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SONNET DE QUEVEDO : Hoy cumple amor en mis ardientes venas Soneto de FRANCISCO DE QUEVEDO

Francisco de Quevedo
Villegas y Santibáñez Cevallos
Literatura
española – Littérature Espagnole
Siècle d’or espagnol -Siglo de Oro 

poesia de francisco de Quevedo poésie de Francisco de Quevedo artgitato
 

 Francisco de Quevedo y Villegas
1580-1645
Sonnet de Quevedo Francisco de Quevedo hoy cumple amor artgitato Aujourd’hui Amour coule dans mes veines brûlantes








Hoy cumple amor
en mis ardientes venas

Soneto de Quevedo
Sonnet de Quevedo

 Aujourd’hui Amour coule dans mes veines brûlantes

 

 

*****

Hoy cumple amor en mis ardientes venas
Aujourd’hui Amour coule dans mes veines brûlantes
 veinte y dos años, Lisi, y no parece
depuis vingt-deux ans, Lisi, et ne semble pas
que pasa día por él; y siempre crece
que pour lui est passé un jour ; et croît toujours
 el fuego contra mí, y en mí las penas.
le feu contre moi, et en moi les peines.

*

Veinte y dos años ha que estas cadenas
Vingt-deux ans voilà que ces chaînes
el corazón idólatra padece;
le cœur idolâtre les souffre;
  y si tal vez el pie las estremece,
et si peut-être le pied les bouge,
oigo en sus eslabones mis sirenas.
J’entends mes sirènes de leurs liens.

*

Si Amor presume que su fuerza dura
Si Amour présume que sa rigide force
  tiene mi liberad en tal estado,
tient ma liberté dans un tel état,
 véngase a mí sin tu belleza pura;
qu’il vienne à moi sans ta beauté pure ;

*

que yo le dejaré desengañado
que je lui montre son erreur
 de que el poder asiste en tu hermosura,
que le pouvoir assiste en ta beauté,
y en él un nombre ocioso y usurpado.
et qu’en lui un nom vain et usurpé.

***********
Soneto de Quevedo
Sonnet de Quevedo

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A comparer avec les sonnets de Pétrarque, son amour pour Laure :

CANZONIERE Petrarca LE CHANSONNIER Pétrarque Texte Bilingue -sommario-Sommaire – Table des Matières

 

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La Poésie de Francisco de Quevedo – La poesía de Francisco de Quevedo

Francisco de Quevedo
Villegas y Santibáñez Cevallos
Literatura
española – Littérature Espagnole
Siècle d’or espagnol -Siglo de Oro 

poesia de francisco de Quevedo poésie de Francisco de Quevedo artgitato
 

 Francisco de Quevedo y Villegas
1580-1645

La Poésie de Francisco de Quevedo

La poesía de Francisco de Quevedo

“¡Ah de la vida!” … ¿Nadie me responde?
 » Eh la vie! » … Personne ne me répond?

 “¡Ah de la vida!” … ¿Nadie me responde? 
» Eh la vie! » … Personne ne me répond?
¡Aquí de los antaños que he vivido!
Ici, les antans que j’ai vécus !

**

Cerrar podrá mis ojos la postrera
Mes yeux pourront être fermés par la dernière ombre

 Cerrar podrá mis ojos la postrera
Mes yeux pourront être fermés par la dernière
 sombra, que me llevare el blanco día,
ombre, que m’apportera la blancheur du jour,

Cerrar podrá mis ojos la postrera Quevedo Traduction Artgitato

**

EN LOS LAUSTROS DEL ALMA LA HERIDA
La Blessure dans les cloîtres de l’âme

 En los claustros del alma la herida
Dans les cloîtres de l’âme, la blessure
 yace callada; mas consume hambrienta
trouve le silence ; mais consume, par la faim,
**

Es hielo abrasador, es fuego helado
Glace brûlante, feu gelé

Es hielo abrasador, es fuego helado,
Glace brûlante, feu gelé,
es herida, que duele y no se siente,
plaie qui fait mal et que l’on ne sent pas,
es un soñado bien, un mal presente,
un bien fantasmé, un mal présent,
es un breve descanso muy cansado.
un bref repos d’une grande fatigue.

