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LIBERTE – POÈME DE ZINAÏDA HIPPIUS – 1904- Поэзия Зинаиды Гиппиус – Свобода

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LITTÉRATURE RUSSE
POÉSIE RUSSE
Русская литература
Русская поэзия
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Poésie de Zinaïda Hippius
Поэзия Зинаиды Гиппиус
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Zinaïda Nicolaïevna Hippius
Зинаи́да Никола́евна Ги́ппиус

8 novembre 1869 Beliov Russie – 9 septembre 1945 Paris,
8 ноября 1869 Белёв, Российская империя — 9 сентября 1945 Париж Франция

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TRADUCTION JACKY LAVAUZELLE
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Свобода
1904
LIBERTÉ 
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*


Я не могу покоряться людям.
Je ne peux pas obéir !
Можно ли рабства хотеть?
Peut-on vouloir l’esclavage ?
Целую жизнь мы друг друга судим, —
Pendant toute une vie nous jugeons,
 Чтобы затем — умереть.
Pour mourir un jour.

*

Я не могу покоряться Богу,
Je ne peux pas obéir à Dieu non plus,
Если я Бога люблю.
Car je l’aime tant.
Он указал мне мою дорогу,
Il m’a montré mon chemin,
Как от нее отступлю?
Comment l’oublier ?

*

Я разрываю людские сети —
Moi, je déchire des réseaux tissés par les humains :
Счастье, унынье и сон.
Bonheur, tristesse et rêve.
Мы не рабы, — но мы Божьи дети,
Nous ne sommes pas des esclaves – mais nous sommes des enfants de Dieu,
Дети свободны, как Он.
Et ses enfants sont libres comme lui.

*

Только взываю, именем Сына,
Je demande, au nom du Fils,
К Богу, Творцу Бытия:
  Avec Dieu, créateur de l’être :
Отче, вовек да будут едино
« Père, que pour toujours soient une
Воля Твоя и моя!
  Ta Volonté et la mienne ! »

**

1904

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LA NOIRE ÉTERNITÉ – POÈME DE MIRRA LOKHVITSKAÏA – Мирра Лохвицкая- 1902/1904 – КРЕСТ (La Croix) Люблю я солнца красоту

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LITTÉRATURE RUSSE
POÉSIE RUSSE
Русская литература

Русская поэзия
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Poésie de Mirra Lokhvitskaïa
Поэзия Мирры Лохвицкой
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Mirra Lokhvitskaïa
Мирра Лохвицкая

Maria Alexandrovna Lokhvitskaïa
Мария Александровна Лохвицкая
19 novembre 1869 Saint-Pétersbourg – 27 août 1905 Saint-Pétersbourg

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LA NOIRE ÉTERNITÉ 
1902-1904
КРЕСТ
LA CROIX
Люблю я солнца красоту
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TRADUCTION JACKY LAVAUZELLE
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Люблю я солнца красоту
J’adore la beauté du soleil
И музы эллинской создания.
Et les muses de la création hellénique.
Но поклоняюсь я Кресту,
Mais je vénère la croix
Кресту — как символу страдания.
La Croix- comme symbole de la souffrance.

*

Что значит рознь времен и мест? —
Que signifie la discorde de l’espace et du temps ? –
Мы все сольемся в бесконечности;
Tous, nous fusionnerons dans l’infini ;
Один — во мраке черной вечности —
Seule – dans l’obscurité de la noire éternité –
Простерт над нами скорбный Крест.
La Croix suspendue au-dessus de nous.


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1902—1904

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Poésie de Mirra Lokhvitskaïa
Поэзия Мирры Лохвицкой
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LES CENDRES GRISES DE MON ÂME – Poème de Florbela ESPANCA – Eu – 1930

Traduction Jacky Lavauzelle João da Cruz e Sousa
João da Cruz e Sousa Traduction Jacky Lavauzelle

LITTÉRATURE PORTUGAISE
POÉSIE PORTUGAISE
LITERATURA PORTUGUESA
POESIA PORTUGUESA

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TRADUCTION JACKY LAVAUZELLE
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Poème paru dans
« Charneca em Flor »
1930

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Florbela Espanca
Flor Bela de Alma da Conceição
Poétesse portugaise
8 décembre 1894 – 8 décembre 1930
Vila Viçosa, 8 de dezembro de 1894 — Matosinhos, 8 de dezembro de 1930

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Les cendres grises de mon âme
(JE)
EU

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Vilhelm Hammershøi, Intérieur avec jeune femme vue de dos, 1904, Randers Kunstmuseum, Randers

Até agora eu não me conhecia,
Jusqu’à présent, je ne me connaissais pas
julgava que era Eu e eu não era
Je pensais que j’étais Moi et que je n’étais pas
Aquela que em meus versos descrevera
Celle que dans mes versets je décrivais
Tão clara como a fonte e como o dia.
Aussi clair que la fontaine et le jour.

*

Mas que eu não era Eu não o sabia
Mais que je n’étais pas Moi, je ne le savais pas
mesmo que o soubesse, o não dissera…
même si je l’avais su, je ne l’aurais pas dit …
Olhos fitos em rútila quimera
Les yeux fixés sur de chimériques décombres
Andava atrás de mim… e não me via!
J’étais après moi … et je ne me voyais pas !

*

Andava a procurar-me – pobre louca!-
Je me cherchais – pauvre idiote !
E achei o meu olhar no teu olhar,
Et j’ai trouvé mon regard dans ton regard,
E a minha boca sobre a tua boca!
Et ma bouche sur ta bouche !

*

E esta ânsia de viver, que nada acalma,
Et cette soif de vivre, qui rien n’apaise,
E a chama da tua alma a esbrasear
Est la flamme de ton âme embrasant
As apagadas cinzas da minha alma!
Les cendres grises de mon âme !

