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DE LÉON A LA FLANDRE, VIA LA FRANCE- OS LUSIADAS VI-56 – LES LUSIADES – Luís de Camões -Assim diz, e abraçados os amigos

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Ferdinand de Portugal traduction Jacky Lavauzelle

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OS LUSIADAS CAMOES CANTO VI
CANTO SEXTO

Os Lusiadas Les Lusiades
OS LUSIADAS VI-56 LES LUSIADES VI-56

*
LITTERATURE PORTUGAISE

Ferdinand de Portugal Os Lusiadas Traduction Jacky Lavauzelle Les Lusiades de Luis de Camoes

literatura português
Luis de Camões
[1525-1580]
Tradução – Traduction
Jacky Lavauzelle
texto bilingue

Traduction Jacky Lavauzelle

*

« Assim diz, e abraçados os amigos,
« Ainsi il parla, et, embrassant ses amis,
E tomada licença, enfim se parte:
Prit congé, pour se retirer enfin :
Passa Lião, Castela, vendo antigos
Le voici traversant Léon, la Castille, admirant les antiques
Lugares, que ganhara o pátrio Marte;
Places, gagnées avec le concours de Mars ;
Navarra, com os altíssimos perigos
La Navarre, avec les plus élevés dangers
Do Perineu, que Espanha e Gália parte;
Des Pyrénées, d’où l’Espagne et la Gaule se séparent ;
Vistas enfim de França as coisas grandes,
Enfin, il vit les grandes choses de France,
No grande empório foi parar de Frandes.
Pour se retrouver à Bruges, le grand comptoir des Flandres.


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LES ARMES ET LA PLUME – OS LUSIADAS V-96 – LES LUSIADES – Luís de Camões – Vai César, sojugando toda França

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Ferdinand de Portugal traduction Jacky Lavauzelle

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OS LUSIADAS CAMOES CANTO V
Os Lusiadas Les Lusiades
OS LUSIADAS V-96 LES LUSIADES V-96
*

LITTERATURE PORTUGAISE

Ferdinand de Portugal Os Lusiadas Traduction Jacky Lavauzelle Les Lusiades de Luis de Camoes

literatura português
Luis de Camões
[1525-1580]
Tradução – Traduction
Jacky Lavauzelle
texto bilingue

Traduction Jacky Lavauzelle

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Vai César, sojugando toda França,
Il part, César, conquérant toute la France,
E as armas não lhe impedem a ciência;
Et les armes ne s’opposent pas au savoir ;
Mas , numa mão a pena e noutra a lança,
Mais, dans une main la plume et de l’autre la lance,
Igualava de Cícero a eloquência.
Il égale Cicéron en éloquence.
O que de Cipião se sabe e alcança,
Ce que de Scipion nous connaissons,
É nas comédias grande experiência.
C’est sa grande expérience dans les comédies.
Lia Alexandro a Homero de maneira
Alexandre lisait Homère de telle sorte
Que sempre se lhe sabe à cabeceira.
Qu’il ne quittait jamais sur son chevet.


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LE TAMBOUR – Poème de MÖRIKE – DER TAMBOUR

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Mörike
Traduction Jacky Lavauzelle


LITTÉRATURE ALLEMANDE
Deutsch Literatur

Gedichte – Poèmes

EDUARD MÖRIKE

8. September 1804  Ludwigsburg- 4. Juni 1875 Stuttgart
8 septembre 1804 – 4 juin 1875

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DER TAMBOUR
LE TAMBOUR
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Ernest Meissonier, 1814, la Campagne de France, Napoléon et son état-major

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Wenn meine Mutter hexen könnt’,
Si ma mère était sorcière,
Da müsst’ sie mit dem Regiment
Elle devrait marcher avec le régiment
Nach Frankreich, überall mit hin,
En France, partout en France,
Und wär’ die Marketenderin.
Et elle serait alors la cantinière.
Im Lager wohl um Mitternacht,
Dans le camp probablement jusqu’à minuit,
Wenn Niemand auf ist als die Wacht,
Quand plus personne n’est debout,
Und alles schnarchet, Ross und Mann,
Que tout ce monde ronfle, les chevaux comme les hommes,
Vor meiner Trommel säss’ ich dann:
Je m’assiérais alors devant mon tambour :
Die Trommel müsst’ eine Schüssel sein;
Le tambour serait un bol ;
Ein warmes Sauerkraut darein;
Avec une choucroute chaude dedans ;
Die Schlegel, Messer und Gabel,
Le maillet, le couteau et la fourchette,
Eine lange Wurst mein Sabel,
Une longue saucisse pour sabre,
Mein Tschako wär’ ein Humpen gut,
Mon shako, une bonne chope,
Den füll’ ich mit Burgunderblut.
Que je remplirais d’un rougeoyant bourgogne.
Und weil es mir an Lichte fehlt,
Et comme je manque de lumière
Da scheint der Mond in mein Gezelt:
La lune brille dans ma tente :
Scheint er auch auf franzö’sch herein,
Elle apparaît à la française,
Mir fällt doch meine Liebste ein:
Je pense à ma tendre amie :
Ach weh! Jetzt hat der Spass ein End!
Hélas ! Maintenant, tout plaisir a une fin !
—Wenn nur meine Mutter hexen könnt’!
– Si seulement ma mère était une sorcière !

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LA CATHEDRALE DE LYON – CATHEDRALE SAINT-JEAN – La primatiale Saint-Jean-Baptiste-et-Saint-Étienne

FRANCE
LA CATHEDRALE DE LYON

CATHEDRALE SAINT-JEAN
La primatiale Saint-Jean-Baptiste-et-Saint-Étienne
1175-1480
Photo Jacky Lavauzelle Cathédrale Saint-Jean

 

Cathédrale saint-Jean Lyon Photo Jacky Lavauzelle
 PHOTOS JACKY LAVAUZELLE

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LYON

LA CATHEDRALE SAINT-JEAN
La primatiale Saint-Jean-Baptiste-et-Saint-Étienne

Cinquième arrondissement de Lyon
Place Saint-Jean, 69005 Lyon

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Les origines de la Cathédrale Saint-Jean

L’église Saint-Jean-Baptiste, aujourd’hui cathédrale de Lyon et primatiale des Gaules, n’a pas été dès l’origine le centre de la vie religieuse de la cité : la première basilique de Lyon s’élevait, au milieu de marécages, sur l’emplacement où saint Irénée et saint Pothin avaient réuni le noyau de la communauté chrétienne et qu’occupe aujourd’hui l’église Saint-Nizier. Après le triomphe du christianisme, le culte se transporta sur la rive droite de la Saône, au pied même de la colline de Fourvière où s’étageait la ville gallo-romaine, couronnée par le forum, le palais des Césars et l’amphithéâtre où coula le sang de tant de martyrs qui féconda l’Église de Lyon, l’an 177.

