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Constantin Cavafy – En attendant les barbares – Περιμένοντας τους Βαρβάρους

Grèce – Ελλάδα

***

Traduction Jacky Lavauzelle*******

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Constantin Cavafy poèmes
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LITTERATURE GRECQUE
POESIE GRECQUE

Ελληνική λογοτεχνία
Ελληνική ποίηση

**

Constantin Cavafy
1863 – 1933

Traduction Jacky Lavauzelle

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Traduction Jacky Lavauzelle


LES POEMES GRECS

 Περιμένοντας τους Βαρβάρους 

En attendant les Barbares
1904

**

Traduction Jacky Lavauzelle
Les Huns à la bataille de Chalons, Alphonse de Neuville

***

-Τι περιμένουμε στην αγορά συναθροισμένοι;
-Ensemble, qu’attendons-nous sur l’agora ?
 Είναι οι βάρβαροι να φθάσουν σήμερα.
Aujourd’hui, il paraît qu’une bande de barbares bientôt déferlera.

*

-Γιατί μέσα στην Σύγκλητο μιά τέτοια απραξία;
-Pourquoi rien ne vient du Sénat ?
Τι κάθοντ’ οι Συγκλητικοί και δεν νομοθετούνε;
Pourquoi nos sénateurs ne légifèrent donc pas ?

*

-Γιατί οι βάρβαροι θα φθάσουν σήμερα.
– Car les barbares aujourd’hui arriveront.
Τι νόμους πια θα κάμουν οι Συγκλητικοί;
Quelles lois peut-on faire maintenant ?
Οι βάρβαροι σαν έλθουν θα νομοθετήσουν.
Les barbares à leur tour légiféreront.

*

-Γιατί ο αυτοκράτωρ μας τόσο πρωί σηκώθη,
-Pourquoi notre empereur s’est-il ce matin levé,
και κάθεται στης πόλεως την πιο μεγάλη πύλη
et est parti à la plus grande porte et s’est assis tout devant,
  στον θρόνο επάνω, επίσημος, φορώντας την κορώνα;
sur le trône,  avec sa tête couronnée ?

*

-Γιατί οι βάρβαροι θα φθάσουν σήμερα.
– Car les barbares arriveront aujourd’hui.
Κι ο αυτοκράτωρ περιμένει να δεχθεί
Et l’empereur attend de recevoir ici
τον αρχηγό τους. Μάλιστα ετοίμασε
avec les honneurs leur chef. Il a rédigé pour l’occasion
για να τον δώσει μια περγαμηνή. Εκεί
un parchemin à lui remettre. Là s’y trouvent les fonctions
 τον έγραψε τίτλους πολλούς κι ονόματα.
et les titres des dignitaires.

*

-Γιατί οι δυό μας ύπατοι κ’ οι πραίτορες εβγήκαν
-Nos deux consuls et nos préteurs se sont présentés
σήμερα με τες κόκκινες, τες κεντημένες τόγες·
aujourd’hui accoutrés de leurs toges rouges brodées ;
γιατί βραχιόλια φόρεσαν με τόσους αμεθύστους,
les bracelets avec grande ostentation étaient par eux portés ,
και δαχτυλίδια με λαμπρά γυαλιστερά σμαράγδια·
et des anneaux avec des émeraudes brillantes par eux affichés ;
γιατί να πιάσουν σήμερα πολύτιμα μπαστούνια
des bâtons de valeur aujourd’hui sont présentés
 μ’ ασήμια και μαλάματα έκτακτα σκαλισμένα;
d’argent et d’or extraordinairement sculptés ?

*

Γιατί οι βάρβαροι θα φθάσουν σήμερα·
Car ils arriveront aujourd’hui les barbares
και τέτοια πράγματα θαμπόνουν τους βαρβάρους.
et de telles choses impressionneront nos barbares.

*

-Γιατί κ’ οι άξιοι ρήτορες δεν έρχονται σαν πάντα
-Pourquoi ne viennent-ils pas comme toujours, nos orateurs de renom
να βγάλουνε τους λόγους τους, να πούνε τα δικά τους;
faire leurs propres sermons ?

*

Γιατί οι βάρβαροι θα φθάσουν σήμερα·
Car les barbares arriveront aujourd’hui
κι αυτοί βαριούντ’ ευφράδειες και δημηγορίες.
et  leur éloquence et de leur sermon les ennuient.

*

-Γιατί ν’ αρχίσει μονομιάς αυτή η ανησυχία
-Pourquoi cette inquiétude d’emblée
κ’ η σύγχυσις. (Τα πρόσωπα τι σοβαρά που έγιναν).
et cette confusion. Que de personnes tracassées !
Γιατί αδειάζουν γρήγορα οι δρόμοι κ’ οι πλατέες,
Pourquoi les rues et les places se vident-elles si précipitamment,
κι όλοι γυρνούν στα σπίτια τους πολύ συλλογισμένοι;
et pourquoi tous rentrent-ils dans leurs maisons comme absents ?

*

Γιατί ενύχτωσε κ’ οι βάρβαροι δεν ήλθαν.
Cette nuit, en fait, les barbares ne sont pas venus.
Και μερικοί έφθασαν απ’ τα σύνορα,
Et certains, qui venaient de la frontière,
και είπανε πως βάρβαροι πια δεν υπάρχουν.
ont dit que les barbares n’existaient plus.

*

Και τώρα τι θα γένουμε χωρίς βαρβάρους.
Et maintenant, qu’arrivera-t-il sans les barbares ?
Οι άνθρωποι αυτοί ήσαν μιά κάποια λύσις.
Eux qui étaient une solution !

**********************
Traduction Jacky Lavauzelle
ARTGITATO
**********************

LA POESIE GRECQUE EN GRECE 

Le langage est ce qu’il y a en Grèce de plus antique. C’est un grand charme pour celui qui a voué un culte à l’antiquité grecque d’entendre parler grec autour de lui, de reconnaître dans les conversations d’un guide ou d’un marinier tel mot qu’il n’avait jusque-là rencontré que dans Homère. Il semble alors qu’on est réellement transporté dans la Grèce antique ; on est tenté de dire aux passans, comme Philoctète à ses compatriotes retrouvés dans Lemnos : je veux vous entendre, et de s’écrier comme lui, ô langage bien aimé ! Mais, pour se livrer à ce transport, il faudrait, dira-t-on, que ce langage fût celui des anciens Hellènes, et non pas un dérivé imparfait que défigure une prononciation bizarre. A cela on peut répondre : Quant à la prononciation, il n’y a pas de raison pour que les descendans de Périclès adoptent le système qu’un savant Hollandais a imaginé au XVIe siècle. Du reste la question est délicate et ne saurait être traitée ici. Qu’il suffise d’affirmer que plusieurs règles de prononciation, adoptées par les Grecs modernes, remontent à la plus haute antiquité, et que l’on trouve déjà dans le second siècle de notre ère des exemples de l’iotacisme, c’est-à-dire de ê, ei, oi, prononcés i, bien que l’iotacisme ne paraisse avoir été définitivement et complètement constituée qu’au Xe ou XIe siècle.

Dans le langage populaire de certaines parties de la Grèce, on retrouve quelques vestiges des dialectes qui y furent parlé autrefois. En général, les anciens dialectes grecs ont péri par suite de la conquête, qui les a éteints avec la vie locale des pays subjugués. Cependant ils n’ont pas disparu entièrement ; on retrouve des traces assez nombreuses du dialecte œolien dans la Béotie et la Phocide, et dans un canton montagneux du Péloponèse, la Tzaconie, le dialecte dorien s’est merveilleusement conservé un certain nombre de mots grecs oubliés par le temps ont été remplacés dans l’usage par une autre expression : ainsi, trecho, courir, au lieu de dremo ; au lieu d’artos, pain, psomi. Eh bien ! il arrive que le vieux mot grec oublié se retrouve dans un coin de la Grèce, par exemple dremo dans les villages du Parnasse…

Jean-Jacques Ampère
La poésie grecques en Grèce
Seconde Partie
Revue des Deux Mondes, tome 7, 1844

***

Constantin Cavafy
Έλληνα ποιητή
Cavafy Poèmes

L’OURS TCHEKHOV SCENE 4 Медведь сцена 4

L’OURS TCHEKHOV Медведь

Шутка в одном действии
1888
TCHEKHOV

русская литература
Littérature Russe

TRADUCTION JACKY LAVAUZELLE

 

 

Anton Pavlovitch Tchekhov
Антон Павлович Чехов
1860-1904

России театр
Théâtre Russe




——–


L’OURS

Farce en un acte

 

Медведь

Шутка в одном действии
1888

 Ivan Chichkine et Constantin Savitski
Un matin dans une forêt de pins
1886
Moscou, galerie Tretiakov.