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LA POÉSIE DE FLORBELA ESPANCA – POESIA DE FLORBELLA ESPANCA
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João da Cruz e Sousa Traduction Jacky Lavauzelle

TROIE BRÛLE – Poème de Lope de Vega – Árdese Troya, y sube el humo escuro (Soneto- Sonnet)

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Littérature espagnole
Literatura española
Poésie espagnole
Poesía española

BNE Biblioteca Nacional de España Biblitothèque Nationale d'Espagne Artgitato Madrid Lope de Vega
Lope de Vega, La Bibliothèque d’Espagne – Biblioteca de españa – Photo Jacky Lavauzelle

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TRADUCTION JACKY LAVAUZELLE
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LOPE DE VEGA
Félix Lope de Vega y Carpio
Madrid 25 novembre 1562 – Madrid 27 août 1635

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Enrique Simonet, Jugement de Pâris, 1904

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TROIE BRÛLE
Árdese Troya, y sube el humo escuro

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Árdese Troya, y sube el humo escuro
Troie brûle et monte la sombre fumée
al enemigo cielo, y entretanto,
vers le ciel ennemi, et en attendant,
alegre, Juno mira el fuego y llanto:
joyeuse, Junon admire le feu et les pleurs :
¡venganza de mujer, castigo duro!
La vengeance d’une femme, ô âpre châtiment !

El vulgo, aun en los templos mal seguro,
Le peuple, même dans les temples n’est plus protégé,
huye, cubierto de amarillo espanto;
fuit, couvert d’une jaune peur ;
corre cuajada sangre el turbio Janto,
coule le sang caillé dans les eaux agitées du Scamandre
y viene a tierra el levantado muro.
et le haut mur élevé retrouve la terre.

Crece el incendio propio el fuego extraño,
De ce propre incendie grandit un étrange feu,
las empinadas máquinas cayendo,
les raides machines s’affaissent,
de que se ven rüinas y pedazos.
qui désormais ne sont plus que ruines et débris.

Y la dura ocasión de tanto daño,
Et la dure raison* de tant de dégâts,
mientras vencido Paris muere ardiendo,
tandis que Pâris vaincu meurt en flamme,
del griego vencedor duerme en los brazos.
du grec vainqueur** dort dans les bras.

(*Hélène -**Ménélas)

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LA POÉSIE de LOPE DE VEGA
LA POESIA DE LOPE DE VEGA

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ABSENCE Poème de Miguel Hernández – AUSENCIA

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Miguel Hernández
(30 octobre 1910 Orihuela, province d’Alicante – 28 mars 1942 Alicante)
(Orihuela, 30 de octubre de 1910-Alicante, 28 de marzo de 1942)
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Isidre Nonell La Paloma – 1904
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Ausencia en todo veo:
Absence dans tout ce que je vois :
tus ojos la reflejan.
Tes yeux la reflètent.

Ausencia en todo escucho:
Absence dans tout ce que j'entends :
tu voz a tiempo suena.
ta voix dans le temps se perd.

Ausencia en todo aspiro:
Absence dans tout ce que j'aspire :
tu aliento huele a hierba.
ton souffle sent l'herbe.

Ausencia en todo toco:
Absence dans tout ce que je touche :
tu cuerpo se despuebla.
ton corps se vide.

Ausencia en todo pruebo:
Absence dans tout ce que je tente :
tu boca me destierra.
ta bouche m'abandonne.

Ausencia en todo siento:
Absence dans tout ce que je ressens:
ausencia, ausencia, ausencia.
absence, absence, absence.

*******

POEMES DE MIGUEL HERNANDEZ
POEMAS DE MIGUEL HERNANDEZ

********

Constantin Cavafy – En attendant les barbares – Περιμένοντας τους Βαρβάρους

Grèce – Ελλάδα

***

Traduction Jacky Lavauzelle*******

**
Constantin Cavafy poèmes
**

LITTERATURE GRECQUE
POESIE GRECQUE

Ελληνική λογοτεχνία
Ελληνική ποίηση

**

Constantin Cavafy
1863 – 1933

Traduction Jacky Lavauzelle

**

Traduction Jacky Lavauzelle


LES POEMES GRECS

 Περιμένοντας τους Βαρβάρους 

En attendant les Barbares
1904

**

Traduction Jacky Lavauzelle
Les Huns à la bataille de Chalons, Alphonse de Neuville

***

-Τι περιμένουμε στην αγορά συναθροισμένοι;
-Ensemble, qu’attendons-nous sur l’agora ?
 Είναι οι βάρβαροι να φθάσουν σήμερα.
Aujourd’hui, il paraît qu’une bande de barbares bientôt déferlera.

*

-Γιατί μέσα στην Σύγκλητο μιά τέτοια απραξία;
-Pourquoi rien ne vient du Sénat ?
Τι κάθοντ’ οι Συγκλητικοί και δεν νομοθετούνε;
Pourquoi nos sénateurs ne légifèrent donc pas ?

*

-Γιατί οι βάρβαροι θα φθάσουν σήμερα.
– Car les barbares aujourd’hui arriveront.
Τι νόμους πια θα κάμουν οι Συγκλητικοί;
Quelles lois peut-on faire maintenant ?
Οι βάρβαροι σαν έλθουν θα νομοθετήσουν.
Les barbares à leur tour légiféreront.

*

-Γιατί ο αυτοκράτωρ μας τόσο πρωί σηκώθη,
-Pourquoi notre empereur s’est-il ce matin levé,
και κάθεται στης πόλεως την πιο μεγάλη πύλη
et est parti à la plus grande porte et s’est assis tout devant,
  στον θρόνο επάνω, επίσημος, φορώντας την κορώνα;
sur le trône,  avec sa tête couronnée ?

