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LA CONSTANCE DU CŒUR – SHAKESPEARE SONNET 53 – SONNET LIII – What is your substance, whereof are you made

SONNET de SHAKESPEARE
SHAKESPEARE SONNET
THE SONNETS
THE SONNETS – LES SONNETS

Illustration du Phénix par Friedrich Justin Bertuch
*


WILLIAM SHAKESPEARE
[1564 – 1616]

Traduction JACKY LAVAUZELLE


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SONNET 53

The Sonnets SHAKESPEARE
Les Sonnets de SHAKESPEARE
What is your substance, whereof are you made
****

LA CONSTANCE DU CŒUR

 

1598 

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*

What is your substance, whereof are you made,
Quelle est donc cette matière dont vous êtes faites,
That millions of strange shadows on you tend?
Et qui attire sur vous tant de millions d’ombres étranges ?
 Since every one, hath every one, one shade,
Tout le monde possède une ombre,
And you but one, can every shadow lend.
Mais vous, vous en projetez tant.

*

Describe Adonis, and the counterfeit
Le portrait d’Adonis vous décrit partiellement,
Is poorly imitated after you;
Ce n’est qu’une pâle imitation du vôtre ;
On Helen’s cheek all art of beauty set,
Que sur la joue d’Hélène on déploie toutes les beautés de l’art,
And you in Grecian tires are painted new:
Et vous voilà vêtu sous le costume grec :

*


*

Speak of the spring, and foison of the year,
Parler du printemps, et des récoltes de l’année,
The one doth shadow of your beauty show,
Le premier évoque le spectacle de votre beauté,
The other as your bounty doth appear;
Le second reflète les dons de votre bonté ;

*

And you in every blessed shape we know.
Et sous toutes ces formes bénies, nous vous reconnaissons.
In all external grace you have some part,
Dans toute la grâce extérieure, vous avez votre part,
 But you like none, none you, for constant heart.
Mais personne ne vous égale pour la constance du cœur.

 


 

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SHAKESPEARE SONNET
SONNET LIII

LES SONNETS DE SHAKESPEARE THE SONNETS

GIOSUÈ CARDUCCI Poème – ÇA IRA (1883)- SONNET III – Da le ree Tuglieri di Caterina

Traduction – Texte Bilingue
CARDUCCI POÈME


 

Giosuè Carducci
1835- 1907

Prix Nobel de Littérature 1906

Traduction Jacky Lavauzelle

Sélection de poèmes de
Giosuè Carducci
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ÇA IRA
III

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Da le ree Tuglieri di Caterina
Des Tuileries de Catherine de Médicis
Ove Luigi inginocchiossi a i preti,
Louis le seizième devant les prêtres s’est soumis,
E a’ cavalier bretanni la regina
Et aux cavaliers Bretons, Marie-Antoinette, la reine
 Partia sorrisi e lacrime e segreti,
Essayait d’apporter sourires, secrets et peines,

*

Tra l’afosa caligin vespertina
Dans les chaudes et lourdes soirées
 Sorge con atti né tristi né lieti
Se dresse la loi ni triste ni heureuse,
Una forma, ed il fuso attorce e china,
Une forme qui s’active et qui fuse,
E con la rócca attinge alta i pianeti.
Et qui, avec la quenouille, atteint la hauteur des planètes.

*

E fila e fila e fila. Tutte sere
Et file et file et file. Toute la nuit
Al lume de la luna e de le stelle
A la lumière de la lune et des étoiles
La vecchia fila, e non si stanca mai.
La vieille file, et ne se lasse pas.

*

Brunswick appressa, e in fronte a le sue schiere
Arrive Brunswick, et devant ses troupes,
 La forca; e ad impiccar questa ribelle
La potence ; et pour pendre ces rebelles
Genia di Francia ci vuol corda assai.
Mauvaises graines de la France, il en faudra de la corde !


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ÇA IRA
 III

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GIOSUE CARDUCCI

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LE « ÇA IRA »
Le poète Giosuè Carducci
Maurice Muret
Revue des Deux Mondes
Tome 40 – 1907

…Le sonnet est un moule d’une rare plasticité. Il s’est prêté aux mignardises de Joséphin Soulary comme aux visions grandioses de José Maria de Heredia. Dans leur concision lapidaire, leur âpre et sinistre beauté, les douze sonnets de Ça ira brillent d’un éclat tragique.

