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LE CHANSONNIER PÉTRARQUE CANZONIERE SONNET 255 (Première Partie) – CCLV

*

FRANCESCO PETRARQUE SONNET

Francesco PETRARCA
1304 – 1374

Traduction Jacky Lavauzelle

——–


Canzoniere Petrarca  Sonetto 255

LE CHANSONNIER PETRARQUE Sonnet 255
CCLV

Rerum vulgarium fragmenta

Fragments composés en vulgaire

Rime In vita di Madonna Laura

PRIMA PARTE
Première Partie

255/263

Dante Boccace Petrarque Guido Cavalvanti Cino da Pistoia Guittone dArezzo Trecento Italien 1544 Giorgio Vasari

 

La sera desiare, odiar l’aurora
La nuit la désirer et l’aurore la haïr,
soglion questi tranquilli et lieti amanti;
Voilà ce que vivent les tranquilles et heureux amants ;
a me doppia la sera et doglia et pianti,
Le soir, moi, s’amplifient ma tristesse et mes larmes,
la matina e per me piu felice hora:
Le matin, moi, je découvre la plus joyeuse des heures :

**

che spesso in un momento apron allora
Souvent, au même instant, s’ouvrent
  l’un sole et l’altro quasi duo levanti,
Deux soleils* comme un double levant,
di beltade et di lume si sembianti,
Si beaux, si lumineux, si semblables
ch’anco il ciel de la terra s’innamora;
Que le ciel de la terre s’éprend ;

[*Laure et Apollon]

**


**

come gia fece, allor che’ primi rami
Comme jadis, quand les premières branches
verdeggiar, che nel cor radice m’anno,
Verdirent, aux racines plantées dans le cœur,
 per cui sempre altrui piu che me stesso ami.
Pour lesquelles je préfère autrui à moi-même.

**

Cosi di me due contrarie hore fanno;
Voici ce que deux heures contraires en moi provoquent :
  et chi m’acqueta e ben ragion ch’i’ brami,
Celle qui me soulage est celle que j’attends,
et tema et odi chi m’adduce affanno.
Celle qui me blesse est celle que je redoute .

********************
Traduction Jacky Lavauzelle
ARTGITATO
*********************

Ritratto_di_francesco_petrarca,_altichiero,_1376_circa,_padova

canzoniere Petrarca 255
PETRARQUE CANZONIERE
le chansonnier Pétrarque Sonnet 255
canzoniere poet

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PETRARQUE CANZONIERE

LE PURGATOIRE DANTE – PURGATORIO CANTO II CHANT II

***
LE PURGATOIRE DANTE

 

LA DIVINE COMEDIE – Divina Commedia
Traduction – Texte Bilingue
LITTERATURE ITALIENNE
Letteratura Italiana

DANTE ALIGHIERI
Firenze 1265 Florence – Ravenna 1321 Ravenne

Portrait de Dante de la Chapelle du Palais de Bargello Florence
Cappella del Podestà Firenze
attribué à Giotto di Bondone
Il ritratto di Dante in un’elaborazione grafica
Détail
& Representación artística del purgatorio
Représentation artistique du purgatoire

***********

Traduction  Traduzione Jacky Lavauzelle

——–



DANTE ALIGHIERI

LA DIVINE COMEDIE
Divina Commedia
1303 – 1321
LE PURGATOIRE
PURGATORIO

CANTO 2
CHANT 2

 ******

Già era ‘l sole a l’orizzonte giunto
Déjà le soleil avait atteint l’horizon
lo cui meridïan cerchio coverchia
où le cercle méridien couvre
   Ierusalèm col suo più alto punto;
Jérusalem à son point le plus élevé ;

*

e la notte, che opposita a lui cerchia,
et la nuit, parcourant le cercle opposé,
uscia di Gange fuor con le Bilance,
sortait du Gange avec les Balances
che le caggion di man quando soverchia; 
qui chutent de ses mains quand elle s’allonge ;

*

sì che le bianche e le vermiglie guance,
qu’alors les blanches et vermeilles joues,
là dov’i’ era, de la bella Aurora
d’où j’étais, de la belle Aurore
per troppa etate divenivan rance.
en vieillissant se changeaient en orange.

