Archives par mot-clé : brésil

LA POÉSIE DE ALESSANDRO MANZONI – LA POESIA DI ALESSANDRO MANZONI

*

Alessandro Manzoni

Traduction – Texte Bilingue
Poesia e traduzione

LITTERATURE ITALIENNE

Letteratura Italiana

ALESSANDRO MANZONI
 7 mars 1785 à Milan — 22 mai 1873 à Milan


Alessandro Manzoni par Francesco Hayez

_____________________________________

Traduction Jacky Lavauzelle

______________________________________

EN ATTENDANT LA TEMPÊTE
ATTESA DEL TEMPORALE

Il fascino e l’angoscia del tempo foriero di burrasca, in cui la natura par che opprima ogni vivente.
Fascinante et angoissante s’annonce la tempête, dans laquelle la nature semble opprimer tout être vivant.

Chaïm Soutine, Le Grand Arbre, 1942, huile sur toile,99 × 75 cm, musée d’art de São Paulo, Brésil

****

Illuminez-les de votre obscurité !
Occupati dei guai

Occupati dei guai, dei problemi
Prenez soin des problèmes
del tuo prossimo.
de votre voisin.

Raphaël, Autoportrait avec un ami, 1518, musée du Louvre, Paris

A NAPOLEON
LE CINQ MAI
Il Cinque Maggio
1821

Ei fu. Siccome immobile,
Il fut. Comme immobile,
dato il mortal sospiro,
dans son dernier soupir,

Édouard Detaille, Bonaparte pendant le siège de Toulon , musée de l’Armée

****

Alessandro Manzoni

LE REQUIEM DE VERDI
Composé en 1874
en mémoire d’Alessandro Manzoni,
mort en 1873

Affiche annonçant l’exécution du Requiem de Verdi à
La Scala
le 25 mai 1874.
**********************************

MANZONI
SA VIE ET SES ŒUVRES

par
Marc-Monnier
Paru dans la Revue des Deux Mondes
Seconde période
tome 106
1873

