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LA DESTRUCTION DE JÉRUSALEM PAR TITUS – OS LUSIADAS CANTO 3 -117 – E se tu tantas almas só pudeste

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OS LUSIADAS CANTO 3
LES LUSIADES CHANT 3Os Lusiadas Traduction Jacky Lavauzelle Les Lusiades de Luis de Camoes Os Lusiadas Les Lusiades
OS LUSIADAS III-117 LES LUSIADES III-117
LITTERATURE PORTUGAISE

Os Lusiadas Traduction Jacky Lavauzelle Les Lusiades de Luis de Camoes




Os Lusiadas Canto III Traduction Jacky Lavauzelle Les Lusiades de Luis de Camoes

literatura português

Luis de Camões
[1525-1580]

Tradução – Traduction
texto bilingue




Luis de Camoes Les Lusiades

 

Obra Poética

(1556)

LES LUSIADES III-117




OS LUSIADAS III-117
A Epopeia Portuguesa

 

CHANT III
Canto Terceiro

Traduction Jacky Lavauzelle

verso 117
Strophe 117

III-117

Camoes os lusiadas canto III

Vasco de Gama

Vasco da Gama signature almirante.svg

 

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Luís de Camões Os Lusiadas
OS LUSIADAS III-117
LES LUSIADES III-117
OS LUSIADAS CANTO III

 

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« E se tu tantas almas só pudeste
« Et si toi seul tant d’âmes ta conduite
Mandar ao Reino escuro de Cocito,
Pu envoyer dans le sombre Royaume de Cocyte,
Quando a santa Cidade desfizeste
Quand la sainte Ville fut détruite
Do povo pertinaz no antigo rito:
Du peuple attaché à l’antique rite :
Permissão e vingança foi celeste,
La permission et la vengeance vinrent des nues,
E não força de braço, ó nobre Tito,
Et non de la force de ton bras, ô noble Titus,
Que assim dos Vates foi profetizado,
C’est ce que les Prophètes avait annoncé ,
E depois por Jesu certificado.
Et Jésus ensuite avait confirmé.

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LES LUSIADES CHANT 3

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ALPHONSE XI DE CASTILLE
(13 août 1311 Salamanque – 26 mars 1350 Gibraltar)
Le Justicier – El Justiciero

Os Lusiadas Canto III Camoes Canto IIIAlphonse XI de Castille
Alfonso XI
Peinture de Francisco Cerdá de Villarestan
Musée du Prado  – Madrid

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Camoes Canto IIIMarie-Constance de Portugal
Femme d’Alphonse XI de Castille (1328)
Fille d’Alphonse IV du Portugal et de Béatrice de Castille
(1313 – 1357)
Alphonse XI préférait sa maîtresse Leonor de Guzmán à Marie-Constance (celle-ci assassina Leonor à la mort d’Alphonse XI)

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Alphonse IV Le Brave
( Lisbonne – )
Roi de Portugal et de l’Algarve par la grâce de dieu

Alphonse IV
Alfonso IV
Peinture du XVIIIe siècle

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LES LUSIADES CHANT 3

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Précisions historiques
et
Retour sur les versets précédents


Sonnet 1 à Sonnet 94 : la naissance du Portugal – Règnes d’Alphonse I, Sanche I, Alponse II et Sanche II. Le sonnet 94 évoque la passation de pouvoir de Sanche II à Alphonse III en 1247, un an avant la mort de Sanche II.
Sonnet 94 : nous partons pour les 32 années de règne d’Alphonse III qui nous conduirons jusqu’en 1279, date du nouveau règne de Denis Ier.
Sonnet 95 : Camoes évoque les prises guerrières d’Alphonse III en Algarve sur les Maures.
Sonnet 96 : le règne de Denis Ier-  Second fils d’Alphonse III. Son règne s’étalera de 1279 à sa mort, le 7 janvier 1325. Il nomme déjà son successeur Alphonse IV Le Brave qui règnera 32 ans de 1325 à 1357. Denis Ier va pacifier son pays – Poète et troubadour, il laissera de nombreux cantigas : cantigas de amor, cantigas de amigo, cantigas de escarnio y maldecir.
Sonnet 97 : création de l’Université de Coimbra sur les bords du Mondego -A Leiria, Denis Ier signera le Scientiae thesaurus mirabilis. L’université de Coimbra est créée en 1290.
Sonnet 98 : Denis Ier reconstruit et renforce son pays. Atropos, une des trois Moires, coupe son fil de vie en 1325. (les 3 Moires : Clotho, celle qui tisse le fil de la vie, Lachésis, celle qui déroule et qui répare le fil et la dernière Atropos, celle qui coupe). Voici venu le règne d’Alphonse IV.

