis tout devant,
  στον θρόνο επάνω, επίσημος, φορώντας την κορώνα;
sur le trône,  avec sa tête couronnée ?

*

-Γιατί οι βάρβαροι θα φθάσουν σήμερα.
– Car les barbares arriveront aujourd’hui.
Κι ο αυτοκράτωρ περιμένει να δεχθεί
Et l’empereur attend de recevoir ici
τον αρχηγό τους. Μάλιστα ετοίμασε
avec les honneurs leur chef. Il a rédigé pour l’occasion
για να τον δώσει μια περγαμηνή. Εκεί
un parchemin à lui remettre. Là s’y trouvent les fonctions
 τον έγραψε τίτλους πολλούς κι ονόματα.
et les titres des dignitaires.

*

-Γιατί οι δυό μας ύπατοι κ’ οι πραίτορες εβγήκαν
-Nos deux consuls et nos préteurs se sont présentés
σήμερα με τες κόκκινες, τες κεντημένες τόγες·
aujourd’hui accoutrés de leurs toges rouges brodées ;
γιατί βραχιόλια φόρεσαν με τόσους αμεθύστους,
les bracelets avec grande ostentation étaient par eux portés ,
και δαχτυλίδια με λαμπρά γυαλιστερά σμαράγδια·
et des anneaux avec des émeraudes brillantes par eux affichés ;
γιατί να πιάσουν σήμερα πολύτιμα μπαστούνια
des bâtons de valeur aujourd’hui sont présentés
 μ’ ασήμια και μαλάματα έκτακτα σκαλισμένα;
d’argent et d’or extraordinairement sculptés ?

*

Γιατί οι βάρβαροι θα φθάσουν σήμερα·
Car ils arriveront aujourd’hui les barbares
και τέτοια πράγματα θαμπόνουν τους βαρβάρους.
et de telles choses impressionneront nos barbares.

*

-Γιατί κ’ οι άξιοι ρήτορες δεν έρχονται σαν πάντα
-Pourquoi ne viennent-ils pas comme toujours, nos orateurs de renom
να βγάλουνε τους λόγους τους, να πούνε τα δικά τους;
faire leurs propres sermons ?

*

Γιατί οι βάρβαροι θα φθάσουν σήμερα·
Car les barbares arriveront aujourd’hui
κι αυτοί βαριούντ’ ευφράδειες και δημηγορίες.
et  leur éloquence et de leur sermon les ennuient.

*

-Γιατί ν’ αρχίσει μονομιάς αυτή η ανησυχία
-Pourquoi cette inquiétude d’emblée
κ’ η σύγχυσις. (Τα πρόσωπα τι σοβαρά που έγιναν).
et cette confusion. Que de personnes tracassées !
Γιατί αδειάζουν γρήγορα οι δρόμοι κ’ οι πλατέες,
Pourquoi les rues et les places se vident-elles si précipitamment,
κι όλοι γυρνούν στα σπίτια τους πολύ συλλογισμένοι;
et pourquoi tous rentrent-ils dans leurs maisons comme absents ?

*

Γιατί ενύχτωσε κ’ οι βάρβαροι δεν ήλθαν.
Cette nuit, en fait, les barbares ne sont pas venus.
Και μερικοί έφθασαν απ’ τα σύνορα,
Et certains, qui venaient de la frontière,
και είπανε πως βάρβαροι πια δεν υπάρχουν.
ont dit que les barbares n’existaient plus.

*

Και τώρα τι θα γένουμε χωρίς βαρβάρους.
Et maintenant, qu’arrivera-t-il sans les barbares ?
Οι άνθρωποι αυτοί ήσαν μιά κάποια λύσις.
Eux qui étaient une solution !

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Traduction Jacky Lavauzelle
ARTGITATO
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LA POESIE GRECQUE EN GRECE 

Le langage est ce qu’il y a en Grèce de plus antique. C’est un grand charme pour celui qui a voué un culte à l’antiquité grecque d’entendre parler grec autour de lui, de reconnaître dans les conversations d’un guide ou d’un marinier tel mot qu’il n’avait jusque-là rencontré que dans Homère. Il semble alors qu’on est réellement transporté dans la Grèce antique ; on est tenté de dire aux passans, comme Philoctète à ses compatriotes retrouvés dans Lemnos : je veux vous entendre, et de s’écrier comme lui, ô langage bien aimé ! Mais, pour se livrer à ce transport, il faudrait, dira-t-on, que ce langage fût celui des anciens Hellènes, et non pas un dérivé imparfait que défigure une prononciation bizarre. A cela on peut répondre : Quant à la prononciation, il n’y a pas de raison pour que les descendans de Périclès adoptent le système qu’un savant Hollandais a imaginé au XVIe siècle. Du reste la question est délicate et ne saurait être traitée ici. Qu’il suffise d’affirmer que plusieurs règles de prononciation, adoptées par les Grecs modernes, remontent à la plus haute antiquité, et que l’on trouve déjà dans le second siècle de notre ère des exemples de l’iotacisme, c’est-à-dire de ê, ei, oi, prononcés i, bien que l’iotacisme ne paraisse avoir été définitivement et complètement constituée qu’au Xe ou XIe siècle.

Dans le langage populaire de certaines parties de la Grèce, on retrouve quelques vestiges des dialectes qui y furent parlé autrefois. En général, les anciens dialectes grecs ont péri par suite de la conquête, qui les a éteints avec la vie locale des pays subjugués. Cependant ils n’ont pas disparu entièrement ; on retrouve des traces assez nombreuses du dialecte œolien dans la Béotie et la Phocide, et dans un canton montagneux du Péloponèse, la Tzaconie, le dialecte dorien s’est merveilleusement conservé un certain nombre de mots grecs oubliés par le temps ont été remplacés dans l’usage par une autre expression : ainsi, trecho, courir, au lieu de dremo ; au lieu d’artos, pain, psomi. Eh bien ! il arrive que le vieux mot grec oublié se retrouve dans un coin de la Grèce, par exemple dremo dans les villages du Parnasse…

Jean-Jacques Ampère
La poésie grecques en Grèce
Seconde Partie
Revue des Deux Mondes, tome 7, 1844

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Constantin Cavafy
Έλληνα ποιητή
Cavafy Poèmes

Constantin Cavafy La Ville – Η Πόλις – Κωνσταντίνος Πέτρου Καβάφης

Grèce – Ελλάδα

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Traduction Jacky Lavauzelle*******

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Constantin Cavafy poèmes
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LITTERATURE GRECQUE
POESIE GRECQUE

Ελληνική λογοτεχνία
Ελληνική ποίηση

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Constantin Cavafy
1863 – 1933

Traduction Jacky Lavauzelle

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Traduction Jacky Lavauzelle


LES POEMES GRECS

 Η Πόλις 

La Ville
Από τα Ποιήματα 1897-1933

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Traduction Jacky Lavauzelle
Ioannis Altamouras – Ιωάννης Αλταμούρας  (1852-1878) Marine (1875)

