Archives par mot-clé : sommaire

ALZHEIMER – Roman musical de Jacky Lavauzelle

*
ALZHEIMER



Roman musical de Jacky Lavauzelle

******

 

*****

ALZHEIMER
****
Roman musical

**

***********


Avertissement

Je me balade comme un corsaire sans épée et sans bottes. Sans équipage non plus. J’ai perdu mon bateau depuis si longtemps. Il me reste des cordages, des ampoules, des cals et des cors. Il me reste cette peau que je traîne encore et encore.

[Paula Vesala – Sinuun minä jään]

I

Il en était sûr ! Mais que faisait donc cette table au Café des Sports entre trois supporters défoncés du Puy Foot 43 Auvergne ! Il était satisfait de sa découverte qui lui avait permis de le faire cogiter plus que la normale. Trois minutes exactement. C’était déjà un exploit. Un air de satisfaction parcourut son visage ordinaire, comme tout le reste, il me semble, une fraction de seconde.

[Ingebjørg Bratland – Fordi eg elskar deg ]
[
Odd Børretzen og Lars Martin Myhre – Vintersan]
[
Odd Børretzen – Måker (Jeg hater måker)]
[
Ole Paus – Maske]
[Lene Marlin – Kanskje du behøver noen]

**

II


Le froid revint quand même. Il était là. Tapi dans la nuit. En veilleur insatiable attendant sa proie. Et le froid reprit son travail. Membre après membre. D’une implacable logique. Et ce fut tout son corps qui fut saisi soudainement d’un léger tremblement. Par intermittence, il ouvrait les yeux et les refermait, comme pour voir, peut-être, l’étendu du massacre sur les ombres fugaces qui se projetaient sur le sale plafond, qui devait être blanc à l’origine, de la chambre…

[Agnès Obel – Just So]
[The Animals – The House of the Rising Sun]

**

III

Il le vit arriver un peu plus tard. Georges campé sur deux longues tiges avait une tête patibulaire à faire recracher l’amour dans la bouche de Vénus. Un abandon du beau. Sec au dernier degré. Une apparence sans queue ni tête. On ne savait pas où le prendre. Toujours cet air épuisé et gris. Un mélange savant d’alcoolique, d’anémique, de maladie d’Addison et de hémochromatose.
[Halvdan Sivertsen – Twisted little star]
[Vinni – God Morgen Norge]
[Solomon Burke – Cry To Me]
[Jackie Wilson – Lonely teardrop]
[Johanna  Kurkela-Ainutlaatuine]

**

IV
extrait

…La belle descendit non s’en émettre un petit pet que Paul entendit distinctement. Elle fit comme si de rien n’était. La princesse partait en pétant, mais sans se retourner, princesse jusqu’au bout du string. Ce pet permit à Paul de revenir sur terre beaucoup plus rapidement et d’enlever une bonne partie du parfum enjôleur. La belle était humaine. Positivement humaine…
[Johanna Kurkela – Sun Särkyä Anna Mä En]
[Johanna Kurkela -Ainutlaatuinen]
[Johanna Kurkela – Prinsessalle]
[Chisu – Yksinäisen keijun tarina]
[Laura Närhi – Hetken tie on kevyt]
[Jippu ja Samuli Edelmann -Jos sä tahdot niin]
[Johanna Kurkela – Oothan tässä vielä huomenna]
[Suvi Teräsniska – Rakkaus on lumivalkoinen]
[Bertine Zetlitz – Høre til på jord]

**

V
extrait

…Paul croyait que Georges blaguait. Il prit le temps de déguster sa fameuse macération et attrapa un ce ces palets. Georges allait les chercher dans une boutique à La Teste-de-Buch. Il laissa le chocolat au cœur du croquant quelques temps dans la bouche qui aurait chasser le moindre désespoir de la tête d’un dépressif chronique. Et fût d’abord saisi d’un simple léger tremblement.

[
Su Yunying 蘇運瑩 –未来]
[徐佳瑩LaLa – 大雨將至《女醫明妃傳》電視劇片頭曲]
[赵薇 – 雨中的故事]
[蘇運瑩 ,冥明]
[田馥甄 & 蘇運瑩 – 野子]
[吳汶芳 – 孤獨的總和]
[女人的苦你知道多少]
[做我老公好不好]

**

VI
extrait

Paul parcourut plusieurs magazines, le temps que nos amis se fatiguent et boivent enfin leurs dernières canettes de bière et de coca. Il n’avait fichtrement rien compris. Il se demandait finalement si tout ça était voulu ou non ! Si c’était un jeu ! Le refus de leur vacuité ! Son père lui disait : – quand tu es dans la merde, noie le poisson !

**

VII
extrait

…La musique pénétrait un peu plus Paul à chaque instant. Elle l’enroulait comme dans un manteau. Il débordait d’enthousiasme. Il sentit des picotements dans le dos, comme si une longue chevelure retombait sur ses reins. Il voyait tout en bleu, dans un bleu désormais ensoleillé….

**

VIII

*******

ALZHEIMER

Roman musical

LUIS DE CAMOES OS LUSIADAS Canto Terceiro Chant III Verset 1 à Verset 94

OS LUSIADAS Canto Terceiro
LES LUSIADES III Luis de Camoes Oeuvres obras ArtgitatoOS LUSIADAS Canto Terceiro
LES LUSIADES III CHANT 3
LITTERATURE PORTUGAISE

literatura português

Luis de Camões
[1525-1580]
Tradução – Traduction
resumo
texto bilingue

Luis de Camoes Les Lusiades

OS LUSIADAS – Les Lusiades 

A Epopeia Portuguesa

 

Obra Poética

(1556)

LES LUSIADES III

CHANT III
Canto Terceiro
VERSET 1 à VERSET 94

Traduction Jacky Lavauzelle

***************************

LES LUSIADES III
OS LUSIADAS Canto Terceiro


 óleo de António Carneiro
1927

******

III-1

Agora tu, Calíope, me ensina
Maintenant, toi, Calliope, enseigne-moi
O que contou ao Rei o ilustre Gama:
 Ce que conta au Roi l’illustre Gama :

**

III-2

Põe tu, Ninfa, em efeito meu desejo,
 Peux-tu, ô Nymphe, exaucer mon désir,
  Como merece a gente Lusitana;
Comme le mérite le peuple lusitanien ;

**

III-3

Prontos estavam todos escutando
Tous attentivement écoutaient
O que o sublime Gama contaria,
Ce que le sublime Gama contait,

**

III-4

« Que outrem possa louvar esforço alheio,
 « De louer les efforts déployés par d’autres,
Cousa é que se costuma e se deseja;
 Voici un phénomène des plus habituels ;

**




III-5

« Além disso, o que a tudo enfim me obriga,
«D’ailleurs, ce qui m’oblige enfin,
É não poder mentir no que disser,
   C’est de ne pas déformer mes propos,

**

III-6

« Entre a Zona que o Cancro senhoreia,
« Entre la zone que le Cancer recouvre,
Meta setentrional do Sol luzente,
 Limite septentrionale de l’éclatant Soleil,

**

III-7

« Da parte donde o dia vem nascendo,
« Dans la partie où le jour naît,
Com Ásia se avizinha; mas o rio
  A l’Asie, elle se rapproche ; mais une rivière

**

III-8




« Lá onde mais debaixo está do Pólo,
«Là où elle est à son maximum sous le pôle,
Os montes Hiperbóreos aparecem,
  Les collines Hyperboréennes apparaissent,

**

III-9

« Aqui dos Citas grande quantidade
«Ici, des Scythes en nombre
Vivem, que antigamente grande guerra
   Vivaient ; une antique grande Guerre

**

III-10

« Agora nestas partes se nomeia
« Maintenant, les parties se nomment
A Lápia fria, a inculta Noruega,
  La froide Laponie, la Norvège inculte,

**

III-11

« Entre este mar e o Tánais vive estranha
« Entre cette mer et le fleuve Tanaïs* vivent des étranges
 Gente: Rutenos, Moseos e Livónios,
Peuples : les Ruthènes**, les Moscovites et les Livoniens***,

**

III-12

« Entre o remoto Istro e o claro Estreito,
«Entre le lointain Ister* le Détroit prestigieux**,
Aonde Hele deixou co’o nome a vida,
  Où Hellé** laissa et son nom et sa vie,

**

III-13

« Logo de Macedónia estão as gentes,
« Ensuite nous avons les Macédoniens,
A quem lava do Axio a água fria;
  Qui vivent au bord des eaux froides d’Axios* ;

**

III-14

« Logo os Dálmatas vivem; e no seio,
« Bientôt les terres des Dalmates*, et à l’intérieur,
Onde Antenor já muros levantou,
  Où Anténor** éleva les murs,

**

III-15




« Em torno o cerca o Reino Neptunino,
« Tout autour, le Royaume de Neptune, le cerne
Co’os muros naturais por outra parte;
   De parois naturelles d’autre part ;

**

III-16

« Gália ali se verá que nomeada
«La Gaule, ensuite, se présente, connue,
Co’os Cesáreos triunfos foi no mundo,
 Depuis les triomphes de César, de par le monde,

**

III-17

« Eis aqui se descobre a nobre Espanha,
« Ici, on trouve la noble Espagne,
Como cabeça ali de Europa toda,
Considérée comme la tête de toute l’Europe,




**

III-18

« Com Tingitânia entesta, e ali parece
« Avec la Mauritanie Tingitane, elle se touche, et semble
  Que quer fechar o mar Mediterrano,
 Vouloir fermer la mer Méditerranée,

**

III-19

« Tem o Tarragonês, que se fez claro
« Il y a là la Tarraconaise, qui fit
Sujeitando Parténope inquieta;
Soumettre le royaume de Parthénope agité ;

**

III-20

« Eis aqui, quase cume da cabeça
«Ici, se trouve, comme le sommet de la tête
De Europa toda, o Reino Lusitano,
De toute l’Europe, le Royaume Lusitanien,

**

III-21

« Esta é a ditosa pátria minha amada,
« Ceci est ma patrie bénie bien-aimée,
A qual se o Céu me dá que eu sem perigo
 Et si le Ciel me permet d’y revenir 

**

III-22

« Desta o pastor nasceu, que no seu nome
« D’elle, le pasteur Viriate est né, qui par son nom
 Se vê que de homem forte os feitos teve;
 Montre combien les actes furent ceux d’un vaillant homme ;

**

III-23

« Um Rei, por nome Afonso, foi na Espanha,
« Un roi, nommé Alphonse VI, en Espagne,
  Que fez aos Sarracenos tanta guerra,
 Guerroya tant contre les Sarrasins,

