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LE RÊVE – POEME DE ALMEIDA GARRETT – Quando Eu Sonhava

*

traduction Jacky Lavauzelle
LITTERATURE PORTUGAISE
literatura português

Os Lusiadas Traduction Jacky Lavauzelle Les Lusiades de Luis de Camoes

João Baptista da Silva Leitão
vicomte de Almeida Garrett 

Porto, 4 février 1799 – Lisbonne, 9 décembre 1854
Porto, 4 de fevereiro de 1799 – Lisboa, 9 de dezembro de 1854

Almeida Garrett par Pedro Augusto Guglielmi 

Portrait de Garrett, daté de 1843, avec les insignes de Commandeur de l’Ordre de Notre-Dame de la Conception de Vila Viçosa

______________________________________ 

Traduction Jacky Lavauzelle

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LE RÊVE
Quando Eu Sonhava
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Recueil
« Les Feuilles mortes »
 ‘Folhas Caídas’
Livro primeiro
Recueil publié à Lisbonne en 1853

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Pierre Puvis de Chavannes, Le Rêve,1883, Paris, musée d’Orsay

**********

Quando eu sonhava, era assim
Quand je rêvais, c’était ainsi
  Que nos meus sonhos a via;
Que dans mes rêves je la vis ;
  E era assim que me fugia,
Et c’est ainsi que je m’enfuyais,
Apenas eu despertava,
  Seulement, en m’éveillant,
Essa imagem fugidia
  Cette image insaisissable
Que nunca pude alcançar.
  Je ne pouvais plus la saisir.
 Agora, que estou desperto,
Maintenant que je suis réveillé,
 Agora a vejo fixar…
Maintenant je la vois se fixer…
  Para quê? – Quando era vaga,
Pourquoi ? – Quand c’était vague,
Uma ideia, um pensamento,
  Une idée, une pensée,
Um raio de estrela incerto
  Un rayon d’étoile incertain
  No imenso firmamento,
Dans l’immense firmament,
Uma quimera, um vão sonho,
  Une chimère, un vain rêve,
Eu sonhava – mas vivia:
  Je rêvais – mais je vivais :
 Prazer não sabia o que era,
Le plaisir ne savait pas ce que c’était,
  Mas dor, não na conhecia …
Mais la douleur, je ne la connaissais pas…



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Passos Manuel, Almeida Garrett, Alexandre Herculano, José Estêvão de Magalhães nos Passos Perdidos, Assembleia da República Portuguesa.
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POÉSIE DE ALMEIDA GARRETT

*

traduction Jacky Lavauzelle
LITTERATURE PORTUGAISE
literatura português

Os Lusiadas Traduction Jacky Lavauzelle Les Lusiades de Luis de Camoes

João Baptista da Silva Leitão
vicomte de Almeida Garrett 

Porto, 4 février 1799 – Lisbonne, 9 décembre 1854
Porto, 4 de fevereiro de 1799 – Lisboa, 9 de dezembro de 1854

Almeida Garrett par Pedro Augusto Guglielmi 

Portrait de Garrett, daté de 1843, avec les insignes de Commandeur de l’Ordre de Notre-Dame de la Conception de Vila Viçosa

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Traduction Jacky Lavauzelle

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LA POÉSIE DE ALMEIDA GARRETT
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Recueil
« Les Feuilles mortes »
‘Folhas Caídas’
Livro primeiro
Recueil publié à Lisbonne en 1853

LES CINQ SENS
Os Cinco Sentidos

São belas – bem o sei, essas estrelas,
Qu’elles sont belles ! je sais bien, ces étoiles,
Mil cores – divinais têm essas flores;
Aux mille couleurs et les divines couleurs de ces fleurs ;

Hans Makart, 1872-1879, collection Österreichische Galerie Belvedere,
Palais du Belvédère, Vienne

**

 Não te amo
JE NE T’AIME PAS

Não te amo, quero-te: o amar vem d’alma.
Je ne t’aime pas, je te veux ! l’amour vient de l’âme.
E eu n’alma – tenho a calma,
Et moi dans l’âme – quel calme,

