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MARIE & VENUS – LUIS DE CAMOES LES LUSIADES III-106 LES LUSIADES – Não de outra sorte a tímida Maria

* Os Lusiadas Les Lusiades
OS LUSIADAS III-106 LES LUSIADES III-106
LITTERATURE PORTUGAISE





Luis de Camoes Oeuvres obras Artgitato

literatura português

Luis de Camões
[1525-1580]

Tradução – Traduction
texto bilingue




Luis de Camoes Les Lusiades

 

Obra Poética

(1556)

LES LUSIADES III-106




OS LUSIADAS III-106
A Epopeia Portuguesa

 

CHANT III
Canto Terceiro

Traduction Jacky Lavauzelle

verso 106
Strophe 106

III-106

Image illustrative de l'article Vasco de Gama

Vasco de Gama

Vasco da Gama signature almirante.svg

 

******




Luís de Camões Os Lusiadas
OS LUSIADAS III-106
LES LUSIADES III-106

******

« Não de outra sorte a tímida Maria
« La timide Marie ne parlait pas différemment
Falando está, que a triste Vénus, quando
De la triste Vénus devant
A Júpiter, seu pai, favor pedia
Jupiter, son père, lui demandant
Para Eneias, seu filho, navegando;
Pour Énée, son fils, de l’aide en l’implorant ;
Que a tanta piedade o comovia
Celui-ci fut pris d’une si grande pitié,
Que, caído das mãos o raio infando,
Que tomba de ses mains la terrible foudre,
 Tudo o clemente Padre lhe concede,
Le Père clément consentit à tout ce qu’elle voulait,
Pesando-lhe do pouco que lhe pede.
Désolé qu’elle en demandât si peu. 

****
ALPHONSE XI DE CASTILLE
(13 août 1311 Salamanque – 26 mars 1350 Gibraltar)
Le Justicier – El Justiciero

Alphonse XI de Castille
Alfonso XI
Peinture de Francisco Cerdá de Villarestan
Musée du Prado  – Madrid

****

Marie-Constance de Portugal
Femme d’Alphonse XI de Castille (1328)
Fille d’Alphonse IV du Portugal et de Béatrice de Castille
(1313 – 1357)
Alphonse XI préférait sa maîtresse Leonor de Guzmán à Marie-Constance (celle-ci assassina Leonor à la mort d’Alphonse XI)

*******

Alphonse IV Le Brave
( Lisbonne – )
Roi de Portugal et de l’Algarve par la grâce de dieu

Alphonse IV
Alfonso IV
Peinture du XVIIIe siècle

********************

*
Précisions historiques
et
Retour sur les versets précédents


Sonnet 1 à Sonnet 94 : la naissance du Portugal – Règnes d’Alphonse I, Sanche I, Alponse II et Sanche II. Le sonnet 94 évoque la passation de pouvoir de Sanche II à Alphonse III en 1247, un an avant la mort de Sanche II.
Sonnet 94 : nous partons pour les 32 années de règne d’Alphonse III qui nous conduirons jusqu’en 1279, date du nouveau règne de Denis Ier.
Sonnet 95 : Camoes évoque les prises guerrières d’Alphonse III en Algarve sur les Maures.
Sonnet 96 : le règne de Denis Ier-  Second fils d’Alphonse III. Son règne s’étalera de 1279 à sa mort, le 7 janvier 1325. Il nomme déjà son successeur Alphonse IV Le Brave qui règnera 32 ans de 1325 à 1357. Denis Ier va pacifier son pays – Poète et troubadour, il laissera de nombreux cantigas : cantigas de amor, cantigas de amigo, cantigas de escarnio y maldecir.
Sonnet 97 : création de l’Université de Coimbra sur les bords du Mondego -A Leiria, Denis Ier signera le Scientiae thesaurus mirabilis. L’université de Coimbra est créée en 1290.
Sonnet 98 : Denis Ier reconstruit et renforce son pays. Atropos, une des trois Moires, coupe son fil de vie en 1325. (les 3 Moires : Clotho, celle qui tisse le fil de la vie, Lachésis, celle qui déroule et qui répare le fil et la dernière Atropos, celle qui coupe). Voici venu le règne d’Alphonse IV.

Les Moires
Francisco de Goya
1820-1823
Musée du Prado – Madrid

Sonnet 99 : la traditionnelle opposition entre les Castillans et les Lusitaniens. Mais celle-ci n’empêche pas la solidarité et l’entraide, notamment lors de l’invasion Mauritanienne en terre Castillane.
Sonnet 100 : Les troupes d’invasion sont énormes. Camoes évoque la reine légendaire de Babylone, Sémiramis, celle qui créa Babylone et ses fameux jardins suspendus. L’Hydapse décrit est l’actuel Jhelum (Inde & Pakistan). Les Sarrasins se rassemblent dans le Tartèse (Andalousie).
Sonnet 101 : Alphonse XI de Castille est dépassé par l’armée imposante de l’ennemi sarrasin. Il envoie Marie-Constance, sa femme, pour avoir le soutien d’Alphonse IV du Portugal, qui n’est autre que sa propre fille (que celui-ci a eu avec Béatrice de Castille). Ce n’était pas tout à fait « a caríssima consorte » d’Alphonse XI puisqu’il lui préférait sa maîtresse, Leonor de Guzmán.
Sonnet 102 : Arrivée de la belle Marie-Constance en sanglots devant son père Alphonse IV.
Sonnet 103 : Un rassemblement gigantesque d’armées venues d’Afrique sont derrière le grand Roi du Maroc.
Sonnets 104 & 105 : La supplique de Marie-Constance à son père Alphonse IV. S’il ne vient pas à l’aide d’Alphonse XI de Castille, Marie aura tout perdu.
Sonnet 106 : Camoes compare la demande de Marie à celle de Vénus pour Énée devant Jupiter.

Jacky Lavauzelle
Camoes Les Lusiades

****

Vasco de Gama par Gregorio Lopes

*********************
Luís Vaz de Camões Os Lusiadas Les Lusiades
OS LUSIADAS III-106 CAMOES LUSIADES III-106
Traduction Jacky Lavauzelle
ARTGITATO
*********************


White_Fawn_Drawing Faon Diane

 OS LUSIADAS
LUIS DE CAMOES LES LUSIADES

L’ULTIME REQUÊTE – LUIS DE CAMOES LES LUSIADES III-105 LES LUSIADES – Portanto, ó Rei, de quem com puro medo

* Os Lusiadas Les Lusiades
OS LUSIADAS III-105 LES LUSIADES III-105
LITTERATURE PORTUGAISE





Luis de Camoes Oeuvres obras Artgitato

literatura português

Luis de Camões
[1525-1580]

Tradução – Traduction
texto bilingue




Luis de Camoes Les Lusiades

 

Obra Poética

(1556)

LES LUSIADES III-105




OS LUSIADAS III-105
A Epopeia Portuguesa

 

CHANT III
Canto Terceiro

Traduction Jacky Lavauzelle

verso 105
Strophe 105

III-105

Image illustrative de l'article Vasco de Gama

Vasco de Gama

Vasco da Gama signature almirante.svg

 

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Luís de Camões Os Lusiadas
OS LUSIADAS III-105
LES LUSIADES III-105

******

-« Portanto, ó Rei, de quem com puro medo
« Ô Roi, toi qui, par la peur que tu engendres,
 O corrente Muluca se congela,
Gèles le cours du Moulouya,
 Rompe toda a tardança, acude cedo
Réponds sans tarder, viens à l’aide
A miseranda gente de Castela.
Du misérable peuple de Castille.
Se esse gesto, que mostras claro e ledo,
Si ce visage, clair et doux que tu me montres,
De pai o verdadeiro amor assela,
Est celui d’un père aimant d’un véritable amour,
Acude e corre, pai, que se não corres,
Cours,  père, car si tu ne cours,
Pode ser que não aches quem socorres. » –
Il se peut que tu ne trouves personne à qui porter secours .