*

-Γιατί οι βάρβαροι θα φθάσουν σήμερα.
– Car les barbares arriveront aujourd’hui.
Κι ο αυτοκράτωρ περιμένει να δεχθεί
Et l’empereur attend de recevoir ici
τον αρχηγό τους. Μάλιστα ετοίμασε
avec les honneurs leur chef. Il a rédigé pour l’occasion
για να τον δώσει μια περγαμηνή. Εκεί
un parchemin à lui remettre. Là s’y trouvent les fonctions
 τον έγραψε τίτλους πολλούς κι ονόματα.
et les titres des dignitaires.

*

-Γιατί οι δυό μας ύπατοι κ’ οι πραίτορες εβγήκαν
-Nos deux consuls et nos préteurs se sont présentés
σήμερα με τες κόκκινες, τες κεντημένες τόγες·
aujourd’hui accoutrés de leurs toges rouges brodées ;
γιατί βραχιόλια φόρεσαν με τόσους αμεθύστους,
les bracelets avec grande ostentation étaient par eux portés ,
και δαχτυλίδια με λαμπρά γυαλιστερά σμαράγδια·
et des anneaux avec des émeraudes brillantes par eux affichés ;
γιατί να πιάσουν σήμερα πολύτιμα μπαστούνια
des bâtons de valeur aujourd’hui sont présentés
 μ’ ασήμια και μαλάματα έκτακτα σκαλισμένα;
d’argent et d’or extraordinairement sculptés ?

*

Γιατί οι βάρβαροι θα φθάσουν σήμερα·
Car ils arriveront aujourd’hui les barbares
και τέτοια πράγματα θαμπόνουν τους βαρβάρους.
et de telles choses impressionneront nos barbares.

*

-Γιατί κ’ οι άξιοι ρήτορες δεν έρχονται σαν πάντα
-Pourquoi ne viennent-ils pas comme toujours, nos orateurs de renom
να βγάλουνε τους λόγους τους, να πούνε τα δικά τους;
faire leurs propres sermons ?

*

Γιατί οι βάρβαροι θα φθάσουν σήμερα·
Car les barbares arriveront aujourd’hui
κι αυτοί βαριούντ’ ευφράδειες και δημηγορίες.
et  leur éloquence et de leur sermon les ennuient.

*

-Γιατί ν’ αρχίσει μονομιάς αυτή η ανησυχία
-Pourquoi cette inquiétude d’emblée
κ’ η σύγχυσις. (Τα πρόσωπα τι σοβαρά που έγιναν).
et cette confusion. Que de personnes tracassées !
Γιατί αδειάζουν γρήγορα οι δρόμοι κ’ οι πλατέες,
Pourquoi les rues et les places se vident-elles si précipitamment,
κι όλοι γυρνούν στα σπίτια τους πολύ συλλογισμένοι;
et pourquoi tous rentrent-ils dans leurs maisons comme absents ?

*

Γιατί ενύχτωσε κ’ οι βάρβαροι δεν ήλθαν.
Cette nuit, en fait, les barbares ne sont pas venus.
Και μερικοί έφθασαν απ’ τα σύνορα,
Et certains, qui venaient de la frontière,
και είπανε πως βάρβαροι πια δεν υπάρχουν.
ont dit que les barbares n’existaient plus.

*

Και τώρα τι θα γένουμε χωρίς βαρβάρους.
Et maintenant, qu’arrivera-t-il sans les barbares ?
Οι άνθρωποι αυτοί ήσαν μιά κάποια λύσις.
Eux qui étaient une solution !

**********************
Traduction Jacky Lavauzelle
ARTGITATO
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LA POESIE GRECQUE EN GRECE 

Le langage est ce qu’il y a en Grèce de plus antique. C’est un grand charme pour celui qui a voué un culte à l’antiquité grecque d’entendre parler grec autour de lui, de reconnaître dans les conversations d’un guide ou d’un marinier tel mot qu’il n’avait jusque-là rencontré que dans Homère. Il semble alors qu’on est réellement transporté dans la Grèce antique ; on est tenté de dire aux passans, comme Philoctète à ses compatriotes retrouvés dans Lemnos : je veux vous entendre, et de s’écrier comme lui, ô langage bien aimé ! Mais, pour se livrer à ce transport, il faudrait, dira-t-on, que ce langage fût celui des anciens Hellènes, et non pas un dérivé imparfait que défigure une prononciation bizarre. A cela on peut répondre : Quant à la prononciation, il n’y a pas de raison pour que les descendans de Périclès adoptent le système qu’un savant Hollandais a imaginé au XVIe siècle. Du reste la question est délicate et ne saurait être traitée ici. Qu’il suffise d’affirmer que plusieurs règles de prononciation, adoptées par les Grecs modernes, remontent à la plus haute antiquité, et que l’on trouve déjà dans le second siècle de notre ère des exemples de l’iotacisme, c’est-à-dire de ê, ei, oi, prononcés i, bien que l’iotacisme ne paraisse avoir été définitivement et complètement constituée qu’au Xe ou XIe siècle.

Dans le langage populaire de certaines parties de la Grèce, on retrouve quelques vestiges des dialectes qui y furent parlé autrefois. En général, les anciens dialectes grecs ont péri par suite de la conquête, qui les a éteints avec la vie locale des pays subjugués. Cependant ils n’ont pas disparu entièrement ; on retrouve des traces assez nombreuses du dialecte œolien dans la Béotie et la Phocide, et dans un canton montagneux du Péloponèse, la Tzaconie, le dialecte dorien s’est merveilleusement conservé un certain nombre de mots grecs oubliés par le temps ont été remplacés dans l’usage par une autre expression : ainsi, trecho, courir, au lieu de dremo ; au lieu d’artos, pain, psomi. Eh bien ! il arrive que le vieux mot grec oublié se retrouve dans un coin de la Grèce, par exemple dremo dans les villages du Parnasse…

Jean-Jacques Ampère
La poésie grecques en Grèce
Seconde Partie
Revue des Deux Mondes, tome 7, 1844

***

Constantin Cavafy
Έλληνα ποιητή
Cavafy Poèmes

L’OURS TCHEKHOV SCENE 4 Медведь сцена 4

L’OURS TCHEKHOV Медведь

Шутка в одном действии
1888
TCHEKHOV

русская литература
Littérature Russe

TRADUCTION JACKY LAVAUZELLE

 

 

Anton Pavlovitch Tchekhov
Антон Павлович Чехов
1860-1904

России театр
Théâtre Russe




——–


L’OURS

Farce en un acte

 

Медведь

Шутка в одном действии
1888

 Ivan Chichkine et Constantin Savitski
Un matin dans une forêt de pins
1886
Moscou, galerie Tretiakov.