Manzoni vient de mourir après quatre-vingt-huit années de vie et un demi-siècle de gloire, et l’Italie entière a voulu honorer cette mort triomphale par un déploiement exceptionnel de vénération. Les princes du sang ont suivi le convoi du poète, les grands corps de l’état figuraient officiellement aux obsèques avec des députations des cent villes italiennes ; les universités, les simples écoles, les associations ouvrières, étaient du cortège avec leurs drapeaux. Le dôme de Milan suffisait à peine pour contenir la foule des conviés, la ville entière était sur pied, les fenêtres pavoisées de bannières en deuil, les boutiques fermées ; les assistants se comptaient par cent mille, et, le front découvert, la tête baissée, saluaient avec un silence religieux cette apothéose de l’illustre mort. Ce ne fut pas seulement la fête d’un jour : l’ovation continue avec une constance remarquable ; on a donné le nom de Manzoni à une rue, à un théâtre de Milan ; on a ouvert une souscription pour ériger un monument «au grand Lombard» ; la commune a voulu acheter l’appartement qu’il habitait pour en faire une sorte de musée littéraire ; Florence a réclamé, mais inutilement, le glorieux cercueil pour le placer dans le panthéon de Santa-Croce auprès des monuments de Dante, de Galilée et de Machiavel. Les villes qu’il a traversées, les maisons où il a vécu, l’école même où il apprit à lire, ont déjà immortalisé son passage par une plaque de marbre ornée d’une inscription. Les journaux retentissent de ce nom, plus sonore que jamais, les brochures naissent par centaines, les poèmes, les sonnets surtout par milliers au bord de la fosse auguste ; tel poète qui avait cru pouvoir s’abstenir de chanter au milieu de ce tumulte enthousiaste a soulevé contre lui des imprécations, et on lui a mis de force la lyre à la main. Mais ne raillons pas, même dans ses tons un peu criards, l’acclamation unanime et spontanée de l’Italie entière : il est beau de voir cette nation débridée et non stimulée par l’éperon officiel rendre pour la première fois à un poète des honneurs qu’elle n’a jamais rendus encore à un roi.
Quelle différence pourtant entre l’emphase de ces démonstrations et la simplicité de l’homme de bien qui vient de disparaître ! Ceux qui l’ont vu l’autre jour encore dans la chambre où il avait fermé les yeux nous le montrent couché sur un lit de fer peint en rouge, le front très beau, le visage calme, le menton retenu par un mouchoir. Le corps reposait sur une couverture blanche avec une grande croix d’ivoire et d’ébène sur la poitrine, et sans autre ornement funèbre que deux candélabres allumés et posés sur une table de nuit. La chambre était vaste, mais modestement tapissée d’un papier jaunâtre à fleurs ; un bouquet de roses peintes s’épanouissait au centre du plafond. Quelques petits tableaux de dévotion, un crucifix pendu au mur près du lit, le portrait sans cadre du meilleur ami de Manzoni, le professeur Rossari, mort il y a deux ans, puis quelques sièges çà et là, un canapé en laine blanche et bleue, une petite table ronde en bois de noyer, avec un marbre jaune, enfin le vieux fauteuil préféré garni de cuir, voilà tout l’ameublement, toute la décoration de cette chambre patriarcale ; mais l’âme du maître était là. Était-elle aussi bien dans les funérailles fastueuses que les journaux nous ont décrites ? On peut en douter ; il est certain que Manzoni, si modeste et si aisément effarouché, eût été étourdi par tant de fanfares. Il l’eût été davantage encore par les hyperboles de ces récents admirateurs, qui le proclament tout à la fois le premier lyrique, le premier tragique et le premier romancier du siècle. Un Allemand que nous pourrions citer ne va pas jusqu’à le comparera Goethe, mais le place très certainement (ganz gewiss) au-dessus de Boccace, de Pétrarque et de l’Arioste ; cet Allemand est cependant un homme instruit et suffisamment informé. C’est ainsi qu’un fanatisme maladroit s’évertue à vouloir exhausser la réputation du poète au risque de la déraciner ; heureusement elle tient bon et peut résister aux plus robustes extases. Nous ne craignons donc pas de la diminuer en combattant ceux qui l’enflent outre mesure, et en tâchant de nous renfermer dans le juste et dans le vrai. Nous dirons franchement ce qui reste, à notre avis, d’une œuvre littéraire déjà ancienne, mais si fraîche encore dans ses parties les plus belles. Il ne sera pas sans intérêt de revoir à distance la muse qui a chastement ému plusieurs générations de lecteurs. L’homme aussi veut être étudié : il nous offre le spectacle intéressant d’une rare longévité sans défaillance. Sa vie de repos a été aussi longue que sa vie de travail, mais l’une n’a pas fait oublier l’autre ; il a pu se taire quarante ans sans se survivre, et il est mort intact, en pleine gloire, objet d’une dévotion qui allait croissant de jour en jour. Il y a là un fait à expliquer, peut-être une leçon à prendre ; aussi ne perdrons-nous pas notre temps en abordant encore, avec la respectueuse sincérité qu’il mérite, cet homme de génie qui fut un homme de bien…

********************

EN ATTENDANT LA TEMPÊTE – POESIE DE ALESSANDRO MANZONI – ATTESA DEL TEMPORALE

*

Alessandro Manzoni

Traduction – Texte Bilingue
Poesia e traduzione

LITTERATURE ITALIENNE

Letteratura Italiana

ALESSANDRO MANZONI
 7 mars 1785 à Milan — 22 mai 1873 à Milan


Alessandro Manzoni par Francesco Hayez

_____________________________________

Traduction Jacky Lavauzelle

______________________________________

Chaïm Soutine, Le Grand Arbre, 1942, huile sur toile,99 × 75 cm, musée d’art de São Paulo, Brésil