Valentin Serov, La princesse Zénaïde Youssoupoff

Quando Eu Sonhava
LE RÊVE

Quando eu sonhava, era assim
Quand je rêvais, c’était ainsi
Que nos meus sonhos a via;
Que dans mes rêves je la vis ;

Pierre Puvis de Chavannes, Le Rêve,1883, Paris, musée d’Orsay

CET ENFER D’AIMER
Este Inferno de Amar

 Este inferno de amar – como eu amo! –
Cet enfer d’aimer – comme je l’aime ! –
  Quem mo pôs aqui n’alma… quem foi?
Qui m’a mis ça dans l’âme … qui  ?

Ramon Casas, Madeleine au moulin de la galette, 1892, musée de Montserrat

Recueil
« Les Feuilles mortes »
‘Folhas Caídas’
Livro segundo
Recueil publié à Lisbonne en 1853

ALLÉGEANCE
PREITO

É lei do tempo, Senhora,
C’est la loi du moment, Madame,
Que ninguém domine agora
Que personne ne domine maintenant

Ramon Casas, Jeune Décadente,1899, musée de Montserrat

BARCA BELA
LA BELLE BARQUE

Pescador da barca bela,
Pêcheur de la belle barque,
Onde vás pescar com ela,

Où pars-tu pêcher avec elle,

Le pêcheur, Charles Napier Hemy, 1888

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Passos Manuel, Almeida Garrett, Alexandre Herculano, José Estêvão de Magalhães nos Passos Perdidos, Assembleia da República Portuguesa.

LA POÉSIE DE ALESSANDRO MANZONI – LA POESIA DI ALESSANDRO MANZONI

*

Alessandro Manzoni

Traduction – Texte Bilingue
Poesia e traduzione

LITTERATURE ITALIENNE

Letteratura Italiana

ALESSANDRO MANZONI
 7 mars 1785 à Milan — 22 mai 1873 à Milan


Alessandro Manzoni par Francesco Hayez

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Traduction Jacky Lavauzelle

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EN ATTENDANT LA TEMPÊTE
ATTESA DEL TEMPORALE

Il fascino e l’angoscia del tempo foriero di burrasca, in cui la natura par che opprima ogni vivente.
Fascinante et angoissante s’annonce la tempête, dans laquelle la nature semble opprimer tout être vivant.

Chaïm Soutine, Le Grand Arbre, 1942, huile sur toile,99 × 75 cm, musée d’art de São Paulo, Brésil

****

Illuminez-les de votre obscurité !
Occupati dei guai

Occupati dei guai, dei problemi
Prenez soin des problèmes
del tuo prossimo.
de votre voisin.

Raphaël, Autoportrait avec un ami, 1518, musée du Louvre, Paris

A NAPOLEON
LE CINQ MAI
Il Cinque Maggio
1821

Ei fu. Siccome immobile,
Il fut. Comme immobile,
dato il mortal sospiro,
dans son dernier soupir,

Édouard Detaille, Bonaparte pendant le siège de Toulon , musée de l’Armée

****

Alessandro Manzoni

LE REQUIEM DE VERDI
Composé en 1874
en mémoire d’Alessandro Manzoni,
mort en 1873

Affiche annonçant l’exécution du Requiem de Verdi à
La Scala
le 25 mai 1874.
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MANZONI
SA VIE ET SES ŒUVRES

par
Marc-Monnier
Paru dans la Revue des Deux Mondes
Seconde période
tome 106
1873