Lucien Bégule
La Cathédrale de Lyon
Henri Laurens, 

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PANNEAU
LA REDEMPTION
(Abside)

Rédemption Photo Jacky Lavauzelle

PANNEAU
LA VIE DE SAINT JEAN-BAPTISTE
(Abside)

Photo Jacky Lavauzelle

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LES VITRAUX DES PROPHETES

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Les trois églises

Dans ce quartier Saint-Jean, auquel la cathédrale devait donner son nom, s’élevèrent trois églises : Sainte-Croix, Saint-Étienne, et un baptistère sous l’invocation de Saint-Jean-Baptiste. Les trois édifices étaient enfermés dans un même cloître : le cloître Saint-Jean, qui formait comme une cité ecclésiastique. Saint-Étienne aurait été fondée par saint Alpin, évêque de Lyon, vers la fin du ive siècle, puis rebâtie par saint Patient, en 480, après l’invasion des barbares, et restauré par Leydrade au temps de Charlemagne.
L’édifice communiquait au nord avec Sainte-Croix, au sud avec Saint-Jean et fut cathédrale jusqu’au xiiie siècle. À ce moment, remplacé par Saint-Jean, il devint baptistère à son tour ; mais on n’y administrait que le baptême « par immersion » ; les autres se faisaient à Sainte-Croix qui, élevée au début du viie siècle par l’évêque saint Arrige et restaurée par Leydrade, fut reconstruite en 1444 par le chapitre et par ses paroissiens : c’était l’église paroissiale du quartier.
Sainte-Croix et Saint-Étienne disparurent pendant la Révolution : vendues en 1792, elles furent livrées aux démolisseurs en 1796.

Lucien Bégule
La Cathédrale de Lyon
Henri Laurens, 

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LE NOUVEL EDIFICE

Les travaux du nouvel édifice étaient assez avancés entre 1084 et 1100 pour que l’archevêque Hugues Ier pût faire exécuter à ses frais le clocher, la toiture, le maître-autel et même cinq verrières. De 1107 à 1117 son successeur Gaucerand termine l’édifice par l’abside qu’il fit reconstruire en matériaux de choix travaillés avec le plus grand soin preciosissimis et politis lapidibus, nous dit l’Obituaire, et provenant des monuments antiques du forum bâti par Trajan. Les travaux durèrent une quarantaine d’années. L’édifice, d’une grande richesse, était éclairé par de nombreuses verrières peintes. Il était précédé d’un portique soutenu par des colonnes de marbre et décoré de peintures, comme le sanctuaire, dont les noms des donateurs nous ont été conservés. En même temps que l’église, à la fin du xie siècle, on élevait le cloître au sud de la cathédrale. On en voit le mur occidental qui forme la façade de l’édifice connu sous le nom de « Manécanterie » et que l’on a souvent attribué à une date beaucoup plus reculée. Ce cloître était contemporain de l’église d’Ainay, dont il rappelle le style et aussi le parti ornemental de briques incrustées.
Au milieu du xiie siècle, l’église cathédrale était entièrement achevée. C’est à cette époque qu’éclatent les sanglantes querelles entre l’archevêque de Lyon et le comte de Forez qui prétendaient exercer le droit de souveraineté temporelle sur le comté de Lyon. En 1162, Guy II de Forez envahit la ville, saccage le cloître, le palais archiépiscopal et l’église Saint-Jean. C’est une des raisons qui entraînèrent la reconstruction complète de cette deuxième église. À cette époque de transition où l’architecture subissait une véritable transformation, les exemples de reconstruction de cathédrales récemment terminées, comme celles de Chartres, de Laon, etc., n’étaient pas un fait extraordinaire.

Lucien Bégule
La Cathédrale de Lyon
Henri Laurens, 

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LA CATHEDRALE DE LYON

LA CATHEDRALE SAINT-JEAN LYON
La primatiale Saint-Jean-Baptiste-et-Saint-Étienne

LA CATHEDRALE SAINT-JEAN Photo Jacky Lavauzelle

LA REDEMPTION – CATHEDRALE SAINT-JEAN de LYON (Abside)

FRANCE – LYON
CATHEDRALE SAINT-JEAN
La primatiale Saint-Jean-Baptiste-et-Saint-Étienne
1175-1480
Photo Jacky Lavauzelle Cathédrale Saint-Jean

 


Photo Jacky Lavauzelle Cathédrale Saint-Jean Lyon PHOTOS JACKY LAVAUZELLE

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 Photo Jacky Lavauzelle Cathédrale Saint-Jean Lyon

LYON

LA CATHEDRALE SAINT-JEAN
La primatiale Saint-Jean-Baptiste-et-Saint-Étienne
LA REDEMPTION
(ABSIDE)

Cathédrale Saint-Jean
Cinquième arrondissement de Lyon
Place Saint-Jean, 69005 Lyon

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PANNEAU
LA REDEMPTION

Le panneau de la Rédemption se trouve dans l’abside (du grec ἁψίς – la voûte, l’arcade) de la cathédrale Saint-Jean à gauche de celui relatant la vie de Jean-Baptiste.

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Photo Jacky Lavauzelle Cathédrale Saint-Jean Lyon

Au sommet du panneau figure le Christ triomphant portant sa croix. Deux anges sur les côtés sont en adoration.