**

Действующие лица
Les Personnages

Елена Ивановна Попова, вдовушка с ямочками на щеках, помещица.
Elena Ivanovna Popova, jeune veuve avec des fossettes, propriétaire.

Григорий Степанович Смирнов, нестарый помещик.
Grigory Stepanovich Smirnov, propriétaire d’âge mûr.

Лука, лакей Поповой, старик.
Louka, un valet de pied de Popova, vieil homme.

******

Гостиная в усадьбе Поповой.
Dans le salon de la maison de Papova

*****

SCENE 4
сцена 4

**

Попова, Лука и Смирнов
Popova, Louka et Smirnov
**

Смирнов
Smirnov
(входя, Луке)
(Il entre et s’adresse à Louka)
Болван, любишь много разговаривать…
Imbécile, comme tu parles beaucoup …
Осел!
Âne!

(Увидев Попову, с достоинством)
(Voyant Popova, avec dignité)

Сударыня, честь имею представиться:
Madame, j’ai l’honneur de me présenter :
отставной поручик артиллерии, землевладелец Григорий Степанович Смирнов!
lieutenant à la retraite de l’artillerie, propriétaire foncier Grigory Stepanovich Smirnov !
Вынужден беспокоить вас по весьма важному делу…
Je me permets de vous ennuyer pour une question de la plus haute importance …

Попова
Popova
(не подавая руки)
(elle ne lui tend pas la main)
Что вам угодно?
Que voulez-vous ?

Смирнов
Smirnov
Ваш покойный супруг, с которым я имел честь быть знаком, остался мне должен по двум векселям тысячу двести рублей.
Votre défunt mari, avec qui j’ai eu l’honneur de travailler, me devait deux billets à ordre de mille deux cents roubles.
Так как завтра мне предстоит платеж процентов в земельный банк, то я просил бы вас, сударыня, уплатить мне деньги сегодня же.
Dès demain, je dois transférer les intérêts à la banque d’agriculture, alors je vous demande, madame, de me rembourser ce montant aujourd’hui.

Попова
Popova
Тысяча двести…
Mille deux cents …
А за что мой муж остался вам должен?
Et pourquoi mon mari vous devait-il cette somme ?

Смирнов
Smirnov
Он покупал у меня овес.
Il m’achetait de l’avoine.

Попова
Popova
(вздыхая, Луке)
(elle soupire – à Luka)
Так ты же, Лука, не забудь приказать, чтобы дали Тоби лишнюю осьмушку овса.
Ah Louka, n’oublie pas de donner à Toby un once supplémentaire d’avoine.
[Лука уходит
Louka sort]
(Смирнову)
(à Smirnov)
Если Николай Михайлович остался вам должен, то, само собою разумеется, я заплачу;
Si Nikolai Mikhailovich vous devez cette somme, il va sans dire que je vais vous la rembourser ;
но, извините пожалуйста, у меня сегодня нет свободных денег.
mais, je suis désolée, aujourd’hui, je n’ai pas cette somme avec moi.
Послезавтра вернется из города мой приказчик, и я прикажу ему уплатить вам что следует, а пока я не могу исполнить вашего желания…
Après-demain, mon assistant sera de retour, et je lui ordonnerai de vous payer ce que nous vous devons, mais pour l’heure, je ne peux pas répondre à votre demande…
К тому же, сегодня исполнилось ровно семь месяцев, как умер мой муж, и у меня теперь такое настроение, что я совершенно не расположена заниматься денежными делами.
D’ailleurs, aujourd’hui cela fait exactement sept mois que mon mari est mort, et maintenant et je ne suis pas du tout d’humeur à régler des questions d’argent.

Смирнов
Smirnov
А у меня теперь такое настроение, что если я завтра не заплачу процентов, то должен буду вылететь в трубу вверх ногами.
Mais je vais avoir mes humeurs moi aussi si je ne paie pas mes intérêts maintenant, je serai très mal.
У меня опишут имение!
Je serai saisi !

Попова
Popova
Послезавтра вы получите ваши деньги.
Après-demain, vous aurez votre argent.

Смирнов
Smirnov
Мне нужны деньги не послезавтра, а сегодня.
Je n’ai pas besoin de l’argent après-demain, mais aujourd’hui.

Попова
Popova
Простите, сегодня я не могу заплатить вам.
Excusez-moi, mais aujourd’hui, je ne peux pas vous payer.

Смирнов
Smirnov
А я не могу ждать до послезавтра.
Et moi, je ne peux pas attendre jusqu’à après demain.

Попова
Popova
Что же делать, если у меня сейчас нет!
Que puis-je y faire !

Смирнов
Smirnov
Стало быть, не можете заплатить?
Donc, vous ne pouvez pas payer ?

Попова
Popova
Не могу…
Je ne peux pas…

Смирнов
Smirnov
Гм!.. Это ваше последнее слово?
Hm ! .. Ceci est votre dernier mot ?

Попова
Popova
Да, последнее.
Oui. Tout à fait.

Смирнов
Smirnov
Последнее?
Le dernier ?
Положительно?
Positivement ?

Попова
Popova
Положительно.
Positivement.

Смирнов
Smirnov
Покорнейше благодарю.
Je vous remercie humblement.
Так и запишем.
Donc, je le note.
(Пожимает плечами)
(haussant les épaules)

А еще хотят, чтобы я был хладнокровен!
Et l’on voudrait que je garde mon sang-froid !
Встречается мне сейчас по дороге акцизный и спрашивает:
J’ai rencontré juste avant le percepteur sur le chemin et qui me disait :
  «Отчего вы всё сердитесь, Григорий Степанович?»
«Pourquoi êtes-vous toujours en colère, Grigory Stepanovich ? »
Да помилуйте, как же мне не сердиться?
Oui, mais comment pourrais-je ne pas être en colère ?
Нужны мне дозарезу деньги…
Je dois trouver de l’argent …
Выехал я еще вчера утром чуть свет, объездил всех своих должников, и хоть бы один из них заплатил свой долг!
Je pars hier matin à l’aube, je visite tous mes débiteurs, et aucun d’entre eux n’a pu payer sa dette !
Измучился, как собака, ночевал черт знает где — в жидовской корчме около водочного бочонка…
Épuise, comme un chien j’ai dormi dieu sait où – dans une auberge juive contre un tonneau de vodka …
Наконец приезжаю сюда, за 70 верст от дому, надеюсь получить, а меня угощают «настроением»!
Enfin me voici, à 70 miles de la maison, dans l’espoir d’obtenir ce que j’attends, et on me traite avec des «humeurs» !
Как же мне не сердиться?
Comment pourrais-je ne pas être en colère?

Попова
Popova
Я, кажется, ясно сказала:
Il me semble l’avoir dit clairement :
приказчик вернется из города, тогда и получите.
dès que mon assistant reviendra de la ville, vous serez payé.

Смирнов
Smirnov
Я приехал не к приказчику, а к вам!
Je ne suis pas venu voir votre assistant, mais vous !
На кой леший, извините за выражение, сдался мне ваш приказчик!
Que diable, pardonnez l’expression, voulez-vous que je traite avec votre intendant !

