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LA PRIÈRE POÈME DE ZINAÏDA HIPPIUS – 1897 – Поэзия Зинаиды Гиппиус – Молитва

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LITTÉRATURE RUSSE
POÉSIE RUSSE
Русская литература
Русская поэзия
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Poésie de Zinaïda Hippius
Поэзия Зинаиды Гиппиус
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Zinaïda Nicolaïevna Hippius
Зинаи́да Никола́евна Ги́ппиус

8 novembre 1869 Beliov Russie – 9 septembre 1945 Paris,
8 ноября 1869 Белёв, Российская империя — 9 сентября 1945 Париж Франция

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TRADUCTION JACKY LAVAUZELLE
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LA PRIERE 
1897
Молитва
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Тени луны неподвижные…
Les ombres de la lune sont immobiles …
Небо серебряно-чёрное…
Le ciel est noir argenté …
Тени, как смерть, неподвижные…
Des ombres, comme la mort, sont immobiles …
Живо ли сердце покорное?
L’humble cœur est-il vivant ?

Сжалься, о Боже, над слабостью
Aie pitié, ô Dieu, pour la faiblesse
Сердца, Тобой сотворённого,
Des cœurs, que Tu as créés,
Над бесконечною слабостью
Des infinies faiblesses des cœurs
Сердца, стыдом утомлённого.
Fatigués de porter tant de honte.

Я ‒ это Ты, о Неведомый,
Moi – Je suis Toi, ô Inconnu,
Ты ‒ в Моем сердце, Обиженный,
Toi – tu es dans mon cœur, ô Offensé,
Так подними же, Неведомый,
Relève, toi l’Inconnu,
Дух Твой, Тобою униженный,
Ton Esprit, que tu as humilié,

*

Прежнее дай мне безмолвие,
Donne-moi le silence de jadis,
О, возврати меня вечности…
Ô, ramène-moi à l’éternité
Дай погрузиться в безмолвие,
Laisse-moi me noyer dans le silence
Дай отдохнуть в бесконечности!..
Laisse-moi me reposer dans l’infini !…

1897

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LA VIE – Poème de FLORBELA ESPANCA – A VIDA – 1923

Traduction Jacky Lavauzelle João da Cruz e Sousa
João da Cruz e Sousa Traduction Jacky Lavauzelle

LITTÉRATURE PORTUGAISE
POÉSIE PORTUGAISE
LITERATURA PORTUGUESA
POESIA PORTUGUESA

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TRADUCTION JACKY LAVAUZELLE
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Florbela Espanca
Flor Bela de Alma da Conceição
Poétesse portugaise
8 décembre 1894 – 8 décembre 1930
Vila Viçosa, 8 de dezembro de 1894 — Matosinhos, 8 de dezembro de 1930

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LA VIE
A VIDA
Poème paru dans
« 
Livro de Sóror Saudade« 
1923 

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Mikhaïl Vroubel, Михаил Александрович Врубель, Утро, Matin, Manhã, 1897

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É vão o amor, o ódio, ou o desdém;
Vains sont l’amour, la haine ou le dédain ;
Inútil o desejo e o sentimento…
Inutiles sont le désir et le sentiment …
Lançar um grande amor aos pés d’alguém
Jeter un grand amour aux pieds de quelqu’un
O mesmo é que lançar flores ao vento!
C’est jeter des fleurs au vent !

*

Todos somos no mundo « Pedro Sem »,
Nous sommes tous dans le misérable monde,
Uma alegria é feita dum tormento,
Une joie est faite de tourment,
Um riso é sempre o eco dum lamento,
Un rire est toujours l’écho d’une lamentation,
Sabe-se lá um beijo donde vem!
Qui sait d’où vient le baiser !

*

A mais nobre ilusão morre… desfaz-se…
L’illusion la plus noble meurt … s’effrite …
Uma saudade morta em nós renasce
Une nostalgie ardente en nous renaît
Que no mesmo momento é já perdida…
Qui, au même moment, est déjà perdue …

*

Amar-te a vida inteira eu não podia…
T’aimais toute ma vie, je ne le pouvais …
A gente esquece sempre o bem dum dia.
Nous oublions toujours le bien d’une journée.
Que queres, ó meu Amor, se é isto a Vida!…
Que veux-tu, mon Amour, si tout cela c’est la Vie !

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LA POÉSIE DE FLORBELA ESPANCA
POESIA DE FLORBELLA ESPANCA
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João da Cruz e Sousa Traduction Jacky Lavauzelle

LA POÉSIE DE FLORBELA ESPANCA – POESIA DE FLORBELA ESPANCA

Traduction Jacky Lavauzelle João da Cruz e Sousa
João da Cruz e Sousa Traduction Jacky Lavauzelle

LITTÉRATURE PORTUGAISE
POÉSIE PORTUGAISE
LITERATURA PORTUGUESA
POESIA PORTUGUESA

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TRADUCTION JACKY LAVAUZELLE
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Florbela Espanca
Flor Bela de Alma da Conceição
Poétesse portugaise
8 décembre 1894 – 8 décembre 1930
Vila Viçosa, 8 de dezembro de 1894 — Matosinhos, 8 de dezembro de 1930

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Recueil – Coleção
O Livro D’Ele

