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LA POESIE D’EDGAR ALLAN POE

LA POESIE D’EDGAR ALLAN POE
LITTERATURE AMERICAINE

Edgar Allan Poe Traduction Jacky Lavauzelle*******

Poésie Traduction Jacky Lavauzelle Montage

EDGAR ALLAN POE
1809-1849




Traduction – Translation

TRADUCTION JACKY LAVAUZELLE

French and English text
texte bilingue français-anglais


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LA POESIE D’EDGAR ALLAN POE

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A DREAM WITHIN A DREAM
UN RÊVE DANS UN RÊVE 
1849

Take this kiss upon the brow!
Tiens ce baiser sur le front !
And, in parting from you now,
Et, en te quittant à présent,

Photo et traduction Jacky Lavauzelle

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BRIDAL BALLAD
BALLADE NUPTIALE

The ring is on my hand,
L’anneau est à ma main,
  And the wreath is on my brow;
Et la couronne à mon front ;

Edgar Allan Poe Trad Jacky Lavauzelle

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EULALIE
(1845)

I dwelt alone
Je demeurais seul
In a world of moan,
Dans un monde de gémissements,

Van Gogh Edgar Allan Poe Jacky Lavauzelle

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THE HAPPIEST DAY
LE JOUR LE PLUS HEUREUX
1827

The happiest day – the happiest hour
Le jour le plus heureux – l’heure la plus heureuse
My sear’d and blighted heart hath known,
Mon coeur consumé et brisé l’a connue,

Tableau et Traduction Jacky Lavauzelle

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THE HAUNTED PALACE
LE PALAIS HANTE
1839

In the greenest of our valleys
Dans la plus verte de nos vallées
By good angels tenanted,
Par de bons anges loués,

photo et traduction Jacky Lavauzelle

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SILENCE
1838

There are some qualities—some incorporate things,
Il y a certaines qualités – certaines choses incorporelles,
That have a double life, which thus is made
Avec une double vie, qui est faite

Photo Jacky Lavauzelle

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TO HELEN
A HELENE
1831

Helen, thy beauty is to me
Hélène, ta beauté est pour moi
Like those Nicéan barks of yore,
Ces barques Nicéennes d’autrefois,

To Helen Edgar Allan Poe Traduction Jacky Lavauzelle

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TO ONE IN PARADISE
À QUELQU’UN AU PARADIS

Edgar Poe Poème Trad Jacky Lavauzelle
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LA VALLEE DES TROUBLES
The Valley of Unrest

Poe trad Jacky Lavauzelle*****************************

POE PAR BAUDELAIRE

LES PERSONNAGES DE POE

Les personnages de Poe, ou plutôt le personnage de Poe, l’homme aux facultés suraiguës, l’homme aux nerfs relâchés, l’homme dont la volonté ardente et patiente jette un défi aux difficultés, celui dont le regard est tendu avec la roideur d’une épée sur des objets qui grandissent à mesure qu’il les regarde, — c’est Poe lui-même. — Et ses femmes, toutes lumineuses et malades, mourant de maux bizarres et parlant avec une voix qui ressemble à une musique, c’est encore lui ; ou du moins, par leurs aspirations étranges, par leur savoir, par leur mélancolie inguérissable, elles participent fortement de la nature de leur créateur. Quant à sa femme idéale, à sa Titanide, elle se révèle sous différents portraits éparpillés dans ses poésies trop peu nombreuses, portraits, ou plutôt manières de sentir la beauté, que le tempérament de l’auteur rapproche et confond dans une unité vague mais sensible, et où vit plus délicatement peut-être qu’ailleurs cet amour insatiable du Beau, qui est son grand titre, c’est-à-dire le résumé de ses titres à l’affection et au respect des poëtes.

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L’accord de l’homme et du poète

L’ardeur même avec laquelle il se jette dans le grotesque pour l’amour du grotesque et dans l’horrible pour l’amour de l’horrible, me sert à vérifier la sincérité de son œuvre et l’accord de l’homme avec le poëte. — J’ai déjà remarqué que, chez plusieurs hommes, cette ardeur était souvent le résultat d’une vaste énergie vitale inoccupée, quelquefois d’une opiniâtre chasteté, et aussi d’une profonde sensibilité refoulée. La volupté surnaturelle que l’homme peut éprouver à voir couler son propre sang, les mouvements soudains, violents, inutiles, les grands cris jetés en l’air, sans que l’esprit ait commandé au gosier, sont des phénomènes à ranger dans le même ordre.

la phosphorescence de la pourriture et la senteur de l’orage

Au sein de cette littérature où l’air est raréfié, l’esprit peut éprouver cette vague angoisse, cette peur prompte aux larmes et ce malaise du cœur qui habitent les lieux immenses et singuliers. Mais l’admiration est la plus forte, et d’ailleurs l’art est si grand ! Les fonds et les accessoires y sont appropriés aux sentiments des personnages. Solitude de la nature ou agitation des villes, tout y est décrit nerveusement et fantastiquement. Comme notre Eugène Delacroix, qui a élevé son art à la hauteur de la grande poésie, Edgar Poe aime à agiter ses figures sur des fonds violâtres et verdâtres où se révèlent la phosphorescence de la pourriture et la senteur de l’orage. La nature dite inanimée participe de la nature des êtres vivants, et, comme eux, frissonne d’un frisson surnaturel et galvanique. L’espace est approfondi par l’opium ; l’opium y donne un sens magique à toutes les teintes, et fait vibrer tous les bruits avec une plus significative sonorité. Quelquefois, des échappées magnifiques, gorgées de lumière et de couleur, s’ouvrent soudainement dans ses paysages, et l’on voit apparaître au fond de leurs horizons des villes orientales et des architectures, vaporisées par la distance, où le soleil jette des pluies d’or.

Charles Baudelaire
Edgar Poe, sa vie et ses œuvres
1856
Histoires extraordinaires
Michel Lévy fr.