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NOUS DELIVRER DE L’ESCLAVAGE ET DU DEMON

« RÉDEMPTION, redemptio ; l’action de racheter. Parmi les Chrétiens le mystere de la rédemption est la mort de Jesus-Christ mis en croix, & qui s’est offert à son pere comme victime pour nous, afin de nous délivrer de l’esclavage du péché & du démon, auquel le péché d’Adam nous avoit assujettis. Cette rédemption a non-seulement été suffisante, mais encore surabondante. Dieu nous en applique les mérites par les sacremens, & principalement par le baptême. Elle est offerte à tous, mais tous n’en retirent pas également le fruit. « 

Louis de Jaucourt
Première Edition de l’Encyclopédie
1751 – Tome 13

Photo Jacky Lavauzelle Cathédrale Saint-Jean Lyon

LE SALUT SOUS CERTAINES CONDITIONS

« Rédemption, (Théologie.) quand on lit avec attention les écrits des Peres, on ne peut douter qu’ils n’aient cru que l’Etre suprême veut en général le salut de tous les hommes ; qu’il n’y en a aucun qui par la mort de Jesus-Christ ne puisse être reconcilié avec Dieu, & qu’il fait offrir à certaines conditions le salut à tous. »
Louis de Jaucourt
Première Edition de l’Encyclopédie
1751 – Tome 13

Photo Jacky Lavauzelle Cathédrale Saint-Jean Lyon

LE SALUT COMMUN DE TOUS

« Clément Alexandrin étoit grand universaliste : on trouve à chaque page de ses écrits des traits qui l’indiquent.
« Dieu se propose, dit-il in protreptico, p. 72, de sauver le genre humain ; c’est pour cela que ce Dieu tout bon, a envoyé le bon pasteur ». Il dit dans ses stromates, l. VII. p. 702. que Dieu est le sauveur de tous, non de ceux-ci, & point de ceux-là : Σωτὴρ γάρ ἐστιν, οὐχὶ τῶν μέν, τῶν δ’οὔ. Et peu après il ajoute : « comment est-il sauveur & seigneur, s’il n’est pas seigneur & sauveur de tous ?… Jamais donc le sauveur n’a en haine les hommes, lui qui par un effet de sa charité, n’ayant point dédaigné de prendre une chair infirme, est venu en chair pour le salut commun de tous ».

Origene pensoit de la même façon ; il dit, l. I. in Jobum, « que Jesus-Christ étant venu sur la terre, a souffert en son corps pour le salut de tous les hommes ». Il insiste sur cette doctrine en divers endroits. Dans son traité contre Celse, il dit l. IV. p. 135, « qu’il ne tient pas à Jesus-Christ que sa vertu ne se fasse sentir par-tout, puisqu’il est venu pour être le sauveur de tout le genre humain ». »

Louis de Jaucourt
Première Edition de l’Encyclopédie
1751 – Tome 13

Photo Jacky Lavauzelle Cathédrale Saint-Jean Lyon

JONAS SAUVE DES EAUX

« DIEU fit en même temps, qu’il se trouva là un grand poisson qui engloutit Jonas. Il demeura trois jours et trois nuits dans le ventre de ce poisson,
2- où adressant sa prière au Seigneur, son Dieu,
3- il lui dit : J’ai crié au Seigneur dans le fort de mon affliction, et il m’a exaucé ; j’ai crié du fond du tombeau, et vous avez entendu ma voix.
4- Vous m’avez jeté au milieu de la mer, jusqu’au fond des eaux ; j’en ai été inondé de toutes parts ; toutes vos vagues et tous vos flots ont passé sur moi ;
5- et j’ai dit en moi-même : Je suis rejeté de devant vos yeux ; mais néanmoins je verrai encore votre temple saint.
6- Je me suis vu à l’extrémité parmi les eaux qui m’environnaient ; l’abîme m’a enveloppé de toutes parts, les flots de la mer ont couvert ma tête.
7- Je suis descendu jusque dans les racines des montagnes ; je me vois comme exclu pour jamais de la terre, par les barrières qui m’enferment; et vous préserverez néanmoins ma vie de la corruption, ô Seigneur mon Dieu!
8- Dans la douleur profonde dont mon àme a été saisie, je me suis souvenu de vous, Seigneur ! que ma prière monte jusqu’à vous, jusqu’à votre temple saint.
9- Ceux qui s’attachent inutilement à la vanité, abandonnent la miséricorde qui les aurait délivrés.
10- Mais pour moi, je vous offrirai des sacrifices avec des cantiques de louanges ; je rendrai au Seigneur tous les vœux que j’ai faits pour mon salut.
11- Alors le Seigneur commanda au poisson de rendre Jonas, et il le jeta sur le bord. »
La Sainte Bible
JONAS
Chapitre II

traduite  par Lemaistre de Sacy

Photo Jacky Lavauzelle Cathédrale Saint-Jean Lyon
Moïse et le Buisson ardent

« 2-L’ange de l’Éternel lui apparut dans une flamme de feu, au milieu d’un buisson. Moïse regarda ; et voici, le buisson était tout en feu, et le buisson ne se consumait point.
8 – Je suis descendu pour le délivrer de la main des Égyptiens, et pour le faire monter de ce pays dans un bon et vaste pays, dans un pays où coulent le lait et le miel, dans les lieux qu’habitent les Cananéens, les Héthiens, les Amoréens, les Phéréziens, les Héviens et les Jébusiens. »
Bible Segond 1910
Exode

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LA PAROLE DE SAINT AUGUSTIN

« Enfin il est constant que la plûpart des Peres ont été universalistes, & S. Augustin paroît avoir embrassé ce sentiment dans son exposition de ces paroles de S. Paul : Dieu veut que tous les hommes soient sauvés. En premier lieu, dit-il, il veut que tous soient sauvés en tant qu’il n’y en a aucun de sauvé que Dieu n’ait dessein de sauver, à peu-près comme l’on dit d’un maître qu’il enseigne telle ou telle science à tout le monde, parce qu’il n’y a personne de ceux qui l’étudient, qui ne l’apprenne de ce maître. En second lieu il veut que tous soient sauvés, c’est-à-dire des personnes de toute nation, de tout sexe, de tout âge, de toute condition. En troisieme lieu, l’apôtre parle d’une volonté de Dieu antécédente & conditionnelle, de la même maniere qu’on peut dire d’un juge, qu’en général il veut la vie de tous les hommes en les considérant exempts de crimes, & par une volonté conséquente, il veut que tel ou tel soit puni de mort, en tant que coupable de meurtre, ou d’autre crime. »

Louis de Jaucourt
Première Edition de l’Encyclopédie
1751 – Tome 13

Photo Jacky Lavauzelle Cathédrale Saint-Jean Lyon

Photo Jacky Lavauzelle Cathédrale Saint-Jean Lyon

LA CALANDRE & LES MALADES
LA calandre (ou l’alouette)est le témoignage de la charité envers les malades.

