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CAMOES OS LUSIADAS III-3 LES LUSIADES

Luís Vaz de Camões Les Lusiades
OS LUSIADAS III-3 LES LUSIADES III-3
LITTERATURE PORTUGAISE

Luis de Camoes Oeuvres obras Artgitato

literatura português

Luis de Camões
[1525-1580]

Tradução – Traduction
texto bilingue

Luis de Camoes Les Lusiades

 

Obra Poética

(1556)

LES LUSIADES III-3

OS LUSIADAS III-3

A Epopeia Portuguesa

 

CHANT III
Canto Terceiro

Traduction Jacky Lavauzelle

verso  3
Strophe 3

III-3

Image illustrative de l'article Vasco de Gama

Vasco de Gama

Vasco da Gama signature almirante.svg

 

******

Luís Vaz de Camões Les Lusiades
OS LUSIADAS III-3
LES LUSIADES III-3

 *****

Prontos estavam todos escutando
Tous attentivement écoutaient
O que o sublime Gama contaria,
Ce que le sublime Gama contait,
Quando, depois de um pouco estar cuidando,
Lorsque, après une rapide pause,
Alevantando o rosto, assim dizia:
Il releva la tête, et dit alors :
 « Mandas-me, ó Rei, que conte declarando
« Tu souhaites, ô roi, que je te donne
De minha gente a grão genealogia:
La fabuleuse généalogie de mon peuple :
Não me mandas contar estranha história,
Tu ne me demandes pas de conter ici une histoire étrangère,
Mas mandas-me louvar dos meus a gloria.
Mais tu me demandes de louer la gloire des miens. 

Vasco de Gama par Gregorio Lopes

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Luís Vaz de Camões Les Lusiades
OS LUSIADAS III-3 LES LUSIADES III-3

Traduction Jacky Lavauzelle
ARTGITATO
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White_Fawn_Drawing Faon Diane

LA VIE DE LUIS DE CAMOES

CAMOES OS LUSIADAS III-2 LES LUSIADES

Luís Vaz de Camões Les Lusiades
OS LUSIADAS III-2 LES LUSIADES III-2
LITTERATURE PORTUGAISE

Luis de Camoes Oeuvres obras Artgitato

literatura português

Luis de Camões
[1525-1580]

Tradução – Traduction
texto bilingue

Luis de Camoes Les Lusiades

 

Obra Poética

(1556)

LES LUSIADES III-2

OS LUSIADAS III-2

A Epopeia Portuguesa

 

CHANT III
Canto Terceiro

Traduction Jacky Lavauzelle

verso  2
Strophe 2

III-2

Image illustrative de l'article Vasco de Gama

Vasco de Gama

Vasco da Gama signature almirante.svg

 

******

Luís Vaz de Camões Les Lusiades
OS LUSIADAS III-2
LES LUSIADES III-2

 *****

Põe tu, Ninfa, em efeito meu desejo,
Peux-tu, ô Nymphe, exaucer mon désir,
  Como merece a gente Lusitana;
Comme le mérite le peuple lusitanien ;
Que veja e saiba o mundo que do Tejo
Que le monde voie et sache que du Tage
O licor de Aganipe corre e mana.
La liqueur d’Aganippe courut et jaillit.
Deixa as flores de Pindo, que já vejo
Laisse les fleurs de Pinde**, que je vois déjà
Banhar-me Apolo na água soberana;
Apollon me baigner dans cette eau souveraine ;
Senão direi que tens algum receio,
Sinon je dirai que tu as quelques craintes,
 Que se escureça o teu querido Orfeio.
Que s’obscurcisse ton cher Orphée.

***

*AGANIPPE
s. f. Terme de Mythologie. C’est le nom d’une fontaine du mont Hélicon, en Béotie, dont les eaux avoient une vertu souveraine pour inspirer les Poëtes, d’où les Muses s’appeloient quelquefois Aganippides. Le cheval Pégase fit sortir de terre cette fontaine d’un coup de pied.
Jésuites et imprimeurs de Trévoux
Dictionnaire universel françois et latin, 6e édition
1771 – Tome 1, p. 150

**PINDE
le (Géog. anc.) montagne de la Grece, fort célébrée par les Poëtes, parce qu’elle étoit consacrée aux Muses : ce n’étoit pas proprement une montagne seule, mais une chaîne de montagnes habitée par différens peuples de l’Epire & de la Thessalie, entre autres par les Athamanes, par les Aétiches, & par les Perrhèbes. Elle séparoit la Macédoine, la Thessalie, & l’Epire. Le Pinde, dit Strabon, liv. IX. est une grande montagne, qui a la Macédoine au nord, les Perrhèbes au couchant, les Dolopes au midi, & qui étoit comprise dans la Thessalie. Pline, liv. IV. chap. j. la place dans l’Epire ; pour accorder ces deux auteurs il suffit de dire que le Pinde étoit entre l’Epire & la Thessalie, & que les peuples qui l’habitoient du côté de l’Epire étoient réputés Epirotes, comme ceux qui l’habitoient du côté de la Thessalie étoient réputés Thessaliens. Tite-Live, liv. XXXII. nomme cette montagne Lyncus, & Chalcondyle, de même que Sophien, disent que le nom moderne est Mezzovo.
Jaucourt
L’Encyclopédie, 1re édition
1751 Tome 12, p. 640

Vasco de Gama par Gregorio Lopes

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Luís Vaz de Camões Les Lusiades
OS LUSIADAS III-2 LES LUSIADES III-2

Traduction Jacky Lavauzelle
ARTGITATO
*********************

White_Fawn_Drawing Faon Diane

LA VIE DE LUIS DE CAMOES
par Charles Magnin

( Extrait )
Par En cherchant à montrer la différence qui sépare la vie aventureuse et active des écrivains portugais, notamment celle de Camoens, de la vie casanière et posée de la plupart de nos gens de lettres, je ne prétends pas élever par-là les œuvres des uns, ni déprimer les productions des autres. Je n’en crois pas les élégies de Camoens plus touchantes parce qu’elles sont datées d’Afrique, de la Chine et de l’Inde ; je n’en estime pas Polyeucte et Cinna moins admirables, parce que le grand Corneille n’a guère fait de plus longues pérégrinations que le voyage de Paris à Rouen. Je ne conseille à personne de louer un cabinet d’étude à Macao ; mais je crois que, généralement, si les ouvrages écrits au milieu des traverses et au feu des périls ne sont pas plus beaux, les vies de leurs auteurs sont plus belles. Indépendamment de la variété des aventures, on y trouve plus d’enseignements. J’admire et j’honore infiniment La Fontaine et Molière, mais j’honore et j’admire encore plus, comme hommes, Cervantès et Camoens. A mérite de rédaction égal, une histoire littéraire du Portugal serait un meilleur et plus beau livre qu’une histoire littéraire de notre dix-septième ou dix-huitième siècle. C’est une chose bonne et sainte que la lecture de ces vies d’épreuves, que ces passions douloureuses des hommes de génie, Je ne sache rien de plus capable de retremper le cœur. C’est pour cela que dans ce temps de souffrances oisives, de désappointements frivoles, de molles contrariétés et de petites douleurs, j’ai cru bon d’écrire l’étude suivante sur la vie de Luiz de Camoens.
….