**********


Il fascino e l’angoscia del tempo foriero di burrasca, in cui la natura par che opprima ogni vivente.
Fascinante et angoissante s’annonce la tempête, dans laquelle la nature semble opprimer tout être vivant.
La nebbia s’era a poco a poco addensata e accavallata in nuvoloni che irabbuiandosi sempre più, davano idea d’un annottar tempestoso; se : non che, verso il mezzo di quel cielo cupo e abbassato, traspariva, come da un fitto velo, la sfera del sole, pallida, che spargeva intorno a sé un barlume fioco e sfumato! e pioveva un calore morto e pesante.
Le brouillard s’était progressivement épaissi et s’était recouvert de nuages ​​qui, devenant de plus en plus sombres, donnaient l’idée d’une nuit orageuse ; vers le milieu de ce ciel sombre et bas, la sphère pâle du soleil brillait d’un voile épais, étalant autour d’elle une lueur sombre et fanée ! pendant qu’une chaleur morte et lourde s’abattait sur nous.
Ogni tanto… si sentiva un borbottar di tuoni, profondo, come tronco, irresoluto; né, tendendo l’orecchio, avreste saputo distinguere da che parte venisse; o avreste potuto crederlo un correr lontano di carri, che si fermassero improvvisamente.
Parfois … le tonnerre murmurait, profondément, comme dans un tronc, irrésolu ; même en tendant l’oreille, vous n’auriez su distinguer de quel côté venait la tempête ; vous auriez pu tout autant imaginer qu’il s’agissait d’une course lointaine de wagons qui s’arrêteraient subitement.

Era uno di que’ tempi, in cui, tra una compagnia di viandanti, non c’è nessuno che rompa il silenzio e il cacciatore cammina pensieroso, con lo sguardo a terra; e la viliana, zappando nel campo, smette di cantare, senza avvedersene; di que’ tempi forieri di burrasca, in cui la natura, come immota al difuori, e agitata da un travaglio interno,
par che opprima ogni vivente, e aggiunga non so quale gravezza a ogni operazione, all’ozio, all’esistenza stessa.

C’est un de ces moments où, comme dans une compagnie de voyageurs, personne n’ose rompre le silence et le chasseur marche pensivement, les yeux au sol ; et la paysanne, sarclant dans le champ, arrête de chanter, sans s’en rendre compte ; de ces temps annonciatrices de tempête, où la nature, comme immobile à l’extérieur, et agitée par un travail intérieur, semble opprimer tout être vivant et ajoute je ne sais quel sérieux à chaque geste, à l’oisiveté, à l’existence même.

****************

L’attribut alt de cette image est vide, son nom de fichier est Symbole-Artgitato-6.jpg.

De alma em alma -poema João da Cruz e Sousa – D’ÂME EN ÂME -Poème de Cruz e Sousa (Derniers Sonnets)

*

Traduction Jacky Lavauzelle João da Cruz e Sousa

João da Cruz e Sousa Traduction Jacky Lavauzelle Literatura Brasileira




Traduction du Brésilien Jacky Lavauzelle
João da Cruz e Sousa


João da Cruz e Sousa
poète brésilien

Dante Negro – Cisne Negro




 Obra Poética 





 

João da Cruz e Sousa
De alma em alma
D’ÂME EN ÂME
(Últimos Sonetos – Derniers Sonnets)
1905

 

Traduction Jacky Lavauzelle

 

 

******




Traduction Jacky Lavauzelle
Photo Jacky Lavauzelle

**

Tu andas de alma em alma errando, errando,
Errant, tu marches d’âme en âme, errant,
Como de santuario em santuario.
Comme de sanctuaire en sanctuaire.
És o secréto e mystico templario
Tu es le temple secret et mystique
  As almas, em silencio, contemplando.
Que les âmes, en silence, contemplent.

*

 Não sei que de harpas ha em ti vibrando,
Je ne sais pas comment  en toi les harpes vibrent,
Que sons de peregrino estradivário,
Je ne sais pas quels sons de stradivarius voyageur,
Que lembras reverencias de sacrario
Je ne sais pas quels souvenirs de sacrements
  E de vózes celestes murmurando.
Et de voix célestes en toi murmurent.

*

 Mas sei que de alma em alma andas perdido,
Mais je sais que d’âme en âme tu marches perdu,
Atraz de um bello mundo indefinido
A travers  un beau monde indéfini
De Silencio, de Amor, de Maravilha.
De Silence, d’Amour, de Merveille.

*

 Vae! Sonhador das nobres reverencias!
Va !  Rêveur des nobles révérences !
A alma da Fé tem d’essas florescencias,
L’âme de la foi a de telles floraisons,
   Mesmo da Morte resuscita e brilha!
Que, même dans la Mort, elle ressuscite et brille encore !