« la Calandre, — le des Bestiaires moralisés — tourne la tête vers un mourant pour le guérir en s’envolant ensuite dans les rayons du soleil »
Lucien Bégule
La Cathédrale de Lyon
Henri Laurens, 1913

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Photo Jacky Lavauzelle Cathédrale Saint-Jean Lyon

JESUS MEDIATEUR

« Irénée, liv. V. c. xvij. dit que « dans les derniers tems Notre Seigneur établi médiateur entre Dieu & les hommes, a appaisé pour tous le pere contre qui nous avions péché, ayant réparé notre desobéissance par son obéissance ». »

Louis de Jaucourt
Première Edition de l’Encyclopédie
1751 – Tome 13

Photo Jacky Lavauzelle Cathédrale Saint-Jean Lyon

L’ANNONCIATION
Par l’Ange Gabriel à la sainte Vierge

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Photo Jacky Lavauzelle Cathédrale Saint-Jean Lyon

La crucifixion du Christ

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Photo Jacky Lavauzelle Cathédrale Saint-Jean Lyon

LA NATIVITE

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LA REDEMPTION

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LA CATHEDRALE SAINT-JEAN LYON
La primatiale Saint-Jean-Baptiste-et-Saint-Étienne

LA CATHEDRALE SAINT-JEAN Photo Jacky Lavauzelle

LE RETOUR DES HÉROS NATIONAUX – GIOSUÈ CARDUCCI Poème – ÇA IRA (1883)- SONNET X – Al calpestio de’ barbari cavalli

Traduction – Texte Bilingue
CARDUCCI POÈME


 

Giosuè Carducci
1835- 1907

Prix Nobel de Littérature 1906

Traduction Jacky Lavauzelle

Sélection de poèmes de
Giosuè Carducci
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ÇA IRA
X

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* LE RETOUR DES HÉROS NATIONAUX *


Al calpestio de’ barbari cavalli
Les piaffements des barbares chevaux
  Ne l’avel si svegliò dunque Baiardo?
Ont-ils réveillé Bayard du tombeau ?
E su le dolci orleanesi valli
Et sur les douces vallées orléanaises
La Pulcella rileva il suo stendardo?
La Pucelle a-t-elle relevé sa bannière ?

*

Da l’Alta Sona e dal ventoso Gardo
De la Haute-Saône et Gard venteux
 Ohi vien cantando a i mal costrutti valli
On vient chantant de grossières fortifications
  Sbarrati di tronchi alberi! È il gagliardo
D’épais troncs d’arbres ! C’est le valeureux
Vercingetorix co’ suoi rossi Galli!
Vercingétorix avec ses rouges Gaulois !

*

*

No: Dumouriez, la spia, nel cor riscuote
Non: Dumouriez, l’espion, dans le cœur recueille
Il genio di Condé: sopra la carta
Le génie de Condé ; sur la carte
 Militare uno sguardo acceso lancia,
Militaire, il lance un regard pétillant,

*

Ed una fila di colline ignote
Et sur une rangée de collines inconnues
Additando — Ecco — dice — , o nuova Sparta,
Il pointe le doigt  : « Ici – dit-il – ô nouvelle Sparte,
Le felici Termopile di Francia.
Les heureuses Thermopyles de France. »

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Louis XVI en habit de sacre
Joseph-Siffrein Duplessis
1777
Musée Carnavalet Paris 

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ÇA IRA
X

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GIOSUE CARDUCCI

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LE « ÇA IRA »
Le poète Giosuè Carducci
Maurice Muret
Revue des Deux Mondes
Tome 40 – 1907

…Le sonnet est un moule d’une rare plasticité. Il s’est prêté aux mignardises de Joséphin Soulary comme aux visions grandioses de José Maria de Heredia. Dans leur concision lapidaire, leur âpre et sinistre beauté, les douze sonnets de Ça ira brillent d’un éclat tragique.

C’est au sortir d’une lecture de la Révolution française par Carlyle que Carducci les composa. Sans doute il connaissait aussi Thiers, Louis Blanc et Michelet ; mais la lecture de Carlyle donna l’élan décisif. C’est elle qui força l’inspiration. Comme Carlyle, — et comme Joseph de Maistre, — Carducci voit dans la Révolution française un événement proprement « satanique, » mais le rebelle qu’il est attache à ce terme le sens favorable qui se découvre dans son Hymne à Satan. La Révolution française est pour lui une revanche de la raison, de la liberté, de la justice sur les « tyrannies séculaires » de l’Eglise et de la monarchie. Il a protesté contre les critiques qui dénoncèrent ses sympathies terroristes quelque peu excessives ; il a prétendu s’être borné (ou à peu près) au rôle d historiographe. C’est pur paradoxe ! Ça ira prend énergiquement fait et cause pour la Terreur. Carducci condamne Louis XVI et Marie-Antoinette avec une rigueur inconnue des historiens impartiaux. Le sonnet qui retrace le meurtre de la princesse de Lamballe est une apologie déguisée de ce crime. Louis XVI, enfin, dans la prison où il se recueille en attendant la mort, est montré par le poète italien « demandant pardon au ciel pour la nuit de la Saint-Barthélemy. » Que voilà donc un « état d’Ame » peu historique ! N’y a-t-il pas tout lieu de croire que Louis XVI, à la veille de mourir, était à cent lieues de penser qu’il expiait les méfaits de Charles IX ? C’est l’impitoyable logique jacobine qui établit des rapprochements de cette sorte.

Il faut tenir compte, dans l’appréciation du Ça ira, de la date où fut publié cet ouvrage. Il parut « pour le 77e anniversaire de la République, » à une époque où la France traversait une nouvelle « année terrible. » Bien que le poète n’y fasse aucune allusion formelle, les événements de 1870-1871 restent toujours présents à son esprit. A l’opprobre de Sedan s’oppose dans sa pensée la gloire de Valmy, de Valmy qui fait l’objet de son dernier sonnet. Plutôt que Sedan, la Terreur ; plutôt Danton que Napoléon III ; plutôt Robespierre que Bazaine, voilà ce qu’on peut lire entre les lignes du Ça ira. Un critique italien a parlé des « Grâces pétrolières » qui avaient servi de marraines à cette poésie. Et ce propos irrita l’auteur. Le mot n’en était pas moins exact.