1915

O Teu Olhar
DANS TES YEUX

Vallée du Douro, Photo Jacky Lavauzelle

Quando fito o teu olhar,
Quand je te regarde,
Duma tristeza fatal,
D’une tristesse fatale,

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ÉCOUTE…
ESCUTA…

L’attribut alt de cette image est vide, son nom de fichier est Rua_medieval_de_Alfama-988x1024.jpg.
Toni Frissell, Ruelle de l’Alfama Lisbonne, vers 1940

Escuta, amor, escuta a voz que ao teu ouvido
Écoute, mon amour, écoute cette voix
Te canta uma canção na rua em que morei,
Qui te chante une chanson dans la rue où je vivais,

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LES VERS
VERSOS

Hugo Darnaut, Bois avec pont sur la rivière, Waldbach mit Brücke

Versos! Versos! Sei lá o que são versos…
Des vers ! Des vers ! Je ne sais pas ce que sont les vers…
Pedaços de sorriso, branca espuma,
Morceaux de sourire, blanche écume,

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RÊVANT
SONHANDO

Carl Blechen, Grotte dans le parc de la Villa d’Este, 1829

É noite pura e linda. Abro a minha janela
La nuit est pure et belle. J’ouvre ma fenêtre
E olho suspirando o infinito céu,
Et mes yeux en soupirant dans le ciel infini,

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MON FADO
Meu fado, meu doce amigo…

José Malhoa, Le Fado, O Fado, 1910

Meu fado, meu doce amigo
Mon fado, mon tendre ami
Meu grande consolador
Mon grand consolateur

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Recueil – Coleção
Livro das Mágoas
LE LIVRE DES PEINES
1919


MA DOULEUR
A minha Dor

AUGUSTO SANTO escultor português ISMAËL – Bronze 1889 Musée nationalSoares dos Reis Photo Jacky Lavauzelle

A minha Dor é um convento ideal
Ma douleur est un couvent idéal
Cheio de claustros, sombras, arcarias,
Plein de cloîtres, d’ombres, d’arches,


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JE
EU

Vilhelm Hammershøi, La Très Haute Fenêtre, 1913, Ordrupgaard museum, Copenhague

Eu sou a que no mundo anda perdida,
Je suis celle qui marche perdue dans le monde,
Eu sou a que na vida não tem norte,
Je suis celle qui dans la vie n’a pas de nord,

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SANS REMÈDE
Sem Remédio

Grotte en soirée, Cave at evening, Joseph Wright, 1774, Smith College Museum of Art, Northampton, Massachusetts

Aqueles que me têm muito amor
Ceux qui pour moi ont tant d’amour
Não sabem o que sinto e o que sou…
Ne savent pas ce que je ressens et ce que je suis …

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LE SOLEIL ET LA MER
Eu q’ria ser o Mar ingente e forte

Paul Gauguin, Cavaliers sur la plage,1902,
collection Stavros Niarchos, Grèce

Eu q’ria ser o Mar ingente e forte
Je voulais être la Mer puissante et forte
O mar enorme, a vastidão imensa…
La mer immense, la vaste étendue …

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Recueil – Coleção
 Livro de Sóror Saudade

1923

FUMÉE
FUMO

William Turner, Hannibal traversant les Alpes, 1810-1812, détail

Longe de ti são ermos os caminhos,
Loin de toi sont les chemins,
Longe de ti não há luar nem rosas;
Loin de toi pas de clair de lune ni de roses ;

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FANATISME
FANATISMO

L’attribut alt de cette image est vide, son nom de fichier est Fanatisme-Florbela-Espanca-Caspar_David_Friedrich--837x1024.jpg.
Caspar David Friedrich, Le Voyageur contemplant une mer de nuages, 1818, Hambourg Kunsthalle

Minh’alma, de sonhar-te, anda perdida.
Mon âme, rêvant de toi, s’est perdue.
Meus olhos andam cegos de te ver.
Mes yeux sont devenus aveugles de te voir.

***

QU’IMPORTE ?…
QUE IMPORTA?…

Albert Flamm, Abendstimmung am Rhein, Ambiance du soir sur le Rhin

Eu era a desdenhosa, a indif’rente.
J’étais la méprisante, l’indifférente.
Nunca sentira em mim o coração
Je n’avais jamais senti mon cœur en moi

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LA HAINE ?
Ódio?

L’Enlèvement de Psyché, William Bouguereau

Ódio por Ele? Não… Se o amei tanto,
De la haine pour lui ? Non … Si je l’ai aimé autant,
Se tanto bem lhe quis no meu passado,
Si tant de bien dans mon passé je lui voulais,

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LA VIE
A VIDA

Mikhaïl Vroubel, Михаил Александрович Врубель, Утро, Matin, Manhã, 1897

É vão o amor, o ódio, ou o desdém;
Vains sont l’amour, la haine ou le dédain ;
Inútil o desejo e o sentimento…
Inutiles sont le désir et le sentiment …

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Recueil – Coleção
 Charneca em Flor

1931

LA VOLUPTÉ
Volúpia

Amadeo de Souza-Cardoso, Tête, Cabeça, 1913

No divino impudor da mocidade,
Dans l’impudeur divine de la jeunesse,
Nesse êxtase pagão que vence a sorte,
Dans cette extase païenne qui terrasse la fortune,


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LES CENDRES GRISES DE MON ÂME
(JE)
EU

Vilhelm Hammershøi, Intérieur avec jeune femme vue de dos, 1904, Randers Kunstmuseum, Randers

Até agora eu não me conhecia,
Jusqu’à présent, je ne me connaissais pas
julgava que era Eu e eu não era
Je pensais que j’étais Moi et que je n’étais pas

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AIMER !
AMAR !