**

III-24

« E com um amor intrínseco acendidos
« Et avec un amour suscité intrinsèquement
 Da Fé, mais que das honras populares,
Par la Foi, plus que par les honneurs populaires,

**

III-25

« Destes Anrique, dizem que segundo
« Parmi ceux-ci, Henri, dit-on second 
  Filho de um Rei de Ungria exprimentado,
 Fils d’un roi de Hongrie expérimenté,

**

III-26

« Este, depois que contra os descendentes
« Ainsi, après les descendants
  Da escrava Agar vitórias grandes teve,
 De l’esclave Agar, il conquit de grandes victoires,

**

III-27

« Já tinha vindo Anrique da conquista
«Henri était déjà de retour de la conquête
 Da cidade Hierosólima sagrada,
 La ville sainte de Jérusalem,

**

III-28

« Quando chegado ao fim de sua idade,
«Quand, arrivé à la fin de sa vie,
O forte e famoso Úngaro estremado,
Le preux et célèbre Hongrois,

**

III-29

« Mas o velho rumor, não sei se errado,
« Mais une vieille rumeur, nous ne savons pas si elle est fausse,
Que em tanta antiguidade não há certeza,
 Car rien n’est certain au vu de l’ancienneté des faits,

**

III-30




« Mas o Príncipe Afonso, que desta arte
« Mais le prince Afonse, qui
Se chamava, do avô tomando o nome,
 S’appelait ainsi car de son grand-père il avait pris le nom,

**

III-31

« De Guimarães o campo se tingia
« De Guimarães, la plaine se teinta
Co’o sangue próprio da intestina guerra,
Avec le propre sang de guerres intestines fratricides,

**

III-32

« Ó Progne crua! ó mágica Medeia!
« O brute Procné* ! O magicienne Médée !
Se em vossos próprios filhos vos vingais
Si, en vos propres enfants, vous vengez

**

III-33

« Mas já o Príncipe claro o vencimento
« Mais déjà le Prince éclairé gagnait
Do padrasto e da iníqua mãe levava;
Le combat contre son inique mère ;

**

III-34

« Eis se ajunta o soberbo Castelhano,
« Ici se joignent les superbes Castillans,
Para vingar a injúria de Teresa,
Pour venger l’insulte faite à Thérèse,

**

III-35

« Não passa muito tempo, quando o forte
« Peu de temps passe que le vaillant
  Príncipe em Guimarães está cercado
 Prince à Guimarães est cerné

**

III-36




« Mas o leal vassalo, conhecendo
« Mais le fidèle vassal, sachant
Que seu senhor não tinha resistência,
Que son maître n’avait que trop peu de résistance,

**

III-37

« Chegado tinha o prazo prometido,
« Arriva le temps promis,
Em que o Rei Castelhano já aguardava
 Où le Roi Castillan attendait

**

III-38

« E com seus filhos e mulher se parte
« Et avec ses fils et son épouse, ils partent
A alevantar com eles a fiança,
 Debout se livrer comme caution,

**

III-39

« V ês aqui trago as vidas inocentes
«Voici, j’apporte les vies innocentes
Dos filhos sem pecado e da consorte;
   De mes enfants et de ma compagne ;

**




III-40

« Q ual diante do algoz o condenado,
« Quand, devant le bourreau, le condamné,
Que já na vida a morte tem bebido,
  Sent, même vivant, la mort l’infiltrer,

**

III-41

« Ó grão fidelidade Portuguesa,
« O grande fidélité Portugaise
  
De vassalo, que a tanto se obrigava!
D’un vassal qui autant s’oblige !

**

III-42

« Mas já o Príncipe Afonso aparelhava
Mais déjà le Prince Alphonse préparait
O Lusitano exército ditoso,
 La vaillante armée Lusitanienne,

**

III-43

« Em nenhuma outra cousa confiado,
« Ils [Les Lusitaniens] ne se confiaient à personne,
Senão no sumo Deus, que o Céu regia,
Sinon au majestueux Dieu, que régit le Ciel,

**

III-44

« Cinco Reis Mouros são os inimigos,
« Cinq rois Maures sont les ennemis,
Dos quais o principal Ismar se chama;
  Dont le chef principal est appelé Esmar ;

**

III-45

« A matutina luz serena e fria,
« La lumière du petit matin, froide et sereine,
 « 
 As estrelas do Pólo já apartava,
 Effaçait déjà les étoiles du Pôle,

**

III-46

« Com tal milagre os ânimos da gente
« Avec un tel miracle, l’esprit des troupes
Portuguesa inflamados, levantavam
Portugaises s’enflammant, ils choisirent

**

III-47

« Qual co’os gritos e vozes incitado,
« Comme les cris et les voix galvanisent,
 Pela montanha o rábido Moloso,
Dans la montagne, le molosse enragé




**

III-48

« Tal do Rei novo o estâmago acendido
« Ainsi le nouveau Roi porté
Por Deus e pelo povo juntamente,
Tant par Dieu et que par son peuple,

**

III-49




« Bem como quando a flama, que ateada
« Ainsi, lorsque la flamme naît
Foi nos áridos campos (assoprando
Au cœur des champs arides (souffle




**

III-50

« Desta arte o Mouro atónito e torvado,
« Au cœur de cette maestria, les Maures étonnés et fébriles,
Toma sem tento as armas mui depressa;
Se saisissent de leurs armes ;

**

III-51

« Ali se vêem encontros temerosos,
« Là, vous voyez des téméraires affrontements,
Para se desfazer uma alta serra,
A faire se déplacer une haute montagne,

**

III-52

« Cabeças pelo campo vão saltando
« Des têtes dévalent sur le champ de bataille
 
Braços, pernas, sem dono e sem sentido;
Des bras, des jambes, sans tronc jonchent le sol ;

**

III-53

« Já fica vencedor o Lusitano,
« Les vainqueurs Lusitaniens portent
Recolhendo os troféus e presa rica;
Les trophées et d’importantes richesses ;

**

III-54

« E nestes cinco escudos pinta os trinta
« Et à ces cinq écus, il peint les trente
Dinheiros por que Deus fora vendido,
Deniers pour qui Dieu fut vendu,

**

III-55

« Passado já algum tempo que passada
« Quelques temps passèrent après cette
Era esta grão vitória, o Rei subido
 Grande victoire, puis le Roi se remit en marche

**

III-56

« A estas nobres vilas sometidas,
« A ces nobles villes conquises,
Ajunta também Mafra, em pouco espaço,
 Il ajoute aussi Mafra, à proximité,

**

III-57

« E tu, nobre Lisboa, que no Mundo
« Et toi, noble Lisbonne, dans le Monde
Facilmente das outras és princesa,
   Des autres cités, une princesse,

**

III-58

« Lá do Germânico Albis, e do Rene,
« De l’Elbe et du Rhin germaniques,
E da fria Bretanha conduzidos,
   Et de la froide Bretagne froide était portée




**

III-59

« Cinco vezes a Lua se escondera,
« Cinq fois la lune s’était cachée,
E outras tantas mostrara cheio o rosto,
Et avait tout autant montrée son plein visage,

**

III-60

« Desta arte enfim tomada se rendeu
« Par cet art, elle se rendit finalement
Aquela que, nos tempos já passados,
Celle qui, dans les temps anciens,

**

III-61

« Que cidade tão forte por ventura
« Quelle ville, si forte fût-elle,
 
Haverá que resista, se Lisboa
Pouvait donc résister, si Lisbonne elle-même




**

III-62

« E vós também, ó terras Transtaganas,
« Et vous aussi, ô terres au-delà du Tage,
 Afamadas co’o dom da flava Ceres,
Réputées comme un don de la flavescente Cérès,

**

III-63

« E is a nobre Cidade, certo assento
«C’est désormais Evora, la Ville noble, où s’installa
Do rebelde Sertório antigamente,
Le rebelle Sertorius jadis,

**

III-64

« Já na cidade Beja vai tomar
« Déjà ville de Beja est prise,
Vingança de Trancoso destruída
Vengeant ainsi la destruction de Trancoso ;

**

III-65

« Com estas sojugada foi Palmela,
« Avec la prise de Palmela,
E a piscosa Cezimbra, e juntamente,
Et du port de Sesimbra,  en même temps,




**

III-66

« O Rei de Badajoz era alto Mouro,
« Le Taïfa de Badajoz était un éminent Maure,
Com quatro mil cavalos furiosos,
  Entouré de quatre mille chevaux piaffants,

**

III-67

« Desta arte Afonso súbito mostrado
« Soudain, apparaît Alphonse
 Na gente dá, que passa bem segura,
 Qui se rue sur les troupes se croyant en toute sécurité,

**

III-68

« Logo segue a vitória sem tardança
« Immédiatement dans la voie de la victoire,
O grão Rei incansábil, ajuntando
  Le grand Roi inassouvi rassembla,

**

III-69




« Mas o alto Deus, que para longe guarda
« Mais le majestueux Dieu, qui conserve longtemps
O castigo daquele que o merece,
Le châtiment que nous méritons,

**

III-70

« Que estando na cidade, que cercara,
« Se trouvant dans la ville qu’il venait d’assiéger,
Cercado nela foi dos Lioneses,
Il se trouvait assiégé à son tour par les armées du Léon,

**

III-71

« Ó famoso Pompeio, não te pene
 « O célèbre Pompée, ne te lamente pas
 De teus feitos ilustres a ruína,
Sur les ruines de tes illustres faits,




**

III-72

« Posto que a rica Arábia e que os ferozes
« Depuis que la riche Arabie et que les féroces
 Eníocos e Colcos, cuja fama
  Hénioques et Colchidiens, rendus célèbres

**

III-73

« E posto enfim que desde o mar de Atlante
« Et enfin depuis la Mer Atlantique
Até o Cítico Tauro monte erguido,
Jusqu’aux montagnes du Taurus Scythique érigées,

**

III-74

« Tornado o Rei sublime finalmente,
« Il fut rendu le sublime Roi finalement,
  Do divino Juízo castigado,
Puni par la divine Justice,

**

III-75

« Porque levasse avante seu desejo,
« Pour parachever son dessein,
Ao forte filho manda o lasso velho
 Le vieux roi las demande à son vigoureux fils

**

III-76

« E com esta vitória cobiçoso,
« Et avec cette éclatante victoire,
 
Já não descansa o moço até que veja
  Il continue sans prendre nul repos déjà

**

III-77

« Já se ajuntam do monte a quem Medusa
 » Ils arrivent du Mont Atlas à qui Méduse
O corpo fez perder, que teve o Céu;
  Pétrifia le corps pour soutenir la Voûte céleste ;

