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Scorn not the Sonnet – Poème de William Wordsworth – Ne méprise pas le Sonnet

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Poésie anglaise
William Wordsworth
7 April 1770 – 23 April 1850
7 avril 1770 – 22 avril 1850
*

traduction Jacky Lavauzelle

TRADUCTION JACKY LAVAUZELLE

French and English Text
texte bilingue français-anglais

traduction Jacky Lavauzelle

 


LES POÈMES
DE WILLIAM WORDSWORTH

traduction Jacky Lavauzelle

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William Wordsworth’s poems
POEMS
POÈMES
Scorn not the Sonnet
NE MEPRISE PAS LE SONNET

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Ne méprise pas le sonnet William Wordsworth Traduction Jacky Lavauzelle
Luis de Camoes par François Gérard, Plutarque par Andrea del Castagno (Galerie des Offices, Florence), Shakespeare (Portrait dit Portrait Cobbe), Le Tasse – Tarquo Tasso (1577 – Fürstlich Thurn- und Taxissches Schlossmuseum, Ratisbonne, Allemagne)

**

Scorn not the Sonnet; Critic, you have frowned,
Ne méprise pas le Sonnet ; Critique, tu t’es détourné
Mindless of its just honours; with this key
A tort de ses justes honneurs ; avec cette clé,
Shakespeare unlocked his heart; the melody
Shakespeare a libéré son cœur ; par la mélodie
Of this small lute gave ease to Petrarch’s wound;
De ce petit luth, la blessure de Pétrarque guéri  ;

A thousand times this pipe did Tasso sound;
Mille fois à travers son conduit le Tasse a soufflé ;
With it Camöens soothed an exile’s grief;
Avec lui Camoes le chagrin de l’exil s’est apaisé ;
The Sonnet glittered a gay myrtle leaf
Par une feuille de myrte joyeuse le Sonnet scintilla
Amid the cypress with which Dante crowned
Au milieu des cyprès Dante et par eux le couronna

His visionary brow: a glow-worm lamp,
Son front visionnaire : la lumière de ce ver luisant,
It cheered mild Spenser, called from Faery-land
Encouragea le doux Spenser, au Pays des fées, pélerin
To struggle through dark ways; and, when a damp
Luttant à travers les voies sombres ; et, quand

Fell round the path of Milton, in his hand
Le brouillard tomba sur le chemin de Milton, dans sa main
The Thing became a trumpet; whence he blew
La Chose se mua en trompette ; d’où il a soufflé
Soul-animating strains—alas, too few!
Tant strophes touchant les âmes – hélas, pas assez !


 

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POÉSIE DE WILLIAM WORDSWORTH
WORDSWORTH POEMS

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UN STYLE SANS ARTIFICE

Une poésie sans cesse recommencée

Son style populaire et sans artifice s’est débarrassé d’une fois de toutes les friperies usées de la vieille versification. Les tours couronnées de nuages, les temples solennels, les palais majestueux, tout cela a été balayé du sol. C’a été comme l’édifice sans fondements d’une vision ; il n’est pas même resté un débris de ruines. Toutes les traditions du savoir, toutes les superstitions du passé, ont disparu sous un trait de plume. Nous avons fait table rase ; nous recommençons toute poésie. Le manteau de pourpre, le panache ondoyant de la tragédie, sont rejetés ainsi que de vains oripeaux de pantomime. Voici que nous en sommes revenus à la simple vérité de la nature. Rois, reines, nobles, prêtres, trône, autel, distinction des rangs, naissance, richesse, pouvoir, ne cherchez plus rien de tout cela, ni la robe du juge, ni le bâton du maréchal, ni le faste des grands. L’auteur foule aux pieds plus fièrement encore l’antique forme dont s’enorgueillissait l’art ; il se rit de l’ode, de l’épode, de la strophe et de l’antistrophe. Vous n’entendrez plus résonner la harpe d’Homère, ni retentir la trompette de Pindare et d’Alcée. Point de merci pour le costume éclatant, pour la décoration splendide. Tout cela n’est que spectacle vide, barbare, gothique. Les diamants parmi les cheveux tressés, le diadème sur le front brillant de la beauté, ne sont que parure vulgaire, joyaux de théâtre et de prostituée. Le poète dédaigneux ne peut plus des couronnes de fleurs ; il ne se prévaudra pas non plus des avantages que le hasard lui aura offerts ; il lui plait que son sujet soit tout entier de son invention, afin de ne devoir rien qu’à lui-même ; il recueille la manne dans le désert ; il frappe le rocher de sa baguette et en fait jaillir la source. A son souffle, le brin de paille qui gisait dans la poussière monte au soleil dans un rayon lumineux ; il puisera dans ses souvenirs assez de grandeur et de beauté pour en revêtir le tronc nu du vieux saule. Son vers ne s’embaume point du parfum des bosquets, mais son imagination prête une joie intime aux arbres dépouillés sur la montagne dépouillée, à l’herbe verte du pré vert :