Les Moires
Francisco de Goya
1820-1823
Musée du Prado – Madrid

Sonnet 99 : la traditionnelle opposition entre les Castillans et les Lusitaniens. Mais celle-ci n’empêche pas la solidarité et l’entraide, notamment lors de l’invasion Mauritanienne en terre Castillane.
Sonnet 100 : Les troupes d’invasion sont énormes. Camoes évoque la reine légendaire de Babylone, Sémiramis, celle qui créa Babylone et ses fameux jardins suspendus. L’Hydapse décrit est l’actuel Jhelum (Inde & Pakistan). Les Sarrasins se rassemblent dans le Tartèse (Andalousie).
Sonnet 101 : Alphonse XI de Castille est dépassé par l’armée imposante de l’ennemi sarrasin. Il envoie Marie-Constance, sa femme, pour avoir le soutien d’Alphonse IV du Portugal, qui n’est autre que sa propre fille (que celui-ci a eu avec Béatrice de Castille). Ce n’était pas tout à fait « a caríssima consorte » d’Alphonse XI puisqu’il lui préférait sa maîtresse, Leonor de Guzmán.
Sonnet 102 : Arrivée de la belle Marie-Constance en sanglots devant son père Alphonse IV.
Sonnet 103 : Un rassemblement gigantesque d’armées venues d’Afrique sont derrière le grand Roi du Maroc.
Sonnets 104 & 105 : La supplique de Marie-Constance à son père Alphonse IV. S’il ne vient pas à l’aide d’Alphonse XI de Castille, Marie aura tout perdu.
Sonnet 106 : Camoes compare la demande de Marie à celle de Vénus pour Énée devant Jupiter.
Sonnet 107 : Alphonse IV accepte et regroupe ses forces dans les plaines d’Évora.
Sonnet 108 : Alphonse IV à la tête des troupes lusitaniennes pénètre en Castille avec sa fille Marie-Constance.
Sonnet 109 : 1340 La bataille de Tarifa (Province de Cadix) ou bataille du Salado (30 octobre 1340) se prépare entre les deux Alphonse (IV du Portugal et XI de Castille) face aux armées menées par Abu al-Hasan ben Uthman et Yusuf Ier de Grenade.
Sonnet 110 : Camoes évoque les troupes agaréenne (des descendants d’Agar). Agar, servante d’Abraham donne naissance à Ismaël considéré comme Prophète par les musulmans (Cf. la Sourate Ibrahim). Camoes fait un rapprochement audacieux et fallacieux entre les termes Sarrasins et Sarah. On retrouve couramment cette méprise, par exemple chez  Isidore de Séville (VIe et VIIe siècle, Étymologies, IX,2,57.
Sonnet 111 : Comparaison avec David et Goliath. La foi supérieure à la force.
Sonnet 112 : Avec l’aide de Dieu, les Castillans et les Portugais sont prêts à affronter les armées du Roi du Maroc (Abu al-Hasan ben Uthman) et du Souverain de Grenade (Yusuf Ier de Grenade).
Sonnet 113 : Au cœur du combat. 30 octobre 1340, bataille de Tarifa.
Sonnet 114 et Sonnet 115 : Défaite du Río Salado : Alphonse IV bat les armées de Grenade de Yusuf Ier et part ensuite aider son beau-père Alphonse XI de Castille qui lutte encore contre les Mauritaniens et les troupes de Abu al-Hasan ben Uthman.
Sonnet 116 : Camoes fait référence à deux batailles célèbres pour les comparer à la bataille de Salado : la première, la bataille  de Verceil où les Romains, menés par le général Marius  (157 av. J.-C.- 86 av. J.-C.) écrasèrent les Cimbres, originaire du Jutland, le
30 juillet de l’an 101 av. J.-C., et la Bataille de Cannes (en Italie, Cannæ en Apulie), une des grandes batailles de la deuxième guerre punique où Hannibal Barca et les Carthaginois démantelèrent les troupes de la République Romaine le 2 août 216 av. J.-C. menés par consuls Caius Terentius Varro et Lucius Æmilius Paullus.
Sonnet 117 : Bataille de Salado Seul Titus a tué autant d’âmes. Titus en 70 détruira Jérusalem et incendiera le Temple d’Hérode. Référence à  Daniel IX – 26 [26 Et après soixante et deux semaines le Christ sera mis à mort ; et le peuple qui le doit renier ne sera point son peuple. Un peuple avec son chef qui doit venir détruira la ville et le sanctuaire ; elle finira par une ruine entière, et la désolation qui lui a été prédite arrivera après la fin de la guerre. – La Sainte Bible traduite par Lemaistre de Sacy]
Le Cocyte :  fleuve des Enfers, affluent de l’Achéron ou du Styx.