******

Traduction Jacky Lavauzelle João da Cruz e Sousa

João da Cruz e Sousa Traduction Jacky Lavauzelle Literatura Brasileira

Visão – VISION – Poème de Cruz e Sousa (Faróis-1900)

*

Traduction Jacky Lavauzelle João da Cruz e Sousa

João da Cruz e Sousa Traduction Jacky Lavauzelle Literatura Brasileira




Traduction du Brésilien Jacky Lavauzelle
João da Cruz e Sousa


João da Cruz e Sousa
poète brésilien

Dante Negro – Cisne Negro




 Obra Poética 





 

João da Cruz e Sousa
Visão
VISION

(Faróis – Phares – 1900)

 

Traduction Jacky Lavauzelle

 

******




*

Traduction Jacky Lavauzelle
Jérôme Bosch – Le Jardin des délices (détail Panneau droit)- Musée du Prado – Madrid

**

Noiva de Satanás, Arte maldita,
Epouse de Satan, Art maudit,
Mago Fruto letal e proibido,
Fruit mortel magique et interdit,
Sonâmbula do Além, do Indefinido
Somnambule de l’Au-delà et de l’Indéfini
 Das profundas paixões, Dor infinita.
Des passions profondes et de la Douleur infinie.

*

 Astro sombrio, luz amarga e aflita,
Sombre astre, lumière amère et en détresse,
 Das Ilusões tantálico gemido,
Des Illusions torturées gémissent,
Virgem da Noite, do luar dorido,
Vierge de la Nuit, du clair de lune meurtri,
Com toda a tua Dor oh! sê bendita!
Avec toute ta douleur  oh ! sois béni !

*

 Seja bendito esse clarão eterno
Bénie soit cette éternelle lumière.
De sol, de sangue, de veneno e inferno,
De soleil, de sang, de poison et d’enfer,
  De guerra e amor e ocasos de saudade…
De guerre et d’amour et de couchers de nostalgie …

*

 Sejam benditas, imortalizadas
Âmes immortalisées, soyez bénies !
As almas castamente amortalhadas
Vous, les âmes chastement enveloppées
    Na tua estranha e branca Majestade!
Dans ton étrange et blanche Majesté !

 

******

*

Traduction Jacky Lavauzelle João da Cruz e Sousa

João da Cruz e Sousa Traduction Jacky Lavauzelle Literatura Brasileira

Humildade Secreta -HUMILITE SECRETE – Poème de João da Cruz e Sousa (1900)

*

Traduction Jacky Lavauzelle João da Cruz e Sousa

João da Cruz e Sousa Traduction Jacky Lavauzelle Literatura Brasileira




Traduction du Brésilien Jacky Lavauzelle
João da Cruz e Sousa


João da Cruz e Sousa
poète brésilien

Dante Negro – Cisne Negro




 Obra Poética 





 

João da Cruz e Sousa
Humildade Secreta
HUMILITE SECRETE

(Faróis – Phares – 1900)

 

Traduction Jacky Lavauzelle

 

******




*

Traduction Jacky Lavauzelle
Vincent Van Gogh, Portrait d’Eugène Boch 1888,musée d’Orsay, Paris (détail)

**

Fico parado, em êxtase suspenso,
Je reste immobile, en suspens extatique,
  Às vezes, quando vou considerando
Parfois, quand je considère
Na humildade simpática, no brando
Dans une humble sympathie, dans le doux
 Mistério simples do teu ser imenso.
Et simple mystère l’immensité de ton être.

*

 Tudo o que aspiro, tudo quanto penso
Tout ce à quoi j’aspire, tout ce que je pense
D’estrelas que andam dentro em mim cantando,
Des étoiles qui marchent en moi en chantant,
Ah! tudo ao teu fenômeno vai dando
Ah ! tout apporte à ton phénomène
   Um céu de azul mais carregado e denso.
Un ciel de bleu plus lourd et plus dense.

*

 De onde não sei tanta simplicidade,
D’où je méconnais tant la simplicité,
Tanta secreta e límpida humildade
Tant la secrète et la claire humilité
Vem ao teu ser como os encantos raros.
Qui vient à ton être comme les charmes rares.