**

III-78

« Entrava com toda esta companhia
« Avec toutes ces troupes, le commandeur des croyants,
O Miralmomini em Portugal;
L’Amir al Mouminine, marchait sur le Portugal ;

**

III-79

« Dá-lhe combates ásperos, fazendo
« Livrant un rugueux combat
Ardis de guerra mil o Mouro iroso;
Le Maure irrité tente mille ruses de guerre ;

**

III-80

« Mas o velho, a quem tinham já obrigado
« Mais, Alphonse I, le vieil homme, qui se trouvait déjà
Os trabalhosos anos ao sossego,
En villégiature, après tant d’années de labeur,

**

III-81

« E co’a famosa gente à guerra usada
« Et avec ses fameux soldats rompus à guerroyer
Vai socorrer o filho; e assim ajuntados,
Il part aider son fils et ainsi rassemblée,

**

III-82

« Logo todo o restante se partiu
« Bientôt, les restes de l’armée brisée
De Lusitânia, postos em fugida;
Furent mis en fuite hors de Lusitanie ;

**

III-83

« De tamanhas vitórias triunfava
« Ainsi triomphait-il victorieusement
O velho Afonso , Príncipe subido,
Le vieil Alphonse, l’admirable Prince,

**

III-84

« Os altos promontórios o choraram,
« Les hauts promontoires le pleurèrent,
E dos rios as águas saudosas
Et les eaux nostalgiques des rivières

**

III-85

« Sancho, forte mancebo, que ficara
« Sanche, à l’intrépide jeunesse, avait
Imitando seu pai na valentia,
Toujours pris modèle son valeureux père,

**

III-86

« Depois que foi por Rei alevantado,
« Après que Sanche fut nommé Roi,
Havendo poucos anos que reinava,
Après juste quelques années de règne,

**

III-87

« Passavam a ajudar na santa empresa
« Ces troupes se dirigeaient pour renforcer la sainte croisade
O roxo Federico, que moveu
De Frédéric Barberousse, qui, à l’aide

**

III-88

« Mas a formosa armada, que viera
« Mais cette grandiose armée, qui était arrivée
Por contraste de vento àquela parte,
Forcée par des vents contraires,

**

III-89

« E se tantos troféus do Mahometa
« Et si tant de trophées face au Mahométan
  
Alevantando vai, também do forte
Il remporte, aussi pour ce qui en est du fougueux

**

III-90

« Mas entre tantas palmas salteado
« Mais parmi tant de succès, il succombe
Da temerosa morte, fica herdeiro
A la téméraire mort, laissant un héritier,

**

III-91

« Morto depois Afonso, lhe sucede
« Après la mort d’Alphonse, allait lui succéder
Sancho segundo, manso e descuidado,
   Sanche le second, doux et flegmatique,

**

III-92

« Não era Sancho, não, tão desonesto
« Certes Sanche ne fut pas aussi honteux
Como Nero, que um moço recebia
  Que Néron, qui reçut un garçon

**

III-93

« Nem era o povo seu tiranizado,
« Il ne tyrannisa non plus ses gens,
 Como Sicília foi de seus tiranos;
Comme ceux de Sicile l’avaient été par leurs tyrans ;

**

III-94

« Por esta causa o Reino governou
« A cause de cela le royaume fut gouverné
O Conde Bolonhês, depois alçado
Par le Conte de Boulogne, avant d’être proclamé

*****

LES LUSIADES III
V1-V94

*********************
Traduction Jacky Lavauzelle
ARTGITATO
*********************

LES LUSIADES II Chant 2 – OS LUSIADAS – Canto Segundo

LES LUSIADES II Luis de Camoes Oeuvres obras ArtgitatoOS LUSIADAS II Canto Segundo
LES LUSIADES II CHANT 2
LITTERATURE PORTUGAISE

literatura português

Luis de Camões
[1525-1580]
Tradução – Traduction
resumo
texto bilingue

Luis de Camoes Les Lusiades

OS LUSIADAS – Les Lusiades 

A Epopeia Portuguesa

 

Obra Poética

(1556)

LES LUSIADES II

CHANT II
Canto Segundo

Traduction Jacky Lavauzelle

***************************

Les Lusiades II Luis de Camoes Artgitato
LES LUSIADES II

Les Lusiades II-1
Já neste tempo o lúcido Planeta,
 Au moment où la lucide Planète 
Que as horas vai do dia distinguindo,
 Sur qui se distinguent les heures de la journée,

*

Les Lusiades II-2

Dentre eles um, que traz encomendado
Parmi eux, celui qui portait
O mortífero engano, assim dizia:
 L’engin mortifère, dit :

*

II-3

« E porque está em extremo desejoso
« Et parce qu’il est extrêmement désireux
  De te ver, como cousa nomeada,
 De te voir, comme cette chose ainsi nommée,

*

II-4

« E se buscando vás mercadoria
Et si tu cherches des marchandises 
Que produze o aurífero Levante,
 Que produit l’Orient de l’or,

*

II-5

Ao mensageiro o Capitão responde
Le capitaine au messager répond
 As palavras do Rei agradecendo:
 Remerciant les paroles de son Roi :

*

II-6

Pergunta-lhe depois, se estão na terra
 Vasco lui demande alors s’il y a sur terre
Cristãos, como o piloto lhe dizia;
 Des chrétiens, comme le pilote l’avait dit;

*

II-7

E de alguns que trazia condenados
Et certains de l’équipage ,des condamnés
Por culpas e por feitos vergonhosos,
Pour fautes et faits humiliants,

*

II-8

E por estes ao Rei presentes manda,
Et ceux-ci portent au Roi des cadeaux,
Por que a boa vontade, que mostrava,
 Pour qu’ils montrent leur bonne volonté,

*

II-9

E depois que ao Rei apresentaram,
Et après qu’au Roi ils présentèrent,
Co’o recado, os presentes que traziam,
 Le message de Gama et les cadeaux qu’ils apportaient,

*

II-10

Mas aquele que sempre a mocidade
Mais celui qui garde toujours la jeunesse,
 Tem no rosto perpétua, e foi nascido
 Qui a le visage perpétuellement jeune, et qui est né

*

II-11

Ali tinha em retrato afigurada
 Il y avait un portrait figurant
Do alto e Santo Espírito a pintura:
 En peinture le Saint-Esprit :

*

II-12

Aqui os dous companheiros conduzidos
 Ils conduisent alors les deux compagnons
Onde com este engano Baco estava,
 Là où se tenait Bacchus,

*

II-13

Aqui foram de noite agasalhados,
 Là, ils furent logés pour la nuit
Com todo o bom e honesto tratamento,
 Bien et honnêtement traités,

*

II-14

Tornam da terra os Mouros co’o recado
 De la terre, les Maures repartent avec une missive
Do Rei, para que entrassem, e consigo
 Du Roi, pour que la flotte débarque, et avec eux

*

II-15

Dizem-lhe os que mandou, que em terra
 Ils leur disent que sur terre ils ont vu
Sacras aras e sacerdote sinto; viram
Des lieux sacrés et un prêtre ; 

*

II-16

Com isto o nobre Gama recebia
 Après cela, le noble Gama reçoit
   Alegremente os Mouros que subiam;
Volontiers les Maures qui montaient dans le navire ;

*

II-17

Na terra, cautamente aparelhavam
Sur la terre, les Maures sortaient prudemment
Armas e munições que, como vissem
 Les armes et les munitions, et attendaient

*

II-18

As âncoras tenaces vão levando
 Les solides ancres sont levées
 
 Com a náutica grita costumada;
Avec les cris coutumiers des marins ;

Luis de Camoes Les Lusiades II-18 Naissance de Vénus par Sandro Botticelli 1485

*

II-19

Convoca as alvas filhas de Nereu,
Elle convoque les blanches filles de Nérée,
  Com toda a mais cerúlea companhia,
Avec tout ce qui peuple l’azur,

*

II-20

Já na água erguendo vão, com grande pressa,
 Déjà sur la mer, ils arrivent impétueux,
Com as argênteas caudas branca escuma;
 La queue argentée fouettant la blanche écume ;

*

II-21

Nos ombros de um Tritão, com gesto aceso,
Sur les épaules d’un triton, avec des gestes terrifiants,
Vai a linda Dione furiosa;
Passe la belle Dioné furieuse ;

*

II-22

Põe-se a Deusa com outras em direito
 La Déesse avec d’autres se placent devant
Da proa capitaina, e ali fechando
 La proue principale, et lui ferment

*

II-23

Quais para a cova as próvidas formigas,
 Comme des fourmis prévoyantes,
 Levando o peso grande acomodado,
 Qui portent de grands poids,

*

II-24

Torna para detrás a nau forçada,
Le navire est contraint de reculer,
Apesar dos que leva, que gritando
Malgré les cris et les manœuvres

*

II-25

A celeuma medonha se alevanta
 Un bruit sinistre jaillit
No rudo marinheiro que trabalha;
 Des rudes marins qui s’activent ;

*

II-26

Ei-los subitamente se lançavam
Ici, ils se jettent tout à coup
A seus batéis velozes que traziam;
  Vers les bateaux rapides qu’ils ont apportés ;

*

II-27

Assim como em selvática alagoa
Comme nous apercevons dans la forêt
 As rãs, no tempo antigo Lícia gente,
Les grenouilles, dans un temps jadis les Lyciens,

*

II-28

Assim fogem os Mouros; e o piloto,
Ainsi s’enfuient les Maures; et le pilote,
  Que ao perigo grande as naus guiara,
Qui avait conduit les navires vers ce grand danger,

*

II-29

Vendo o Gama, atentado, a estranheza
 Gama, attentif,  se rendant compte de l’étrangeté
Dos Mouros, não cuidada, e juntamente
 Des Maures, de ce comportement inattendu, et aussi

*

II-30

« Ó caso grande, estranho e não cuidado,
« O grand moment, étrange et incroyable,
Ó milagre claríssimo e evidente,
O clair et magnifique miracle,

*

II-31

« Bem nos mostra a divina Providência
« Eh bien la Providence divine nous montre
Destes portos a pouca segurança;
Ces ports de peu de sécurité ;

*

II-32

« E se te move tanto a piedade
« Et si tu ressens tant de compassion
Desta mísera gente peregrina,
Pour ce malheureux peuple pèlerin,

*

II-33

Ouviu-lhe essas palavras piedosas
Elle entendit ces paroles pieuses
A formosa Dione*, e comovida,
La juste Dioné, et en fut émue,

