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L’ABSENCE DE LA SORCIERE – EMILY DICKINSON (1876) LONG YEARS APART

POEME D’EMILY DICKINSON
LITTERATURE AMERICAINE

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EMILY DICKINSON
December 10, 1830 – May 15, 1886
10 décembre 1830 – 15 mai 1886
Amherst, Massachusetts




Traduction – Translation

TRADUCTION JACKY LAVAUZELLE

French and English text
texte bilingue français-anglais

LONG YEARS APART
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L’ABSENCE DE LA SORCIERE
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1876

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Long Years apart — can make no
Les longues Années d’éloignement- ne peuvent engendrer de
Breach a second cannot fill —
Brèche qu’une seule seconde ne puisse colmater –
 The absence of the Witch does not
L’absence de la Sorcière
Invalidate the spell —
N’invalide nullement le sortilège –




The embers of a Thousand Years
Les braises des Mille ans
 Uncovered by the Hand
Réactivées par la Main
That fondled them when they were Fire
Celle-là même qui les a caressées quand elles étaient Feu
 Will stir and understand —
Réagiront et comprendront –

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POEME D’EMILY DICKINSON

THE FOLLY OF BEING COMFORTED Yeats Texte Bilingue – LA FOLIE D’ÊTRE RECONFORTE – VERSIONS 1902 & 1933

ARTGITATO

William Butler Yeats
Irish poet – Poète Irlandais
English literature English poetry
Littérature Anglaise – Poésie Anglaise
The Folly of Being Comforted Yeats 1904
VERSION 1902 & VERSION 1933

 

the folly of being comforted yeats Traduction Artgitato & Texte anglais

YEATS
1865-1939

[In the Seven Woods- 1904]

TRADUCTION JACKY LAVAUZELLE


THE FOLLY OF BEING COMFORTED
poem
La Folie d’être réconforté
[Poème]

VERSION 1902

 One that is ever kind said yesterday:  
Une femme qui a toujours été bienveillante m’a déclaré hier:
“Your well beloved’s hair has threads of grey, 
« Les cheveux de votre bien-aimée ont des fils gris,
And little shadows come about her eyes; 
Et de petites ombres apparaissent autour de ses yeux;
Time can but make it easier to be wise,  
Le temps ne peut que rendre plus facile d’être sage,
Though now it’s hard, till trouble is at an end;    




Bien que maintenant ce soit difficile, jusqu’à ce que ce que le trouble se termine ;
And so be patient, be wise and patient, friend.”  
Mais sois patient, sois sage et patient, ami. « 
But heart, there is no comfort, not a grain; 
Mais pour le cœur, il n’y a pas de réconfort, pas un grain;
Time can but make her beauty over again:
 Le temps peut faire que sa beauté renaisse :
 Because of that great nobleness of hers; 
En raison de cette grande noblesse qui est la sienne;
The fire that stirs about her, when she stirs     
Le feu qu’elle suscite autour d’elle, quand elle se meut,
Burns but more clearly. O she had not these ways,  
N’en brûlera que plus clairement. O elle n’avait pas ces manières
When all the wild Summer was in her gaze.  





Quand toute l’ardeur de l’été était dans son regard.
O heart! O heart! If she’d but turn her head,
cœur! O cœur! Si elle tournait la tête,
You’d know the folly of being comforted.
Tu saurais la folie d’être réconforté.

——

VERSION 1933

 One that is ever kind said yesterday:  
Une femme qui a toujours été bienveillante m’a déclaré hier:
“Your well beloved’s hair has threads of grey, 
« Les cheveux de votre bien-aimée ont des fils gris,
And little shadows come about her eyes; 
Et de petites ombres apparaissent autour de ses yeux;
Time can but make it easier to be wise,  
Le temps ne peut que rendre plus facile d’être sage,
Though now it seems impossible, and so
Bien que maintenant cela semble impossible, et ainsi 
All that you need is patience.’
Tout ce dont vous avez besoin : c’est la patience. « 
     Heart cries, `No,




Le cœur crie : `Non,
I have not a crumb of comfort, not a grain.
Je n’ai pas une miette deconfort, pas un grain.
Time can but make her beauty over again:
Le temps peut faire que sa beauté renaisse :
Because of that great nobleness of hers




En raison de cette grande noblesse qui est la sienne
The fire that stirs about her, when she stirs,
Le feu qu’elle suscite autour d’elle, quand elle se meut,
Burns but more clearly. O she had not these ways
N’en brûlera que plus clairement. O elle n’avait pas ces manières
When all the wild summer was in her gaze.’