*

 Nos teus olhos tu alma transparece…
Dans tes yeux, ton âme apparaît…
E de tal sorte que o bom Deus parece
Et de telle manière que le bon Dieu semble
Viver sonhando nos teus olhos Claros.
Vivre en rêvant dans tes yeux clairs.

******

*

Traduction Jacky Lavauzelle João da Cruz e Sousa

João da Cruz e Sousa Traduction Jacky Lavauzelle Literatura Brasileira

Ocaso no mar – Coucher de Soleil en mer – Poema de João da Cruz e Sousa – Poème de Cruz e Sousa (Missal – 1893)

*

Traduction Jacky Lavauzelle João da Cruz e Sousa

João da Cruz e Sousa Traduction Jacky Lavauzelle Literatura Brasileira




Traduction du Brésilien Jacky Lavauzelle
João da Cruz e Sousa


João da Cruz e Sousa
poète brésilien

Dante Negro – Cisne Negro




 Obra Poética 





 

João da Cruz e Sousa
Ocaso no mar
COUCHER DE SOLEIL EN MER
(Missal – 1893)

 

Traduction Jacky Lavauzelle

 

******




*

traduction Jacky Lavauzelle
(photo J Lavauzelle)

Num fulgor d’ouro velho o sol tranqüilamente desce para o ocaso, no limite extremo do mar, d’águas calmas, serenas, dum espesso verde pesado, glauco, num tom de bronze.
Dans une lueur de vieil or, le soleil descend tranquillement pour un coucher à la limite extrême de la mer, sur des eaux calmes, sereines, d’un épais et pesant vert, glauque, d’un ton de bronze.

No céu, de um desmaiado azul, ainda claro, há uma doce suavidade astral e religiosa.
Au ciel, d’un bleu pâle, toujours clair,  une suave douceur astrale et religieuse.

Às derradeiras cintilações doiradas do nobre Astro do dia, os navios, com o maravilhoso aspecto das mastreações, na quietação das ondas, parecem estar em êxtase na tarde.
Aux dernières lueurs scintillantes du noble Astre du jour, les navires, avec l’aspect merveilleux du gréement, dans le calme des vagues, paraissent extatiques en cet après-midi.

Num esmalte de gravura, os mastros, com as vergas altas lembrando, na distância, esguios caracteres de música, pautam o fundo do horizonte límpido.
Dans un émail de gravure, les mâts, avec leurs hautes verges rappellent, au loin, de minces caractères de musique guidant le fond du clair horizon.

Os navios, assim armados, com a mastreação, as vergas dispostas por essa forma, estão como a fazer-se de vela, prontos a arrancar do porto.
Les navires, ainsi armés, avec le gréement, les verges ainsi disposées, sont comme des voiliers prêts enfin à sortir du port.

Um ritmo indefinível, como a errante etereal expressão das forças originais e virgens, inefavelmente desce, na tarde que finda, por entre a nitidez já indecisa dos mastros…
Un rythme indéfinissable, comme une vagabonde et éthérée expression des forces originelles et vierges, descend ineffablement, dans cet après-midi finissant, à travers des mâts déjà moins perceptibles …

Em pouco as sombras densas envolvem gradativamente o horizonte em torno, a vastidão das vagas.
Les ombres denses finissent d’envelopper progressivement l’horizon, l’immensité des vagues.

Começa, então, no alto e profundo firmamento silencioso, o brilho frio e fino, aristocrático das estrelas.
Puis, alors, du haut et profond firmament silencieux, la lueur froide et fine, la lueur aristocratique des étoiles.

Surgindo através de tufos escuros de folhagem, além, nos cimos montanhosos, uma lua amarela, de face chara de chim, verte um óleo luminoso e dormente em toda a amplidão dapaisagem.
S’élevant à travers des touffes de feuillage sombres, et sur les hauteurs montagneuses, une lune jaune répand une huile lumineuse et apaisée à travers l’immensité du paysage.