OS LUSIADAS III-2
Luís Vaz de Camões Les Lusiades

LUIS DE CAMOES OS LUSIADAS Canto Terceiro Chant III

OS LUSIADAS Canto Terceiro
LES LUSIADES III Luis de Camoes Oeuvres obras ArtgitatoOS LUSIADAS Canto Terceiro
LES LUSIADES III CHANT 3
LITTERATURE PORTUGAISE

literatura português

Luis de Camões
[1525-1580]
Tradução – Traduction
resumo
texto bilingue

Luis de Camoes Les Lusiades

OS LUSIADAS – Les Lusiades 

A Epopeia Portuguesa

 

Obra Poética

(1556)

LES LUSIADES III

CHANT III
Canto Terceiro

Traduction Jacky Lavauzelle

***************************

LES LUSIADES III
OS LUSIADAS Canto Terceiro


 óleo de António Carneiro
1927

******

III-1

Agora tu, Calíope, me ensina
Maintenant, toi, Calliope, enseigne-moi
O que contou ao Rei o ilustre Gama:
 Ce que conta au Roi l’illustre Gama :

**

III-2

Põe tu, Ninfa, em efeito meu desejo,
 Peux-tu, ô Nymphe, exaucer mon désir,
  Como merece a gente Lusitana;
Comme le mérite le peuple lusitanien ;

**

III-3

Prontos estavam todos escutando
Tous attentivement écoutaient
O que o sublime Gama contaria,
Ce que le sublime Gama contait,

**

III-4

« Que outrem possa louvar esforço alheio,
 « De louer les efforts déployés par d’autres,
Cousa é que se costuma e se deseja;
 Voici un phénomène des plus habituels ;

**

III-5

« Além disso, o que a tudo enfim me obriga,
«D’ailleurs, ce qui m’oblige enfin,
É não poder mentir no que disser,
   C’est de ne pas déformer mes propos,

**

III-6

« Entre a Zona que o Cancro senhoreia,
« Entre la zone que le Cancer recouvre,
Meta setentrional do Sol luzente,
 Limite septentrionale de l’éclatant Soleil,

**

III-7

« Da parte donde o dia vem nascendo,
« Dans la partie où le jour naît,
Com Ásia se avizinha; mas o rio
  A l’Asie, elle se rapproche ; mais une rivière

**

III-8

« Lá onde mais debaixo está do Pólo,
«Là où elle est à son maximum sous le pôle,
Os montes Hiperbóreos aparecem,
  Les collines Hyperboréennes apparaissent,

**

III-9

« Aqui dos Citas grande quantidade
«Ici, des Scythes en nombre
Vivem, que antigamente grande guerra
   Vivaient ; une antique grande Guerre

**

III-10

« Agora nestas partes se nomeia
« Maintenant, les parties se nomment
A Lápia fria, a inculta Noruega,
  La froide Laponie, la Norvège inculte,

**

III-11

« Entre este mar e o Tánais vive estranha
« Entre cette mer et le fleuve Tanaïs* vivent des étranges
 Gente: Rutenos, Moseos e Livónios,
Peuples : les Ruthènes**, les Moscovites et les Livoniens***,

**

III-12

« Entre o remoto Istro e o claro Estreito,
«Entre le lointain Ister* le Détroit prestigieux**,
Aonde Hele deixou co’o nome a vida,
  Où Hellé** laissa et son nom et sa vie,

**

III-13

« Logo de Macedónia estão as gentes,
« Ensuite nous avons les Macédoniens,
A quem lava do Axio a água fria;
  Qui vivent au bord des eaux froides d’Axios* ;

**

III-14

« Logo os Dálmatas vivem; e no seio,
« Bientôt les terres des Dalmates*, et à l’intérieur,
Onde Antenor já muros levantou,
  Où Anténor** éleva les murs,

**

III-15

« Em torno o cerca o Reino Neptunino,
« Tout autour, le Royaume de Neptune, le cerne
Co’os muros naturais por outra parte;
   De parois naturelles d’autre part ;

**

III-16

« Gália ali se verá que nomeada
«La Gaule, ensuite, se présente, connue,
Co’os Cesáreos triunfos foi no mundo,
 Depuis les triomphes de César, de par le monde,

**

III-17

« Eis aqui se descobre a nobre Espanha,
« Ici, on trouve la noble Espagne,
Como cabeça ali de Europa toda,
Considérée comme la tête de toute l’Europe,

**

III-18

« Com Tingitânia entesta, e ali parece
« Avec la Mauritanie Tingitane, elle se touche, et semble
  Que quer fechar o mar Mediterrano,
 Vouloir fermer la mer Méditerranée,

**

III-19

« Tem o Tarragonês, que se fez claro
« Il y a là la Tarraconaise, qui fit
Sujeitando Parténope inquieta;
Soumettre le royaume de Parthénope agité ;

**

III-20

« Eis aqui, quase cume da cabeça
«Ici, se trouve, comme le sommet de la tête
De Europa toda, o Reino Lusitano,
De toute l’Europe, le Royaume Lusitanien,

**

III-21

« Esta é a ditosa pátria minha amada,
« Ceci est ma patrie bénie bien-aimée,
A qual se o Céu me dá que eu sem perigo
 Et si le Ciel me permet d’y revenir 

**

III-22

« Desta o pastor nasceu, que no seu nome
« D’elle, le pasteur Viriate est né, qui par son nom
 Se vê que de homem forte os feitos teve;
 Montre combien les actes furent ceux d’un vaillant homme ;

**

III-23

« Um Rei, por nome Afonso, foi na Espanha,
« Un roi, nommé Alphonse VI, en Espagne,
  Que fez aos Sarracenos tanta guerra,
 Guerroya tant contre les Sarrasins,

**

III-24

« E com um amor intrínseco acendidos
« Et avec un amour suscité intrinsèquement
 Da Fé, mais que das honras populares,
Par la Foi, plus que par les honneurs populaires,

**

III-25

« Destes Anrique, dizem que segundo
« Parmi ceux-ci, Henri, dit-on second 
  Filho de um Rei de Ungria exprimentado,
 Fils d’un roi de Hongrie expérimenté,

**

III-26

« Este, depois que contra os descendentes
« Ainsi, après les descendants
  Da escrava Agar vitórias grandes teve,
 De l’esclave Agar, il conquit de grandes victoires,

**

III-27

« Já tinha vindo Anrique da conquista
«Henri était déjà de retour de la conquête
 Da cidade Hierosólima sagrada,
 La ville sainte de Jérusalem,

**

III-28

« Quando chegado ao fim de sua idade,
«Quand, arrivé à la fin de sa vie,
O forte e famoso Úngaro estremado,
Le preux et célèbre Hongrois,

**

III-29

« Mas o velho rumor, não sei se errado,
« Mais une vieille rumeur, nous ne savons pas si elle est fausse,
Que em tanta antiguidade não há certeza,
 Car rien n’est certain au vu de l’ancienneté des faits,

**

III-30

« Mas o Príncipe Afonso, que desta arte
« Mais le prince Afonse, qui
Se chamava, do avô tomando o nome,
 S’appelait ainsi car de son grand-père il avait pris le nom,

**

III-31

« De Guimarães o campo se tingia
« De Guimarães, la plaine se teinta
Co’o sangue próprio da intestina guerra,
Avec le propre sang de guerres intestines fratricides,

**

III-32

« Ó Progne crua! ó mágica Medeia!
« O brute Procné* ! O magicienne Médée !
Se em vossos próprios filhos vos vingais
Si, en vos propres enfants, vous vengez

**

III-33

« Mas já o Príncipe claro o vencimento
« Mais déjà le Prince éclairé gagnait
Do padrasto e da iníqua mãe levava;
Le combat contre son inique mère ;

**

III-34

« Eis se ajunta o soberbo Castelhano,
« Ici se joignent les superbes Castillans,
Para vingar a injúria de Teresa,
Pour venger l’insulte faite à Thérèse,

**

III-35

« Não passa muito tempo, quando o forte
« Peu de temps passe que le vaillant
  Príncipe em Guimarães está cercado
 Prince à Guimarães est cerné

**

III-36

« Mas o leal vassalo, conhecendo
« Mais le fidèle vassal, sachant
Que seu senhor não tinha resistência,
Que son maître n’avait que trop peu de résistance,

**

III-37

« Chegado tinha o prazo prometido,
« Arriva le temps promis,
Em que o Rei Castelhano já aguardava
 Où le Roi Castillan attendait

**

III-38

« E com seus filhos e mulher se parte
« Et avec ses fils et son épouse, ils partent
A alevantar com eles a fiança,
 Debout se livrer comme caution,

**

III-39

« V ês aqui trago as vidas inocentes
«Voici, j’apporte les vies innocentes
Dos filhos sem pecado e da consorte;
   De mes enfants et de ma compagne ;

**

III-40

« Q ual diante do algoz o condenado,
« Quand, devant le bourreau, le condamné,
Que já na vida a morte tem bebido,
  Sent, même vivant, la mort l’infiltrer,

**

III-41

« Ó grão fidelidade Portuguesa,
« O grande fidélité Portugaise
  
De vassalo, que a tanto se obrigava!
D’un vassal qui autant s’oblige !