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LA POESIE D’EDGAR ALLAN POE

Poésie Traduction Jacky Lavauzelle Edgar Allan Poe

A HELENE – Poème d’Edgar Allan POE – TO HELEN (1831)

POEME D’EDGAR ALLAN POE
LITTERATURE AMERICAINE

Edgar Allan Poe Traduction Jacky Lavauzelle*******

Poésie Traduction Jacky Lavauzelle Montage

EDGAR ALLAN POE
1809-1849




Traduction – Translation

TRADUCTION JACKY LAVAUZELLE

French and English text
texte bilingue français-anglais


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TO HELEN
A HELENE
* 1831 *

 

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To Helen Edgar Allan Poe Traduction Jacky Lavauzelle

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Helen, thy beauty is to me
Hélène, ta beauté est pour moi
Like those Nicéan barks of yore,
Ces barques Nicéennes d’autrefois,
That gently, o’er a perfumed sea,
Qui, doucement, sur une mer parfumée,
The weary, way-worn wanderer bore
Portaient le vagabond fatigué
To his own native shore.
Vers sa rive natale.

*

On desperate seas long wont to roam,
Par des mers désespérées, après avoir longtemps erré,
Thy hyacinth hair, thy classic face,
Tes cheveux de hyacinthe, ton visage classique,
Thy Naiad airs have brought me home
Tes airs de Naïade m’ont porté dans mon foyer
To the glory that was Greece,      
Pour la gloire de la Grèce antique,
And the grandeur that was Rome.
Et la grandeur de l’antique Rome.

*

Lo! in yon brilliant window-niche
Là ! Dans l’embrasure éclatante
How statue-like I see thee stand,
Je te vois telle une statue,
The agate lamp within thy hand!
Dans ta main, la lampe d’agate  !
Ah, Psyche, from the regions which
Ah ! Psyché, venue de régions
Are Holy-Land!
Qui sont Terre sainte !

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LES PERSONNAGES DE POE
PAR
CHARLES BAUDELAIRE

Les personnages de Poe, ou plutôt le personnage de Poe, l’homme aux facultés suraiguës, l’homme aux nerfs relâchés, l’homme dont la volonté ardente et patiente jette un défi aux difficultés, celui dont le regard est tendu avec la roideur d’une épée sur des objets qui grandissent à mesure qu’il les regarde, — c’est Poe lui-même. — Et ses femmes, toutes lumineuses et malades, mourant de maux bizarres et parlant avec une voix qui ressemble à une musique, c’est encore lui ; ou du moins, par leurs aspirations étranges, par leur savoir, par leur mélancolie inguérissable, elles participent fortement de la nature de leur créateur. Quant à sa femme idéale, à sa Titanide, elle se révèle sous différents portraits éparpillés dans ses poésies trop peu nombreuses, portraits, ou plutôt manières de sentir la beauté, que le tempérament de l’auteur rapproche et confond dans une unité vague mais sensible, et où vit plus délicatement peut-être qu’ailleurs cet amour insatiable du Beau, qui est son grand titre, c’est-à-dire le résumé de ses titres à l’affection et au respect des poëtes.

Charles Baudelaire
Edgar Poe, sa vie et ses œuvres
1856
Histoires extraordinaires
Michel Lévy fr.

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POEME D’EDGAR ALLAN POE

Poésie Traduction Jacky Lavauzelle Edgar Allan Poe

ENDYMION – Poème de Constantin CAVAFY – Καβάφης – 1916 – ΕΝΩΠΙΟΝ ΤΟΥ ΑΓΑΛΜΑΤΟΣ ΤΟΥ ΕΝΔΥΜΙΩΝΟΣ

Poème de Constantin Cavafy
Gr
èce – Ελλάδα

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Traduction Jacky Lavauzelle*******

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Constantin Cavafy poèmes
**

LITTERATURE GRECQUE
POESIE GRECQUE

Ελληνική λογοτεχνία
Ελληνική ποίηση

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Constantin Cavafy – Constantin Cavafis
Καβάφης
1863 – 1933

Traduction Jacky Lavauzelle

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Traduction Jacky Lavauzelle


LES POEMES GRECS

ΕΝΩΠΙΟΝ ΤΟΥ ΑΓΑΛΜΑΤΟΣ ΤΟΥ ΕΝΔΥΜΙΩΝΟΣ
1916
ENDYMION
(DEVANT LA STATUE D’ENDYMION)

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Constantin Cavafy - Traduction Jacky Lavauzelle
Endymion & Séléné, Victor Florence Pollett

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Επί άρματος λευκού που τέσσαρες ημίονοι
Sur un char blanc avec quatre mules
  πάλλευκοι σύρουν, με κοσμήματ’ αργυρά,
en équipage, éclatant avec des bijoux en argent,
φθάνω εκ Μιλήτου εις τον Λάτμον. Ιερά
parti de Milet pour Latmos.  Je viens accomplir
  τελών — θυσίας και σπονδάς — τω Ενδυμίωνι,
rites et sacrifices pour honnorer Endymion,
από την Aλεξάνδρειαν έπλευσα εν τριήρει πορφυρά.—
venu d’Alexandrie, j’ai navigué sur une galère aux voiles pourpres.
Ιδού το άγαλμα. Εν εκστάσει βλέπω νυν
Voici la statue ! Je suis là maintenant
 του Ενδυμίωνος την φημισμένην καλλονήν.
face à la fameuse beauté d’Endymion.
Ιάσμων κάνιστρα κενούν οι δούλοι μου• κ’ ευοίωνοι
Mes esclaves déversent des cruches de jasmin et les hommages
 επευφημίαι εξύπνησαν αρχαίων χρόνων ηδονήν.
réveillent les plaisirs des temps jadis.

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Καβάφης
Traduction Jacky Lavauzelle

ARTGITATO
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LA POESIE GRECQUE EN GRECE 

Le langage est ce qu’il y a en Grèce de plus antique. C’est un grand charme pour celui qui a voué un culte à l’antiquité grecque d’entendre parler grec autour de lui, de reconnaître dans les conversations d’un guide ou d’un marinier tel mot qu’il n’avait jusque-là rencontré que dans Homère. Il semble alors qu’on est réellement transporté dans la Grèce antique ; on est tenté de dire aux passans, comme Philoctète à ses compatriotes retrouvés dans Lemnos : je veux vous entendre, et de s’écrier comme lui, ô langage bien aimé ! Mais, pour se livrer à ce transport, il faudrait, dira-t-on, que ce langage fût celui des anciens Hellènes, et non pas un dérivé imparfait que défigure une prononciation bizarre. A cela on peut répondre : Quant à la prononciation, il n’y a pas de raison pour que les descendans de Périclès adoptent le système qu’un savant Hollandais a imaginé au XVIe siècle. Du reste la question est délicate et ne saurait être traitée ici. Qu’il suffise d’affirmer que plusieurs règles de prononciation, adoptées par les Grecs modernes, remontent à la plus haute antiquité, et que l’on trouve déjà dans le second siècle de notre ère des exemples de l’iotacisme, c’est-à-dire de ê, ei, oi, prononcés i, bien que l’iotacisme ne paraisse avoir été définitivement et complètement constituée qu’au Xe ou XIe siècle.