Es hielo abrasador es fuego helado de Quevedo Traduction Artgitato

**

Fue sueño ayer mañana será tierra
Glace brûlante, feu gelé

Fue sueño ayer, mañana será tierra:
Ce qui fut rêve hier, demain sera poussière :
poco antes nada, y poco después humo;
rien peu de temps avant, et fumée peu de temps après

**
Hoy cumple amor  en mis ardientes venas
Aujourd’hui amour coule dans mes veines brûlantes
Soneto – Sonnet

Hoy cumple amor en mis ardientes venas
Aujourd’hui amour coule dans mes veines brûlantes
 veinte y dos años, Lisi, y no parece
depuis vingt-deux ans, Lisi, et ne semble pas

Sonnet de Quevedo Francisco de Quevedo hoy cumple amor artgitato Aujourd’hui Amour coule dans mes veines brûlantes

**

Huye sin percibirse, lento, el día,
Le jour fuit sans s’en apercevoir, lentement,

 Huye sin percibirse, lento, el día,
Le jour fuit sans s’en apercevoir, lentement,
y la hora secreta y recatada
et l’heure secrète et habile

**

MIRE LOS MUROS DE LA PATRIA MIA
1613 (?)
J’ai regardé les murs de ma patrie 

Miré los muros de la patria mía,
J’ai regardé les murs de ma patrie,
si un tiempo fuertes ya desmoronados
Avant imposants et maintenant croulants

Miré los muros de la patria mía Quevedo J'ai regardé les murs de ma patrie ARtgitato

**

Muy discretas y muy feas …
Très discrètes et très laides…

Muy discretas y muy feas,
Très discrètes et très laides,
mala cara y buen lenguaje,
moches figures et langue châtiée,

**

Vivir es caminar breve jornada,
Glace brûlante, feu gelé

Vivir es caminar breve jornada,
Vivre c’est cheminer une courte journée,
y muerte viva es, Lico, nuestra vida,
et c’est une mort qui vit, Lice, notre vie


*****************

NOTICE SUR QUEVEDO-VILLEGAS

Don Francisco de QUEVEDO-VILLEGAS, l’un des littérateurs espagnols les plus féconds et les plus spirituels, et le seul que l’on puisse comparer à Cervantès, quoiqu’il ne l’ait point égalé, naquit en 1580, à Madrid, de parents nobles et attachés à la cour par d’honorables emplois.

Orphelin dès son enfance, il fut envoyé, par son tuteur, à l’université d’Alcalà, où il fit de grands et rapides progrès dans toutes les sciences. Il s’attacha d’abord à la théologie ; ensuite il étudia les belles-lettres, la philosophie, la jurisprudence et la médecine, avec un égal succès. Outre le latin et le grec, il possédait l’hébreu, l’arabe, l’italien et le français ; et il passait les jours et les nuits à lire les meilleurs ouvrages dans ces différentes langues.

Quevedo n’avait cependant point négligé les arts d’agrément ; il avait trouvé le loisir de cultiver la musique, et, malgré la difformité de ses pieds, qui devait lui rendre plus pénibles les exercices du corps, aucun cavalier de son âge ne le surpassait dans les armes et dans la danse. Aimé de ses camarades, souvent ils le prenaient pour juge de leurs querelles, et presque toujours il parvenait à réconcilier les deux adversaires, en ménageant leur délicatesse et leur susceptibilité.

Jouissant d’une grande fortune et de la considération générale, il vivait heureux, quand une aventure singulière vint changer sa destinée. Un jour il vit dans une église, à Madrid, un cavalier qui maltraitait une femme. Il prit la défense de l’inconnue, et eut le malheur de tuer son adversaire, qui était également inconnu. C’était un grand seigneur. Craignant les poursuites de sa famille, Quevedo suivit, en Sicile, le duc d’Ossone, qui venait d’en être nommé vice-roi. La capacité qu’il montra pour les affaires lui mérita bientôt toute la confiance de son protecteur. Il fut chargé de l’inspection générale des finances dans la Sicile et dans le royaume de Naples, et il remplit cet emploi difficile avec une rare intégrité.

Ayant enfin obtenu sa grâce par le crédit du duc d’Ossone, il fut employé dans plusieurs négociations, dans différentes ambassades à la cour d’Espagne et près des papes, et il déploya partout beaucoup d’habileté, de prudence et de courage. Il se trouvait à Venise lors de la découverte de la conspiration de Bedmar ; mais il réussit à se dérober à toutes les recherches et revint en Espagne.

La disgrâce du duc d’Ossone ne pouvait manquer d’entraîner celle de son favori. Quevedo fut arrêté en 1620 et transporté dans sa terre de la Torre de Juan Abad, où on le retint prisonnier pendant trois ans et demi, sans vouloir lui permettre, pendant les deux premières années, de faire venir, de la ville voisine, un médecin pour lui donner les soins que réclamait sa santé. Son innocence fut enfin reconnue ; mais, ayant eu l’imprudence de réclamer le paiement des arrérages de ses pensions et en outre un dédommagement pour les maux qu’il avait soufferts, il fut exilé de nouveau.

