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LES ULTIMES POEMES D’EMILY DICKINSON (1886) THE IMMORTALITY SHE GAVE & OF GLORY NOT A BEAM IS LEAFT

POEME D’EMILY DICKINSON 1886
LES ULTIMES POEMES
LITTERATURE AMERICAINE

*******

 

EMILY DICKINSON
December 10, 1830 – May 15, 1886
10 décembre 1830 – 15 mai 1886
Amherst, Massachusetts




Traduction – Translation

TRADUCTION JACKY LAVAUZELLE

French and English text
texte bilingue français-anglais

The immortality she gave
&
Of Glory not a Beam is left

****

*********




LA FORCE DE L’AMOUR HUMAIN
&
POUR LES ÉTOILES

****

*****

1886

********

THE IMMORTALITY SHE GAVE
LA FORCE DE L’AMOUR HUMAIN

The immortality she gave
L’immortalité qu’elle a donnée
We borrowed at her Grave —
Nous l’avons emprunté à son Tombeau-
For just one Plaudit famishing,
Assoiffée d’un unique Applaudissement,
The Might of Human love —
La Force de l’amour Humain –

*

OF GLORY NOT A BEAM IS LEFT
POUR LES ÉTOILES

Of Glory not a Beam is left
De la Gloire, ne reste pas un seul Faisceau
But her Eternal House —
Mais reste sa Maison Éternelle –
The Asterisk is for the Dead,
L’Astérisque est pour les Morts,
The Living, for the Stars —
Les Vivants, pour les Étoiles-




 

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POEME D’EMILY DICKINSON

POEME DE NIKOLAUS LENAU Der Seelenkranke 1836

LITTERATURE ALLEMANDE
Deutsch Literatur

Der Seelenkrank NIKOLAUS LENAU

NIKOLAUS LENAU
Poète Autrichien
Österreichische Dichter
1802-1850

 

 

Traduction Jacky Lavauzelle

——–

die Gedichte
Les Poèmes


Der Seelenkranke
1836
Nikolaus LENAU

**

Der Seelenkranke

Ich trag im Herzen eine tiefe Wunde
Je porte une blessure profonde dans le cœur
 Und will sie stumm bis an mein Ende tragen;
Et je désire la conserver jusqu’à ma fin ;
Ich fühl ihr rastlos immer tiefres Nagen,
Je sens qu’elle me ronge toujours un peu plus profondément,
 Und wie das Leben bricht von Stund zu Stunde.
Comme la vie qui passe d’heure en heure.

*

  Nur eine weiß ich, der ich meine Kunde
Je sais seulement qu’à une seule personne
Vertrauen möchte und ihr alles sagen;
Je pourrais faire confiance et tout lui dire ;
 Könnt ich an ihrem Halse schluchzen, klagen!
J’aimerais sangloter à son cou, me consoler !
 Die eine aber liegt verscharrt im Grunde.
Mais malheureusement, elle repose dans la tombe.

*

O Mutter, komm, laß dich mein Flehn bewegen!
O Mère, viens, écoute mes prières
Wenn deine Liebe noch im Tode wacht,
Si ton amour vit encore dans la mort,
Und wenn du darfst, wie einst, dein Kind noch pflegen,
Et si tu veux, comme avant, protéger ton enfant,

*

So laß mich bald aus diesem Leben scheiden.
Alors laisse-moi bientôt quitter cette vie.
Ich sehne mich nach einer stillen Nacht,
Je me languis d’une tranquille nuit,
   O hilf dem Schmerz, dein müdes Kind entkleiden.
O aide à ôter la douleur de ton enfant fatigué.