Dans le langage populaire de certaines parties de la Grèce, on retrouve quelques vestiges des dialectes qui y furent parlé autrefois. En général, les anciens dialectes grecs ont péri par suite de la conquête, qui les a éteints avec la vie locale des pays subjugués. Cependant ils n’ont pas disparu entièrement ; on retrouve des traces assez nombreuses du dialecte œolien dans la Béotie et la Phocide, et dans un canton montagneux du Péloponèse, la Tzaconie, le dialecte dorien s’est merveilleusement conservé un certain nombre de mots grecs oubliés par le temps ont été remplacés dans l’usage par une autre expression : ainsi, trecho, courir, au lieu de dremo ; au lieu d’artos, pain, psomi. Eh bien ! il arrive que le vieux mot grec oublié se retrouve dans un coin de la Grèce, par exemple dremo dans les villages du Parnasse…

Jean-Jacques Ampère
La poésie grecques en Grèce
Seconde Partie
Revue des Deux Mondes, tome 7, 1844

***

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Καβάφης
Constantin Cavafy – Constantin Cavafis
Έλληνα ποιητή
Poème de Cavafy

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LE VIEIL HOMME poème de Constantin Kavafis Καβάφης – 1897 – Ένας Γέρος

Poème de Constantin Cavafis
Gr
èce – Ελλάδα

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Traduction Jacky Lavauzelle*******

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Constantin Cavafy poèmes
**

LITTERATURE GRECQUE
POESIE GRECQUE

Ελληνική λογοτεχνία
Ελληνική ποίηση

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Constantin Cavafy – Constantin Cavafis
Καβάφης
1863 – 1933

Traduction Jacky Lavauzelle

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Traduction Jacky Lavauzelle


LES POEMES GRECS

Ένας Γέρος
LE VIEIL HOMME

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Jacky Lavauzelle Traduction Constantin Cavafis
Γεώργιος Ιακωβίδης, Georgios Jakobides, Ο κακός εγγονός, 1884, Wiesbaden, Museum, Musée de Wiesbaden, détail du tableau de Jakobides

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Στου καφενείου του βοερού το μέσα μέρος
Dans la café, au fond,
σκυμένος στο τραπέζι κάθετ’ ένας γέρος·
un vieil homme courbé sur la table ;
με μιαν εφημερίδα εμπρός του, χωρίς συντροφιά.
un journal devant lui, seul.

*

Και μες στων άθλιων γηρατειών την καταφρόνεια
Et, dans sa misérable vieillesse,
σκέπτεται πόσο λίγο χάρηκε τα χρόνια
il pense combien il a si peu apprécié les années
που είχε και δύναμι, και λόγο, κ’ εμορφιά.
où encore il possédait l’énergie, la raison et la beauté.

*

Ξέρει που γέρασε πολύ· το νοιώθει, το κυττάζει.
Il sait qu’il est très vieux, il le sent et le voit.
Κ’ εν τούτοις ο καιρός που ήταν νέος μοιάζει
Pourtant, le temps où jeune encore il était, lui semble
σαν χθές. Τι διάστημα μικρό, τι διάστημα μικρό.
juste hier. Quel espace dérisoire, quel espace dérisoire.

*

Και συλλογιέται η Φρόνησις πώς τον εγέλα·
Et il repense encore à cette Sagesse qui l’a trompé ;
« και πώς την εμπιστεύονταν πάντα – τι τρέλλα ! –
et toute la confiance qu’il avait en elle – quelle folie ! –
την ψεύτρα που έλεγε· «Αύριο. Εχεις πολύν καιρό.»
la tricheuse lui disait : « Demain ! tu as tant de temps ! »

*

Θυμάται ορμές που βάσταγε· και πόση
Il se souvient des pulsions qu’il bridait, et de combien
χαρά θυσίαζε. Την άμυαλή του γνώσι
de plaisirs il a sacrifié. Combien son esprit,
κάθ’ ευκαιρία χαμένη τώρα την εμπαίζει.
pour toutes ces occasions perdues, se désole furieusement.

*

… Μα απ’ το πολύ να σκέπτεται και να θυμάται
… Mais à penser et se souvenir
ο γέρος εζαλίσθηκε. Κι αποκοιμάται
le vieil homme s’est épuisé. Et il dort désormais
  στου καφενείου ακουμπισμένος το τραπέζι
reposant sur la table du café.

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Καβάφης
Traduction Jacky Lavauzelle

ARTGITATO
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LA POESIE GRECQUE EN GRECE 

Le langage est ce qu’il y a en Grèce de plus antique. C’est un grand charme pour celui qui a voué un culte à l’antiquité grecque d’entendre parler grec autour de lui, de reconnaître dans les conversations d’un guide ou d’un marinier tel mot qu’il n’avait jusque-là rencontré que dans Homère. Il semble alors qu’on est réellement transporté dans la Grèce antique ; on est tenté de dire aux passans, comme Philoctète à ses compatriotes retrouvés dans Lemnos : je veux vous entendre, et de s’écrier comme lui, ô langage bien aimé ! Mais, pour se livrer à ce transport, il faudrait, dira-t-on, que ce langage fût celui des anciens Hellènes, et non pas un dérivé imparfait que défigure une prononciation bizarre. A cela on peut répondre : Quant à la prononciation, il n’y a pas de raison pour que les descendans de Périclès adoptent le système qu’un savant Hollandais a imaginé au XVIe siècle. Du reste la question est délicate et ne saurait être traitée ici. Qu’il suffise d’affirmer que plusieurs règles de prononciation, adoptées par les Grecs modernes, remontent à la plus haute antiquité, et que l’on trouve déjà dans le second siècle de notre ère des exemples de l’iotacisme, c’est-à-dire de ê, ei, oi, prononcés i, bien que l’iotacisme ne paraisse avoir été définitivement et complètement constituée qu’au Xe ou XIe siècle.