Ce fut alors que, cherchant des consolations à ses peines dans la culture des lettres, dont ses occupations politiques l’avaient depuis longtemps détourné, il composa la plupart de ses poésies, qu’il publia sous le nom du bachelier de La Torre.

Ses ennemis se lassèrent à la fin de le persécuter ; il obtint la permission de revenir à la cour, et en 1632 il fut revêtu de la charge de secrétaire du roi ; mais il se contenta du titre, et refusa de rentrer dans les affaires, malgré les instances du duc d’Olivarès, qui lui proposa l’ambassade de Gênes. Éclairé par son expérience sur le néant des grandeurs, il avait résolu de se vouer sans partage à l’étude de la philosophie et à la culture des lettres. Ses ouvrages étendaient chaque jour sa réputation dans toute l’Europe ; il entretenait une correspondance suivie avec les hommes les plus savants de l’Italie et des Pays-Bas, et ses compatriotes eux-mêmes rendaient justice à son mérite.

Une fortune suffisante pour ses besoins s’était accrue de quelques bénéfices ecclésiastiques qui lui formaient un revenu de huit cents ducats. Il y renonça pour épouser, à l’âge de cinquante-quatre ans (en 1634), une femme d’une haute naissance, qui lui avait inspiré la plus vive passion. Après quelques années d’une union paisible, il eut la douleur de perdre son épouse, et revint à Madrid demander des consolations à l’amitié.

Ses ennemis l’accusèrent bientôt d’être l’auteur d’un libelle contre le ministère. Il fut arrêté, en 1641, et jeté dans un noir cachot, où il languit oublié pendant vingt-deux mois. Tous ses biens furent saisis, et il fut réduit à vivre d’aumônes dans la prison, où il ne put obtenir un chirurgien pour panser les plaies dont tout son corps était couvert. Il écrivit enfin au comte-duc d’Olivarès, pour lui exposer sa situation et demander justice. On trouva que l’auteur du libelle qu’on lui avait faussement attribué subissait déjà sa peine dans une autre prison, et il recouvra sa liberté. L’erreur dont il était la victime l’avait entièrement ruiné ; mais il savait que ses plaintes ne seraient point écoutées, et il retourna malade dans sa terre de La Torre, où il mourut le 8 septembre 1645.

Pendant sa dernière détention, les manuscrits de Quevedo furent dispersés, et entre autres ses pièces de théâtre et ses ouvrages historiques.

« Quevedo, dit Sismondi, est de tous les écrivains de l’Espagne, celui qui offre le plus de rapports avec Voltaire, non par le génie, mais par l’esprit. Il avait, comme lui, cette universalité de connaissances et de facultés, ce talent pour manier la plaisanterie, cette gaîté un peu cynique lors même qu’elle était appliquée à des objets sérieux, cette ardeur pour tout entreprendre et pour laisser des monuments de son génie dans tous les genres à la fois, cette adresse à manier l’arme du ridicule, et cet art de faire comparaître les abus de la société au tribunal de l’opinion. Mais Quevedo écrivait sous un gouvernement soupçonneux, et il avait en outre à lutter contre le mauvais goût de son siècle, à l’influence duquel il n’a pas entièrement échappé. Quevedo, en évitant l’enflure et l’exagération, qu’il reprochait avec raison aux disciples de Gongora, n’a pas su se garantir de l’affectation de l’esprit ; peu d’écrivains en ont eu plus que lui, mais aucun n’a tant affecté d’en montrer. Il a porté cet abus de l’esprit plus loin qu’aucun de ses compatriotes, et il pourrait fournir, à lui seul, un immense recueil de concetti, de rébus, de jeux de mots et de calembours. »

Ses œuvres ont été réimprimées plusieurs fois en Espagne et dans les Pays-Bas, au dix-septième siècle. Outre des traductions espagnoles de l’Introduction à la vie dévote, de la Vie de Brutus par Plutarque, de Romulus de Malvezzi, des Sentences de Phocylide, et du Manuel d’Épictète, ce recueil contient un grand nombre d’ouvrages, parmi lesquels on citera : Politica de Dios, la Vie de l’Apôtre Paul, la Vie de Thomas de Villeneuve, Mémorial per el Patronato de sant Iago, Les Visions, le Libro de todas las cosas, le Cuento de Cuentos, et enfin la Historia y vida del gran tacano del Buscon, roman dans lequel les mœurs nationales sont peintes d’une manière très divertissante, et que Quevedo laissa inachevé. Ce livre célèbre a été traduit en français sous le titre de l’Aventurier Buscon, par de La Geneste, Paris, 1633 ; sous celui de Coureur de nuit ou l’Aventurier nocturne, par Raclot, Amsterdam, 1731 ; et enfin sous celui de Fin matois ou Histoire du grand taquin Pablo de Ségovie, par Rétif de La Bretonne et d’Hermilly, La Haye, 1776.