Quand toute l’ardeur de l’été était dans son regard. »

O heart! O heart! If she’d but turn her head,
cœur! O cœur! Si elle tournait la tête,
You’d know the folly of being comforted.
Tu saurais la folie d’être réconforté.

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Traduction Jacky Lavauzelle
ARTGITATO
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the foly of being comforted Yeats 1904

THE SONG OF WANDERING AENGUS Yeats Texte & Traduction- La Chanson d’Aengus l’Errant

 

ARTGITATO

William Butler Yeats
Irish poet – Poète Irlandais
English literature English poetry
Littérature Anglaise – Poésie Anglaise

 

The Song of Wandering aengus Yeats Traduction Artgitato & Texte anglais

YEATS
1865-1939

[The Wind Among The Reeds – 1899]


THE SONG OF WANDERING AENGUS
poem
La Chanson d’Aengus l’Errant
[Poème]

 

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I went out to the hazel wood,
Je suis sorti au bois de noisetiers,
Because a fire was in my head,
Car un feu était dans ma tête,
And cut and peeled a hazel wand,
Et j’ai coupé et pelé une baguette de noisetier,
And hooked a berry to a thread;
Et puis accroché une baie à un fil ;
And when white moths were on the wing,
Et quand les papillons blancs s’envolèrent,
And moth-like stars were flickering out,
Et ce fut comme si les étoiles vacillaient,
I dropped the berry in a stream
Je laissai tomber la baie dans un ruisseau
And caught a little silver trout.
Et je pris alors une petite truite argentée.

When I had laid it on the floor
Quand je l’eus posé sur le sol
I went to blow the fire a-flame,
Je suis allé souffler sur le feu,
But something rustled on the floor,
Mais quelque chose bruissait au sol,
And someone called me by my name:
Et quelqu’un m’appela par mon nom:
It had become a glimmering girl
La truite était devenue une fille scintillante
With apple blossom in her hair
Avec une fleur de pommier dans ses cheveux
Who called me by my name and ran
Qui m’appela par mon nom puis couru
And faded through the brightening air.
Et disparu dans l’air illuminé.

Though I am old with wandering
Bien que je sois devenu un vieil errant
Through hollow lands and hilly lands,
Traversant les terres plates et les terres vallonnées,
I will find out where she has gone,
Je veux savoir où elle a disparu,
And kiss her lips and take her hands;
Et embrasser ses lèvres et lui prendre les mains ;
And walk among long dappled grass,
Et marcher dans les hautes herbes fleuries,
And pluck till time and times are done,
Et cueillir désormais jusqu’à la fin des temps,
The silver apples of the moon,
Les pommes d’argent de la lune,
The golden apples of the sun.
Les pommes d’or du soleil.

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Traduction Jacky Lavauzelle
ARTGITATO
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The Song of Wandering Aengus Yeats

WHEN YOU ARE OLD Yeats Texte & Traduction Quand vous serez vieille

William Butler Yeats
English literature
English poetry
Littérature Anglaise – Poésie Anglaise
 

YEATS
1865-1939
The Rose[1893]

WHEN YOU ARE OLD ?
Quand vous serez vieille ?

When you are old Yeats Traduction Artgitato & Texte anglais Quand vous serez vieille

 

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When you are old and grey and full of sleep,
Quand vous serez vieille et grise et pleine de sommeil,
And nodding by the fire, take down this book,
Et hochant la tête devant le feu, prenez ce livre,
And slowly read, and dream of the soft look
Et lisez lentement, et laissez-vous rêver au doux regard
Your eyes had once, and of their shadows deep;
Que vos yeux avaient autrefois, et à leurs ombres profondes ;

How many loved your moments of glad grace,
Combien vous aimiez vos moments de grâce joyeuse,
And loved your beauty with love false or true,
Et aimiez votre beauté d’un amour vrai ou faux,
But one man loved the pilgrim soul in you,
Mais un homme, un seul, aima l’âme vagabonde qui est en vous,
And loved the sorrows of your changing face;
Et aima les chagrins de votre changeant visage ;

And bending down beside the glowing bars,
Et vous penchant vers le foyer incandescent,
Murmur, a little sadly, how Love fled
Murmurez, un peu tristement, comment l’amour a fui
And paced upon the mountains overhead
Escaladant les montagnes qui nous surplombent
And hid his face amid a crowd of stars.
Et cacha son visage au milieu d’une myriade d’étoiles.