Dans le langage populaire de certaines parties de la Grèce, on retrouve quelques vestiges des dialectes qui y furent parlé autrefois. En général, les anciens dialectes grecs ont péri par suite de la conquête, qui les a éteints avec la vie locale des pays subjugués. Cependant ils n’ont pas disparu entièrement ; on retrouve des traces assez nombreuses du dialecte œolien dans la Béotie et la Phocide, et dans un canton montagneux du Péloponèse, la Tzaconie, le dialecte dorien s’est merveilleusement conservé un certain nombre de mots grecs oubliés par le temps ont été remplacés dans l’usage par une autre expression : ainsi, trecho, courir, au lieu de dremo ; au lieu d’artos, pain, psomi. Eh bien ! il arrive que le vieux mot grec oublié se retrouve dans un coin de la Grèce, par exemple dremo dans les villages du Parnasse…

Jean-Jacques Ampère
La poésie grecques en Grèce
Seconde Partie
Revue des Deux Mondes, tome 7, 1844

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Καβάφης
Constantin Cavafy – Constantin Cavafis
Έλληνα ποιητή
Poème de Cavafy

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LA BEAUTE – Poème de Constantin Cavafis – Καβάφης – Έτσι πολύ ατένισα

Poème de Constantin Cavafis
Gr
èce – Ελλάδα

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Traduction Jacky Lavauzelle*******

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Constantin Cavafy poèmes
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LITTERATURE GRECQUE
POESIE GRECQUE

Ελληνική λογοτεχνία
Ελληνική ποίηση

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Constantin Cavafy – Constantin Cavafis
Καβάφης
1863 – 1933

Traduction Jacky Lavauzelle

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Traduction Jacky Lavauzelle


LES POEMES GRECS

Έτσι πολύ ατένισα
LA BEAUTE
1917  

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Cavafy Trad Jacky Lavauzelle Ingres
Jean-Auguste-Dominique Ingres, La Grande Odalisque,1814, musée du Louvre

 

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Την εμορφιά έτσι πολύ ατένισα,
La beauté m’a tant submergé,
που πλήρης είναι αυτής η όρασίς μου.
que ma vision pour toujours en est changée.
 *
Γραμμές του σώματος. Κόκκινα χείλη. Μέλη ηδονικά.
Lignes des corps. Lèvres rouges. Membres jouisseurs.
Μαλλιά σαν από αγάλματα ελληνικά παρμένα∙
Cheveux de statues grecques,
πάντα έμορφα, κι αχτένιστα σαν είναι,
toujours superbes, indescriptibles,
και πέφτουν, λίγο, επάνω στ’ άσπρα μέτωπα.
retombant à peine sur un front blanc.
Πρόσωπα της αγάπης, όπως τα ‘θελεν
Des visages d’amour, comme le voulait
η ποίησίς μου… μες στες νύχτες της νεότητός μου,
ma poésie … dans les nuits de ma jeunesse,
μες στες νύχτες μου, κρυφά συναντημένα…
dans mes nuits, secrètement rencontrés …

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Καβάφης
Traduction Jacky Lavauzelle

ARTGITATO
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LA POESIE GRECQUE EN GRECE 

Le langage est ce qu’il y a en Grèce de plus antique. C’est un grand charme pour celui qui a voué un culte à l’antiquité grecque d’entendre parler grec autour de lui, de reconnaître dans les conversations d’un guide ou d’un marinier tel mot qu’il n’avait jusque-là rencontré que dans Homère. Il semble alors qu’on est réellement transporté dans la Grèce antique ; on est tenté de dire aux passans, comme Philoctète à ses compatriotes retrouvés dans Lemnos : je veux vous entendre, et de s’écrier comme lui, ô langage bien aimé ! Mais, pour se livrer à ce transport, il faudrait, dira-t-on, que ce langage fût celui des anciens Hellènes, et non pas un dérivé imparfait que défigure une prononciation bizarre. A cela on peut répondre : Quant à la prononciation, il n’y a pas de raison pour que les descendans de Périclès adoptent le système qu’un savant Hollandais a imaginé au XVIe siècle. Du reste la question est délicate et ne saurait être traitée ici. Qu’il suffise d’affirmer que plusieurs règles de prononciation, adoptées par les Grecs modernes, remontent à la plus haute antiquité, et que l’on trouve déjà dans le second siècle de notre ère des exemples de l’iotacisme, c’est-à-dire de ê, ei, oi, prononcés i, bien que l’iotacisme ne paraisse avoir été définitivement et complètement constituée qu’au Xe ou XIe siècle.

Dans le langage populaire de certaines parties de la Grèce, on retrouve quelques vestiges des dialectes qui y furent parlé autrefois. En général, les anciens dialectes grecs ont péri par suite de la conquête, qui les a éteints avec la vie locale des pays subjugués. Cependant ils n’ont pas disparu entièrement ; on retrouve des traces assez nombreuses du dialecte œolien dans la Béotie et la Phocide, et dans un canton montagneux du Péloponèse, la Tzaconie, le dialecte dorien s’est merveilleusement conservé un certain nombre de mots grecs oubliés par le temps ont été remplacés dans l’usage par une autre expression : ainsi, trecho, courir, au lieu de dremo ; au lieu d’artos, pain, psomi. Eh bien ! il arrive que le vieux mot grec oublié se retrouve dans un coin de la Grèce, par exemple dremo dans les villages du Parnasse…

Jean-Jacques Ampère
La poésie grecques en Grèce
Seconde Partie
Revue des Deux Mondes, tome 7, 1844

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Καβάφης
Constantin Cavafy – Constantin Cavafis
Έλληνα ποιητή
Poème de Cavafy

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Ô terre d’Ionie (IONIEN) Poème de Constantin Cavafis – Ιωνικόν – Καβάφης