Quevedo
Don Pablo de Ségovie
Traduction par Retif de La Bretonne.
À l’enseigne du pot cassé — Collection Scripta Manent N°45
1929 – pp. 9-14
Notice sur Quevedo

Wolfgang HEIMBACH – UOMO CON LUCERNA – 1645/1650 – 沃尔夫冈·海姆巴赫 – L’HOMME A LA BOUGIE

ROME – ROMA – 罗马
WOLFGANG HEIMBACH
Uomo con lucerna
LA VILLA BORGHESE
博吉斯画廊

Armoirie de Rome

 Photo Galerie Borghèse Jacky Lavauzelle

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Flag_of_Lazio


GALLERIA BORGHESE
博吉斯画廊
La Galerie Borghèse

 

WOLFGANG HEIMBACH
沃尔夫冈·海姆巴赫
1615-1678

 Wolfgang_Heimbac,_self-portrait auto portrait autoritratto 1666

UOMO CON LUCERNA
男子用蜡烛
L’Homme à la bougie
1645 – 1650

OLIO SU TELA
Huile sur toile
布面油画
45×35

Wolfgang Heimbach Uomo con Lucerna L'Homme à la lanterne artgitato Villa Borghese (1)

Uomo con lucerna

On commença par mettre de la nuit
Si comincia mettere la notte
Des pointes de nuit sur des taches de vie
Picchi di notte sui punti di vita
Et dans le cœur de la nuit un cachot
E nel cuore della notte una prigione
Au fond du cachot se nichait le malheur
Al fondo della prigione, la disgrazia
Et dans ce malheur entra une lumière
E in questa disgrazia, una luce è venuto
Une étincelle désolée pliée si petite
Un piegato così piccola scintilla dispiace
Et dans le mal qui nous usait si intense
L’homme à la bougie avançait
L’uomo con lucerna camminava
Une paume de clarté et des yeux
Palm chiaro e gli occhi
Deux yeux ouvrant les ténèbres
Due piccoli occhi persi nel buio
Un point de départ à nouveau
Nuovo Un punto di partenza
Niché dans l’esprit de la Galerie
Immerso nello spirito della Galleria
Tranquille dans le blanc
Tranquillo in bianco
De David, dans le blanc de la Vérité.
David, nel bianco della Verità.

Poème de Jacky Lavauzelle

BERNINI La Verità – LA VERITE LE BERNIN 济安·贝尼尼 GALLERIA BORGHESE 博吉斯画廊 GALERIE BORGHESE

ROME – ROMA – 罗马
Bernini la verità 
LA VILLA BORGHESE
博吉斯画廊

Armoirie de Rome

 Photos  Jacky Lavauzelle

——-

Flag_of_Lazio


LA GALERIE BORGHESE
博吉斯画廊
GALLERIA BORGESE

BERNINI La Verità
LE BERNIN

济安·贝尼尼
Gian Lorenzo Bernini
1598-1680la verità bernini La Vérité Bernin Villa Borghese galleria galerie borghese artgitato (1)

La Verità
La VERITE
environ 1645-1652 circa

doveva insere integrata dall’allegoria mai eseguita, del Tempo que svela la Verità
devait être intégrée à l’allégorie, jamais réalisée, Le Temps révèle la Vérité
MARBRE
MARMO STATUARIO

Francis Jammes
De l’Angélus de l’aube à l’Angélus du soir
Je t’aime…

 La vérité est nue et mets-toi nue aussi.
Les épis crépiteront sous ton corps durci
par la jeunesse de l’amour qui le blanchit.

 la verità bernini La Vérité Bernin Villa Borghese galleria galerie borghese artgitato (2)

L’art de la Révolution française
Marcel Reymond
LA REVUE DES DEUX MONDES
1914 – Tome 22
Dans son amour de la nudité féminine, dans son désir de rendre la chair vivante que ses yeux d’artiste ont caressée, Clodion surpassera tous ses prédécesseurs et les Grecs eux-mêmes.
Or cela, la Rome papale ne le veut pas : elle est hostile à la nudité de la femme qui choque la pudeur chrétienne. A Rome, après la Vérité du Bernin, je ne sais si, pendant tout un siècle, on pourrait citer une seule statue de femme nue. Et, comme en Italie, partout en Europe, dans les Pays-Bas, en Allemagne, en Espagne, les statues de femmes nues sont proscrites.

la verità bernini La Vérité Bernin Villa Borghese galleria galerie borghese artgitato (3)