 

**

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NIKOLAUS LENAU

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(EXTRAIT)
LE MARTYRE D’UN POETE
d’ADOLPHE BOSSERT

« Cela me fit oublier mon ressentiment, car je vis, ce que j’aurais dû penser d’abord, que quelque chose de plus fort qu’elle et moi avait traversé son cœur et le mien. » Le voilà encore une fois en lutte avec « quelque chose de plus fort que lui ; » il ne résistera pas. Cinq jours après, il entend la prima donna dans le Bélisaire de Donizetti. « C’est une femme merveilleuse, écrit-il. Jamais, depuis que j’ai descendu ma mère dans la tombe, je n’ai tant sangloté. Ce n’était pas son rôle qu’elle chantait, c’était tout le destin tragique de l’humanité qui éclatait dans ses cris de désespoir. Une douleur sans nom me saisit. J’en tremble encore. » Il ne pouvait manquer de la complimenter. Elle, de son côté, lui assura que l’effet qu’elle avait produit sur lui était son plus beau triomphe. Les jours suivants, il va la voir après le théâtre, il dîne chez elle, et il trouve que la grande artiste est en même temps une femme distinguée. « Elle est très aimable en société, écrit-il à Sophie, et elle a des attentions particulières pour moi : il faudra que tu la connaisses. »

Le martyre d’un poète
Nicolas Lenau et Sophie Lœwenthal
Adolphe Bossert
Revue des Deux Mondes
Tome 37
1907

Lyrisches Intermezzo Mein süßes Lieb HEINE XXX

INTERMEZZO LYRIQUE
Lyrisches Intermezzo

Heinrich Heine
Mein süßes Lieb HEINE
MON TENDRE AMOUR

INTERMEZZO LYRIQUE HEINE
LITTERATURE ALLEMANDE
intermezzo-lyrique-heine-artgitato-lyrisches-intermezzo-heine-willem-van-aelst-bloemenstilleven-met-horloge



Lyrisches Intermezzo
Christian Johann Heinrich Heine
Mein süßes Lieb HEINE
MON TENDRE AMOUR




Deutsch Poesie
 Deutsch Literatur

Heinrich HeineHeinrich HeineHeinrich HeineHeinrich HeineHeinrich HeineHeinrich HeineHeinrich HeineHeinrich HeineHeinrich HeineHeinrich Heine

HEINRICH HEINE
1797- 1856

German poet
Poète Allemand
Deutsch Dichter

Heinrich Heine Oeuvre Poèmes Poésie Gedichte Artgitato

Übersetzung – Traduction
Jacky Lavauzelle




INTERMEZZO LYRIQUE HEINE
XXX

Mein süßes Lieb

 

Lyrisches Intermezzo
XXX
MON TENDRE AMOUR

1823

INTERMEZZO LYRIQUE
Mein süßes Lieb Heine

*

XXX

Mein süßes Lieb, wenn du im Grab,
Mon tendre amour, quand dans ta tombe,
Im dunkeln Grab wirst liegen,
Ta sombre tombe, tu seras,
Dann steig’ ich langsam zu dir hinab,
Je me poserai lentement tout contre toi
Und will mich an dich schmiegen.  
Et je me cramponnerai à toi.

*

Ich küss’, ich umschlinge, ich presse dich wild,
Je te baise et t’étreins, je te presse sauvagement,
Du Stille, du Kalte, du Bleiche!
Toi silencieuse, toi froide, toi livide !
Ich jauchze, ich zitt’re, ich weine mild,
Je crie, je tremble, je pleure,
Ich werde selber zur Leiche.
Je deviens cadavre.

*

Die Todten stehn auf, die Mitternacht ruft,
Les morts se relèvent à l’appel de minuit,
Sie tanzen im luftigen Schwarme;
Ils dansent en essaim aérien;
Wir beide bleiben in der Gruft,
Tous deux nous restons dans la tombe,
Ich liege in deinem Arme.
Je repose dans tes bras.

*

Die Todten stehn auf, der Tag des Gerichts
Les morts se relèvent au Jour du Jugement
Ruft sie zu Qual und Vergnügen;
Les attendent l’agonie et la joie ;
Wir beide bekümmern uns um nichts,
Nous deux, nous inquiétons de rien,
Und bleiben umschlungen liegen.
Et enlacés nous restons. 