To the bare trees and mountains bare.
And grass in the green field.

Plus de tempête, ni de naufrage, dont l’horreur nous épouvante. C’est l’arc-en-ciel qui attache aux nuages son ruban diapré. C’est la brise qui soupire dans la fougère fanée. Point de triste vicissitude du sort, point de menaçante catastrophe de la nature qui assombrisse ses pages. C’est la goutte de rosée qui se suspend aux cils de la fleur penchée ; ce sont les pleurs qui s’amassent dans l’œil brillant.

Antoine Fontaney
(poète romantique français ())
Cinquième Partie
WILLIAM WORDSWORTH
Poètes et Romanciers de la Grande-Bretagne
Revue des Deux Mondes
Tome 3 – 1835

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WORDSWORTH POEMS

traduction Jacky Lavauzelle

AMOUR CHASSEUR – LE CHANSONNIER PÉTRARQUE POÉSIE CANZONIERE SONNET 181 CLXXXI (Première Partie) Amor fra le erbe una leggiadra rete

*

FRANCESCO PÉTRARQUE POÉSIE

Francesco PETRARCA
1304 – 1374

Traduction Jacky Lavauzelle

——–


Canzoniere Petrarca  Sonetto 181

LE CHANSONNIER PÉTRARQUE Sonnet 181
CLXXXI

Rerum vulgarium fragmenta

Fragments composés en vulgaire

Rime In vita di Madonna Laura

PRIMA PARTE
Première Partie

181/263

Dante Boccace Petrarque Guido Cavalvanti Cino da Pistoia Guittone dArezzo Trecento Italien 1544 Giorgio Vasari

 Amour chasseur

Amor fra le erbe una leggiadra rete
Amour, parmi les herbes, installa un gracieux filet
d’oro e di perla tese sott’un ramo
d’or et de perles tendu sous une branche
arbor sempre verde ch’i ‘tant’amo,
toujours verte que j’aime tant,
 Benché non sopportava ombra più triste che liete.
Même si je ne supporte pas son ombre plus triste que joyeuse.

 

**

L’esca fu ‘il seme ch’egli sparge e miete,
L’appât était la graine qu’il disperse et récolte,
 dolce e acerbo, ch’i ‘pavento e bramo;
douce et amère, que tant je crains et tant je désire ;
la nota che nessuna pelliccia può, dal dí ch’Adamo
Nulle note ne pouvait, depuis le jour où Adam
   aperse gli occhi, sí soavi e quete.
ouvrit les yeux, être aussi douce et sereine.

**


**

E’chiaro lume che sparir fa’ l sole
Et la brillante lumière qui fait disparaitre le soleil
folgorava of intorno: e ‘lune avolto
tout autour de moi flamboyait : et le lien était tenu
 sarà l’uomo ch’avorio e neve avanza.
par une main plus blanche que l’ivoire et la neige.

 

**

Cosí caddi ha la rete, e chi è colto
Ainsi je suis tombé dans le filet, et l’on me déposséda
 gli atti vaghi e la parola angeliche,
des actes nonchalants et des paroles angéliques,
  e ‘piacer e’ desiderio e speranza.
ainsi que du plaisir, du désir et de l’espérance.

 

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Traduction Jacky Lavauzelle
ARTGITATO
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Ritratto_di_francesco_petrarca,_altichiero,_1376_circa,_padova

canzoniere Petrarca 181
PÉTRARQUE POÉSIE CANZONIERE
le chansonnier Pétrarque Sonnet 181
canzoniere poet

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PÉTRARQUE POÉSIE
CANZONIERE

DIALOGUE AVEC SON ÂME – LE CHANSONNIER PÉTRARQUE POÉSIE CANZONIERE SONNET 150 (Première Partie) – CL – Che fai alma?