**

III-42

« Mas já o Príncipe Afonso aparelhava
Mais déjà le Prince Alphonse préparait
O Lusitano exército ditoso,
 La vaillante armée Lusitanienne,

**

III-43

« Em nenhuma outra cousa confiado,
« Ils [Les Lusitaniens] ne se confiaient à personne,
Senão no sumo Deus, que o Céu regia,
Sinon au majestueux Dieu, que régit le Ciel,

**

III-44

« Cinco Reis Mouros são os inimigos,
« Cinq rois Maures sont les ennemis,
Dos quais o principal Ismar se chama;
  Dont le chef principal est appelé Esmar ;

**

III-45

« A matutina luz serena e fria,
« La lumière du petit matin, froide et sereine,
 « 
 As estrelas do Pólo já apartava,
 Effaçait déjà les étoiles du Pôle,

**

III-46

« Com tal milagre os ânimos da gente
« Avec un tel miracle, l’esprit des troupes
Portuguesa inflamados, levantavam
Portugaises s’enflammant, ils choisirent

**

III-47

« Qual co’os gritos e vozes incitado,
« Comme les cris et les voix galvanisent,
 Pela montanha o rábido Moloso,
Dans la montagne, le molosse enragé

**

III-48

« Tal do Rei novo o estâmago acendido
« Ainsi le nouveau Roi porté
Por Deus e pelo povo juntamente,
Tant par Dieu et que par son peuple,

**

III-49

« Bem como quando a flama, que ateada
« Ainsi, lorsque la flamme naît
Foi nos áridos campos (assoprando
Au cœur des champs arides (souffle

**

*******

LES LUSIADES III

*********************
Traduction Jacky Lavauzelle
ARTGITATO
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CAMOES OS LUSIADAS III-1 LES LUSIADES

Luís Vaz de Camões Les Lusiades
OS LUSIADAS III-1 LES LUSIADES III-1
LITTERATURE PORTUGAISE

Luis de Camoes Oeuvres obras Artgitato

literatura português

Luis de Camões
[1525-1580]

Tradução – Traduction
texto bilingue

Luis de Camoes Les Lusiades

 

Obra Poética

(1556)

LES LUSIADES III-1

OS LUSIADAS III-1

A Epopeia Portuguesa

 

CHANT III
Canto Terceiro

Traduction Jacky Lavauzelle

verso  1
Strophe 1

III-1

Image illustrative de l'article Vasco de Gama

Vasco de Gama

Vasco da Gama signature almirante.svg

 

******

Luís Vaz de Camões Les Lusiades
OS LUSIADAS III-1
LES LUSIADES III-1

 *****

Agora tu, Calíope, me ensina
Maintenant, toi, Calliope, enseigne-moi
O que contou ao Rei o ilustre Gama:
Ce que conta au Roi l’illustre Gama :
  Inspira imortal canto e voz divina
Inspire un immortel chant et une divine voix
 Neste peito mortal, que tanto te ama.
A cette mortelle poitrine, qui tant t’aime.
  Assim o claro inventor da Medicina,
Ainsi à Apollon, génial inventeur de la Médecine,
De quem Orfeu pariste, ó linda Dama,
De qui naquit Orphée, Ô belle Dame,
Nunca por Dafne, Clície ou Leucotoe,
Ne jamais, pour Daphné*, Clytie** ou Leucothoé***,
Te negue o amor devido, como soe.
Te nier l’amour dû.

**

*DAPHNE
nymphe, fille du dieu fleuve Pénée

**CLYTIE
Océanide, fille d’Océan et Téthys.

***LEUCOTHOE – INO

LEUCOTHOÉ, (Mythol. & Littér.) c’est la même qu’Ino, nourrice de Bacchus, qui, fuyant la fureur d’Athamas son mari, roi d’Orchomène, se précipita dans la mer ; mais les dieux touchés de son sort lui donnerent le nom de Leucothoé, après l’avoir admise au rang des divinités marines. Les Romains l’appellerent Matula, voyez ce mot. Elle avoit un autel dans le temple de Neptune à Corinthe. On sait la sage réponse que fit le philosophe Xénophane aux Eléates, qui lui demandoient s’ils feroient bien de continuer à Leucothoé leurs sacrifices, accompagnés de pleurs & de lamentations : il leur répondit que s’ils la tenoient pour déesse il étoit inutile de la tant pleurer ; & que s’ils croyoient qu’elle eût été du nombre des mortelles, ils se pouvoient passer de lui sacrifier. (D. J.)

Jaucourt
L’Encyclopédie, 1re édition
1751 Tome 9, p. 438

Vasco de Gama par Gregorio Lopes

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Luís Vaz de Camões Les Lusiades
OS LUSIADAS III-1 LES LUSIADES III-1

Traduction Jacky Lavauzelle
ARTGITATO
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White_Fawn_Drawing Faon Diane

LA VIE DE LUIS DE CAMOES
par Charles Magnin

( Extrait )
Par En cherchant à montrer la différence qui sépare la vie aventureuse et active des écrivains portugais, notamment celle de Camoens, de la vie casanière et posée de la plupart de nos gens de lettres, je ne prétends pas élever par-là les œuvres des uns, ni déprimer les productions des autres. Je n’en crois pas les élégies de Camoens plus touchantes parce qu’elles sont datées d’Afrique, de la Chine et de l’Inde ; je n’en estime pas Polyeucte et Cinna moins admirables, parce que le grand Corneille n’a guère fait de plus longues pérégrinations que le voyage de Paris à Rouen. Je ne conseille à personne de louer un cabinet d’étude à Macao ; mais je crois que, généralement, si les ouvrages écrits au milieu des traverses et au feu des périls ne sont pas plus beaux, les vies de leurs auteurs sont plus belles. Indépendamment de la variété des aventures, on y trouve plus d’enseignements. J’admire et j’honore infiniment La Fontaine et Molière, mais j’honore et j’admire encore plus, comme hommes, Cervantès et Camoens. A mérite de rédaction égal, une histoire littéraire du Portugal serait un meilleur et plus beau livre qu’une histoire littéraire de notre dix-septième ou dix-huitième siècle. C’est une chose bonne et sainte que la lecture de ces vies d’épreuves, que ces passions douloureuses des hommes de génie, Je ne sache rien de plus capable de retremper le cœur. C’est pour cela que dans ce temps de souffrances oisives, de désappointements frivoles, de molles contrariétés et de petites douleurs, j’ai cru bon d’écrire l’étude suivante sur la vie de Luiz de Camoens.
….

OS LUSIADAS III-1
Luís Vaz de Camões Les Lusiades

CAMOES OS LUSIADAS II-109 LES LUSIADES

Luís Vaz de Camões Les Lusiades
OS LUSIADAS II-109 LES LUSIADES II-109
LITTERATURE PORTUGAISE

Luis de Camoes Oeuvres obras Artgitato

literatura português

Luis de Camões
[1525-1580]

Tradução – Traduction
texto bilingue

Luis de Camoes Les Lusiades

 

Obra Poética

(1556)

LES LUSIADES II-109

OS LUSIADAS II-109

A Epopeia Portuguesa

 

CHANT II
Canto Segundo

Traduction Jacky Lavauzelle

verso  109
Strophe 109

II-109

Image illustrative de l'article Vasco de Gama

Vasco de Gama

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Luís Vaz de Camões Les Lusiades
OS LUSIADAS II-109
LES LUSIADES II-109

 *****

« Mas antes, valeroso Capitão,
« Mais avant, valeureux Capitaine,
Nos conta, lhe dizia, diligente,
Conte-nous, lui demanda t-il diligemment,
Da terra tua o clima, e região
Le climat de ta terre et de cette région
Do mundo onde morais distintamente;
Du monde où les mœurs diffèrent ;
E assim de vossa antiga geração,
Et aussi de vos antiques origines,
 E o princípio do Reino tão potente,
Et du commencement de votre Royaume si puissant,
 Co’os sucessos das guerras do começo,
Des succès de vos premières guerres,
  Que, sem sabê-las, sei que são de preço.
Qui, sans les connaître encore, je le sais, ont été précieuses.