Indépendamment du Ça ira consacré à un sujet français, Carducci mentionne fréquemment la France dans ses ouvrages. Quel autre pays a été plus étroitement mêlé aux destinées du Risorgimento ? Carducci n’est pas gallophobe, tant s’en faut ; mais c’est exclusivement à la France rouge que vont ses sympathies. Les Iambes et épodes traînent aux gémonies ce peuple devenu infidèle à l’idéal révolutionnaire d’autrefois. Le poète maudit la France impériale « brigande au service du Pape » (masnadière papale). Dans les vers Pour Edouard Corazzini, il invective plus sauvagement encore la « grande nation » au nom de ceux qui crurent en elle, de ceux « qui avaient grandi à ta libre splendeur, de ceux qui t’avaient aimée, ô France ! » Même note dans le Sacre d’Henri V, où il s’élève contre les tentatives de restauration monarchique en France après la chute de l’Empire. Mais c’est surtout contre Bonaparte et le bonapartisme que le poète romain brandit ses foudres vengeresses.

Maurice Muret
Revue des Deux Mondes
Tome 40 – 1907

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CARDUCCI POÈME

 

LE SIÈGE DE VERDUN (2 septembre 1792) GIOSUÈ CARDUCCI Poème – ÇA IRA (1883)- SONNET V

Traduction – Texte Bilingue
CARDUCCI POÈME


 

Giosuè Carducci
1835- 1907

Prix Nobel de Littérature 1906

Traduction Jacky Lavauzelle

Sélection de poèmes de
Giosuè Carducci
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ÇA IRA
V

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LA SIÈGE DE VERDUN
(31 août 1792 – 2 septembre 1792)
*

Udite, udite, o cittadini. Ieri
Écoutez, écoutez, ô citoyens. Hier
Verdun a l’inimico apri le porte:
Verdun à l’ennemi a ouvert ses portes :
Le ignobili sue donne a i re stranieri
Ses infâmes femmes aux rois étrangers
Dan fiori, fanno ad Artois la corte,
Livrent des fleurs, et font la cour au comte d’Artois,

*

E propinando i vin bianchi e leggeri
Et buvant de blancs et légers vins
 Ballano con gli ulani e con le scorte:
Ils dansent avec les uhlans et les escortes :
Verdun, vile città di confettieri,
Verdun, ville de confiseurs, ville vile,
Dopo Tonta su te caschi la morte!
Après la honte sur toi, que s’abatte la mort !

Ma Beaurepaire il vivere rifiuta
Mais Beaurepaire refuse cette vie
  Oltre l’onore, e gitta ultima sfida
Sans honneur et lance un ultime défi
L’anima a i fati a l’avvenire e a noi.
Son âme aux destins, à l’avenir et à nous. 

*

La raccolgon dal ciel gli antichi eroi,
Par les héros anciens dans les cieux, il est recueilli,
E la non nata ancor gente ci grida:
Et même les gens qui ne sont pas encore nés nous crient :
O popolo di Francia, aiuta, aiuta!
« Ô  peuple de France, à l’aide, à l’aide!« 

*****

Nicolas-Joseph Beaurepaire
Mort à verdun le 2 septembre 1792

****

Le corps du général Beaurepaire
quittant Verdun après la capitulation de la ville.


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ÇA IRA
V

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GIOSUE CARDUCCI

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LE « ÇA IRA »
Le poète Giosuè Carducci
Maurice Muret
Revue des Deux Mondes
Tome 40 – 1907

…Le sonnet est un moule d’une rare plasticité. Il s’est prêté aux mignardises de Joséphin Soulary comme aux visions grandioses de José Maria de Heredia. Dans leur concision lapidaire, leur âpre et sinistre beauté, les douze sonnets de Ça ira brillent d’un éclat tragique.

C’est au sortir d’une lecture de la Révolution française par Carlyle que Carducci les composa. Sans doute il connaissait aussi Thiers, Louis Blanc et Michelet ; mais la lecture de Carlyle donna l’élan décisif. C’est elle qui força l’inspiration. Comme Carlyle, — et comme Joseph de Maistre, — Carducci voit dans la Révolution française un événement proprement « satanique, » mais le rebelle qu’il est attache à ce terme le sens favorable qui se découvre dans son Hymne à Satan. La Révolution française est pour lui une revanche de la raison, de la liberté, de la justice sur les « tyrannies séculaires » de l’Eglise et de la monarchie. Il a protesté contre les critiques qui dénoncèrent ses sympathies terroristes quelque peu excessives ; il a prétendu s’être borné (ou à peu près) au rôle d historiographe. C’est pur paradoxe ! Ça ira prend énergiquement fait et cause pour la Terreur. Carducci condamne Louis XVI et Marie-Antoinette avec une rigueur inconnue des historiens impartiaux. Le sonnet qui retrace le meurtre de la princesse de Lamballe est une apologie déguisée de ce crime. Louis XVI, enfin, dans la prison où il se recueille en attendant la mort, est montré par le poète italien « demandant pardon au ciel pour la nuit de la Saint-Barthélemy. » Que voilà donc un « état d’Ame » peu historique ! N’y a-t-il pas tout lieu de croire que Louis XVI, à la veille de mourir, était à cent lieues de penser qu’il expiait les méfaits de Charles IX ? C’est l’impitoyable logique jacobine qui établit des rapprochements de cette sorte.

Il faut tenir compte, dans l’appréciation du Ça ira, de la date où fut publié cet ouvrage. Il parut « pour le 77e anniversaire de la République, » à une époque où la France traversait une nouvelle « année terrible. » Bien que le poète n’y fasse aucune allusion formelle, les événements de 1870-1871 restent toujours présents à son esprit. A l’opprobre de Sedan s’oppose dans sa pensée la gloire de Valmy, de Valmy qui fait l’objet de son dernier sonnet. Plutôt que Sedan, la Terreur ; plutôt Danton que Napoléon III ; plutôt Robespierre que Bazaine, voilà ce qu’on peut lire entre les lignes du Ça ira. Un critique italien a parlé des « Grâces pétrolières » qui avaient servi de marraines à cette poésie. Et ce propos irrita l’auteur. Le mot n’en était pas moins exact.