*

FRANCESCO PÉTRARQUE POÉSIE

Francesco PETRARCA
1304 – 1374

Traduction Jacky Lavauzelle

——–


Canzoniere Petrarca  Sonetto 150

LE CHANSONNIER PÉTRARQUE Sonnet 150
CL

Rerum vulgarium fragmenta

Fragments composés en vulgaire

Rime In vita di Madonna Laura

PRIMA PARTE
Première Partie

150/263

Dante Boccace Petrarque Guido Cavalvanti Cino da Pistoia Guittone dArezzo Trecento Italien 1544 Giorgio Vasari

 Dialogue avec son âme

-« Che fai alma? che pensi? avrem mai pace?
« Âme, que fais-tu ? Que penses-tu? Jamais aurons-nous la paix ?
avrem mai tregua? od avrem guerra eterna? « 
Ni de trêve ? Aurons-nous toujours cette éternelle guerre ?  »
 » Che fia di noi, non so; ma, in quel ch’io scerna,
Je ne sais ce qui adviendra de nous, mais je sais,
a’ suoi begli occhi il mal nostro non piace. « 
Qu’à ses beaux yeux ne plaît pas notre mal. « 

**

-« Che pro, se con quelli occhi ella ne face
« A quoi bon, si toutefois avec les yeux, elle fait
 di state un ghiaccio, un foco quando inverna? « 
En été de la glace et du feu en hiver ? « 
 » Ella non, ma colui che gli governa. « 
« Pas elle, mais celui qui les gouverne. »
 » Questo ch’e a noi, s’ella s’el vede, et tace? « 
« Est-ce si important, si elle voit et se tait ? » « 

**


**

-« Talor tace la lingua, e ‘l cor si lagna
« Parfois, la langue se tait, alors se lamente le cœur
ad alta voce, e ‘n vista asciutta et lieta,
A haute voix, et les yeux secs et en liesse,
piange dove mirando altri non ‘l vede. « 
Mais pleurant là où personne ne peut la voir « 

**

-« Per tutto cio la mente non s’acqueta,
« Mon esprit pourtant jamais ne s’apaise,
rompendo il duol che ‘n lei s’accoglie et stagna,
Rompant la douleur qui en lui se rassemble et stagne,
ch’a gran speranza huom misero non crede.
Car l’homme miséreux ne croit pas à de grandes espérances. 

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Traduction Jacky Lavauzelle
ARTGITATO
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Ritratto_di_francesco_petrarca,_altichiero,_1376_circa,_padova

canzoniere Petrarca 150
PÉTRARQUE POÉSIE CANZONIERE
le chansonnier Pétrarque Sonnet 150
canzoniere poet

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PÉTRARQUE POÉSIE
CANZONIERE

LE CHANSONNIER PÉTRARQUE POÉSIE CANZONIERE SONNET 148 (Première Partie) – CXLVIII

*

FRANCESCO PÉTRARQUE POÉSIE

Francesco PETRARCA
1304 – 1374

Traduction Jacky Lavauzelle

——–


Canzoniere Petrarca  Sonetto 148

LE CHANSONNIER PÉTRARQUE Sonnet 148
CXLVIII

Rerum vulgarium fragmenta

Fragments composés en vulgaire

Rime In vita di Madonna Laura

PRIMA PARTE
Première Partie

148/263

Dante Boccace Petrarque Guido Cavalvanti Cino da Pistoia Guittone dArezzo Trecento Italien 1544 Giorgio Vasari

 

Non Tesin, Po, Varo, Adige et Tebro,
Ni Tessin, Po, Var, Adige et Tibre,
Eufrate, Tigre, Nilo, Hermo, Indo et Gange,
Euphrate, Tigre, Nil, Hermos*, Indus et Gange,
Tana, Histro, Alpheo, Garona, e ‘l mar che frange,
Don, Danube*, Alphée, Garonne, et Timave****,
 Rodano, Hibero, Ren, Sena, Albia, Era, Hebro;
Rhône, Ebre, Rhin, Seine, Aube,  Aar, Hébron ;

[* Gediz Nehri fleuve de Turquie – **du grec Ἴστρος – Istros – ***Ρουφιάς / Roufiás (fleuve du Péloponnèse) – ****Reka ou Timave (Slovénie et Italie jusqu’à la mer Adriatique)

**

non edra, abete, pin, faggio, o genebro,
Ni lierre, sapin, pin, hêtre ou genévrier,
poria ‘l foco allentar che ‘l cor tristo ange,
Ne pourraient apaiser le feu qui consume mon triste cœur,
quant’un bel rio ch’ad ognor meco piange,
Comme un beau ruisseau* qui toutes les heures avec moi pleure,
co l’arboscel che ‘n rime orno et celebro.
Comme l’arbuste** qu’avec mes rimes j’orne et je célèbre.