Henrique Pousão, Senhora Vestida de Negro, 1882, Museu Nacional de Soares dos Reis, Porto

Eu quero amar, amar perdidamente!
Je veux aimer, aimer sauvagement !
Amar só por amar: Aqui… além…
Aimer juste pour aimer : Ici … au-delà …

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ÊTRE POÈTE
SER POETA

Ser Poeta é ser mais alto, é ser maior
Être poète, c’est être plus haut, c’est être plus grand
Do que os homens! Morder como quem beija!
Que les hommes ! Mordre comme l’on donne un baiser !

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LES MAGIQUES FATIGUES
Se tu viesses ver-me hoje à tardinha

Konstantin Alexeyevich Korovin, Константин Алексеевич Коровин, Gourzouf, Gurzuf, Коровин К. « Гурзуф », 1914

Se tu viesses ver-me hoje à tardinha,
Si tu venais me voir ce soir,
A essa hora dos mágicos cansaços,
En cette heure des magiques fatigues,

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Recueil – Coleção
Recueil Posthume
Reliquiae
1934

Poèmes parus en 1934 
Sonetos Completos (Livro de Mágoas, Livro de Sóror Saudade, Charneca em Flor, Reliquiae)
Coimbra
Livraria Gonçalves
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RIEN DE NOUVEAU
NIHIL NOVUM

Mikhaïl Vroubel, Михаил Александрович Врубель, Tamara et le Démon, illustration du poème de Mikhaïl Lermontov, 1890

Na penumbra do pórtico encantado
Dans la pénombre du portique enchanté
De Bruges, noutras eras, já vivi;
De Bruges, jadis, j’ai vécu ;

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João da Cruz e Sousa Traduction Jacky Lavauzelle

LE VIEIL HOMME poème de Constantin Kavafis Καβάφης – 1897 – Ένας Γέρος

Poème de Constantin Cavafis
Gr
èce – Ελλάδα

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Traduction Jacky Lavauzelle*******

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Constantin Cavafy poèmes
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LITTERATURE GRECQUE
POESIE GRECQUE

Ελληνική λογοτεχνία
Ελληνική ποίηση

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Constantin Cavafy – Constantin Cavafis
Καβάφης
1863 – 1933

Traduction Jacky Lavauzelle

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Traduction Jacky Lavauzelle


LES POEMES GRECS

Ένας Γέρος
LE VIEIL HOMME

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Jacky Lavauzelle Traduction Constantin Cavafis
Γεώργιος Ιακωβίδης, Georgios Jakobides, Ο κακός εγγονός, 1884, Wiesbaden, Museum, Musée de Wiesbaden, détail du tableau de Jakobides

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Στου καφενείου του βοερού το μέσα μέρος
Dans la café, au fond,
σκυμένος στο τραπέζι κάθετ’ ένας γέρος·
un vieil homme courbé sur la table ;
με μιαν εφημερίδα εμπρός του, χωρίς συντροφιά.
un journal devant lui, seul.

*

Και μες στων άθλιων γηρατειών την καταφρόνεια
Et, dans sa misérable vieillesse,
σκέπτεται πόσο λίγο χάρηκε τα χρόνια
il pense combien il a si peu apprécié les années
που είχε και δύναμι, και λόγο, κ’ εμορφιά.
où encore il possédait l’énergie, la raison et la beauté.

*

Ξέρει που γέρασε πολύ· το νοιώθει, το κυττάζει.
Il sait qu’il est très vieux, il le sent et le voit.
Κ’ εν τούτοις ο καιρός που ήταν νέος μοιάζει
Pourtant, le temps où jeune encore il était, lui semble
σαν χθές. Τι διάστημα μικρό, τι διάστημα μικρό.
juste hier. Quel espace dérisoire, quel espace dérisoire.

*

Και συλλογιέται η Φρόνησις πώς τον εγέλα·
Et il repense encore à cette Sagesse qui l’a trompé ;
« και πώς την εμπιστεύονταν πάντα – τι τρέλλα ! –
et toute la confiance qu’il avait en elle – quelle folie ! –
την ψεύτρα που έλεγε· «Αύριο. Εχεις πολύν καιρό.»
la tricheuse lui disait : « Demain ! tu as tant de temps ! »

*

Θυμάται ορμές που βάσταγε· και πόση
Il se souvient des pulsions qu’il bridait, et de combien
χαρά θυσίαζε. Την άμυαλή του γνώσι
de plaisirs il a sacrifié. Combien son esprit,
κάθ’ ευκαιρία χαμένη τώρα την εμπαίζει.
pour toutes ces occasions perdues, se désole furieusement.

*

… Μα απ’ το πολύ να σκέπτεται και να θυμάται
… Mais à penser et se souvenir
ο γέρος εζαλίσθηκε. Κι αποκοιμάται
le vieil homme s’est épuisé. Et il dort désormais
  στου καφενείου ακουμπισμένος το τραπέζι
reposant sur la table du café.