Manzoni vient de mourir après quatre-vingt-huit années de vie et un demi-siècle de gloire, et l’Italie entière a voulu honorer cette mort triomphale par un déploiement exceptionnel de vénération. Les princes du sang ont suivi le convoi du poète, les grands corps de l’état figuraient officiellement aux obsèques avec des députations des cent villes italiennes ; les universités, les simples écoles, les associations ouvrières, étaient du cortège avec leurs drapeaux. Le dôme de Milan suffisait à peine pour contenir la foule des conviés, la ville entière était sur pied, les fenêtres pavoisées de bannières en deuil, les boutiques fermées ; les assistants se comptaient par cent mille, et, le front découvert, la tête baissée, saluaient avec un silence religieux cette apothéose de l’illustre mort. Ce ne fut pas seulement la fête d’un jour : l’ovation continue avec une constance remarquable ; on a donné le nom de Manzoni à une rue, à un théâtre de Milan ; on a ouvert une souscription pour ériger un monument «au grand Lombard» ; la commune a voulu acheter l’appartement qu’il habitait pour en faire une sorte de musée littéraire ; Florence a réclamé, mais inutilement, le glorieux cercueil pour le placer dans le panthéon de Santa-Croce auprès des monuments de Dante, de Galilée et de Machiavel. Les villes qu’il a traversées, les maisons où il a vécu, l’école même où il apprit à lire, ont déjà immortalisé son passage par une plaque de marbre ornée d’une inscription. Les journaux retentissent de ce nom, plus sonore que jamais, les brochures naissent par centaines, les poèmes, les sonnets surtout par milliers au bord de la fosse auguste ; tel poète qui avait cru pouvoir s’abstenir de chanter au milieu de ce tumulte enthousiaste a soulevé contre lui des imprécations, et on lui a mis de force la lyre à la main. Mais ne raillons pas, même dans ses tons un peu criards, l’acclamation unanime et spontanée de l’Italie entière : il est beau de voir cette nation débridée et non stimulée par l’éperon officiel rendre pour la première fois à un poète des honneurs qu’elle n’a jamais rendus encore à un roi.
Quelle différence pourtant entre l’emphase de ces démonstrations et la simplicité de l’homme de bien qui vient de disparaître ! Ceux qui l’ont vu l’autre jour encore dans la chambre où il avait fermé les yeux nous le montrent couché sur un lit de fer peint en rouge, le front très beau, le visage calme, le menton retenu par un mouchoir. Le corps reposait sur une couverture blanche avec une grande croix d’ivoire et d’ébène sur la poitrine, et sans autre ornement funèbre que deux candélabres allumés et posés sur une table de nuit. La chambre était vaste, mais modestement tapissée d’un papier jaunâtre à fleurs ; un bouquet de roses peintes s’épanouissait au centre du plafond. Quelques petits tableaux de dévotion, un crucifix pendu au mur près du lit, le portrait sans cadre du meilleur ami de Manzoni, le professeur Rossari, mort il y a deux ans, puis quelques sièges çà et là, un canapé en laine blanche et bleue, une petite table ronde en bois de noyer, avec un marbre jaune, enfin le vieux fauteuil préféré garni de cuir, voilà tout l’ameublement, toute la décoration de cette chambre patriarcale ; mais l’âme du maître était là. Était-elle aussi bien dans les funérailles fastueuses que les journaux nous ont décrites ? On peut en douter ; il est certain que Manzoni, si modeste et si aisément effarouché, eût été étourdi par tant de fanfares. Il l’eût été davantage encore par les hyperboles de ces récents admirateurs, qui le proclament tout à la fois le premier lyrique, le premier tragique et le premier romancier du siècle. Un Allemand que nous pourrions citer ne va pas jusqu’à le comparera Goethe, mais le place très certainement (ganz gewiss) au-dessus de Boccace, de Pétrarque et de l’Arioste ; cet Allemand est cependant un homme instruit et suffisamment informé. C’est ainsi qu’un fanatisme maladroit s’évertue à vouloir exhausser la réputation du poète au risque de la déraciner ; heureusement elle tient bon et peut résister aux plus robustes extases. Nous ne craignons donc pas de la diminuer en combattant ceux qui l’enflent outre mesure, et en tâchant de nous renfermer dans le juste et dans le vrai. Nous dirons franchement ce qui reste, à notre avis, d’une œuvre littéraire déjà ancienne, mais si fraîche encore dans ses parties les plus belles. Il ne sera pas sans intérêt de revoir à distance la muse qui a chastement ému plusieurs générations de lecteurs. L’homme aussi veut être étudié : il nous offre le spectacle intéressant d’une rare longévité sans défaillance. Sa vie de repos a été aussi longue que sa vie de travail, mais l’une n’a pas fait oublier l’autre ; il a pu se taire quarante ans sans se survivre, et il est mort intact, en pleine gloire, objet d’une dévotion qui allait croissant de jour en jour. Il y a là un fait à expliquer, peut-être une leçon à prendre ; aussi ne perdrons-nous pas notre temps en abordant encore, avec la respectueuse sincérité qu’il mérite, cet homme de génie qui fut un homme de bien…