Είπες· «Θα πάγω σ’ άλλη γη, θα πάγω σ’ άλλη θάλασσα.
Tu as dit ceci : « Je vais vers un autre pays, vers une autre mer.
 « Μια πόλις άλλη θα βρεθεί καλλίτερη από αυτή.
Où, une ville différente, une ville meilleure, je trouverai.
Κάθε προσπάθεια μου μια καταδίκη είναι γραφτή·
 Une peine et une douleur, chaque effort que je fais ;
κ’ είν’ η καρδιά μου — σαν νεκρός — θαμένη.
mon cœur est mort – mort et enterré.
Ο νους μου ως πότε μες στον μαρασμόν αυτόν θα μένει.
Mon esprit quand je suis ici se retrouve au cœur de ce lieu désolé.
Όπου το μάτι μου γυρίσω, όπου κι αν δω
Partout où mon œil se pose, partout je vois
ερείπια μαύρα της ζωής μου βλέπω εδώ,
les tristes et sombres ruines de ma vie, où ma foi
που τόσα χρόνια πέρασα και ρήμαξα και χάλασα.»
j’ai passé tant d’années, où je l’ai ruinée, où je l’ai brisée. »

*

Καινούριους τόπους δεν θα βρεις, δεν θάβρεις άλλες θάλασσες.
D’autres lieux, d’autres mers, tu ne trouveras.
Η πόλις θα σε ακολουθεί. Στους δρόμους θα γυρνάς
La ville te poursuivra. Au travers des rues, tu erreras
τους ίδιους. Και στες γειτονιές τες ίδιες θα γερνάς·
Et dans tes quartiers tu vieilliras ;
και μες στα ίδια σπίτια αυτά θ’ ασπρίζεις.
et dans ces mêmes maisons, grisonnant, tu deviendras.
Πάντα στην πόλι αυτή θα φθάνεις. Για τα αλλού — μη ελπίζεις—
Toujours, dans cette ville, tu reviendras. Pour les autres villes, n’espère pas –
 δεν έχει πλοίο για σε, δεν έχει οδό.
car de bateau pour toi, de traversée, pour toi, il n’y aura.
Έτσι που τη ζωή σου ρήμαξες εδώ
Alors ta vie, celle que tu as brisée en ce lieu,
στην κώχη τούτη την μικρή, σ’ όλην την γη την χάλασες.
dans cette petite maison, tu l’as brisée en tout lieu.

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Traduction Jacky Lavauzelle
ARTGITATO
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LA POESIE GRECQUE EN GRECE 

Le langage est ce qu’il y a en Grèce de plus antique. C’est un grand charme pour celui qui a voué un culte à l’antiquité grecque d’entendre parler grec autour de lui, de reconnaître dans les conversations d’un guide ou d’un marinier tel mot qu’il n’avait jusque-là rencontré que dans Homère. Il semble alors qu’on est réellement transporté dans la Grèce antique ; on est tenté de dire aux passans, comme Philoctète à ses compatriotes retrouvés dans Lemnos : je veux vous entendre, et de s’écrier comme lui, ô langage bien aimé ! Mais, pour se livrer à ce transport, il faudrait, dira-t-on, que ce langage fût celui des anciens Hellènes, et non pas un dérivé imparfait que défigure une prononciation bizarre. A cela on peut répondre : Quant à la prononciation, il n’y a pas de raison pour que les descendans de Périclès adoptent le système qu’un savant Hollandais a imaginé au XVIe siècle. Du reste la question est délicate et ne saurait être traitée ici. Qu’il suffise d’affirmer que plusieurs règles de prononciation, adoptées par les Grecs modernes, remontent à la plus haute antiquité, et que l’on trouve déjà dans le second siècle de notre ère des exemples de l’iotacisme, c’est-à-dire de ê, ei, oi, prononcés i, bien que l’iotacisme ne paraisse avoir été définitivement et complètement constituée qu’au Xe ou XIe siècle.

Dans le langage populaire de certaines parties de la Grèce, on retrouve quelques vestiges des dialectes qui y furent parlé autrefois. En général, les anciens dialectes grecs ont péri par suite de la conquête, qui les a éteints avec la vie locale des pays subjugués. Cependant ils n’ont pas disparu entièrement ; on retrouve des traces assez nombreuses du dialecte œolien dans la Béotie et la Phocide, et dans un canton montagneux du Péloponèse, la Tzaconie, le dialecte dorien s’est merveilleusement conservé un certain nombre de mots grecs oubliés par le temps ont été remplacés dans l’usage par une autre expression : ainsi, trecho, courir, au lieu de dremo ; au lieu d’artos, pain, psomi. Eh bien ! il arrive que le vieux mot grec oublié se retrouve dans un coin de la Grèce, par exemple dremo dans les villages du Parnasse…

Jean-Jacques Ampère
La poésie grecques en Grèce
Seconde Partie
Revue des Deux Mondes, tome 7, 1844

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Constantin Cavafy
Έλληνα ποιητή
Cavafy Poèmes

CAMOES OS LUSIADAS III-2 LES LUSIADES

Luís Vaz de Camões Les Lusiades
OS LUSIADAS III-2 LES LUSIADES III-2
LITTERATURE PORTUGAISE

Luis de Camoes Oeuvres obras Artgitato

literatura português

Luis de Camões
[1525-1580]

Tradução – Traduction
texto bilingue

Luis de Camoes Les Lusiades

 

Obra Poética

(1556)

LES LUSIADES III-2

OS LUSIADAS III-2

A Epopeia Portuguesa

 

CHANT III
Canto Terceiro

Traduction Jacky Lavauzelle

verso  2
Strophe 2

III-2

Image illustrative de l'article Vasco de Gama

Vasco de Gama

Vasco da Gama signature almirante.svg

 

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Luís Vaz de Camões Les Lusiades
OS LUSIADAS III-2
LES LUSIADES III-2

 *****

Põe tu, Ninfa, em efeito meu desejo,
Peux-tu, ô Nymphe, exaucer mon désir,
  Como merece a gente Lusitana;
Comme le mérite le peuple lusitanien ;
Que veja e saiba o mundo que do Tejo
Que le monde voie et sache que du Tage
O licor de Aganipe corre e mana.
La liqueur d’Aganippe courut et jaillit.
Deixa as flores de Pindo, que já vejo
Laisse les fleurs de Pinde**, que je vois déjà
Banhar-me Apolo na água soberana;
Apollon me baigner dans cette eau souveraine ;
Senão direi que tens algum receio,
Sinon je dirai que tu as quelques craintes,
 Que se escureça o teu querido Orfeio.
Que s’obscurcisse ton cher Orphée.