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Καβάφης
Traduction Jacky Lavauzelle

ARTGITATO
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LA POESIE GRECQUE EN GRECE 

Le langage est ce qu’il y a en Grèce de plus antique. C’est un grand charme pour celui qui a voué un culte à l’antiquité grecque d’entendre parler grec autour de lui, de reconnaître dans les conversations d’un guide ou d’un marinier tel mot qu’il n’avait jusque-là rencontré que dans Homère. Il semble alors qu’on est réellement transporté dans la Grèce antique ; on est tenté de dire aux passans, comme Philoctète à ses compatriotes retrouvés dans Lemnos : je veux vous entendre, et de s’écrier comme lui, ô langage bien aimé ! Mais, pour se livrer à ce transport, il faudrait, dira-t-on, que ce langage fût celui des anciens Hellènes, et non pas un dérivé imparfait que défigure une prononciation bizarre. A cela on peut répondre : Quant à la prononciation, il n’y a pas de raison pour que les descendans de Périclès adoptent le système qu’un savant Hollandais a imaginé au XVIe siècle. Du reste la question est délicate et ne saurait être traitée ici. Qu’il suffise d’affirmer que plusieurs règles de prononciation, adoptées par les Grecs modernes, remontent à la plus haute antiquité, et que l’on trouve déjà dans le second siècle de notre ère des exemples de l’iotacisme, c’est-à-dire de ê, ei, oi, prononcés i, bien que l’iotacisme ne paraisse avoir été définitivement et complètement constituée qu’au Xe ou XIe siècle.

Dans le langage populaire de certaines parties de la Grèce, on retrouve quelques vestiges des dialectes qui y furent parlé autrefois. En général, les anciens dialectes grecs ont péri par suite de la conquête, qui les a éteints avec la vie locale des pays subjugués. Cependant ils n’ont pas disparu entièrement ; on retrouve des traces assez nombreuses du dialecte œolien dans la Béotie et la Phocide, et dans un canton montagneux du Péloponèse, la Tzaconie, le dialecte dorien s’est merveilleusement conservé un certain nombre de mots grecs oubliés par le temps ont été remplacés dans l’usage par une autre expression : ainsi, trecho, courir, au lieu de dremo ; au lieu d’artos, pain, psomi. Eh bien ! il arrive que le vieux mot grec oublié se retrouve dans un coin de la Grèce, par exemple dremo dans les villages du Parnasse…

Jean-Jacques Ampère
La poésie grecques en Grèce
Seconde Partie
Revue des Deux Mondes, tome 7, 1844

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Καβάφης
Constantin Cavafy – Constantin Cavafis
Έλληνα ποιητή
Poème de Cavafy

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Je te regarde – EINO LEINO – Sua katselen (1897) [Hämärissä – 22 – Crépuscule]

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EINO LEINO


 6 juillet 1878  Paltamo -10 janvier 1926 Tuusula
Traduction JACKY LAVAUZELLE


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Hämärissä – 22
Crépuscule N°22

 

 

Sua katselen
Runous

Je te regarde

Poésie
1897

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Sua katselen silmin ma huikaistuin
Je te regarde avec des yeux remplis d’admiration
Sua katselen silmin ma huikaistuin
Je te regarde avec des yeux remplis d’admiration
kuni kaunista sateenkaarta,
Comme s’il s’agissait d’un éclatant arc en ciel,
sua silmäni sulkien muistelen kuin
Et je ferme les yeux pour te revoir
meren laskija lehtosaarta.
Comme le grand voyageur pense à son île.
Sua katson ma hiljaa henkien
Je te regarde tranquillement et soupire
kuin kuvaa äitini armaan
Comme devant l’image de ma mère tant aimée
  ja uskon, ett´ enkelit lapsuuden
Et je crois que les anges de l’enfance
nyt lähellä liikkuvat varmaan.
Maintenant nous accompagnent sur notre route.

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EINO LEINO
POESIE – RUNOUS

GIOVANNI PASCOLI – LA TESSITRICE – LA TISSEUSE – 1897

Giovanni Pascoli

Traduction – Texte Bilingue
Poesia e traduzione

LITTERATURE ITALIENNE

Letteratura Italiana

GIOVANNI PASCOLI
1855-1912

Giovanni Pascoli artgitato poesie poesia

Traduction Jacky Lavauzelle

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La tessitrice
La Tisseuse

1897
CANTI DI CASTELVECCHIO
Il ritorno a San Mauro
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Mi son seduto su la panchetta
Je me suis assis sur le banc
come una volta… quanti anni fa?
comme jadis … quand était-ce donc ?
 Ella, come una volta, s’è stretta
Elle, comme jadis, s’asseyait
 su la panchetta.
Sur le banc.

E non il suono d’una parola;
Pas un son, pas un mot ;
  solo un sorriso tutto pietà.
Juste un sourire en pleine dévotion.
  La bianca mano lascia la spola.
La main blanche s’échappe de la bobine.




Piango, e le dico: Come ho potuto,
Je pleure et je dis : Comment ai-je pu,
 dolce mio bene, partir da te?
Ma douce, m’éloigner de toi ?
  Piange, e mi dice d’un cenno muto:
Elle pleure et me dit d’un signe de tête silencieux :
Come hai potuto?
Comment as-tu pu ?

Con un sospiro quindi la cassa
Dans un soupir, la caisse
tira del muto pettine a sè.
Tire le peigne silencieux à soi.
Muta la spola passa e ripassa.
La muette bobine passe et repasse.