Poème de Constantin Cavafis
Gr
èce – Ελλάδα

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Traduction Jacky Lavauzelle*******

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Constantin Cavafy poèmes
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LITTERATURE GRECQUE
POESIE GRECQUE

Ελληνική λογοτεχνία
Ελληνική ποίηση

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Constantin Cavafy – Constantin Cavafis
Καβάφης
1863 – 1933

Traduction Jacky Lavauzelle

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Traduction Jacky Lavauzelle


LES POEMES GRECS

Ô terre d’Ionie
(IONIEN)
Ιωνικόν  

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Traduction Jacky Lavauzelle
Médaillon d’un kylix attique, Peintre de Kleomelos, 510-500 av. J.-C., musée du Louvre

 

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Γιατί τα σπάσαμε τ’ αγάλματά των,
Pourquoi avons-nous brisé leurs statues,
γιατί τους διώξαμεν απ’ τους ναούς των,
pourquoi les avoir chassés de leurs temples ?
διόλου δεν πέθαναν γι’ αυτό οι θεοί.
Les dieux ne sont pas morts pour autant.
Ω γη της Ιωνίας, σένα αγαπούν ακόμη,
Ô terre d’Ionie, ils t’aiment toujours,
σένα η ψυχές των ενθυμούνται ακόμη.
leurs âmes se souviennent encore de toi.
Σαν ξημερώνει επάνω σου πρωί αυγουστιάτικο
Quand se lève sur toi les matins d’août
την ατμοσφαίρα σου περνά σφρίγος απ’ την ζωή των·
ton atmosphère s’emplit vigoureusement de leurs vies ;
και κάποτ’ αιθερία εφηβική μορφή,
et une forme éthérée d’éphèbe,
αόριστη, με διάβα γρήγορο,
fugace et indéfinissable,
επάνω από τους λόφους σου περνά.
plane au-dessus de tes collines.

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Καβάφης
Traduction Jacky Lavauzelle

ARTGITATO
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LA POESIE GRECQUE EN GRECE 

Le langage est ce qu’il y a en Grèce de plus antique. C’est un grand charme pour celui qui a voué un culte à l’antiquité grecque d’entendre parler grec autour de lui, de reconnaître dans les conversations d’un guide ou d’un marinier tel mot qu’il n’avait jusque-là rencontré que dans Homère. Il semble alors qu’on est réellement transporté dans la Grèce antique ; on est tenté de dire aux passans, comme Philoctète à ses compatriotes retrouvés dans Lemnos : je veux vous entendre, et de s’écrier comme lui, ô langage bien aimé ! Mais, pour se livrer à ce transport, il faudrait, dira-t-on, que ce langage fût celui des anciens Hellènes, et non pas un dérivé imparfait que défigure une prononciation bizarre. A cela on peut répondre : Quant à la prononciation, il n’y a pas de raison pour que les descendans de Périclès adoptent le système qu’un savant Hollandais a imaginé au XVIe siècle. Du reste la question est délicate et ne saurait être traitée ici. Qu’il suffise d’affirmer que plusieurs règles de prononciation, adoptées par les Grecs modernes, remontent à la plus haute antiquité, et que l’on trouve déjà dans le second siècle de notre ère des exemples de l’iotacisme, c’est-à-dire de ê, ei, oi, prononcés i, bien que l’iotacisme ne paraisse avoir été définitivement et complètement constituée qu’au Xe ou XIe siècle.

Dans le langage populaire de certaines parties de la Grèce, on retrouve quelques vestiges des dialectes qui y furent parlé autrefois. En général, les anciens dialectes grecs ont péri par suite de la conquête, qui les a éteints avec la vie locale des pays subjugués. Cependant ils n’ont pas disparu entièrement ; on retrouve des traces assez nombreuses du dialecte œolien dans la Béotie et la Phocide, et dans un canton montagneux du Péloponèse, la Tzaconie, le dialecte dorien s’est merveilleusement conservé un certain nombre de mots grecs oubliés par le temps ont été remplacés dans l’usage par une autre expression : ainsi, trecho, courir, au lieu de dremo ; au lieu d’artos, pain, psomi. Eh bien ! il arrive que le vieux mot grec oublié se retrouve dans un coin de la Grèce, par exemple dremo dans les villages du Parnasse…

Jean-Jacques Ampère
La poésie grecques en Grèce
Seconde Partie
Revue des Deux Mondes, tome 7, 1844

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Καβάφης
Constantin Cavafy – Constantin Cavafis
Έλληνα ποιητή
Poème de Cavafy

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LA MORT DE MARC ANTOINE Poème de Constantin Cavafis Απολείπειν ο θεός Aντώνιον

Poème de Constantin Cavafy
Gr
èce – Ελλάδα

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Traduction Jacky Lavauzelle*******

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Constantin Cavafis poèmes
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LITTERATURE GRECQUE
POESIE GRECQUE

Ελληνική λογοτεχνία
Ελληνική ποίηση

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Constantin Cavafis
Καβάφης
1863 – 1933

Traduction Jacky Lavauzelle

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Traduction Jacky Lavauzelle


LES POEMES GRECS

 La Mort de Marc Antoine
Απολείπειν ο θεός Aντώνιον  

Traduction Jacky Lavauzelle
Anicet Charles Gabriel Lemonnier, La Mort de Marc Antoine, vers 1780