*

II-34

E como ia afrontada do caminho,
Et comme elle se remettait de la route,
Tão formosa no gesto se mostrava,
Elle irradiait d’une telle splendeur

*

II-35

E por mais namorar o soberano
Et afin de plaire au souverain
 Padre, de quem foi sempre amada e eriça,
Père, qui l’a toujours aimée et hérissée,

*

II-36

Os crespos fios d’ouro se esparziam
 Tant ses cheveux d’or se répandaient
Pelo colo, que a neve escurecia;
 Sur son cou que la neige en semblait obscurcie ;

*

II-37

C’um delgado sendal as partes cobre,
D’un voile léger, elle couvre ses parties
 De quem vergonha é natural reparo,
Dont la pudeur est un rempart naturel,

*

II-38

E mostrando no angélico semblante
 Elle montre sur son visage angélique
Co’o riso uma tristeza misturada,
 Un sourire triste,

*

II-39

« Sempre eu cuidei, ó Padre poderoso,
«Chaque fois que j’étais préoccupée, ô puissant Père,
Que, para as cousas que eu do peito amasse,
 Pour les choses que j’avais sur le cœur,

*

II-40

« Este povo que é meu, por quem derramo
«Ce peuple qui est mon peuple, pour qui je verse
As lágrimas que em vão caídas vejo,
Des larmes et sont, je vois, en vain répandues,

*

II-41

« Mas moura enfim nas mãos das brutas gentes,
« Mais qu’il meure enfin dans les mains de ces brutes,
Que pois eu fui… » E nisto, de mimosa,
Parce que j’étais … « Et là, à cet instant,

*

II-42

E destas brandas mostras comovido,
Et à ces douces démonstrations,
  Que moveram de um tigre o peito duro,
Qui auraient agité la dure poitrine d’un tigre,

*

II-43

E co’o seu apertando o rosto amado,
Et comme il posait le visage aimé contre le sien,
Que os soluços e lágrimas aumenta,
Les sanglots et les larmes augmentaient,

*

II-44

« Formosa filha minha, não temais
« Ma belle fille, ne craignez 
   Perigo algum nos vossos Lusitanos,
 Aucun danger pour vos Lusitaniens,

**

II-45

« Que se o facundo Ulisses escapou
« Que, si l’éloquent Ulysse échappa
  De ser na Ogígia ilha eterno escravo,
Dans l’île de Calypso [Ogygie] à l’éternel esclavage,

os-lusiadas-ii-45-les-lusiades-luis-de-camoes-artgitato-arnold-bocklin-ulysse-et-calypso-1883-kunstmuseum-bale

**

II-46

« Fortalezas, cidades e altos muros,
« Forteresses, villes et hauts murs,
  Por eles vereis, filha, edificados;
 Vous verrez, ma fille, leurs édifices ;

**

II-47

« Vereis este, que agora pressuroso
« Vous verrez celui qui, maintenant avec impatience,
Por tantos medos o Indo vai buscando,
Parmi tant de périls, recherche l’Indus,

**

II-48

« Vereis a terra, que a água lhe tolhia,
«Vous allez voir des terres du Mozambique, où l’eau est refusée,
Que inda há-de ser um porto mui decente,
 Offrant un port sûr,

**

II-49

« E vereis o mar Roxo, tão famoso,
« Et vous verrez la mer Rouge, si célèbre,
Tornar-se-lhe amarelo, de enfiado;
Devenir jaune, à leur venue ;
afonso-de-albuquerque
Alfonso de Albuquerque

**

II-50

« Vereis a inexpugnábil Dio forte,
« Vous verrez l’inexpugnable fort de l’île de Diu,
Que dous cercos terá, dos vossos sendo.
 Tenir deux sièges, par les vôtres tenu.
forte-diu

**

II-51

« Goa vereis aos Mouros ser tomada,
« Goa se verra prise aux Maures,
A qual virá depois a ser senhora
 Qui deviendra alors la dame

les-lusiades-camoes-os-lusiadas-artgitato-vue-vista-de-goa-em-1509-in-braun-e-hogenberg-1600

**

II-52

« Vereis a fortaleza sustentar-se
« Vous verrez résister la forteresse
De Cananor, com pouca força e gente;
De Cannanore, avec peu de force et de gens ;

os-lusiadas-les-lusiades-ii-52-artgitato-canonor-georg-braun-e-frans-hogenberg-civitates-orbis-terrarum

**

II-53

« Nunca com Marte instructo e furioso,
« Jamais avec Mars furieux,
  Se viu ferver Leucate, quando Augusto
Nous n’avons vu Leucate bouillir quand Auguste

os-lusiadas-ii-53-les-lusiades-artgitato-luis-de-camoes-peigne-greco-scythe-en-or-kourgane-de-soloha

**

II-54

Como vereis o mar fervendo aceso
Comme vous verrez la mer bouillante tomber
Co’os incêndios dos vossos pelejando,
 Sur les incendies de vos combattants,

**

II-55

« De modo, filha minha, que de jeito
«Alors, ma fille, de cette façon
Amostrarão esforço mais que humano,
 
  Ils montreront des efforts surhumains,

**

II-56

Como isto disse, manda o consagrado
Après ces propos, Jupiter envoie Mercure, sacré
Filho de Maia à Terra, por que tenha
Fils de Maia, sur Terre, pour donner

os-lusiadas-les-lusiades-luis-de-camoes-artgitato-mercurius-mercure-hendrick-goltzius-1597

**

II-57

Já pelo ar o Cileneu voava,
Déjà par les airs, Mercure, le Dieu du Mont Cyllène s’envolait,
Com as asas nos pés à Terra desce,
Avec des ailes sur ses pieds, il descend sur terre,
os-lusiadas-ii-57-les-lusiades-57-luis-de-camoes-artgitato-mercurius-mercure-hendrick-goltzius-1597

**

II-58

Consigo a Fama leva, por que diga
Avec l’aide de la Renommée, pour dire
Do Lusitano o preço grande e raro,
Du Lusitanien la grande et rare qualité,

**

II-59

Dali para Mombaça logo parte,
Mercure, de là, part en hâte à Mombasa,
Aonde as naus estavam temerosas,
Où attendaient les terribles navires,

os-lusiadas-ii-59-les-lusiades-59-luis-de-camoes-artgitato-mercurius-mercure-hendrick-goltzius-1597

**

II-60

 Meio caminho a noite tinha andado,
A mi-chemin de la nuit,
E as estrelas no céu co’a luz alhea
 Les planètes dans le ciel projetaient leur lumière
os-lusiadas-ii-60-les-lusiades-60-luis-de-camoes-artgitato-mercurius-mercure-hendrick-goltzius-1597

**

II-61

Quando Mercúrio em sonhos lhe aparece,
Lorsque Mercure dans ses rêves apparaît,
Dizendo: « Fuge, fuge, Lusitano,
 Il lui dit : « Fuis, fuis, Lusitanien,

os-lusiadas-ii-61-les-lusiades-61-luis-de-camoes-artgitato-mercurius-mercure-hendrick-goltzius-1597

**

II-62

« Não tens aqui senão aparelhado
« Tu ne trouveras rien ici, sinon
  O hospício que o cru Diomedes dava,
 L’hospitalité que Diomède donna,
os-lusiadas-ii-62-les-lusiades-ii-62-luis-de-camoes-artgitato-mercurius-mercure-hendrick-goltzius-1597

**

II-63

« Vai-te ao longo da costa discorrendo,
«Va le long de la côte,
  « E outra terra acharás de mais verdade,
 Une autre terre tu trouveras, plus vraie,

os-lusiadas-ii-63-les-lusiades-ii-63-luis-de-camoes-artgitato-mercurius-mercure-hendrick-goltzius-1597

**

II-64

Isto Mercúrio disse, e o sono leva
 Aussi ceci étant dit, Mercure enlève le sommeil 
Ao Capitão, que com mui grande espanto
 Au Capitaine, qui, frappé d’une très grande stupéfaction

**

II-65

« Dai velas, disse, dai ao largo vento,
« Donne les voiles, ajouta-t-il, donne-les au vent généreux,
Que o Céu nos favorece e Deus o manda;
 Car le Ciel nous favorise et Dieu le demande ;

**

II-66

Neste tempo, que as âncoras levavam,
A ce moment, pendant qu’ils levèrent l’ancre,
Na sombra escura os Mouros escondidos
Dans la sombre obscurité, les Maures cachés,

**

II-67

Mas já as agudas proas apartando
Mais déjà les proues pointues fendaient
Iam as vias húmidas de argento;
Les routes mouillées argentées ;

**

II-68

Tinha uma volta dado o Sol ardente
Il avait accompli son tour, le Soleil ardent
E n’outra começava, quando viram
Et en commençait un autre, quand ils virent

**

II-69

Não é o outro que fica tão manhoso;
L’autre n’en est pas moins sournois ;
Mas nas mãos vai cair do Lusitano,
Mais il tombe dans les mains des Lusitaniens,

**

II-70

E como o Gama muito desejasse
Et comme Gama attendait ardemment
Piloto para a Índia que buscava,
 Un pilote pour cette Inde qu’il recherchait,

**

II-71

Louvam do Rei os Mouros a bondade,
Les Maures louent de ce Roi sa bonté,
Condição liberal, sincero peito,
Sa grande ouverture, la sincérité de ses actes,

**

II-72

Era no tempo alegre, quando entrava
Nous étions au cœur du riant printemps
No roubador de Europa a luz Febeia,
Où le ravisseur d’Europe, Jupiter, rencontre la lumière de Phébus,
Capra almatea la chèvre amalthée Le Bernin Bernini Galerie Borghese Galleria Borghese artgitato 3

**

II-73

Quando chegava a frota àquela parte,
Lorsque la flotte atteint cette partie,
Onde o Reino Melinde já se via,
Où l’on voyait le Royaume de Malindi*,

**

II-74

Enche-se toda a praia Melindana
Sur toute la plage de Malindi s’agglutine
Da gente que vem ver a leda armada,
La foule venue observer la flotte armée,

**

II-75

O Rei, que já sabia da nobreza
Le roi, qui connaissait la noblesse
Que tanto os Portugueses engrandece,
Qui accompagne les Portugais

**

II-76

São oferecimentos verdadeiros,
Ce sont des offrandes véritables,
E palavras sinceras, não dobradas,
Que ces mots sincères, non déguisés,

**

II-77

Recebe o Capitão alegremente
Le capitaine reçoit allégrement
O mensageiro ledo e seu recado;
Le pacifique messager ;