[*La Sorgue – ** le Laurier / Laure]

**


**

Questo un soccorso trovo tra gli assalti
Je ne trouve pas d’autres secours aux assauts
d’Amore, ove conven ch’armato viva
D’Amour, et je dois vivre constamment armé
la vita che trapassa a si gran salti.
Cette vie qui trépasse à grands bonds.

**

Cosi cresca il bel lauro in fresca riva,
Que pousse le beau laurier sur la fraîche rive,
et chi ‘l pianto pensier’ leggiadri et alti
et pour celui qui le planta, de hautes et gracieuse pensées
ne la dolce ombra al suon de l’acque scriva.
Dans la douce ombre écrite au doux bruit de l’eau.

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Traduction Jacky Lavauzelle
ARTGITATO
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Ritratto_di_francesco_petrarca,_altichiero,_1376_circa,_padova

canzoniere Petrarca 148
PÉTRARQUE POÉSIE CANZONIERE
le chansonnier Pétrarque Sonnet 148
canzoniere poet

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PÉTRARQUE POÉSIE
CANZONIERE

LE CHANSONNIER PÉTRARQUE CANZONIERE SONNET 255 (Première Partie) – CCLV

*

FRANCESCO PETRARQUE SONNET

Francesco PETRARCA
1304 – 1374

Traduction Jacky Lavauzelle

——–


Canzoniere Petrarca  Sonetto 255

LE CHANSONNIER PETRARQUE Sonnet 255
CCLV

Rerum vulgarium fragmenta

Fragments composés en vulgaire

Rime In vita di Madonna Laura

PRIMA PARTE
Première Partie

255/263

Dante Boccace Petrarque Guido Cavalvanti Cino da Pistoia Guittone dArezzo Trecento Italien 1544 Giorgio Vasari

 

La sera desiare, odiar l’aurora
La nuit la désirer et l’aurore la haïr,
soglion questi tranquilli et lieti amanti;
Voilà ce que vivent les tranquilles et heureux amants ;
a me doppia la sera et doglia et pianti,
Le soir, moi, s’amplifient ma tristesse et mes larmes,
la matina e per me piu felice hora:
Le matin, moi, je découvre la plus joyeuse des heures :

**

che spesso in un momento apron allora
Souvent, au même instant, s’ouvrent
  l’un sole et l’altro quasi duo levanti,
Deux soleils* comme un double levant,
di beltade et di lume si sembianti,
Si beaux, si lumineux, si semblables
ch’anco il ciel de la terra s’innamora;
Que le ciel de la terre s’éprend ;

[*Laure et Apollon]

**


**

come gia fece, allor che’ primi rami
Comme jadis, quand les premières branches
verdeggiar, che nel cor radice m’anno,
Verdirent, aux racines plantées dans le cœur,
 per cui sempre altrui piu che me stesso ami.
Pour lesquelles je préfère autrui à moi-même.

**

Cosi di me due contrarie hore fanno;
Voici ce que deux heures contraires en moi provoquent :
  et chi m’acqueta e ben ragion ch’i’ brami,
Celle qui me soulage est celle que j’attends,
et tema et odi chi m’adduce affanno.
Celle qui me blesse est celle que je redoute .