****
ALPHONSE XI DE CASTILLE
(13 août 1311 Salamanque – 26 mars 1350 Gibraltar)
Le Justicier – El Justiciero

Alphonse XI de Castille
Alfonso XI
Peinture de Francisco Cerdá de Villarestan
Musée du Prado  – Madrid

****

Marie-Constance de Portugal
Femme d’Alphonse XI de Castille (1328)
Fille d’Alphonse IV du Portugal et de Béatrice de Castille
(1313 – 1357)
Alphonse XI préférait sa maîtresse Leonor de Guzmán à Marie-Constance (celle-ci assassina Leonor à la mort d’Alphonse XI)

*******

Alphonse IV Le Brave
( Lisbonne – )
Roi de Portugal et de l’Algarve par la grâce de dieu

Alphonse IV
Alfonso IV
Peinture du XVIIIe siècle

********************

*
Précisions historiques
et
Retour sur les versets précédents


Sonnet 1 à Sonnet 94 : la naissance du Portugal – Règnes d’Alphonse I, Sanche I, Alponse II et Sanche II. Le sonnet 94 évoque la passation de pouvoir de Sanche II à Alphonse III en 1247, un an avant la mort de Sanche II.
Sonnet 94 : nous partons pour les 32 années de règne d’Alphonse III qui nous conduirons jusqu’en 1279, date du nouveau règne de Denis Ier.
Sonnet 95 : Camoes évoque les prises guerrières d’Alphonse III en Algarve sur les Maures.
Sonnet 96 : le règne de Denis Ier-  Second fils d’Alphonse III. Son règne s’étalera de 1279 à sa mort, le 7 janvier 1325. Il nomme déjà son successeur Alphonse IV Le Brave qui règnera 32 ans de 1325 à 1357. Denis Ier va pacifier son pays – Poète et troubadour, il laissera de nombreux cantigas : cantigas de amor, cantigas de amigo, cantigas de escarnio y maldecir.
Sonnet 97 : création de l’Université de Coimbra sur les bords du Mondego -A Leiria, Denis Ier signera le Scientiae thesaurus mirabilis. L’université de Coimbra est créée en 1290.
Sonnet 98 : Denis Ier reconstruit et renforce son pays. Atropos, une des trois Moires, coupe son fil de vie en 1325. (les 3 Moires : Clotho, celle qui tisse le fil de la vie, Lachésis, celle qui déroule et qui répare le fil et la dernière Atropos, celle qui coupe). Voici venu le règne d’Alphonse IV.

Les Moires
Francisco de Goya
1820-1823
Musée du Prado – Madrid

Sonnet 99 : la traditionnelle opposition entre les Castillans et les Lusitaniens. Mais celle-ci n’empêche pas la solidarité et l’entraide, notamment lors de l’invasion Mauritanienne en terre Castillane.
Sonnet 100 : Les troupes d’invasion sont énormes. Camoes évoque la reine légendaire de Babylone, Sémiramis, celle qui créa Babylone et ses fameux jardins suspendus. L’Hydapse décrit est l’actuel Jhelum (Inde & Pakistan). Les Sarrasins se rassemblent dans le Tartèse (Andalousie).
Sonnet 101 : Alphonse XI de Castille est dépassé par l’armée imposante de l’ennemi sarrasin. Il envoie Marie-Constance, sa femme, pour avoir le soutien d’Alphonse IV du Portugal, qui n’est autre que sa propre fille (que celui-ci a eu avec Béatrice de Castille). Ce n’était pas tout à fait « a caríssima consorte » d’Alphonse XI puisqu’il lui préférait sa maîtresse, Leonor de Guzmán.
Sonnet 102 : Arrivée de la belle Marie-Constance en sanglots devant son père Alphonse IV.
Sonnet 103 : Un rassemblement gigantesque d’armées venues d’Afrique sont derrière le grand Roi du Maroc.
Sonnets 104 & 105 : La supplique de Marie-Constance à son père Alphonse IV. S’il ne vient pas à l’aide d’Alphonse XI de Castille, Marie aura tout perdu.

Jacky Lavauzelle
Camoes Les Lusiades

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Vasco de Gama par Gregorio Lopes

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Luís Vaz de Camões Os Lusiadas Les Lusiades
OS LUSIADAS III-105 CAMOES LUSIADES III-105
Traduction Jacky Lavauzelle
ARTGITATO
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White_Fawn_Drawing Faon Diane

 OS LUSIADAS
LUIS DE CAMOES LES LUSIADES

LA SUPPLIQUE DE MARIE À SON PÈRE – OS LUSIADAS III-104 LES LUSIADES – Aquele que me deste por marido

* Os Lusiadas Les Lusiades
OS LUSIADAS III-104 LES LUSIADES III-104
LITTERATURE PORTUGAISE





Luis de Camoes Oeuvres obras Artgitato

literatura português

Luis de Camões
[1525-1580]

Tradução – Traduction
texto bilingue




Luis de Camoes Les Lusiades

 

Obra Poética

(1556)

LES LUSIADES III-104




OS LUSIADAS III-104
A Epopeia Portuguesa

 

CHANT III
Canto Terceiro

Traduction Jacky Lavauzelle

verso 104
Strophe 104

III-104

Image illustrative de l'article Vasco de Gama

Vasco de Gama

Vasco da Gama signature almirante.svg

 

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Luís de Camões Os Lusiadas
OS LUSIADAS III-104
LES LUSIADES III-104

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-« Aquele que me deste por marido,
« Celui que tu m’as donné en mari,
Por defender sua terra amedrontada,
Pour défendre des terres terrifiées,
Co’o pequeno poder, oferecido
Avec si peu de forces, s’expose
Ao duro golpe está da Maura espada;
Aux coups mortels de l’épée des Maures ;
E se não for contigo socorrido,
Et s’il ne reçoit de toi aucun secours,
Ver-me-ás dele e do Reino ser privada,
Tu me verras privée de lui et privée du Royaume,
Viúva e triste, e posta em vida escura,
Veuve et éperdue, et recluse dans une vie obscure,
Sem marido, sem Reino, e sem ventura.
Sans mari, sans royaume, et sans bonheur.

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ALPHONSE XI DE CASTILLE
(13 août 1311 Salamanque – 26 mars 1350 Gibraltar)
Le Justicier – El Justiciero

Alphonse XI de Castille
Alfonso XI
Peinture de Francisco Cerdá de Villarestan
Musée du Prado  – Madrid

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Marie-Constance de Portugal
Femme d’Alphonse XI de Castille (1328)
Fille d’Alphonse IV du Portugal et de Béatrice de Castille
(1313 – 1357)
Alphonse XI préférait sa maîtresse Leonor de Guzmán à Marie-Constance (celle-ci assassina Leonor à la mort d’Alphonse XI)

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Alphonse IV Le Brave
( Lisbonne – )
Roi de Portugal et de l’Algarve par la grâce de dieu

Alphonse IV
Alfonso IV
Peinture du XVIIIe siècle

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*
Précisions historiques
et
Retour sur les versets précédents


Sonnet 1 à Sonnet 94 : la naissance du Portugal – Règnes d’Alphonse I, Sanche I, Alponse II et Sanche II. Le sonnet 94 évoque la passation de pouvoir de Sanche II à Alphonse III en 1247, un an avant la mort de Sanche II.
Sonnet 94 : nous partons pour les 32 années de règne d’Alphonse III qui nous conduirons jusqu’en 1279, date du nouveau règne de Denis Ier.
Sonnet 95 : Camoes évoque les prises guerrières d’Alphonse III en Algarve sur les Maures.
Sonnet 96 : le règne de Denis Ier-  Second fils d’Alphonse III. Son règne s’étalera de 1279 à sa mort, le 7 janvier 1325. Il nomme déjà son successeur Alphonse IV Le Brave qui règnera 32 ans de 1325 à 1357. Denis Ier va pacifier son pays – Poète et troubadour, il laissera de nombreux cantigas : cantigas de amor, cantigas de amigo, cantigas de escarnio y maldecir.
Sonnet 97 : création de l’Université de Coimbra sur les bords du Mondego -A Leiria, Denis Ier signera le Scientiae thesaurus mirabilis. L’université de Coimbra est créée en 1290.
Sonnet 98 : Denis Ier reconstruit et renforce son pays. Atropos, une des trois Moires, coupe son fil de vie en 1325. (les 3 Moires : Clotho, celle qui tisse le fil de la vie, Lachésis, celle qui déroule et qui répare le fil et la dernière Atropos, celle qui coupe). Voici venu le règne d’Alphonse IV.