*

Noi eravam lunghesso mare ancora,
Nous étions encore non loin de la mer,
come gente che pensa a suo cammino,
Comme ces gens qui pensent à leur route,
che va col cuore e col corpo dimora.
qui y vont avec le cœur et demeurent avec le corps.

*

Ed ecco, qual, sorpreso dal mattino,
Et ici, quand, surpris sur le matin,
per li grossi vapor Marte rosseggia
par les lourdes vapeurs Mars rougeoie
giù nel ponente sovra ’l suol marino,
sur le couchant sur le sol marin,


*

cotal m’apparve, s’io ancor lo veggia,
m’apparut, je la vois à nouveau,
un lume per lo mar venir sì ratto
une lumière de la mer galopant
che ’l muover suo nessun volar pareggia.
qu’aucun autre vol ne peut égaler.

*

 Dal qual com’io un poco ebbi ritratto
Je détournai d’elle un instant mon regard
l’occhio per domandar lo duca mio,
Afin de questionner mon guide,
rividil più lucente e maggior fatto.
Je la revis ensuite et plus lumineuse et plus grande.

*

Poi d’ogne lato ad esso m’appario
Puis de chaque côté m’apparut
un non sapeva che bianco, e di sotto
un je ne sais quoi de blanc, et au-dessous
a poco a poco un altro a lui uscìo.
Peu à peu, il en sortit un autre.

*

Lo mio maestro ancor non facea motto,
Mon maître n’avait pas prononcé encore un seul mot,
mentre che i primi bianchi apparver ali;
quand la première blancheur devenait des ailes ;
allor che ben conobbe il galeotto,
Mais quand il reconnu clairement le pilote,

*

gridò: « Fa, fa che le ginocchia cali.
il cria : « Dépêche-toi, à genoux.
Ecco l’angel di Dio: piega le mani;
 Voici l’Ange de Dieu : joins tes mains !
omai vedrai di sì fatti officiali.
 désormais, tu verras de tels officiers. 


*




Vedi che sdegna li argomenti umani,
 Vois comme il se moque des arguments humains,
sì che remo non vuol, né altro velo
 il ne veut ni rame ni voile
 che l’ali sue, tra liti sì lontani.
il ne veut que ses propres ailes entre les rivages si lointains.

*

Vedi come l’ ha dritte verso ’l cielo,
 Vois comme il les pointe vers le haut du ciel,
 trattando l’aere con l’etterne penne,
 frappant l’air de ses plumes éternelles,
che non si mutan come mortal pelo ».
 qui jamais ne muent comme le poil des mortels ».

*




Poi, come più e più verso noi venne
Puis, comme de plus en plus près de nous s’approchait
l’uccel divino, più chiaro appariva:
l’oiseau divin, il apparaissait plus encore rayonnant
  per che l’occhio da presso nol sostenne,
que l’œil ne pouvait le supporter,

*

ma chinail giuso; e quei sen venne a riva
mais je les baissais ; et il appareilla à terre
 con un vasello snelletto e leggero,
avec un vaisseau rapide et léger,
tanto che l’acqua nulla ne ’nghiottiva.
que nulle eau n’en pouvait en submerger la coque.




*

Da poppa stava il celestial nocchiero,
Le céleste nocher tenait la poupe
tal che faria beato pur descripto;
envahi d’une pure béatitude ;
 e più di cento spirti entro sediero.
à ses côtés, une centaine d’esprits étaient assis.


*

’In exitu Isräel de Aegypto’
‘In exitu Israel de Aegypto »
[Quand Israël sortit d’Egypte]
cantavan tutti insieme ad una voce
scandaient-ils tous ensemble d’une seule voix
con quanto di quel salmo è poscia scripto.
et suivait la suite du psaume.