Попова
Popova
Простите, милостивый государь, я не привыкла к этим странным выражениям, к такому тону.
Je suis désolé, monsieur, je ne suis pas habituée à ces expressions et à ce ton.
Я вас больше не слушаю.
Je préfère ne plus vous écouter.
(Быстро уходит)
(Elle sort)

*********************

L’OURS TCHEKHOV Медведь

 

L’OURS TCHEKHOV SCENE 9 Чехов Медведь сцена 9

L’OURS сцена 9 TCHEKHOV Чехов Медведь

Шутка в одном действии
1888
TCHEKHOV

русская литература
Littérature Russe

TRADUCTION JACKY LAVAUZELLE

 

 

Anton Pavlovitch Tchekhov
Антон Павлович Чехов
1860-1904

России театр
Théâtre Russe




——–


L’OURS

Farce en un acte

 

Медведь

Шутка в одном действии
Чехов Медведь
1888

 Ivan Chichkine et Constantin Savitski
Un matin dans une forêt de pins
1886
Moscou, galerie Tretiakov.

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Действующие лица
Les Personnages

Елена Ивановна Попова, вдовушка с ямочками на щеках, помещица.
Elena Ivanovna Popova, jeune veuve avec des fossettes, propriétaire.

Григорий Степанович Смирнов, нестарый помещик.
Grigory Stepanovich Smirnov, propriétaire d’âge mûr.

Лука, лакей Поповой, старик.
Louka, un valet de pied de Popova, vieil homme.

******

Гостиная в усадьбе Поповой.
Dans le salon de la maison de Papova

*****

SCENE 9
сцена 9

Те же и Лука.
Les mêmes et Louka
*

Попова
Popova
Лука, выведи этого господина!
Louka, raccompagnez ce Monsieur !

Лука
Louka
(подходит к Смирнову)
(Il s’approche de Smirnov)
Сударь, извольте уходить, когда велят!
Monsieur, veuillez quitter les lieux comme on nous le demande ! Нечего тут…
Par ici …

Смирнов
Smirnov
(вскакивая)
(furieux)
Молчать!
Tais-toi !
С кем ты разговариваешь?
A qui penses-tu parler !
Я из тебя салат сделаю!
Je vais te faire la tête comme une pastèque !

Лука
Louka
(хватается за сердце)
(Se met une main sur le cœur)
Батюшки!..
Par les Cieux !
Угодники!.. 
Par tous les saints !…
(Падает в кресло)
(Il tombe sur une chaise)
Ох, дурно, дурно!
Oh ! J’ai mal ! Mal !
Дух захватило!
Je me sens compressé !

Попова
Popova
Где же Даша?
Où est Dacha ?
 Даша!
Dacha !
 (Кричит)
(Elle crie)

Даша! Пелагея! Даша!
Dacha ! Pélagie ! Dacha !
 (Звонит)
(Elle sonne)

Лука
Louka
Ох! Все по ягоды ушли…
Oh ! Elles sont parties cueillir les baies…
Никого дома нету…
Il n’y a personne dans la maison…
Дурно!
Qu’il fait chaud !
Воды!
De l’eau !

Попова
Pomova
Извольте убираться вон!
Veuillez sortir d’ici !

Смирнов
Smirnov
Не угодно ли вам быть повежливее?
Puis-je vous demander de rester polie ?

Попова
Popova
(сжимая кулаки и топая ногами)
(serrant les poings et trépignant)
Вы мужик!
Vous êtes un moujik !
 Грубый медведь!
Un ours mal léché !
Бурбон!
Un grossier personnage !
 Монстр!
Un monstre !

Смирнов
Smirnov
Как?
Comment ?
Что вы сказали?
Qu’avez-vous dit ?

Попова
Popova
Я сказала, что вы медведь, монстр!
Je dis que vous êtes un ours, un monstre !

Смирнов
Smirnov
(наступая)
(Il s’avance)
Позвольте, какое же вы имеете право оскорблять меня?
Pourquoi m’insultez-vous ?

Попова
Popova
Да, оскорбляю…
Oui, je vous insulte …
ну, так что же?
eh puis, alors ?
Вы думаете, я вас боюсь?
Vous pensez que j’ai peur de vous?

Смирнов
Smirnov
А вы думаете, что если вы поэтическое создание, то имеете право оскорблять безнаказанно?
Pensez-vous, parce que vous êtes une création poétique, avoir le droit de m’insulter en toute impunité ?
Да? К барьеру!
Oui ? Non mais !

Лука
Louka
Батюшки!..
Par les cieux !
Угодники!..
Par les saints ! ..
Воды!
De l’eau!

Смирнов
Smirnov
Стреляться!
Nous réglerons ça au pistolet !

Попова
Popova
Если у вас здоровые кулаки и бычье горло, то, думаете, я боюсь вас? 
Vous croyez qu’en montrant vos poings et en gonflant votre cou de taureau, vous pensez que j’ai peur de vous ?
А? Бурбон вы этакий!
Et ? Soit !

Смирнов
Smirnov
К барьеру!
Sur le terrain !
Я никому не позволю оскорблять себя и не посмотрю на то, что вы женщина, слабое создание!
Je ne vais pas permettre à quiconque de m »insulter et peu importe que vous soyez une femme, une pauvre créature !

Попова
Popova
 (стараясь перекричать)
(essayant de crier)
Медведь! Медведь! Медведь!
Ours ! Ours ! Ours !

Смирнов
Smirnov
Пора, наконец, отрешиться от предрассудка, что только одни мужчины обязаны платить за оскорбления!
Il est temps finalement d’abandonner ce préjugé que seulement les hommes seraient obligés de payer pour une insulte !
Равноправность так равноправность, черт возьми!
Egalité de manière équitable !
К барьеру!
Sur le terrain !

Попова
Popova
Стреляться хотите?
Vous voulez tirer?
Извольте!
Très bien!

Смирнов
Smirnov
Сию минуту!
A cette minute !

Попова
Popova
Сию минуту!
A cette minute!
После мужа остались пистолеты…
Mon mari a gardé ses armes à feu …
Я сейчас принесу их сюда…
Je vais les ramener ici …
(Торопливо идет и возвращается)
(Hâtivement elle pars et se retourne)

С каким наслаждением я влеплю пулю в ваш медный лоб!
Avec quel plaisir je vais vous envoyer une balle dans le crâne !
Черт вас возьми!
Que le diable vous emporte!
(Уходит)
(elle sort)

Смирнов
Smirnov
Я подстрелю ее, как цыпленка!
Je vais la tirer comme un lapin !
Я не мальчишка, не сантиментальный щенок, для меня не существует слабых созданий!
Je ne suis pas un garçon, pas un petit chiot sentimental, pour moi, il n’y a pas de faibles créatures !

Лука
Louka
Батюшка родимый!..
Cher père !…
(Становится на колени)
(Il s’agenouille)

Сделай такую милость, пожалей меня, старика, уйди ты отсюда!
Faites-moi une faveur, ayez pitié de moi, mon père, partez loin d’ici !
Напужал до смерти, да еще стреляться собираешься!
J’ai déjà failli mourir et maintenant ce duel au pistolet !

Смирнов
Smirnov
(не слушая его)
(il ne l’écoute pas)
Стреляться, вот это и есть равноправность, эмансипация! Tirer, c’est donc ça l’égalité des droits, l’émancipation !
Тут оба пола равны!
Ici, les deux sexes sont égaux!
Подстрелю ее из принципа!
Je tirerai pour le principe !
Но какова женщина?
Mais quelle femme ?
(Дразнит)
(il l’imite)

«Черт вас возьми… влеплю пулю в медный лоб…»
« Que le diable vous emporte … Je vais vous envoyer une balle dans le crâne… »
Какова?
Quoi?
Раскраснелась, глаза блестят…
Elle a rougi, ses yeux scintillaient …
Вызов приняла!
Et elle a relevé mon défi !
Честное слово, первый раз в жизни такую вижу…
Honnêtement, c’est la première fois que je vois ça dans ma vie .

Лука
Louka
Батюшка, уйди!
Père, partez!
Заставь вечно бога молить!
Je prierai Dieu!