Les Moires
Francisco de Goya
1820-1823
Musée du Prado – Madrid

Sonnet 99 : la traditionnelle opposition entre les Castillans et les Lusitaniens. Mais celle-ci n’empêche pas la solidarité et l’entraide, notamment lors de l’invasion Mauritanienne en terre Castillane.
Sonnet 100 : Les troupes d’invasion sont énormes. Camoes évoque la reine légendaire de Babylone, Sémiramis, celle qui créa Babylone et ses fameux jardins suspendus. L’Hydapse décrit est l’actuel Jhelum (Inde & Pakistan). Les Sarrasins se rassemblent dans le Tartèse (Andalousie).
Sonnet 101 : Alphonse XI de Castille est dépassé par l’armée imposante de l’ennemi sarrasin. Il envoie Marie-Constance, sa femme, pour avoir le soutien d’Alphonse IV du Portugal, qui n’est autre que sa propre fille (que celui-ci a eu avec Béatrice de Castille). Ce n’était pas tout à fait « a caríssima consorte » d’Alphonse XI puisqu’il lui préférait sa maîtresse, Leonor de Guzmán.
Sonnet 102 : Arrivée de la belle Marie-Constance en sanglots devant son père Alphonse IV.
Sonnet 103 : Un rassemblement gigantesque d’armées venues d’Afrique sont derrière le grand Roi du Maroc.
Sonnet 104 : La supplique de Marie-Constance à son père Alphonse IV. S’il ne vient pas à l’aide d’Alphonse XI de Castille, Marie aura tout perdu.

Jacky Lavauzelle
Camoes Les Lusiades

****

Vasco de Gama par Gregorio Lopes

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Luís Vaz de Camões Os Lusiadas Les Lusiades
OS LUSIADAS III-104 CAMOES LUSIADES III-104
Traduction Jacky Lavauzelle
ARTGITATO
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 OS LUSIADAS
LES LUSIADES CAMOES

DERRIÈRE LE GRAND ROI DU MAROC – OS LUSIADAS III-103 LES LUSIADES – Quantos povos a terra produziu

* Os Lusiadas Les Lusiades
OS LUSIADAS III-103 LES LUSIADES III-103
LITTERATURE PORTUGAISE





Luis de Camoes Oeuvres obras Artgitato

literatura português

Luis de Camões
[1525-1580]

Tradução – Traduction
texto bilingue




Luis de Camoes Les Lusiades

 

Obra Poética

(1556)

LES LUSIADES III-103




OS LUSIADAS III-103
A Epopeia Portuguesa

 

CHANT III
Canto Terceiro

Traduction Jacky Lavauzelle

verso 103
Strophe 103

III-103

Image illustrative de l'article Vasco de Gama

Vasco de Gama

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Luís de Camões Os Lusiadas
OS LUSIADAS III-103
LES LUSIADES III-103

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-« Quantos povos a terra produziu
« Tous les peuples que nourrit
De África toda, gente fera e estranha,
L’Afrique, tous les soldats féroces et barbares
O grão Rei de Marrocos conduziu
Se mirent à la suite du grand Roi du Maroc
Para vir possuir a nobre Espanha:
Pour venir conquérir la noble Espagne :
Poder tamanho junto não se viu,
Un tel rassemblement ne s’était vu
Depois que o salso mar a terra banha.
Depuis que la mer salée baigne la terre.
Trazem ferocidade, e furor tanto,
Il possédait en lui tant d’ardente fureur,
Que a vivos medo, e a mortos faz espanto.
Qu’il effrayait les vivants et stupéfiait les morts. 

****
ALPHONSE XI DE CASTILLE
(13 août 1311 Salamanque – 26 mars 1350 Gibraltar)
Le Justicier – El Justiciero

Alphonse XI de Castille
Alfonso XI
Peinture de Francisco Cerdá de Villarestan
Musée du Prado  – Madrid

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Marie-Constance de Portugal
Femme d’Alphonse XI de Castille (1328)
Fille d’Alphonse IV du Portugal et de Béatrice de Castille
(1313 – 1357)
Alphonse XI préférait sa maîtresse Leonor de Guzmán à Marie-Constance (celle-ci assassina Leonor à la mort d’Alphonse XI)

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Alphonse IV Le Brave
( Lisbonne – )
Roi de Portugal et de l’Algarve par la grâce de dieu

Alphonse IV
Alfonso IV
Peinture du XVIIIe siècle

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*
Précisions historiques
et
Retour sur les versets précédents


Sonnet 1 à Sonnet 94 : la naissance du Portugal – Règnes d’Alphonse I, Sanche I, Alponse II et Sanche II. Le sonnet 94 évoque la passation de pouvoir de Sanche II à Alphonse III en 1247, un an avant la mort de Sanche II.
Sonnet 94 : nous partons pour les 32 années de règne d’Alphonse III qui nous conduirons jusqu’en 1279, date du nouveau règne de Denis Ier.
Sonnet 95 : Camoes évoque les prises guerrières d’Alphonse III en Algarve sur les Maures.
Sonnet 96 : le règne de Denis Ier-  Second fils d’Alphonse III. Son règne s’étalera de 1279 à sa mort, le 7 janvier 1325. Il nomme déjà son successeur Alphonse IV Le Brave qui règnera 32 ans de 1325 à 1357. Denis Ier va pacifier son pays – Poète et troubadour, il laissera de nombreux cantigas : cantigas de amor, cantigas de amigo, cantigas de escarnio y maldecir.
Sonnet 97 : création de l’Université de Coimbra sur les bords du Mondego -A Leiria, Denis Ier signera le Scientiae thesaurus mirabilis. L’université de Coimbra est créée en 1290.
Sonnet 98 : Denis Ier reconstruit et renforce son pays. Atropos, une des trois Moires, coupe son fil de vie en 1325. (les 3 Moires : Clotho, celle qui tisse le fil de la vie, Lachésis, celle qui déroule et qui répare le fil et la dernière Atropos, celle qui coupe). Voici venu le règne d’Alphonse IV.