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Traduction Jacky Lavauzelle
ARTGITATO
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Ritratto_di_francesco_petrarca,_altichiero,_1376_circa,_padova

canzoniere Petrarca 255
PETRARQUE CANZONIERE
le chansonnier Pétrarque Sonnet 255
canzoniere poet

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PETRARQUE CANZONIERE

LE CHANSONNIER PÉTRARQUE CANZONIERE SONNET 177 (Première Partie) – CLXXVII

*

FRANCESCO PETRARQUE SONNET

Francesco PETRARCA
1304 – 1374

Traduction Jacky Lavauzelle

——–


Canzoniere Petrarca  Sonetto 177

LE CHANSONNIER PETRARQUE Sonnet 177
CLXXII

Rerum vulgarium fragmenta

Fragments composés en vulgaire

Rime In vita di Madonna Laura

PRIMA PARTE
Première Partie

177/263

Dante Boccace Petrarque Guido Cavalvanti Cino da Pistoia Guittone dArezzo Trecento Italien 1544 Giorgio Vasari

[NdT : Traversée de la forêt ardennaise en guerre en 1333. Pétrarque a alors 29 ans. Laure réside en Provence.]

Mille piagge in un giorno et mille rivi
Mille lieux et mille rivières, en un jour,
  mostrato m’à per la famosa Ardenna
M’ont montré dans la célèbre Ardenne
 Amor, ch’a’ suoi le piante e i cori impenna
Amour,  qui aile ses pieds et son cœur
per fargli al terzo ciel volando ir vivi.
Pour qu’ils aillent vivants voler au troisième ciel.

**

Dolce m’è sol senz’arme esser stato ivi,
Qu’il m’est doux , d’y être allé désarmé et seul
dove armato fier Marte, et non acenna,
Là où le fier Mars armé frappe sans prévenir,
quasi senza governo et senza antenna
Presque sans gouvernail et sans antenne
 legno in mar, pien di penser’ gravi et schivi.
Un bateau dans la mer, plein de pensées graves et fuyantes.

**


**

Pur giunto al fin de la giornata oscura,
Au bout de cette sombre journée,
rimembrando ond’io vegno, et con quai piume,
Me souvenant d’où je viens, et avec quelles ailes,
  sento di troppo ardir nascer paura.
Je sens la peur naître de ce trop plein d’audace.

**

Ma ’l bel paese e ’l dilectoso fiume
Mais le beau pays et la délicieuse rivière
 con serena accoglienza rassecura
avec la sécurité de son accueil me rassure
il cor già vòlto ov’abita il suo lume.
Le cœur déjà tourné d’où provient sa lumière.

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Traduction Jacky Lavauzelle
ARTGITATO
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Ritratto_di_francesco_petrarca,_altichiero,_1376_circa,_padova

canzoniere Petrarca 177
PETRARQUE CANZONIERE
le chansonnier Pétrarque Sonnet 177
canzoniere poet

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PETRARQUE CANZONIERE

LE CHANSONNIER PÉTRARQUE CANZONIERE SONNET 176 (Première Partie) – CLXXVI

*

FRANCESCO PETRARQUE SONNET

Francesco PETRARCA
1304 – 1374

Traduction Jacky Lavauzelle

——–


Canzoniere Petrarca  Sonetto 176

LE CHANSONNIER PETRARQUE Sonnet 176
CLXXI

Rerum vulgarium fragmenta

Fragments composés en vulgaire

Rime In vita di Madonna Laura

PRIMA PARTE
Première Partie

176/263

Dante Boccace Petrarque Guido Cavalvanti Cino da Pistoia Guittone dArezzo Trecento Italien 1544 Giorgio Vasari

[NdT : Traversée de la forêt ardennaise en guerre en 1333. Pétrarque a alors 29 ans. Laure réside en Provence.]

Per mezz’i boschi inhospiti et selvaggi,
Au milieu de ces sauvages forêts inhospitalières,
onde vanno a gran rischio uomini et arme,
Où les hommes et les armes courent de grands périls,
vo securo io, ché non pò spaventarme
Moi, je marche serein, sans aucun souci
altri che ’l sol ch’à d’amor vivo i raggi;
Autre que ce soleil aux rais d’amour si vifs ;

**

et vo cantando (o penser’ miei non saggi!)
et je vais chantant (ô folles pensées !)
lei che ’l ciel non poria lontana farme,
Celle que le ciel lui-même ne saurait m’écarter,
ch’i’ l’ò negli occhi, et veder seco parme
Car elle est dans mes yeux, et je vois à sa traîne
donne et donzelle, et son abeti et faggi.
Dames et jeunes filles dans chaque sapin et dans chaque hêtre.

**


**

Parme d’udirla, udendo i rami et l’òre
Dans le bruissement des branches et des brises, je l’entends,
et le frondi, et gli augei lagnarsi, et l’acque
Ainsi que dans les feuillages et les plaintes des oiseaux, et dans l’eau
mormorando fuggir per l’erba verde.
murmurant en parcourant l’herbe verte.