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Σαν έξαφνα, ώρα μεσάνυχτ’, ακουσθεί
Dès minuit, tu entendras
 αόρατος θίασος να περνά
une troupe invisible passer
με μουσικές εξαίσιες, με φωνές—
jouant une musique avec des voix exquises –
 την τύχη σου που ενδίδει πια, τα έργα σου
Désormais, ne regrette plus les échecs
που απέτυχαν, τα σχέδια της ζωής σου
de tes projets, tes ambitions
που βγήκαν όλα πλάνες, μη ανωφέλετα θρηνήσεις.
avortées, oublie ces implacables douleurs.
Σαν έτοιμος από καιρό, σα θαρραλέος,
Depuis longtemps, tu y es préparé, aussi, sois courageux,
αποχαιρέτα την, την Aλεξάνδρεια που φεύγει.
fais tes adieux, en quittant Alexandrie.
Προ πάντων να μη γελασθείς, μην πεις πως ήταν
Mais, ne sois pas stupide, ne dis pas qu’il s’agit
ένα όνειρο, πως απατήθηκεν η ακοή σου·
d’un rêve, que tu es trompé par tes sens ;
μάταιες ελπίδες τέτοιες μην καταδεχθείς.
refuse de si vaines espérances.
Σαν έτοιμος από καιρό, σα θαρραλέος,
Depuis longtemps, tu y es préparé, aussi, sois courageux,
σαν που ταιριάζει σε που αξιώθηκες μια τέτοια πόλι,
sois à l’image d’une si grande ville,
πλησίασε σταθερά προς το παράθυρο,
rapproche-toi assurément de la fenêtre,
κι άκουσε με συγκίνησιν, αλλ’ όχι
et écoute avec émotion, mais sans avoir
με των δειλών τα παρακάλια και παράπονα,
les griefs et les plaintes des lâches,
ως τελευταία απόλαυσι τους ήχους,
enfin, profite des sons,
τα εξαίσια όργανα του μυστικού θιάσου,
des merveilleux instruments de la troupe secrète,
κι αποχαιρέτα την, την Aλεξάνδρεια που χάνεις.  
et dis lui adieu, dis adieu à ton Alexandrie que tu perds.

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La mort de Marc Antoine
Καβάφης
Traduction Jacky Lavauzelle

ARTGITATO
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LA POESIE GRECQUE EN GRECE 

Le langage est ce qu’il y a en Grèce de plus antique. C’est un grand charme pour celui qui a voué un culte à l’antiquité grecque d’entendre parler grec autour de lui, de reconnaître dans les conversations d’un guide ou d’un marinier tel mot qu’il n’avait jusque-là rencontré que dans Homère. Il semble alors qu’on est réellement transporté dans la Grèce antique ; on est tenté de dire aux passans, comme Philoctète à ses compatriotes retrouvés dans Lemnos : je veux vous entendre, et de s’écrier comme lui, ô langage bien aimé ! Mais, pour se livrer à ce transport, il faudrait, dira-t-on, que ce langage fût celui des anciens Hellènes, et non pas un dérivé imparfait que défigure une prononciation bizarre. A cela on peut répondre : Quant à la prononciation, il n’y a pas de raison pour que les descendans de Périclès adoptent le système qu’un savant Hollandais a imaginé au XVIe siècle. Du reste la question est délicate et ne saurait être traitée ici. Qu’il suffise d’affirmer que plusieurs règles de prononciation, adoptées par les Grecs modernes, remontent à la plus haute antiquité, et que l’on trouve déjà dans le second siècle de notre ère des exemples de l’iotacisme, c’est-à-dire de ê, ei, oi, prononcés i, bien que l’iotacisme ne paraisse avoir été définitivement et complètement constituée qu’au Xe ou XIe siècle.

Dans le langage populaire de certaines parties de la Grèce, on retrouve quelques vestiges des dialectes qui y furent parlé autrefois. En général, les anciens dialectes grecs ont péri par suite de la conquête, qui les a éteints avec la vie locale des pays subjugués. Cependant ils n’ont pas disparu entièrement ; on retrouve des traces assez nombreuses du dialecte œolien dans la Béotie et la Phocide, et dans un canton montagneux du Péloponèse, la Tzaconie, le dialecte dorien s’est merveilleusement conservé un certain nombre de mots grecs oubliés par le temps ont été remplacés dans l’usage par une autre expression : ainsi, trecho, courir, au lieu de dremo ; au lieu d’artos, pain, psomi. Eh bien ! il arrive que le vieux mot grec oublié se retrouve dans un coin de la Grèce, par exemple dremo dans les villages du Parnasse…

Jean-Jacques Ampère
La poésie grecques en Grèce
Seconde Partie
Revue des Deux Mondes, tome 7, 1844

***

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Καβάφης
Constantin Cavafis – Constantin Cavafy
Έλληνα ποιητή
Poème de Cavafy

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Le Poète Inconnu- Poème de Constantin Cavafy – Ούτος Εκείνος

Poème de Cavafy
Gr
èce – Ελλάδα

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Traduction Jacky Lavauzelle*******

**
Constantin Cavafy poèmes
**

LITTERATURE GRECQUE
POESIE GRECQUE

Ελληνική λογοτεχνία
Ελληνική ποίηση

**

Constantin Cavafy
Καβάφης
1863 – 1933

Traduction Jacky Lavauzelle

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Traduction Jacky Lavauzelle


LES POEMES GRECS

 Le Poète inconnu
Ούτος Εκείνος 

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Traduction Jacky Lavauzelle
Le Poète en détresse, William Hogarth, 1736, Birmingham Museum and Art Gallery

 

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Άγνωστος — ξένος μες στην Aντιόχεια — Εδεσσηνός
Inconnu – étranger à Antioche – venant d’Edesse,
γράφει πολλά. Και τέλος πάντων, να, ο λίνος
il écrit tant. Et enfin, oui, voici
 ο τελευταίος έγινε. Με αυτόν ογδόντα τρία
la toute dernière strophe. Avec elle, quatre-vingt trois

*

ποιήματα εν όλω. Πλην τον ποιητή
poèmes en tout. Mais le poète
κούρασε τόσο γράψιμο, τόση στιχοποιία,
est harassé,  tellement fatigué d’écrire, de parfaire son style,
και τόση έντασις σ’ ελληνική φρασιολογία,
et mettre tant d’intensité dans la phraséologie grecque,
και τώρα τον βαραίνει πια το κάθε τι —
et maintenant tout lui pèse –

*

Μια σκέψις όμως παρευθύς από την αθυμία
Une pensée, cependant, lui fait oublier son anxiété,
τον βγάζει — το εξαίσιον Ούτος Εκείνος,
l’exquis « C’est bien lui ! »
που άλλοτε στον ύπνο του άκουσε ο Λουκιανός.
que Lucien entendit dans son sommeil.