Les Moires
Francisco de Goya
1820-1823
Musée du Prado – Madrid

Sonnet 99 : la traditionnelle opposition entre les Castillans et les Lusitaniens. Mais celle-ci n’empêche pas la solidarité et l’entraide, notamment lors de l’invasion Mauritanienne en terre Castillane.
Sonnet 100 : Les troupes d’invasion sont énormes. Camoes évoque la reine légendaire de Babylone, Sémiramis, celle qui créa Babylone et ses fameux jardins suspendus. L’Hydapse décrit est l’actuel Jhelum (Inde & Pakistan). Les Sarrasins se rassemblent dans le Tartèse (Andalousie).
Sonnet 101 : Alphonse XI de Castille est dépassé par l’armée imposante de l’ennemi sarrasin. Il envoie Marie-Constance, sa femme, pour avoir le soutien d’Alphonse IV du Portugal, qui n’est autre que sa propre fille (que celui-ci a eu avec Béatrice de Castille). Ce n’était pas tout à fait « a caríssima consorte » d’Alphonse XI puisqu’il lui préférait sa maîtresse, Leonor de Guzmán.
Sonnet 102 : Arrivée de la belle Marie-Constance en sanglots devant son père Alphonse IV.
Sonnet 103 : Un rassemblement gigantesque d’armées venues d’Afrique sont derrière le grand Roi du Maroc.

Jacky Lavauzelle
Camoes Les Lusiades

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Vasco de Gama par Gregorio Lopes

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Luís Vaz de Camões Os Lusiadas Les Lusiades
OS LUSIADAS III-103 CAMOES LUSIADES III-103
Traduction Jacky Lavauzelle
ARTGITATO
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 OS LUSIADAS
LES LUSIADES CAMOES

MARIE -CONSTANCE AMBASSADRICE – OS LUSIADAS III-102 LES LUSIADES – Entrava a formosíssima Maria

* Os Lusiadas Les Lusiades
OS LUSIADAS III-102 LES LUSIADES III-102
LITTERATURE PORTUGAISE





Luis de Camoes Oeuvres obras Artgitato

literatura português

Luis de Camões
[1525-1580]

Tradução – Traduction
texto bilingue




Luis de Camoes Les Lusiades

 

Obra Poética

(1556)

LES LUSIADES III-102




OS LUSIADAS III-102
A Epopeia Portuguesa

 

CHANT III
Canto Terceiro

Traduction Jacky Lavauzelle

verso 102
Strophe 102

III-102

Image illustrative de l'article Vasco de Gama

Vasco de Gama

Vasco da Gama signature almirante.svg

 

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Luís de Camões Os Lusiadas
OS LUSIADAS III-102
LES LUSIADES III-102

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« Entrava a formosíssima Maria
« Elle arrive, la sublime Marie
 Pelos paternais paços sublimados,
Dans les sublimes Palais paternels,
Lindo o gesto, mas fora de alegria,
Magnifique visage, mais dépourvu de joie,
 
E seus olhos em lágrimas banhados;
Avec des yeux baignés de larmes ;
Os cabelos angélicos trazia
Ses cheveux d’ange tombaient
 
Pelos ebúrneos ombros espalhados:
Dispersés sur ses épaules d’ivoire :
Diante do pai ledo, que a agasalha,
Et devant son père, qui l’embrasse,
Estas palavras tais, chorando, espalha:
Elle émet les paroles sanglotantes suivantes : 

****
ALPHONSE XI DE CASTILLE
(13 août 1311 Salamanque – 26 mars 1350 Gibraltar)
Le Justicier – El Justiciero

Alphonse XI de Castille
Alfonso XI
Peinture de Francisco Cerdá de Villarestan
Musée du Prado  – Madrid

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Marie-Constance de Portugal
Femme d’Alphonse XI de Castille (1328)
Fille d’Alphonse IV du Portugal et de Béatrice de Castille
(1313 – 1357)
Alphonse XI préférait sa maîtresse Leonor de Guzmán à Marie-Constance (celle-ci assassina Leonor à la mort d’Alphonse XI)

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Alphonse IV Le Brave
( Lisbonne – )
Roi de Portugal et de l’Algarve par la grâce de dieu

Alphonse IV
Alfonso IV
Peinture du XVIIIe siècle

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*
Précisions historiques
et
Retour sur les versets précédents


Sonnet 1 à Sonnet 94 : la naissance du Portugal – Règnes d’Alphonse I, Sanche I, Alponse II et Sanche II. Le sonnet 94 évoque la passation de pouvoir de Sanche II à Alphonse III en 1247, un an avant la mort de Sanche II.
Sonnet 94 : nous partons pour les 32 années de règne d’Alphonse III qui nous conduirons jusqu’en 1279, date du nouveau règne de Denis Ier.
Sonnet 95 : Camoes évoque les prises guerrières d’Alphonse III en Algarve sur les Maures.
Sonnet 96 : le règne de Denis Ier-  Second fils d’Alphonse III. Son règne s’étalera de 1279 à sa mort, le 7 janvier 1325. Il nomme déjà son successeur Alphonse IV Le Brave qui règnera 32 ans de 1325 à 1357. Denis Ier va pacifier son pays – Poète et troubadour, il laissera de nombreux cantigas : cantigas de amor, cantigas de amigo, cantigas de escarnio y maldecir.
Sonnet 97 : création de l’Université de Coimbra sur les bords du Mondego -A Leiria, Denis Ier signera le Scientiae thesaurus mirabilis. L’université de Coimbra est créée en 1290.
Sonnet 98 : Denis Ier reconstruit et renforce son pays. Atropos, une des trois Moires, coupe son fil de vie en 1325. (les 3 Moires : Clotho, celle qui tisse le fil de la vie, Lachésis, celle qui déroule et qui répare le fil et la dernière Atropos, celle qui coupe). Voici venu le règne d’Alphonse IV.

Les Moires
Francisco de Goya
1820-1823
Musée du Prado – Madrid

Sonnet 99 : la traditionnelle opposition entre les Castillans et les Lusitaniens. Mais celle-ci n’empêche pas la solidarité et l’entraide, notamment lors de l’invasion Mauritanienne en terre Castillane.
Sonnet 100 : Les troupes d’invasion sont énormes. Camoes évoque la reine légendaire de Babylone, Sémiramis, celle qui créa Babylone et ses fameux jardins suspendus. L’Hydapse décrit est l’actuel Jhelum (Inde & Pakistan). Les Sarrasins se rassemblent dans le Tartèse (Andalousie).
Sonnet 101 : Alphonse XI de Castille est dépassé par l’armée imposante de l’ennemi sarrasin. Il envoie Marie-Constance, sa femme, pour avoir le soutien d’Alphonse IV du Portugal, qui n’est autre que sa propre fille (que celui-ci a eu avec Béatrice de Castille). Ce n’était pas tout à fait « a caríssima consorte » d’Alphonse XI puisqu’il lui préférait sa maîtresse, Leonor de Guzmán.
Sonnet 102 : Arrivée de la belle Marie-Constance en sanglots devant son père Alphonse IV.

Jacky Lavauzelle
Camoes Les Lusiades

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Vasco de Gama par Gregorio Lopes

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Luís Vaz de Camões Os Lusiadas Les Lusiades
OS LUSIADAS III-102 CAMOES LUSIADES III-102
Traduction Jacky Lavauzelle
ARTGITATO
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White_Fawn_Drawing Faon Diane

 OS LUSIADAS
LES LUSIADES CAMOES

LA DEMANDE D’ALPHONSE XI DE CASTILLE – CAMOES OS LUSIADAS III-101 LES LUSIADES CAMOES – E vendo o Rei sublime Castelhano

* Os Lusiadas Les Lusiades
OS LUSIADAS III-101 LES LUSIADES III-101
LITTERATURE PORTUGAISE





Luis de Camoes Oeuvres obras Artgitato

literatura português

Luis de Camões
[1525-1580]

Tradução – Traduction
texto bilingue




Luis de Camoes Les Lusiades

 

Obra Poética

(1556)

LES LUSIADES III-101




OS LUSIADAS III-101
A Epopeia Portuguesa

 

CHANT III
Canto Terceiro

Traduction Jacky Lavauzelle

verso 101
Strophe 101

III-101

Image illustrative de l'article Vasco de Gama

Vasco de Gama

Vasco da Gama signature almirante.svg

 

******




Luís de Camões Os Lusiadas
OS LUSIADAS III-101
LES LUSIADES III-101

******

« E vendo o Rei sublime Castelhano
« Le sublime Roi de Castille devant
A força inexpugnábil, grande e forte,
Cette force inexpugnable, imposante et forte,
  Temendo mais o fim do povo hispano,
Eût plus peur de la fin du peuple espagnol,
Já perdido uma vez, que a própria morte,
Déjà une fois terrassé, que de la mort elle-même,
Pedindo ajuda ao forte Lusitano,
Il demanda de l’aide au valeureux Lusitanien
Lhe mandava a caríssima consorte,
En envoyant Marie, sa chère compagne ;
Mulher de quem a manda, e filha amada
L’épouse qu’il envoyait, n’était autre que la fille aimée
Daquele a cujo Reino foi mandada.
De celui qui tenait le Royaume du Portugal.  