Vasco de Gama par Gregorio Lopes

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Luís Vaz de Camões Les Lusiades
OS LUSIADAS II-109 LES LUSIADES II-109

Traduction Jacky Lavauzelle
ARTGITATO
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LA VIE DE LUIS DE CAMOES
par Charles Magnin

( Extrait )
Par En cherchant à montrer la différence qui sépare la vie aventureuse et active des écrivains portugais, notamment celle de Camoens, de la vie casanière et posée de la plupart de nos gens de lettres, je ne prétends pas élever par-là les œuvres des uns, ni déprimer les productions des autres. Je n’en crois pas les élégies de Camoens plus touchantes parce qu’elles sont datées d’Afrique, de la Chine et de l’Inde ; je n’en estime pas Polyeucte et Cinna moins admirables, parce que le grand Corneille n’a guère fait de plus longues pérégrinations que le voyage de Paris à Rouen. Je ne conseille à personne de louer un cabinet d’étude à Macao ; mais je crois que, généralement, si les ouvrages écrits au milieu des traverses et au feu des périls ne sont pas plus beaux, les vies de leurs auteurs sont plus belles. Indépendamment de la variété des aventures, on y trouve plus d’enseignements. J’admire et j’honore infiniment La Fontaine et Molière, mais j’honore et j’admire encore plus, comme hommes, Cervantès et Camoens. A mérite de rédaction égal, une histoire littéraire du Portugal serait un meilleur et plus beau livre qu’une histoire littéraire de notre dix-septième ou dix-huitième siècle. C’est une chose bonne et sainte que la lecture de ces vies d’épreuves, que ces passions douloureuses des hommes de génie, Je ne sache rien de plus capable de retremper le cœur. C’est pour cela que dans ce temps de souffrances oisives, de désappointements frivoles, de molles contrariétés et de petites douleurs, j’ai cru bon d’écrire l’étude suivante sur la vie de Luiz de Camoens.
….

OS LUSIADAS II-109
Luís Vaz de Camões Les Lusiades

CAMOES OS LUSIADAS II-107 LES LUSIADES

Luís Vaz de Camões Les Lusiades
OS LUSIADAS II-107 LES LUSIADES II-107
LITTERATURE PORTUGAISE

Luis de Camoes Oeuvres obras Artgitato

literatura português

Luis de Camões
[1525-1580]

Tradução – Traduction
texto bilingue

Luis de Camoes Les Lusiades

 

Obra Poética

(1556)

LES LUSIADES II-107

OS LUSIADAS II-107

A Epopeia Portuguesa

 

CHANT II
Canto Segundo

Traduction Jacky Lavauzelle

verso  107
Strophe 107

II-107

Image illustrative de l'article Vasco de Gama

Vasco de Gama

Vasco da Gama signature almirante.svg

 

******

Luís Vaz de Camões Les Lusiades
OS LUSIADAS II-107
LES LUSIADES II-107

 *****

Mas depois de ser tudo já notado
Mais après avoir tous déjà observé
Do generoso Mouro, que pasmava
Le généreux Maure qui, éberlué,
Ouvindo o instrumento inusitado,
Entendit cet instrument inhabituel,
Que tamanho terror em si mostrava,
Que sa seule taille montrait la force,
Mandava estar quieto e ancorado
Demanda à être tranquille et à ancrer
  N’água o batel ligeiro que os levava,
Dans l’eau le léger bateau qui les porte,
 Por falar de vagar co’o forte Gama,
Afin de pouvoir évoquer avec le vaillant Gama,
Nas cousas de que tem notícia e faina.
Toutes ces choses qui lui ont été rapportées.

Vasco de Gama par Gregorio Lopes

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Luís Vaz de Camões Les Lusiades
OS LUSIADAS II-107 LES LUSIADES II-107

Traduction Jacky Lavauzelle
ARTGITATO
*********************

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LA VIE DE LUIS DE CAMOES
par Charles Magnin

( Extrait )
Par En cherchant à montrer la différence qui sépare la vie aventureuse et active des écrivains portugais, notamment celle de Camoens, de la vie casanière et posée de la plupart de nos gens de lettres, je ne prétends pas élever par-là les œuvres des uns, ni déprimer les productions des autres. Je n’en crois pas les élégies de Camoens plus touchantes parce qu’elles sont datées d’Afrique, de la Chine et de l’Inde ; je n’en estime pas Polyeucte et Cinna moins admirables, parce que le grand Corneille n’a guère fait de plus longues pérégrinations que le voyage de Paris à Rouen. Je ne conseille à personne de louer un cabinet d’étude à Macao ; mais je crois que, généralement, si les ouvrages écrits au milieu des traverses et au feu des périls ne sont pas plus beaux, les vies de leurs auteurs sont plus belles. Indépendamment de la variété des aventures, on y trouve plus d’enseignements. J’admire et j’honore infiniment La Fontaine et Molière, mais j’honore et j’admire encore plus, comme hommes, Cervantès et Camoens. A mérite de rédaction égal, une histoire littéraire du Portugal serait un meilleur et plus beau livre qu’une histoire littéraire de notre dix-septième ou dix-huitième siècle. C’est une chose bonne et sainte que la lecture de ces vies d’épreuves, que ces passions douloureuses des hommes de génie, Je ne sache rien de plus capable de retremper le cœur. C’est pour cela que dans ce temps de souffrances oisives, de désappointements frivoles, de molles contrariétés et de petites douleurs, j’ai cru bon d’écrire l’étude suivante sur la vie de Luiz de Camoens.
….

OS LUSIADAS II-107
Luís Vaz de Camões Les Lusiades

CAMOES OS LUISADAS II-103 LES LUSIADES

Luís Vaz de Camões Les Lusiades
OS LUSIADAS II-103 LES LUSIADES II-103
LITTERATURE PORTUGAISE

Luis de Camoes Oeuvres obras Artgitato

literatura português

Luis de Camões
[1525-1580]

Tradução – Traduction
texto bilingue

Luis de Camoes Les Lusiades

 

Obra Poética

(1556)

LES LUSIADES II-103

OS LUSIADAS II-103

A Epopeia Portuguesa

 

CHANT II
Canto Segundo

Traduction Jacky Lavauzelle

verso  103
Strophe 103

II-103

Image illustrative de l'article Vasco de Gama

Vasco de Gama

Vasco da Gama signature almirante.svg

 

******

Luís Vaz de Camões Les Lusiades
OS LUSIADAS II-103
LES LUSIADES II-103

 *****

E como por toda África se soa,
Et comme, dans toute l’Afrique, circulent
 Lhe diz, os grandes feitos que fizeram,
Les grandes choses qu’ils ont faites,
  Quando nela ganharam a coroa
Quand ils conquirent la couronne
Do Reino, onde as Hespéridas viveram;
Du Royaume, où les Hespérides vivaient ;
 E com muitas palavras apregoa
Et avec de nombreux mots fleuris
O menos que os de Luso mereceram,
Evoqua des plus petites actions des gens de Lusus,
E o mais que pela fama o Rei sabia.
Et jusqu’aux plus renommées que le Roi connaissait.
  Mas desta sorte o Gama respondia:
Mais à tout ça, Gama répondit :

Vasco de Gama par Gregorio Lopes

*********************
Luís Vaz de Camões Les Lusiades
OS LUSIADAS II-103 LES LUSIADES II-103

Traduction Jacky Lavauzelle
ARTGITATO
*********************

White_Fawn_Drawing Faon Diane

LA VIE DE LUIS DE CAMOES
par Charles Magnin

( Extrait )
Par En cherchant à montrer la différence qui sépare la vie aventureuse et active des écrivains portugais, notamment celle de Camoens, de la vie casanière et posée de la plupart de nos gens de lettres, je ne prétends pas élever par-là les œuvres des uns, ni déprimer les productions des autres. Je n’en crois pas les élégies de Camoens plus touchantes parce qu’elles sont datées d’Afrique, de la Chine et de l’Inde ; je n’en estime pas Polyeucte et Cinna moins admirables, parce que le grand Corneille n’a guère fait de plus longues pérégrinations que le voyage de Paris à Rouen. Je ne conseille à personne de louer un cabinet d’étude à Macao ; mais je crois que, généralement, si les ouvrages écrits au milieu des traverses et au feu des périls ne sont pas plus beaux, les vies de leurs auteurs sont plus belles. Indépendamment de la variété des aventures, on y trouve plus d’enseignements. J’admire et j’honore infiniment La Fontaine et Molière, mais j’honore et j’admire encore plus, comme hommes, Cervantès et Camoens. A mérite de rédaction égal, une histoire littéraire du Portugal serait un meilleur et plus beau livre qu’une histoire littéraire de notre dix-septième ou dix-huitième siècle. C’est une chose bonne et sainte que la lecture de ces vies d’épreuves, que ces passions douloureuses des hommes de génie, Je ne sache rien de plus capable de retremper le cœur. C’est pour cela que dans ce temps de souffrances oisives, de désappointements frivoles, de molles contrariétés et de petites douleurs, j’ai cru bon d’écrire l’étude suivante sur la vie de Luiz de Camoens.
….