C’est au sortir d’une lecture de la Révolution française par Carlyle que Carducci les composa. Sans doute il connaissait aussi Thiers, Louis Blanc et Michelet ; mais la lecture de Carlyle donna l’élan décisif. C’est elle qui força l’inspiration. Comme Carlyle, — et comme Joseph de Maistre, — Carducci voit dans la Révolution française un événement proprement « satanique, » mais le rebelle qu’il est attache à ce terme le sens favorable qui se découvre dans son Hymne à Satan. La Révolution française est pour lui une revanche de la raison, de la liberté, de la justice sur les « tyrannies séculaires » de l’Eglise et de la monarchie. Il a protesté contre les critiques qui dénoncèrent ses sympathies terroristes quelque peu excessives ; il a prétendu s’être borné (ou à peu près) au rôle d historiographe. C’est pur paradoxe ! Ça ira prend énergiquement fait et cause pour la Terreur. Carducci condamne Louis XVI et Marie-Antoinette avec une rigueur inconnue des historiens impartiaux. Le sonnet qui retrace le meurtre de la princesse de Lamballe est une apologie déguisée de ce crime. Louis XVI, enfin, dans la prison où il se recueille en attendant la mort, est montré par le poète italien « demandant pardon au ciel pour la nuit de la Saint-Barthélemy. » Que voilà donc un « état d’Ame » peu historique ! N’y a-t-il pas tout lieu de croire que Louis XVI, à la veille de mourir, était à cent lieues de penser qu’il expiait les méfaits de Charles IX ? C’est l’impitoyable logique jacobine qui établit des rapprochements de cette sorte.

Il faut tenir compte, dans l’appréciation du Ça ira, de la date où fut publié cet ouvrage. Il parut « pour le 77e anniversaire de la République, » à une époque où la France traversait une nouvelle « année terrible. » Bien que le poète n’y fasse aucune allusion formelle, les événements de 1870-1871 restent toujours présents à son esprit. A l’opprobre de Sedan s’oppose dans sa pensée la gloire de Valmy, de Valmy qui fait l’objet de son dernier sonnet. Plutôt que Sedan, la Terreur ; plutôt Danton que Napoléon III ; plutôt Robespierre que Bazaine, voilà ce qu’on peut lire entre les lignes du Ça ira. Un critique italien a parlé des « Grâces pétrolières » qui avaient servi de marraines à cette poésie. Et ce propos irrita l’auteur. Le mot n’en était pas moins exact.

Indépendamment du Ça ira consacré à un sujet français, Carducci mentionne fréquemment la France dans ses ouvrages. Quel autre pays a été plus étroitement mêlé aux destinées du Risorgimento ? Carducci n’est pas gallophobe, tant s’en faut ; mais c’est exclusivement à la France rouge que vont ses sympathies. Les Iambes et épodes traînent aux gémonies ce peuple devenu infidèle à l’idéal révolutionnaire d’autrefois. Le poète maudit la France impériale « brigande au service du Pape » (masnadière papale). Dans les vers Pour Edouard Corazzini, il invective plus sauvagement encore la « grande nation » au nom de ceux qui crurent en elle, de ceux « qui avaient grandi à ta libre splendeur, de ceux qui t’avaient aimée, ô France ! » Même note dans le Sacre d’Henri V, où il s’élève contre les tentatives de restauration monarchique en France après la chute de l’Empire. Mais c’est surtout contre Bonaparte et le bonapartisme que le poète romain brandit ses foudres vengeresses.

Maurice Muret
Revue des Deux Mondes
Tome 40 – 1907

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CARDUCCI POEME

 

LE TORÉADOR ANDALOU (1603) SONNET DE GONGORA Hermosas damas, si la pasión ciega

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LITTÉRATURE ESPAGNOLE
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Luis de Góngora Sonnet
Góngora Poemas
***

Siècle d’or espagnol -Siglo de Oro 


 

TRADUCTION JACKY LAVAUZELLE

Luis de Góngora y Argote
1561-1627

Sonetos – Sonnets


Poésie de Luis de Góngora
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La poesía de Luis de Góngora

Hermosas damas, si la pasión ciega
*****

LE TORÉADOR ANDALOU
1603
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SONNET – SONETO

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El Gallo (Rafael Gómez Ortega)

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Hermosas damas, si la pasión ciega
Belles dames, si l’aveugle passion
     
no os arma de desdén, no os arma de ira,
Ne vous arme ni de dédain ni de colère,
  
¿quién con piedad al andaluz no mira,
       Ne regardez-vous pas avec joie l’Andalou,
        
y quién al andaluz su favor niega?
    Et osez-vous lui refuser sa faveur ?