**

Действующие лица
Les Personnages

Елена Ивановна Попова, вдовушка с ямочками на щеках, помещица.
Elena Ivanovna Popova, jeune veuve avec des fossettes, propriétaire.

Григорий Степанович Смирнов, нестарый помещик.
Grigory Stepanovich Smirnov, propriétaire d’âge mûr.

Лука, лакей Поповой, старик.
Louka, un valet de pied de Popova, vieil homme.

******

Гостиная в усадьбе Поповой.
Dans le salon de la maison de Papova

*****

SCENE 4
сцена 4

**

Попова, Лука и Смирнов
Popova, Louka et Smirnov
**

Смирнов
Smirnov
(входя, Луке)
(Il entre et s’adresse à Louka)
Болван, любишь много разговаривать…
Imbécile, comme tu parles beaucoup …
Осел!
Âne!

(Увидев Попову, с достоинством)
(Voyant Popova, avec dignité)

Сударыня, честь имею представиться:
Madame, j’ai l’honneur de me présenter :
отставной поручик артиллерии, землевладелец Григорий Степанович Смирнов!
lieutenant à la retraite de l’artillerie, propriétaire foncier Grigory Stepanovich Smirnov !
Вынужден беспокоить вас по весьма важному делу…
Je me permets de vous ennuyer pour une question de la plus haute importance …

Попова
Popova
(не подавая руки)
(elle ne lui tend pas la main)
Что вам угодно?
Que voulez-vous ?

Смирнов
Smirnov
Ваш покойный супруг, с которым я имел честь быть знаком, остался мне должен по двум векселям тысячу двести рублей.
Votre défunt mari, avec qui j’ai eu l’honneur de travailler, me devait deux billets à ordre de mille deux cents roubles.
Так как завтра мне предстоит платеж процентов в земельный банк, то я просил бы вас, сударыня, уплатить мне деньги сегодня же.
Dès demain, je dois transférer les intérêts à la banque d’agriculture, alors je vous demande, madame, de me rembourser ce montant aujourd’hui.

Попова
Popova
Тысяча двести…
Mille deux cents …
А за что мой муж остался вам должен?
Et pourquoi mon mari vous devait-il cette somme ?

Смирнов
Smirnov
Он покупал у меня овес.
Il m’achetait de l’avoine.

Попова
Popova
(вздыхая, Луке)
(elle soupire – à Luka)
Так ты же, Лука, не забудь приказать, чтобы дали Тоби лишнюю осьмушку овса.
Ah Louka, n’oublie pas de donner à Toby un once supplémentaire d’avoine.
[Лука уходит
Louka sort]
(Смирнову)
(à Smirnov)
Если Николай Михайлович остался вам должен, то, само собою разумеется, я заплачу;
Si Nikolai Mikhailovich vous devez cette somme, il va sans dire que je vais vous la rembourser ;
но, извините пожалуйста, у меня сегодня нет свободных денег.
mais, je suis désolée, aujourd’hui, je n’ai pas cette somme avec moi.
Послезавтра вернется из города мой приказчик, и я прикажу ему уплатить вам что следует, а пока я не могу исполнить вашего желания…
Après-demain, mon assistant sera de retour, et je lui ordonnerai de vous payer ce que nous vous devons, mais pour l’heure, je ne peux pas répondre à votre demande…
К тому же, сегодня исполнилось ровно семь месяцев, как умер мой муж, и у меня теперь такое настроение, что я совершенно не расположена заниматься денежными делами.
D’ailleurs, aujourd’hui cela fait exactement sept mois que mon mari est mort, et maintenant et je ne suis pas du tout d’humeur à régler des questions d’argent.

Смирнов
Smirnov
А у меня теперь такое настроение, что если я завтра не заплачу процентов, то должен буду вылететь в трубу вверх ногами.
Mais je vais avoir mes humeurs moi aussi si je ne paie pas mes intérêts maintenant, je serai très mal.
У меня опишут имение!
Je serai saisi !

Попова
Popova
Послезавтра вы получите ваши деньги.
Après-demain, vous aurez votre argent.

Смирнов
Smirnov
Мне нужны деньги не послезавтра, а сегодня.
Je n’ai pas besoin de l’argent après-demain, mais aujourd’hui.

Попова
Popova
Простите, сегодня я не могу заплатить вам.
Excusez-moi, mais aujourd’hui, je ne peux pas vous payer.

Смирнов
Smirnov
А я не могу ждать до послезавтра.
Et moi, je ne peux pas attendre jusqu’à après demain.

Попова
Popova
Что же делать, если у меня сейчас нет!
Que puis-je y faire !

Смирнов
Smirnov
Стало быть, не можете заплатить?
Donc, vous ne pouvez pas payer ?

Попова
Popova
Не могу…
Je ne peux pas…

Смирнов
Smirnov
Гм!.. Это ваше последнее слово?
Hm ! .. Ceci est votre dernier mot ?

Попова
Popova
Да, последнее.
Oui. Tout à fait.

Смирнов
Smirnov
Последнее?
Le dernier ?
Положительно?
Positivement ?

Попова
Popova
Положительно.
Positivement.