OS LUSIADAS II-103
Luís Vaz de Camões Les Lusiades

CAMOES OS LUSIADAS II-102 LES LUSIADES

Luís Vaz de Camões Les Lusiades
OS LUSIADAS II-102 LES LUSIADES II-102
LITTERATURE PORTUGAISE

Luis de Camoes Oeuvres obras Artgitato

literatura português

Luis de Camões
[1525-1580]

Tradução – Traduction
texto bilingue

Luis de Camoes Les Lusiades

 

Obra Poética

(1556)

LES LUSIADES II-102

OS LUSIADAS II-102

A Epopeia Portuguesa

 

CHANT II
Canto Segundo

Traduction Jacky Lavauzelle

verso 102
Strophe 102

II-102

Image illustrative de l'article Vasco de Gama

Vasco de Gama

Vasco da Gama signature almirante.svg

 

******

Luís Vaz de Camões Les Lusiades
OS LUSIADAS II-102
LES LUSIADES II-102

 *****

E com grandes palavras lhe oferece
Et avec de grandes paroles, le Roi offre à Gama
Tudo o que de seus Reinos lhe cumprisse,
Tout ce qui, dans son Royaume, peut lui servir,
E que, se mantimento lhe falece,
Et que, s’il manquait de comestibles,
 Como se próprio fosse, lho pedisse.
Comme si c’était pour lui-même, il n’avait qu’à les lui demander.
Diz-lhe mais, que por fama bem conhece
Il lui indique, de plus, que, par de renommée, il connaît
A gente Lusitana, sem que a visse;
Le peuple lusitanien, sans l’avoir vu ;
  Que já ouviu dizer, que noutra terra
Qu’il a entendu dire que, dans un autre pays,
Com gente de sua Lei tivesse guerra.
Avec des gens de sa Loi, il a fait la guerre.

Vasco de Gama par Gregorio Lopes

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Luís Vaz de Camões Les Lusiades
OS LUSIADAS II-102 LES LUSIADES II-102

Traduction Jacky Lavauzelle
ARTGITATO
*********************

White_Fawn_Drawing Faon Diane

LA VIE DE LUIS DE CAMOES
par Charles Magnin

( Extrait )
Par En cherchant à montrer la différence qui sépare la vie aventureuse et active des écrivains portugais, notamment celle de Camoens, de la vie casanière et posée de la plupart de nos gens de lettres, je ne prétends pas élever par-là les œuvres des uns, ni déprimer les productions des autres. Je n’en crois pas les élégies de Camoens plus touchantes parce qu’elles sont datées d’Afrique, de la Chine et de l’Inde ; je n’en estime pas Polyeucte et Cinna moins admirables, parce que le grand Corneille n’a guère fait de plus longues pérégrinations que le voyage de Paris à Rouen. Je ne conseille à personne de louer un cabinet d’étude à Macao ; mais je crois que, généralement, si les ouvrages écrits au milieu des traverses et au feu des périls ne sont pas plus beaux, les vies de leurs auteurs sont plus belles. Indépendamment de la variété des aventures, on y trouve plus d’enseignements. J’admire et j’honore infiniment La Fontaine et Molière, mais j’honore et j’admire encore plus, comme hommes, Cervantès et Camoens. A mérite de rédaction égal, une histoire littéraire du Portugal serait un meilleur et plus beau livre qu’une histoire littéraire de notre dix-septième ou dix-huitième siècle. C’est une chose bonne et sainte que la lecture de ces vies d’épreuves, que ces passions douloureuses des hommes de génie, Je ne sache rien de plus capable de retremper le cœur. C’est pour cela que dans ce temps de souffrances oisives, de désappointements frivoles, de molles contrariétés et de petites douleurs, j’ai cru bon d’écrire l’étude suivante sur la vie de Luiz de Camoens.
….

OS LUSIADAS II-102
Luís Vaz de Camões Les Lusiades

CAMOES LES LUSIADES OS LUSIADAS II-70

LUIS DE CAMOES LES LUSIADES OS LUSIADAS
OS LUSIADAS II-69 LES LUSIADES II-69
LITTERATURE PORTUGAISE

Luis de Camoes Oeuvres obras Artgitato

literatura português

Luis de Camões
[1525-1580]

Tradução – Traduction
texto bilingue

Luis de Camoes Les Lusiades

 

Obra Poética

(1556)

LES LUSIADES II-69

OS LUSIADAS II-69

A Epopeia Portuguesa

 

CHANT II
Canto Segundo

Traduction Jacky Lavauzelle

verso  69
Strophe 69

II-69

Image illustrative de l'article Vasco de Gama

Vasco de Gama

Vasco da Gama signature almirante.svg

 

******

LUIS DE CAMOES
LES LUSIADES OS LUSIADAS II-70

 *****

E como o Gama muito desejasse
Et comme Gama attendait ardemment
Piloto para a Índia que buscava,
Un pilote pour cette Inde qu’il recherchait,
 Cuidou que entre estes Mouros o tomasse;
Il pensa le prendre parmi ces Maures ;
Mas não lhe sucedeu como cuidava,
Mais cela ne se déroula pas ainsi,
Que nenhum deles há que lhe ensinasse
Aucun d’entre eux ne pût lui apprendre
  A que parte dos céus a Índia estava;
Au-dessous de quelle partie du ciel l’Inde demeurait ;
Porém dizem-lhe todos, que tem perto
Mais tous dirent qu’a proximité
  Melinde, onde achará piloto certo. 
de Malindi, il trouvera un bon pilote.

Vasco de Gama par Gregorio Lopes

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LUIS DE CAMOES
LES LUSIADES
OS LUSIADAS  II-70

Traduction Jacky Lavauzelle
ARTGITATO
*********************

White_Fawn_Drawing Faon Diane

LA VIE DE LUIS DE CAMOES
par Charles Magnin

( Extrait )
Par En cherchant à montrer la différence qui sépare la vie aventureuse et active des écrivains portugais, notamment celle de Camoens, de la vie casanière et posée de la plupart de nos gens de lettres, je ne prétends pas élever par-là les œuvres des uns, ni déprimer les productions des autres. Je n’en crois pas les élégies de Camoens plus touchantes parce qu’elles sont datées d’Afrique, de la Chine et de l’Inde ; je n’en estime pas Polyeucte et Cinna moins admirables, parce que le grand Corneille n’a guère fait de plus longues pérégrinations que le voyage de Paris à Rouen. Je ne conseille à personne de louer un cabinet d’étude à Macao ; mais je crois que, généralement, si les ouvrages écrits au milieu des traverses et au feu des périls ne sont pas plus beaux, les vies de leurs auteurs sont plus belles. Indépendamment de la variété des aventures, on y trouve plus d’enseignements. J’admire et j’honore infiniment La Fontaine et Molière, mais j’honore et j’admire encore plus, comme hommes, Cervantès et Camoens. A mérite de rédaction égal, une histoire littéraire du Portugal serait un meilleur et plus beau livre qu’une histoire littéraire de notre dix-septième ou dix-huitième siècle. C’est une chose bonne et sainte que la lecture de ces vies d’épreuves, que ces passions douloureuses des hommes de génie, Je ne sache rien de plus capable de retremper le cœur. C’est pour cela que dans ce temps de souffrances oisives, de désappointements frivoles, de molles contrariétés et de petites douleurs, j’ai cru bon d’écrire l’étude suivante sur la vie de Luiz de Camoens.
….