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Illuminez-les de votre obscurité ! POEME D’ALESSANDRO MANZONI – Occupati dei guai

*

Alessandro Manzoni

Traduction – Texte Bilingue
Poesia e traduzione

LITTERATURE ITALIENNE

Letteratura Italiana

ALESSANDRO MANZONI
 7 mars 1785 à Milan — 22 mai 1873 à Milan


Alessandro Manzoni par Francesco Hayez

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Traduction Jacky Lavauzelle

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Raphaël, Autoportrait avec un ami, 1518, musée du Louvre, Paris

Occupati dei guai, dei problemi
Prenez soin des problèmes
del tuo prossimo.
de votre voisin.
Prenditi a cuore gli affanni,
Prenez à cœur,
le esigenze di chi ti sta vicino.
les besoins de vos proches.
Regala agli altri la luce che non hai,
Donnez aux autres la lumière que vous n’avez pas,
la forza che non possiedi,
la force que vous n’avez pas,
la speranza che senti vacillare in te,
l’espoir que vous sentez vaciller en vous,
la fiducia di cui sei privo.
la confiance qui vous manque.
Illuminali dal tuo buio.
Illuminez-les de votre obscurité.
Arricchiscili con la tua povertà.
Enrichissez-les de votre pauvreté.
Regala un sorriso
Donnez un sourire
quando tu hai voglia di piangere.
quand vous voulez pleurer.
Produci serenità
Produisez de la sérénité
dalla tempesta che hai dentro.
avec la tempête à l’intérieur de vous.
« Ecco, quello che non ho te lo dono ».
« Ici, je te donne ce que je n’ai pas. »
Questo è il tuo paradosso.
Ceci est votre paradoxe.
Ti accorgerai che la gioia
Vous trouverez cette joie
a poco a poco entrerà in te,
qui peu à peu vous pénétrera,
invaderà il tuo essere,
envahira votre être,
diventerà veramente tua nella misura
et deviendra vraiment le vôtre dans la mesure
in cui l’avrai regalata agli altri.
où vous l’avez pleinement donnée aux autres.

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LES LUNATIQUES – POÈME DE FRIEDRICH HÖLDERLIN – Die Launischen

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*LITTERATURE ALLEMANDE
Deutsch Literatur

Friedrich Hölderlin
1770-1843

Traduction Jacky Lavauzelle

——–

die Gedichte
Les Poèmes

 

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LES LUNATIQUES
Die Launischen
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Chaïm Soutine, Paysage avec personnage, 1918, 1819,
huile sur toile, 60 × 80 cm, Orangerie, Paris

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Hör’ ich ferne nur her, wenn ich für mich geklagt,
Dans ma plainte, J’entends d’ici
  Saitenspiel und Gesang, schweigt mir das Herz doch gleich;
  Le jeu des cordes et les chants ; mon cœur devient alors silencieux ;
       Bald auch bin ich verwandelt,
Bientôt je serai changé aussi
          Blinkst du, purpurner Wein! mich an
Quand vers moi tu clignoteras, ô vin pourpre !