« Vérité dans un temps, erreur dans un autre »
Charles de Montesquieu
la verità bernini La Vérité Bernin Villa Borghese galleria galerie borghese artgitato (4)

« La vérité est trop nue, elle n’excite pas les hommes »
Jean Cocteau

la verità bernini La Vérité Bernin Villa Borghese galleria galerie borghese artgitato (5)

« Tous ceux qui veulent dire une vérité avant son heure risquent de se retrouver hérétiques. »
Pierre Teilhard de Chardin  la verità bernini La Vérité Bernin Villa Borghese galleria galerie borghese artgitato (7)

BERNINI ET LA RUINE DE LA SCULPTURE
Le Point de Vue de Nietzsche


Friedrich Nietzsche
LE CAS WAGNER
Der Fall Wagner
DEUXIÈME POST-SCRIPTUM
Zweite Nachschrift

Der Verfall ist allgemein.
La décadence est générale.
Die Krankheit liegt in der Tiefe.
La maladie se trouve dans les profondeurs.
Wenn Wagner der Name bleibt für den Ruin der Musik, wie Bernini für den Ruin der Skulptur, so ist er doch nicht dessen Ursache.
Si le nom de Wagner s’applique à la ruine de la musique, comme Bernini pour la ruine de la sculpture, il n’en est pas la cause.
Er hat nur dessen tempo beschleunigt, – freilich in einer Weise, dass man mit Entsetzen vor diesem fast plötzlichen Abwärts, Abgrundwärts steht 
Il a seulement accéléré ce phénomène – quoique d’une manière telle que l’on se tient horrifié devant cette descente subite aux abîmes.
Er hatte die Naivetät der décadence: dies war seine Überlegenheit. Il avait la naïveté de cette décadence : ce fut sa supériorité.
Abgrundwärts steht.
Il croyait en elle.
Traduction Jacky Lavauzelle

la verità bernini La Vérité Bernin Villa Borghese galleria galerie borghese artgitato (8)

 
DE LA RECHERCHE DE LA VERITE
Nicolas Malebranche
Livre Premier
Des erreurs des sens
Chapitre I

C’est à peu près la même chose de la connaissance de la vérité que de l’amour du bien. Nous aimons la connaissance de la vérité, comme la jouissance du bien, par une impression naturelle ; et cette impression, aussi bien que celle qui nous porte vers le bien, n’est point invincible ; elle n’est telle que par l’évidence ou par une connaissance parfaite et entière de l’objet ; et nous sommes aussi libres dans nos faux jugements que dans nos amours déréglés,

la verità bernini La Vérité Bernin Villa Borghese galleria galerie borghese artgitato (9)

LA VERITE TOUTE NUE vue par de Florian

FABLES DE FLORIAN – Volume 9
Jean-Pierre Claris de Florian ()
Ed Louis Fauché-Borel 1793 Neufchâtel
LA FABLE ET LA VERITE (p35-36)

La vérité, toute nue,
Sortit un jour de son puits.
Ses attraits par le temps étoient un peu détruits ;
Jeune & vieux fuyoient à sa vue.
La pauvre vérité restoit là morfondue,
Sans trouver un asile où pouvoir habiter.
A ses yeux vient se présenter
La fable, richement vêtue,
Portant plumes & diamants,
La plupart faux, mais très brillants.
Eh ! Vous voilà ! Bon jour, dit-elle :
Que faites-vous ici seule sur un chemin ?
La vérité répond : vous le voyez, je gêle ;

Aux passants je demande en vain
De me donner une retraite,
Je leur fais peur à tous : hélas ! Je le vois bien,
Vieille femme n’obtient plus rien.
Vous êtes pourtant ma cadette,
Dit la fable, &, sans vanité,
Partout je suis fort bien reçue :
Mais aussi, dame vérité,
Pourquoi vous montrer toute nue ?
Cela n’est pas adroit : tenez, arrangeons-nous ;
Qu’un même intérêt nous rassemble :
Venez sous mon manteau, nous marcherons ensemble.
Chez le sage, à cause de vous,
Je ne serai point rebutée ;
A cause de moi, chez les fous
Vous ne serez point maltraitée :
Servant, par ce moyen, chacun selon son goût,
Grâce à votre raison, & grâce à ma folie,
Vous verrez, ma sœur, que partout
Nous passerons de compagnie.

la verità bernini La Vérité Bernin Villa Borghese galleria galerie borghese artgitato 9 (1)