 

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Traduction Jacky Lavauzelle
ARTGITATO
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 When you are old Yeats

Hommage à Théophile Viau

Hommage à Théophile de Viau

enfer Dante Doré

La Balade
aux Enfers

Echantillon et composition libre à partir des poèmes de Théophile de Viau

Chacun à son plaisir doit gouverner son âme et sa peine.
Moi, j’ai vécu longtemps par le feu animal
Je vivais de poison et je distillais mon mal
Un jour, enfin, j’ai su échafauder la feinte
Et de ce triste vallon ouvrir la nuit à des milliers de plaintes
Y laissant à jamais et la poudre et la haine.

Maintenant mon cœur se chauffe au devant de la gloire
Quand, hier, épuisé, il se consumait encore.
Sur mes pas languissaient les pluies de la mort
Sans forces plombé d’une voûte large et noire
Ne respirant brutal que la flamme et le fer,
Je croyais alors que mon ombre étonnerait l’enfer,
Employant au carnage, et le sang, et les charmes.
Je n’étais qu’un pantin sans fortune ni armes.

Hier encore je m’engourdissais dans l’idolâtrie
Depuis longtemps déjà j’oubliais ma patrie
Sans plus se souvenir de ce que j’étais jadis,
Je croyais fermement que ce sort résumait ma vie
Mon esprit enragé y voulait voir la guerre
Pour son contentement, et le Ciel, et la terre,
Plongés dans la froidure des tréfonds du Chaos
Quand des flèches plantées rougissaient tout mon dos
Dans cet entonnoir que je croyais narguer,
Je me voulais régent, je n’étais que laquais.

De ce monde tout entier j’en attendais la ruine.
De cette histoire ici je souhaite vous conter
Sans amitiés dans cette tempête que j’ai su dompter.
Du désordre comment j’ai bifurqué par la voie divine.

J’ai joui toute la nuit et j’ai joué tout le jour,
M’admirant du plus près dans des actes délictueux,
Mais n’étais-je point dans le sombre tombeau sinueux
En croyant aimer sous un épais voile, aveuglé pour toujours.

C’est alors enfin que je descendis voir la vicieuse Créature
Qui en ces lieux régnait sans feux ni habits
Qui fit pis que m’arracher les couleurs de la vie
Se pavanant sous les lustres de frénétiques peintures.

Je traînais mille fois ma prison, la glace dans mes os mutilés
Ce nid m’enchaînait et mon âme toute déchirée
N’avait pas encore goûté ni usé aux joies fécondes
En tournant sans cesse dans la funeste ronde.

Ô mort, si vous le voulez je suis prêt à partir ;
J’étais à ce point démuni de raison pour pouvoir réussir
Assuré que si je mourrai je ne perdrai qu’un cœur éméché, 
Abîmes ! Vous savez mal ce qu’est un cœur asséché
Quand dépouillé, dévidé, il ne reste que la bile.

Les pas qui me portaient toutefois tremblaient malhabiles.

Le monstre devenu noir pressait sans cesse mon mal,
La douleur d’alors d’un seul coup par miracle s’en alla.
A force de pression plus un cri ne sortit par ce poing brutal

 

Une porte alors s’ouvrit, un rayon, l’au-delà.
Je sentis alors un feu enfin me prendre, me soulever
Je jurais, chavirais et tremblait de toute mon âme diminuée,
Par cette flèche d’or que vous m’aviez tirée.
Le Mal s’acharnait, gesticulait fort encore
Jamais dans sa poigne je ne sentis autant la mort

Par le renfort de ses sbires assoiffés en nuées.
Poussé par une délicieuse ardeur je frémissais
Bien loin encore du port où le glas s’éteignait
Ce vent rejetait et ce voile et la nuit mise à bas
Je m’élevais abandonnant un peu plus les sévères frimas.
Et les doigts du Malin desserrant ses filets
Ne purent que se résoudre à ouvrir les collets.

Aux accents apeurés et tremblants de ma voix
J’ai vu alors et les fleuves et les bois
Des couleurs en nombre et des étoiles partout
Mes yeux riaient dansaient croyant m’en rendre fou
Mon corps s’embrasait comme l’avait fait mon âme.
Le lieu sombre cacha sous la lune son venin et sa lame.

Ce nouveau Ciel de son plus doux flambeau
Inspira dans son sein ce qu’il a de plus beau.
Mes sens retrouvèrent leur raison et ma vie la joie,
Enfin si libre sans devoir une fois encore me lever dans l’effroi.
D’une chute si longue aux tourments sans visages
J’ai trouvé depuis la grâce aux traits si doux et sages.