*


Unter Schatten des Walds, wo die gewaltige
A l’ombre de la forêt, où le puissant
   Mittagssonne mir sanft über dem Laube glänzt;
Soleil de midi sur la tonnelle brille aimablement ;
       Ruhig sitz ich daselbst, wenn
Je m’assieds là tranquillement
          Zürnend schwerer Beleidigung
Quand irrité vivement

*


Ich im Felde geirrt – Zürnen zu gerne doch
Je me mis à errer dans la campagne : trop enclin à la colère
 Deine Dichter, Natur! trauern und weinen leicht,
  Sont tes poètes, Nature ! comme ils pleurent et pleurent facilement,
  Die Beglückten; wie Kinder,
      Les bienheureux ; comme des enfants,
        Die zu zärtlich die Mutter hält,
  Que leur mère a élevés trop tendrement,

*


Sind sie mürrisch und voll herrischen Eigensinns;
Les voici grincheux et pleins d’entêtement dominateur ;
    Wandeln still sie des Wegs, irret Geringes doch
Les voilà silencieux le long du chemin, mais comme si peu de chose
  Bald sie wieder; sie reißen
  Les déconcentre ; ils se détournent
          Aus dem Gleise sich sträubend dir.
Du chemin, à t’irriter un peu plus.

*
Doch du rührest sie kaum, Liebende! freundlich an,
Mais si tu les touches à peine, aimablement ! en amie,
    Sind sie friedlich und fromm; fröhlich gehorchen sie;
Ils redeviennent paisibles et pieux ; ils t’obéissent joyeusement ;
    Du lenkst, Meisterin! sie mit
    Tu les conduis, Maîtresse ! désormais,
         Weichem Zügel, wohin du willst.
Avec tes rênes souples où tu désires.


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LES POTINS – Poème de Kurt TUCHOLSKY – Das Persönliche – 1931

Ernst Ludwig Kirchner, Variété, 1909, musée Städel, Francfort-sur-le-Main

LITTERATURE ALLEMANDE

Poèmes Heine Poésie Gedichte Buch der Lieder

KURT TUCHOLSKY

9. Januar 1890 Berlin – 21. Dezember 1935 Göteborg
9 janvier 1890 – 21 décembre 1935

 

Traduction Jacky LAVAUZELLE 

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KURT TUCHOLSKY GEDICHTE

 

Das Persönliche
LES POTINS

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Schreib, schreib …
Écrivez, écrivez …
Schreib von der Unsterblichkeit der Seele,
Écrivez sur l’immortalité de l’âme,
vom Liebesleben der Nordsee-Makrele;
de la vie amoureuse du maquereau de la mer du Nord ;
schreib von der neuen Hauszinssteuer,
écrivez sur la nouvelle taxe d’habitation,
vom letzten großen Schadenfeuer;
les dégâts du dernier grand incendie ;
gib dir Mühe, arbeite alles gut aus,
faîtes un effort, tout fonctionne bien,
schreib von dem alten Fuggerhaus;
écrivez sur l’ancienne Fuggerhaus ;
von der Differenz zwischen Mann und Weib …
sur la différence entre les hommes et les femmes …
Schreib … schreib …
Écrivez … écrivez…
Schreib sachlich und schreib dir die Finger krumm:
Écrivez factuellement et écrivez à l’aide de vos doigts tordus :
kein Aas kümmert sich darum.
aucune charogne ne s’en soucie.

Aber:
Mais :
schreibst du einmal zwanzig Zeilen mit Klatsch – die brauchst du gar nicht zu feilen.
une fois que vous avez écrit vingt lignes avec des ragots – vous n’avez pas besoin de les classer.
Nenn nur zwei Namen, und es kommen in Haufen Leser und
Nommez-en deux,
Leserinnen gelaufen.
et vous aurez beaucoup de lecteurs.
« Wie ist das mit Fräulein Meier gewesen? »
« Comment c’était avec Madame Meier ?« 
Das haben dann alle Leute gelesen.
Voilà, tout le monde lira ça.
« Hat Herr Streuselkuchen mit Emma geschlafen? »
« M. Streuselkuchen a-t-il couché avec Emma ?« 
Das lesen Portiers, und das lesen Grafen.
Les portiers lisent et les comtes lisent.
« Woher bezieht Stadtrat Mulps seine Gelder? »
« D’où le conseil municipal Mulps tire-t-il son argent ?« 
Das schreib – und dein Ruhm hallt durch Felder und Wälder.
Écrivez cela – et votre renommée se répercute à travers les champs et les forêts !