Piango, e le chiedo: Perchè non suona
Je pleure, et je demande : Pourquoi ne sonne-t-il
dunque l’arguto pettine più?
Plus l’esprit de notre peigne ?
Ella mi fìssa, timida e buona:
Elle me regarde fixement, timide et bonne :
 Perchè non suona?
Pourquoi ne sonne-t-il plus ?

E piange, piange — Mio dolce amore,
Et elle pleure, pleure – Mon doux amour,
non t’hanno detto? non lo sai tu?
Ne t-ont-ils rien dit ? Ne sais-tu donc rien ?
Io non son viva che nel tuo cuore.
Je ne suis en vie que dans ton cœur.




Morta! Sì, morta! Se tesso, tesso
Morte ! Oui, morte! Si je tisse, tisse
per te soltanto; come, non so:
C’est pour toi seulement ; comment ? je ne sais pas !
 in questa tela, sotto il cipresso,
Dans cette toile, sous le cyprès,
 accanto alfine ti dormirò —
Enfin je dormirai à tes côtés-

*

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GIOVANNI PASCOLI
par
PAUL HAZARD
en 1912

« Il aimera toute la nature« 

Cet art très objectif est tout pénétré de sentiment. Ce pourrait être la haine de la nature marâtre, qui met au inonde les créatures pour les torturer, si nous ne nous rappelions ici la bonté essentielle de Pascoli : il ne se lasse jamais d’exprimer sa douleur, parce qu’il ne l’oublie jamais : mais de sa souffrance, plutôt qu’à la légitimité de la révolte, il conclut à la nécessité du pardon. Désirer la vengeance, blasphémer ou maudire, ne serait-ce pas perpétuer le mal sur la terre, et prendre rang parmi les coupables ? Ayant éprouvé qu’il y a dans la vie un insondable mystère, ils doivent se serrer les uns contre les autres, ceux que le même mystère angoisse ; ils doivent se chérir et s’entr’aider, pour prendre leur revanche contre le sort. La pitié, la tendresse, la douceur, voilà donc les sentimens qui pénétreront les vers du poète, et qui, partant des hommes, aboutiront aux choses. Parmi les hommes, il s’intéressera d’abord aux victimes, aux orphelins, aux malades ; puis aux humbles, aux pauvres, aux misérables ; puis encore, aux simples et aux primitifs. Pareillement, il aimera les arbres qui frémissent au vent, les fleurs qui tremblent sur leur tige, et la faiblesse gracieuse des oiseaux : comme saint François d’Assise, puisqu’on a dit de lui qu’il était un Virgile chrétien, ou un saint François païen ; comme ce Paolo Uccollo dont il a écrit la touchante histoire. Il aimera toute la nature : soit qu’il aperçoive en elle des symboles, et veuille voir des berceaux dans les nids ; soit qu’il manifeste une reconnaissance émerveillée pour les tableaux de beauté qu’elle lui présente ; soit qu’il l’associe aux hommes dans la lutte contre le mystère qui l’enveloppe elle-même, il finit par la considérer comme une mère très douce, qui nous berce encore à l’heure où nous nous endormons. « Ah ! laissons-la faire, car elle sait ce qu’elle fait, et elle nous aime !… » Ce sentiment-là, il nous le communique sans prétendre nous l’imposer. En effet, cet artiste épris d’exactitude, connaissant la valeur de la précision, en connaît aussi les limites. Il sait qu’au-delà du terme où l’analyse peut atteindre, il y a les forces presque inconscientes qu’il faut laisser agir par elles-mêmes après les avoir mises en mouvement. Il possède la pudeur rare qui consiste à ne pas vouloir tout dire ; à faire crédit à la sensibilité du lecteur ; à se taire lorsqu’il a provoqué le rêve, afin de ne le point troubler.
Giovanni Pascoli
Paul Hazard
Revue des Deux Mondes Tome 10-  1912




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La Tessitrice – La Tisseuse



Traduction Jacky Lavauzelle
artgitato
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Sultan Abdul Samad Building L’Édifice Sultan Abdul Samad KUALA LUMPUR PLACE DE L’INDEPENDANCE

Pelancongan di Malaysia
Voyage en Malaisie
PHOTO JACKY LAVAUZELLE

 




L’Édifice Sultan Abdul Samad
Sultan Abdul Samad Bulding

 Visiter Kuala Lumpur
Meneroka kota Kuala Lumpur
Melawat Kuala Lumpur
吉隆坡
Куала-Лумпур

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L’Édifice Sultan Abdul Samad
Bangunan Sultan Abdul Samad
Sultan Abdul Samad Building
باڠونن سلطان عبدال سامد

Place de l’Indépendance à KL
Dataran Merdeka

Les locaux abritent aujourd’hui :
Le Ministère de l’Information
Le Ministère des Communications et de la Culture de Malaisie

Concepteur – Architecte : A.C. Norman
A conçu les plans de l’édifice
Arthur Charles Alfred Norman
(1858-1944)
Fin de la construction 1897
A. C. Norman a conçu de nombreux bâtiments à KL : St.Mary’s Church en 1894, le National Textile Museum en 1895 qui se trouve à proximité de l’édifice Sultan Abdul Samad sur cette même place de l’Indépendance, la Librairie de KL : la Kuala Lumpur Library en 1909, etc.