Indépendamment du Ça ira consacré à un sujet français, Carducci mentionne fréquemment la France dans ses ouvrages. Quel autre pays a été plus étroitement mêlé aux destinées du Risorgimento ? Carducci n’est pas gallophobe, tant s’en faut ; mais c’est exclusivement à la France rouge que vont ses sympathies. Les Iambes et épodes traînent aux gémonies ce peuple devenu infidèle à l’idéal révolutionnaire d’autrefois. Le poète maudit la France impériale « brigande au service du Pape » (masnadière papale). Dans les vers Pour Edouard Corazzini, il invective plus sauvagement encore la « grande nation » au nom de ceux qui crurent en elle, de ceux « qui avaient grandi à ta libre splendeur, de ceux qui t’avaient aimée, ô France ! » Même note dans le Sacre d’Henri V, où il s’élève contre les tentatives de restauration monarchique en France après la chute de l’Empire. Mais c’est surtout contre Bonaparte et le bonapartisme que le poète romain brandit ses foudres vengeresses.

Maurice Muret
Revue des Deux Mondes
Tome 40 – 1907

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CARDUCCI POÈME

 

LA CHUTE DE LONGWY – GIOSUÈ CARDUCCI Poème – ÇA IRA (1883)- SONNET IV – L’un dopo l’altro i messi di sventura

Traduction – Texte Bilingue
CARDUCCI POÈME


 

Giosuè Carducci
1835- 1907

Prix Nobel de Littérature 1906

Traduction Jacky Lavauzelle

Sélection de poèmes de
Giosuè Carducci
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ÇA IRA
IV

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 ******
LA CHUTE DE LONGWY
*

L’un dopo l’altro i messi di sventura
L’un après l’autre les messagers de malheur
Piovon come dal ciel, Longwy cadea.
Comme du ciel tombent ; Longwy a cédé.
E i fuggitivi da la resa oscura
Et les fugitifs de l’obscure reddition
S’affollan polverosi a l’Assemblea.
S’affolent poussiéreux à l’Assemblée.

*

— Eravamo dispersi in su le mura:
«  Nous étions dispersés sur les murs :
A pena ogni due pezzi un uom s’avea:
A peine deux pièces pour un homme avions-nous ;
 Lavergne disparí ne la paura:
Lavergne ébranlé dans la peur ;
L’armi fallían. Che piú far si potea? —
Les armes manquaient. Que faire alors ? »

[Louis-François Lavergne-Champlorier commandant de Longwy signera la capitulation de la ville le 23 août 1792]

*

— Morir — risponde l’Assemblea seduta.
Mourir !- dit l’Assemblée.
Goccian per que’ riarsi volti strane
De ces faces émaciées et livides coulent d’étranges
 Lacrime: e parton con la fronte bassa.
Larmes, et ils repartent, têtes baissées. 

*

 Grande in ciel l’ora del periglio passa,
Dans le ciel, l’heure du péril passe,
 Batte con l’ala a stormo le campane.
Qui bat avec son aile le tocsin.
O popolo di Francia, aiuta, aiuta!
Ô peuple de France, à l’aide, à l’aide !  


*******

ÇA IRA
 IV

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GIOSUE CARDUCCI

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LE « ÇA IRA »
Le poète Giosuè Carducci
Maurice Muret
Revue des Deux Mondes
Tome 40 – 1907

…Le sonnet est un moule d’une rare plasticité. Il s’est prêté aux mignardises de Joséphin Soulary comme aux visions grandioses de José Maria de Heredia. Dans leur concision lapidaire, leur âpre et sinistre beauté, les douze sonnets de Ça ira brillent d’un éclat tragique.

C’est au sortir d’une lecture de la Révolution française par Carlyle que Carducci les composa. Sans doute il connaissait aussi Thiers, Louis Blanc et Michelet ; mais la lecture de Carlyle donna l’élan décisif. C’est elle qui força l’inspiration. Comme Carlyle, — et comme Joseph de Maistre, — Carducci voit dans la Révolution française un événement proprement « satanique, » mais le rebelle qu’il est attache à ce terme le sens favorable qui se découvre dans son Hymne à Satan. La Révolution française est pour lui une revanche de la raison, de la liberté, de la justice sur les « tyrannies séculaires » de l’Eglise et de la monarchie. Il a protesté contre les critiques qui dénoncèrent ses sympathies terroristes quelque peu excessives ; il a prétendu s’être borné (ou à peu près) au rôle d historiographe. C’est pur paradoxe ! Ça ira prend énergiquement fait et cause pour la Terreur. Carducci condamne Louis XVI et Marie-Antoinette avec une rigueur inconnue des historiens impartiaux. Le sonnet qui retrace le meurtre de la princesse de Lamballe est une apologie déguisée de ce crime. Louis XVI, enfin, dans la prison où il se recueille en attendant la mort, est montré par le poète italien « demandant pardon au ciel pour la nuit de la Saint-Barthélemy. » Que voilà donc un « état d’Ame » peu historique ! N’y a-t-il pas tout lieu de croire que Louis XVI, à la veille de mourir, était à cent lieues de penser qu’il expiait les méfaits de Charles IX ? C’est l’impitoyable logique jacobine qui établit des rapprochements de cette sorte.

Il faut tenir compte, dans l’appréciation du Ça ira, de la date où fut publié cet ouvrage. Il parut « pour le 77e anniversaire de la République, » à une époque où la France traversait une nouvelle « année terrible. » Bien que le poète n’y fasse aucune allusion formelle, les événements de 1870-1871 restent toujours présents à son esprit. A l’opprobre de Sedan s’oppose dans sa pensée la gloire de Valmy, de Valmy qui fait l’objet de son dernier sonnet. Plutôt que Sedan, la Terreur ; plutôt Danton que Napoléon III ; plutôt Robespierre que Bazaine, voilà ce qu’on peut lire entre les lignes du Ça ira. Un critique italien a parlé des « Grâces pétrolières » qui avaient servi de marraines à cette poésie. Et ce propos irrita l’auteur. Le mot n’en était pas moins exact.