******

*

Traduction Jacky Lavauzelle João da Cruz e Sousa

João da Cruz e Sousa Traduction Jacky Lavauzelle Literatura Brasileira

Siderações -Poemas – SIDERATIONS -Poème – João da Cruz e Sousa – 1893

*

Traduction Jacky Lavauzelle João da Cruz e Sousa

João da Cruz e Sousa Traduction Jacky Lavauzelle Literatura Brasileira




Traduction du Brésilien Jacky Lavauzelle
João da Cruz e Sousa


João da Cruz e Sousa
poète brésilien

Dante Negro – Cisne Negro




 Obra Poética 





 

João da Cruz e Sousa
Siderações
Sidération
(Broquéis – 1893)

 

Traduction Jacky Lavauzelle

 

******




*

Traduction Jacky Lavauzelle Siderações -Poemas - SIDERATIONS -Poème - João da Cruz e Sousa - 1893

Para as Estrelas de cristais gelados
Pour les étoiles de cristaux glacés
  As ânsias e os desejos vão subindo,
Les envies et les désirs croissent,
Galgando azuis e siderais noivados
Les bleus engagements sidéraux galopent
De nuvens brancas a amplidão vestindo…
Sur de blancs nuages blancs en extension…

*

 Num cortejo de cânticos alados
Dans un cortège de chansons ailées
  Os arcanjos, as cítaras ferindo,
Les archanges, les harpes blessantes,
Passam, das vestes nos troféus prateados,
Passent, des robes dans les trophées d’argent,
  As asas de ouro finamente abrindo…
Leurs ailes d’or s’ouvrent délicatement…

*

 Dos etéreos turíbulos de neve
Des encensoirs éthérés de neige
 Claro incenso aromal, límpido e leve,
Clair encens aromatique, limpide et léger,
Ondas nevoentas de Visões levanta…
Ondes brumeuses de Visions se soulevant …

*

 E as ânsias e os desejos infinitos
Et les envies et les désirs infinis
Vão com os arcanjos formulando ritos 
Partent avec les archanges formulant des rites
  Da Eternidade que nos Astros canta…
De l’Eternité qui chante dans les Astres …

******

*

Traduction Jacky Lavauzelle João da Cruz e Sousa

João da Cruz e Sousa Traduction Jacky Lavauzelle Literatura Brasileira

POEME de João da Cruz e Sousa – POEMAS João da Cruz e Sousa – Poésie de Cruz e Sousa

*

Traduction Jacky Lavauzelle João da Cruz e Sousa

João da Cruz e Sousa Traduction Jacky Lavauzelle Literatura Brasileira




Traduction du Brésilien Jacky Lavauzelle
João da Cruz e Sousa


João da Cruz e Sousa
poète brésilien

Dante Negro – Cisne Negro




 Obra Poética 





 

João da Cruz e Sousa
POEMAS
POEMES

 

Traduction Jacky Lavauzelle

 

******

HUMILIDADE SECRETA
HUMILITE SECRETE
1900

Fico parado, em êxtase suspenso,
Je reste immobile, en suspens extatique,
  Às vezes, quando vou considerando
Parfois, quand je considère

*

DIVINA
DIVINE
1900

Eu não busco saber o inevitável
Je ne cherche pas à connaître l’inévitable
Das espirais da tua vi matéria.
Des spirales de ta vie matérielle.

**




**

Visão
VISION
1900

Noiva de Satanás, Arte maldita,
Epouse de Satan, Art maudit,
Mago Fruto letal e proibido,
 Fruit mortel magique et interdit,

**

O SONETO
LE SONNET
1905

Nas formas voluptuosas o Soneto
Des formes voluptueuses, le Sonnet
Tem fascinante, cálida fragrância
A cette douce et fascinante fragrance

Traduction Jacky Lavauzelle

**
DE ALMA EM ALMA
D’ÂME EN ÂME
1905

Tu andas de alma em alma errando, errando,
Errant, tu marches d’âme en âme, errant,
Como de santuario em santuario.
Comme de sanctuaire en sanctuaire.

**

Dilacerações
Déchirements

Ó carnes que eu amei sangrentamente,
Ô chairs que j’aimais ensanglantées,
  ó volúpias letais e dolorosas,
O voluptés mortelles et douloureuses,

*

Siderações
Sidérations
1893

Para as Estrelas de cristais gelados
Pour les étoiles de cristaux glacés
  As ânsias e os desejos vão subindo,
Les envies et les désirs croissent,

*

OCASO NO MAR
COUCHER DE SOLEIL EN MER
1893

Num fulgor d’ouro velho o sol tranqüilamente desce para o ocaso, no limite extremo do mar, d’águas calmas, serenas, dum espesso verde pesado, glauco, num tom de bronze.
Dans une lueur de vieil or, le soleil descend tranquillement pour un coucher à la limite extrême de la mer, sur des eaux calmes, sereines, d’un épais et pesant vert, glauque, d’un ton de bronze.