***

*AGANIPPE
s. f. Terme de Mythologie. C’est le nom d’une fontaine du mont Hélicon, en Béotie, dont les eaux avoient une vertu souveraine pour inspirer les Poëtes, d’où les Muses s’appeloient quelquefois Aganippides. Le cheval Pégase fit sortir de terre cette fontaine d’un coup de pied.
Jésuites et imprimeurs de Trévoux
Dictionnaire universel françois et latin, 6e édition
1771 – Tome 1, p. 150

**PINDE
le (Géog. anc.) montagne de la Grece, fort célébrée par les Poëtes, parce qu’elle étoit consacrée aux Muses : ce n’étoit pas proprement une montagne seule, mais une chaîne de montagnes habitée par différens peuples de l’Epire & de la Thessalie, entre autres par les Athamanes, par les Aétiches, & par les Perrhèbes. Elle séparoit la Macédoine, la Thessalie, & l’Epire. Le Pinde, dit Strabon, liv. IX. est une grande montagne, qui a la Macédoine au nord, les Perrhèbes au couchant, les Dolopes au midi, & qui étoit comprise dans la Thessalie. Pline, liv. IV. chap. j. la place dans l’Epire ; pour accorder ces deux auteurs il suffit de dire que le Pinde étoit entre l’Epire & la Thessalie, & que les peuples qui l’habitoient du côté de l’Epire étoient réputés Epirotes, comme ceux qui l’habitoient du côté de la Thessalie étoient réputés Thessaliens. Tite-Live, liv. XXXII. nomme cette montagne Lyncus, & Chalcondyle, de même que Sophien, disent que le nom moderne est Mezzovo.
Jaucourt
L’Encyclopédie, 1re édition
1751 Tome 12, p. 640

Vasco de Gama par Gregorio Lopes

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Luís Vaz de Camões Les Lusiades
OS LUSIADAS III-2 LES LUSIADES III-2

Traduction Jacky Lavauzelle
ARTGITATO
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White_Fawn_Drawing Faon Diane

LA VIE DE LUIS DE CAMOES
par Charles Magnin

( Extrait )
Par En cherchant à montrer la différence qui sépare la vie aventureuse et active des écrivains portugais, notamment celle de Camoens, de la vie casanière et posée de la plupart de nos gens de lettres, je ne prétends pas élever par-là les œuvres des uns, ni déprimer les productions des autres. Je n’en crois pas les élégies de Camoens plus touchantes parce qu’elles sont datées d’Afrique, de la Chine et de l’Inde ; je n’en estime pas Polyeucte et Cinna moins admirables, parce que le grand Corneille n’a guère fait de plus longues pérégrinations que le voyage de Paris à Rouen. Je ne conseille à personne de louer un cabinet d’étude à Macao ; mais je crois que, généralement, si les ouvrages écrits au milieu des traverses et au feu des périls ne sont pas plus beaux, les vies de leurs auteurs sont plus belles. Indépendamment de la variété des aventures, on y trouve plus d’enseignements. J’admire et j’honore infiniment La Fontaine et Molière, mais j’honore et j’admire encore plus, comme hommes, Cervantès et Camoens. A mérite de rédaction égal, une histoire littéraire du Portugal serait un meilleur et plus beau livre qu’une histoire littéraire de notre dix-septième ou dix-huitième siècle. C’est une chose bonne et sainte que la lecture de ces vies d’épreuves, que ces passions douloureuses des hommes de génie, Je ne sache rien de plus capable de retremper le cœur. C’est pour cela que dans ce temps de souffrances oisives, de désappointements frivoles, de molles contrariétés et de petites douleurs, j’ai cru bon d’écrire l’étude suivante sur la vie de Luiz de Camoens.
….

OS LUSIADAS III-2
Luís Vaz de Camões Les Lusiades

LUIS DE CAMOES OS LUSIADAS Canto Terceiro Chant III Verset 1 à Verset 94

OS LUSIADAS Canto Terceiro
LES LUSIADES III Luis de Camoes Oeuvres obras ArtgitatoOS LUSIADAS Canto Terceiro
LES LUSIADES III CHANT 3
LITTERATURE PORTUGAISE

literatura português

Luis de Camões
[1525-1580]
Tradução – Traduction
resumo
texto bilingue

Luis de Camoes Les Lusiades

OS LUSIADAS – Les Lusiades 

A Epopeia Portuguesa

 

Obra Poética

(1556)

LES LUSIADES III

CHANT III
Canto Terceiro
VERSET 1 à VERSET 94

Traduction Jacky Lavauzelle

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LES LUSIADES III
OS LUSIADAS Canto Terceiro


 óleo de António Carneiro
1927

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III-1

Agora tu, Calíope, me ensina
Maintenant, toi, Calliope, enseigne-moi
O que contou ao Rei o ilustre Gama:
 Ce que conta au Roi l’illustre Gama :

**

III-2

Põe tu, Ninfa, em efeito meu desejo,
 Peux-tu, ô Nymphe, exaucer mon désir,
  Como merece a gente Lusitana;
Comme le mérite le peuple lusitanien ;

**

III-3

Prontos estavam todos escutando
Tous attentivement écoutaient
O que o sublime Gama contaria,
Ce que le sublime Gama contait,

**

III-4

« Que outrem possa louvar esforço alheio,
 « De louer les efforts déployés par d’autres,
Cousa é que se costuma e se deseja;
 Voici un phénomène des plus habituels ;

**




III-5

« Além disso, o que a tudo enfim me obriga,
«D’ailleurs, ce qui m’oblige enfin,
É não poder mentir no que disser,
   C’est de ne pas déformer mes propos,

**

III-6

« Entre a Zona que o Cancro senhoreia,
« Entre la zone que le Cancer recouvre,
Meta setentrional do Sol luzente,
 Limite septentrionale de l’éclatant Soleil,

**

III-7

« Da parte donde o dia vem nascendo,
« Dans la partie où le jour naît,
Com Ásia se avizinha; mas o rio
  A l’Asie, elle se rapproche ; mais une rivière

**

III-8




« Lá onde mais debaixo está do Pólo,
«Là où elle est à son maximum sous le pôle,
Os montes Hiperbóreos aparecem,
  Les collines Hyperboréennes apparaissent,

**

III-9

« Aqui dos Citas grande quantidade
«Ici, des Scythes en nombre
Vivem, que antigamente grande guerra
   Vivaient ; une antique grande Guerre

**

III-10

« Agora nestas partes se nomeia
« Maintenant, les parties se nomment
A Lápia fria, a inculta Noruega,
  La froide Laponie, la Norvège inculte,

**

III-11

« Entre este mar e o Tánais vive estranha
« Entre cette mer et le fleuve Tanaïs* vivent des étranges
 Gente: Rutenos, Moseos e Livónios,
Peuples : les Ruthènes**, les Moscovites et les Livoniens***,

**

III-12

« Entre o remoto Istro e o claro Estreito,
«Entre le lointain Ister* le Détroit prestigieux**,
Aonde Hele deixou co’o nome a vida,
  Où Hellé** laissa et son nom et sa vie,

**

III-13

« Logo de Macedónia estão as gentes,
« Ensuite nous avons les Macédoniens,
A quem lava do Axio a água fria;
  Qui vivent au bord des eaux froides d’Axios* ;

**

III-14

« Logo os Dálmatas vivem; e no seio,
« Bientôt les terres des Dalmates*, et à l’intérieur,
Onde Antenor já muros levantou,
  Où Anténor** éleva les murs,