***


Précisions
Pour l’analyse de ce poème, lire :
https://latistor.blogspot.fr/2016/01/blog-post_29.html

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Καβάφης
Traduction Jacky Lavauzelle

ARTGITATO
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LA POESIE GRECQUE EN GRECE 

Le langage est ce qu’il y a en Grèce de plus antique. C’est un grand charme pour celui qui a voué un culte à l’antiquité grecque d’entendre parler grec autour de lui, de reconnaître dans les conversations d’un guide ou d’un marinier tel mot qu’il n’avait jusque-là rencontré que dans Homère. Il semble alors qu’on est réellement transporté dans la Grèce antique ; on est tenté de dire aux passans, comme Philoctète à ses compatriotes retrouvés dans Lemnos : je veux vous entendre, et de s’écrier comme lui, ô langage bien aimé ! Mais, pour se livrer à ce transport, il faudrait, dira-t-on, que ce langage fût celui des anciens Hellènes, et non pas un dérivé imparfait que défigure une prononciation bizarre. A cela on peut répondre : Quant à la prononciation, il n’y a pas de raison pour que les descendans de Périclès adoptent le système qu’un savant Hollandais a imaginé au XVIe siècle. Du reste la question est délicate et ne saurait être traitée ici. Qu’il suffise d’affirmer que plusieurs règles de prononciation, adoptées par les Grecs modernes, remontent à la plus haute antiquité, et que l’on trouve déjà dans le second siècle de notre ère des exemples de l’iotacisme, c’est-à-dire de ê, ei, oi, prononcés i, bien que l’iotacisme ne paraisse avoir été définitivement et complètement constituée qu’au Xe ou XIe siècle.

Dans le langage populaire de certaines parties de la Grèce, on retrouve quelques vestiges des dialectes qui y furent parlé autrefois. En général, les anciens dialectes grecs ont péri par suite de la conquête, qui les a éteints avec la vie locale des pays subjugués. Cependant ils n’ont pas disparu entièrement ; on retrouve des traces assez nombreuses du dialecte œolien dans la Béotie et la Phocide, et dans un canton montagneux du Péloponèse, la Tzaconie, le dialecte dorien s’est merveilleusement conservé un certain nombre de mots grecs oubliés par le temps ont été remplacés dans l’usage par une autre expression : ainsi, trecho, courir, au lieu de dremo ; au lieu d’artos, pain, psomi. Eh bien ! il arrive que le vieux mot grec oublié se retrouve dans un coin de la Grèce, par exemple dremo dans les villages du Parnasse…

Jean-Jacques Ampère
La poésie grecques en Grèce
Seconde Partie
Revue des Deux Mondes, tome 7, 1844

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Καβάφης
Constantin Cavafy
Έλληνα ποιητή
Poème de Cavafy

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Les Pas – Poème de Cavafy – Τα Βήματα – 1911

Poème de Cavafy
Gr
èce – Ελλάδα

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Traduction Jacky Lavauzelle*******

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Constantin Cavafy poèmes
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LITTERATURE GRECQUE
POESIE GRECQUE

Ελληνική λογοτεχνία
Ελληνική ποίηση

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Constantin Cavafy
Καβάφης
1863 – 1933

Traduction Jacky Lavauzelle

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Traduction Jacky Lavauzelle


LES POEMES GRECS

 LES PAS
Τα Βήματα 

*1911*

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Traduction Jacky Lavauzelle
William Bouguereau, Les Remords d’Oreste, 1862

 

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Σ’ εβένινο κρεββάτι στολισμένο
Dans son lit d’ébène décoré
 με κοραλλένιους αετούς, βαθυά κοιμάται
d’aigles de corail, profondément endormi,
ο Νέρων — ασυνείδητος, ήσυχος, κ’ ευτυχής·
Néron, inconscient, calme et heureux ;
ακμαίος μες στην ευρωστία της σαρκός,
dans la force épanouie de sa chair triomphante,
 και στης νεότητος τ’ ωραίο σφρίγος.
et dans la belle sève de sa jeunesse.

*

Aλλά στην αίθουσα την αλαβάστρινη που κλείνει
Mais dans la pièce d’albâtre qui renferme
των Aηνοβάρβων το αρχαίο λαράριο
l’antique sanctuaire des dieux du foyer
τι ανήσυχοι που είν’ οι Λάρητές του.
Qu’elles paraissent anxieuses les Lares protectrices ?
Τρέμουν οι σπιτικοί μικροί θεοί,
Ces petites divinités accueillantes,
και προσπαθούν τ’ ασήμαντά των σώματα να κρύψουν.
tentent de cacher leurs corps insignifiants.
Γιατί άκουσαν μια απαίσια βοή,
Elles entendent un terrible vacarme,
θανάσιμη βοή την σκάλα ν’ ανεβαίνει,
tragique dans les escaliers qui s’amplifie,
βήματα σιδερένια που τραντάζουν τα σκαλιά.
des pas métalliques frappent les marches.
Και λιγοθυμισμένοι τώρα οι άθλιοι Λάρητες,
Et maintenant, les frêles Lares,
μέσα στο βάθος του λαράριου χώνονται,
se réfugient dans les profondeurs du sanctuaire,
ο ένας τον άλλονα σκουντά και σκουντουφλά,
l’un d’eux crie et neige légèrement,
ο ένας μικρός θεός πάνω στον άλλον πέφτει
une divinité sur l’autre tombe ;
γιατί κατάλαβαν τι είδος βοή είναι τούτη,
elles comprennent l’origine de ce tumulte :
τάνοιωσαν πια τα βήματα των Εριννύων.
ces pas sont ceux des Erinyes, les  déesses infernales .

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Καβάφης
Traduction Jacky Lavauzelle

ARTGITATO
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LA POESIE GRECQUE EN GRECE 

Le langage est ce qu’il y a en Grèce de plus antique. C’est un grand charme pour celui qui a voué un culte à l’antiquité grecque d’entendre parler grec autour de lui, de reconnaître dans les conversations d’un guide ou d’un marinier tel mot qu’il n’avait jusque-là rencontré que dans Homère. Il semble alors qu’on est réellement transporté dans la Grèce antique ; on est tenté de dire aux passans, comme Philoctète à ses compatriotes retrouvés dans Lemnos : je veux vous entendre, et de s’écrier comme lui, ô langage bien aimé ! Mais, pour se livrer à ce transport, il faudrait, dira-t-on, que ce langage fût celui des anciens Hellènes, et non pas un dérivé imparfait que défigure une prononciation bizarre. A cela on peut répondre : Quant à la prononciation, il n’y a pas de raison pour que les descendans de Périclès adoptent le système qu’un savant Hollandais a imaginé au XVIe siècle. Du reste la question est délicate et ne saurait être traitée ici. Qu’il suffise d’affirmer que plusieurs règles de prononciation, adoptées par les Grecs modernes, remontent à la plus haute antiquité, et que l’on trouve déjà dans le second siècle de notre ère des exemples de l’iotacisme, c’est-à-dire de ê, ei, oi, prononcés i, bien que l’iotacisme ne paraisse avoir été définitivement et complètement constituée qu’au Xe ou XIe siècle.