*

Poi fece il segno lor di santa croce;
Puis il fit le signe de la sainte croix ;
ond’ei si gittar tutti in su la piaggia:
tous se ruèrent sur le rivage:
ed el sen gì, come venne, veloce.
et lui partit, comme il était venu.

*

La turba che rimase lì, selvaggia
La foule paraissait étrangère
parea del loco, rimirando intorno
à ces lieux, regardant tout autour
come colui che nove cose assaggia.
comme celui qui découvre une chose nouvelle.

*

Da tutte parti saettava il giorno
De tous côtés, pointait la lueur
lo sol, ch’avea con le saette conte
du soleil, qui avait, par sa foudre cinglante,
di mezzo ’l ciel cacciato Capricorno,
du milieu du ciel, chassé le Capricorne,





*

quando la nova gente alzò la fronte
Lorsque les nouveaux arrivants levèrent leurs visages
 ver’ noi, dicendo a noi: « Se voi sapete,
vers nous, en nous disant : « Si vous savez,
mostratene la via di gire al monte ».
Montrez-nous le chemin jusqu’à la montagne « .




*

E Virgilio rispuose: « Voi credete
Et Virgile répondit: « Vous croyez
forse che siamo esperti d’esto loco;
Que nous connaissons ces lieux ;
ma noi siam peregrin come voi siete.
nous sommes des pèlerins tout comme vous.

*

Dianzi venimmo, innanzi a voi un poco,
Nous sommes arrivés ici peu avant vous,
per altra via, che fu sì aspra e forte,
par une autre route,  si rude et escarpée,
 che lo salire omai ne parrà gioco ».
que grimper désormais nous paraîtrait un jeu».

*

gridò: « Fa, fa che le ginocchia cali.
Il a crié: « Dépêche-toi, à genoux !
 
Ecco l’angel di Dio: piega le mani;
Voici l’Ange de Dieu : joins tes mains ;
  omai vedrai di sì fatti officiali.
désormais, tu verras d’autres officiels de la sorte.

*




Vedi che sdegna li argomenti umani,
Vois comme il se moque des arguments humains,
sì che remo non vuol, né altro velo
il ne veut ni rame ni voile
 che l’ali sue, tra liti sì lontani.
 Que ses propres ailes, entre les lointains rivages.


*

Vedi come l’ ha dritte verso ’l cielo,
Vois comme il les pointe vers le haut du ciel,
  trattando l’aere con l’etterne penne,
Frappant l’air avec ses plumes éternelles,
che non si mutan come mortal pelo ».
  Qui ne poussent pas comme un mortel poil».

*




L’anime, che si fuor di me accorte,
Les âmes qui avaient remarqué,
per lo spirare, ch’i’ era ancor vivo,
que je respirais encore, que j’étais encore en vie,
maravigliando diventaro smorte.
pâlir d’étonnement.

*

E come a messagger che porta ulivo
Et comme à messager portant l’olivier
tragge la gente per udir novelle,
Les gens se pressent pour entendre les nouvelles,
 e di calcar nessun si mostra schivo,
et personne n’a plus de peur de la foule,

*




così al viso mio s’affisar quelle
ainsi sur mon visage se fixèrent
anime fortunate tutte quante,
les âmes  fortunées attentives,
  quasi oblïando d’ire a farsi belle.
oubliant presque d’aller se faire belles.

*

Io vidi una di lor trarresi avante
Une d’entre elles se détacha des autres
per abbracciarmi, con sì grande affetto,
pour m’embrasser, avec tant d’affection,
che mosse me a far lo somigliante.
qu’elle m’incita à en faire autant.

*

Ohi ombre vane, fuor che ne l’aspetto!
O vaines ombres, sauf en apparence !
tre volte dietro a lei le mani avvinsi,
trois fois derrière elle je posai mes bras,
e tante mi tornai con esse al petto.
mais toujours je les ramenai sur ma poitrine.