*

En el terrero, ¿quién humilde ruega,
Sur le parvis, qui prie humblement,
fïel adora, idólatra suspira?
Qui adore pieusement, qui soupire idolâtrement ?
¿Quién en la plaza los bohordos tira,
Qui, dans l’arène tire les banderilles,
 
mata los toros, y las cañas juega?
Et qui tue les taureaux ?

*

En los saraos, ¿quién lleva las más veces
Dans les soirées, qui s’attardent le plus
los dulcísimos ojos de la sala,
Sur les doux yeux charmants de la salle,
sino galanes del Andalucía?
Sinon les galants d’Andalousie ?

*

A ellos les dan siempre los jüeces,
Les juges leur donnent toujours,
en la sortija, el premio de la gala,
Le prix de la grâce d’un anneau,
en el torneo, de la valentía.
Pendant le tournoi, le prix du courage.



 

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LE PLUS BEAU GÉNIE
QUE L’ESPAGNE AIT PRODUIT

De manière qu’avec cela et ce que je pouvais avoir grappillé dans les petites commissions dont on avait chargé mon intégrité, je fus en état, en arrivant à Madrid, de me mettre proprement. Ce que je ne manquai pas de faire, quoique les écrivains de notre nation ne se piquent guère de propreté. Je connus bientôt Lope de Vega Carpio, Miguel Cervantès de Saavedra et les autres fameux auteurs ; mais, préférablement à ces grands hommes, je choisis pour mon précepteur un jeune bachelier cordouan, l’incomparable don Luis de Gongora, le plus beau génie que l’Espagne ait jamais produit. Il ne veut pas que ses ouvrages soient imprimés de son vivant ; il se contente de les lire à ses amis. Ce qu’il a de particulier, c’est que la nature l’a doué du rare talent de réussir dans toutes sortes de poésies. Il excelle principalement dans les pièces satiriques. Voilà son fort. Ce n’est pas, comme Lucilius, un fleuve bourbeux qui entraîne avec lui beaucoup de limon ; c’est le Tage qui roule des eaux pures sur un sable d’or.

Alain-René Lesage
Histoire de Gil Blas de Santillane
Chapitre XIII
Éditions Garnier
1920
Tome 2

 

BELLE IDOLE – Góngora Poemas DE PURA HONESTIDAD TEMPLO SAGRADO

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LITTERATURE ESPAGNOLE
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Luis de Góngora Sonnet
Góngora Poemas
***

Siècle d’or espagnol -Siglo de Oro 


 

TRADUCTION JACKY LAVAUZELLE

Luis de Góngora y Argote
1561-1627

Sonetos – Sonnets


Poésie de Luis de Góngora
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La poesía de Luis de Góngora

De pura honestidad templo sagrado
*****

La poesía de Luis de Góngora

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De pura honestidad templo sagrado,
De pure honnêteté temple sacré,
Cuyo bello cimiento y gentil muro
Avec doux ciment et agréable mur
De blanco nácar y alabastro duro
De nacre blanc et d’albâtre dur
 Fue por divina mano fabricado;
Par une divine main fabriqué ;

*

Pequeña puerta de coral preciado,
Petite porte de corail précieux,
Claras lumbreras de mirar seguro,
Luminaires clairs pour la sécurité des yeux,
Que a la esmeralda fina el verde puro
Qui à la fine émeraude le pur vert
Habéis para viriles usurpado;
Avez virilement usurpé ;

*

Soberbio techo, cuyas cimbrias de oro
Superbe toit, dont les cintres d’or
Al claro Sol, en cuanto en torno gira,
Au clair Soleil, sur chaque coin
Ornan de luz, coronan de belleza;
S’orne de lumière, couronne de beauté ;

*

Ídolo bello, a quien humilde adoro,
Belle idole, qu’humble j’adore,
Oye piadoso al que por ti suspira,
Entends qui pieusement soupire après toi,
Tus himnos canta, y tus virtudes reza.
Qui chante tes hymnes et qui loue tes vertus.