*

Die Sache? Interessiert in Paris und in Bentschen keinen Menschen.
La chose ? Personne n’est intéressé par Paris et Zbąszyń.
Dieweil, lieber Freund, zu jeder Frist
Oui, cher ami, à tout moment
die Hauptsache das Persönliche ist.
l’essentiel se résume à l’individuel.


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Sous le pseudonyme de Theobald Tiger
1931


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GUIDE – POÈME DE ZINAÏDA HIPPIUS – 1925- Поэзия Зинаиды Гиппиус – Наставление

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LITTÉRATURE RUSSE
POÉSIE RUSSE
Русская литература
Русская поэзия
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Poésie de Zinaïda Hippius
Поэзия Зинаиды Гиппиус
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Zinaïda Nicolaïevna Hippius
Зинаи́да Никола́евна Ги́ппиус

8 novembre 1869 Beliov Russie – 9 septembre 1945 Paris,
8 ноября 1869 Белёв, Российская империя — 9 сентября 1945 Париж Франция

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TRADUCTION JACKY LAVAUZELLE
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GUIDE
1925
Наставление  
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Молчи. Молчи. Не говори с людьми,
Taisez-vous ! Taisez-vous ! Ne parlez pas aux gens,
Не подымай с души покрова.
Ne soulevez pas le voile de votre âme.
Все люди на земле — пойми! Пойми! —
Tous les gens sur terre – comprenez cela ! Comprenez ! –
Ни одного не стоят слова.
Ne valent même pas la peine d’un seul mot.

*

Не плачь. Не плачь. Блажен, кто от людей
Ne pleurez pas. Ne pleurez pas. Bénis ceux
Свои печали вольно скроет.
Qui cachent librement leurs chagrins.
Весь этот мир одной слезы твоей,
Ce monde entier ne mérite pas une seule de vos larmes,
Да и ничьей слезы не стоит.
Et personne ne vaut une larme.

*

Таись, стыдись страданья твоего,
Restez caché, sans montrer vos souffrances
Иди — и проходи спокойно.
Allez et allez calmement.
Ни слов, ни слез, ни вздоха, — ничего
Pas un mot, pas une larme, pas un soupir – rien !
Земля и люди недостойны.
La Terre et les gens n’en sont pas dignes.

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Начало 1925 г., Париж
1925, Paris

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TROIE BRÛLE – Poème de Lope de Vega – Árdese Troya, y sube el humo escuro (Soneto- Sonnet)

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Littérature espagnole
Literatura española
Poésie espagnole
Poesía española

BNE Biblioteca Nacional de España Biblitothèque Nationale d'Espagne Artgitato Madrid Lope de Vega
Lope de Vega, La Bibliothèque d’Espagne – Biblioteca de españa – Photo Jacky Lavauzelle

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TRADUCTION JACKY LAVAUZELLE
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LOPE DE VEGA
Félix Lope de Vega y Carpio
Madrid 25 novembre 1562 – Madrid 27 août 1635

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Enrique Simonet, Jugement de Pâris, 1904

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TROIE BRÛLE
Árdese Troya, y sube el humo escuro

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Árdese Troya, y sube el humo escuro
Troie brûle et monte la sombre fumée
al enemigo cielo, y entretanto,
vers le ciel ennemi, et en attendant,
alegre, Juno mira el fuego y llanto:
joyeuse, Junon admire le feu et les pleurs :
¡venganza de mujer, castigo duro!
La vengeance d’une femme, ô âpre châtiment !

El vulgo, aun en los templos mal seguro,
Le peuple, même dans les temples n’est plus protégé,
huye, cubierto de amarillo espanto;
fuit, couvert d’une jaune peur ;
corre cuajada sangre el turbio Janto,
coule le sang caillé dans les eaux agitées du Scamandre
y viene a tierra el levantado muro.
et le haut mur élevé retrouve la terre.

Crece el incendio propio el fuego extraño,
De ce propre incendie grandit un étrange feu,
las empinadas máquinas cayendo,
les raides machines s’affaissent,
de que se ven rüinas y pedazos.
qui désormais ne sont plus que ruines et débris.