**

Raro un silentio, un solitario horrore
Rarement un silence, une solitaire horreur
d’ombrosa selva mai tanto mi piacque:
D’une forêt ombragée ne m’ont autant plu :
se non che dal mio sol troppo si perde.
Sinon d’être aussi loin de mon soleil perdu.

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Traduction Jacky Lavauzelle
ARTGITATO
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Ritratto_di_francesco_petrarca,_altichiero,_1376_circa,_padova

canzoniere Petrarca 176
le chansonnier Pétrarque Sonnet 176
canzoniere poet

FRANCESCO PÉTRARQUE SONNET
PETRARQUE CANZONIERE

LE CHANSONNIER PETRARQUE SONNET 263 (Dernier Sonnet -Première Partie) CANZONIERE – CCLXIII

*

FRANCESCO PETRARQUE SONNET

Francesco PETRARCA
1304 – 1374

Traduction Jacky Lavauzelle

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Canzoniere Petrarca  Sonetto 263

LE CHANSONNIER PETRARQUE Sonnet 263
CCLXIII

Rerum vulgarium fragmenta

Fragments composés en vulgaire

Rime In vita di Madonna Laura

PRIMA PARTE
Première Partie

263/263

Dante Boccace Petrarque Guido Cavalvanti Cino da Pistoia Guittone dArezzo Trecento Italien 1544 Giorgio Vasari

Arbor victorïosa trumphale,
Laurier triomphal, arbuste victorieux,
onor d’imperadori et di poeti,
Honneur des empereurs, fierté des poètes,
 quanti m’ài fatto dí dogliosi et lieti
Me donnant tant de jours tristes et tant de jours joyeux
 in questa breve mia vita mortale!
Dans ma courte vie mortelle !

**

Vera donna, et a cui di nulla cale,
Vraie dame, tu ne te soucies de rien,
se non d’onor, che sovr’ogni altra mieti,
D’honneur uniquement, dont la moisson dépasse toute autre,
né d’Amor visco temi, o lacci o reti,
D’Amour tu ne crains ni les attraits, ni les lacets ni les rayons,
 né ‘ngano altrui contr’al tuo senno vale.
Des autres tu ne redoutes rien contre ta vraie sagesse.

**


**

Gentileza di sangue, et l’altre care
Noblesse de sang et tout ce qui est précieux
  cose tra noi, perle et robini et oro,
Pour nous : perles, rubis et or,
  quasi vil soma egualmente dispregi.
Tu les méprises comme choses viles.

**

L’ alta beltà ch’al mondo non à pare
Cette grande beauté sans égale dans le monde
noia t’è, se non quanto il bel thesoro
T’ennuie, sinon pour ce beau trésor
 di castità par ch’ella adorni et fregi.
De chasteté afin que de parure elle ne lui serve.

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Traduction Jacky Lavauzelle
ARTGITATO
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Ritratto_di_francesco_petrarca,_altichiero,_1376_circa,_padova

canzoniere Petrarca 263
le chansonnier Pétrarque Sonnet 263
canzoniere poet

FRANCESCO PETRARQUE SONNET

LE CHANSONNIER PETRARQUE SONNET 190 (Première Partie) CANZONIERE – CXC

*

FRANCESCO PETRARQUE SONNETS

Francesco PETRARCA
1304 – 1374

Traduction Jacky Lavauzelle

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Canzoniere Petrarca  Sonetto 190

LE CHANSONNIER PETRARQUE Sonnet 190
CXC

Rerum vulgarium fragmenta

Fragments composés en vulgaire

Rime In vita di Madonna Laura

PRIMA PARTE
Première Partie

190/263

Dante Boccace Petrarque Guido Cavalvanti Cino da Pistoia Guittone dArezzo Trecento Italien 1544 Giorgio Vasari

Una candida cerva sopra l’erba
Une biche blanche sur l’herbe
verde m’apparve, con duo corna d’oro,
Verte m’est apparue pourvue de deux cornes d’or,
fra due riviere, all’ombra d’un alloro,
Entre deux rivières [Sorgue & Durance], à l’ombre d’un laurier [Laure],
 levando ’l sole a la stagione acerba.
Dans ce lever de soleil printanier.