JAUCOURT
L’ENCYCLOPEDIE
1ère édition – 1765 – Tome 11
« 
Bernini (Jean-Laurent, surnommé le Cavalier) né en 1598, mort en 1680, étoit un génie bien rare par ses talens merveilleux dans la Sculpture & l’Architecture. Il a embelli Rome de plusieurs monuments d’architecture qui font l’admiration des connaisseurs ; tels sont le maître autel, le tabernacle, & la chaire de l’église de saint Pierre, la colonade qui environne la place de cette église, les tombeaux d’Urbain VIII. & d’Alexandre VII. la statue équestre de Constantin, la fontaine de la place Navone, &c. tous ces ouvrages ont une élégance, une expression dignes de l’antique. Personne n’a donné à ses figures plus de vie, plus de tendresse, & plus de vérité. Louis XIV. l’appella à Paris en 1665, pour travailler au dessein du Louvre, & le récompensa magnifiquement, quoique les desseins de Claude Perrault aient été préférés aux siens pour la façade de ce bâtiment du côté de saint Germain l’Auxerrois. »

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BERNINI
济安·贝尼尼
La Verità
博吉斯画廊

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Ah de la vida Nadie me responde? de QUEVEDO Texte Bilingue Traduction

Francisco Gómez de Quevedo
Villegas y Santibáñez Cevallos
Literatura
española – Littérature Espagnole
Siècle d’or espagnol -Siglo de Oro 

 

 Francisco de Quevedo y Villegas
1580-1645

Sonetos Líricos

Ah de la vida

Ah de la vida Nadie me responde Quevedo Traduction Artgitato

 

“¡Ah de la vida!” … ¿Nadie me responde?
 » Eh la vie! » … Personne ne me répond?

 

“¡Ah de la vida!” … ¿Nadie me responde? 
 » Eh la vie! » … Personne ne me répond?
¡Aquí de los antaños que he vivido!
Ici, les antans que j’ai vécus !
La Fortuna mis tiempos ha mordido;
Mon temps a mordu la Fortune;
las Horas mi locura las esconde.
Ma folie a caché les Heures.

**

¡Que sin poder saber cómo ni adónde,
Incapable de savoir ni comment ni où,
La salud y la edad se hayan huido!
la santé et mon âge ont fui !
Falta la vida, asiste lo vivido,
Manque la vie, passe le vécu,
Y no hay calamidad que no me ronde.
Et aucune calamité ne m’encercle.

**

Ayer se fue; mañana no ha llegado;
Hier est parti ; demain n’est pas arrivé;
Hoy se está yendo sin parar un punto;
Aujourd’hui s’en va sans arrêt;
Soy un fue, y un será, y un es cansado.
Je suis ce qui fut, ce qui est, ce qui sera, et j’en suis fatigué.

**

En el hoy y mañana y ayer, junto
En ce jour, en demain et en hier, ensemble
Pañales y mortaja, y he quedado
Couches et linceul, et je reste
Presentes sucesiones de difunto.
Des présentes successions de défunts.

***************
Traduction Jacky Lavauzelle
ARTGITATO
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Las mujeres sabias de Quevedo Muy discretas y muy feas TEXTE BILINGUE & TRADUCTION

 

Francisco Gómez de Quevedo
Villegas y Santibáñez Cevallos
Literatura
española – Littérature Espagnole
Siècle d’or espagnol -Siglo de Oro 

 

 Francisco de Quevedo y Villegas
1580-1645

Las mujeres sabias
Les Femmes savantes

Muy discretas y muy feas

Muy discretas y muy feas Les Femmes Savantes Las Mujeres Sabias Quevedo Traduction Artgitato

 

Muy discretas y muy feas …
Très discrètes et très laides…

 