 

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LE PLUS BEAU GÉNIE
QUE L’ESPAGNE AIT PRODUIT

De manière qu’avec cela et ce que je pouvais avoir grappillé dans les petites commissions dont on avait chargé mon intégrité, je fus en état, en arrivant à Madrid, de me mettre proprement. Ce que je ne manquai pas de faire, quoique les écrivains de notre nation ne se piquent guère de propreté. Je connus bientôt Lope de Vega Carpio, Miguel Cervantès de Saavedra et les autres fameux auteurs ; mais, préférablement à ces grands hommes, je choisis pour mon précepteur un jeune bachelier cordouan, l’incomparable don Luis de Gongora, le plus beau génie que l’Espagne ait jamais produit. Il ne veut pas que ses ouvrages soient imprimés de son vivant ; il se contente de les lire à ses amis. Ce qu’il a de particulier, c’est que la nature l’a doué du rare talent de réussir dans toutes sortes de poésies. Il excelle principalement dans les pièces satiriques. Voilà son fort. Ce n’est pas, comme Lucilius, un fleuve bourbeux qui entraîne avec lui beaucoup de limon ; c’est le Tage qui roule des eaux pures sur un sable d’or.

Alain-René Lesage
Histoire de Gil Blas de Santillane
Chapitre XIII
Éditions Garnier
1920
Tome 2

 

 

L’EPERON SANGLANT – SHAKESPEARE SONNET L – SONNET 50 – How heavy do I journey on the way

SONNET de SHAKESPEARE
SHAKESPEARE SONNET
THE SONNETS
THE SONNETS – LES SONNETS

Illustration du Phénix par Friedrich Justin Bertuch
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WILLIAM SHAKESPEARE
[1564 – 1616]

Traduction JACKY LAVAUZELLE




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SONNET 50

The Sonnets SHAKESPEARE
Les Sonnets de SHAKESPEARE
How heavy do I journey on the way
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L’EPERON SANGLANT
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1598 

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How heavy do I journey on the way,
Quand lourdement je voyage sur la route,
When what I seek, my weary travel’s end,
Quand la fin de mon harassant voyage
Doth teach that ease and that repose to say,
Enseigne à cette quiétude et à ce repos atteints à dire :
‘Thus far the miles are measured from thy friend!’
« Toute cette distance pour t’éloigner d’autant de ton ami! »

*

The beast that bears me, tired with my woe,
La bête qui me porte, épuisée par mon malheur,
Plods dully on, to bear that weight in me,
Se traîne péniblement, supportant ce poids en moi,
As if by some instinct the wretch did know
Comme si par un instinct, la malheureuse savait
His rider lov’d not speed, being made from thee:
Que son cavalier abhorrait la vitesse qui l’éloigne de toi :

*




*

The bloody spur cannot provoke him on,
L’éperon sanglant ne sert plus à rien,
That sometimes anger thrusts into his hide,
Que parfois la colère enfonce dans sa peau,
Which heavily he answers with a groan,
Répondant seulement par un seul gémissement,

*

More sharp to me than spurring to his side;
Plus douloureux encore que l’éperon sur ses flancs ;
For that same groan doth put this in my mind,
Car ce seul gémissement me remémore
My grief lies onward, and my joy behind.
Que devant m’attend le chagrin, et que ma joie derrière se trouve.

*




 

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SHAKESPEARE SONNET
SONNET L

LES SONNETS DE SHAKESPEARE THE SONNETS

CONTRE CE TEMPS – SONNET SHAKESPEARE XLIX – Against that time if ever that time come

SONNET de SHAKESPEARE
THE SONNETS
THE SONNETS – LES SONNETS

Illustration du Phénix par Friedrich Justin Bertuch
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WILLIAM SHAKESPEARE
[1564 – 1616]

Traduction JACKY LAVAUZELLE




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SONNET 49

The Sonnets SHAKESPEARE
Les Sonnets de SHAKESPEARE
Against that time if ever that time come
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CONTRE CE TEMPS
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1598 

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Against that time, if ever that time come,
Contre ce temps, si jamais ce temps-là arrive,
When I shall see thee frown on my defects,
Où je te verrai froncer les sourcils sur mes défauts,
When as thy love hath cast his utmost sum,
Quand ton amour me présentera l’addition finale,
Call’d to that audit by advis’d respects;
Poussé à cet examen par de prudents avis ;

*

Against that time when thou shalt strangely pass,
Contre ce temps où tu me croiseras, étrangère,
And scarcely greet me with that sun, thine eye,
Et à peine me gratifiant d’un regard, ce soleil,
When love, converted from the thing it was,
Quand l’amour, n’étant plus le même,
Shall reasons find of settled gravity;
Trouveras les raisons d’une extrême gravité ;

*




*

Against that time do I ensconce me here,
Contre ce temps, je me prépare dès maintenant,
Within the knowledge of mine own desert,
Dans la connaissance de mon propre néant,
And this my hand, against my self uprear,
Et lève ma main, contre moi-même,

*

To guard the lawful reasons on thy part:
Pour conserver les justes raisons de ton côté :
To leave poor me thou hast the strength of laws,
Pour me laisser misérable, tu as la force des lois,
Since why to love I can allege no cause.
Puisque, pour que tu m’aimes, je ne peux prétendre à aucune cause.