****

O simbolismo no Brasil

« No Brasil, a lírica simbolista sente diretamente as influências da França, sem passar pela experiência portuguesa, como aconteceu nas escolas literárias anteriores. Em 1891, um grupo de poetas do Rio de Janeiro, reunido em torno da Folha Popular, introduz a nova moda poética. Entre eles se destaca a figura de João da Cruz e Sousa (1861–1897). Podemos distinguir duas fases no seu itinerário poético: com a publicação de Missal e Broquéis (1893), Cruz e Sousa imita o gosto baudelairiano pelo erotismo e o satanismo; mais tarde, na fase da maturidade, ele repudia a atitude decadente, estranha à realidade brasileira, enveredando pelo filão do lirismo metafísico, místico, religioso. Simbolista mais fecundo é o mineiro Alphonsus de Guimaraens (1870–1921). Ele soube conciliar o anseio de transcendência, característica essencial do Simbolismo, com a sua fé católica, sublimizando o esoterismo no cristianismo. Usando com uma certa parcimônia as inovações técnicas da estética simbolista — rimas internas, aliterações, assonâncias, extrema preocupação com o ritmo do verso, léxico requintado, frouxidão sintática, metáfora sinestética —, Guimaraens constrói uma poesia altamente melódica. Antológico é o seu poema Ismália, onde a « Lua », a « torre », a « loucura » são símbolos da alma humana, dividida entre o mundo da realidade, da sombra, e o mundo do sonho, da verdade transcendental. »

Dicionário de Cultura Básica por Salvatore D’ Onofrio
Simbolismo
Symbolisme

**

Cruz e Sousa & Alphonsus Guimaraens
LA LITTERATURE SYMBOLISTE AU BRESIL

Au Brésil, les symbolistes tirent directement leurs influences de la France, sans passer par une expérience portugaise, comme cela est arrivé dans les écoles littéraires précédentes. En 1891, un groupe de poètes de Rio de Janeiro, se réunissent autour de la Folha Popular, la « Feuille Populaire », qui représente cette nouvelle mode poétique. Parmi eux se trouve la figure de João da Cruz e Sousa (1861-1897). On peut distinguer deux phases dans son parcours poétique : avec la publication du Missal et Broquéis (1893), Cruz e Sousa imite le goût baudelairien pour l’érotisme et le satanisme ; plus tard, dans sa maturité, il répudiera cette attitude décadente, étrangère à la réalité brésilienne en se lançant dans un lyrisme métaphysique, mystique, religieux.
Un symbolisme plus fécond se retrouve chez Alphonsus Guimaraens (1870-1921). Il savait concilier la transcendance du désir, caractéristique essentielle du symbolisme, avec sa foi catholique, en sublimant l’ésotérisme dans le christianisme. Il utilisa certaines innovations techniques de l’esthétique symboliste : rime interne, allitération, assonance, extrême préoccupation au rythme des vers, lexique raffiné, le laxisme syntaxique, métaphore synesthésique – Guimaraens construit une poésie très mélodique. Anthologique est son poème Ismaïlia, où la « Lua« , la « torre« , la « loucura » (« Lune », la « tour », la « folie ») sont des symboles de l’âme humaine, séparant monde de la réalité, obscur, et le monde du rêve, de la vérité transcendantale.
Dictionnaire de la culture de base par Salvatore D ‘Onofrio
Symbolisme

Trad. (JL) du texte de Salvatore D’ Onofrio

*****

POEMAS  João da Cruz e Sousa
Poésie de Cruz e Sousa

*

Traduction Jacky Lavauzelle João da Cruz e Sousa

João da Cruz e Sousa Traduction Jacky Lavauzelle Literatura Brasileira

Dilacerações – Poema – Déchirements Poème – João da Cruz e Sousa

*

Traduction Jacky Lavauzelle João da Cruz e Sousa

João da Cruz e Sousa Traduction Jacky Lavauzelle Literatura Brasileira




Traduction du Brésilien Jacky Lavauzelle
João da Cruz e Sousa


João da Cruz e Sousa
poète brésilien

Dante Negro – Cisne Negro




 Obra Poética 





 