Indépendamment du Ça ira consacré à un sujet français, Carducci mentionne fréquemment la France dans ses ouvrages. Quel autre pays a été plus étroitement mêlé aux destinées du Risorgimento ? Carducci n’est pas gallophobe, tant s’en faut ; mais c’est exclusivement à la France rouge que vont ses sympathies. Les Iambes et épodes traînent aux gémonies ce peuple devenu infidèle à l’idéal révolutionnaire d’autrefois. Le poète maudit la France impériale « brigande au service du Pape » (masnadière papale). Dans les vers Pour Edouard Corazzini, il invective plus sauvagement encore la « grande nation » au nom de ceux qui crurent en elle, de ceux « qui avaient grandi à ta libre splendeur, de ceux qui t’avaient aimée, ô France ! » Même note dans le Sacre d’Henri V, où il s’élève contre les tentatives de restauration monarchique en France après la chute de l’Empire. Mais c’est surtout contre Bonaparte et le bonapartisme que le poète romain brandit ses foudres vengeresses.

Maurice Muret
Revue des Deux Mondes
Tome 40 – 1907

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CARDUCCI POEME

 

GIOSUÈ CARDUCCI Poème – ÇA IRA (1883)- SONNET III – Da le ree Tuglieri di Caterina

Traduction – Texte Bilingue
CARDUCCI POÈME


 

Giosuè Carducci
1835- 1907

Prix Nobel de Littérature 1906

Traduction Jacky Lavauzelle

Sélection de poèmes de
Giosuè Carducci
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ÇA IRA
III

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Da le ree Tuglieri di Caterina
Des Tuileries de Catherine de Médicis
Ove Luigi inginocchiossi a i preti,
Louis le seizième devant les prêtres s’est soumis,
E a’ cavalier bretanni la regina
Et aux cavaliers Bretons, Marie-Antoinette, la reine
 Partia sorrisi e lacrime e segreti,
Essayait d’apporter sourires, secrets et peines,

*

Tra l’afosa caligin vespertina
Dans les chaudes et lourdes soirées
 Sorge con atti né tristi né lieti
Se dresse la loi ni triste ni heureuse,
Una forma, ed il fuso attorce e china,
Une forme qui s’active et qui fuse,
E con la rócca attinge alta i pianeti.
Et qui, avec la quenouille, atteint la hauteur des planètes.

*

E fila e fila e fila. Tutte sere
Et file et file et file. Toute la nuit
Al lume de la luna e de le stelle
A la lumière de la lune et des étoiles
La vecchia fila, e non si stanca mai.
La vieille file, et ne se lasse pas.

*

Brunswick appressa, e in fronte a le sue schiere
Arrive Brunswick, et devant ses troupes,
 La forca; e ad impiccar questa ribelle
La potence ; et pour pendre ces rebelles
Genia di Francia ci vuol corda assai.
Mauvaises graines de la France, il en faudra de la corde !


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ÇA IRA
 III

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GIOSUE CARDUCCI

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LE « ÇA IRA »
Le poète Giosuè Carducci
Maurice Muret
Revue des Deux Mondes
Tome 40 – 1907

…Le sonnet est un moule d’une rare plasticité. Il s’est prêté aux mignardises de Joséphin Soulary comme aux visions grandioses de José Maria de Heredia. Dans leur concision lapidaire, leur âpre et sinistre beauté, les douze sonnets de Ça ira brillent d’un éclat tragique.

C’est au sortir d’une lecture de la Révolution française par Carlyle que Carducci les composa. Sans doute il connaissait aussi Thiers, Louis Blanc et Michelet ; mais la lecture de Carlyle donna l’élan décisif. C’est elle qui força l’inspiration. Comme Carlyle, — et comme Joseph de Maistre, — Carducci voit dans la Révolution française un événement proprement « satanique, » mais le rebelle qu’il est attache à ce terme le sens favorable qui se découvre dans son Hymne à Satan. La Révolution française est pour lui une revanche de la raison, de la liberté, de la justice sur les « tyrannies séculaires » de l’Eglise et de la monarchie. Il a protesté contre les critiques qui dénoncèrent ses sympathies terroristes quelque peu excessives ; il a prétendu s’être borné (ou à peu près) au rôle d historiographe. C’est pur paradoxe ! Ça ira prend énergiquement fait et cause pour la Terreur. Carducci condamne Louis XVI et Marie-Antoinette avec une rigueur inconnue des historiens impartiaux. Le sonnet qui retrace le meurtre de la princesse de Lamballe est une apologie déguisée de ce crime. Louis XVI, enfin, dans la prison où il se recueille en attendant la mort, est montré par le poète italien « demandant pardon au ciel pour la nuit de la Saint-Barthélemy. » Que voilà donc un « état d’Ame » peu historique ! N’y a-t-il pas tout lieu de croire que Louis XVI, à la veille de mourir, était à cent lieues de penser qu’il expiait les méfaits de Charles IX ? C’est l’impitoyable logique jacobine qui établit des rapprochements de cette sorte.

Il faut tenir compte, dans l’appréciation du Ça ira, de la date où fut publié cet ouvrage. Il parut « pour le 77e anniversaire de la République, » à une époque où la France traversait une nouvelle « année terrible. » Bien que le poète n’y fasse aucune allusion formelle, les événements de 1870-1871 restent toujours présents à son esprit. A l’opprobre de Sedan s’oppose dans sa pensée la gloire de Valmy, de Valmy qui fait l’objet de son dernier sonnet. Plutôt que Sedan, la Terreur ; plutôt Danton que Napoléon III ; plutôt Robespierre que Bazaine, voilà ce qu’on peut lire entre les lignes du Ça ira. Un critique italien a parlé des « Grâces pétrolières » qui avaient servi de marraines à cette poésie. Et ce propos irrita l’auteur. Le mot n’en était pas moins exact.

Indépendamment du Ça ira consacré à un sujet français, Carducci mentionne fréquemment la France dans ses ouvrages. Quel autre pays a été plus étroitement mêlé aux destinées du Risorgimento ? Carducci n’est pas gallophobe, tant s’en faut ; mais c’est exclusivement à la France rouge que vont ses sympathies. Les Iambes et épodes traînent aux gémonies ce peuple devenu infidèle à l’idéal révolutionnaire d’autrefois. Le poète maudit la France impériale « brigande au service du Pape » (masnadière papale). Dans les vers Pour Edouard Corazzini, il invective plus sauvagement encore la « grande nation » au nom de ceux qui crurent en elle, de ceux « qui avaient grandi à ta libre splendeur, de ceux qui t’avaient aimée, ô France ! » Même note dans le Sacre d’Henri V, où il s’élève contre les tentatives de restauration monarchique en France après la chute de l’Empire. Mais c’est surtout contre Bonaparte et le bonapartisme que le poète romain brandit ses foudres vengeresses.