*

Di maraviglia, credo, mi dipinsi;
Je pense que l’étonnement se voyait sur mon visage ;
 
per che l’ombra sorrise e si ritrasse,
sur quoi l’ombre sourit et prit la fuite ;
  e io, seguendo lei, oltre mi pinsi.
et moi, la suivant, je la dépassai.

*

Soavemente disse ch’io posasse;
Doucement, elle me dit d’arrêter ;
allor conobbi chi era, e pregai
je la reconnus alors, et je la priai
che, per parlarmi, un poco s’arrestasse.
que de parler un peu avec moi.

*




Rispuosemi: « Così com’io t’amai
Elle me réponduit : « comme je t’ai aimé
nel mortal corpo, così t’amo sciolta:
Dans le corps mortel, mais je t’aime libérée de ce corps :
però m’arresto; ma tu perché vai? »
cependant, je m’arrête; mais toi pourquoi vas-tu ? « 

*

« Casella mio, per tornar altra volta
« Mon Casella ! c’est pour revenir encore
 
là dov’io son, fo io questo vïaggio »,
 de là d’où je suis, que je fais ce voyage,  »
diss’io; « ma a te com’è tanta ora tolta? »
lui dis-je ; « Mais pourquoi avoir pris tant de temps ? »

*

Ed elli a me: « Nessun m’è fatto oltraggio,
Et lui me dit alors : « aucun outrage ne m’a été fait,
  se quei che leva quando e cui li piace,
quand celui qui prend qui il veut et quand il veut,
 più volte m’ ha negato esto passaggio;
me refusa à plusieurs reprises le passage ;

*

ché di giusto voler lo suo si face:
car sa volonté profonde est juste ;
 
veramente da tre mesi elli ha tolto
il a vraiment depuis trois mois fait monter 
  chi ha voluto intrar, con tutta pace.
ceux qui le voulaient et cela très sereinement.




*

Ond’io, ch’era ora a la marina vòlto
et moi, qui maintenant m’étais tourné vers ce rivage
dove l’acqua di Tevero s’insala,
 où les eaux du Tibre se salent,
benignamente fu’ da lui ricolto.
Bénignement il m’a reçu.




A quella foce ha elli or dritta l’ala,
Ses ailes dominent désormais l’embouchure,
però che sempre quivi si ricoglie
 car en ce lieu toujours il recueille
qual verso Acheronte non si cala ».
ceux qui ne descendent pas vers l’Achéron ».

*

E io: « Se nuova legge non ti toglie
Et moi : « Si une nouvelle loi ne t’a pas enlevé
 
memoria o uso a l’amoroso canto
 la mémoire ou la pratique de la chanson galante
  che mi solea quetar tutte mie doglie,
qui calmait d’habitude tous mes désirs,




*

di ciò ti piaccia consolare alquanto
qu’il serait bon que tu consoles un peu
l’anima mia, che, con la sua persona
mon âme, qui, avec le corps
venendo qui, è affannata tanto! ».
est venue au coeur de tant de détresse ».


*

’Amor che ne la mente mi ragiona’
« Amour qui en mon âme raisonne »
cominciò elli allor sì dolcemente,
chanta-t-il si mélodieusement ;
che la dolcezza ancor dentro mi suona.
combien cette douce mélodie retentit toujours en moi.

*




Lo mio maestro e io e quella gente
Mon maître et moi et ces gens
 ch’eran con lui parevan sì contenti,
qui étaient là avec lui, étions satisfaits
come a nessun toccasse altro la mente.
comme si rien d’autre ne pouvait toucher l’esprit.

*

Noi eravam tutti fissi e attenti
Nous prêtions tous une attentive oreille
 
a le sue note; ed ecco il veglio onesto
dans ses notes ; et voici alors que le vénérable
gridando: « Che è ciò, spiriti lenti?
cria : « Qu’est-ce  donc là, esprits indolents ?