Muy discretas y muy feas,
Très discrètes et très laides,
mala cara y buen lenguaje,
moches figures et langue châtiée,
pidan cátedra y no coche,
à préférer la chaire à la chaise,
tengan oyente y no amante.
un auditeur plutôt qu’un amant.
No las den sino atención,
Ne leur prêtez pas attention,
por más que pidan y parlen,
elles ne demandent qu’à parler,
y las joyas y el dinero,
et nos bijoux et notre argent,
para las tontas se guarde.
gardez-les pour les idiotes.
Al que sabia y fea busca,
A celui qui recherche une laide,
el Señor se la depare:
le Seigneur en est d’accord :
a malos conceptos muera,
par de tels concepts erronés trépasse,
malos equívocos pase.
dans de mauvaises passes équivoques.
Aunque a su lado la tenga,
Bien qu’il la tienne à ses côtés,
y aunque más favor alcance,
et bien qu’il ait plus de faveurs,
un catedrático goza,
il trouvera un professeur avisé,
y a Pitágoras en carnes.
un Pythagore en chair et en os.
Muy docta lujuria tiene,
C’est avoir moult docte luxure,
muy sabios pecados hace,
avoir de bien savants péchés
gran cosa será de ver
la grande chose sera de voir
cuando a Platón requebrare.
Quand Platon sera nommé.
En vez de una cara hermosa,
Au lieu d’un beau visage,
una noche, y una tarde,
une nuit, et un après-midi,
¿qué gustos darán a un hombre
Que donne à un homme de goûts
dos cláusulas elegantes?
de si élégantes amphigouris ?
¿Qué gracia puede tener
Quelle grâce peut avoir
mujer con fondos de fraile,
femme avec des sciences monacales,
que de sermones y chismes,
que de sermons et de logorrhées,
sus razonamientos hace?
ses arguments font ?
Quien deja lindas por necias,
Qui délaisse les jolies ignorantes,
y busca feas que hablen,
et bade ces disgracieuses-là,
por sabias, como las zorras,
invitera des renards,
por simples deje las aves.
plutôt que de belles poules.
Filósofos amarillos
Ou philosophes jaunis
con barbas de colegiales,
à barbes collégiales,
o duende dama pretenda,
ou dame à la beauté elfique,
que se escuche, no ose halle.
ce qui est entendu d’un côté, ne sera pas touché.
Échese luego a dormir
Allongez-vous puis dormez
entre bártulos y abades,
entre le coryphée des interprètes de droit et les abbés,
y amanecerá abrazado
et l’aube s’encombrera
de Zenón y de Cleantes.
d’un Zénon et d’un Cléanthe.
Que yo para mi traer,
Que l’on m’apporte dans ma couche,
en tanto que argumentaren
tandis qu’argumenteront
los cultos con sus arpías,
nos doctes avec leurs harpies,
algo buscaré que palpe.
quelque chose que je puisse palper.

***********************
Traduction Jacky Lavauzelle
ARTGITATO
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Huye sin percibirse lento el día DE QUEVEDO Texte & Traduction Le jour fuit sans s’en apercevoir, lentement,

 

Francisco Gómez de Quevedo
Villegas y Santibáñez Cevallos
Literatura
española – Littérature Espagnole
Siècle d’or espagnol -Siglo de Oro 

 

 Francisco de Quevedo y Villegas
1580-1645

Sonetos Líricos

Huye sin percibirse, lento, el día,

Huye sin percibirse QuevedoTraduction Artgitato

 

Huye sin percibirse, lento, el día,
Le jour fuit sans s’en apercevoir, lentement,

 

Huye sin percibirse, lento, el día,
Le jour fuit sans s’en apercevoir, lentement,
y la hora secreta y recatada
et l’heure secrète et habile
con silencio se acerca, y, despreciada,  
silencieusement s’approche, et,  méprisante,
lleva tras sí la edad lozana mía.
attire à elle la verdeur qui est mienne.

**

La vida nueva, que en niñez ardía,
La nouvelle vie, qui, dans l’enfance, brûle,
la juventud robusta y engañada,
suit la jeunesse robuste et trompée,
en el postrer invierno sepultada,
qui finit enterrée au dernier hiver,
yace entre negra sombra y nieve fría.
mensonge entre ombre noire et neige froide.

**

No sentí resbalar, mudos, los años;
Aucun glissement des ans, muets, ne s’est fait ressentir ;
hoy los lloro pasados, y los veo  
Aujourd’hui je les pleure, et je les vois
riendo de mis lágrimas y daños.
rire à mes larmes et mes problèmes.

**

Mi penitencia deba a mi deseo,
Ma pénitence devrait venir de mon désir,
pues me deben la vida mis engaños,
puisque j’ai donné la vie à mes déceptions,
y espero el mal que paso, y no le creo.
et j’attends le mal et je n’y crois pas.

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Traduction Jacky Lavauzelle
ARTGITATO
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Fue sueño ayer mañana será tierra DE QUEVEDO Texte & TRADUCTION Ce qui fut rêve hier, demain sera poussière

 

Francisco Gómez de Quevedo
Villegas y Santibáñez Cevallos
Literatura
española – Littérature Espagnole
Siècle d’or espagnol -Siglo de Oro 

 

 Francisco de Quevedo y Villegas
1580-1645

Sonetos Líricos

Fue sueño ayer mañana será tierra

 

Fue sueño ayer mañana será tierra Quevedo Traduction Artgitato

Fue sueño ayer mañana será tierra
Glace brûlante, feu gelé

 

Fue sueño ayer, mañana será tierra:
Ce qui fut rêve hier, demain sera poussière :
poco antes nada, y poco después humo;
rien peu de temps avant, et fumée peu de temps après ;
y destino ambiciones y presumo,
et j’ai pourtant des projets ambitieux et orgueilleux,
apenas junto al cerco que me cierra.
à côté d’un siège qui m’emprisonne.