Jacky Lavauzelle
Camoes Les Lusiades

OS LUSIADAS CANTO 3
LES LUSIADES CHANT 3

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os lusiadas canto 3

Vasco de Gama par Gregorio Lopes

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Luís Vaz de Camões Os Lusiadas Les Lusiades
OS LUSIADAS III-117 CAMOES LUSIADES III-117
Traduction Jacky Lavauzelle
ARTGITATO
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Les Lusiades Chant 3 Camoes Canto III

 OS LUSIADAS III CANTO 3
LES LUSIADES CHANT 3
LA BATAILLE DE TARIFA
LUIS DE CAMOES LES LUSIADES

Camoes os lusiadas canto III

JE SUIS UN PAUVRE PELERIN – ESSENINE SERGUEÏ – 1915 – Я странник убогий

Littérature Russe
SERGUEÏ ESSÉNINE POEME 1915

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русский поэт- Poète Russe
русская литература

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стихотворение  – Poésie

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Sergueï Essénine
Сергей Александрович Есенин

3 octobre 1895 Konstantinovo (Rybnov) – 28 décembre 1925 à Leningrad
3 октября 1895, Константиново – 28 декабря 1925, Ленинград
TRADUCTION JACKY LAVAUZELLE

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LA POESIE DE SERGUEÏ ESSÉNINE


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Я странник убогий 
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JE SUIS UN PAUVRE PELERIN

1915


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Я странник убогий.
Je suis un pauvre pèlerin.
С вечерней звездой
Suivant l’étoile du soir
Пою я о Боге
Je chante Dieu
Касаткой степной.
Au cœur de la steppe.

*

На шелковом блюде
Au sol en tapis de soie
Опада осин,
S’effeuille le tremble,
Послухайте, люди,
Ecoutez, écoutez
Ухлюпы трясин.
Le souffle des marais.

*

Ширком в луговины,
L’oiseau dans les prés,
Целуя сосну,
Embrasse les pins,
Поют быстровины
chante en louant à pleins poumons
Про рай и весну.
Tant le paradis que le printemps.
*
Я, странник убогий,
Moi, pauvre errant,
Молюсь в синеву.
Je prie dans le bleu du ciel.
На палой дороге
Sur la morne route
Ложуся в траву.
Je me couche sur l’herbe.