**

III-15




« Em torno o cerca o Reino Neptunino,
« Tout autour, le Royaume de Neptune, le cerne
Co’os muros naturais por outra parte;
   De parois naturelles d’autre part ;

**

III-16

« Gália ali se verá que nomeada
«La Gaule, ensuite, se présente, connue,
Co’os Cesáreos triunfos foi no mundo,
 Depuis les triomphes de César, de par le monde,

**

III-17

« Eis aqui se descobre a nobre Espanha,
« Ici, on trouve la noble Espagne,
Como cabeça ali de Europa toda,
Considérée comme la tête de toute l’Europe,




**

III-18

« Com Tingitânia entesta, e ali parece
« Avec la Mauritanie Tingitane, elle se touche, et semble
  Que quer fechar o mar Mediterrano,
 Vouloir fermer la mer Méditerranée,

**

III-19

« Tem o Tarragonês, que se fez claro
« Il y a là la Tarraconaise, qui fit
Sujeitando Parténope inquieta;
Soumettre le royaume de Parthénope agité ;

**

III-20

« Eis aqui, quase cume da cabeça
«Ici, se trouve, comme le sommet de la tête
De Europa toda, o Reino Lusitano,
De toute l’Europe, le Royaume Lusitanien,

**

III-21

« Esta é a ditosa pátria minha amada,
« Ceci est ma patrie bénie bien-aimée,
A qual se o Céu me dá que eu sem perigo
 Et si le Ciel me permet d’y revenir 

**

III-22

« Desta o pastor nasceu, que no seu nome
« D’elle, le pasteur Viriate est né, qui par son nom
 Se vê que de homem forte os feitos teve;
 Montre combien les actes furent ceux d’un vaillant homme ;

**

III-23

« Um Rei, por nome Afonso, foi na Espanha,
« Un roi, nommé Alphonse VI, en Espagne,
  Que fez aos Sarracenos tanta guerra,
 Guerroya tant contre les Sarrasins,

**

III-24

« E com um amor intrínseco acendidos
« Et avec un amour suscité intrinsèquement
 Da Fé, mais que das honras populares,
Par la Foi, plus que par les honneurs populaires,

**

III-25

« Destes Anrique, dizem que segundo
« Parmi ceux-ci, Henri, dit-on second 
  Filho de um Rei de Ungria exprimentado,
 Fils d’un roi de Hongrie expérimenté,

**

III-26

« Este, depois que contra os descendentes
« Ainsi, après les descendants
  Da escrava Agar vitórias grandes teve,
 De l’esclave Agar, il conquit de grandes victoires,

**

III-27

« Já tinha vindo Anrique da conquista
«Henri était déjà de retour de la conquête
 Da cidade Hierosólima sagrada,
 La ville sainte de Jérusalem,

**

III-28

« Quando chegado ao fim de sua idade,
«Quand, arrivé à la fin de sa vie,
O forte e famoso Úngaro estremado,
Le preux et célèbre Hongrois,

**

III-29

« Mas o velho rumor, não sei se errado,
« Mais une vieille rumeur, nous ne savons pas si elle est fausse,
Que em tanta antiguidade não há certeza,
 Car rien n’est certain au vu de l’ancienneté des faits,

**

III-30




« Mas o Príncipe Afonso, que desta arte
« Mais le prince Afonse, qui
Se chamava, do avô tomando o nome,
 S’appelait ainsi car de son grand-père il avait pris le nom,

**

III-31

« De Guimarães o campo se tingia
« De Guimarães, la plaine se teinta
Co’o sangue próprio da intestina guerra,
Avec le propre sang de guerres intestines fratricides,

**

III-32

« Ó Progne crua! ó mágica Medeia!
« O brute Procné* ! O magicienne Médée !
Se em vossos próprios filhos vos vingais
Si, en vos propres enfants, vous vengez

**

III-33

« Mas já o Príncipe claro o vencimento
« Mais déjà le Prince éclairé gagnait
Do padrasto e da iníqua mãe levava;
Le combat contre son inique mère ;

**

III-34

« Eis se ajunta o soberbo Castelhano,
« Ici se joignent les superbes Castillans,
Para vingar a injúria de Teresa,
Pour venger l’insulte faite à Thérèse,

**

III-35

« Não passa muito tempo, quando o forte
« Peu de temps passe que le vaillant
  Príncipe em Guimarães está cercado
 Prince à Guimarães est cerné

**

III-36




« Mas o leal vassalo, conhecendo
« Mais le fidèle vassal, sachant
Que seu senhor não tinha resistência,
Que son maître n’avait que trop peu de résistance,

**

III-37

« Chegado tinha o prazo prometido,
« Arriva le temps promis,
Em que o Rei Castelhano já aguardava
 Où le Roi Castillan attendait

**

III-38

« E com seus filhos e mulher se parte
« Et avec ses fils et son épouse, ils partent
A alevantar com eles a fiança,
 Debout se livrer comme caution,

**

III-39

« V ês aqui trago as vidas inocentes
«Voici, j’apporte les vies innocentes
Dos filhos sem pecado e da consorte;
   De mes enfants et de ma compagne ;

**




III-40

« Q ual diante do algoz o condenado,
« Quand, devant le bourreau, le condamné,
Que já na vida a morte tem bebido,
  Sent, même vivant, la mort l’infiltrer,

**

III-41

« Ó grão fidelidade Portuguesa,
« O grande fidélité Portugaise
  
De vassalo, que a tanto se obrigava!
D’un vassal qui autant s’oblige !

**

III-42

« Mas já o Príncipe Afonso aparelhava
Mais déjà le Prince Alphonse préparait
O Lusitano exército ditoso,
 La vaillante armée Lusitanienne,

**

III-43

« Em nenhuma outra cousa confiado,
« Ils [Les Lusitaniens] ne se confiaient à personne,
Senão no sumo Deus, que o Céu regia,
Sinon au majestueux Dieu, que régit le Ciel,

**

III-44

« Cinco Reis Mouros são os inimigos,
« Cinq rois Maures sont les ennemis,
Dos quais o principal Ismar se chama;
  Dont le chef principal est appelé Esmar ;

**

III-45

« A matutina luz serena e fria,
« La lumière du petit matin, froide et sereine,
 « 
 As estrelas do Pólo já apartava,
 Effaçait déjà les étoiles du Pôle,

**

III-46

« Com tal milagre os ânimos da gente
« Avec un tel miracle, l’esprit des troupes
Portuguesa inflamados, levantavam
Portugaises s’enflammant, ils choisirent

**

III-47

« Qual co’os gritos e vozes incitado,
« Comme les cris et les voix galvanisent,
 Pela montanha o rábido Moloso,
Dans la montagne, le molosse enragé




**

III-48

« Tal do Rei novo o estâmago acendido
« Ainsi le nouveau Roi porté
Por Deus e pelo povo juntamente,
Tant par Dieu et que par son peuple,

**

III-49




« Bem como quando a flama, que ateada
« Ainsi, lorsque la flamme naît
Foi nos áridos campos (assoprando
Au cœur des champs arides (souffle