Dans le langage populaire de certaines parties de la Grèce, on retrouve quelques vestiges des dialectes qui y furent parlé autrefois. En général, les anciens dialectes grecs ont péri par suite de la conquête, qui les a éteints avec la vie locale des pays subjugués. Cependant ils n’ont pas disparu entièrement ; on retrouve des traces assez nombreuses du dialecte œolien dans la Béotie et la Phocide, et dans un canton montagneux du Péloponèse, la Tzaconie, le dialecte dorien s’est merveilleusement conservé un certain nombre de mots grecs oubliés par le temps ont été remplacés dans l’usage par une autre expression : ainsi, trecho, courir, au lieu de dremo ; au lieu d’artos, pain, psomi. Eh bien ! il arrive que le vieux mot grec oublié se retrouve dans un coin de la Grèce, par exemple dremo dans les villages du Parnasse…

Jean-Jacques Ampère
La poésie grecques en Grèce
Seconde Partie
Revue des Deux Mondes, tome 7, 1844

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Καβάφης
Constantin Cavafy
Έλληνα ποιητή
Poème de Cavafy

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LES FENÊTRES – Poème de Cavafy – Τα Παράθυρα – Καβάφης

Poème de Cavafy
Gr
èce – Ελλάδα

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Traduction Jacky Lavauzelle*******

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Constantin Cavafy poèmes
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LITTERATURE GRECQUE
POESIE GRECQUE

Ελληνική λογοτεχνία
Ελληνική ποίηση

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Constantin Cavafy
Καβάφης
1863 – 1933

Traduction Jacky Lavauzelle

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Traduction Jacky Lavauzelle


LES POEMES GRECS

 LES FENÊTRES
Τα Παράθυρα

 

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Traduction Jacky Lavauzelle
Gustave Caillebotte, Jeune homme à la fenêtre, 1876, Collection Privée, New York

 

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Σ’ αυτές τες σκοτεινές κάμαρες, που περνώ
Dans ces pièces sombres, je passe
μέρες βαρυές, επάνω κάτω τριγυρνώ
des jours si lourds à la recherche
για  νά ‘βρω τα παράθυρα.— Όταν ανοίξει
de fenêtres – Une qui serait ouverte
ένα παράθυρο θά ‘ναι παρηγορία.—
une fenêtre qui ferait mon bonheur, une seulement.
Μα τα παράθυρα δεν βρίσκονται, ή δεν μπορώ
Mais les fenêtres ne sont pas là, ou bien est-ce moi
να τά ‘βρω. Και καλλίτερα ίσως να μην τα βρω.
qui ne les trouve pas. Et c’est peut-être mieux, ma foi.
Ίσως το φως θά ‘ναι μια νέα τυραννία.
La lumière serait peut-être mon nouveau tyran.
Ποιος ξέρει τι καινούρια πράγματα θα δείξει.
Qui sait les nouvelles choses qu’elle peut nous montrer.

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Καβάφης
Traduction Jacky Lavauzelle

ARTGITATO
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LA POESIE GRECQUE EN GRECE 

Le langage est ce qu’il y a en Grèce de plus antique. C’est un grand charme pour celui qui a voué un culte à l’antiquité grecque d’entendre parler grec autour de lui, de reconnaître dans les conversations d’un guide ou d’un marinier tel mot qu’il n’avait jusque-là rencontré que dans Homère. Il semble alors qu’on est réellement transporté dans la Grèce antique ; on est tenté de dire aux passans, comme Philoctète à ses compatriotes retrouvés dans Lemnos : je veux vous entendre, et de s’écrier comme lui, ô langage bien aimé ! Mais, pour se livrer à ce transport, il faudrait, dira-t-on, que ce langage fût celui des anciens Hellènes, et non pas un dérivé imparfait que défigure une prononciation bizarre. A cela on peut répondre : Quant à la prononciation, il n’y a pas de raison pour que les descendans de Périclès adoptent le système qu’un savant Hollandais a imaginé au XVIe siècle. Du reste la question est délicate et ne saurait être traitée ici. Qu’il suffise d’affirmer que plusieurs règles de prononciation, adoptées par les Grecs modernes, remontent à la plus haute antiquité, et que l’on trouve déjà dans le second siècle de notre ère des exemples de l’iotacisme, c’est-à-dire de ê, ei, oi, prononcés i, bien que l’iotacisme ne paraisse avoir été définitivement et complètement constituée qu’au Xe ou XIe siècle.

Dans le langage populaire de certaines parties de la Grèce, on retrouve quelques vestiges des dialectes qui y furent parlé autrefois. En général, les anciens dialectes grecs ont péri par suite de la conquête, qui les a éteints avec la vie locale des pays subjugués. Cependant ils n’ont pas disparu entièrement ; on retrouve des traces assez nombreuses du dialecte œolien dans la Béotie et la Phocide, et dans un canton montagneux du Péloponèse, la Tzaconie, le dialecte dorien s’est merveilleusement conservé un certain nombre de mots grecs oubliés par le temps ont été remplacés dans l’usage par une autre expression : ainsi, trecho, courir, au lieu de dremo ; au lieu d’artos, pain, psomi. Eh bien ! il arrive que le vieux mot grec oublié se retrouve dans un coin de la Grèce, par exemple dremo dans les villages du Parnasse…

Jean-Jacques Ampère
La poésie grecques en Grèce
Seconde Partie
Revue des Deux Mondes, tome 7, 1844

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Καβάφης
Constantin Cavafy
Έλληνα ποιητή
Poème de Cavafy

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