*

Покоюся сладко
Joyeux et serein
Меж росновых бус;
Au milieu des perles de rosée ;
На сердце лампадка,
Au cœur une petite lampe,
А в сердце Исус.
Et au cœur de mon cœur : Jésus.
1915

 

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LES PELERINS RUSSES
Par
DOSTOÏEVSKI

Dès que le peuple russe fut baptisé, des pèlerins russes commencèrent à visiter les Lieux saints, le sépulcre de N.-S. Jésus-Christ, le Mont-Athos, etc. Déjà, pendant les croisades, les supérieur d’un couvent russe visita Jérusalem et fut bien reçu par le roi Beaudoin. Les pèlerinages en Orient n’ont jamais cessé jusqu’à nos jours. Beaucoup de moines russes aussi ont habité le Mont-Athos. Si bien que le peuple russe, illettré et ignorant de toute géographie, sait parfaitement que les Lieux saints sont depuis longtemps aux mains des Turcs mahométans, et qu’un Chrétien a une vie pénible en Orient, Aussi le peuple russe est-il toujours plein d’admiration pour les hauts faits des pèlerins, dans cette région, et sent-il son cœur attiré vers Jérusalem. C’est un trait historique connu. De pauvre vieillards, d’anciens soldats, de vieilles femmes qui ne savent pas un mot de géographie ont été de village en village, le sac au dos, mendiants, vers les Lieux saints, qu’ils n’atteignaient parfois qu’après des calamités sans nombre. Quand ils rentraient au pays natal, leur récits étaient écoutés pieusement. En général, le peuple aime extrêmement ce qui a trait «  au divin  ». Qui a lu La Vie des Saints ? Si le peuple ne l’a pas lu, et pour cause, il le connaît, il est imprégné de son esprit. Et comment cela ? Parce que de nombreux pèlerins récitent, souvent d’une façon superbe, des passages entiers de ce livre, sans changer un mot du texte, et qu’on les écoute avidement. Moi-même, tout enfant, avant d’avoir appris à lire, j’ai assisté à ces récitations. Plus tard, au bagne, en Sibérie, j’ai entendu des bandits qui, eux aussi, récitaient ce livre, et vu d’autres bandits qui les écoutaient avec recueillement. Tout cela avait été appris, non dans un volume, mais oralement. Le peuple y trouve comme quelque chose qui se fait repentir. Il est arrivé que des êtres affreusement corrompus, des exploiteurs, des oppresseurs aient été pris, en entendant ces récits, du désir de partie pour un pèlerinage, et de rechercher par le travail et la peine vaillamment supportée ; parfois, ils se rappelaient un vœux, — oublié depuis longtemps — de s’en aller vers les Lieux saints, sinon jusqu’à Jérusalem, du moins jusqu’aux Lieux saints Russe, à Kiev, au couvent Solovetzsky. Nekrassov, en créant son type de Vlass, n’a pu se l’imaginer autrement que portant des chaines dans un pèlerinage expiatoire. Ce trait n’existe chez aucun autre peuple européen. Tout cela durera-t-il ? L’instruction semble changer beaucoup notre moujik, mais en attendant, c’est ce trait seul qui peut expliquer cette énigme du caractère conscient, du mouvement populaire de l’année dernière. Un, sur mille de nos moujiks, comme dit Lévine, savait peut-être qu’il existait des Serbes, des Bulgares, des Monténégrins, qui étaient nos coreligionnaires ; mais tout notre peuple avait entendu dire qu’il y avait des chrétiens orthodoxes sous le joug mahométan. Lors de la guerre avec la Turquie, guerre vieille de vingt ans, qui se termina par Sébastopol, on lui avait parlé des chrétiens martyrisés en Orient et, avant que notre peuple ne prit feu pour la cause des Slaves orientaux, il n’ignorait pas que ces Slaves avaient été torturés par les Turcs. J’ai entendu, moi-même, des gens du peuple se demander : « Est-il vrai que le Turc se lève de nouveau contre les chrétiens ? »