**

II-78

Manda mais um, na prática elegante,
Il envoie aussi un émissaire aux pratiques diplomatiques,
Que co’o Rei nobre as pazes concertasse,
Pour finaliser la paix avec ce noble Roi,

**

II-79

« Sublime Rei, a quem do Olimpo puro
« Sublime Roi, la pure Olympe
Foi da suma Justiça concedido
A accordé la Justice

**

II-80

« Não somos roubadores, que passando
« Nous ne sommes pas des voleurs, qui, passant
Pelas fracas cidades descuidadas,
Devant des faibles villes désarmées,

**

II-81

« Que geração tão dura há hi de gente,
« Quel genre sont ces gens durs
Que bárbaro costume e usança feia,
Quelle coutume et quel usage barbares,

**

Les Luisades

II-82

« Mas tu, e quem mui certo confiamos
« Mais toi, en qui de la confiance
Achar-se mais verdade, ó Rei benigno,
Plus forte encore avons trouvé, ô sage Roi,

luis-vaz-de-camoes-os-lusiadas-les-lusiades-artgitato-ulysse-a-la-cour-dalcinoos-francesco-hayez-1813-1815

**

II-83

« E não cuides, ó Rei, que não saísse
« Et n’aie crainte, ô Roi, que s’il n’est pas sorti
O nosso Capitão esclarecido
Notre Capitaine éclairé

**

II-84

« E porque é, de vassalos o exercício,
« Et il en est ainsi, des agissements des vassaux
  Que os membros tem regidos da cabeça,
 Aux membres qui régissent la tête ;

**

II-85

Assim dizia; e todos juntamente,
Ainsi parla-t-il ; et tous ensemble,
  Uns com outros em prática falando,
 Les uns comme les autres acquiesçaient,

**

II-86

E com risonha vista e ledo aspeito,
Et avec un visage ouvert et souriant,
Responde ao embaixador, que tanto estima:
 Le Roi répondit à l’ambassadeur tant estimé :

**

Les Luisades II-87

« De não sair em terra toda a gente,
«De ne pas voir à terre tout le monde,
Por observar a usada preminência,
 Afin d’observer les usages de préséance,

**

II-88

« Porém, como a luz crástina chegada
« Aussi, dès que la lumière de demain illuminera
Ao mundo for, em minhas almadias
Le monde, dans mes barques

**

II-89

Isto disse; e nas águas se escondia
Ainsi parla-t-il ; et dans les eaux rôdait
O filho de Latona; e o mensageiro
Le fils de Latone; et le messager

**

II-90

Não faltam ali os raios de artifício,
Il ne manquait pas de feux d’artifice,
 Os trêmulos cometas imitando;
Leurs traces imitaient les comètes ;

**

Les Luisades II-91

Respondem-lhe da terra juntamente,
Ils leur répondent de la terre,
Co’o raio volteando, com zunido;
Par des rayons de feu, avec ronronnement;

**

II-92

Mas já o Céu inquieto revolvendo,
Mais déjà le ciel sans repos était là de nouveau,
As gentes incitava a seu trabalho,
Incitant les gens à reprendre leur travail,

**

II-93

Viam-se em derredor ferver as praias
 Tout autour on voyait sur les plages d’enthousiastes
Da gente, que a ver só concorre leda;
 Personnes, qui venaient pour admirer le spectacle ;

**

II-94

Um batel grande e largo, que toldado
Un grand et large bateau, voilé
  Vinha de sedas de diversas cores,
 De soies de différentes couleurs,

**

Les Luisades II-95

Cabaia de Damasco rico e dino,
Il est vêtu d’une riche jebba de Damas
 Da Tíria cor, entre eles estimada,
De la couleur de Tyr,  estimée par chez eux,

**

II-96

Com um redondo emparo alto de seda,
Avec une toile  circulaire de soie,
Numa alta e dourada hástia enxerido,
Sur une longue tige fixée,

**

II-97

Não menos guarnecido o Lusitano
Non moins magnifique, le Lusitanien
Nos seus batéis, da frota se partia
Sur ses navires, quitte la flotte

**

II-98

De botões douro as mangas vêm tomadas,
Des boutons dorés qui retiennent les manches,
 Onde o Sol reluzindo a vista cega;
Le soleil se plaît à aveugler les yeux ;

**

Les Luisades II-99

Nos de sua companhia se mostrava
Dans sa compagnie s’exposaient
Da tinta, que dá o múrice excelente,
Les teintes que donne l’excellent murex,

**

II-100

Sonorosas trombetas incitavam
Ces bruyantes trompettes incitaient
 Os ânimos alegres, ressoando;
A la bonne humeur, par leurs vibrations ;

**

II-101

Já no batel entrou do Capitão
Dans le bateau du Capitaine Gama est entré
  O Rei, que nos seus braços o levava;
Le Roi, qui, dans ses bras, le serra ;

**

LES LUISADES

II-102

E com grandes palavras lhe oferece
Et avec de grandes paroles, le Roi offre à Gama
Tudo o que de seus Reinos lhe cumprisse,
Tout ce qui, dans son Royaume, peut lui servir,

**

II-103

E como por toda África se soa,
Et comme, dans toute l’Afrique, circulent
 Lhe diz, os grandes feitos que fizeram,
Les grandes choses qu’ils ont faites,

**

II-104

« Ó tu, que só tiveste piedade,
« O toi, le seul qui a eu pitié,
Rei benigno, da gente Lusitana,
Roi magnanime, du peuple Lusitanien,

**

II-105

« Tu só, de todos quantos queima Apolo,
« Toi seul, sur tout ce qui est sous le feu d’Apollon,
Nos recebes em paz, cio mar profundo;
Nous reçois en paix, nous qui venons de la mer profonde ;

**

Les Luisades II-106

Isto dizendo, os barcos vão remando
Pendant le discours, les bateaux pagayaient
Para a frota, que o Mouro ver deseja;
Vers la flotte, que les Maures voulaient voir ;

**

II-107

Mas depois de ser tudo já notado
Mais après avoir tous déjà observé
Do generoso Mouro, que pasmava
Le généreux Maure qui, éberlué,

**

II-108

Em práticas o Mouro diferentes
Le Maure, de sujets différents,
  Se deleitava, perguntando agora
Se délectait, en le questionnant tantôt

**

Les Lusiades II-109

« Mas antes, valeroso Capitão,
« Mais avant, valeureux Capitaine,
Nos conta, lhe dizia, diligente,
Conte-nous, lui demanda t-il diligemment,

**

II-110

« E assim também nos conta dos rodeios
« Et aussi conte-nous tes pérégrinations
Longos, em que te traz o mar irado,
Si longues, sur la mer déchaînée,

**

II-111

« E não menos co’o tempo se parece
«Et avec le temps qui passe
O desejo de ouvir-te o que contares;
J’ai le désir d’entendre ton message ;

**

Les Lusiades II-112

« Cometeram soberbos os Gigantes,
« Remplis de superbe, les Géants
Com guerra vã, o Olimpo claro e puro;
Firent une vaine guerre à la claire et pure Olympe ;

**

II-113

« Queimou o sagrado templo de Diana,
« A Éphèse, il a brûlé le temple sacré de Diane,
Do subtil Tesifónio fabricado,
Construit par le subtil Ctésiphon,

**************

Les Lusiades II Luis de Camoes Artgitato

Photo Jacky Lavauzelle Portugal

LES LUSIADES II

*********************
Traduction Jacky Lavauzelle
ARTGITATO
*********************

luis de camoes literatura português os lusiadas
les Lusiades chant 2
LES LUISADES II

***********

LES LUSIADES
dans les
ENFANTS DU CAPITAINE GRANT
de Jules Verne


Ceci dit, Paganel fouilla dans ses nombreuses poches ; après quelques minutes de recherches, il en tira un volume en fort mauvais état, et le présenta d’un air assuré. Le major prit le livre et le regarda :
« Eh bien, quel est cet ouvrage ? demanda-t-il.
Ce sont les Lusiades, répondit Paganel, une admirable épopée, qui…
— Les Lusiades ! s’écria Glenarvan.
— Oui, mon ami, les Lusiades du grand Camoëns, ni plus ni moins !
— Camoëns, répéta Glenarvan, mais, malheureux ami, Camoëns est un Portugais ! C’est le portugais que vous apprenez depuis six semaines !
— Camoëns ! Lusiades ! portugais !… »
Paganel ne put pas en dire davantage. Ses yeux se troublèrent sous ses lunettes, tandis qu’un éclat de rire homérique éclatait à ses oreilles, car tous ses compagnons étaient là qui l’entouraient.
Le Patagon ne sourcillait pas ; il attendait patiemment l’explication d’un incident absolument incompréhensible pour lui.

Jules Verne
LES ENFANTS DU CAPITAINE GRANT
Chapitre XV
Hetzel, 1868
pp. 106-114

*****************

Les Lusiades II

CALIGULA de SUETONE – SOMMAIRE- De vita duodecim Caesarum libri VIII- SUETONIUS CALIGULA

 Caius Suetonius Tranquillus


De vita duodecim Caesarum libri VIII
litterarum – Littérature Latine
Suétone Caligula
suetonius caligula

Suetone Caligula artgitato De vita duodecim Caesarum libri VIII

Poeticam Latinam



Traduction Jacky Lavauzelle

IMG_4840

SUETONE
 Caius Suetonius Tranquillus
Vers 70 – Vers 122

SOMMAIRE

De vita duodecim Caesarum         libri VIII

CALIGULA

TABLE DES MATIERES

Tiberius_palermo Caligula Suetone

Vita Gai

I
Les hauts faits de Germanicus

*

II
Germanicus tué par Tibère et Pison

*

III
Portrait de Germanicus

*

IV
La popularité de Germanicus

*

V
La douleur collective à l’annonce
de la mort de Germanicus

*

VI
La rumeur d’un rétablissement de Germanicus – L’abattement des Romains et le deuil public

*

VII
Le mariage et les enfants de Germanicus

*

VIII
Sur le lieu de naissance de Caligula

*

IX
La dévotion des troupes envers Caligula

*

X
Les Premiers pas de Caligula dans le monde

*

XI
La mauvaise nature de Caligula

*

XII
Les projets de Caligula contre Tibère

*

XIII
La route de Caligula vers l’empire

*

XIV
Caligula empereur

*

XV

————-

La Mort de Germanicus par Nicolas Poussin

 

********************************
Traduction Jacky Lavauzelle
Artgitato
********************************

LE MANDARIN – Eça de Queiroz – O Mandarim – Tables des Matières – Sommaire – Índice

LITTERATURE PORTUGAISE
literatura português

Eça de Queiroz
(1845-1900)
Tradução – Traduction
texto bilingue
Índice – Table des Matières

Eça de Queirós 1882 O Mandarim Le Mandarin

O Mandarim

(1880)

LE MANDARIN

Índice

Sommaire – Table des Matières

Traduction Jacky Lavauzelle

Prólogo – Prologue

1º Amigo
Le Premier Ami
(bebendo conhaque e soda, debaixo de árvores, num terraço, à beira-d’água)
 (il boit du cognac avec du soda, sous les arbres, sur une terrasse qui se trouve au bord de l’eau)
Camarada, por estes calores do Estio que embotam a ponta da sagacidade, repousemos do áspero estudo da Realidade humana…
Camarade, par ces chaleurs d’été qui émoussent la pointe de l’esprit, reposons-nous de cette étude âpre de la réalité humaine

1er chapitre

1ère Section

Eu chamo-me Teodoro – e fui amanuense do Ministério do Reino.
Mon nom est Teodoro et je suis secrétaire au Ministère de l’Intérieur.
Nesse tempo vivia eu à Travessa da Conceição nº 106, na casa de hóspedes da D. Augusta, a esplêndida D. Augusta, viúva do major Marques.
A cette époque, je vivais à Travessa da Conceição, au numéro 106, dans la maison d’hôtes de Dona Augusta, la splendide Dona Augusta, la veuve du major Marques.