**

III-50

« Desta arte o Mouro atónito e torvado,
« Au cœur de cette maestria, les Maures étonnés et fébriles,
Toma sem tento as armas mui depressa;
Se saisissent de leurs armes ;

**

III-51

« Ali se vêem encontros temerosos,
« Là, vous voyez des téméraires affrontements,
Para se desfazer uma alta serra,
A faire se déplacer une haute montagne,

**

III-52

« Cabeças pelo campo vão saltando
« Des têtes dévalent sur le champ de bataille
 
Braços, pernas, sem dono e sem sentido;
Des bras, des jambes, sans tronc jonchent le sol ;

**

III-53

« Já fica vencedor o Lusitano,
« Les vainqueurs Lusitaniens portent
Recolhendo os troféus e presa rica;
Les trophées et d’importantes richesses ;

**

III-54

« E nestes cinco escudos pinta os trinta
« Et à ces cinq écus, il peint les trente
Dinheiros por que Deus fora vendido,
Deniers pour qui Dieu fut vendu,

**

III-55

« Passado já algum tempo que passada
« Quelques temps passèrent après cette
Era esta grão vitória, o Rei subido
 Grande victoire, puis le Roi se remit en marche

**

III-56

« A estas nobres vilas sometidas,
« A ces nobles villes conquises,
Ajunta também Mafra, em pouco espaço,
 Il ajoute aussi Mafra, à proximité,

**

III-57

« E tu, nobre Lisboa, que no Mundo
« Et toi, noble Lisbonne, dans le Monde
Facilmente das outras és princesa,
   Des autres cités, une princesse,

**

III-58

« Lá do Germânico Albis, e do Rene,
« De l’Elbe et du Rhin germaniques,
E da fria Bretanha conduzidos,
   Et de la froide Bretagne froide était portée




**

III-59

« Cinco vezes a Lua se escondera,
« Cinq fois la lune s’était cachée,
E outras tantas mostrara cheio o rosto,
Et avait tout autant montrée son plein visage,

**

III-60

« Desta arte enfim tomada se rendeu
« Par cet art, elle se rendit finalement
Aquela que, nos tempos já passados,
Celle qui, dans les temps anciens,

**

III-61

« Que cidade tão forte por ventura
« Quelle ville, si forte fût-elle,
 
Haverá que resista, se Lisboa
Pouvait donc résister, si Lisbonne elle-même




**

III-62

« E vós também, ó terras Transtaganas,
« Et vous aussi, ô terres au-delà du Tage,
 Afamadas co’o dom da flava Ceres,
Réputées comme un don de la flavescente Cérès,

**

III-63

« E is a nobre Cidade, certo assento
«C’est désormais Evora, la Ville noble, où s’installa
Do rebelde Sertório antigamente,
Le rebelle Sertorius jadis,

**

III-64

« Já na cidade Beja vai tomar
« Déjà ville de Beja est prise,
Vingança de Trancoso destruída
Vengeant ainsi la destruction de Trancoso ;

**

III-65

« Com estas sojugada foi Palmela,
« Avec la prise de Palmela,
E a piscosa Cezimbra, e juntamente,
Et du port de Sesimbra,  en même temps,




**

III-66

« O Rei de Badajoz era alto Mouro,
« Le Taïfa de Badajoz était un éminent Maure,
Com quatro mil cavalos furiosos,
  Entouré de quatre mille chevaux piaffants,

**

III-67

« Desta arte Afonso súbito mostrado
« Soudain, apparaît Alphonse
 Na gente dá, que passa bem segura,
 Qui se rue sur les troupes se croyant en toute sécurité,

**

III-68

« Logo segue a vitória sem tardança
« Immédiatement dans la voie de la victoire,
O grão Rei incansábil, ajuntando
  Le grand Roi inassouvi rassembla,

**

III-69




« Mas o alto Deus, que para longe guarda
« Mais le majestueux Dieu, qui conserve longtemps
O castigo daquele que o merece,
Le châtiment que nous méritons,

**

III-70

« Que estando na cidade, que cercara,
« Se trouvant dans la ville qu’il venait d’assiéger,
Cercado nela foi dos Lioneses,
Il se trouvait assiégé à son tour par les armées du Léon,

**

III-71

« Ó famoso Pompeio, não te pene
 « O célèbre Pompée, ne te lamente pas
 De teus feitos ilustres a ruína,
Sur les ruines de tes illustres faits,




**

III-72

« Posto que a rica Arábia e que os ferozes
« Depuis que la riche Arabie et que les féroces
 Eníocos e Colcos, cuja fama
  Hénioques et Colchidiens, rendus célèbres

**

III-73

« E posto enfim que desde o mar de Atlante
« Et enfin depuis la Mer Atlantique
Até o Cítico Tauro monte erguido,
Jusqu’aux montagnes du Taurus Scythique érigées,

**

III-74

« Tornado o Rei sublime finalmente,
« Il fut rendu le sublime Roi finalement,
  Do divino Juízo castigado,
Puni par la divine Justice,

**

III-75

« Porque levasse avante seu desejo,
« Pour parachever son dessein,
Ao forte filho manda o lasso velho
 Le vieux roi las demande à son vigoureux fils

**

III-76

« E com esta vitória cobiçoso,
« Et avec cette éclatante victoire,
 
Já não descansa o moço até que veja
  Il continue sans prendre nul repos déjà

**

III-77

« Já se ajuntam do monte a quem Medusa
 » Ils arrivent du Mont Atlas à qui Méduse
O corpo fez perder, que teve o Céu;
  Pétrifia le corps pour soutenir la Voûte céleste ;

**

III-78

« Entrava com toda esta companhia
« Avec toutes ces troupes, le commandeur des croyants,
O Miralmomini em Portugal;
L’Amir al Mouminine, marchait sur le Portugal ;

**

III-79

« Dá-lhe combates ásperos, fazendo
« Livrant un rugueux combat
Ardis de guerra mil o Mouro iroso;
Le Maure irrité tente mille ruses de guerre ;

**

III-80

« Mas o velho, a quem tinham já obrigado
« Mais, Alphonse I, le vieil homme, qui se trouvait déjà
Os trabalhosos anos ao sossego,
En villégiature, après tant d’années de labeur,

**

III-81

« E co’a famosa gente à guerra usada
« Et avec ses fameux soldats rompus à guerroyer
Vai socorrer o filho; e assim ajuntados,
Il part aider son fils et ainsi rassemblée,

**

III-82

« Logo todo o restante se partiu
« Bientôt, les restes de l’armée brisée
De Lusitânia, postos em fugida;
Furent mis en fuite hors de Lusitanie ;

**

III-83

« De tamanhas vitórias triunfava
« Ainsi triomphait-il victorieusement
O velho Afonso , Príncipe subido,
Le vieil Alphonse, l’admirable Prince,

**

III-84

« Os altos promontórios o choraram,
« Les hauts promontoires le pleurèrent,
E dos rios as águas saudosas
Et les eaux nostalgiques des rivières