 **

Breve combate de importuna guerra,
Bref combat d’une importante guerre,
en mi defensa soy peligro sumo:
en me défendant, je suis en extrême danger :
y mientras con mis armas me consumo,
et tandis qu’avec mes armes je me consume,
 menos me hospeda el cuerpo, que me entierra.
moins ne m’abrite mon corps, qu’il ne m’enterre.

 **

Ya no es ayer, mañana no ha llegado,
Il n’y a plus d’hier, demain n’est pas là encore,
hoy pasa y es, y fue, con movimiento
aujourd’hui passe et est et fut, d’un mouvement
que a la muerte me lleva despeñado.
qui m’emporte vers la mort tête baissée.

 **

Azadas son la hora y el momento,
Les heures et le temps sont des houes,
que a jornal de mi pena y mi cuidado,
que les salaires de ma douleur et de ma peine,
cavan en mi vivir mi monumento.
creusent dans ma vie mon caveau.

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Traduction Jacky Lavauzelle
ARTGITATO
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Es hielo abrasador es fuego helado DE QUEVEDO Texte & Traduction

 

Francisco Gómez de Quevedo
Villegas y Santibáñez Cevallos
Literatura
española – Littérature Espagnole
Siècle d’or espagnol -Siglo de Oro 

 

 Francisco de Quevedo y Villegas
1580-1645

Sonetos Líricos

Es hielo abrasador es fuego helado

 

Es hielo abrasador es fuego helado de Quevedo Traduction Artgitato

Es hielo abrasador, es fuego helado
Glace brûlante, feu gelé

Es hielo abrasador, es fuego helado,
Glace brûlante, feu gelé,
es herida, que duele y no se siente,
plaie qui fait mal et que l’on ne sent pas,
es un soñado bien, un mal presente,
un bien fantasmé, un mal présent,
es un breve descanso muy cansado.
un bref repos d’une grande fatigue.

 **

Es un descuido, que nos da cuidado,
Un oubli, qui nous remplit,
un cobarde, con nombre de valiente,
un lâche que l’on appelle courage,
un andar solitario entre la gente,
une promenade solitaire dans la foule,
un amar solamente ser amado.
aimer seulement être aimé

**

Es una libertad encarcelada,
Une liberté emprisonnée,
que dura hasta el postrero parasismo,
qui dure jusqu’à la dernière limite,
enfermedad que crece si es curada.
maladie qui se développe quand on la soigne.

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Este es el niño Amor, este es tu abismo:
Ceci c’est l’enfant de l’Amour, ceci est ton abîme:
mirad cuál amistad tendrá con nada,
regardez quelle amitié il aura avec rien,
el que en todo es contrario de sí mismo.
lui qui en tout est le contraire de lui-même.

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Traduction Jacky Lavauzelle
ARTGITATO
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Cerrar podrá mis ojos la postrera de QUEVEDO Texte et Traduction

 

Francisco Gómez de Quevedo
Villegas y Santibáñez Cevallos
Literatura
española – Littérature Espagnole
Siècle d’or espagnol -Siglo de Oro 

 

 Francisco de Quevedo y Villegas
1580-1645

Sonetos Líricos

Cerrar podrá mis ojos la postrera

 

Cerrar podrá mis ojos la postrera Quevedo Traduction Artgitato

Cerrar podrá mis ojos la postrera
Mes yeux pourront être fermés par la dernière ombre

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Cerrar podrá mis ojos la postrera
Mes yeux pourront être fermés par la dernière
 sombra, que me llevare el blanco día,
ombre, que m’apportera la blancheur du jour,
 y podrá desatar esta alma mía
 et pourra ainsi libérer mon âme
 hora, a su afán ansioso linsojera;
  heure attendue d’un désir impatient ;

**

mas no de esotra parte en la ribera
mais
 sur cette autre partie de la rive
dejará la memoria en donde ardía;
laissera la mémoire en toute fumée ;
  nadar sabe mi llama la agua fría,
elle sait nager ma flamme dans l’eau froide,
y perder el respeto a ley severa;
sans marquer de respect à la sévère loi ;

**

Alma a quien todo un Dios prisión ha sido,
Âme à qui tout un Dieu de prison a servi
,
venas que humor a tanto fuego han dado,
veines dont l’humeur a tant donné à ce feu,
 médulas que han gloriosamente ardido,
 moelles qui ont brûlé glorieusement,

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su cuerpo dejarán, no su cuidado;
votre corps laisserez, pas vos soucis ;
serán ceniza, mas tendrán sentido.
cendres serez, mais disposant d’un sens.
Polvo serán, mas polvo enamorado.
La poussière serez, mais une poussière amoureuse. 


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TRADUCTION Jacky Lavauzelle
ARTGITATO
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