Jacky LAVAUZELLE

LE PHRA LAK PHRA LAM (ép 8) : LE COMBAT D’UNE FEMME SEULE AU MONDE

Le Phralak Phralam
ພຣະລັກພຣະຣາມ
Episode 8
Nang Sida choisit
l’ordalie par le feu

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 Le Combat
d’une femme
seule au monde

Le huitième et avant-dernier épisode de l’épopée nous montre le combat de la princesse. Elle est seule au monde. Méprisée et rejetée par son mari. Incomprise de son peuple. Même le frère, Phra Lak, la rejette. Elle décide donc de passer par une épreuve redoutable : l’ordalie. Cette seule épreuve lui permettra de retrouver sa place au cœur de son mari, de son peuple et de son royaume.

Le déroulé de cette partie est le suivant :

Après la crise de jalousie de Phra Lam, Nang Sida se retrouve seule, atterrée. Elle cherche alors le soutien de son frère Phra Lak, qui le lui refuse. Désespérée, elle décide de se soumettre au jugement de dieu, l’ordalie par le feu. Ainsi pourrait-elle par cette épreuve montrer à toutes et à tous son innocence.

Ainsi monta-t-on un bûcher à proximité du palais.  

La version de Luang Prabang parle de Nang Sida pénétrant le bûcher en flamme. Les trois sages qui suivent l’épreuve attendent que les flammes cessent au milieu d’une foule émue et trouvent au milieu du brasier Nang Sida intacte et sans aucunes brûlures.

Une autre version parle de l’intervention du Dieu du Feu. Celui-ci intervient en éteignant par une pluie soudaine le feu du bûcher.

Nang Sida sort donc victorieuse de l’épreuve du feu : elle est innocente. Toute la foule, impressionnée par sa force morale, est désormais derrière elle et la soutient.

Phra Lam, rassuré sur les actions de sa femme, se jette à ses pieds et la positionne à ses côtés sur le trône.

ARTGITATO

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 Le Phra Lak Phra Lam est la version laotienne du Ramayana  (रामायण) Le parcours de Rama).
(Version khmère : Ramakerti – Version malaisienne : Hikayat Seri Rama – Version Thaïe : Ramakien)

Les Principaux Personnages de l’épopée :

Sītā (सीता) avatars de Lakshmi, symbole de la nature, compagne de Vishnu, épouse de Rāma symbole de la culture, devient Nang Sida
Râvana, le démon aux dix têtes et aux vingt bras, gouverne les Rakshasa sur l’île de Lanka, actuelle Sri Lanka, ennemi de  Rāma, qui enlèvera Sītā devient Hapkhanasouane.
Laksmana, लक्ष्मण, frère cadet de Rāma, l’accompagne dans son exil, deviendra Phra Lak, ພຣະລັກ.
Rāma, le frère de Laksmana, devient Phra Lam (ou Phra Ram ພຣະຣາມ)
Hanoumân, « pourvu de grandes mâchoires », le dieu singe, fidèle de Rāma qui l’aidera à retrouver Sītā deviendra Houlaman

Luís de Camões : L’Amour, ce feu qui ardemment nous brûle

Luis de Camões
Tradução – Traduction
texto bilingue

Luís de
Camões

Luís de Camões d'après François Gérard Amor Amour

Amor é fogo que arde sem se ver,
é ferida que dói, e não se sente;
é um contentamento descontente,
é dor que desatina sem doer.

É um não querer mais que bem querer;
é um andar solitário entre a gente;
é nunca contentar-se de contente;
é um cuidar que ganha em se perder.

É querer estar preso por vontade;
é servir a quem vence, o vencedor;
é ter com quem nos mata, lealdade.

Mas como causar pode seu favor
nos corações humanos amizade,
se tão contrário a si é o mesmo Amor? 

L’Amour, ce feu qui ardemment nous brûle sans aucune flamme
Et qui nous enflamme sans qu’on le sente
Qui nous soulage dans des soupirs
L’Amour, cette douleur sans ce mal qui fait souffrir
 
L’Amour ce n’est pas tant vouloir que de bien vouloir
C’est marcher seul au milieu des autres
Ne jamais se satisfaire d’être seulement satisfait
Et ne jamais oublier que tout ce qui est gagné peut tout se perdre à jamais

L’Amour, c’est vouloir s’emprisonner par la seule volonté
C’est servir le vaincu quand nous sommes vainqueur
Et garder la foi en celui qui nous touche.

Mais comment dans nos cœurs
Une amitié sincère peut éclore
D’un Amour à lui-même si contraire ?

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Traduction Jacky Lavauzelle
ARTGITATO
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luis de camoes literatura português