Смирнов
Smirnov
Покорнейше благодарю.
Je vous remercie humblement.
Так и запишем.
Donc, je le note.
(Пожимает плечами)
(haussant les épaules)

А еще хотят, чтобы я был хладнокровен!
Et l’on voudrait que je garde mon sang-froid !
Встречается мне сейчас по дороге акцизный и спрашивает:
J’ai rencontré juste avant le percepteur sur le chemin et qui me disait :
  «Отчего вы всё сердитесь, Григорий Степанович?»
«Pourquoi êtes-vous toujours en colère, Grigory Stepanovich ? »
Да помилуйте, как же мне не сердиться?
Oui, mais comment pourrais-je ne pas être en colère ?
Нужны мне дозарезу деньги…
Je dois trouver de l’argent …
Выехал я еще вчера утром чуть свет, объездил всех своих должников, и хоть бы один из них заплатил свой долг!
Je pars hier matin à l’aube, je visite tous mes débiteurs, et aucun d’entre eux n’a pu payer sa dette !
Измучился, как собака, ночевал черт знает где — в жидовской корчме около водочного бочонка…
Épuise, comme un chien j’ai dormi dieu sait où – dans une auberge juive contre un tonneau de vodka …
Наконец приезжаю сюда, за 70 верст от дому, надеюсь получить, а меня угощают «настроением»!
Enfin me voici, à 70 miles de la maison, dans l’espoir d’obtenir ce que j’attends, et on me traite avec des «humeurs» !
Как же мне не сердиться?
Comment pourrais-je ne pas être en colère?

Попова
Popova
Я, кажется, ясно сказала:
Il me semble l’avoir dit clairement :
приказчик вернется из города, тогда и получите.
dès que mon assistant reviendra de la ville, vous serez payé.

Смирнов
Smirnov
Я приехал не к приказчику, а к вам!
Je ne suis pas venu voir votre assistant, mais vous !
На кой леший, извините за выражение, сдался мне ваш приказчик!
Que diable, pardonnez l’expression, voulez-vous que je traite avec votre intendant !

Попова
Popova
Простите, милостивый государь, я не привыкла к этим странным выражениям, к такому тону.
Je suis désolé, monsieur, je ne suis pas habituée à ces expressions et à ce ton.
Я вас больше не слушаю.
Je préfère ne plus vous écouter.
(Быстро уходит)
(Elle sort)

*********************

L’OURS TCHEKHOV Медведь

 

L’OURS TCHEKHOV SCENE 9 Чехов Медведь сцена 9

L’OURS сцена 9 TCHEKHOV Чехов Медведь

Шутка в одном действии
1888
TCHEKHOV

русская литература
Littérature Russe

TRADUCTION JACKY LAVAUZELLE

 

 

Anton Pavlovitch Tchekhov
Антон Павлович Чехов
1860-1904

России театр
Théâtre Russe




——–


L’OURS

Farce en un acte

 

Медведь

Шутка в одном действии
Чехов Медведь
1888

 Ivan Chichkine et Constantin Savitski
Un matin dans une forêt de pins
1886
Moscou, galerie Tretiakov.

**

Действующие лица
Les Personnages

Елена Ивановна Попова, вдовушка с ямочками на щеках, помещица.
Elena Ivanovna Popova, jeune veuve avec des fossettes, propriétaire.

Григорий Степанович Смирнов, нестарый помещик.
Grigory Stepanovich Smirnov, propriétaire d’âge mûr.

Лука, лакей Поповой, старик.
Louka, un valet de pied de Popova, vieil homme.

******

Гостиная в усадьбе Поповой.
Dans le salon de la maison de Papova

*****

SCENE 9
сцена 9

Те же и Лука.
Les mêmes et Louka
*

Попова
Popova
Лука, выведи этого господина!
Louka, raccompagnez ce Monsieur !

Лука
Louka
(подходит к Смирнову)
(Il s’approche de Smirnov)
Сударь, извольте уходить, когда велят!
Monsieur, veuillez quitter les lieux comme on nous le demande ! Нечего тут…
Par ici …

Смирнов
Smirnov
(вскакивая)
(furieux)
Молчать!
Tais-toi !
С кем ты разговариваешь?
A qui penses-tu parler !
Я из тебя салат сделаю!
Je vais te faire la tête comme une pastèque !

Лука
Louka
(хватается за сердце)
(Se met une main sur le cœur)
Батюшки!..
Par les Cieux !
Угодники!.. 
Par tous les saints !…
(Падает в кресло)
(Il tombe sur une chaise)
Ох, дурно, дурно!
Oh ! J’ai mal ! Mal !
Дух захватило!
Je me sens compressé !

Попова
Popova
Где же Даша?
Où est Dacha ?
 Даша!
Dacha !
 (Кричит)
(Elle crie)

Даша! Пелагея! Даша!
Dacha ! Pélagie ! Dacha !
 (Звонит)
(Elle sonne)

Лука
Louka
Ох! Все по ягоды ушли…
Oh ! Elles sont parties cueillir les baies…
Никого дома нету…
Il n’y a personne dans la maison…
Дурно!
Qu’il fait chaud !
Воды!
De l’eau !

Попова
Pomova
Извольте убираться вон!
Veuillez sortir d’ici !

Смирнов
Smirnov
Не угодно ли вам быть повежливее?
Puis-je vous demander de rester polie ?

Попова
Popova
(сжимая кулаки и топая ногами)
(serrant les poings et trépignant)
Вы мужик!
Vous êtes un moujik !
 Грубый медведь!
Un ours mal léché !
Бурбон!
Un grossier personnage !
 Монстр!
Un monstre !

Смирнов
Smirnov
Как?
Comment ?
Что вы сказали?
Qu’avez-vous dit ?

Попова
Popova
Я сказала, что вы медведь, монстр!
Je dis que vous êtes un ours, un monstre !

Смирнов
Smirnov
(наступая)
(Il s’avance)
Позвольте, какое же вы имеете право оскорблять меня?
Pourquoi m’insultez-vous ?