**

III-85

« Sancho, forte mancebo, que ficara
« Sanche, à l’intrépide jeunesse, avait
Imitando seu pai na valentia,
Toujours pris modèle son valeureux père,

**

III-86

« Depois que foi por Rei alevantado,
« Après que Sanche fut nommé Roi,
Havendo poucos anos que reinava,
Après juste quelques années de règne,

**

III-87

« Passavam a ajudar na santa empresa
« Ces troupes se dirigeaient pour renforcer la sainte croisade
O roxo Federico, que moveu
De Frédéric Barberousse, qui, à l’aide

**

III-88

« Mas a formosa armada, que viera
« Mais cette grandiose armée, qui était arrivée
Por contraste de vento àquela parte,
Forcée par des vents contraires,

**

III-89

« E se tantos troféus do Mahometa
« Et si tant de trophées face au Mahométan
  
Alevantando vai, também do forte
Il remporte, aussi pour ce qui en est du fougueux

**

III-90

« Mas entre tantas palmas salteado
« Mais parmi tant de succès, il succombe
Da temerosa morte, fica herdeiro
A la téméraire mort, laissant un héritier,

**

III-91

« Morto depois Afonso, lhe sucede
« Après la mort d’Alphonse, allait lui succéder
Sancho segundo, manso e descuidado,
   Sanche le second, doux et flegmatique,

**

III-92

« Não era Sancho, não, tão desonesto
« Certes Sanche ne fut pas aussi honteux
Como Nero, que um moço recebia
  Que Néron, qui reçut un garçon

**

III-93

« Nem era o povo seu tiranizado,
« Il ne tyrannisa non plus ses gens,
 Como Sicília foi de seus tiranos;
Comme ceux de Sicile l’avaient été par leurs tyrans ;

**

III-94

« Por esta causa o Reino governou
« A cause de cela le royaume fut gouverné
O Conde Bolonhês, depois alçado
Par le Conte de Boulogne, avant d’être proclamé

*****

LES LUSIADES III
V1-V94

*********************
Traduction Jacky Lavauzelle
ARTGITATO
*********************

CAMOES OS LUSIADAS III-1 LES LUSIADES

Luís Vaz de Camões Les Lusiades
OS LUSIADAS III-1 LES LUSIADES III-1
LITTERATURE PORTUGAISE

Luis de Camoes Oeuvres obras Artgitato

literatura português

Luis de Camões
[1525-1580]

Tradução – Traduction
texto bilingue

Luis de Camoes Les Lusiades

 

Obra Poética

(1556)

LES LUSIADES III-1

OS LUSIADAS III-1

A Epopeia Portuguesa

 

CHANT III
Canto Terceiro

Traduction Jacky Lavauzelle

verso  1
Strophe 1

III-1

Image illustrative de l'article Vasco de Gama

Vasco de Gama

Vasco da Gama signature almirante.svg

 

******

Luís Vaz de Camões Les Lusiades
OS LUSIADAS III-1
LES LUSIADES III-1

 *****

Agora tu, Calíope, me ensina
Maintenant, toi, Calliope, enseigne-moi
O que contou ao Rei o ilustre Gama:
Ce que conta au Roi l’illustre Gama :
  Inspira imortal canto e voz divina
Inspire un immortel chant et une divine voix
 Neste peito mortal, que tanto te ama.
A cette mortelle poitrine, qui tant t’aime.
  Assim o claro inventor da Medicina,
Ainsi à Apollon, génial inventeur de la Médecine,
De quem Orfeu pariste, ó linda Dama,
De qui naquit Orphée, Ô belle Dame,
Nunca por Dafne, Clície ou Leucotoe,
Ne jamais, pour Daphné*, Clytie** ou Leucothoé***,
Te negue o amor devido, como soe.
Te nier l’amour dû.

**

*DAPHNE
nymphe, fille du dieu fleuve Pénée

**CLYTIE
Océanide, fille d’Océan et Téthys.

***LEUCOTHOE – INO

LEUCOTHOÉ, (Mythol. & Littér.) c’est la même qu’Ino, nourrice de Bacchus, qui, fuyant la fureur d’Athamas son mari, roi d’Orchomène, se précipita dans la mer ; mais les dieux touchés de son sort lui donnerent le nom de Leucothoé, après l’avoir admise au rang des divinités marines. Les Romains l’appellerent Matula, voyez ce mot. Elle avoit un autel dans le temple de Neptune à Corinthe. On sait la sage réponse que fit le philosophe Xénophane aux Eléates, qui lui demandoient s’ils feroient bien de continuer à Leucothoé leurs sacrifices, accompagnés de pleurs & de lamentations : il leur répondit que s’ils la tenoient pour déesse il étoit inutile de la tant pleurer ; & que s’ils croyoient qu’elle eût été du nombre des mortelles, ils se pouvoient passer de lui sacrifier. (D. J.)

Jaucourt
L’Encyclopédie, 1re édition
1751 Tome 9, p. 438

Vasco de Gama par Gregorio Lopes

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Luís Vaz de Camões Les Lusiades
OS LUSIADAS III-1 LES LUSIADES III-1

Traduction Jacky Lavauzelle
ARTGITATO
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White_Fawn_Drawing Faon Diane

LA VIE DE LUIS DE CAMOES
par Charles Magnin

( Extrait )
Par En cherchant à montrer la différence qui sépare la vie aventureuse et active des écrivains portugais, notamment celle de Camoens, de la vie casanière et posée de la plupart de nos gens de lettres, je ne prétends pas élever par-là les œuvres des uns, ni déprimer les productions des autres. Je n’en crois pas les élégies de Camoens plus touchantes parce qu’elles sont datées d’Afrique, de la Chine et de l’Inde ; je n’en estime pas Polyeucte et Cinna moins admirables, parce que le grand Corneille n’a guère fait de plus longues pérégrinations que le voyage de Paris à Rouen. Je ne conseille à personne de louer un cabinet d’étude à Macao ; mais je crois que, généralement, si les ouvrages écrits au milieu des traverses et au feu des périls ne sont pas plus beaux, les vies de leurs auteurs sont plus belles. Indépendamment de la variété des aventures, on y trouve plus d’enseignements. J’admire et j’honore infiniment La Fontaine et Molière, mais j’honore et j’admire encore plus, comme hommes, Cervantès et Camoens. A mérite de rédaction égal, une histoire littéraire du Portugal serait un meilleur et plus beau livre qu’une histoire littéraire de notre dix-septième ou dix-huitième siècle. C’est une chose bonne et sainte que la lecture de ces vies d’épreuves, que ces passions douloureuses des hommes de génie, Je ne sache rien de plus capable de retremper le cœur. C’est pour cela que dans ce temps de souffrances oisives, de désappointements frivoles, de molles contrariétés et de petites douleurs, j’ai cru bon d’écrire l’étude suivante sur la vie de Luiz de Camoens.
….