LUIS DE CAMOES
LES LUSIADES OS LUSIADAS

LES LUSIADES II Chant 2 – OS LUSIADAS – Canto Segundo

LES LUSIADES II Luis de Camoes Oeuvres obras ArtgitatoOS LUSIADAS II Canto Segundo
LES LUSIADES II CHANT 2
LITTERATURE PORTUGAISE

literatura português

Luis de Camões
[1525-1580]
Tradução – Traduction
resumo
texto bilingue

Luis de Camoes Les Lusiades

OS LUSIADAS – Les Lusiades 

A Epopeia Portuguesa

 

Obra Poética

(1556)

LES LUSIADES II

CHANT II
Canto Segundo

Traduction Jacky Lavauzelle

***************************

Les Lusiades II Luis de Camoes Artgitato
LES LUSIADES II

Les Lusiades II-1
Já neste tempo o lúcido Planeta,
 Au moment où la lucide Planète 
Que as horas vai do dia distinguindo,
 Sur qui se distinguent les heures de la journée,

*

Les Lusiades II-2

Dentre eles um, que traz encomendado
Parmi eux, celui qui portait
O mortífero engano, assim dizia:
 L’engin mortifère, dit :

*

II-3

« E porque está em extremo desejoso
« Et parce qu’il est extrêmement désireux
  De te ver, como cousa nomeada,
 De te voir, comme cette chose ainsi nommée,

*

II-4

« E se buscando vás mercadoria
Et si tu cherches des marchandises 
Que produze o aurífero Levante,
 Que produit l’Orient de l’or,

*

II-5

Ao mensageiro o Capitão responde
Le capitaine au messager répond
 As palavras do Rei agradecendo:
 Remerciant les paroles de son Roi :

*

II-6

Pergunta-lhe depois, se estão na terra
 Vasco lui demande alors s’il y a sur terre
Cristãos, como o piloto lhe dizia;
 Des chrétiens, comme le pilote l’avait dit;

*

II-7

E de alguns que trazia condenados
Et certains de l’équipage ,des condamnés
Por culpas e por feitos vergonhosos,
Pour fautes et faits humiliants,

*

II-8

E por estes ao Rei presentes manda,
Et ceux-ci portent au Roi des cadeaux,
Por que a boa vontade, que mostrava,
 Pour qu’ils montrent leur bonne volonté,

*

II-9

E depois que ao Rei apresentaram,
Et après qu’au Roi ils présentèrent,
Co’o recado, os presentes que traziam,
 Le message de Gama et les cadeaux qu’ils apportaient,

*

II-10

Mas aquele que sempre a mocidade
Mais celui qui garde toujours la jeunesse,
 Tem no rosto perpétua, e foi nascido
 Qui a le visage perpétuellement jeune, et qui est né

*

II-11

Ali tinha em retrato afigurada
 Il y avait un portrait figurant
Do alto e Santo Espírito a pintura:
 En peinture le Saint-Esprit :

*

II-12

Aqui os dous companheiros conduzidos
 Ils conduisent alors les deux compagnons
Onde com este engano Baco estava,
 Là où se tenait Bacchus,

*

II-13

Aqui foram de noite agasalhados,
 Là, ils furent logés pour la nuit
Com todo o bom e honesto tratamento,
 Bien et honnêtement traités,

*

II-14

Tornam da terra os Mouros co’o recado
 De la terre, les Maures repartent avec une missive
Do Rei, para que entrassem, e consigo
 Du Roi, pour que la flotte débarque, et avec eux

*

II-15

Dizem-lhe os que mandou, que em terra
 Ils leur disent que sur terre ils ont vu
Sacras aras e sacerdote sinto; viram
Des lieux sacrés et un prêtre ; 

*

II-16

Com isto o nobre Gama recebia
 Après cela, le noble Gama reçoit
   Alegremente os Mouros que subiam;
Volontiers les Maures qui montaient dans le navire ;

*

II-17

Na terra, cautamente aparelhavam
Sur la terre, les Maures sortaient prudemment
Armas e munições que, como vissem
 Les armes et les munitions, et attendaient

*

II-18

As âncoras tenaces vão levando
 Les solides ancres sont levées
 
 Com a náutica grita costumada;
Avec les cris coutumiers des marins ;

Luis de Camoes Les Lusiades II-18 Naissance de Vénus par Sandro Botticelli 1485

*

II-19

Convoca as alvas filhas de Nereu,
Elle convoque les blanches filles de Nérée,
  Com toda a mais cerúlea companhia,
Avec tout ce qui peuple l’azur,

*

II-20

Já na água erguendo vão, com grande pressa,
 Déjà sur la mer, ils arrivent impétueux,
Com as argênteas caudas branca escuma;
 La queue argentée fouettant la blanche écume ;

*

II-21

Nos ombros de um Tritão, com gesto aceso,
Sur les épaules d’un triton, avec des gestes terrifiants,
Vai a linda Dione furiosa;
Passe la belle Dioné furieuse ;

*

II-22

Põe-se a Deusa com outras em direito
 La Déesse avec d’autres se placent devant
Da proa capitaina, e ali fechando
 La proue principale, et lui ferment

*

II-23

Quais para a cova as próvidas formigas,
 Comme des fourmis prévoyantes,
 Levando o peso grande acomodado,
 Qui portent de grands poids,

*

II-24

Torna para detrás a nau forçada,
Le navire est contraint de reculer,
Apesar dos que leva, que gritando
Malgré les cris et les manœuvres

*

II-25

A celeuma medonha se alevanta
 Un bruit sinistre jaillit
No rudo marinheiro que trabalha;
 Des rudes marins qui s’activent ;

*

II-26

Ei-los subitamente se lançavam
Ici, ils se jettent tout à coup
A seus batéis velozes que traziam;
  Vers les bateaux rapides qu’ils ont apportés ;

*

II-27

Assim como em selvática alagoa
Comme nous apercevons dans la forêt
 As rãs, no tempo antigo Lícia gente,
Les grenouilles, dans un temps jadis les Lyciens,

*

II-28

Assim fogem os Mouros; e o piloto,
Ainsi s’enfuient les Maures; et le pilote,
  Que ao perigo grande as naus guiara,
Qui avait conduit les navires vers ce grand danger,

*

II-29

Vendo o Gama, atentado, a estranheza
 Gama, attentif,  se rendant compte de l’étrangeté
Dos Mouros, não cuidada, e juntamente
 Des Maures, de ce comportement inattendu, et aussi

*

II-30

« Ó caso grande, estranho e não cuidado,
« O grand moment, étrange et incroyable,
Ó milagre claríssimo e evidente,
O clair et magnifique miracle,

*

II-31

« Bem nos mostra a divina Providência
« Eh bien la Providence divine nous montre
Destes portos a pouca segurança;
Ces ports de peu de sécurité ;

*

II-32

« E se te move tanto a piedade
« Et si tu ressens tant de compassion
Desta mísera gente peregrina,
Pour ce malheureux peuple pèlerin,

*

II-33

Ouviu-lhe essas palavras piedosas
Elle entendit ces paroles pieuses
A formosa Dione*, e comovida,
La juste Dioné, et en fut émue,

*

II-34

E como ia afrontada do caminho,
Et comme elle se remettait de la route,
Tão formosa no gesto se mostrava,
Elle irradiait d’une telle splendeur

*

II-35

E por mais namorar o soberano
Et afin de plaire au souverain
 Padre, de quem foi sempre amada e eriça,
Père, qui l’a toujours aimée et hérissée,

*

II-36

Os crespos fios d’ouro se esparziam
 Tant ses cheveux d’or se répandaient
Pelo colo, que a neve escurecia;
 Sur son cou que la neige en semblait obscurcie ;

*

II-37

C’um delgado sendal as partes cobre,
D’un voile léger, elle couvre ses parties
 De quem vergonha é natural reparo,
Dont la pudeur est un rempart naturel,

*

II-38

E mostrando no angélico semblante
 Elle montre sur son visage angélique
Co’o riso uma tristeza misturada,
 Un sourire triste,

*

II-39

« Sempre eu cuidei, ó Padre poderoso,
«Chaque fois que j’étais préoccupée, ô puissant Père,
Que, para as cousas que eu do peito amasse,
 Pour les choses que j’avais sur le cœur,

*

II-40

« Este povo que é meu, por quem derramo
«Ce peuple qui est mon peuple, pour qui je verse
As lágrimas que em vão caídas vejo,
Des larmes et sont, je vois, en vain répandues,

*

II-41

« Mas moura enfim nas mãos das brutas gentes,
« Mais qu’il meure enfin dans les mains de ces brutes,
Que pois eu fui… » E nisto, de mimosa,
Parce que j’étais … « Et là, à cet instant,

*

II-42

E destas brandas mostras comovido,
Et à ces douces démonstrations,
  Que moveram de um tigre o peito duro,
Qui auraient agité la dure poitrine d’un tigre,

*

II-43

E co’o seu apertando o rosto amado,
Et comme il posait le visage aimé contre le sien,
Que os soluços e lágrimas aumenta,
Les sanglots et les larmes augmentaient,

*

II-44

« Formosa filha minha, não temais
« Ma belle fille, ne craignez 
   Perigo algum nos vossos Lusitanos,
 Aucun danger pour vos Lusitaniens,

**

II-45

« Que se o facundo Ulisses escapou
« Que, si l’éloquent Ulysse échappa
  De ser na Ogígia ilha eterno escravo,
Dans l’île de Calypso [Ogygie] à l’éternel esclavage,

os-lusiadas-ii-45-les-lusiades-luis-de-camoes-artgitato-arnold-bocklin-ulysse-et-calypso-1883-kunstmuseum-bale