Gaya seni bina : Moghul & Moor
Style architectural : Moghol et Maure

Abdul Samad de Selangor était le quatrième sultan de Selangor.
1804-1898
Le Selangor comprenait l’actuel état au nord de KL, Kuala Lumpur et Putrajaya.

 

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Warum sind denn die Rosen so blaß HEINE INTERMEZZO LYRIQUE XX

  Warum sind denn die Rosen so blaß

INTERMEZZO LYRIQUE HEINE
LITTERATURE ALLEMANDE
intermezzo-lyrique-heine-artgitato-lyrisches-intermezzo-heine-willem-van-aelst-bloemenstilleven-met-horloge



Christian Johann Heinrich Heine
Warum sind denn die Rosen so blaß




Deutsch Poesie
 Deutsch Literatur

Heinrich HeineHeinrich HeineHeinrich HeineHeinrich HeineHeinrich HeineHeinrich HeineHeinrich HeineHeinrich HeineHeinrich HeineHeinrich Heine

HEINRICH HEINE
1797- 1856

German poet
Poète Allemand
Deutsch Dichter

Heinrich Heine Oeuvre Poèmes Poésie Gedichte Artgitato

Übersetzung – Traduction
Jacky Lavauzelle




INTERMEZZO LYRIQUE HEINE
XX

 Warum sind denn die Rosen so blaß

 

 

Lyrisches Intermezzo XX
Pourquoi pâles sont les roses

1823

             Warum sind denn die Rosen so blaß

*

XX

Warum sind denn die Rosen so blaß,
Pourquoi pâles sont les roses,
O sprich, mein Lieb, warum?
Oh, dis-moi, mon cœur, pourquoi ?
 Warum sind denn im grünen Gras
Pourquoi dans la verte prairie
 Die blauen Veilchen so stumm?
Les violettes semblent muettes ?

*

Warum singt denn mit so kläglichem Laut
Pourquoi chante un air si pathétique
Die Lerche in der Luft?
L’alouette dans l’air ?
Warum steigt denn aus dem Balsamkraut
Pourquoi de la grande balsamite
Hervor ein Leichenduft?
Sort un parfum de cadavre ?

*

Warum scheint denn die Sonn’ auf die Au’
Pourquoi brille le soleil sur la lande
So kalt und verdrießlich herab?
Si froide et si triste ?
Warum ist denn die Erde so grau,
Pourquoi tant de gris sur cette Terre
Und öde wie ein Grab?
Funeste comme une tombe ?

*

Warum bin ich selbst so krank und so trüb’,
Pourquoi suis-je aussi si malade et austère
Mein liebes Liebchen, sprich?
Ma chère amie, dis ?
O sprich, mein Herzallerliebstes Lieb,
Oh, dis-moi, mon cher petit amour,
Warum verließest du mich?
Pourquoi m’as-tu abandonné ?

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XX   
Warum sind denn die Rosen so blaß

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LA POESIE DE HEINE

A ce point de vue, Heine est traité en privilégié. Les Allemands peuvent bien maudire le pamphlétaire, ils savent par cœur les vers du poète. Éditeurs, biographes, critiques d’outre-Rhin lui ont consacré d’importans travaux. Chez nous, seul entre les poètes allemands, il bénéficie de ce privilège d’avoir un public. Je ne nie pas que nous n’ayons pour quelques autres, et pour Goethe par exemple, un juste respect. Nous admirons Gœthe, nous ne l’aimons pas. Au contraire, l’auteur de l’Intermezzo est pour quelques Français de France un de ces écrivains qui sont tout près du cœur. Cela tient à plusieurs raisons parmi lesquelles il en est d’extérieures. Heine a vécu pendant de longues années parmi nous ; il parlait notre langue, quoique avec un fort accent ; il l’écrivait, quoique d’une façon très incorrecte ; il nous a loués, quoique avec bien de l’impertinence ; il a été mêlé à notre société ; il a été en rapports avec nos écrivains, nos artistes et même nos hommes politiques. Nous nous sommes habitués à le considérer comme un des nôtres, et sa plaisanterie, fortement tudesque, passe encore pour avoir été une des formes authentiques de l’esprit parisien. Notre sympathie pour Heine se fonde d’ailleurs sur des motifs plus valables. Il a quelques-unes des qualités qui nous sont chères : son style est clair ; ses compositions sont courtes. Nous aimons ces lieds dont quelques-uns durent le temps d’un soupir, l’espace d’un sanglot. Leur pur éclat nous semble celui de la goutte de rosée que le soleil taille en diamant, ou d’une larme qui brille dans un sourire. C’est par eux que le meilleur de la sentimentalité allemande est parvenu jusqu’à nous. Ou, pour parler plus exactement, la poésie de Heine représente une nuance particulière de sensibilité, qu’il a créée et que nous avons accueillie. Aussi doit-elle avoir sa place dans une histoire de la poésie lyrique en France. De même qu’il y a une « critique allemande » de l’œuvre de Heine, il convient qu’il y en ait parallèlement une « critique française ».