Y la dura ocasión de tanto daño,
Et la dure raison* de tant de dégâts,
mientras vencido Paris muere ardiendo,
tandis que Pâris vaincu meurt en flamme,
del griego vencedor duerme en los brazos.
du grec vainqueur** dort dans les bras.

(*Hélène -**Ménélas)

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LA POÉSIE de LOPE DE VEGA
LA POESIA DE LOPE DE VEGA

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Humildade Secreta -HUMILITE SECRETE – Poème de João da Cruz e Sousa (1900)

*

Traduction Jacky Lavauzelle João da Cruz e Sousa

João da Cruz e Sousa Traduction Jacky Lavauzelle Literatura Brasileira




Traduction du Brésilien Jacky Lavauzelle
João da Cruz e Sousa


João da Cruz e Sousa
poète brésilien

Dante Negro – Cisne Negro




 Obra Poética 





 

João da Cruz e Sousa
Humildade Secreta
HUMILITE SECRETE

(Faróis – Phares – 1900)

 

Traduction Jacky Lavauzelle

 

******




*

Traduction Jacky Lavauzelle
Vincent Van Gogh, Portrait d’Eugène Boch 1888,musée d’Orsay, Paris (détail)

**

Fico parado, em êxtase suspenso,
Je reste immobile, en suspens extatique,
  Às vezes, quando vou considerando
Parfois, quand je considère
Na humildade simpática, no brando
Dans une humble sympathie, dans le doux
 Mistério simples do teu ser imenso.
Et simple mystère l’immensité de ton être.

*

 Tudo o que aspiro, tudo quanto penso
Tout ce à quoi j’aspire, tout ce que je pense
D’estrelas que andam dentro em mim cantando,
Des étoiles qui marchent en moi en chantant,
Ah! tudo ao teu fenômeno vai dando
Ah ! tout apporte à ton phénomène
   Um céu de azul mais carregado e denso.
Un ciel de bleu plus lourd et plus dense.

*

 De onde não sei tanta simplicidade,
D’où je méconnais tant la simplicité,
Tanta secreta e límpida humildade
Tant la secrète et la claire humilité
Vem ao teu ser como os encantos raros.
Qui vient à ton être comme les charmes rares.

*

 Nos teus olhos tu alma transparece…
Dans tes yeux, ton âme apparaît…
E de tal sorte que o bom Deus parece
Et de telle manière que le bon Dieu semble
Viver sonhando nos teus olhos Claros.
Vivre en rêvant dans tes yeux clairs.

******

*

Traduction Jacky Lavauzelle João da Cruz e Sousa

João da Cruz e Sousa Traduction Jacky Lavauzelle Literatura Brasileira

PETIT DISCOURS SUR LA PERFECTION – ELOGE DE L’IMPERFECTION -Jacky Lavauzelle

*



JACKY LAVAUZELLE

 

**

PETIT DISCOURS
SUR
LA PERFECTION

L’ELOGE DE L’IMPERFECTION

Notre monde exige la perfection totale, l’excellence absolue, le zéro défaut, même si la machine elle-même ne peut être parfaite.

La perfection nous le savons bien n’est pas supportable.
La perfection c’est l’enfer ! au mieux un TOC, un trouble, une maladie.

S’il ne sert à rien d’être parfait, du moins devons-nous toutefois tendre vers la perfection. « Il vaut mieux viser la perfection et la manquer que viser l’imperfection et l’atteindre. » (Bertrand Russell)
Dans un monde binaire, il vaut mieux regarder vers le haut et lever la tête, quitte à marcher dedans, avec une chance sur deux que ce soit le bon pied.