*

 

 

*******

Lyrisches Intermezzo
XXX
Mein süßes Lieb
HEINRICH HEINE
INTERMEZZO LYRIQUE

********

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LA POESIE DE HEINRICH HEINE

A ce point de vue, Heine est traité en privilégié. Les Allemands peuvent bien maudire le pamphlétaire, ils savent par cœur les vers du poète. Éditeurs, biographes, critiques d’outre-Rhin lui ont consacré d’importans travaux. Chez nous, seul entre les poètes allemands, il bénéficie de ce privilège d’avoir un public. Je ne nie pas que nous n’ayons pour quelques autres, et pour Goethe par exemple, un juste respect. Nous admirons Gœthe, nous ne l’aimons pas. Au contraire, l’auteur de l’Intermezzo est pour quelques Français de France un de ces écrivains qui sont tout près du cœur. Cela tient à plusieurs raisons parmi lesquelles il en est d’extérieures. Heine a vécu pendant de longues années parmi nous ; il parlait notre langue, quoique avec un fort accent ; il l’écrivait, quoique d’une façon très incorrecte ; il nous a loués, quoique avec bien de l’impertinence ; il a été mêlé à notre société ; il a été en rapports avec nos écrivains, nos artistes et même nos hommes politiques. Nous nous sommes habitués à le considérer comme un des nôtres, et sa plaisanterie, fortement tudesque, passe encore pour avoir été une des formes authentiques de l’esprit parisien. Notre sympathie pour Heine se fonde d’ailleurs sur des motifs plus valables. Il a quelques-unes des qualités qui nous sont chères : son style est clair ; ses compositions sont courtes. Nous aimons ces lieds dont quelques-uns durent le temps d’un soupir, l’espace d’un sanglot. Leur pur éclat nous semble celui de la goutte de rosée que le soleil taille en diamant, ou d’une larme qui brille dans un sourire. C’est par eux que le meilleur de la sentimentalité allemande est parvenu jusqu’à nous. Ou, pour parler plus exactement, la poésie de Heine représente une nuance particulière de sensibilité, qu’il a créée et que nous avons accueillie. Aussi doit-elle avoir sa place dans une histoire de la poésie lyrique en France. De même qu’il y a une « critique allemande » de l’œuvre de Heine, il convient qu’il y en ait parallèlement une « critique française ».

René Doumic
Revue littéraire
La poésie de Henri Heine d’après un livre récent
Revue des Deux Mondes
4e période
tome 140
1897
pp. 457-468

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INTERMEZZO LYRIQUE
XXVII
Mein süßes Lieb HEINRICH HEINE
Lyrisches Intermezzo

LE MONDE EST SI BEAU Die Welt ist so schön HEINE INTERMEZZO LYRIQUE XXIX

INTERMEZZO LYRIQUE
Heinrich Heine
LE MONDE EST SI BEAU
Die Welt ist so schön

INTERMEZZO LYRIQUE HEINE
LITTERATURE ALLEMANDE
intermezzo-lyrique-heine-artgitato-lyrisches-intermezzo-heine-willem-van-aelst-bloemenstilleven-met-horloge



Christian Johann Heinrich Heine
UE MONDE EST SI BEAU
Die Welt ist so schön




Deutsch Poesie
 Deutsch Literatur

Heinrich HeineHeinrich HeineHeinrich HeineHeinrich HeineHeinrich HeineHeinrich HeineHeinrich HeineHeinrich HeineHeinrich HeineHeinrich Heine

HEINRICH HEINE
1797- 1856

German poet
Poète Allemand
Deutsch Dichter

Heinrich Heine Oeuvre Poèmes Poésie Gedichte Artgitato

Übersetzung – Traduction
Jacky Lavauzelle




INTERMEZZO LYRIQUE HEINE
XXIX

Die Welt ist so schön

 

Lyrisches Intermezzo
XXIX
LE MONDE EST SI BEAU

 

1823

INTERMEZZO LYRIQUE
Le Monde est si beau
Heinrich Heine

*

XXIX

 Die Welt ist so schön und der Himmel so blau,
Le monde est si beau et le ciel si bleu,
Und die Lüfte die wehen so lind und so lau,
Et les brises qui soufflent si douces et si tièdes,
Und die Blumen winken auf blühender Au’,
Et les fleurs ondulent dans la prairie fleurie
Und funkeln und glitzern im Morgenthau’,
Eclatent et brillent sous la rosée matinale
Und die Menschen jubeln wohin ich schau’,
Et les hommes jubilent là où je fixe mon regard
Und doch möcht ich’ im Grabe liegen,
Pourtant, je voudrais me poser dans la tombe,
Und mich an ein todtes Liebchen schmiegen.
Et embrasser mon amie morte.