****
ALPHONSE XI DE CASTILLE
(13 août 1311 Salamanque – 26 mars 1350 Gibraltar)
Le Justicier – El Justiciero

Alphonse XI de Castille
Alfonso XI
Peinture de Francisco Cerdá de Villarestan
Musée du Prado  – Madrid

****

Marie-Constance de Portugal
Femme d’Alphonse XI de Castille (1328)
Fille d’Alphonse IV du Portugal et de Béatrice de Castille
(1313 – 1357)
Alphonse XI préférait sa maîtresse Leonor de Guzmán à Marie-Constance (celle-ci assassina Leonor à la mort d’Alphonse XI)

*******

Alphonse IV Le Brave
( Lisbonne – )
Roi de Portugal et de l’Algarve par la grâce de dieu

Alphonse IV
Alfonso IV
Peinture du XVIIIe siècle

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*
Précisions historiques
et
Retour sur les versets précédents


Sonnet 1 à Sonnet 94 : la naissance du Portugal – Règnes d’Alphonse I, Sanche I, Alponse II et Sanche II. Le sonnet 94 évoque la passation de pouvoir de Sanche II à Alphonse III en 1247, un an avant la mort de Sanche II.
Sonnet 94 : nous partons pour les 32 années de règne d’Alphonse III qui nous conduirons jusqu’en 1279, date du nouveau règne de Denis Ier.
Sonnet 95 : Camoes évoque les prises guerrières d’Alphonse III en Algarve sur les Maures.
Sonnet 96 : le règne de Denis Ier-  Second fils d’Alphonse III. Son règne s’étalera de 1279 à sa mort, le 7 janvier 1325. Il nomme déjà son successeur Alphonse IV Le Brave qui règnera 32 ans de 1325 à 1357. Denis Ier va pacifier son pays – Poète et troubadour, il laissera de nombreux cantigas : cantigas de amor, cantigas de amigo, cantigas de escarnio y maldecir.
Sonnet 97 : création de l’Université de Coimbra sur les bords du Mondego -A Leiria, Denis Ier signera le Scientiae thesaurus mirabilis. L’université de Coimbra est créée en 1290.
Sonnet 98 : Denis Ier reconstruit et renforce son pays. Atropos, une des trois Moires, coupe son fil de vie en 1325. (les 3 Moires : Clotho, celle qui tisse le fil de la vie, Lachésis, celle qui déroule et qui répare le fil et la dernière Atropos, celle qui coupe). Voici venu le règne d’Alphonse IV.

Les Moires
Francisco de Goya
1820-1823
Musée du Prado – Madrid

Sonnet 99 : la traditionnelle opposition entre les Castillans et les Lusitaniens. Mais celle-ci n’empêche pas la solidarité et l’entraide, notamment lors de l’invasion Mauritanienne en terre Castillane.
Sonnet 100 : Les troupes d’invasion sont énormes. Camoes évoque la reine légendaire de Babylone, Sémiramis, celle qui créa Babylone et ses fameux jardins suspendus. L’Hydapse décrit est l’actuel Jhelum (Inde & Pakistan). Les Sarrasins se rassemblent dans le Tartèse (Andalousie).
Sonnet 101 : Alphonse XI de Castille est dépassé par l’armée imposante de l’ennemi sarrasin. Il envoie Marie-Constance, sa femme, pour avoir le soutien d’Alphonse IV du Portugal, qui n’est autre que sa propre fille (que celui-ci a eu avec Béatrice de Castille). Ce n’était pas tout à fait « a caríssima consorte » d’Alphonse XI puisqu’il lui préférait sa maîtresse, Leonor de Guzmán.

Jacky Lavauzelle
Camoes Les Lusiades

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Vasco de Gama par Gregorio Lopes

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Luís Vaz de Camões Os Lusiadas Les Lusiades
OS LUSIADAS III-101 CAMOES LUSIADES III-101
Traduction Jacky Lavauzelle
ARTGITATO
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White_Fawn_Drawing Faon Diane

 OS LUSIADAS
LES LUSIADES CAMOES

SONNET 2 SHAKESPEARE When forty winters Lorsque quarante hivers

WILLIAM SHAKESPEARE
THE SONNETS – LES SONNETS


WILLIAM SHAKESPEARE
[1564 – 1616]

Traduction JACKY LAVAUZELLE

**

SONNET 2

The Sonnets
Les Sonnets

1609 

**

Francisco Goya
Deux vieillards mangeant de la soupe
Dos viejos comiendo sopa
Museo del Prado
1819-1823

**

When forty winters shall besiege thy brow,
Lorsque quarante hivers assiégeront ton front,
And dig deep trenches in thy beauty’s field,
Et creuseront des profondes tranchées dans le champ de ta beauté,
Thy youth’s proud livery, so gaz’d on now,
Ta fière livrée de ta jeunesse, si appréciée aujourd’hui,
Will be a tatter’d weed, of small worth held;
Ne sera qu’un tissu de peu de valeur ;

*

Then being ask’d where all thy beauty lies,
Ensuite, si on te demandait où sont tous tes mensonges de la beauté,
Where all the treasure of thy lusty days,
Où se trouve le trésor de tes jours vigoureux,
To say, within thine own deep-sunken eyes,
Si tu dis que c’est dans tes propres yeux profondément engloutis,
Were an all-eating shame and thriftless praise.
Ce serait une honte dévorante et une louange inutile.

*

How much more praise deserv’d thy beauty’s use,
De plus beaux éloges mériterait ta beauté,
If thou couldst answer ‘This fair child of mine
Si tu pouvais répondre : «Cet enfant qui est mien
Shall sum my count, and make my old excuse,’
Résume ma vie, et fait de ma vieillesse une excuse. »

*

Proving his beauty by succession thine!
Tu prouverais que sa beauté par succession est tienne !
  This were to be new made when thou art old,
Redevenant jeune tout en vieillissant,
And see thy blood warm when thou feel’st it cold.
Et tu verrais ton sang se réchauffer en le sentant se refroidir.

**

When forty winters
WILLIAM SHAKESPEARE

Shakespeare
The Droeshout portrait
1623

DEATH KHALIL GIBRAN LA MORT The Prophet XXVII

DEATH Khalil Gibran The Prophet
Sur La Religion

The Prophet XXVII
DEATH KHALIL GIBRAN
Littérature Libanaise
Lebanese literature
le-prophete-khalil-gibran-fred-holland-day-1898Photographie de Fred Holland Day
1898



جبران خليل جبران
Gibran Khalil Gibran
1883–1931
le-prophete-khalil-gibran-the-prophete-n

Traduction Jacky Lavauzelle

 

THE PROPHET XXVII
 DEATH
LA MORT

1923


death-khalil-gibran-la-mort-artgitato-le-triomphe-de-la-mort-peinture-de-pieter-brueghel-lancien-1562Le Triomphe de la Mort
 Pieter Brueghel l’Ancien
1562
Musée du Prado
Museo del Prado
Madrid

*

Then Almitra spoke, saying, « We would ask now of Death. »
Puis Almitra parla en demandant : « Nous voudrions maintenant que vous parliez de la Mort. »

And he said:
Et il dit :

You would know the secret of death.
Vous voudriez connaître le secret de la mort.