Смирнов
Smirnov
Это — женщина!
ça c’est une femme !
 Вот это я понимаю!
Voilà ce que je comprends !
Настоящая женщина!
Une vraie femme !
Не кислятина, не размазня, а огонь, порох, ракета!
Pas un gringalet, un lâche, c’est de la poudre à canon, une fusée !
Даже убивать жалко!
Dommage de la tuer !

Лука
Louka
(плачет)
(il pleure)
Батюшка…
Mon père…
родимый, уйди!
Partez !

Смирнов
Smirnov
Она мне положительно нравится! 
Elle me plaît positivement !
Положительно!
Positivement !
Хоть и ямочки на щеках, а нравится!
Malgré les fossettes, elle me plaît beaucoup !
Готов даже долг ей простить…
Prêt même à effacer sa dette …
и злость прошла…
et sa colère était …
Удивительная женщина!
quelle femme merveilleuse !

*********************

L’OURS TCHEKHOV Чехов Медведь
Медведь

L’OURS TCHEKHOV SCENE 1

L’OURS TCHEKHOV Медведь

Шутка в одном действии
1888
TCHEKHOV

русская литература
Littérature Russe

TRADUCTION JACKY LAVAUZELLE

 

 

Anton Pavlovitch Tchekhov
Антон Павлович Чехов
1860-1904

России театр
Théâtre Russe




——–


L’OURS

Farce en un acte

 

Медведь

Шутка в одном действии
1888

 Ivan Chichkine et Constantin Savitski
Un matin dans une forêt de pins
1886
Moscou, galerie Tretiakov.

**

Действующие лица
Les Personnages

Елена Ивановна Попова, вдовушка с ямочками на щеках, помещица.
Elena Ivanovna Popova, jeune veuve avec des fossettes, propriétaire.

Григорий Степанович Смирнов, нестарый помещик.
Grigory Stepanovich Smirnov, propriétaire d’âge mûr.

Лука, лакей Поповой, старик.
Louka, un valet de pied de Popova, vieil homme.

******

Гостиная в усадьбе Поповой.
Dans le salon de la maison de Papova

*****

SCENE 1
сцена 1

**

Попова (в глубоком трауре, не отрывает глаз от фотографической карточки) и Лука.
Popova (en deuil, les yeux fixés sur une photographie) et Louka.
**

Лука
Louka
Нехорошо, барыня…
Ce n’est pas bien, Madame…
Губите вы себя только…
Vous vous ruinez toute seule …
Горничная и кухарка пошли по ягоды, всякое дыхание радуется, даже кошка, и та свое удовольствие понимает и по двору гуляет, пташек ловит, а вы цельный день сидите в комнате, словно в монастыре, и никакого удовольствия.
La femme de chambre et le cuisinier sont allés cueillir des baies, les âmes se réjouissent, même le chat sait bien où se trouve son bonheur dans le jardin, il attrape des oiseaux, alors que vous, toute la journée, restez assise dans la salle, comme dans un monastère, et sans aucun plaisir.
Да право!
Oui, c’est vrai ça !
Почитай, уж год прошел, как вы из дому не выходите!..
En effet, ça fait un an passé, que vous n’êtes pas sortie de la maison ! ..

Попова
Popova
И не выйду никогда…
Et je ne sortirai plus jamais…
Зачем?
Pourquoi donc sortirais-je ?
Жизнь моя уже кончена.
Ma vie est déjà terminée.
Он лежит в могиле, я погребла себя в четырех стенах…
Il se trouve dans la tombe, et moi, je me suis enterrée entre ces quatre murs …
Мы оба умерли.
Nous sommes tous les deux morts.

Лука
Louka
Ну, вот!
Eh bien !
И не слушал бы, право.
Et je ne peux pas entendre ça !
Николай Михайлович померли, так тому и быть, божья воля, царство им небесное…
Nikolai Mikhailovich est mort, c’est  la volonté de Dieu, il appartient au royaume des cieux …
Погоревали
Vous avez été affligée
— и будет, надо и честь знать.
–  et tout le monde le sait.
Не весь же век плакать и траур носить.
Eternellement, vous ne pouvez pas porter le deuil et pleurer.
У меня тоже в свое время старуха померла…
Moi aussi, une fois, ma vieille femme est morte …
Что ж?
Eh bien?
Погоревал, поплакал с месяц, и будет с нее, а ежели цельный век Лазаря петь, то и старуха того не стоит.
J’ai pleuré, pleuré pendant un mois, et c’était déjà beaucoup car la vieille n’en valait pas la peine.
(Вздыхает.)
(Il se met à soupirer)
Соседей всех забыли…
Vous, vous en oubliez même nos voisins…
И сами не ездите, и принимать не велите.
Et vous ne conduisez plus, et ne recevez absolument plus personne. Живем, извините, как пауки, — света белого не видим.
Nous vivons, je suis désolé de le dire, comme des araignées- sans pouvoir supporter la lumière blanche du jour.
Ливрею мыши съели…
Les souris ont fini par dévorer mon costume de sortie…
Добро бы хороших людей не было, а то ведь полон уезд господ…
S’il n’y avait de bons partis, mais le pays regorge d’agréables personnes…
В Рыблове полк стоит, так офицеры — чистые конфеты, не наглядишься!
A Ryblov, par exemple, le régiment fourmille de gaillards charpentés !
 А в лагерях что ни пятница, то бал, и, почитай, каждый день военная оркестра музыку играет…
Toutes les semaines, un orchestre militaire joue de la musique et ouvre le bal…
Эх, барыня-матушка!
Eh ! Ma bonne maîtresse !
Молодая, красивая, кровь с молоком
Regardez comme vous êtes belle, pleine d’ardeur
— только бы и жить в свое удовольствие…
– et laissez-vous vivre un peu…
Красота-то ведь не навеки дадена!
La beauté n’est pas éternelle !
Пройдет годов десять, сами захотите павой пройтись да господам офицерам в глаза пыль пустить, ан поздно будет.
Laissez passer ainsi dix ans, et quand vous allez vouloir parader devant les officiers et attirer leurs regards, il sera alors trop tard.

Попова
Popova
(решительно)
(autoritaire)
Я прошу тебя никогда не говорить мне об этом!
Je te demande de ne jamais me parler de lui !
Ты знаешь, с тех пор как умер Николай Михайлович, жизнь потеряла для меня всякую цену.
Tu sais très bien que, depuis la mort de Nikolai Mikhailovich, la vie a perdu toute valeur pour moi.
Тебе кажется, что я жива, но это только кажется!
Tu penses que je suis en vie, mais c’est tout simplement une apparence !
Я дала себе клятву до самой могилы не снимать этого траура и не видеть света…
J’ai promis, devant sa tombe, de garder le deuil, et de ne plus voir la lumière …
Слышишь?
Tu entends ?
Пусть тень его видит, как я люблю его…
Qu’elle voit, son ombre, combien je l’aime …
Да, я знаю, для тебя не тайна, он часто бывал несправедлив ко мне, жесток и…
Oui, je sais, car ce n’est pas un mystère, que, souvent, il a été injuste envers moi, et cruel …
и даже неверен, но я буду верна до могилы и докажу ему, как я умею любить.
et même infidèle, mais j’ai promis devant la tombe, et je lui montrerai le chemin, et combien je sais aimer.
Там, по ту сторону гроба, он увидит меня такою же, какою я была до его смерти…
Là, de l’autre côté de la tombe, il me verra alors comme celle que j’étais  j’étais jusqu’à sa mort …

Лука
Louka
Чем эти самые слова, пошли бы лучше по саду погуляли, а то велели бы запрячь Тоби или Великана и к соседям в гости…
Au lieu de dire ces mêmes mots, vous devriez plutôt faire promenade dans le jardin, ou demander à atteler Toby et aller visiter les voisins …

Попова
Popova
Ах!..
Ah !…
(Плачет)
(Elle se met à pleurer)

Лука
Louka
Барыня!..
Mon Dieu !…
 Матушка!..
Madame !
Что вы?
Que faites-vous ?
 Христос с вами!
Le  Christ est avec vous !