*

qual negligenza, quale stare è questo?
Quelle négligence en tout ceci ?
Correte al monte a spogliarvi lo scoglio
Courez vers la montagne pour enlever les souillures de vos péchés
ch’esser non lascia a voi Dio manifesto ».
qui empêchent qu’à vous Dieu ne se manifeste ».

*

Come quando, cogliendo biado o loglio,
Comme dans la collecte du grain ou de la paille,
 
li colombi adunati a la pastura,
Les colombes partent ensemble dans les pâtures,
queti, sanza mostrar l’usato orgoglio,
sans montrer de fierté ordinaire,

*

se cosa appare ond’elli abbian paura,
si une chose apparaît provoquant de la peur,
subitamente lasciano star l’esca,
elles laissent tomber subitement l’appât,
attention;perch’assaliti son da maggior cura;
car assaillies par une plus grande préoccupation ;

*

così vid’io quella masnada fresca
ainsi, je vis cette nouvelle troupe
lasciar lo canto, e fuggir ver’ la costa,
cesser le chant et fuir vers la côte,
com’om che va, né sa dove rïesca;
comme un homme totalement désorienté ;




*

né la nostra partita fu men tosta.
et notre départ ne fut pas moins précipité.

 

********************
LE PURGATOIRE DANTE

CAMOES OS LUSIADAS II-110 LES LUSIADES

Luís Vaz de Camões Les Lusiades
OS LUSIADAS II-110 LES LUSIADES II-110
LITTERATURE PORTUGAISE

Luis de Camoes Oeuvres obras Artgitato

literatura português

Luis de Camões
[1525-1580]

Tradução – Traduction
texto bilingue

Luis de Camoes Les Lusiades

 

Obra Poética

(1556)

LES LUSIADES II-110

OS LUSIADAS II-110

A Epopeia Portuguesa

 

CHANT II
Canto Segundo

Traduction Jacky Lavauzelle

verso  110
Strophe 110

II-110

Image illustrative de l'article Vasco de Gama

Vasco de Gama

Vasco da Gama signature almirante.svg

 

******

Luís Vaz de Camões Les Lusiades
OS LUSIADAS II-110
LES LUSIADES II-110

 *****

« E assim também nos conta dos rodeios
« Et aussi conte-nous tes pérégrinations
Longos, em que te traz o mar irado,
Si longues, sur la mer déchaînée,
 Vendo os costumes bárbaros alheios
Où tu observas des coutumes barbares si étranges,
Que a nossa África ruda tem criado.
Que notre inhospitalière Afrique a créé.
 Conta: que agora vêm co’os áureos freios
Conte, car maintenant arrivent avec leurs freins dorés
  Os cavalos que o carro marchetado
Les chevaux et les chars
  Do novo Sol, da fria Aurora trazem,
Du Soleil naissant, venant de la froide Aurore ;
  O vento dorme, o mar e as ondas jazem.
Déjà le vent dort, la mer et les vagues se posent.

Vasco de Gama par Gregorio Lopes

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Luís Vaz de Camões Les Lusiades
OS LUSIADAS II-110 LES LUSIADES II-110