But how shall you find it unless you seek it in the heart of life?
Mais comment le trouverez-vous ailleurs qu’en cherchant dans le cœur de la vie?

The owl whose night-bound eyes are blind unto the day cannot unveil the mystery of light.
Le hibou, voyant la nuit, aveugle le jour, ne peut pas dévoiler le mystère de la lumière.

If you would indeed behold the spirit of death, open your heart wide unto the body of life.
Si vous souhaitez réellement voir l’esprit de la mort, ouvrez grand votre cœur vers le corps de la vie.

For life and death are one, even as the river and the sea are one.
Car la vie et la mort sont une, comme le fleuve et la mer ne font qu’un.

In the depth of your hopes and desires lies your silent knowledge of the beyond;
Dans la profondeur de vos espoirs et vos désirs se trouve votre connaissance silencieuse de l’au-delà;

And like seeds dreaming beneath the snow your heart dreams of spring.
Et comme les graines rêvant sous la neige, votre cœur rêve du printemps.

Trust the dreams, for in them is hidden the gate to eternity.
Faites confiance aux rêves, car en eux se cache la porte de l’éternité.

Your fear of death is but the trembling of the shepherd when he stands before the king whose hand is to be laid upon him in honour.
Votre peur de la mort est comme le tremblement du berger quand il se tient devant le roi dont la main va l’honorer en se posant sur lui.

Is the shepherd not joyful beneath his trembling, that he shall wear the mark of the king?
Le berger n’est-il pas joyeux, sous son tremblement, de porter la marque du roi ?

Yet is he not more mindful of his trembling?
N’est-il pas pourtant plus conscient de son tremblement ?

For what is it to die but to stand naked in the wind and to melt into the sun?
Mourir, n’est-ce pas se tenir nu dans le vent et se fondre dans le soleil ?

And what is it to cease breathing, but to free the breath from its restless tides, that it may rise and expand and seek God unencumbered?
Cesser de respirer, n’est-ce pas libérer le souffle de ses marées agitées, afin qu’il s’élève, s’élargisse et recherche Dieu sans encombrements ?

Only when you drink from the river of silence shall you indeed sing.
Ce n’est que quand vous boirez du fleuve du silence que vous chanterez.

And when you have reached the mountain top, then you shall begin to climb.
Et quand vous aurez atteint le sommet de la montagne, que vous commencerez à monter.

And when the earth shall claim your limbs, then shall you truly dance.
Et quand la terre réclamera vos membres, alors vous danserez vraiment.

Visite de Madrid – Visita a Madrid – Визит в Мадрид-观光马德里

Madrid – Мадрид – 马德里
——

Madrid Blason Artgitato  Madrid L'Ours & L'arbousier Artgitato La estatua del oso y del madroño

Photos Jacky Lavauzelle
*

Madrid Drapeau Artgitato


Visite de Madrid
Visita a Madrid
马德里 – 观光马德里
Визит в Мадрид

*

BNE MADRID
 BIBLOTECA NACIONAL DE ESPAÑA
 LA BIBLIOTHEQUE NATIONALE D’ESPAGNE
 西班牙国家图书馆
Национальная библиотека Испании

BNE Biblioteca Nacional de España Biblitothèque Nationale d'Espagne Artgitato Madrid Antonio Machado (1)

*
Le Musée du Prado
EL MUSEO DEL PRADO

*
Statue de Francisco Goya devant le Musée du Prado
Estatua de Francisco Goya Museo del Prado
Statue of painter Francisco Goya, Museo del Prado
Статуя Франсиско Гойи Музей Прадо
戈雅普拉多博物馆雕像
Francisco Goya Artgitato Madrid Le Prado Museo del Prado (3)

*

Le Jardin Botanique Royal
Real Jardín Botánico
皇家植物园
Королевские ботанические сады
Madrid Espagne Real Jardín Botánico Jardin Royal Botanique artgitato Tulipes Tulipanes

*

El Palacio Real de Madrid
Le Palais Royal
马德里王宫
Королевский дворец в Мадриде
El Palacio Real de Madrid Le Palais Royal de Madrid Artgitato 00
*

Plaza de la Armería
 Cathédrale de l’Almudena
 Catedral de la Almudena
Собор Альмудена
馬德里王家阿穆德納聖母主教座堂
 阿穆德納聖母主教座堂

Cathédrale de l'Almudena Catedral de la Almudena Artgitato Madrid (20)

*
PARQUE DE EL RETIRO
MONUMENTO ALFONSO XII
 Monument à Alphonse XII
阿方索十二碑
Альфонсо XII памятник
Monumento Alfonso XII Monument Alphonse XII Parque de El Retiro Madrid Artgitato 406*

PARQUE DE EL RETIRO
Парк Ретиро
La Fuente del Ángel Caído
La Fontaine de l’Ange déchu
Monumento del Ángel Caído
Madrid Fuente del Ángel Caído Parque de El Retiro artgitato 1
*

PARQUE DE EL RETIRO
MONUMENTO A MARTINEZ CAMPOS
 Monument à Martinez Campos
Памятник Мартинес Кампос
Martinez Campos Monumento Monument Parque de El Retiro Madrid Artgitato (4)
*

PARQUE DE EL RETIRO
Парк Ретиро
PALACIO DE CRISTAL
Le Palais de Cristal
PALACIO DE CRISTAL Madrid Palais de Cristal Parque de El Retiro Artgitato 8*

PARQUE DE EL RETIRO
Palacio de Velázquez
Palais Vélasquez
宫贝拉斯克斯
Дворец Веласкеса

Palacio de Velázquez Velasquez Palace Palais de Vélasquez Madrid Artgitato 31

*
PARQUE DE EL RETIRO
Parterre del Parque del Retiro
Parterre del Parque del Retiro Madrid Artgitato (13)*

EL PASEO DEL PRADO
Пасео дель Прадо
普拉多大道
Paseo del Prado Museo del Prado Velasquez artgitato 0

*

PLAZA DE CIBELES
 Place de Cybèle
西贝莱斯广场
Площадь Пласа-де-Сибелес
Place de Cybèle PLAZA DE CIBELES artgitato (4)
*

Le palais de Cybèle
 Palacio de Cibeles
Паласио-де-Сибелес
帕拉西奥一同庆祝
Place de Cybèle plaza de cibeles artgitato palais de Cybèle Palacio de Cibeles (11)
*

Fuente de Neptuno Madrid
 Fontaine de Neptune
 Plaza Cánovas del Castillo
广场卡诺瓦斯卡斯蒂略
Фонтан Нептуна в Мадриде
海神喷泉马德里
Fuente de Neptuno Madrid Fontaine de Neptune Artgitato Plaza Canovas del Castillo 1
*
Plaza de Antón Martín
 A LOS ABOGADOS DE ATOCHA
 AUX AVOCATS D’ATOCHA
 Matanza de Atocha de 1977
 LE MASSACRE DE 1977
A LOS ABOGADOS DE ATOCHA - plaza de Antón Martín - LE MASSACRE DU 24 JANVIER 1977 (3)