*******

XXIX
LE MONDE EST SI BEAU
HEINRICH HEINE
INTERMEZZO LYRIQUE

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LA POESIE DE HEINRICH HEINE

A ce point de vue, Heine est traité en privilégié. Les Allemands peuvent bien maudire le pamphlétaire, ils savent par cœur les vers du poète. Éditeurs, biographes, critiques d’outre-Rhin lui ont consacré d’importans travaux. Chez nous, seul entre les poètes allemands, il bénéficie de ce privilège d’avoir un public. Je ne nie pas que nous n’ayons pour quelques autres, et pour Goethe par exemple, un juste respect. Nous admirons Gœthe, nous ne l’aimons pas. Au contraire, l’auteur de l’Intermezzo est pour quelques Français de France un de ces écrivains qui sont tout près du cœur. Cela tient à plusieurs raisons parmi lesquelles il en est d’extérieures. Heine a vécu pendant de longues années parmi nous ; il parlait notre langue, quoique avec un fort accent ; il l’écrivait, quoique d’une façon très incorrecte ; il nous a loués, quoique avec bien de l’impertinence ; il a été mêlé à notre société ; il a été en rapports avec nos écrivains, nos artistes et même nos hommes politiques. Nous nous sommes habitués à le considérer comme un des nôtres, et sa plaisanterie, fortement tudesque, passe encore pour avoir été une des formes authentiques de l’esprit parisien. Notre sympathie pour Heine se fonde d’ailleurs sur des motifs plus valables. Il a quelques-unes des qualités qui nous sont chères : son style est clair ; ses compositions sont courtes. Nous aimons ces lieds dont quelques-uns durent le temps d’un soupir, l’espace d’un sanglot. Leur pur éclat nous semble celui de la goutte de rosée que le soleil taille en diamant, ou d’une larme qui brille dans un sourire. C’est par eux que le meilleur de la sentimentalité allemande est parvenu jusqu’à nous. Ou, pour parler plus exactement, la poésie de Heine représente une nuance particulière de sensibilité, qu’il a créée et que nous avons accueillie. Aussi doit-elle avoir sa place dans une histoire de la poésie lyrique en France. De même qu’il y a une « critique allemande » de l’œuvre de Heine, il convient qu’il y en ait parallèlement une « critique française ».

René Doumic
Revue littéraire
La poésie de Henri Heine d’après un livre récent
Revue des Deux Mondes
4e période
tome 140
1897
pp. 457-468

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INTERMEZZO LYRIQUE
XXIX
HEINRICH HEINE

Warum sind denn die Rosen so blaß HEINE INTERMEZZO LYRIQUE XX

  Warum sind denn die Rosen so blaß

INTERMEZZO LYRIQUE HEINE
LITTERATURE ALLEMANDE
intermezzo-lyrique-heine-artgitato-lyrisches-intermezzo-heine-willem-van-aelst-bloemenstilleven-met-horloge



Christian Johann Heinrich Heine
Warum sind denn die Rosen so blaß




Deutsch Poesie
 Deutsch Literatur

Heinrich HeineHeinrich HeineHeinrich HeineHeinrich HeineHeinrich HeineHeinrich HeineHeinrich HeineHeinrich HeineHeinrich HeineHeinrich Heine

HEINRICH HEINE
1797- 1856

German poet
Poète Allemand
Deutsch Dichter

Heinrich Heine Oeuvre Poèmes Poésie Gedichte Artgitato

Übersetzung – Traduction
Jacky Lavauzelle




INTERMEZZO LYRIQUE HEINE
XX

 Warum sind denn die Rosen so blaß

 