Попова
Popova
Да, оскорбляю…
Oui, je vous insulte …
ну, так что же?
eh puis, alors ?
Вы думаете, я вас боюсь?
Vous pensez que j’ai peur de vous?

Смирнов
Smirnov
А вы думаете, что если вы поэтическое создание, то имеете право оскорблять безнаказанно?
Pensez-vous, parce que vous êtes une création poétique, avoir le droit de m’insulter en toute impunité ?
Да? К барьеру!
Oui ? Non mais !

Лука
Louka
Батюшки!..
Par les cieux !
Угодники!..
Par les saints ! ..
Воды!
De l’eau!

Смирнов
Smirnov
Стреляться!
Nous réglerons ça au pistolet !

Попова
Popova
Если у вас здоровые кулаки и бычье горло, то, думаете, я боюсь вас? 
Vous croyez qu’en montrant vos poings et en gonflant votre cou de taureau, vous pensez que j’ai peur de vous ?
А? Бурбон вы этакий!
Et ? Soit !

Смирнов
Smirnov
К барьеру!
Sur le terrain !
Я никому не позволю оскорблять себя и не посмотрю на то, что вы женщина, слабое создание!
Je ne vais pas permettre à quiconque de m »insulter et peu importe que vous soyez une femme, une pauvre créature !

Попова
Popova
 (стараясь перекричать)
(essayant de crier)
Медведь! Медведь! Медведь!
Ours ! Ours ! Ours !

Смирнов
Smirnov
Пора, наконец, отрешиться от предрассудка, что только одни мужчины обязаны платить за оскорбления!
Il est temps finalement d’abandonner ce préjugé que seulement les hommes seraient obligés de payer pour une insulte !
Равноправность так равноправность, черт возьми!
Egalité de manière équitable !
К барьеру!
Sur le terrain !

Попова
Popova
Стреляться хотите?
Vous voulez tirer?
Извольте!
Très bien!

Смирнов
Smirnov
Сию минуту!
A cette minute !

Попова
Popova
Сию минуту!
A cette minute!
После мужа остались пистолеты…
Mon mari a gardé ses armes à feu …
Я сейчас принесу их сюда…
Je vais les ramener ici …
(Торопливо идет и возвращается)
(Hâtivement elle pars et se retourne)

С каким наслаждением я влеплю пулю в ваш медный лоб!
Avec quel plaisir je vais vous envoyer une balle dans le crâne !
Черт вас возьми!
Que le diable vous emporte!
(Уходит)
(elle sort)

Смирнов
Smirnov
Я подстрелю ее, как цыпленка!
Je vais la tirer comme un lapin !
Я не мальчишка, не сантиментальный щенок, для меня не существует слабых созданий!
Je ne suis pas un garçon, pas un petit chiot sentimental, pour moi, il n’y a pas de faibles créatures !

Лука
Louka
Батюшка родимый!..
Cher père !…
(Становится на колени)
(Il s’agenouille)

Сделай такую милость, пожалей меня, старика, уйди ты отсюда!
Faites-moi une faveur, ayez pitié de moi, mon père, partez loin d’ici !
Напужал до смерти, да еще стреляться собираешься!
J’ai déjà failli mourir et maintenant ce duel au pistolet !

Смирнов
Smirnov
(не слушая его)
(il ne l’écoute pas)
Стреляться, вот это и есть равноправность, эмансипация! Tirer, c’est donc ça l’égalité des droits, l’émancipation !
Тут оба пола равны!
Ici, les deux sexes sont égaux!
Подстрелю ее из принципа!
Je tirerai pour le principe !
Но какова женщина?
Mais quelle femme ?
(Дразнит)
(il l’imite)

«Черт вас возьми… влеплю пулю в медный лоб…»
« Que le diable vous emporte … Je vais vous envoyer une balle dans le crâne… »
Какова?
Quoi?
Раскраснелась, глаза блестят…
Elle a rougi, ses yeux scintillaient …
Вызов приняла!
Et elle a relevé mon défi !
Честное слово, первый раз в жизни такую вижу…
Honnêtement, c’est la première fois que je vois ça dans ma vie .

Лука
Louka
Батюшка, уйди!
Père, partez!
Заставь вечно бога молить!
Je prierai Dieu!

Смирнов
Smirnov
Это — женщина!
ça c’est une femme !
 Вот это я понимаю!
Voilà ce que je comprends !
Настоящая женщина!
Une vraie femme !
Не кислятина, не размазня, а огонь, порох, ракета!
Pas un gringalet, un lâche, c’est de la poudre à canon, une fusée !
Даже убивать жалко!
Dommage de la tuer !

Лука
Louka
(плачет)
(il pleure)
Батюшка…
Mon père…
родимый, уйди!
Partez !

Смирнов
Smirnov
Она мне положительно нравится! 
Elle me plaît positivement !
Положительно!
Positivement !
Хоть и ямочки на щеках, а нравится!
Malgré les fossettes, elle me plaît beaucoup !
Готов даже долг ей простить…
Prêt même à effacer sa dette …
и злость прошла…
et sa colère était …
Удивительная женщина!
quelle femme merveilleuse !

*********************

L’OURS TCHEKHOV Чехов Медведь
Медведь

L’OURS TCHEKHOV SCENE 1

L’OURS TCHEKHOV Медведь

Шутка в одном действии
1888
TCHEKHOV

русская литература
Littérature Russe

TRADUCTION JACKY LAVAUZELLE

 

 

Anton Pavlovitch Tchekhov
Антон Павлович Чехов
1860-1904

России театр
Théâtre Russe




——–


L’OURS

Farce en un acte

 

Медведь

Шутка в одном действии
1888

 Ivan Chichkine et Constantin Savitski
Un matin dans une forêt de pins
1886
Moscou, galerie Tretiakov.

**

Действующие лица
Les Personnages

Елена Ивановна Попова, вдовушка с ямочками на щеках, помещица.
Elena Ivanovna Popova, jeune veuve avec des fossettes, propriétaire.