OS LUSIADAS III-1
Luís Vaz de Camões Les Lusiades

CAMOES OS LUSIADAS II-113 LES LUSIADES

Luís Vaz de Camões Les Lusiades
OS LUSIADAS II-113 LES LUSIADES II-113
LITTERATURE PORTUGAISE

Luis de Camoes Oeuvres obras Artgitato

literatura português

Luis de Camões
[1525-1580]

Tradução – Traduction
texto bilingue

Luis de Camoes Les Lusiades

 

Obra Poética

(1556)

LES LUSIADES II-113

OS LUSIADAS II-113

A Epopeia Portuguesa

 

CHANT II
Canto Segundo

Traduction Jacky Lavauzelle

verso  113
Strophe 113

II-113

Image illustrative de l'article Vasco de Gama

Vasco de Gama

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Luís Vaz de Camões Les Lusiades
OS LUSIADAS II-113
LES LUSIADES II-113

 *****

« Queimou o sagrado templo de Diana,
« A Éphèse, il a brûlé le temple sacré de Diane,
Do subtil Tesifónio fabricado,
Construit par le subtil Ctésiphon,
  Heróstrato, por ser da gente humana
Cet Érostrate, pour être, des humains,
Conhecido no mundo e nomeado:
Connu dans le monde et renommé :
  Se também com tais obras nos engana
Ainsi, si de tels méfaits nous conduisent 
O desejo de um nome avantajado,
A désirer une malsaine célébrité,
Mais razão há que queira eterna gloria
Il y a plus de raison de magnifier la gloire éternelle
  Quem faz obras tão dignas de memória. » 
De celui qui accomplit des œuvres dignes de mémoire ».

Vasco de Gama par Gregorio Lopes

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Luís Vaz de Camões Les Lusiades
OS LUSIADAS II-113 LES LUSIADES II-113

Traduction Jacky Lavauzelle
ARTGITATO
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LA VIE DE LUIS DE CAMOES
par Charles Magnin

( Extrait )
Par En cherchant à montrer la différence qui sépare la vie aventureuse et active des écrivains portugais, notamment celle de Camoens, de la vie casanière et posée de la plupart de nos gens de lettres, je ne prétends pas élever par-là les œuvres des uns, ni déprimer les productions des autres. Je n’en crois pas les élégies de Camoens plus touchantes parce qu’elles sont datées d’Afrique, de la Chine et de l’Inde ; je n’en estime pas Polyeucte et Cinna moins admirables, parce que le grand Corneille n’a guère fait de plus longues pérégrinations que le voyage de Paris à Rouen. Je ne conseille à personne de louer un cabinet d’étude à Macao ; mais je crois que, généralement, si les ouvrages écrits au milieu des traverses et au feu des périls ne sont pas plus beaux, les vies de leurs auteurs sont plus belles. Indépendamment de la variété des aventures, on y trouve plus d’enseignements. J’admire et j’honore infiniment La Fontaine et Molière, mais j’honore et j’admire encore plus, comme hommes, Cervantès et Camoens. A mérite de rédaction égal, une histoire littéraire du Portugal serait un meilleur et plus beau livre qu’une histoire littéraire de notre dix-septième ou dix-huitième siècle. C’est une chose bonne et sainte que la lecture de ces vies d’épreuves, que ces passions douloureuses des hommes de génie, Je ne sache rien de plus capable de retremper le cœur. C’est pour cela que dans ce temps de souffrances oisives, de désappointements frivoles, de molles contrariétés et de petites douleurs, j’ai cru bon d’écrire l’étude suivante sur la vie de Luiz de Camoens.
….

OS LUSIADAS II-113
Luís Vaz de Camões Les Lusiades

CAMOES OS LUSIADAS II-112 LES LUSIADES

Luís Vaz de Camões Les Lusiades
OS LUSIADAS II-112 LES LUSIADES II-112
LITTERATURE PORTUGAISE

Luis de Camoes Oeuvres obras Artgitato

literatura português

Luis de Camões
[1525-1580]

Tradução – Traduction
texto bilingue

Luis de Camoes Les Lusiades

 

Obra Poética

(1556)

LES LUSIADES II-112

OS LUSIADAS II-112

A Epopeia Portuguesa

 

CHANT II
Canto Segundo

Traduction Jacky Lavauzelle

verso  112
Strophe 112

II-112

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Luís Vaz de Camões Les Lusiades
OS LUSIADAS II-112  
LES LUSIADES II-112

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« Cometeram soberbos os Gigantes,
« Remplis de superbe, les Géants
Com guerra vã, o Olimpo claro e puro;
Firent une vaine guerre à la claire et pure Olympe ;
Tentou Pirítoo e Teseu, de ignorantes,
Pirithoos et Thésée tentèrent de pénétrer, ignorants,
O Reino de Plutão horrendo e escuro.
Le Royaume de Pluton, horrible et obscure.
 Se houve feitos no mundo tão possantes,
Il ne peut se trouver dans le monde une si grande puissance,
 Não menos é trabalho ilustre e duro,
Et une œuvre si illustre et si ardue,
Quanto foi cometer Inferno o Céu,
Comme, pour eux, d’affronter l’Enfer et le ciel,
  Que outrem cometa a fúria de Nereu.
Que, pour vous, de lutter contre la fureur de Nérée.

Vasco de Gama par Gregorio Lopes

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Luís Vaz de Camões Les Lusiades
OS LUSIADAS II-112 LES LUSIADES II-112

Traduction Jacky Lavauzelle
ARTGITATO
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LA VIE DE LUIS DE CAMOES
par Charles Magnin

( Extrait )
Par En cherchant à montrer la différence qui sépare la vie aventureuse et active des écrivains portugais, notamment celle de Camoens, de la vie casanière et posée de la plupart de nos gens de lettres, je ne prétends pas élever par-là les œuvres des uns, ni déprimer les productions des autres. Je n’en crois pas les élégies de Camoens plus touchantes parce qu’elles sont datées d’Afrique, de la Chine et de l’Inde ; je n’en estime pas Polyeucte et Cinna moins admirables, parce que le grand Corneille n’a guère fait de plus longues pérégrinations que le voyage de Paris à Rouen. Je ne conseille à personne de louer un cabinet d’étude à Macao ; mais je crois que, généralement, si les ouvrages écrits au milieu des traverses et au feu des périls ne sont pas plus beaux, les vies de leurs auteurs sont plus belles. Indépendamment de la variété des aventures, on y trouve plus d’enseignements. J’admire et j’honore infiniment La Fontaine et Molière, mais j’honore et j’admire encore plus, comme hommes, Cervantès et Camoens. A mérite de rédaction égal, une histoire littéraire du Portugal serait un meilleur et plus beau livre qu’une histoire littéraire de notre dix-septième ou dix-huitième siècle. C’est une chose bonne et sainte que la lecture de ces vies d’épreuves, que ces passions douloureuses des hommes de génie, Je ne sache rien de plus capable de retremper le cœur. C’est pour cela que dans ce temps de souffrances oisives, de désappointements frivoles, de molles contrariétés et de petites douleurs, j’ai cru bon d’écrire l’étude suivante sur la vie de Luiz de Camoens.
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OS LUSIADAS II-112
Luís Vaz de Camões Les Lusiades