Попова
Popova
Он так любил Тоби!
Il aimait tant Toby !
Он всегда ездил на нем к Корчагиным и Власовым. 
Il l’a toujours pris pour aller chez les Korchagin et les Vlasov.
Как он чудно правил!
Quelle conduite merveilleuse !
Сколько грации было в его фигуре, когда он изо всей силы натягивал вожжи!
Combien était gracieuse sa figure, quand de toute sa force il tirait sur les rênes !
Помнишь?
Te souviens-tu ?
Тоби, Тоби!
Toby, Toby !
Прикажи дать ему сегодня лишнюю осьмушку овса.
Demande à ce que l’on lui donne une once supplémentaire d’avoine aujourd’hui.

Лука
Louka
Слушаю!
Oui Madame !

Резкий звонок
Appel insistant

Попова
Popova
(вздрагивает)
(elle sursaute)
Кто это?
Qu’est-ce que c’est ?
 Скажи, что я никого не принимаю!
Dites-lui que je n’accepte personne !

Лука
Louka
Слушаю-с!
Oui Madame !

(Уходит)
(Louka sort)

*********************

L’OURS TCHEKHOV Медведь

 

FÊTES GALANTES PAUL VERLAINE (1869)

POESIE FRANCAISE
FÊTES GALANTES (Edition Vanier – 1902)

Paul_Verlaine_signature_svg

PAUL VERLAINE
1844-1896

Oeuvre de Paul Verlaine Artgitato Frédéric_Bazille_-_Portrait_de_Paul_Verlaine_comme_une_Troubadour

Portrait de Paul Verlaine en troubadour
Frédérique Bazille
1868
Museum of Art – Dallas

 

*

Œuvres de Paul Verlaine
 


FÊTES GALANTES

1869

PAUL VERLAINE Son Oeuvre Texte Poésie Artgitato

Tableaux et Caricatures
Gustave Courbet – Eugène Carrière – Frédérique Bazille
Paterne Berrichon – Félix Vallotton – Félix Régamey

*

Fêtes Galantes Paul Verlaine Mickail Vroubel Huître Perlière 1904
Mikhaïl Vroubel Huître perlière 1904

FÊTES GALANTES

Clair de Lune

Votre âme est un paysage choisi
Que vont charmant masques et bergamasques,

*

Pantomime

Pierrot, qui n’a rien d’un Clitandre,
Vide un flacon sans plus attendre,

*

Sur l’herbe

L’abbé divague. — Et toi, marquis,
Tu mets de travers ta perruque.

*

l’Allée

Fardée et peinte comme au temps des bergeries,
Frêle parmi les nœuds énormes de rubans,

*

A la promenade

Le ciel si pâle et les arbres si grêles
Semblent sourire à nos costumes clairs

*

Dans la grotte

    Là ! Je me tue à vos genoux !
Car ma détresse est infinie,

*

Les Ingénus

Les hauts talons luttaient avec les longues jupes,
En sorte que, selon le terrain et le vent,

*

Cortège

Un singe en veste de brocart
Trotte et gambade devant elle

*

Les Coquillages

Chaque coquillage incrusté
Dans la grotte où nous nous aimâmes

*

En patinant

Nous fûmes dupes, vous et moi,
De manigances mutuelles,

*

Fantoches

Scaramouche et Pulcinella,
Qu’un mauvais dessein rassembla,

*

Cythère

Un pavillon à claires-voies
Abrite doucement nos joies

*

En bateau

L’étoile du berger tremblote
Dans l’eau plus noire et le pilote

*

 Le Faune

Un vieux faune de terre cuite
Rit au centre des boulingrins,

*

Mandoline

Les donneurs de sérénades
Et les belles écouteuses

*

A Clymène

Mystiques barcarolles,
Romances sans paroles,

*

Lettre

Éloigné de vos yeux, Madame, par des soins
Impérieux (j’en prends tous les dieux à témoins),

*

Les Indolents

Bah ! malgré les destins jaloux,
Mourons ensemble, voulez-vous ?

*

Colombine

Léandre le sot,
Pierrot qui d’un saut

*

L’Amour par terre

Le vent de l’autre nuit a jeté bas l’Amour
Qui, dans le coin le plus mystérieux du parc,

*

En sourdine

Calmes dans le demi-jour
Que les branches hautes font,

*

Colloque sentimental

Dans le vieux parc solitaire et glacé
Deux formes ont tout à l’heure passé.

 

********

FÊTES GALANTES PAUL VERLAINE

Fêtes Galantes Paul Verlaine Mickail Vroubel Huître Perlière 1904

*********

LECTURE DES FÊTES GALANTES PAR ARTHUR RIMBEAU

« J’ai les Fêtes galantes de Paul Verlaine, un joli in-12 écu. C’est fort bizarre, très drôle ; mais, vraiment, c’est adorable. Parfois, de fortes licences ; ainsi :

Et la tigresse épouvantable d’Hyrcanie
est un vers de ce volume. — Achetez, je vous le conseille, la Bonne Chanson, un petit volume de vers du même poète : ça vient de paraître chez Lemerre ; je ne l’ai pas lu ; rien n’arrive ici ; mais plusieurs journaux en disent beaucoup de bien.

Au revoir, envoyez-moi une lettre de 25 pages — poste restante — et bien vite ! »

Arthur Rimbaud
La Nouvelle Revue Française
NRF, 1912
Tome VII, pp. 24-28
[Et la tigresse… Cf. le poème Dans la grotte]
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PROLOGUE POEMES SATURNIENS DE PAUL VERLAINE

POESIE FRANCAISE
PROLOGUE POEMES SATURNIENS

Paul_Verlaine_signature_svg




PAUL VERLAINE
1844-1896

Oeuvre de Paul Verlaine Artgitato Frédéric_Bazille_-_Portrait_de_Paul_Verlaine_comme_une_Troubadour

Portrait de Paul Verlaine en troubadour
Frédérique Bazille
1868
Museum of Art – Dallas




 

*

Œuvres de Paul Verlaine
 


Poèmes Saturniens

PROLOGUE

 

PAUL VERLAINE Son Oeuvre Texte Poésie Artgitato

Tableaux et Caricatures
Gustave Courbet – Eugène Carrière – Frédérique Bazille
Paterne Berrichon – Félix Vallotton – Félix Régamey

*

Prologue Poèmes Saturniens

*

Mikhaïl Vroubel
Séraphin à trois paires d’ailes
Azraël 1904

*

Dans ces temps fabuleux, les limbes de l’histoire,
Où les fils de Raghû, beaux de fard et de gloire,
Vers la Ganga régnaient leur règne étincelant,
Et, par l’intensité de leur vertu, troublant
Les Dieux et les Démons et Bhagavat lui-même,
Augustes, s’élevaient jusqu’au néant suprême,
Ah ! la terre et la mer et le ciel, purs encor
Et jeunes, qu’arrosait une lumière d’or
Frémissante, entendaient, apaisant leurs murmures
De tonnerres, de flots heurtés, de moissons mûres,
Et retenant le vol obstiné des essaims,
Les Poètes sacrés chanter les Guerriers saints,
Ce pendant que le ciel et la mer et la terre
Voyaient — rouges et las de leur travail austère —
S’incliner, pénitents fauves et timorés,
Les Guerriers saints devant les Poètes sacrés !

Une connexité grandiosement calme
Liait le Kchatrya serein au Chanteur calme,
Valmiki l’excellent à l’excellent Rama :
Telles sur un étang deux touffes de padma.

— Et sous tes cieux dorés et clairs, Hellas antique,
De Sparte la sévère à la rieuse Attique,
Les Aèdes, Orpheus, Akaïos, étaient
Encore des héros altiers et combattaient,
Homéros, s’il n’a pas, lui, manié le glaive,
Fait retentir, clameur immense qui s’élève,
Vos échos, jamais las, vastes postérités,
D’Hektôr, et d’Odysseus, et d’Akhilleus chantés.
Les héros à leur tour, après les luttes vastes,
Pieux, sacrifiaient aux neuf Déesses chastes,
Et non moins que de l’art d’Arès furent épris
De l’Art dont une Palme immortelle est le prix,
Akhilleus entre tous ! Et le Laëtiade
Dompta, parole d’or qui charme et persuade,
Les esprits et les cœurs et les âmes toujours,
Ainsi qu’Orpheus domptait les tigres et les ours.