René Doumic
Revue littéraire
La poésie de Henri Heine d’après un livre récent
Revue des Deux Mondes
4e période
tome 140
1897
pp. 457-468

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XX   
Warum sind denn die Rosen so blaß

Aus meinen Thränen sprießen Poussent de mes larmes Heinrich Heine

Aus meinen Thränen sprießen
INTERMEZZO LYRIQUE HEINE
LITTERATURE ALLEMANDE
intermezzo-lyrique-heine-artgitato-lyrisches-intermezzo-heine-willem-van-aelst-bloemenstilleven-met-horloge



Christian Johann Heinrich Heine
Aus meinen Thränen sprießen




Deutsch Poesie
 Deutsch Literatur

Heinrich HeineHeinrich HeineHeinrich HeineHeinrich HeineHeinrich HeineHeinrich HeineHeinrich HeineHeinrich HeineHeinrich HeineHeinrich Heine

HEINRICH HEINE
1797- 1856

German poet
Poète Allemand
Deutsch Dichter

Heinrich Heine Oeuvre Poèmes Poésie Gedichte Artgitato

Übersetzung – Traduction
Jacky Lavauzelle




INTERMEZZO LYRIQUE HEINE
I
Aus meinen Thränen sprießen

Lyrisches Intermezzo I
Poussent de mes larmes
1823

I

Aus meinen Thränen sprießen
Poussent de mes larmes
 Viel blühende Blumen hervor,
Des milliers de fleurs,
Und meine Seufzer werden
Et mes soupirs ne sont
Ein Nachtigallenchor.
Qu’un chœur de rossignols.

*

Und wenn du mich lieb hast, Kindchen,
Et si tu m’aimes, mon enfant,
Schenk’ ich dir die Blumen all’,
Je te donne toutes les fleurs,
Und vor deinem Fenster soll klingen
Et à ta fenêtre tu entendras
 Das Lied der Nachtigall.
Le chant des rossignol.

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Aus meinen Thränen sprießen

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LA POESIE DE HEINE

A ce point de vue, Heine est traité en privilégié. Les Allemands peuvent bien maudire le pamphlétaire, ils savent par cœur les vers du poète. Éditeurs, biographes, critiques d’outre-Rhin lui ont consacré d’importans travaux. Chez nous, seul entre les poètes allemands, il bénéficie de ce privilège d’avoir un public. Je ne nie pas que nous n’ayons pour quelques autres, et pour Goethe par exemple, un juste respect. Nous admirons Gœthe, nous ne l’aimons pas. Au contraire, l’auteur de l’Intermezzo est pour quelques Français de France un de ces écrivains qui sont tout près du cœur. Cela tient à plusieurs raisons parmi lesquelles il en est d’extérieures. Heine a vécu pendant de longues années parmi nous ; il parlait notre langue, quoique avec un fort accent ; il l’écrivait, quoique d’une façon très incorrecte ; il nous a loués, quoique avec bien de l’impertinence ; il a été mêlé à notre société ; il a été en rapports avec nos écrivains, nos artistes et même nos hommes politiques. Nous nous sommes habitués à le considérer comme un des nôtres, et sa plaisanterie, fortement tudesque, passe encore pour avoir été une des formes authentiques de l’esprit parisien. Notre sympathie pour Heine se fonde d’ailleurs sur des motifs plus valables. Il a quelques-unes des qualités qui nous sont chères : son style est clair ; ses compositions sont courtes. Nous aimons ces lieds dont quelques-uns durent le temps d’un soupir, l’espace d’un sanglot. Leur pur éclat nous semble celui de la goutte de rosée que le soleil taille en diamant, ou d’une larme qui brille dans un sourire. C’est par eux que le meilleur de la sentimentalité allemande est parvenu jusqu’à nous. Ou, pour parler plus exactement, la poésie de Heine représente une nuance particulière de sensibilité, qu’il a créée et que nous avons accueillie. Aussi doit-elle avoir sa place dans une histoire de la poésie lyrique en France. De même qu’il y a une « critique allemande » de l’œuvre de Heine, il convient qu’il y en ait parallèlement une « critique française ».

René Doumic
Revue littéraire
La poésie de Henri Heine d’après un livre récent
Revue des Deux Mondes
4e période
tome 140
1897
pp. 457-468

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Aus meinen Thränen sprießen

PUENTE DE SAN PABLO BURGOS PONT DE SAINT PAUL – L’EPOPEE DU CID – la Epopeya del Cid Campeador

Puente de san Pablo  – Pont de saint Paul
L’EPOPEE DU CID – la Epopeya del Cid Campeador

BURGOS
布尔戈斯
ブルゴス
Бургос
——

Photos Jacky Lavauzelle
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Rodrigo Díaz de Vivar, el Cid Campeador
Le Cid
né vers 1043 à Vivar près de de Burgos, et mort le 10 juillet 1099 à Valence
obra de Juan Cristóbal 1955
Œuvre de 1955
[Juan Cristóbal González Quesada escultor español – sculpteur espagnol – 1897 –  1961 (19 de septiembre de 1961)]

 

« Nous partîmes cinq cents ; mais par un prompt renfort
Nous nous vîmes trois mille en arrivant au port,
Tant, à nous voir marcher avec un tel visage,
Les plus épouvantés reprenaient de courage !