CAMOES OS LUSIADAS II-111 LES LUSIADES

Luís Vaz de Camões Les Lusiades
OS LUSIADAS II-111 LES LUSIADES II-111
LITTERATURE PORTUGAISE

Luis de Camoes Oeuvres obras Artgitato

literatura português

Luis de Camões
[1525-1580]

Tradução – Traduction
texto bilingue

Luis de Camoes Les Lusiades

 

Obra Poética

(1556)

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OS LUSIADAS II-111

A Epopeia Portuguesa

 

CHANT II
Canto Segundo

Traduction Jacky Lavauzelle

verso  111
Strophe 111

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Vasco de Gama

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Luís Vaz de Camões Les Lusiades
OS LUSIADAS II-111
LES LUSIADES II-111

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« E não menos co’o tempo se parece
«Et avec le temps qui passe
O desejo de ouvir-te o que contares;
J’ai le désir d’entendre ton message ;
Que quem há, que por fama não conhece
Qui ne connaît pas la gloire
As obras Portuguesas singulares?
Des singulières œuvres Portugaises ?
Não tanto desviado resplandece
Il ne resplendit pas si loin
De nós o claro Sol, para julgares
De nous le clair Soleil, pour juger
Que os Melindanos têm tão rudo peito,
Que ceux qui vivent à Malindi ont une âme si rude
Que não estimem muito um grande feito.
Qu’ils n’estiment pas assez de si grands exploits . »

Vasco de Gama par Gregorio Lopes

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Luís Vaz de Camões Les Lusiades
OS LUSIADAS II-111 LES LUSIADES II-111

Traduction Jacky Lavauzelle
ARTGITATO
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White_Fawn_Drawing Faon Diane

LA VIE DE LUIS DE CAMOES
par Charles Magnin

( Extrait )
Par En cherchant à montrer la différence qui sépare la vie aventureuse et active des écrivains portugais, notamment celle de Camoens, de la vie casanière et posée de la plupart de nos gens de lettres, je ne prétends pas élever par-là les œuvres des uns, ni déprimer les productions des autres. Je n’en crois pas les élégies de Camoens plus touchantes parce qu’elles sont datées d’Afrique, de la Chine et de l’Inde ; je n’en estime pas Polyeucte et Cinna moins admirables, parce que le grand Corneille n’a guère fait de plus longues pérégrinations que le voyage de Paris à Rouen. Je ne conseille à personne de louer un cabinet d’étude à Macao ; mais je crois que, généralement, si les ouvrages écrits au milieu des traverses et au feu des périls ne sont pas plus beaux, les vies de leurs auteurs sont plus belles. Indépendamment de la variété des aventures, on y trouve plus d’enseignements. J’admire et j’honore infiniment La Fontaine et Molière, mais j’honore et j’admire encore plus, comme hommes, Cervantès et Camoens. A mérite de rédaction égal, une histoire littéraire du Portugal serait un meilleur et plus beau livre qu’une histoire littéraire de notre dix-septième ou dix-huitième siècle. C’est une chose bonne et sainte que la lecture de ces vies d’épreuves, que ces passions douloureuses des hommes de génie, Je ne sache rien de plus capable de retremper le cœur. C’est pour cela que dans ce temps de souffrances oisives, de désappointements frivoles, de molles contrariétés et de petites douleurs, j’ai cru bon d’écrire l’étude suivante sur la vie de Luiz de Camoens.
….

OS LUSIADAS II-111
Luís Vaz de Camões Les Lusiades

CAMOES OS LUSIADAS II-110 LES LUSIADES

Luís Vaz de Camões Les Lusiades
OS LUSIADAS II-110 LES LUSIADES II-110
LITTERATURE PORTUGAISE

Luis de Camoes Oeuvres obras Artgitato

literatura português

Luis de Camões
[1525-1580]

Tradução – Traduction
texto bilingue

Luis de Camoes Les Lusiades

 

Obra Poética

(1556)

LES LUSIADES II-110

OS LUSIADAS II-110

A Epopeia Portuguesa

 

CHANT II
Canto Segundo

Traduction Jacky Lavauzelle

verso  110
Strophe 110

II-110

Image illustrative de l'article Vasco de Gama

Vasco de Gama

Vasco da Gama signature almirante.svg

 

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Luís Vaz de Camões Les Lusiades
OS LUSIADAS II-110
LES LUSIADES II-110

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« E assim também nos conta dos rodeios
« Et aussi conte-nous tes pérégrinations
Longos, em que te traz o mar irado,
Si longues, sur la mer déchaînée,
 Vendo os costumes bárbaros alheios
Où tu observas des coutumes barbares si étranges,
Que a nossa África ruda tem criado.
Que notre inhospitalière Afrique a créé.
 Conta: que agora vêm co’os áureos freios
Conte, car maintenant arrivent avec leurs freins dorés
  Os cavalos que o carro marchetado
Les chevaux et les chars
  Do novo Sol, da fria Aurora trazem,
Du Soleil naissant, venant de la froide Aurore ;
  O vento dorme, o mar e as ondas jazem.
Déjà le vent dort, la mer et les vagues se posent.

Vasco de Gama par Gregorio Lopes

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Luís Vaz de Camões Les Lusiades
OS LUSIADAS II-110 LES LUSIADES II-110

Traduction Jacky Lavauzelle
ARTGITATO
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White_Fawn_Drawing Faon Diane

LA VIE DE LUIS DE CAMOES
par Charles Magnin

( Extrait )
Par En cherchant à montrer la différence qui sépare la vie aventureuse et active des écrivains portugais, notamment celle de Camoens, de la vie casanière et posée de la plupart de nos gens de lettres, je ne prétends pas élever par-là les œuvres des uns, ni déprimer les productions des autres. Je n’en crois pas les élégies de Camoens plus touchantes parce qu’elles sont datées d’Afrique, de la Chine et de l’Inde ; je n’en estime pas Polyeucte et Cinna moins admirables, parce que le grand Corneille n’a guère fait de plus longues pérégrinations que le voyage de Paris à Rouen. Je ne conseille à personne de louer un cabinet d’étude à Macao ; mais je crois que, généralement, si les ouvrages écrits au milieu des traverses et au feu des périls ne sont pas plus beaux, les vies de leurs auteurs sont plus belles. Indépendamment de la variété des aventures, on y trouve plus d’enseignements. J’admire et j’honore infiniment La Fontaine et Molière, mais j’honore et j’admire encore plus, comme hommes, Cervantès et Camoens. A mérite de rédaction égal, une histoire littéraire du Portugal serait un meilleur et plus beau livre qu’une histoire littéraire de notre dix-septième ou dix-huitième siècle. C’est une chose bonne et sainte que la lecture de ces vies d’épreuves, que ces passions douloureuses des hommes de génie, Je ne sache rien de plus capable de retremper le cœur. C’est pour cela que dans ce temps de souffrances oisives, de désappointements frivoles, de molles contrariétés et de petites douleurs, j’ai cru bon d’écrire l’étude suivante sur la vie de Luiz de Camoens.
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OS LUSIADAS II-110
Luís Vaz de Camões Les Lusiades