****

2nde Section

Ainda assim, eu não me considerava sombriamente um «pária».
Pourtant, je ne me considérais pas sinistrement comme un « paria ».
A vida humilde tem doçuras: é grato, numa manhã de sol alegre, com o guardanapo ao pescoço, diante do bife de grelha, desdobrar o «Diário de Notícias»;
La vie humble possède une certaine douceur : l’on est reconnaissant, d’un gai matin ensoleillé, d’une serviette autour de son cou, face à un steak grillé, en dépliant le « Diário de Notícias »;

***

3ème Section

 Se o volume fosse de uma honesta edição Michel-Levy, de capa amarela, eu, que por fim não me achava perdido numa floresta de balada alemã, e podia da minha sacada ver branquejar à luz do gás o correame da patrulha
Si cela n’était qu’une simple édition Michel-Levy, à la couverture jaune, moi qui, enfin, n’étais pas perdu dans une forêt de ballade allemande, et que je pouvais, de mon balcon, voir briller la lumière des becs de gaz

Eça de Queiroz Le Mandarin O Mandarim Artgitato L'enfance de Jupiter 1630 Jacob Jordaens Le Louvre

***

4ème Section

*****

2ème chapitre

*****

3ème chapitre

*****

4ème chapitre

*****

5ème chapitre

*****

6ème chapitre

*****

7ème chapitre

*****

8ème chapitre

*************************************************************
Traduction Jacky Lavauzelle
Artgitato
***********************************

Portugal
Eça de Queiroz

 

LES LUSIADES Chant 1 – OS LUSIADAS -Traduction du Poème de Luis de Camões – SOMMAIRE & RESUMO Canto Primeiro

Luis de Camoes Oeuvres obras ArtgitatoOS LUSIADAS Canto Primeiro
LES LUSIADES CHANT 1
LITTERATURE PORTUGAISE

literatura português

Luis de Camões
[1525-1580]
Tradução – Traduction
resumo
texto bilingue

Luis de Camoes Les Lusiades

OS LUSIADAS

Obra Poética

(1556)

LES LUSIADES

A Epopeia Portuguesa

CHANT I
Canto Primeiro

Traduction Jacky Lavauzelle

I-1
Des soldats dans des combats acharnés et féroces
As armas e os barões assinalados

I-2

E aussi les mémoires et le passé glorieux
E também as memórias gloriosas

I-3

Cessons de savoir qui des Grecs ou des Troyens
Cessem do sábio Grego e do Troiano

I-4

Et vous, mes nymphes sorties du Tage maternel
E vós, Tágides minhas, pois criado

I-5

 Donnez-moi une grande et terrible fureur
Dai-me uma fúria grande e sonorosa,

I-6

Toi, Sébastien, qui nâquis entouré d’attention
E vós, ó bem nascida segurança

I-7

Toi, nouvelle branche florissante et renommée
Vós, tenro e novo ramo florescente

I-8

Toi, nouvelle branche florissante et renommée
Vós, tenro e novo ramo florescente

I-9

Inclinai por um pouco a majestade
Incline pour un moment la majesté

I-10

Vereis amor da pátria, não movido
Tu verras l’amour du paysnon poussé

I-11

Ouvi, que não vereis com vãs façanhas,
Ecoute, tu ne verras pas d’exploits vains

I-12
Por estes vos darei um Nuno fero,
Pour cela, je vais te donner un féroce Nuno,

I-13
Pois se a troco de Carlos, Rei de França
Car si, en échange de Charles, roi de France

I-14

Nem deixarão meus versos esquecidos
Nous n’oublierons pas dans mes vers

I-15
E enquanto eu estes canto, e a vós não posso
Et tandis que je les chante, pour toi je ne le puis

I-16
Em vós os olhos tem o Mouro frio
Vers toi le regard du Maure glacial

I-17
Em vós se vêm da olímpica morada
Dans le domaine olympien, en toi elles se voient

I-18
M as enquanto este tempo passa lento
Mais le temps met le temps

I-19
Já no largo Oceano navegavam,
Déjà navigant sur le grand Océan

I-20

Quando os Deuses no Olimpo luminoso,
Lorsque les dieux dans la lumineuse Olympe,

I-21

Deixam dos sete Céus o regimento,
 Ils laissèrent les sept Ciels où ils règnent,

I-22

Estava o Padre ali sublime e dino,
Le Père était là sublime et digne,

I-23

Em luzentes assentos, marchetados
Sur des sièges lumineux, incrustés

I-24

« Eternos moradores do luzente
 « Eternels résidents de la lumineuse

I-25

« Já lhe foi (bem o vistes) concedido
« Il vous a été (et vous l’avez vu) donné de voir

I-26

« Deixo, Deuses, atrás a fama antiga,
«Je laisse, dieux, derrière l’antique gloire,

I-27

« Agora vedes bem que, cometendo
« Maintenant, vous voyez que, bravant

I-28

« Prometido lhe está do Fado eterno,
« La Promesse  est celle du Destin éternel,

I-29

« E porque, como vistes, têm passados
« Et car, comme vous l’avez vu, ils se sont heurtés

I-30

E stas palavras Júpiter dizia,
Jupiter a dit ces mots,

I-31
O uvido tinha aos Fados que viria
Ils avaient entendu des Parques que viendrait

I-32

Vê que já teve o Indo sojugado,
Il voit que déjà il a subjugué l’Indus,

I-33

Sustentava contra ele Vénus bela
Se tenait contre lui la belle Vénus

I-34

Estas causas moviam Citereia,
Ces causes animaient Cythérée,

I-35

Qual Austro fero, ou Bóreas na espessura
 Tel le féroce Auster, ou Borée dans l’épaisseur

I-36

Mas Marte, que da Deusa sustentava
Mais Mars, qui tenait à la Déesse

I-37

A viseira do elmo de diamante
La visière de son casque de diamant

I-38

E disse assim: « Ó Padre, a cujo império
Et il a dit ceci : «O Père, à qui dans l’empire

I-39

« Q ue, se aqui a razão se não mostrasse
« Que, si la raison ne se montrait pas ici

I-40

« E  tu, Padre de grande fortaleza,
« Et toi, Père, d’une si grande force,

I-41
Como isto disse, o Padre poderoso,
Quand cela fut dit, le puissant Père,

I-42
Enquanto isto se passa na formosa
Bien que tout ceci se passait dans la magnifique

I-43
Tão brandamente os ventos os levavam,
Alors que les vents doucement les portaient,

I-44

Vasco da Gama, o forte capitão,
Vasco da Gama, le valeureux capitaine,

I-45

Eis aparecem logo em companhia
Elles apparaissent bientôt groupées

I-46

As embarcações eram, na maneira,
Les navires étaient, à leur manière,

I-47

De panos de algodão vinham vestidos,
Des chiffons de coton servaient de robes,

I-48

Co’os panos e co’os braços acenavam
En agitant des chiffons et les bras, ils invitaient

I-49

Não eram ancorados, quando a gente
Ils ne s’étaient pas déjà ancrés que les îliens

I-50

Comendo alegremente perguntavam,
En mangeant de la sorte joyeusement, ils demandaient,

I-51

« Do mar temos corrido e navegado
« De la mer, nous avons parcouru et navigué

I-52

« E por mandado seu, buscando andamos
« Et il nous a envoyés, nous demandant de marcher

I-53

« Somos, um dos das ilhas lhe tornou,
«Nous sommes, l’un des îles ainsi répondit,

I-54

« Esta ilha pequena, que habitamos,
« Cette petite île, que nous habitons,

I-55

« E já que de tão longe navegais,
« Et puisque de si loin vous avez navigué,

I-56

« Isto dizendo, o Mouro se tornou
Ceci étant dit, le Maure se rendit

I-57

A noite se passou na lassa frota
La nuit se passa dans la flotte épuisée

I-58

Da Lua os claros raios rutilavam
Les rayons de la Lune rutilaient

I-59

Mas assim como a Aurora marchetada
Mais aussitôt que l’Aurore répandit

I-60

Partia alegremente navegando,
 S’il partait allégrement naviguant,

I-61

Recebe o Capitão alegremente
Le Capitaine reçu plaisamment

I-62

Está a gente marítima de Luso
Les marins Lusitaniens

I-63

E mais lhe diz também, que ver deseja
De plus, il demanda s’il pouvait voir

I-64
Responde o valeroso Capitão
Le valeureux Capitaine répondit

I-65
A lei tenho daquele, a cujo império
« La loi que j’ai vient de celui dont l’empire

I-66

Deste Deus-Homem, alto e infinito,
De ce Dieuhomme, grand et infini,

I-67
Isto dizendo, manda os diligentes
 Ainsi dit, il commande aux empressés

I-68
As bombas vêm de fogo, e juntamente
Les bombes à feu viennent ensuite, et conjointement

I-69

Porém disto, que o Mouro aqui notou,
Mais tout ce que le Maure ici avait noté,

I-70

Pilotos lhe pedia o Capitão,
Des pilotes furent demandés par le Capitaine,

I-71

Tamanho o ódio foi, e a má vontade,
Ainsi étaient la haine et la mauvaise volonté,