Et le combat cessa faute de combattants. »

Corneille, Le Cid, Acte IV, Scène 3
El Cid (1636)




  Puente de San Pablo
Pont de saint Paul
L’EPOPEE DU CID




la Epopeya del Cid Campeador

 

 

8 estatuas del Ciclo Cidiano
8 statues du Cycle du Cid
8 sculptures conçues par Joaquin Lucarini, entre 1953 et 1955
Realizadas por Joaquín Lucarini entre 1953 y 1955

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Río Arlanzón

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Puente de San Pablo

Alvar Fañez Minaya
Sobrino del Cid
León o Castilla, hacia 1047 – Segovia, abril de 1114

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Hijo de Cid campeador
Fils du Cid

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Puente de San Pablo

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San Sisebuto
Abad del Monasterio de San Pedro de Cardeña
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*

Doña Jimena
Chimène
Esposa del Cid campeador
Epouse du Cid
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Puente de San Pablo

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CHIMENE DANS LE CID DE CORNEILLE
« Les hommes valeureux le sont du premier coup. »
(Acte II scène 3)
« Au sang de ses sujets un roi doit la justice.





Sire, la voix me manque à ce récit funeste ;
Mes pleurs et mes soupirs vous diront mieux le reste. »
(Acte II scène 8)

*

Martin Munoz
Conde de Coimbra

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*

Ben Galbón
alcalde de Molina de Aragón y amigo del Campeador
Señor del Molina

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Retrato de Rodrigo Díaz de Vivar
el Cid Campeador

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LE CID – EL CID
CORNEILLE
ACTE IV – Scène 3




Don Rodrigue

Sous moi donc cette troupe s’avance,
Et porte sur le front une mâle assurance.
Nous partîmes cinq cents ; mais par un prompt renfort
Nous nous vîmes trois mille en arrivant au port,
Tant, à nous voir marcher avec un tel visage,
Les plus épouvantés reprenaient de courage !
J’en cache les deux tiers, aussitôt qu’arrivés,
Dans le fond des vaisseaux qui lors furent trouvés ;
Le reste, dont le nombre augmentait à toute heure,
Brûlant d’impatience autour de moi demeure,
Se couche contre terre, et sans faire aucun bruit,
Passe une bonne part d’une si belle nuit.
Par mon commandement la garde en fait de même,
Et se tenant cachée, aide à mon stratagème ;
Et je feins hardiment d’avoir reçu de vous
L’ordre qu’on me voit suivre et que je donne à tous.

Cette obscure clarté qui tombe des étoiles
Enfin avec le flux nous fait voir trente voiles ;
L’onde s’enfle dessous, et d’un commun effort
Les Mores et la mer montent jusques au port.
On les laisse passer ; tout leur paraît tranquille ;
Point de soldats au port, point aux murs de la ville.
Notre profond silence abusant leurs esprits,
Ils n’osent plus douter de nous avoir surpris ;
Ils abordent sans peur, ils ancrent, ils descendent,
Et courent se livrer aux mains qui les attendent.
Nous nous levons alors, et tous en même temps
Poussons jusques au ciel mille cris éclatants.
Les nôtres, à ces cris, de nos vaisseaux répondent ;
Ils paraissent armés, les Mores se confondent,
L’épouvante les prend à demi descendus ;
Avant que de combattre, ils s’estiment perdus.
Ils couraient au pillage, et rencontrent la guerre ;
Nous les pressons sur l’eau, nous les pressons sur terre,
Et nous faisons courir des ruisseaux de leur sang,
Avant qu’aucun résiste, ou reprenne son rang.
Mais bientôt, malgré nous, leurs princes les rallient ;
Leur courage renaît, et leurs terreurs s’oublient :
La honte de mourir sans avoir combattu
Arrête leur désordre, et leur rend leur vertu.
Contre nous de pied ferme ils tirent leurs alfanges,
De notre sang au leur font d’horribles mélanges ;
Et la terre, et le fleuve, et leur flotte, et le port,
Sont des champs de carnage où triomphe la mort.
Ô combien d’actions, combien d’exploits célèbres
Sont demeurés sans gloire au milieu des ténèbres,
Où chacun, seul témoin des grands coups qu’il donnait,
Ne pouvait discerner où le sort inclinait !
J’allais de tous côtés encourager les nôtres,
Faire avancer les uns, et soutenir les autres,
Ranger ceux qui venaient, les pousser à leur tour,
Et ne l’ai pu savoir jusques au point du jour.
Mais enfin sa clarté montre notre avantage :
Le More voit sa perte, et perd soudain courage ;
Et voyant un renfort qui nous vient secourir,
L’ardeur de vaincre cède à la peur de mourir.
Ils gagnent leurs vaisseaux, ils en coupent les câbles,
Poussent jusques aux cieux des cris épouvantables,
Font retraite en tumulte, et sans considérer
Si leurs rois avec eux peuvent se retirer.
Pour souffrir ce devoir leur frayeur est trop forte :
Le flux les apporta ; le reflux les remporte,
Cependant que leurs rois, engagés parmi nous,
Et quelque peu des leurs, tous percés de nos coups,
Disputent vaillamment et vendent bien leur vie.
À se rendre moi-même en vain je les convie :
Le cimeterre au poing ils ne m’écoutent pas ;
Mais voyant à leurs pieds tomber tous leurs soldats,
Et que seuls désormais en vain ils se défendent,
Ils demandent le chef : je me nomme, ils se rendent.
Je vous les envoyai tous deux en même temps ;
Et le combat cessa faute de combattants.

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Puente de San Pablo