 

Lyrisches Intermezzo XX
Pourquoi pâles sont les roses

1823

             Warum sind denn die Rosen so blaß

*

XX

Warum sind denn die Rosen so blaß,
Pourquoi pâles sont les roses,
O sprich, mein Lieb, warum?
Oh, dis-moi, mon cœur, pourquoi ?
 Warum sind denn im grünen Gras
Pourquoi dans la verte prairie
 Die blauen Veilchen so stumm?
Les violettes semblent muettes ?

*

Warum singt denn mit so kläglichem Laut
Pourquoi chante un air si pathétique
Die Lerche in der Luft?
L’alouette dans l’air ?
Warum steigt denn aus dem Balsamkraut
Pourquoi de la grande balsamite
Hervor ein Leichenduft?
Sort un parfum de cadavre ?

*

Warum scheint denn die Sonn’ auf die Au’
Pourquoi brille le soleil sur la lande
So kalt und verdrießlich herab?
Si froide et si triste ?
Warum ist denn die Erde so grau,
Pourquoi tant de gris sur cette Terre
Und öde wie ein Grab?
Funeste comme une tombe ?

*

Warum bin ich selbst so krank und so trüb’,
Pourquoi suis-je aussi si malade et austère
Mein liebes Liebchen, sprich?
Ma chère amie, dis ?
O sprich, mein Herzallerliebstes Lieb,
Oh, dis-moi, mon cher petit amour,
Warum verließest du mich?
Pourquoi m’as-tu abandonné ?

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XX   
Warum sind denn die Rosen so blaß

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LA POESIE DE HEINE

A ce point de vue, Heine est traité en privilégié. Les Allemands peuvent bien maudire le pamphlétaire, ils savent par cœur les vers du poète. Éditeurs, biographes, critiques d’outre-Rhin lui ont consacré d’importans travaux. Chez nous, seul entre les poètes allemands, il bénéficie de ce privilège d’avoir un public. Je ne nie pas que nous n’ayons pour quelques autres, et pour Goethe par exemple, un juste respect. Nous admirons Gœthe, nous ne l’aimons pas. Au contraire, l’auteur de l’Intermezzo est pour quelques Français de France un de ces écrivains qui sont tout près du cœur. Cela tient à plusieurs raisons parmi lesquelles il en est d’extérieures. Heine a vécu pendant de longues années parmi nous ; il parlait notre langue, quoique avec un fort accent ; il l’écrivait, quoique d’une façon très incorrecte ; il nous a loués, quoique avec bien de l’impertinence ; il a été mêlé à notre société ; il a été en rapports avec nos écrivains, nos artistes et même nos hommes politiques. Nous nous sommes habitués à le considérer comme un des nôtres, et sa plaisanterie, fortement tudesque, passe encore pour avoir été une des formes authentiques de l’esprit parisien. Notre sympathie pour Heine se fonde d’ailleurs sur des motifs plus valables. Il a quelques-unes des qualités qui nous sont chères : son style est clair ; ses compositions sont courtes. Nous aimons ces lieds dont quelques-uns durent le temps d’un soupir, l’espace d’un sanglot. Leur pur éclat nous semble celui de la goutte de rosée que le soleil taille en diamant, ou d’une larme qui brille dans un sourire. C’est par eux que le meilleur de la sentimentalité allemande est parvenu jusqu’à nous. Ou, pour parler plus exactement, la poésie de Heine représente une nuance particulière de sensibilité, qu’il a créée et que nous avons accueillie. Aussi doit-elle avoir sa place dans une histoire de la poésie lyrique en France. De même qu’il y a une « critique allemande » de l’œuvre de Heine, il convient qu’il y en ait parallèlement une « critique française ».

René Doumic
Revue littéraire
La poésie de Henri Heine d’après un livre récent
Revue des Deux Mondes
4e période
tome 140
1897
pp. 457-468

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XX   
Warum sind denn die Rosen so blaß