I-72

Partiu-se nisto, enfim, co’a companhia,
Il partit, enfin,  avec sa compagnie,

I-73

Do claro assento etóreo o grão Tebano,
Le grand Thébain du clair lieu éthéré,

I-74

« Está do fado já determinado,
« Il est déjà déterminé par le destin,

I-75

« Já quiseram os Deuses que tivesse
« Déjà les Dieux voulaient qu’il ait,

I-76

« Não será assim, porque antes que chegado
« Non, il n’en sera pas ainsi, car avant d’arriver

I-77

Isto dizendo, irado e quase insano,
A cette parole, en colère et presque fou,

I-78

E entrando assim a falar-lhe a tempo e horas
Et ainsi va lui parler à l’heure

I-79

E sabe mais, lhe diz, como entendido
Et sache de plus, lui dit-il, que j’ai entendu

I-80

« E também sei que tem determinado
« Et je sais qu’ils sont déterminés

I-81

« E  se inda não ficarem deste jeito
« Et si ce n’était pas assez de cette façon

I-82

Tanto que estas palavras acabou,
Dès ces mots terminés
,

I-83

E busca mais, para o cuidado engano,
Et de plus, il se mit pour cela à chercher,

I-84

Já o raio Apolíneo visitava
Déjà les rayons d’Apollon visitaient

I-85

E mais também mandado tinha a terra,
Et il [Le Capitaine] avait également envoyé à terre,

I-86

Mas os Mouros que andavam pela praia,
Mais les Maures marchèrent le long de la plage,

I-87

Andam pela ribeira alva, arenosa,
Marchant sur le rivage sablonneux,

I-88

Qual no corro sanguino o ledo amante,
 Dans cette course sanglante, l’élégant amant,

I-89

Eis nos batéis o fogo se levanta
Alors, le feu des bateaux se leva

I-90

Não se contenta a gente Portuguesa,
Non satisfaits, les Portugais,

I-91

Fugindo, a seta o Mouro vai tirando
 Le Maure fuyant, sa flèche prend son envol

I-92

Uns vão nas almadias carregadas,
Certains partent vers des canots surchargés,

I-93

Tornam vitoriosos para a armada,
 Victorieuse cette armée,

I-94

Pazes cometer manda arrependido
La réconciliation est demandée

I-95

O Capitão, que já lhe então convinha
Le Capitaine, qui déjà souhaitait 

I-96

Desta arte despedida a forte armada,
 Cette forte armada éventrait,

I-97

Mas o Mouro, instruído nos enganos
Mais le Maure, ayant appris les erreurs

I-98

E diz-lhe mais, com o falso pensamento
Et il lui dit encore, avec une pensée malveillante,

I-99

O mesmo o falso Mouro determina,
 Bien entendu, le Maure sournois était bien déterminé,

I-100

Para lá se inclinava a leda frota;
Ainsi naviguait joyeusement l’armada ;

I-101

Mas o malvado Mouro, não podendo
Mais le Maure, mal intentionné, ne pouvant pas

I-102

Também nestas palavras lhe mentia,
Aussi, par ces mots, il mentait,

I-103

Estava a ilha à terra tão chegada,
 L’île se trouvait non loin de la terre,

I-104

E sendo a ela o Capitão chegado,
 Enfin le Capitaine arriva,

I-105

O recado que trazem é de amigos,
Le message qu’ils apportent est amical,

I-106

No mar tanta tormenta, e tanto dano,
Sur la mer tant de tourments et tant de dommages,

FIN DU PREMIER CHANT

 

*********************
Traduction Jacky Lavauzelle
ARTGITATO
*********************

luis de camoes literatura português os lusiadas
les Lusiades chant 1

Le Café GOLDONI – LA BOTTEGA DEL CAFFE GOLDONI ATTO PRIMO Scena sedicesima- LE CAFE ACTE 1 Scène 16

LA BOTTEGA DEL CAFFE GOLDONI
ATTO PRIMO – Scena sedicesima
Le Café GOLDONI
ACTE I Scène 16
Traduction – Texte Bilingue
Carlo Osvaldo Goldoni

LITTERATURE ITALIENNE

letteratura italiana

La bottega del caffe goldoni le cafe texte et traduction artgitato

CARLO GOLDONI 1707- 1793

 

Traduction Jacky Lavauzelle


La bottega del caffè

LE CA
FE

1750 – 1751

*************

ATTO PRIMO
ACTE I

Scène 16
Scena sedicesima

Don Marzio, poi Eugenio dalla locanda.
Don Marzio, puis Eugenio à l’auberge.

DON MARZIO
Oh, che caro signor Eugenio!
Oh, ce cher monsieur Eugenio !
Egli applica a tutto, anche alla pellegrina.
Il s’applique dans tout, même avec cette pèlerine.
Colei mi pare certamente sia quella dell’anno passato.
Il me semble bien avoir vu celle-ci l’an passé.
Scommetterei che è quella che veniva ogni sera al caffè a domandar l’elemosina.
Je parie que c’est celle qui venait chaque soir au café pour demander l’aumône.
Ma io però non glie ne ho mai dati, veh! 
Je n’ai jamais rien donné aux filles, va !
I miei danari, che sono pochi, li voglio spender bene.
Mon argent, est assez rare et je ne le dépense que pour des choses réfléchies.
Ragazzi, non è ancora tornato Trappola?
Garçons ! Trappola n’est-il pas encore de retour ?
Non ha riportati gli orecchini, che mi ha dati in pegno per dieci zecchini il signor Eugenio?
N’a t-il pas rapporté les boucles d’oreilles, pour lesquelles monsieur Eugenio a mis dix sequins en gage ?

EUGENIO
Che cosa dice de’ fatti miei?
Vous parlez de mes affaires ?

DON MARZIO
Bravo, colla pellegrina!
Bravo !  cette pèlerine !

EUGENIO
Non si può assistere una povera creatura, che si ritrova in bisogno?
Vous ne pouvez pas aider une pauvre créature qui se trouve dans le besoin ?

DON MARZIO
Sì, anzi fate bene. Povera diavola!
Oui, en effet j’aime faire le bien. Pauvre chose !
Dall’anno passato in qua, non ha trovato nessuno che la ricoveri?
Depuis l’an dernier, n’a-t-elle pas trouvé quelqu’un pour l’aider ?

EUGENIO
Come dall’anno passato!
Comment ça l’an dernier ?
La conoscete quella pellegrina?
Vous connaissez donc cette pèlerine ?

DON MARZIO
Se la conosco? E come! 
Si je la connais ? Et comment !
E’ vero che ho corta vista, ma la memoria mi serve.
Il est vrai que j’ai une courte vue, mais une excellente mémoire.

EUGENIO
Caro amico, ditemi chi ella è.
Cher ami, dites-moi qui est-elle ?

DON MARZIO
E’ una, che veniva l’anno passato a questo caffè ogni sera, a frecciare questo e quello.
Et l’an dernier dans ce café tous les soirs, elle quémandait ici et là.

EUGENIO
Se ella dice che non è mai più stata in Venezia?
Mais elle dit qu’elle n’est jamais venue à Venise?

DON MARZIO
E voi glielo credete?
Et vous la croyez?
Povero gonzo!
Mon pauvre ami !

EUGENIO
Quella dell’anno passato di che paese era?
Celle de l’an dernier venait de quel pays?

DON MARZIO
Milanese.
Elle était Milanaise.

EUGENIO
E questa è piemontese.
Et cela-là est Piémontaise.

DON MARZIO
Oh sì, è vero;
Oh oui, c’est vrai ;
era di Piemonte.
elle était du Piémont.

EUGENIO
E’ moglie d’un certo Flaminio Ardenti.
Et l’épouse d’un certain Flaminio Ardenti.

DON MARZIO
Anche l’anno passato aveva con lei uno, che passava per suo marito.
Même l’année dernière, elle avait avec elle quelqu’un qui passait pour être son mari.

EUGENIO
Ora non ha nessuno.
Maintenant elle n’en a aucun.

DON MARZIO
La vita di costoro; 
Ainsi va la vie de ces personnes ;
ne mutano uno al mese.
Elle en a un par mois !

EUGENIO
Ma come potete dire che sia quella?
Mais comment pouvez-vous dire ça ?

DON MARZIO
Se la riconosco!
Je la reconnais !

EUGENIO
L’avete ben veduta?
L’avez vous bien vue ?

DON MARZIO
Il mio occhialetto non isbaglia; e poi l’ho sentita parlare.
Mes lunettes ne me trompent pas ; et puis je l’ai entendue parler.

EUGENIO
Che nome aveva quella dell’anno passato?
Le prénom de votre dame de l’année dernière ?

DON MARZIO
Il nome poi non mi sovviene.
Le prénom ? je ne m’en souviens plus !

EUGENIO
Questa ha nome Placida.
Elle se nomme Placida.

DON MARZIO
Appunto; aveva nome Placida.
Exactement ! Placida était son nom !

EUGENIO
Se fossi sicuro di questo, vorrei ben dirle quello che ella si merita.
Ah ! si je devais sûr ça, je lui dirais certainement ses quatre vérités !

DON MARZIO
Quando dico una cosa io, la potete credere.
Quand je dis quelque chose, on peut la croire.
Colei è una pellegrina, che in vece d’essere alloggiata, cerca di alloggiare.
C’est une pèlerine, qui au lieu d’être logée, essaye de se loger.

EUGENIO
Aspettate, che ora torno.
Attendez ! je reviens !

 Voglio sapere la verità.
Je veux connaître toute la vérité.

entra in locanda
il entre dans l’hôtellerie

*****************
 Traduction Jacky Lavauzelle
    ARTGITATO
  *****************

la bottega del caffe Goldoni atto primo Scena sedicesima
le café Goldoni acte 1 scène 16

La bottega del caffè
le café Goldoni

Le Café GOLDONI – LA BOTTEGA DEL CAFFE GOLDONI ATTO PRIMO SCENA quindicesima- LE CAFE ACTE 1 Scène 15

LA BOTTEGA DEL CAFFE GOLDONI
ATTO PRIMO – Scena quindicesima
Le Café GOLDONI
ACTE I Scène 15
Traduction – Texte Bilingue
Carlo Osvaldo Goldoni

LITTERATURE ITALIENNE

letteratura italiana

La bottega del caffe goldoni le cafe texte et traduction artgitato

CARLO GOLDONI 1707- 1793

 

Traduction Jacky Lavauzelle


La bottega del caffè

LE CA
FE

1750 – 1751

*************

ATTO PRIMO
ACTE I

Scène 15
Scena quindicesima

Don Marzio dal barbiere e detti
Don Marzio sort de chez le barbier

DON MARZIO
da sè
à part
Eugenio con una pellegrina! Sarà qualche cosa di buono!
Eugenio avec une pèlerine ! Il y a quelque chose là-dessous !

siede al caffè, guardando la pellegrina coll’occhialetto
il s’assied au café, regardant la pèlerine avec ses lunettes

PLACIDA
Fatemi la carità;
Faites-moi cette bonté ;
introducetemi voi alla locanda.
présentez-moi à l’auberge.
Raccomandatemi al padrone di essa, acciò, vedendomi così sola, non mi scacci, o non mi maltratti.
Recommandez-moi au propriétaire, de peur qu’en me voyant seule il ne me rejette ou ne me maltraite.