Traduction Jacky Lavauzelle
ARTGITATO
*********************

White_Fawn_Drawing Faon Diane

LA VIE DE LUIS DE CAMOES
par Charles Magnin

( Extrait )
Par En cherchant à montrer la différence qui sépare la vie aventureuse et active des écrivains portugais, notamment celle de Camoens, de la vie casanière et posée de la plupart de nos gens de lettres, je ne prétends pas élever par-là les œuvres des uns, ni déprimer les productions des autres. Je n’en crois pas les élégies de Camoens plus touchantes parce qu’elles sont datées d’Afrique, de la Chine et de l’Inde ; je n’en estime pas Polyeucte et Cinna moins admirables, parce que le grand Corneille n’a guère fait de plus longues pérégrinations que le voyage de Paris à Rouen. Je ne conseille à personne de louer un cabinet d’étude à Macao ; mais je crois que, généralement, si les ouvrages écrits au milieu des traverses et au feu des périls ne sont pas plus beaux, les vies de leurs auteurs sont plus belles. Indépendamment de la variété des aventures, on y trouve plus d’enseignements. J’admire et j’honore infiniment La Fontaine et Molière, mais j’honore et j’admire encore plus, comme hommes, Cervantès et Camoens. A mérite de rédaction égal, une histoire littéraire du Portugal serait un meilleur et plus beau livre qu’une histoire littéraire de notre dix-septième ou dix-huitième siècle. C’est une chose bonne et sainte que la lecture de ces vies d’épreuves, que ces passions douloureuses des hommes de génie, Je ne sache rien de plus capable de retremper le cœur. C’est pour cela que dans ce temps de souffrances oisives, de désappointements frivoles, de molles contrariétés et de petites douleurs, j’ai cru bon d’écrire l’étude suivante sur la vie de Luiz de Camoens.
….

OS LUSIADAS II-110
Luís Vaz de Camões Les Lusiades

INVOCATION Poème de Gabriele d’ANNUNZIO – Poesia & traduzione – INVOCAZIONE

Gabriele D’Annunzio
prince de Montenevoso

Traduction – Texte Bilingue
Poesia e traduzione

LITTERATURE ITALIENNE

 Gabriele d'Annunzio Traduction Artgitato Proses et Poèmes Italiens

Letteratura Italiana

Gabriele D’Annunzio
1863-1938

Traduction Jacky Lavauzelle

——-

Hermaphrodite Ermafrodito Musée du Louvre gabriele d'annunzio


 INVOCAZIONE (sonetti)

Invocation  (sonnets)

Καλὸς τέθνακε μελικτάς.

 

Bocca amata, soave e pur dolente,
Bouche aimée, suave et douloureuse aussi,
qual già finsero l’Arte e il Sogno moi;
telle que déjà la pensèrent et l’Art et mon Rêve ;
ambigua forma, tolta a un semidio,
forme ambiguë, prise à un demi-dieu,
al bello Ermafrodito adolescente;
au bel adolescent Hermaphrodite ;

*

o bocca sinuosa umida ardente
ô bouche sinueuse humide
che a me, dove più forte urge il desìo,
qui, pour moi, où plus fort est le désir,
a me sommerso in un profondo oblìo
m’a immergé dans un profond oubli
uggi la vita infaticabilmente;
aspirant ma vie infatigablement ;

*

o gran chioma diffusa in su’ ginocchi
ô cheveux répandus sur mes genoux
miei nel dolce atto; o fredda man che spandi
dans la douceur de l’acte ; ô main froide qui jette
il brivido e mi senti abbrividire;
le frisson et me sent me glacer ;

*

o voi, tra i lunghi cigli languidi occhi,
ô vous, à travers des yeux aux longs cils baissés,
che v’aprite al mio grido ultimo e grandi
qui s’ouvrent à mon dernier cri et grands
lampeggiate guardandomi morire,
s’illuminent en me regardant mourir,

*

oh ch’io muoia, ch’io muoia al fin di vera
oh ! que je meurs, que je meurs enfin d’une véritable
morte e quel grido il grido ultimo sia
mort et que ce cri soit le dernier cri
veramente e di lacrime la mia
et que des larmes vraiment
spoglia s’irrori ne la dolce sera
tombent sur mon corps dans la douceur du soir

*

e tutti i mirti de la primavera
et tous les myrtes du printemps
le sian letto e gli aromi di Sirìa
soient son lit et les arômes de Syrie
l’aspergano ed in grave teoria
l’aspergent et que théorie se grave
la traggan per la pallida riviera
sur la pâle rivière

*

con lenti inni gli Efebi (a le seguaci
avec des hymnes lents des Ephèbes (à la suite
Vergini tremi sotto la ghirlanda
des Vierges tremblant sous la guirlande
la gota lungo il flauto sonora)
jouant le long de la flûte sonore)

*

e s’accendano gli astri come faci
et s’allument les étoiles comme des torches
e al termine degli inni in ciel si spanda
et à la fin des chants que dans le ciel s’ouvre
come una rosa la divina Aurora!
comme une rose la divine Aurore !  