— Plus tard, vers des climats plus rudes, en des ères
Barbares, chez les Francs tumultueux, nos pères,
Est-ce que le Trouvère héroïque n’eut pas
Comme le Preux sa part auguste des combats ?
Est-ce que, Théroldus ayant dit Charlemagne,
Et son neveu Roland resté dans la montagne,

Et le bon Olivier et Turpin au grand cœur,
En beaux couplets et sur un rythme âpre et vainqueur,
Est-ce que, cinquante ans après, dans les batailles,
Les durs Leudes perdant leur sang par vingt entailles,
Ne chantaient pas le chant de geste sans rivaux,
De Roland et de ceux qui virent Roncevaux
Et furent de l’énorme et suprême tuerie,
Du temps de l’Empereur à la barbe fleurie ?

— Aujourd’hui l’Action et le Rêve ont brisé
Le pacte primitif par les siècles usé,
Et plusieurs ont trouvé funeste ce divorce
De l’Harmonie immense et bleue et de la Force.
La Force qu’autrefois le Poète tenait
En bride, blanc cheval ailé qui rayonnait,
La force, maintenant, la Force, c’est la Bête
Féroce bondissante et folle et toujours prête
À tout carnage, à tout dévastement, à tout
Égorgement d’un bout du monde à l’autre bout !
L’Action qu’autrefois réglait le chant des lyres,
Trouble, enivrée, en proie aux cent mille délires
Fuligineux d’un siècle en ébullition,
L’Action à présent, — ô pitié ! — l’Action,
C’est l’ouragan, c’est la tempête, c’est la houle
Marine dans la nuit sans étoiles, qui roule
Et déroule parmi des bruits sourds l’effroi vert
Et rouge des éclairs sur le ciel entr’ouvert !

— Cependant, orgueilleux et doux, loin des vacarmes
De la vie et du choc désordonné des armes
Mercenaires, voyez, gravissant les hauteurs
Ineffables, voici le groupe des Chanteurs
Vêtus de blanc, et des lueurs d’apothéoses
Empourprent la fierté sereine de leurs poses :
Tous beaux, tous purs, avec des rayons dans les yeux,
Et sur leur front le rêve inachevé des Dieux,
Le monde que troublait leur parole profonde,
Les exile. À leur tour ils exilent le monde !
C’est qu’ils ont à la fin compris qu’ils ne faut plus
Mêler leur note pure aux cris irrésolus
Que va poussant la foule obscène et violente,
Et que l’isolement sied à leur marche lente.
Le Poète, l’amour du Beau, voilà sa foi,
L’Azur, son étendard, et l’Idéal, sa loi !
Ne lui demandez rien de plus, car ses prunelles,
Où le rayonnement des choses éternelles
A mis des visions qu’il suit avidement,
Ne sauraient s’abaisser une heure seulement
Sur le honteux conflit des besognes vulgaires,
Et sur vos vanités plates ; et si naguères
On le vit au milieu des hommes, épousant
Leurs querelles, pleurant avec eux, les poussant
Aux guerres, célébrant l’orgueil des Républiques
Et l’éclat militaire et les splendeurs auliques.
Sur la kitare, sur la harpe et sur le luth,
S’il honorait parfois le présent d’un salut

Et daignait consentir à ce rôle de prêtre
D’aimer et de bénir, et s’il voulait bien être
La voix qui rit ou pleure alors qu’on pleure ou rit,
S’il inclinait vers l’âme humaine son esprit,
C’est qu’il se méprenait alors sur l’âme humaine.
— Maintenant, va, mon Livre, où le hasard te mène.

*********
Prologue Poèmes Saturniens

YEATS POEMS – Poetry of Yeats – La Poésie de Yeats

*

YEATS POEMS

William Butler Yeats
Irish poet – Poète Irlandais

Traduction – Texte Bilingue




Traduction Jacky Lavauzelle

YEATS
1865-1939
Poetry of Yeats La Poésie de Yeats William_Butler_Yeats_by_John_Singer_Sargent_1908 

 








YEATS POEMS
La Poésie de Yeats

 

Poetry of Yeats

A Faery Song – Une Chanson de Fée [The Rose- 1893]
An Acre of Grass – Un Acre d’Herbe [New Poems -1938]
Down by the Salley Gardens – Par les Jardins de Saules – [The Wanderings of Oisin and Other Poems-  1889]
He bids his beloved be at peace – Il demande à sa bien-aimée d’être en paix [The Wind Among The Reeds –  1899]
He remembers forgotten- Il se souvient de la beauté oubliée [The Wind among the Reeds – 1899]
He wishes for the cloths of Heaven – Les Toiles du Ciel [The Wind Among The Reeds – 1899]
Into the Twilight – Dans le Crépuscule [The Wind Among The Reeds –  1899]




Leda and the Swan – Leda et le cygne
Lines written in Dejection – Lignes écrites dans l’Abattement [The Wild Swans at Coole – 1919]




No Second Troy – Pas de deuxième Troie

SAILING TO BYZANTIUM
LA TRAVERSEE VERS BYZANCE

The Cold Heaven – Le Ciel Glacé [Responsibilities – 1914]




The Everlasting Voices – Les Voix Eternelles [The Wind Among The Reeds – 1899]
The Fiddler of Dooney – Le Violoniste de Dooney [The Wind Among The Reeds – 1899]
The Folly of Being Comforted – La Folie d’être réconforté – Version 1902 & Version 1933 [In The Seven Woods – 1904]
The Magi – Les Mages [Responsibilities-1914]
The Man and The Echo – L’Homme et L’Echo
The Mountain Tomb – Le Tombeau de la Montagne [Responsibilities – 1914]
The Rose of The World- La Rose du Monde [The Rose – 1893]




The Scholars – Les Hommes d’Etude [The Wild Swans at Coole – 1919]
The Song of Wandering Aengus – La Chanson d’Aengus l’Errant [The Wind Among the Reeds – 1899]
The Sorrow of Love – La Douleur d’Aimer
I- To a Child dancing in the Wind – A un enfant dansant dans le vent [Responsibilities – 1914]




The Wheel – La Roue [The Tower -1928]
II- Two Years Later – Deux ans plus tard [Responsibilities – 1914]
The Unappeasable Host – L’Implacable Hôte [The Wind Among the Reeds – 1899]




The Wheel – La Boue [The Tower – 1928]
To his Heart, bidding it have no fear – A son cœur, il lui somme d’être sans crainte [The Wind Among The Reeds -1899]
When You Are Old – Quand vous serez vieille [The Rose -1893]




Why does my heart beat so ? – Pourquoi mon cœur bât-il ainsi [The Dreaming of the Bones – 1921]

********

Poetry of Yeats La Poésie de Yeats William_Butler_Yeats_by_John_Singer_Sargent_1908

YEATS POEMS

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LA POESIE DE YEATS
VUE
PAR OSCAR WILDE