**

II-46

« Fortalezas, cidades e altos muros,
« Forteresses, villes et hauts murs,
  Por eles vereis, filha, edificados;
 Vous verrez, ma fille, leurs édifices ;

**

II-47

« Vereis este, que agora pressuroso
« Vous verrez celui qui, maintenant avec impatience,
Por tantos medos o Indo vai buscando,
Parmi tant de périls, recherche l’Indus,

**

II-48

« Vereis a terra, que a água lhe tolhia,
«Vous allez voir des terres du Mozambique, où l’eau est refusée,
Que inda há-de ser um porto mui decente,
 Offrant un port sûr,

**

II-49

« E vereis o mar Roxo, tão famoso,
« Et vous verrez la mer Rouge, si célèbre,
Tornar-se-lhe amarelo, de enfiado;
Devenir jaune, à leur venue ;
afonso-de-albuquerque
Alfonso de Albuquerque

**

II-50

« Vereis a inexpugnábil Dio forte,
« Vous verrez l’inexpugnable fort de l’île de Diu,
Que dous cercos terá, dos vossos sendo.
 Tenir deux sièges, par les vôtres tenu.
forte-diu

**

II-51

« Goa vereis aos Mouros ser tomada,
« Goa se verra prise aux Maures,
A qual virá depois a ser senhora
 Qui deviendra alors la dame

les-lusiades-camoes-os-lusiadas-artgitato-vue-vista-de-goa-em-1509-in-braun-e-hogenberg-1600

**

II-52

« Vereis a fortaleza sustentar-se
« Vous verrez résister la forteresse
De Cananor, com pouca força e gente;
De Cannanore, avec peu de force et de gens ;

os-lusiadas-les-lusiades-ii-52-artgitato-canonor-georg-braun-e-frans-hogenberg-civitates-orbis-terrarum

**

II-53

« Nunca com Marte instructo e furioso,
« Jamais avec Mars furieux,
  Se viu ferver Leucate, quando Augusto
Nous n’avons vu Leucate bouillir quand Auguste

os-lusiadas-ii-53-les-lusiades-artgitato-luis-de-camoes-peigne-greco-scythe-en-or-kourgane-de-soloha

**

II-54

Como vereis o mar fervendo aceso
Comme vous verrez la mer bouillante tomber
Co’os incêndios dos vossos pelejando,
 Sur les incendies de vos combattants,

**

II-55

« De modo, filha minha, que de jeito
«Alors, ma fille, de cette façon
Amostrarão esforço mais que humano,
 
  Ils montreront des efforts surhumains,

**

II-56

Como isto disse, manda o consagrado
Après ces propos, Jupiter envoie Mercure, sacré
Filho de Maia à Terra, por que tenha
Fils de Maia, sur Terre, pour donner

os-lusiadas-les-lusiades-luis-de-camoes-artgitato-mercurius-mercure-hendrick-goltzius-1597

**

II-57

Já pelo ar o Cileneu voava,
Déjà par les airs, Mercure, le Dieu du Mont Cyllène s’envolait,
Com as asas nos pés à Terra desce,
Avec des ailes sur ses pieds, il descend sur terre,
os-lusiadas-ii-57-les-lusiades-57-luis-de-camoes-artgitato-mercurius-mercure-hendrick-goltzius-1597

**

II-58

Consigo a Fama leva, por que diga
Avec l’aide de la Renommée, pour dire
Do Lusitano o preço grande e raro,
Du Lusitanien la grande et rare qualité,

**

II-59

Dali para Mombaça logo parte,
Mercure, de là, part en hâte à Mombasa,
Aonde as naus estavam temerosas,
Où attendaient les terribles navires,

os-lusiadas-ii-59-les-lusiades-59-luis-de-camoes-artgitato-mercurius-mercure-hendrick-goltzius-1597

**

II-60

 Meio caminho a noite tinha andado,
A mi-chemin de la nuit,
E as estrelas no céu co’a luz alhea
 Les planètes dans le ciel projetaient leur lumière
os-lusiadas-ii-60-les-lusiades-60-luis-de-camoes-artgitato-mercurius-mercure-hendrick-goltzius-1597

**

II-61

Quando Mercúrio em sonhos lhe aparece,
Lorsque Mercure dans ses rêves apparaît,
Dizendo: « Fuge, fuge, Lusitano,
 Il lui dit : « Fuis, fuis, Lusitanien,

os-lusiadas-ii-61-les-lusiades-61-luis-de-camoes-artgitato-mercurius-mercure-hendrick-goltzius-1597

**

II-62

« Não tens aqui senão aparelhado
« Tu ne trouveras rien ici, sinon
  O hospício que o cru Diomedes dava,
 L’hospitalité que Diomède donna,
os-lusiadas-ii-62-les-lusiades-ii-62-luis-de-camoes-artgitato-mercurius-mercure-hendrick-goltzius-1597

**

II-63

« Vai-te ao longo da costa discorrendo,
«Va le long de la côte,
  « E outra terra acharás de mais verdade,
 Une autre terre tu trouveras, plus vraie,

os-lusiadas-ii-63-les-lusiades-ii-63-luis-de-camoes-artgitato-mercurius-mercure-hendrick-goltzius-1597

**

II-64

Isto Mercúrio disse, e o sono leva
 Aussi ceci étant dit, Mercure enlève le sommeil 
Ao Capitão, que com mui grande espanto
 Au Capitaine, qui, frappé d’une très grande stupéfaction

**

II-65

« Dai velas, disse, dai ao largo vento,
« Donne les voiles, ajouta-t-il, donne-les au vent généreux,
Que o Céu nos favorece e Deus o manda;
 Car le Ciel nous favorise et Dieu le demande ;

**

II-66

Neste tempo, que as âncoras levavam,
A ce moment, pendant qu’ils levèrent l’ancre,
Na sombra escura os Mouros escondidos
Dans la sombre obscurité, les Maures cachés,

**

II-67

Mas já as agudas proas apartando
Mais déjà les proues pointues fendaient
Iam as vias húmidas de argento;
Les routes mouillées argentées ;

**

II-68

Tinha uma volta dado o Sol ardente
Il avait accompli son tour, le Soleil ardent
E n’outra começava, quando viram
Et en commençait un autre, quand ils virent

**

II-69

Não é o outro que fica tão manhoso;
L’autre n’en est pas moins sournois ;
Mas nas mãos vai cair do Lusitano,
Mais il tombe dans les mains des Lusitaniens,

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II-70

E como o Gama muito desejasse
Et comme Gama attendait ardemment
Piloto para a Índia que buscava,
 Un pilote pour cette Inde qu’il recherchait,

**

II-71

Louvam do Rei os Mouros a bondade,
Les Maures louent de ce Roi sa bonté,
Condição liberal, sincero peito,
Sa grande ouverture, la sincérité de ses actes,

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II-72

Era no tempo alegre, quando entrava
Nous étions au cœur du riant printemps
No roubador de Europa a luz Febeia,
Où le ravisseur d’Europe, Jupiter, rencontre la lumière de Phébus,
Capra almatea la chèvre amalthée Le Bernin Bernini Galerie Borghese Galleria Borghese artgitato 3

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II-73

Quando chegava a frota àquela parte,
Lorsque la flotte atteint cette partie,
Onde o Reino Melinde já se via,
Où l’on voyait le Royaume de Malindi*,

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II-74

Enche-se toda a praia Melindana
Sur toute la plage de Malindi s’agglutine
Da gente que vem ver a leda armada,
La foule venue observer la flotte armée,

**

II-75

O Rei, que já sabia da nobreza
Le roi, qui connaissait la noblesse
Que tanto os Portugueses engrandece,
Qui accompagne les Portugais

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II-76

São oferecimentos verdadeiros,
Ce sont des offrandes véritables,
E palavras sinceras, não dobradas,
Que ces mots sincères, non déguisés,

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II-77

Recebe o Capitão alegremente
Le capitaine reçoit allégrement
O mensageiro ledo e seu recado;
Le pacifique messager ;

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II-78

Manda mais um, na prática elegante,
Il envoie aussi un émissaire aux pratiques diplomatiques,
Que co’o Rei nobre as pazes concertasse,
Pour finaliser la paix avec ce noble Roi,

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II-79

« Sublime Rei, a quem do Olimpo puro
« Sublime Roi, la pure Olympe
Foi da suma Justiça concedido
A accordé la Justice