********************
Traduction Jacky Lavauzelle
ARTGITATO
*********************

 

Description de l'image Gabriele D'Annunzio.jpg.Description de l'image Gabriele D'Annunzio.jpg.Description de l'image Gabriele D'Annunzio.jpg.Description de l'image Gabriele D'Annunzio.jpg.Description de l'image Gabriele D'Annunzio.jpg.Description de l'image Gabriele D'Annunzio.jpg.

LES LUSIADES – OS LUSIADAS -Traduction du Poème de Luis de Camões – Livre I – Canto Primeiro – strophe 59- Verso 59

LES LUSIADES – OS LUSIADAS
LITTERATURE PORTUGAISE

literatura português

Luis de Camões
[1525-1580]

Tradução – Traduction
texto bilingue

Luis de Camoes Les Lusiades

 

Obra Poética

(1556)

LES LUSIADES

OS LUSIADAS

A Epopeia Portuguesa

 

CHANT I
Canto Primeiro

Traduction Jacky Lavauzelle

verso 59
Strophe 59

I-59

Image illustrative de l'article Vasco de Gama

Vasco de Gama

Vasco da Gama signature almirante.svg

Mas assim como a Aurora marchetada
Mais aussitôt que l’Aurore répandit
Os formosos cabelos espalhou
Sa belle profusion de cheveux
No Céu sereno, abrindo a roxa entrada
Dans le ciel serein, ouvrant l’entrée pourprée
   Ao claro Hiperiónio, que acordou,
A l’éclatant Hypérion, qui se levait,
Começa a embandeirar-se toda a armada,
L’armada commença à s’activer,
 E de toldos alegres se adornou,
En s’ornant de joyeux auvents,
Por receber com festas e alegria
Afin de recevoir, par des fêtes et des célébrations,
O Regedor das ilhas, que partia.
Le souverain des îles qui n’allait pas tarder à arriver.

Vasco de Gama par Gregorio Lopes

*********************
Traduction Jacky Lavauzelle
ARTGITATO
*********************

White_Fawn_Drawing Faon Diane

LES LUSIADES – OS LUSIADAS -Traduction du Poème de Luis de Camões – Livre I – Canto Primeiro – strophe 21- Verso 21

LES LUSIADES – OS LUSIADAS
LITTERATURE PORTUGAISE

literatura português

Luis de Camões
Tradução – Traduction
texto bilingue

Luis de Camoes Les Lusiades

OS LUSIADAS

Obra Poética

(1556)

LES LUSIADES

A Epopeia Portuguesa

CHANT I
Canto Primeiro

Traduction Jacky Lavauzelle

verso 21
Strophe 21

I-21

Deixam dos sete Céus o regimento,
Ils laissèrent les sept Ciels où ils règnent,
Que do poder mais alto lhe foi dado,
Par le pouvoir le plus haut qui puisse être donné,
Alto poder, que só co’o pensamento
Pouvoir suprême, qui seulement par la pensée
Governa o Céu, a Terra, e o Mar irado.
Gouverne le Ciel, la Terre, et la Mer en furie.
Ali se acharam juntos num momento
Il y avait ensemble à un moment
Os que habitam o Arcturo congelado,
Ceux qui habitent l’Arctique congelé,
E os que o Austro tem, e as partes onde
Et ceux des terres Australes, et les parties
A Aurora nasce, e o claro Sol se esconde.
L’Aurore est né, et où le clair Soleil clair décline.

*********************
Traduction Jacky Lavauzelle
ARTGITATO
*********************

luis de camoes literatura português os lusiadas
les Lusiades