Maurice Muret
Revue des Deux Mondes
Tome 40 – 1907

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CARDUCCI POEME

 

GIOSUE CARDUCCI – ÇA IRA (1883)- PREMIER SONNET – Lieto su i colli di Borgogna splende

Traduction – Texte Bilingue
CARDUCCI


 

Giosuè Carducci
1835- 1907

Prix Nobel de Littérature 1906

 

Traduction Jacky Lavauzelle

Sélection de poèmes de
Giosuè Carducci
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ÇA IRA
I
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Lieto su i colli di Borgogna splende
Heureux brille sur les collines de Bourgogne
e in val di Marna a le vendemmie il sole:
et sur les vendanges dans la vallée de la Marne le soleil :
il riposato suoI piccardo attende
le sol apaisé de la Picardie attend
l’aratro che l’inviti a nuova prole.
de la charrue une nouvelle invitation à procréer.

*

Ma il falcetto su l’uve iroso scende
Mais la faucille sur les raisins de colère s’abat
come una scure, e par che sangue còle:
telle une hache, d’où semble s’écouler du sang :
 nel rosso vespro l’arator protende
dans ce soir rouge, le paysan observe
l’occhio vago a le terre inculte e sole,
le regard vague les terres incultes et solitaires,

*

ed il pungolo vibra in su i mugghianti
et le fouet claque sur les bêtes mugissantes
  quasi che l’asta palleggiasse, e afferra
comme s’il agitait de sa lance, il empoigne alors
la stiva urlando : Avanti, Francia, avanti!
la charrue en criant : En avant, France, en avant !

*

Stride l’aratro in solchi aspri: la terra
La charrue gémit dans l’âpre sillon ; la terre
  fuma: l’aria oscurata è di montanti
fume ;  l’air est obscurci par l’ombre montante
fantasimi che cercano la guerra.
des fantômes qui cherchent la guerre.


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ÇA IRA
 I

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GIOSUE CARDUCCI

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LE « ÇA IRA »
Le poète Giosuè Carducci
Maurice Muret
Revue des Deux Mondes
Tome 40 – 1907

…Le sonnet est un moule d’une rare plasticité. Il s’est prêté aux mignardises de Joséphin Soulary comme aux visions grandioses de José Maria de Heredia. Dans leur concision lapidaire, leur âpre et sinistre beauté, les douze sonnets de Ça ira brillent d’un éclat tragique.

C’est au sortir d’une lecture de la Révolution française par Carlyle que Carducci les composa. Sans doute il connaissait aussi Thiers, Louis Blanc et Michelet ; mais la lecture de Carlyle donna l’élan décisif. C’est elle qui força l’inspiration. Comme Carlyle, — et comme Joseph de Maistre, — Carducci voit dans la Révolution française un événement proprement « satanique, » mais le rebelle qu’il est attache à ce terme le sens favorable qui se découvre dans son Hymne à Satan. La Révolution française est pour lui une revanche de la raison, de la liberté, de la justice sur les « tyrannies séculaires » de l’Eglise et de la monarchie. Il a protesté contre les critiques qui dénoncèrent ses sympathies terroristes quelque peu excessives ; il a prétendu s’être borné (ou à peu près) au rôle d historiographe. C’est pur paradoxe ! Ça ira prend énergiquement fait et cause pour la Terreur. Carducci condamne Louis XVI et Marie-Antoinette avec une rigueur inconnue des historiens impartiaux. Le sonnet qui retrace le meurtre de la princesse de Lamballe est une apologie déguisée de ce crime. Louis XVI, enfin, dans la prison où il se recueille en attendant la mort, est montré par le poète italien « demandant pardon au ciel pour la nuit de la Saint-Barthélemy. » Que voilà donc un « état d’Ame » peu historique ! N’y a-t-il pas tout lieu de croire que Louis XVI, à la veille de mourir, était à cent lieues de penser qu’il expiait les méfaits de Charles IX ? C’est l’impitoyable logique jacobine qui établit des rapprochements de cette sorte.

Il faut tenir compte, dans l’appréciation du Ça ira, de la date où fut publié cet ouvrage. Il parut « pour le 77e anniversaire de la République, » à une époque où la France traversait une nouvelle « année terrible. » Bien que le poète n’y fasse aucune allusion formelle, les événements de 1870-1871 restent toujours présents à son esprit. A l’opprobre de Sedan s’oppose dans sa pensée la gloire de Valmy, de Valmy qui fait l’objet de son dernier sonnet. Plutôt que Sedan, la Terreur ; plutôt Danton que Napoléon III ; plutôt Robespierre que Bazaine, voilà ce qu’on peut lire entre les lignes du Ça ira. Un critique italien a parlé des « Grâces pétrolières » qui avaient servi de marraines à cette poésie. Et ce propos irrita l’auteur. Le mot n’en était pas moins exact.

Indépendamment du Ça ira consacré à un sujet français, Carducci mentionne fréquemment la France dans ses ouvrages. Quel autre pays a été plus étroitement mêlé aux destinées du Risorgimento ? Carducci n’est pas gallophobe, tant s’en faut ; mais c’est exclusivement à la France rouge que vont ses sympathies. Les Iambes et épodes traînent aux gémonies ce peuple devenu infidèle à l’idéal révolutionnaire d’autrefois. Le poète maudit la France impériale « brigande au service du Pape » (masnadière papale). Dans les vers Pour Edouard Corazzini, il invective plus sauvagement encore la « grande nation » au nom de ceux qui crurent en elle, de ceux « qui avaient grandi à ta libre splendeur, de ceux qui t’avaient aimée, ô France ! » Même note dans le Sacre d’Henri V, où il s’élève contre les tentatives de restauration monarchique en France après la chute de l’Empire. Mais c’est surtout contre Bonaparte et le bonapartisme que le poète romain brandit ses foudres vengeresses.

Maurice Muret
Revue des Deux Mondes
Tome 40 – 1907

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