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II-80

« Não somos roubadores, que passando
« Nous ne sommes pas des voleurs, qui, passant
Pelas fracas cidades descuidadas,
Devant des faibles villes désarmées,

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II-81

« Que geração tão dura há hi de gente,
« Quel genre sont ces gens durs
Que bárbaro costume e usança feia,
Quelle coutume et quel usage barbares,

**

Les Luisades

II-82

« Mas tu, e quem mui certo confiamos
« Mais toi, en qui de la confiance
Achar-se mais verdade, ó Rei benigno,
Plus forte encore avons trouvé, ô sage Roi,

luis-vaz-de-camoes-os-lusiadas-les-lusiades-artgitato-ulysse-a-la-cour-dalcinoos-francesco-hayez-1813-1815

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II-83

« E não cuides, ó Rei, que não saísse
« Et n’aie crainte, ô Roi, que s’il n’est pas sorti
O nosso Capitão esclarecido
Notre Capitaine éclairé

**

II-84

« E porque é, de vassalos o exercício,
« Et il en est ainsi, des agissements des vassaux
  Que os membros tem regidos da cabeça,
 Aux membres qui régissent la tête ;

**

II-85

Assim dizia; e todos juntamente,
Ainsi parla-t-il ; et tous ensemble,
  Uns com outros em prática falando,
 Les uns comme les autres acquiesçaient,

**

II-86

E com risonha vista e ledo aspeito,
Et avec un visage ouvert et souriant,
Responde ao embaixador, que tanto estima:
 Le Roi répondit à l’ambassadeur tant estimé :

**

Les Luisades II-87

« De não sair em terra toda a gente,
«De ne pas voir à terre tout le monde,
Por observar a usada preminência,
 Afin d’observer les usages de préséance,

**

II-88

« Porém, como a luz crástina chegada
« Aussi, dès que la lumière de demain illuminera
Ao mundo for, em minhas almadias
Le monde, dans mes barques

**

II-89

Isto disse; e nas águas se escondia
Ainsi parla-t-il ; et dans les eaux rôdait
O filho de Latona; e o mensageiro
Le fils de Latone; et le messager

**

II-90

Não faltam ali os raios de artifício,
Il ne manquait pas de feux d’artifice,
 Os trêmulos cometas imitando;
Leurs traces imitaient les comètes ;

**

Les Luisades II-91

Respondem-lhe da terra juntamente,
Ils leur répondent de la terre,
Co’o raio volteando, com zunido;
Par des rayons de feu, avec ronronnement;

**

II-92

Mas já o Céu inquieto revolvendo,
Mais déjà le ciel sans repos était là de nouveau,
As gentes incitava a seu trabalho,
Incitant les gens à reprendre leur travail,

**

II-93

Viam-se em derredor ferver as praias
 Tout autour on voyait sur les plages d’enthousiastes
Da gente, que a ver só concorre leda;
 Personnes, qui venaient pour admirer le spectacle ;

**

II-94

Um batel grande e largo, que toldado
Un grand et large bateau, voilé
  Vinha de sedas de diversas cores,
 De soies de différentes couleurs,

**

Les Luisades II-95

Cabaia de Damasco rico e dino,
Il est vêtu d’une riche jebba de Damas
 Da Tíria cor, entre eles estimada,
De la couleur de Tyr,  estimée par chez eux,

**

II-96

Com um redondo emparo alto de seda,
Avec une toile  circulaire de soie,
Numa alta e dourada hástia enxerido,
Sur une longue tige fixée,

**

II-97

Não menos guarnecido o Lusitano
Non moins magnifique, le Lusitanien
Nos seus batéis, da frota se partia
Sur ses navires, quitte la flotte

**

II-98

De botões douro as mangas vêm tomadas,
Des boutons dorés qui retiennent les manches,
 Onde o Sol reluzindo a vista cega;
Le soleil se plaît à aveugler les yeux ;

**

Les Luisades II-99

Nos de sua companhia se mostrava
Dans sa compagnie s’exposaient
Da tinta, que dá o múrice excelente,
Les teintes que donne l’excellent murex,

**

II-100

Sonorosas trombetas incitavam
Ces bruyantes trompettes incitaient
 Os ânimos alegres, ressoando;
A la bonne humeur, par leurs vibrations ;

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II-101

Já no batel entrou do Capitão
Dans le bateau du Capitaine Gama est entré
  O Rei, que nos seus braços o levava;
Le Roi, qui, dans ses bras, le serra ;

**

LES LUISADES

II-102

E com grandes palavras lhe oferece
Et avec de grandes paroles, le Roi offre à Gama
Tudo o que de seus Reinos lhe cumprisse,
Tout ce qui, dans son Royaume, peut lui servir,

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II-103

E como por toda África se soa,
Et comme, dans toute l’Afrique, circulent
 Lhe diz, os grandes feitos que fizeram,
Les grandes choses qu’ils ont faites,

**

II-104

« Ó tu, que só tiveste piedade,
« O toi, le seul qui a eu pitié,
Rei benigno, da gente Lusitana,
Roi magnanime, du peuple Lusitanien,

**

II-105

« Tu só, de todos quantos queima Apolo,
« Toi seul, sur tout ce qui est sous le feu d’Apollon,
Nos recebes em paz, cio mar profundo;
Nous reçois en paix, nous qui venons de la mer profonde ;

**

Les Luisades II-106

Isto dizendo, os barcos vão remando
Pendant le discours, les bateaux pagayaient
Para a frota, que o Mouro ver deseja;
Vers la flotte, que les Maures voulaient voir ;

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II-107

Mas depois de ser tudo já notado
Mais après avoir tous déjà observé
Do generoso Mouro, que pasmava
Le généreux Maure qui, éberlué,

**

II-108

Em práticas o Mouro diferentes
Le Maure, de sujets différents,
  Se deleitava, perguntando agora
Se délectait, en le questionnant tantôt

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Les Lusiades II-109

« Mas antes, valeroso Capitão,
« Mais avant, valeureux Capitaine,
Nos conta, lhe dizia, diligente,
Conte-nous, lui demanda t-il diligemment,

**

II-110

« E assim também nos conta dos rodeios
« Et aussi conte-nous tes pérégrinations
Longos, em que te traz o mar irado,
Si longues, sur la mer déchaînée,

**

II-111

« E não menos co’o tempo se parece
«Et avec le temps qui passe
O desejo de ouvir-te o que contares;
J’ai le désir d’entendre ton message ;

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Les Lusiades II-112

« Cometeram soberbos os Gigantes,
« Remplis de superbe, les Géants
Com guerra vã, o Olimpo claro e puro;
Firent une vaine guerre à la claire et pure Olympe ;

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II-113

« Queimou o sagrado templo de Diana,
« A Éphèse, il a brûlé le temple sacré de Diane,
Do subtil Tesifónio fabricado,
Construit par le subtil Ctésiphon,

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Les Lusiades II Luis de Camoes Artgitato

Photo Jacky Lavauzelle Portugal

LES LUSIADES II

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Traduction Jacky Lavauzelle
ARTGITATO
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les Lusiades chant 2
LES LUISADES II

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LES LUSIADES
dans les
ENFANTS DU CAPITAINE GRANT
de Jules Verne


Ceci dit, Paganel fouilla dans ses nombreuses poches ; après quelques minutes de recherches, il en tira un volume en fort mauvais état, et le présenta d’un air assuré. Le major prit le livre et le regarda :
« Eh bien, quel est cet ouvrage ? demanda-t-il.
Ce sont les Lusiades, répondit Paganel, une admirable épopée, qui…
— Les Lusiades ! s’écria Glenarvan.
— Oui, mon ami, les Lusiades du grand Camoëns, ni plus ni moins !
— Camoëns, répéta Glenarvan, mais, malheureux ami, Camoëns est un Portugais ! C’est le portugais que vous apprenez depuis six semaines !
— Camoëns ! Lusiades ! portugais !… »
Paganel ne put pas en dire davantage. Ses yeux se troublèrent sous ses lunettes, tandis qu’un éclat de rire homérique éclatait à ses oreilles, car tous ses compagnons étaient là qui l’entouraient.
Le Patagon ne sourcillait pas ; il attendait patiemment l’explication d’un incident absolument incompréhensible pour lui.

Jules Verne
LES ENFANTS DU CAPITAINE GRANT
Chapitre XV
Hetzel, 1868
pp. 106-114

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Les Lusiades II