*
Plaza de España
La Place d’Espagne
西班牙广场
Площадь Испании

Plaza de España Place d'Espagne Madrid Artgitato 000

*

PLAZA DE ORIENTE
La place de l’Orient
Плаза-де-Ориенте
东方广场

Plaza de Oriente Place de l'orient Madrid Athaulf Ataulfo Roi des Visigoths

*
PLAZA DE TIRSO DE MOLINA
Place de Tirso de Molina
Тирсо де Молина
迪爾索德莫利納
Plaza de Tirso de Molina Madrid Artgitato (10)

*
PLAZA MAYOR
Пласа-Майор
主廣場
Madrid La Plaza Mayor artgitato 1*
PLAZA SANTA ANA MADRID
 Place sainte Anne de Madrid
将圣安妮马德里
площади Санта-Ана в Мадриде
Statue Estatua Federico García Lorca 
Statue – Estatua de Pedro Calderón de la Barca
Statue de Pedro Calderón de la Barca Estatua de Pedro Calderón de la Barca Plaza Santa Ana Place Sainte Anne Artgitato 1

*

Plaza de Canalejas
广场卡纳莱哈斯
plaza de las Cuatro Calles
 (anteriormente)
 Place des quatre rues
Plaza de Canalejas Madrid Artgitato (1)
Casa Allende ou Tomás Allende

*
Porte d’Alcalá
Puerta de Alcalá
阿尔卡拉门
Пуэрта-де-Алькала
Porte d'Alcalá Puerta de Alcalá Madrid Artgitato (4)
*
Calle de Alcalá
 La Rue d’Alcala
阿尔卡拉街
Улица Алькала
La calle de Alcalá La Rue d'Alcala Madrid Artgitato 1*

La Place Colomb
 Plaza de Colón
哥伦布广场
Плаза-де-Колон
La Place Colomb Plaza de Colon Madrid Artgitato
*
Jardines del Descubrimiento
 Jardin des Découvertes
Jardines del Descubrimiento
 Don Jorge Juan y Santacilia
 Monumento al Descubrimiento de América
 Monument à la Découverte de l’Amérique
Jardines del Descubrimiento - Jardin des découvertes - Madrid Artgitato (2)
*
Eloy Gonzalo (Monumento)
贡萨洛埃洛伊
Элой Гонсало
El Héroe de Cascorro
 Plaza de Cascorro Eloy Gonzalo Plaza de Cascorro Madrid Artgitato (1)*

Puente de Toledo
Le Pont de Tolède
Толедо мост
托莱多桥

Puente de Toledo Madrid Pont de Tolède Artgitato

*
La Puerta del Sol
Пуэрта-дель-Соль
太阳门
Puerta del Sol La Porte du Soleil Artgitato 1

*
Temple d’Amon de Debod
 El Templo de Debod
Храм Амона Дебод
德波阿蒙神庙
Temple d'Amon de Debod Madrid artgitato (6)

*
Parque del Oeste
Monumento a Sor Juana Inés de la Cruz
Juana Inés de Asbaje y Ramírez de Santillana
Sœur Juana Inés de la Cruz
姐姐胡安娜·伊内斯·德拉克鲁兹
Сестра Хуана Инес де ла Крус
Sœur Juana Inés de la Cruz Monumento a Sor Juana Inés de la Cruz Madrid Artgitato (3)*
Real Basílica
 de San Francisco el Grande MADRID
 Basilique de Saint-François-le-Grand
Сан – Франциско-эль-Гранде Базилика
旧金山昆内特拉格兰教堂
Basilica San Francisco el grande Basilique saint François Madrid Artgitato (20)
*

Mercado de san Miguel
 Marché de saint-Michel
 Market of San Miguel
Рынок Сан – Мигель
圣米格尔市场
Mercado de san Miguel Marché de saint-Michel Market of San Miguel Artgitato Madrid (4)

*
LA PUERTA DE TOLEDO
La Porte de Tolède
该普尔塔托莱多
Пуэрта-де-Толедо
LA PUERTA DE TOLEDO La Porte de Tolède Artgitato Madrid 1

********************

MADRID

Madrid, princesse des Espagnes,
Il court par tes mille campagnes
Bien des yeux bleus, bien des yeux noirs.
La blanche ville aux sérénades,
Il passe par tes promenades
Bien des petits pieds tous les soirs.

Madrid, quand les taureaux bondissent,
Bien des mains blanches applaudissent,
Bien des écharpes sont en jeux.
Par tes belles nuits étoilées,
Bien des señoras long-voilées
Descendent tes escaliers bleus.

Madrid, Madrid, moi, je me raille
De tes dames à fine taille
Qui chaussent l’escarpin étroit ;
Car j’en sais une par le monde
Que jamais ni brune ni blonde
N’ont valu le bout de son doigt !

J’en sais une, et certes la duègne
Qui la surveille et qui la peigne
N’ouvre sa fenêtre qu’à moi ;
Certes, qui veut qu’on le redresse
N’a qu’à l’approcher à la messe,
Fût-ce l’archevêque ou le roi.

Car c’est ma princesse andalouse !
Mon amoureuse ! ma jalouse !
Ma belle veuve au long réseau !
C’est un vrai démon ! c’est un ange !
Elle est jaune comme une orange,
Elle est vive comme un oiseau !

Oh ! quand sur ma bouche idolâtre
Elle se pâme, la folâtre,
Il faut voir, dans nos grands combats,
Ce corps si souple et si fragile,
Ainsi qu’une couleuvre agile,
Fuir et glisser entre mes bras !

Or, si d’aventure on s’enquête
Qui m’a valu telle conquête,
C’est l’allure de mon cheval,
Un compliment sur sa mantille,
Puis des bonbons à la vanille,
Par un beau soir de carnaval.

Alfred de Musset
Premières Poésies
1829-1835
Charpentier  1863
pp. 91-92

*

LA PUERTA DEL SOL vue par Théophile Gautier

« Un séjour de plus d’un mois, fait, il y a six ans, dans la très-noble et très-héroïque cité de Madrid, nous avait suffisamment édifié sur les agréments de cette ville ; mais cette annonce magique : Corrida de toros de corte, avait pour nous une attraction irrésistible. »

Théophile Gautier – Loin de Paris
Michel Lévy frères – 1865 -pp. 141-227
EN ESPAGNE  – LES COURSES ROYALES À MADRID

*

MADRID en 1847

«  »Ce qui distingue aujourd’hui Madrid en effet, et ce qui explique aussi sans doute les déceptions de beaucoup de voyageurs altérés de pittoresque, de couleur locale, c’est que la métropole de l’Espagne est tout-à-fait en voie de devenir une ville moderne, européenne. Plus on va, plus ce caractère se manifeste. Le passé est très vivant, très puissant encore, il est vrai, sur bien des points ; mais chaque jour il reçoit une nouvelle atteinte. Parcourez Madrid par un beau soleil, et vous apercevrez distinctement tous les signes de cet état de transition. À côté de quelques-uns de ces palais des grands d’Espagne, qui sont restés debout avec leurs écussons et leur apparence de grandeur seigneuriale, une multitude de constructions toutes modernes s’élèvent déjà : c’est le luxe brillant de notre temps auprès du luxe sévère et majestueux des vieux jours ; des rues nouvelles sont ouvertes, les anciennes sont agrandies, améliorées, rectifiées. Une circonstance a beaucoup servi à cette régénération matérielle, c’est la suppression des couvents, la mobilisation de ces propriétés devenues nationales. L’état a pu trouver parmi tant d’édifices religieux, dont l’existence ne s’accommodait plus avec les nécessités de notre époque, de convenables établissements publics. Le sénat tient ses séances à l’ancien couvent de Doña Maria d’Aragon ; c’est à la place du couvent de l’Esprit-Saint que doit être construit le palais du congrès. D’autres ont été simplement rasés ; on y a établi des marchés, on y a formé des places. Il en est enfin qui ont été livrés à l’industrie particulière et que l’industrie a utilisés à son profit. Ces changements ne donnent-ils pas un tout autre aspect à une ville ? Il est certain que Madrid possède en ce moment des quartiers qui s’embellissent chaque jour et qui peuvent rivaliser avec les quartiers les plus renommés des autres capitales : telle est la rue d’Alcala, qui s’étend du Prado à la porte du Soleil, et forme, avec la rue Mayor, qui lui succède, la principale artère de Madrid. Imaginez parallèlement à la rue d’Alcala la rue San-Geronimo, la belle et vaste rue d’Atocha, toutes deux conduisant au Prado, qui les couronne, et vous pourrez prendre une idée de la partie remarquable de la ville. Là est le mouvement, là est la vie ; c’est le beau côté de la médaille. Si vous voulez connaître le revers, vous n’avez qu’à aller fouiller un instant le quartier de Lavapiès, dont les pauvres maisons cachent des existences plus pauvres encore, et où la misère espagnole s’étale dans toute sa nudité… »