Les livres de poésie des jeunes écrivains sont d’ordinaire des billets qui ne sont jamais payés.
Néanmoins, on rencontre de temps en temps un volume si supérieur à la moyenne, qu’on résiste à grand’peine à la tentation attrayante de prophétiser étourdîment un bel avenir pour son auteur.
Le livre de M. Yeats : Les Voyages d’Oisin est certainement un de ceux-là.
Ici nous trouvons un noble sujet noblement traité, la délicatesse de l’instinct poétique, et la richesse d’imagination.
Une bonne partie de l’œuvre est inégale, peu soutenue, il faut le reconnaître.
M. Yeats n’essaie pas de dépasser Wordworth en enfance, nous sommes heureux de le dire, mais de temps à autre il réussit à « surpasser Keats en brillant » et il y a, çà et là, dans son livre des choses d’une étrange crudité, des endroits d’une recherche irritante. Mais dans les meilleurs passages, il est excellent.
S’il n’a pas la grandiose simplicité de la facture épique, il a au moins quelque chose de la largeur de vision qui appartient au caractère épique.
Il ne diminue point la stature des grands héros de la mythologie celtique.
Il est très naïf, très primitif et parle de ses géants de l’air d’un enfant.
Voici un passage caractéristique du récit où Oisin revient de l’Île de l’oubli.
  Et je suivis les bords de la mer, où tout est nu et gris,
    sable gris sur le vert des gazons, et sur les arbres imprégnés d’eau,
    qui suintent et penchent du côté de la terre, comme s’ils avaient hâte de partir,
    comme une armée de vieillards soupirant après le repos loin de la
      plainte des mers.
    Les flocons d’écume fuirent longtemps autour de moi ; les vents fuirent loin de l’étendue
    emportant l’oiseau dans leurs plis, et je ne sus point, plongé dans mes
      pensées à l’écart,
    quand ils gelèrent l’étoffe sur mon corps comme une cuirasse fortement rivée,
    Car la Souvenance, dressant sa maigreur, gémit dans les portes de mon cœur,
    jusqu’à ce que chargeant les vents du matin, une odeur de foin fraîchement coupé,
    arriva, mon front s’inclina très bas, et mes larmes tombèrent comme des baies.
    Plus tard ce fut un son, à demi perdu dans le son d’un rivage lointain.
    C’était la grande barnacle qui appelait, et plus tard les bruns vents de la côte.
    Si j’étais comme je fus jadis, les fers d’or écrasant le sable et les coquillages,
venant de la mer, comme le matin avec des lèvres rouges murmurant un chant,
    ne toussant pas, ma tête sur les genoux, et priant, et irrité contre les cloches,
    je ne laisserais à aucun saint sa tête sur son corps, lors même que ses terres seraient grandes et fortes.
     M’éloignant des houles qui s’allumaient, je suivis un sentier de cheval,
    m’étonnant beaucoup de voir de tous côtés, faites de roseaux et de charpentes
    des églises surmontées d’une cloche, et le cairn sacré et la terre sans gardiens,
    et une petite et faible populace courbée, le pic et la bêche à la main.

Dans un ou deux endroits, la mélodie est fautive, la construction est parfois trop embrouillée, et le mot de populace du dernier vers est mal choisi, mais quand tout cela est dit, il est impossible de ne pas sentir dans ces stances la présence du véritable esprit poétique.

Oscar Wilde
Derniers essais de littérature et d’esthétique
Trois Nouveaux Poètes
1913

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YEATS POEMS

BALDASSARE PERUZZI VILLA BORGHESE BALDASSARRE PERUZZI 巴尔达萨雷·佩鲁齐 – 贝佳斯别墅 ROME ROMA 罗马

ROME – ROMA – 罗马
BALDASSARRE BALDASSARE PERUZZI ROMA
LA VILLA BORGHESE
贝佳斯别墅

Armoirie de Rome

 Photos  Jacky Lavauzelle

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Flag_of_Lazio


Les Bustes de la Villa Borghèse
I busti della villa Borghèse

Ritratto di Baldassarre Peruzzi ne Le vite di Giorgio Vasari

BALDASSARRE PERUZZI
BALDASSARE PERUZZI
巴尔达萨雷·佩鲁齐
Sienne 1481 – Rome 1537
1481年-1536年

Baldassarre Peruzzi Villa Borghese Rome Roma artgitato

UNE EXPRESSION PURE DE LA RENAISSANCE SIENNOISE

LOUIS GILLET
L’Art siennois – À l’occasion d’une exposition récente
tome 23, 1904

Un seul homme, de bien moindre envergure que Sodoma, d’ailleurs beaucoup plus grand architecte que peintre, réussit, à force de mesure et de goût, à donner une expression pure de la Renaissance siennoise. C’est Baldassare Peruzzi, artiste froid mais élégant, ingénieux sans grandes pensées, et agréable sans profondeur. On trouve à l’Exposition une de ses rares toiles. Mais rien ne donne de lui une plus haute idée que ses fresques de la Farnésine où il a su tenir discrètement sa place à côté de Raphaël. Il ne manque pas ensuite de peintres nés à Sienne, mais c’en est fait depuis longtemps de la peinture siennoise. Désormais l’origine d’un artiste peut être regardée comme un hasard indifférent. A l’exception des peintres fortunés qui naîtront à Venise, l’artiste n’a plus de patrie, il n’a que son âge et sa date sur un état civil international. Rutilio Manetti, dont on voit plusieurs toiles excellentes à l’Exposition, est un homme qui fait honneur à sa ville natale. C’est un élève considérable de Caravage et de Spagnoletto. Mais il n’a pas reçu le baptême d’autrefois, où le génie de la cité tenait le nouveau-né sur les fonts, et où l’enfant avait pour marraines toutes les traditions d’une race.

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La Gravure depuis son origine jusqu’à nos jours
III – École italienne – Marc-Antoine : le Jugement de Pâris, le Massacre des Innocens, le Parnasse, d’après Raphaël ; — Le Martyre de saint Laurent, d’après Baccio Bandinelli

L’art de la gravure, si puissamment développé par Marc-Antoine,. faisait en même temps des progrès d’un autre genre, grace aux procédés employés par Ugo da Carpi pour obtenir des épreuves en camaïeu ; c’est-à-dire à deux, trois ou quatre tons, et offrant à peu près l’aspect de dessins au lavis ; procédés dont il n’était pas l’inventeur, qu’il avait seulement améliorés, et que devaient perfectionner encore Baldassare Peruzzi, Antonio da Trenta et Andrea Andreani. Une grande quantité de pièces exécutées de la sorte, d’après Raphaël et le parmesan, attestent l’habileté d’Ugo, qui malheureusement se mit en tête d’introduire dans la peinture des innovations plus radicales encore. Il eut l’étrange idée de peindre tout un tableau en se servant du doigt, sans recourir une fois au pinceau, et, l’acte lui paraissant méritoire, il en consacra le souvenir dans quelques mots écrits avec orgueil au bas de la toile ; ce qui fit dire à Michel-Ange, à qui l’on montrait ce tableau comme une singularité remarquable, que « la seule chose singulière dans un pareil tour de force était la sottise de l’auteur. » Qu’aurait pensé le grand homme du Génois Luca Cambiaso, dont le talent consistait à peindre des deux mains à la fois ?

 

 

VITTORIO MONTI – VICTOR MONTI – LES BUSTES DE LA VILLA BORGHESE – i busti della Villa Borghese

ROME – ROMA
LA VILLA BORGHESE

Armoirie de Rome

 Photos  Jacky Lavauzelle

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Flag_of_Lazio


Les Bustes de la Villa Borghèse
I busti della villa Borghese

VICTOR MONTI
Vittorio Monti
Naples 1868-1922 Naples
Arrive à Paris en 1886 joue avec Camillo Sivori
Vers 1900 il devient le chef d’orchestre de l’Orchestre Lamoureux (Paris) – écriture de ballets et d’opérettes.
Orchestre Lamoureux – Fondation en 1881 par Charles Lamoureux

Vittorio Monti Villa Borghese artgitato

Chef d’orchestre – Musicien

Composition la plus connue est la Czardas – csardas
Sua composizione più famosa è la csardas
Ecrite par Victor Monti en 1904
Scritta nel 1904
Pour Violon et Orchestre
per Violino e Orchestra

 

Czardas, pour violon et orchestre
(1904)

« Mais jamais certes la qualité exceptionnelle, souventefois la perfection de ce qu’il nous avait accoutumé d’écouter, n’apparut aussi évidente que depuis qu’il n’est plus là. Privé de lui, l’orchestre Lamoureux ressemble à un esquif sans pilote, flottant au petit bonheur des marées, ballotté au caprice de houles éventuelles et ne retrouvant guère son équilibre qu’au hasard de tangages et de roulis contradictoires. On aperçoit quel danger peut s’ensuivre, pour un remarquable ensemble même, à changer constamment de chef. Ce caméléonisme spécial n’a malheureusement pas entraîné un adéquat imprévu des programmes, et s’attesta plutôt au détriment des « quatre heures de musique française inédite » imposées. Une grippe malencontreuse m’empêcha d’assister à la séance où un kapellmeister étranger, dont le nom m’échappe, fit ouïr, avec les Variations de M. Max Reger, la Symphonie en Do majeur de Schubert.  »
JEAN MARNOLD
LA SYMPHONIE EN DO DE FRANCOIS SCHUBERT
MERCURE DE FRANCE ANNEE 19
1908
Tome 72