**

Era sua vista sí dolce superba,
Cette vision était si douce et superbe,
  ch’i’ lasciai per seguirla ogni lavoro:
Que je mes suis mis à la suivre quittant tout labeur :
come l’avaro che ’n cercar tesoro
comme l’avare qui cherche un trésor
 con diletto l’affanno disacerba.
Atténuant avec délice son tourment.

**


**

« Nessun mi tocchi – al bel collo d’intorno
« Ne me retiens pas*- la belle autour du cou
scritto avea di diamanti et di topazi – :
Avait écrit en diamants et Topaze -:
libera farmi al mio Cesare parve « .
  Il plut à mon César de me créer« .

[*  Dicit ei Jesus : Noli me tangere, nondum enim ascendi ad Patrem meum : vade autem ad fratres meos, et dic eis : Ascendo ad Patrem meum, et Patrem vestrum, Deum meum, et Deum vestrum. (Chapitre 20 Evangile selon Jean – Vulgate Clementina)]

 

**

E t era ’l sol già vòlto al mezzo giorno,
Et le soleil montrait bientôt midi,
 gli occhi miei stanchi di mirar, non sazi,
mes yeux étaient fatigués de contempler, mais non rassasiés,
  quand’io caddi ne l’acqua, et ella sparve.
Quand je tombai dans l’eau, et qu’elle disparu.

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VOIR ADAPTATION DE CE SONNET PAR SIR THOMAS WYATT
(cliquer sur le lien)

POUR QUI VEUT CHASSER
SIR THOMAS WYATT POEMES
(Sonnet)
Whoso list to hunt
POUR QUI VEUT CHASSER

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Traduction Jacky Lavauzelle
ARTGITATO
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Ritratto_di_francesco_petrarca,_altichiero,_1376_circa,_padova

canzoniere Petrarca 190
le chansonnier Pétrarque Sonnet 190
canzoniere poet

FRANCESCO PETRARQUE SONNETS

LE CHANSONNIER SONNET 165 (Première Partie) CANZONIERE PETRARCA 165 – SONNET CLXV

*

FRANCESCO PETRARQUE

Francesco PETRARCA
1304 – 1374

Traduction Jacky Lavauzelle

——–


Canzoniere Petrarca  Sonetto 165

LE CHANSONNIER PETRARQUE Sonnet 165
CLXV

Rerum vulgarium fragmenta

Fragments composés en vulgaire

Rime In vita di Madonna Laura

PRIMA PARTE
Première Partie

165/263

Dante Boccace Petrarque Guido Cavalvanti Cino da Pistoia Guittone dArezzo Trecento Italien 1544 Giorgio Vasari

Come ’l candido pie’ per l’erba fresca
Quand son pied candide se pose sur l’herbe fraîche,
i dolci passi honestamente move,
ses doux pas se déplaçant délicatement,
vertú che ’ntorno i fiori apra et rinove,
une vertu ouvre les fleurs nouvelles pleinement,
de le tenere piante sue par ch’esca.
qui de sa plante semble émaner.

**

Amor che solo i cor’ leggiadri invesca
Amour qui aux seuls cœurs gracieux se montre
né degna di provar sua forza altrove,
et ne daigne forcer ailleurs sa puissance,
da’ begli occhi un piacer sí caldo piove
aux beaux yeux extrait tant d’ardentes pluies
ch’i’ non curo altro ben né bramo altr’ésca.
que je ne cherche ni d’autres biens ni d’autres appâts.

**


**

Et co l’andar et col soave sguardo
Et à ce doux regard, à cette silhouette
s’accordan le dolcissime parole,
s’accordent des douces paroles soyeuses,
et l’atto mansüeto, humile et tardo.
et une démarche de bonté, humble et délicate.

**

Di tai quattro faville, et non già sole,
De ces quatre étincelles, et non seulement,
nasce ’l gran foco, di ch’io vivo et ardo,
naît le grand feu dont je vis et brûle,
che son fatto un augel notturno al sole.
moi qui suis devenu oiseau nocturne sous le soleil.

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CANZONIERE PETRARCA
Traduction Jacky Lavauzelle
ARTGITATO
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Ritratto_di_francesco_petrarca,_altichiero,_1376_circa,_padova

canzoniere Petrarca 165
le chansonnier Pétrarque Sonnet 165
canzoniere poet

FRANCESCO PETRARQUE