EUGENIO
Volentieri.
Volontiers !
Andiamo, che vi accompagnerò.
Allons ! Je vous accompagne !
Il locandiere mi conosce, e a riguardo mio, spero che vi userà tutte le cortesie che potrà.
L’aubergiste me connaît, et me respecte, j’espère qu’il usera de toute la courtoisie possible à votre égard.

DON MARZIO
da sè
à part
Mi pare d’averla veduta altre volte.
Il me semble l’avoir déjà vue.

guarda di lontano coll’occhialetto
regarde longuement avec ses lunettes

PLACIDA
Vi sarò eternamente obbligata.
Je vous serai éternellement obligée !

EUGENIO
Quando posso, faccio del bene a tutti.

Quand je peux, je fais le bien à tous.
Se non ritroverete vostro marito, vi assisterò io.
Et si vous ne retrouvez pas votre mari, je vous assisterai.
Son di buon cuore. 
Je suis un bon cœur.

DON MARZIO
da sè
à part
Pagherei qualche cosa di bello a sentir cosa dicono.
Je paierais quelque chose pour savoir ce qu’ils disent !

PLACIDA
Caro signore, voi mi consolate colle vostre cortesissime esibizioni.
Cher monsieur, vous me consolez avec courtoisie.
Ma la carità d’un giovane, come voi, ad una donna, che non è ancor vecchia, non vorrei che venisse sinistramente interpretata.
Mais cette charité d’un jeune homme comme vous envers une femme qui n’est plus toute jeune, je ne voudrais pas qu’elle soit mal interprétée.

EUGENIO
Vi dirò, signora:

Je vais vous dire, madame :
se in tutti i casi si avesse questo riguardo, si verrebbe a levare agli uomini la libertà di fare delle opere di pietà.
si dans tous les cas on devait considérer ces questions, les hommes se priveraient de cette liberté de faire œuvre de miséricorde.
Se la mormorazione è fondata sopra un’apparenza di male, si minora la colpa del mormoratore;
Si la rumeur est fondée sur une apparence de mal, la culpabilité est minorée d’autant ;
ma se la gente cattiva prende motivo di sospettare da un’azione buona o indifferente, tutta la colpa è sua, e non si leva il merito a chi opera bene.
mais si les gens ont une mauvaise raison de soupçonner une action bonne ou indifférente, tout le blâme est sur eux, et cela n’enlève pas le mérite à celui qui a bien travaillé.
Confesso d’esser anch’io uomo di mondo;
Je l’avoue, moi-même je ne suis qu’un homme de ce monde;
ma mi picco insieme d’esser un uomo civile, ed onorato.
mais je me pique d’être un homme civilisé et honnète.

PLACIDA
Sentimenti d’animo onesto, nobile, e generoso.
Voici des sentiments d’une âme honnête, noble et généreuse.

 DON MARZIO
ad Eugenio
à Eugenio
Amico, chi è questa bella pellegrina?
Ami, qui est cette belle pèlerine ?

EUGENIO
da sè
à part
 Eccolo qui; vuol dar di naso per tutto.
Le voici encore ; Il fourre son nez partout !

a Placida
à Placida
Andiamo in locanda.
Allons à l’auberge !

PLACIDA
Vi seguo.
Je vous suis !
entra in locanda con Eugenio
Elle entre avec Eugenio dans l’hôtellerie

*****************
 Traduction Jacky Lavauzelle
    ARTGITATO
  *****************

la bottega del caffe Goldoni atto primo scena quindicesima
le café Goldoni acte 1 scène 15

La bottega del caffè
le café Goldoni

 

LA BOTTEGA DEL CAFFE GOLDONI ATTO PRIMO SCENA quattordicesima- LE CAFE ACTE 1 Scène 14

LA BOTTEGA DEL CAFFE GOLDONI
ATTO PRIMO – Scena quattordicesima
LE CAFE GOLDONI
ACTE I Scène 14
Traduction – Texte Bilingue
Carlo Osvaldo Goldoni

LITTERATURE ITALIENNE

letteratura italiana

La bottega del caffe goldoni le cafe texte et traduction artgitato

CARLO GOLDONI 1707- 1793

 

Traduction Jacky Lavauzelle


La bottega del caffè

LE CA
FE

1750 – 1751

*************

ATTO PRIMO
ACTE I

Scène 14
Scena quattordicesima

Placida da Pellegrino ed Eugenio
Placida apparaît en pèlerine et Eugenio

PLACIDA
Un poco di carità alla povera pellegrina.
Un peu de charité pour une pauvre pèlerine.

EUGENIO
da sè
à part
Ecco qui; corre la moda delle pellegrine.
Quoi ici ? c’est la mode de la pèlerine qui a cours.

PLACIDA
ad Eugenio
à Eugenio
Signore, per amor del cielo, mi dia qualche cosa.
Seigneur, pour l’amour du Ciel, donnez-moi quelque chose.

EUGENIO
Che vuol dir questo, signora pellegrina?
Que signifie cela, dame pèlerine ?
Si va cosi per divertimento o per pretesto?
Allez-vous comme ceci pour le plaisir ou pour évangéliser ?

PLACIDA
Né per l’uno, né per l’altro.
Ni pour l’un, ni pour l’autre.

EUGENIO
Dunque per qual causa si gira il mondo?
Donc, pour quelle cause parcourez-vous le monde ?

PLACIDA
Per bisogno.
Par besoin.

EUGENIO
Bisogno, di che?
Besoin de quoi ?

PLACIDA
Di tutto.
De tout !

EUGENIO
Anche di compagnia.
Même de compagnie.

PLACIDA
Di questa non avrei bisogno, se mio marito non mi avesse abbandonata.
Je n’aurais pas besoin de cela, si mon mari ne m’avait abandonnée.

EUGENIO
da sé
à part
La solita canzonetta.
L’éternelle ritournelle.
Mio marito mi ha abbandonata.
Mon mari m’a abandonnée.
Di che paese siete, signora?
De quel pays êtes-vous, madame?

PLACIDA
Piemontese.
Piémontaise.

EUGENIO
E vostro marito?
Et votre mari ?

PLACIDA
Piemontese egli pure.
Piémontais lui aussi.

EUGENIO
Che facev’egli al suo paese?
Que faisait-il dans son pays ?

PLACIDA
Era scritturale d’un mercante.
Il tenait les écritures d’un marchand.

EUGENIO
E perché se n’è andato via?
Et pourquoi s’en est-il allé ?

PLACIDA
Per poca volontà di far bene.
Par manque de volonté de bien faire.

EUGENIO
Questa è una malattia che l’ho provata anch’io, e non sono ancora guarito.
Ceci est une maladie que j’ai eue moi-même, et ne suis pas encore guéri !

PLACIDA
Signore, aiutatemi per carità.
Seigneur, aidez-moi s’il vous plaît.
Sono arrivata in questo punto a Venezia.
Je suis arrivé ici à Venise.
Non so dove andare, non conosco nessuno, non ho danari, son disperata.
Je ne sais où aller et ne connais personne, je n’ai pas d’argent, je suis désespérée.

EUGENIO
Che cosa siete venuta a fare a Venezia?
Que cherchez-vous à Venise?

PLACIDA
A vedere se trovo quel disgraziato di mio marito.
Je recherche cette disgrâce qu’est mon mari.

EUGENIO
Come si chiama?
Comment s’appelle-t-il ?

PLACIDA
Flaminio Ardenti.

EUGENIO
Non ho mai sentito un tal nome.
Je n’ai jamais entendu un tel nom.

PLACIDA
Ho timore che il nome se lo sia cambiato.
Je crains que si son nom ne soit changé.

EUGENIO
Girando per la città, può darsi che, se vi è, lo troviate.
Marchez dans la ville, et peut-être le trouverez-vous.

PLACIDA
Se mi vedrà, fuggirà.
S’il me voit, il fuira !

EUGENIO
Dovreste far cosi. 
Vous devriez faire ceci :
Siamo ora di carnovale, dovreste mascherarvi, e così più facilmente lo trovereste.
Nous sommes maintenant en carnaval, portez le masque, et ainsi le trouverez-vous plus facilement.

PLACIDA
Ma come posso farlo, se non ho alcuno che mi assista?
Mais comment puis-je faire, si je ne trouve personne pour m’aider?
Non so nemmeno dove alloggiare.
Je ne sais où me loger.

EUGENIO
da sé
à part
Ho inteso, or ora vado in pellegrinaggio ancor io.
J’ai compris, je vais rentrer en pèlerinage moi aussi.

 Se volete, questa è una buona locanda.
Si vous voulez, ceci est une bonne auberge.

PLACIDA
Con che coraggio ho da presentarmi alla locanda, se non ho nemmeno da pagare il dormire?
Comment oserais-je me présenter à cette auberge, où je n’ai même pas de quoi payer mon lit?

EUGENIO
Cara pellegrina, se volete un mezzo ducato, ve lo posso dare.
Chère pèlerine, si vous voulez la moitié d’un ducat, je peux vous le donner.
da sè
à part
Tutto quello che mi è avanzato dal giuoco.
Tout ce que qui me reste du jeu.

PLACIDA
Ringrazio la vostra pietà.
Merci pour votre bonté.
Ma più del mezzo ducato, più di qual si sia moneta, mi sarebbe cara la vostra protezione.
Mais plus de la moitié d’un ducat, plus que de l’argent, j’aurais aimé votre protection.

EUGENIO
da sè
à part
Non vuole il mezzo ducato; vuole qualche cosa di più.
Elle ne veut pas la moitié de mon ducat ; elle veut quelque chose de plus.

 

*****************
 Traduction Jacky Lavauzelle
    ARTGITATO
  *****************

la bottega del caffe Goldoni atto primo scena quattordicesima
le café Goldoni acte 1 scène 14

La bottega del caffè