*****************

 

« Le meilleur interprète de Lohengrin à l’Opéra, c’est l’orchestre. M. Lamoureux lui donne la précision, la clarté, la souplesse et, dans l’accompagnement des voix, une exquise et constante douceur. Il ne saurait lui donner, parce qu’il ne les possède pas lui-même, la poésie, la grâce, le sourire et la flamme. Quant à la puissance, elle manque là où nous l’attendions le plus, notamment à l’arrivée du cygne. Peut-être est-ce la faute de cette salle maudite. Quelques mouvemens aussi nous ont paru trop lents. »
CAMILLE BELLAIGUE
REVUE MUSICALE
31 octobre 1891
REVUE DES DEUX MONDES
Tome 108 – 1891

LES MEFAITS DU TABAC 3/3 Anton Tchekhov Scène en 1 Acte – О вреде табака

LES MEFAITS DU TABAC TCHEKHOV

русская литература
Littérature Russe

 Tchekhov Artgitato Les Méfaits du Tabac

 

Anton Pavlovitch Tchekhov
Антон Павлович Чехов
1860-1904

России театр
Théâtre Russe

——–


Les Méfaits du Tabac

 

О вреде табака

Scène monologue en un acte
Сцена-монолог в одном действи

3/3

Действующее лицо
Acteur (un seul personnage)

Иван Иванович Нюхин, муж своей жены, содержательницы музыкальной школы и женского пансиона.
Ivan Ivanitch Nioukin, le mari de la directrice d’école de musique et d’un pensionnat de jeunes filles.

(Voir 1ère partie précédente)
(voir 2ème partie)

(Приближается к рампе.)
(En s’approchant de la rampe.)
 Дочерей моей жены можно видеть по большим праздникам у тетки их Натальи Семеновны, той самой, которая страдает ревматизмом и ходит в этаком желтом платье с черными пятнышками, точно вся осыпана тараканами.
  les filles de ma femme, on peut les voir, les jours des grandes vacances ,chez leur tante Nathalie Semenovna, celle qui souffre de rhumatismes, et qui a une robe isabelle avec des taches noires, comme une pluie de cafards.
Там подают и закуски.
Elles servent là-bas des collations.
А когда там не бывает моей жены, то можно и это…
Et quand il n’y a pas ma femme, il est même possible
(Щелкает себя по шее.)
(il mime quelqu’un qui boit)
Надо вам заметить, пьянею я от одной рюмки, и от этого становится хорошо на душе и в то же время так грустно, что и высказать не могу;
Je dois vous faire remarquer que je me saoule dès le premier verre, et que cela me fait du bien à l’âme et, en même temps, j’ai une si grande tristesse… que je n’arrive pas l’exprimer ;
вспоминаются почему-то молодые годы, и хочется почему-то бежать, ах если бы вы знали, как хочется! 
J’ai alors en tête, pour je ne sais quelles raisons, mes jeunes années, et je cherche à m’échapper, en quelque sorte, oh ! si vous saviez comme je le veux ardemment !
(С увлечением.)
(Avec enthousiasme.)
Бежать, бросить всё и бежать без оглядки… 
Courir, tout laisser tomber et s’enfuir sans regarder en arrière …
куда?
pour aller où ?
Всё равно куда…
Ça n’a pas beaucoup d’importance…
лишь бы бежать от этой дрянной, пошлой, дешевенькой жизни, превратившей меня в старого, жалкого дурака, старого, жалкого идиота, бежать от этой глупой, мелкой, злой, злой, злой скряги, от моей жены, которая мучила меня тридцать три года, бежать от музыки, от кухни, от жениных денег, от всех этих пустяков и пошлостей…
juste fuir cette médiocrité, cette vulgarité, une vie de misère, qui a fait de moi un vieux fou malheureux, un vieil idiot pathétique, fuir cette stupide, méchante, avare femme, qui m’a tourmenté trente-trois ans, fuir la musique, fuir la cuisine, fuir l’argent de ma femme et toutes ces futilités et ces banalités …
и остановиться где-нибудь далеко-далеко в поле и стоять деревом, столбом, огородным пугалом, под широким небом, и глядеть всю ночь, как над тобой стоит тихий, ясный месяц, и забыть, забыть…
et de rester loin, quelque part, loin, très loin dans une campagne et être comme un arbre, un poteau, un épouvantail de potager, sous le grand ciel, et regarder toute la nuit ce ciel, être calme, sous la lune lumineuse et oublier, oublier …
О, как бы я хотел ничего не помнить!..
Oh, comme j’aimerai tout oublier ! ..
Как бы я хотел сорвать с себя этот подлый, старый фрачишко, в котором я тридцать лет назад венчался…
Comme je voudrais arracher ces viles vieilles frusques dans lesquelles, il y a trente ans, je me suis marié
(срывает с себя фрак)
(il arrache son costume)
в котором постоянно читаю лекции с благотворительною целью… 
avec lesquelles je fais mes conférences en permanence pour la charité
Вот тебе! 
Tiens, voilà !
(Топчет фрак.)
(En piétinant son costume.)
Вот тебе! 
Voilà pour toi !
Стар я, беден, жалок, как эта самая жилетка с ее поношенной, облезлой спиной…
Je suis vieux, pauvre, misérable, comme ce gilet usé, minable
(Показывает спину.)
(Il montre son dos.)
Не нужно мне ничего!
Rien, je n’ai besoin de rien !
Я выше и чище этого, я был когда-то молод, умен, учился в университете, мечтал, считал себя человеком…
Je suis plus grand que tout çajadis, j’étais jeune, intelligent, j’étudiais à l’université, jadis, je rêvais, je pensais comme un homme
Теперь не нужно мне ничего!
Maintenant, je n’ai besoin de rien !
Ничего бы, кроме покоя…
Rien que du repos, que l’on me laisse reposer en paix !
(Поглядев в сторону, быстро надевает фрак.)
(Il regarde ailleurs, rapidement il se rhabille.)
Однако за кулисами стоит жена…
Je vois dans les coulisses ma femme
Пришла и ждет меня там
Elle vient d’arriver et m’attend là-bas …
(Смотрит на часы.)
(Il regarde sa montre.)
Уже прошло время… 
C’est le moment de conclure
Если спросит она, то пожалуйста, прошу вас, скажите ей, что лекция была…
Si elle demande, s’il vous plaît, je vous en prie, dites-lui bien que la conférence s’est bien déroulée
что чучело, то есть я, держал себя с достоинством. 
et que l’épouvantail, c’est-à-dire moi, … que je me suis comporté avec dignité.
(Смотрит в сторону, откашливается.)
(Il regarde de côté et se racle la gorge.)
Она смотрит сюда…
Elle regarde ici …
 (Возвысив голос.)
(en élevant la voix.)
Исходя из того положения, что табак заключает в себе страшный яд, о котором я только что говорил, курить ни в каком случае не следует, и я позволю себе, некоторым образом, надеяться, что эта моя лекция
Basé sur le principe que le tabac contient un terrible poison, dont je viens de parler, on ne devrait en aucun cas fumer, et j’espère, d’une certaine façon,… je souhaite que cette conférence
  «о вреде табака»
 « sur les méfaits du tabac »
принесет свою пользу. 
aura été profitable à tous.
Я все сказал.
J’en ai terminé.

Dixi et animam levavi!

(Кланяется и величественно уходит.)
(Il salue l’assemblée et majestueusement sort.)

Rideau
конец

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Traduction Jacky Lavauzelle
ARTGITATO
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