João da Cruz e Sousa
Dilacerações
Déchirements

 

Traduction Jacky Lavauzelle

 

Traduction Jacky Lavauzelle
Almeida Júnior O descanso do modelo, 1882, Museu Nacional de Belas Artes, Rio de Janeiro (detalhe – détail)

******




*

Ó carnes que eu amei sangrentamente,
Ô chairs que j’aimais ensanglantées,
  ó volúpias letais e dolorosas,
O voluptés mortelles et douloureuses,
 essências de heliotropos e de rosas
essences d’héliotropes et de roses
de essência morna, tropical, dolente…
d’essence douloureuse, tropicale, lugubre …

*

Carnes, virgens e tépidas do Oriente
Chairs, vierges et tièdes d’Orient
do Sonho e das Estrelas fabulosas,
de Rêve et d’Etoiles fabuleuses,
carnes acerbas e maravilhosas,
Chairs acerbes et merveilleuses,
tentadoras do sol intensamente…
tentant le soleil intensément …

*

Passai, dilaceradas pelos zelos,
Passez, déchirées par la jalousie,
através dos profundos pesadelos
à travers de profonds cauchemars
que me apunhalam de mortais horrores…
qui me poignardent de mortelles horreurs…

*

Passai, passai, desfeitas em tormentos,
Passez, passez, défaites en tourments,
  em lágrimas, em prantos, em lamentos
en larmes, en regrets, en lamentations
em ais, em luto, em convulsões, em dores…
en deuil, en convulsions, en douleurs …

******

*

Traduction Jacky Lavauzelle João da Cruz e Sousa

João da Cruz e Sousa Traduction Jacky Lavauzelle Literatura Brasileira

O SONETO poema João da Cruz e Sousa – LE SONNET Poème de Cruz e Sousa (Derniers Sonnets)

*

Traduction Jacky Lavauzelle João da Cruz e Sousa

João da Cruz e Sousa Traduction Jacky Lavauzelle Literatura Brasileira




Traduction du Brésilien Jacky Lavauzelle
João da Cruz e Sousa


João da Cruz e Sousa
poète brésilien

Dante Negro – Cisne Negro




 Obra Poética 





 

João da Cruz e Sousa
O SONETO
LE SONNET
(Últimos Sonetos – Derniers Sonnets)
1905

 

Traduction Jacky Lavauzelle

 

 

******

Traduction Jacky Lavauzelle
Almeida Júnior – O Violeiro, 1899 Pinacoteca do Estado, São Paulo




Nas formas voluptuosas o Soneto
Des formes voluptueuses, le Sonnet
Tem fascinante, cálida fragrância
A cette douce et fascinante fragrance
   E as leves, langues curvas de elegância
Et les lumières, les langoureuses courbes d’élégance
  De extravagante e mórbido esqueleto.
D’un squelette extravagant et putréfié.

*

 A graça nobre e grave do quarteto
La grâce noble et grave du quatrain
 Recebe a original intolerância,
Reçoit l’originale intolérance,
Toda a sutil, secreta extravagância
Toute la subtile et secrète extravagance
Que transborda terceto por terceto.
Qui, de tercet en tercet, se déverse.

*

 E como um singular polichinelo
Et comme un polichinelle singulier
Ondula, ondeia, curioso e belo,
Ondule, il navigue, beau et curieux,
  O Soneto, nas formas caprichosas.
Le Sonnet, dans des aspects capricieux.

*

 As rimas dão-lhe a púrpura vetusta
Les rimes lui donnent cette vieille patine pourpre
E na mais rara procissão augusta
Et dans cette rare procession auguste
Surge o Sonho das almas dolorosas…
Se lève le Rêve des âmes douloureuses …

******

*

Traduction Jacky Lavauzelle João da Cruz e Sousa

João da Cruz e Sousa Traduction Jacky Lavauzelle Literatura Brasileira