*




 

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SHAKESPEARE SONNET
SONNET XLIX

LES SONNETS DE SHAKESPEARE THE SONNETS

MON PLUS GRAND TRESOR – SONNETS SHAKESPEARE – XLVIII – How careful was I when I took my way

SONNETS SHAKESPEARE
THE SONNETS
THE SONNETS – LES SONNETS

Illustration du Phénix par Friedrich Justin Bertuch
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WILLIAM SHAKESPEARE
[1564 – 1616]

Traduction JACKY LAVAUZELLE




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SONNET 48

The Sonnets SHAKESPEARE
Les Sonnets de SHAKESPEARE
How careful was I when I took my way
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MON PLUS GRAND TRESOR
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1598 

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*

 

How careful was I when I took my way,
En partant en voyage, je prends des précautions,
Each trifle under truest bars to thrust,
Et mets sous protection la moindre des bagatelles,
That to my use it might unused stay
Pour qu’à mon unique usage, elle soit utilisée.
From hands of falsehood, in sure wards of trust!
Loin de mains corrompus, dans un lieu de confiance !

*

But thou, to whom my jewels trifles are,
Mais toi, pour qui tous mes bijoux ne sont que bagatelles,
Most worthy comfort, now my greatest grief,
Mon incomparable confort, désormais mon plus grand chagrin,
Thou best of dearest, and mine only care,
Toi, mon plus grand trésor et mon unique attention,
Art left the prey of every vulgar thief.
Je t’ai laissée en proie à tous les vulgaires voleurs.

*




*

Thee have I not lock’d up in any chest,
Dans nul coffre, je ne t’ai enfermé,
Save where thou art not, though I feel thou art,
Sauf là où tu n’es pas, même si je te sens,
Within the gentle closure of my breast,
Dans la douce prison de mon cœur,

*

From whence at pleasure thou mayst come and part;
D’où, à ta guise, tu peux aller et venir ;
And even thence thou wilt be stol’n I fear,
Et même de là, je crains qu’on ne puisse te dérober,
For truth proves thievish for a prize so dear.
Car la justice se fait voleuse pour un aussi grand trésor.

*




 

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SONNETS SHAKESPEARE
SONNET XLVIII

LES SONNETS DE SHAKESPEARE THE SONNETS

L’ACCORD – SHAKESPEARE SONNETS – XLVII – Betwixt mine eye and heart a league is took

SONNET de SHAKESPEARE
SHAKESPEARE SONNETS
THE SONNETS – LES SONNETS

Illustration du Phénix par Friedrich Justin Bertuch
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WILLIAM SHAKESPEARE
[1564 – 1616]

Traduction JACKY LAVAUZELLE




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SONNET 46

The Sonnets SHAKESPEARE
Les Sonnets de SHAKESPEARE
Betwixt mine eye and heart a league is took
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L’ACCORD
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1598 

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Betwixt mine eye and heart a league is took,
Entre mon oeil et mon cœur, un accord est conclu,
And each doth good turns now unto the other:
Et chacun désormais avec l’autre s’entraide :
When that mine eye is famish’d for a look,
Quand mes yeux sont affamés de regard,
Or heart in love with sighs himself doth smother,
Ou quand mon cœur amoureux s’étouffe de soupirs,

*

 With my love’s picture then my eye doth feast,
Avec l’image de mon amour, mes yeux organisent une fête,
And to the painted banquet bids my heart;
Et à ce pictural banquet invite mon cœur ;
Another time mine eye is my heart’s guest,
Parfois, c’est au tour de mon cœur d’inviter mes yeux,
And in his thoughts of love doth share a part:
Ils partagent alors ensemble mes pensées d’amour :

*




*

So, either by thy picture or my love,
Ainsi, soit par ton image, soit par mon amour,
Thy self away, art present still with me;
Même absente, tu ne cesses en moi d’être toujours présente ;
For thou not farther than my thoughts canst move,
Car tu ne peux aller plus loin que mes pensées, 

*

And I am still with them, and they with thee;
Et je suis toujours avec elles, et elles avec toi ;
Or, if they sleep, thy picture in my sight
Ou, si jamais elles sommeillent, ton image à ma vue
Awakes my heart, to heart’s and eye’s delight.
Réveille mon cœur, pour le contentement et du cœur et des yeux.