« Ainsi tu m’apparais, incertaine, inconnue,
Beauté, que je cherchai dès l’aube de mes jours !
L’aube a fui !…. de midi l’heure est presque venue,
Et sans t’atteindre, hélas ! je te cherche toujours.
Je ne t’atteindrai point, montagne inaccessible !
Mais, de loin rayonnant, ton front toujours visible,
Sert de but à ma course, et de phare à mes pas ;
Je ne t’atteindrai point !… Mais ta clarté chérie,
Aura du moins doré l’horizon de ma vie,
Et détourné mes yeux des fanges d’ici-bas ! »
Anonyme — Jean Polonius
À la Perfection idéale

Si l’on veut toucher la perfection, il reste les choses simples, les petites choses de la vie, qui elles sont atteignables.  Là nous pouvons pousser le détail, sans s’en rendre malade. Comme le disait Leonard de Vinci  » I dettagli fanno la perfezione e la perfezione non è un dettaglio » , « le détail fait la perfection et la perfection n’est pas un détail. »

Le bonheur est dans les choses simples.

« J’extrairai le bonheur des plus petites choses,
Des rayons, des reflets qui viennent se poser
Légers comme une abeille au cœur ardent des roses ;
Et j’aurai sur la bouche un rêve de baiser ! »
Albert Lozeau – ILLUSION
Le Miroir des jours 1912
Montréal,  

Voici quelques éléments qui permettent peut-être de prendre la perfection de haut, pour ce qu’elle est, un objectif inatteignable et réellement ambitieux, jamais une réalité.

Nous pouvons commencer par la sphère religieuse. Si les dieux ne peuvent pas être parfaits, cela donne à notre humanité bien des consolations. Nous avons trois religions très intéressantes : celle de la Rome antique, de la Grèce antique et celle de l’hindouisme.

L’épisode de Krishna avec les 999.999 gopis ou bergères est révélateur. Krishna dans l’eau d’un lac va satisfaire ces 999.999 gopis et pas une de plus dans un orgasme démesuré et gigantesque. Le chiffre rond, parfait, reviendrait à l’accomplissement définitif, c’est-à-dire à la mort, et Krishna est un bien bon vivant qui se refuse à cette éventualité. Pour que les choses évoluent, avancent, progressent, il faut garder un espace pour l’évolution, la progression, bref, la vie tout simplement.

Il faut donc écarter d’emblée toutes les ambitions exagérées, inhumaines, et se dire que on peut se donner cette ambition, mais que le résultat est bien illusoire : « ne craignez pas d’atteindre la perfection, vous n’y arriverez jamais. » disait Salvador Dali.

Chez nos héros antique, nous avons tant et tant d’exemples. Prenons Achille, héros troyen et son misérable talon, seule minuscule partie de son corps d’athlète à ne pas être protégée. Diderot dans la Première Encyclopédie (1751- Tome 17) : «  Les poètes ont dit qu’Achille n’était vulnérable qu’au talon. Achille est ici le symbole de tous les hommes extraordinaires. Quelque parfaits qu’ils aient été, quelque effort qu’ils aient fait pour s’élever au-dessus de la condition humaine, il leur est toujours resté un endroit vulnérable & mortel ; & c’est toujours un Pâris, quelque âme vile, basse & lâche qui le découvre. »

La perfection est impossible et si elle se présente face à nous, nous pouvons être vigilant, ce n’est qu’une illusion de la perfection. Les peintres italiens du trecento et du quattrocento ont poussé les artifices du trompe l’oeil pour perdre l’oeil  à son plus haut degré : perspective, bleuissement des fonds, superposition de glacis, effets vaporeux, le sfumato, afin de rajouter du contraste avec le premier plan.
L’art ne sert ici qu’à tromper le regard.

Il ne nous reste que la perfection monétaire… Vu l’état des finances, cette perfection reste bien relative.

L’essentiel est bien d’être conscient de notre état et de travailler à l’améliorer sans cesse, sans aucune honte.
« Il est de la nature des êtres intelligents de sentir leurs imperfections : la nature a donc mis en nous la pudeur, c’est-à-dire la honte de nos imperfections. »
(Montesquieu – De l’Esprit des Lois – Livre XVI – Chapitre XII -De la Pudeur naturelle-Editions Garnier 1777)

N’ayons donc plus honte de nos imperfections !

Jacky Lavauzelle