Григорий Степанович Смирнов, нестарый помещик.
Grigory Stepanovich Smirnov, propriétaire d’âge mûr.

Лука, лакей Поповой, старик.
Louka, un valet de pied de Popova, vieil homme.

******

Гостиная в усадьбе Поповой.
Dans le salon de la maison de Papova

*****

SCENE 1
сцена 1

**

Попова (в глубоком трауре, не отрывает глаз от фотографической карточки) и Лука.
Popova (en deuil, les yeux fixés sur une photographie) et Louka.
**

Лука
Louka
Нехорошо, барыня…
Ce n’est pas bien, Madame…
Губите вы себя только…
Vous vous ruinez toute seule …
Горничная и кухарка пошли по ягоды, всякое дыхание радуется, даже кошка, и та свое удовольствие понимает и по двору гуляет, пташек ловит, а вы цельный день сидите в комнате, словно в монастыре, и никакого удовольствия.
La femme de chambre et le cuisinier sont allés cueillir des baies, les âmes se réjouissent, même le chat sait bien où se trouve son bonheur dans le jardin, il attrape des oiseaux, alors que vous, toute la journée, restez assise dans la salle, comme dans un monastère, et sans aucun plaisir.
Да право!
Oui, c’est vrai ça !
Почитай, уж год прошел, как вы из дому не выходите!..
En effet, ça fait un an passé, que vous n’êtes pas sortie de la maison ! ..

Попова
Popova
И не выйду никогда…
Et je ne sortirai plus jamais…
Зачем?
Pourquoi donc sortirais-je ?
Жизнь моя уже кончена.
Ma vie est déjà terminée.
Он лежит в могиле, я погребла себя в четырех стенах…
Il se trouve dans la tombe, et moi, je me suis enterrée entre ces quatre murs …
Мы оба умерли.
Nous sommes tous les deux morts.

Лука
Louka
Ну, вот!
Eh bien !
И не слушал бы, право.
Et je ne peux pas entendre ça !
Николай Михайлович померли, так тому и быть, божья воля, царство им небесное…
Nikolai Mikhailovich est mort, c’est  la volonté de Dieu, il appartient au royaume des cieux …
Погоревали
Vous avez été affligée
— и будет, надо и честь знать.
–  et tout le monde le sait.
Не весь же век плакать и траур носить.
Eternellement, vous ne pouvez pas porter le deuil et pleurer.
У меня тоже в свое время старуха померла…
Moi aussi, une fois, ma vieille femme est morte …
Что ж?
Eh bien?
Погоревал, поплакал с месяц, и будет с нее, а ежели цельный век Лазаря петь, то и старуха того не стоит.
J’ai pleuré, pleuré pendant un mois, et c’était déjà beaucoup car la vieille n’en valait pas la peine.
(Вздыхает.)
(Il se met à soupirer)
Соседей всех забыли…
Vous, vous en oubliez même nos voisins…
И сами не ездите, и принимать не велите.
Et vous ne conduisez plus, et ne recevez absolument plus personne. Живем, извините, как пауки, — света белого не видим.
Nous vivons, je suis désolé de le dire, comme des araignées- sans pouvoir supporter la lumière blanche du jour.
Ливрею мыши съели…
Les souris ont fini par dévorer mon costume de sortie…
Добро бы хороших людей не было, а то ведь полон уезд господ…
S’il n’y avait de bons partis, mais le pays regorge d’agréables personnes…
В Рыблове полк стоит, так офицеры — чистые конфеты, не наглядишься!
A Ryblov, par exemple, le régiment fourmille de gaillards charpentés !
 А в лагерях что ни пятница, то бал, и, почитай, каждый день военная оркестра музыку играет…
Toutes les semaines, un orchestre militaire joue de la musique et ouvre le bal…
Эх, барыня-матушка!
Eh ! Ma bonne maîtresse !
Молодая, красивая, кровь с молоком
Regardez comme vous êtes belle, pleine d’ardeur
— только бы и жить в свое удовольствие…
– et laissez-vous vivre un peu…
Красота-то ведь не навеки дадена!
La beauté n’est pas éternelle !
Пройдет годов десять, сами захотите павой пройтись да господам офицерам в глаза пыль пустить, ан поздно будет.
Laissez passer ainsi dix ans, et quand vous allez vouloir parader devant les officiers et attirer leurs regards, il sera alors trop tard.

Попова
Popova
(решительно)
(autoritaire)
Я прошу тебя никогда не говорить мне об этом!
Je te demande de ne jamais me parler de lui !
Ты знаешь, с тех пор как умер Николай Михайлович, жизнь потеряла для меня всякую цену.
Tu sais très bien que, depuis la mort de Nikolai Mikhailovich, la vie a perdu toute valeur pour moi.
Тебе кажется, что я жива, но это только кажется!
Tu penses que je suis en vie, mais c’est tout simplement une apparence !
Я дала себе клятву до самой могилы не снимать этого траура и не видеть света…
J’ai promis, devant sa tombe, de garder le deuil, et de ne plus voir la lumière …
Слышишь?
Tu entends ?
Пусть тень его видит, как я люблю его…
Qu’elle voit, son ombre, combien je l’aime …
Да, я знаю, для тебя не тайна, он часто бывал несправедлив ко мне, жесток и…
Oui, je sais, car ce n’est pas un mystère, que, souvent, il a été injuste envers moi, et cruel …
и даже неверен, но я буду верна до могилы и докажу ему, как я умею любить.
et même infidèle, mais j’ai promis devant la tombe, et je lui montrerai le chemin, et combien je sais aimer.
Там, по ту сторону гроба, он увидит меня такою же, какою я была до его смерти…
Là, de l’autre côté de la tombe, il me verra alors comme celle que j’étais  j’étais jusqu’à sa mort …

Лука
Louka
Чем эти самые слова, пошли бы лучше по саду погуляли, а то велели бы запрячь Тоби или Великана и к соседям в гости…
Au lieu de dire ces mêmes mots, vous devriez plutôt faire promenade dans le jardin, ou demander à atteler Toby et aller visiter les voisins …

Попова
Popova
Ах!..
Ah !…
(Плачет)
(Elle se met à pleurer)

Лука
Louka
Барыня!..
Mon Dieu !…
 Матушка!..
Madame !
Что вы?
Que faites-vous ?
 Христос с вами!
Le  Christ est avec vous !