*




 

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SHAKESPEARE SONNETS
SONNET XLVI

LES SONNETS DE SHAKESPEARE THE SONNETS

Le Coeur et les Yeux – SHAKESPEARE SONNETS – XLVI – Mine eye and heart are at a mortal war

SONNET de SHAKESPEARE
SHAKESPARE SONNETS
THE SONNETS – LES SONNETS

Illustration du Phénix par Friedrich Justin Bertuch
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WILLIAM SHAKESPEARE
[1564 – 1616]

Traduction JACKY LAVAUZELLE




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SONNET 46

The Sonnets SHAKESPEARE
Les Sonnets de SHAKESPEARE
Mine eye and heart are at a mortal war
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Le Cœur et les Yeux
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1598 

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Mine eye and heart are at a mortal war,
Mes yeux et mon cœur sont en guerre mortelle,
 
How to divide the conquest of thy sight;
Pour partager la conquête de ta vue ;
Mine eye my heart thy picture’s sight would bar,
Mes yeux censurent ton image à mon cœur,
My heart mine eye the freedom of that right.
Mon cœur refuse la liberté de ce droit à mes yeux.

*

My heart doth plead that thou in him dost lie,—
Mon coeur plaide qu’en lui tu demeures,
A closet never pierc’d with crystal eyes—
Retraite qu’aucun œil même de cristal n’a jamais pu percer,
But the defendant doth that plea deny,
Mais les défenseurs refusent ce plaidoyer,
And says in him thy fair appearance lies.
Et soulignent qu’en eux seulement ta juste apparence réside.

*




*

To ‘cide this title is impannelled
Pour résoudre cette affaire, a été convoqué
A quest of thoughts, all tenants to the heart;
Un jury de pensées avec tous les locataires au cœur ;
And by their verdict is determined
Et par leur verdict, il a été décidé

*

The clear eye’s moiety, and the dear heart’s part:
la part revenant à mes ardents yeux et celle pour mon tendre cœur :
As thus; mine eye’s due is thy outward part,
Il en sera donc ainsi, à mes yeux, ta partie extérieure,
And my heart’s right, thy inward love of heart.
Et à mon coeur, l’amour intime de ton cœur.

*




 

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SHAKESPEARE SONNETS
SONNET XLVI

LES SONNETS DE SHAKESPEARE THE SONNETS

LES AMBASSADEURS DE MON AMOUR – SONNET DE SHAKESPEARE XLV – The other two, slight air, and purging fire

SONNET de SHAKESPEARE
THE SONNETS
THE SONNETS – LES SONNETS

Illustration du Phénix par Friedrich Justin Bertuch
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WILLIAM SHAKESPEARE
[1564 – 1616]

Traduction JACKY LAVAUZELLE




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SONNET 45

The Sonnets SHAKESPEARE
Les Sonnets de SHAKESPEARE
The other two, slight air, and purging fire
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LES AMBASSADEURS DE MON AMOUR
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1598 

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The other two, slight air, and purging fire
Les deux autres, l’air subtil et le feu purificateur,
Are both with thee, wherever I abide;
Sont toujours avec toi, où que je me trouve ;
The first my thought, the other my desire,
Le premier : ma pensée, l’autre : mon désir,
These present-absent with swift motion slide.
Présents ou absents, ils sont toujours véloces.

*

For when these quicker elements are gone
Quand ces rapides éléments partent vers toi,
In tender embassy of love to thee,
Tendres ambassadeurs de mon amour,
My life, being made of four, with two alone
Ma vie,  de quatre éléments composée, avec deux seulement,
Sinks down to death, oppress’d with melancholy;
Se retrouve blessé mortellement, sous le joug de la mélancolie ;

*




*

Until life’s composition be recur’d
Jusqu’à ce que le désir de vie renaisse
By those swift messengers return’d from thee,
Par de véloces messages de toi,
Who even but now come back again, assur’d,
Qui me reviennent et me rassurent,

*

Of thy fair health, recounting it to me:
Sur ta santé et sur ta vie :
This told, I joy; but then no longer glad,
J’en suis réjoui ; mais heureux peu de temps,
I send them back again, and straight grow sad.
Te les renvoyant à nouveau, et triste aussitôt redevenant.

*




 

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SHAKESPEARE SONNET
SONNET XLV

LES SONNETS DE SHAKESPEARE THE SONNETS