Charles de Mazade
Madrid et la société espagnole en 1847
Revue des Deux Mondes, Période Initiale
Tome 18, 1847 pp. 317-353

*

LA VIE DE MADRID
par le duc de Saint-Simon
1858

« La vie de Madrid étoit de deux sortes pour les personnes sans occupation : celle des Espagnols et celle des étrangers, je dis étrangers établis en Espagne. Les Espagnols ne mangeoient point, paressoient chez eux, et avoient entre eux peu de commerce, encore moins avec les étrangers ; quelques conversations, par espèce de sociétés de cinq ou six chez l’un d’eux, mais à porte ouverte, s’il y venoit de hasard quelque autre. J’en ai trouvé quelquefois en faisant des visites. Ils demeuroient là trois heures ensemble à causer, presque jamais à jouer. On leur apportoit du chocolat, des biscuits, de la mousse de sucre, des eaux glacées, le tout à la main. Les dames espagnoles vivoient de même entre elles. Dans les beaux jours le cours étoit assez fréquenté dans la belle rue, qui conduit au Retiro, ou en bas sous des arbres entre quelques fontaines, le long du Mançanarez. Ils voyoient et rarement les étrangers en visite, et ne se mêloient point avec eux. À l’égard de ceux-ci, hommes et femmes mangeoient et vivoient à la française, en liberté, et se rassembloient fort entre eux en diverses maisons. La cour montroit quelquefois que cela n’étoit pas de son goût, et s’en lassa à la fin, parce qu’il n’en étoit autre chose. De paroisses ni d’office canonical, c’est ce qui ne se fréquentoit point ; mais des saluts, des processions, et la messe basse dans les couvents. On rencontre par les rues beaucoup moins de prêtres et de moines qu’à Paris, quoique Madrid soit plein de couvents des deux sexes. »

Louis de Rouvroy, duc de Saint-Simon
Mémoires du duc de Saint-Simon
Texte établi par Adolphe Chéruel, Hachette, 1858 -Tome 19, pp. 87-104

******

LE POINT DE VUE DE
John Lemoinne
1858

« La ville de Madrid peut être appelée une ville neuve en géographie et en histoire ; elle ne fut faite capitale qu’en 1560, par la grâce de Philippe II. Depuis lors elle devint la résidence des rois et fut appelée la corte ; c’est sous ce nom qu’elle est désignée dans le langage officiel. Le roi Charles III, au souvenir duquel se rattachent tous les embellissemens de l’Espagne, fit beaucoup pour Madrid ; il lui donna des musées, des collèges, des hôpitaux, des promenades, mais il ne pouvait lui donner ce qui ne vient que du temps, c’est-à-dire une histoire, des traditions, des monumens consacrés par des souvenirs. La visite de Madrid est donc bientôt faite, et quand on a vu le palais, qui est un édifice moderne, et l’armeria, ou musée d’artillerie, c’est fini. Je ne parle pas du grand musée, qui, après Florence et Paris, est le plus riche du monde ; il demanderait des volumes, et du reste il en a fait faire. Les monumens qui dans toute vieille ville occupent le premier rang, les églises, n’offrent à Madrid aucun intérêt. Il ne reste plus au touriste qu’à se promener et à flâner, ce que nous allons faire, et comme le premier principe de la flânerie c’est le libre arbitre, nous marcherons un peu à l’aventure et sans grand respect de l’ordre. »

John Lemoinne
Quelques Jours en Espagne
Revue des Deux Mondes, 2e période, tome 16, 1858 -pp. 423-445

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Denis van Asloot : Procession de Notre-Dame du Sablon (Bruxelles)

PEINTURE FLAMANDE
Denis van ASLOOT
(1570-1628) 

Denis van Asloot 1616 Procession de Notre-Dame du Sablon Artgitato 5

Célébrations de Ommegand (ou Papagayo) à Bruxelles:
Procession de Notre-Dame du Sablon

Denis van Asloot 1616 Procession de Notre-Dame du Sablon Artgitato 4

 Fiestas del Ommegand o del Papagayo, en Bruselas :
procesión de Nuestra Señora de Sablón

Denis van Asloot 1616 Procession de Notre-Dame du Sablon Artgitato 3

Bruselas, 1616 (1615 ?)
Óleo sobre lienza
Musée du Prado
Tableau prêté au Musée de Santa Cruz
(Museo de Santa Cruz)
Pour l’exposition :
LA MODA ESPAÑOLA EN EL SIGLO DE ORO
du 26 mars au 14 juin 2015
26 de marzo a 14 de junio de 2015

Denis van Asloot 1616 Procession de Notre-Dame du Sablon Artgitato 2

Le terme néerlandais Ommegang vient du latin « circumambulatio » ou « amburdium » qui signifie « marcher autour »

Denis van Asloot 1616 Procession de Notre-Dame du Sablon Artgitato 1

Cette procession, qui remonte à 1348, était faite en l’honneur de Notre-Dame du Sablon de Bruxelles (Onze-Lieve-Vrouw ten Zavel)

Denis van Asloot 1616 Procession de Notre-Dame du Sablon Artgitato 8

Denis van Asloot réussi un coup de force en réunissant en un tableau, l’ensemble des catégories qui, d’habitude, sont très hiérarchisées.

Denis van Asloot 1616 Procession de Notre-Dame du Sablon Artgitato 7

Nous retrouvons l’ensemble de la société hiérarchisée dans cette procession autour de la Vierge des Victoires, les militaires de Bruxelles, les Doyens des corporations, les Lignages (les 7 lignages de Bruxelles : Sleeus, Sweerts, Serhuyghs, Steenweeghs, Coudenbergh, Serroelofs, et Roodenbeke), les magistrats, les arbalétriers du grand Serment (arbalétriers bruxellois qui ont recréé la procession de l’Ommegang en 1930 : http://www.arbaletriers-saintgeorges.be)

Denis van Asloot 1616 Procession de Notre-Dame du Sablon Artgitato 6

Il n’en est pas de même quand à la hiérarchie des genres établit dans la peinture flamande. Nous retrouvons dans le même tableau  :

 de la peinture d’histoire et de la peinture religieuse, de la tronie (portrait + scène de genre), des scènes de genre, avec des précisions infinies sur la vie quotidienne avec notamment des multitudes de détails aux balcons des maisons, des paysages (avec les feuillages et les branchages qui habillent les bâtisses).

Denis van Asloot 1616 Procession de Notre-Dame du Sablon Artgitato 10

Le tout semble de loin ressembler à  un ensemble statique et glacial, à une nature morte qui s’anime dès que le regard s’approche. Chaque visage semble peint comme s’il s’agissait d’un visage unique et particulier. Tous sont différents et se meuvent quand nous ne sommes à quelques centimètres de la toile.

PHOTOS ARTGITATO