Попова
Popova
Он так любил Тоби!
Il aimait tant Toby !
Он всегда ездил на нем к Корчагиным и Власовым. 
Il l’a toujours pris pour aller chez les Korchagin et les Vlasov.
Как он чудно правил!
Quelle conduite merveilleuse !
Сколько грации было в его фигуре, когда он изо всей силы натягивал вожжи!
Combien était gracieuse sa figure, quand de toute sa force il tirait sur les rênes !
Помнишь?
Te souviens-tu ?
Тоби, Тоби!
Toby, Toby !
Прикажи дать ему сегодня лишнюю осьмушку овса.
Demande à ce que l’on lui donne une once supplémentaire d’avoine aujourd’hui.

Лука
Louka
Слушаю!
Oui Madame !

Резкий звонок
Appel insistant

Попова
Popova
(вздрагивает)
(elle sursaute)
Кто это?
Qu’est-ce que c’est ?
 Скажи, что я никого не принимаю!
Dites-lui que je n’accepte personne !

Лука
Louka
Слушаю-с!
Oui Madame !

(Уходит)
(Louka sort)

*********************

L’OURS TCHEKHOV Медведь

 

FÊTES GALANTES PAUL VERLAINE (1869)

POESIE FRANCAISE
FÊTES GALANTES (Edition Vanier – 1902)

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PAUL VERLAINE
1844-1896

Oeuvre de Paul Verlaine Artgitato Frédéric_Bazille_-_Portrait_de_Paul_Verlaine_comme_une_Troubadour

Portrait de Paul Verlaine en troubadour
Frédérique Bazille
1868
Museum of Art – Dallas

 

*

Œuvres de Paul Verlaine
 


FÊTES GALANTES

1869

PAUL VERLAINE Son Oeuvre Texte Poésie Artgitato

Tableaux et Caricatures
Gustave Courbet – Eugène Carrière – Frédérique Bazille
Paterne Berrichon – Félix Vallotton – Félix Régamey

*

Fêtes Galantes Paul Verlaine Mickail Vroubel Huître Perlière 1904
Mikhaïl Vroubel Huître perlière 1904

FÊTES GALANTES

Clair de Lune

Votre âme est un paysage choisi
Que vont charmant masques et bergamasques,

*

Pantomime

Pierrot, qui n’a rien d’un Clitandre,
Vide un flacon sans plus attendre,

*

Sur l’herbe

L’abbé divague. — Et toi, marquis,
Tu mets de travers ta perruque.

*

l’Allée

Fardée et peinte comme au temps des bergeries,
Frêle parmi les nœuds énormes de rubans,

*

A la promenade

Le ciel si pâle et les arbres si grêles
Semblent sourire à nos costumes clairs

*

Dans la grotte

    Là ! Je me tue à vos genoux !
Car ma détresse est infinie,

*

Les Ingénus

Les hauts talons luttaient avec les longues jupes,
En sorte que, selon le terrain et le vent,

*

Cortège

Un singe en veste de brocart
Trotte et gambade devant elle

*

Les Coquillages

Chaque coquillage incrusté
Dans la grotte où nous nous aimâmes

*

En patinant

Nous fûmes dupes, vous et moi,
De manigances mutuelles,

*

Fantoches

Scaramouche et Pulcinella,
Qu’un mauvais dessein rassembla,

*

Cythère

Un pavillon à claires-voies
Abrite doucement nos joies

*

En bateau

L’étoile du berger tremblote
Dans l’eau plus noire et le pilote

*

 Le Faune

Un vieux faune de terre cuite
Rit au centre des boulingrins,

*

Mandoline

Les donneurs de sérénades
Et les belles écouteuses

*

A Clymène

Mystiques barcarolles,
Romances sans paroles,

*

Lettre

Éloigné de vos yeux, Madame, par des soins
Impérieux (j’en prends tous les dieux à témoins),

*

Les Indolents

Bah ! malgré les destins jaloux,
Mourons ensemble, voulez-vous ?

*

Colombine

Léandre le sot,
Pierrot qui d’un saut

*

L’Amour par terre

Le vent de l’autre nuit a jeté bas l’Amour
Qui, dans le coin le plus mystérieux du parc,

*

En sourdine

Calmes dans le demi-jour
Que les branches hautes font,

*

Colloque sentimental

Dans le vieux parc solitaire et glacé
Deux formes ont tout à l’heure passé.

 

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FÊTES GALANTES PAUL VERLAINE

Fêtes Galantes Paul Verlaine Mickail Vroubel Huître Perlière 1904

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LECTURE DES FÊTES GALANTES PAR ARTHUR RIMBEAU

« J’ai les Fêtes galantes de Paul Verlaine, un joli in-12 écu. C’est fort bizarre, très drôle ; mais, vraiment, c’est adorable. Parfois, de fortes licences ; ainsi :

Et la tigresse épouvantable d’Hyrcanie
est un vers de ce volume. — Achetez, je vous le conseille, la Bonne Chanson, un petit volume de vers du même poète : ça vient de paraître chez Lemerre ; je ne l’ai pas lu ; rien n’arrive ici ; mais plusieurs journaux en disent beaucoup de bien.

Au revoir, envoyez-moi une lettre de 25 pages — poste restante — et bien vite ! »

Arthur Rimbaud
La Nouvelle Revue Française
NRF, 1912
Tome VII, pp. 24-28
[Et la tigresse… Cf. le poème Dans la grotte]
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