L’ENFANT LABOUREUR – Poème de Miguel Hernández – EL NIÑO YUNTERO (Viento del Pueblo 1936-1937)

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Miguel Hernández
(30 octobre 1910 Orihuela, province d’Alicante – 28 mars 1942 Alicante)
(Orihuela, 30 de octubre de 1910-Alicante, 28 de marzo de 1942)
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TRADUCTION JACKY LAVAUZELLE
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« Los poetas somos viento del pueblo : nacemos para pasar soplados a través de sus poros y conducir sus ojos y sus sentimientos hacia las cumbres más hermosas. »
« Les poètes sont le vent du peuple : nous sommes nés pour passer à travers ses pores et pour diriger ses yeux et ses sentiments vers de plus beaux sommets. »
Miguel Hernández
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Bartolomé Esteban Murillo, Le Jeune Mendiant, 1650, Musée du Louvre

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LE VENT DU PEUPLE
VIENTO DEL PUEBLO
1936 – 1937

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L’ENFANT LABOUREUR
EL NIÑO YUNTERO

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Carne de yugo, ha nacido
Chair de joug, né
más humillado que bello,
plus humble que beau,
con el cuello perseguido
avec le cou soumis
por el yugo para el cuello.
au joug devant lui.

Nace, como la herramienta,
Né comme outil,
a los golpes destinado,
aux coups destiné,
de una tierra descontenta
d’une terre mécontente
y un insatisfecho arado.
et d’une charrue affamée.

Entre estiércol puro y vivo
Entre des fumiers purs et vifs
de vacas, trae a la vida
de vaches, il donne à la vie
un alma color de olivo
une âme couleur d’olives
vieja ya y encallecida.
vieilles déjà et calleuses.

Empieza a vivir, y empieza
Dès qu’il commence à vivre, il commence
a morir de punta a punta
à mourir de bout en bout
levantando la corteza
levant l’écorce
de su madre con la yunta.
maternelle de son joug.

Empieza a sentir, y siente
Il commence à sentir et sent
la vida como una guerra
la vie comme une guerre
y a dar fatigosamente
s’éreintant meurtri
en los huesos de la tierra.
sur les os de la terre.

Contar sus años no sabe,
Dire son âge, il ne sait,
y ya sabe que el sudor
et il sait que la sueur
es una corona grave
n’est qu’une écrasante couronne
de sal para el labrador.
de sel pour le laboureur.

Trabaja, y mientras trabaja
Travaille et pendant qu’il travaille
masculinamente serio,
sérieusement viril,
se unge de lluvia y se alhaja
il est oint de pluie et se pare
de carne de cementerio.
de la chair de cimetière.

A fuerza de golpes, fuerte,
À force de coups, puissant,
y a fuerza de sol, bruñido,
et à force de soleil, bruni,
con una ambición de muerte
avec une ambition de mort
despedaza un pan reñido.
rompt le pain difficilement gagné.

Cada nuevo día es
Chaque nouveau jour, il est
más raíz, menos criatura,
un peu plus racine, un peu moins humain,
que escucha bajo sus pies
écoutant sous ses pieds
la voz de la sepultura.
la voix de la tombe.

Y como raíz se hunde
Et comme racine, il pénètre
en la tierra lentamente
dans la terre lentement
para que la tierra inunde
pour que cette terre inonde
de paz y panes su frente.
de paix et de pain son front.

Me duele este niño hambriento
Cet enfant affamé m’afflige
como una grandiosa espina,
telle une profonde épine,
y su vivir ceniciento
et sa vie cendrée
revuelve mi alma de encina.
Remue mon âme de chêne.

Lo veo arar los rastrojos,
Je le vois labourer les chaumes,
y devorar un mendrugo,
et dévorer une croûte,
y declarar con los ojos
et interroge de ses yeux
que por qué es carne de yugo.
pourquoi sa chair au joug est destinée.

Me da su arado en el pecho,
Sa charrue me brise la poitrine,
y su vida en la garganta,
et sa vie se jette à ma gorge,
y sufro viendo el barbecho
et je souffre de voir la jachère
tan grande bajo su planta.
si vaste sous ses pieds.

¿Quién salvará a este chiquillo
Qui sauvera ce gamin
menor que un grano de avena?
plus petit qu’un grain d’avoine ?
¿De dónde saldrá el martillo
D’où viendra le marteau
verdugo de esta cadena?
qui brisera ses chaînes ?

Que salga del corazón
Que sortent du cœur
de los hombres jornaleros,
des journaliers paysans,
que antes de ser hombres son
qui avant d’être des hommes sont
y han sido niños yunteros.
et furent des enfants laboureurs.

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POEMES DE MIGUEL HERNANDEZ
POEMAS DE MIGUEL HERNANDEZ

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