Fédor Mikhaïlovitch Dostoïevski
Journal d’un écrivain
Chapitre X
COMME QUOI LE PEUPLE SANS INSTRUCTION NE SE TROMPE PAS SUR LE FOND DE LA QUESTION D’ORIENT
Traduction par J.-Wladimir Bienstock et John-Antoine Nau
Editions Charpentier
1904

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Бабушкины сказки
C. А. Есенин

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LES POEMES DE SERGUEÏ ESSÉNINE

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LA POESIE DE SERGUEÏ ESSÉNINE
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LETTRES DE L’ARETIN Lettera di Pietro Aretino a Michelangelo Lettre à Michel-Ange

 LETTERE – Libro III – LETTRES -LIVRE III


1545

Traduction – Texte Bilingue
LITTERATURE ITALIENNE
Letteratura Italiana

TRADUCTION JACKY LAVAUZELLE

Pietro Aretino
Pierre l’Arétin
Arezzo, 20 aprile 1492 – Venezia, 21 ottobre 1556
Arezzo 20 avril 1492 – Venise 21 octobre 1556

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 L’ARETIN

LETTERE – Libro III
LETTRES -LIVRE III
Lettera al grande Michelangelo Buonarroti
Lettre au grand MICHEL-ANGE BUONARROTI

Novembre 1545

 

Tiziano – Le Titien
Vers 1548 circa 1548
Frick Collection New York












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Notes

La lettre de L’Arétin est écrite en 1545, alors que l’œuvre de Michel-Ange, le Jugement Dernier, est terminé depuis quatre ans. Il attaque sa liberté de création dans un lieu sacré. Michel-Ange est critiqué non pour ses dons artistiques, «  perfettion di pittura », mais pour ne pas avoir conçu une iconographie avec des poses plus retenues, nous ne sommes pas dans un bordel, « il postribolo« .

L’Arétin parle de La Nanna. Il s’agit d’un personnage de ses Ragionamenti où une prostituée raconte ses expériences argumentant à la mode des dialogues platoniciens. Les Ragionamenti sont publiés en 1534. Nous trouvons notamment le fameux Dialogue entre la Nanna et la Pippa : Dialogo nel quale la Nanna insegna a la Pippa. [« Eccovi là i Salmi, eccovi la Istoria di Cristo, eccovi le Comedie, eccovi il Dialogo, eccovi i volumi divoti e allegri, secondo i subietti; e ho partorito ogni opera quasi in un dì… »]

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 Lettera al grande Michelangelo Buonarroti

Lettre au grand Michel-Ange Buonarroti

Le Jugement Dernier – Il Giudizio Universale
Fresque de Michel-Ange Buonarroti
Affresco di Michelangelo di Lodovico Buonarroti
La Chapelle Sixtine – Cappella Sistina
Le Vatican – Città del Vaticano
1535-1541

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Signor mio.
Mon Seigneur

Nel rivedere lo schizzo intiero di tutto il vostro dì del Giudicio, ho fornito di conoscere la illustre gratia di Rafaello ne la grata bellezza de la inventione.
Lors de ma dernière vision générale de votre Jugement, j’ai retrouvé l’illustre grâce de Raphaël dans la beauté de l’invention.
Intanto io, come battezzato, mi vergogno de la licentia, sì illecita a lo spirito, che havete preso ne lo isprimere i concetti u’ si risolve il fine al quale aspira ogni senso de la veracissima credenza nostra.
Cependant, comme baptisé, j’ai honte de la licence, si illicite à l’esprit, que vous avez prise dans l’expression des aspirations de notre vraie foi.

Adunque quel Michelagnolo stupendo in la fama, quel Michelagnolo notabile in la prudentia, quel Michelagnolo ammiranno nei costumi ha voluto mostrare a le genti non meno impietà di irreligione che perfettion di pittura?
Pourquoi donc ce Michel-Ange merveilleux en pleine gloire, ce Michel-Ange apprécié pour sa prudence, pourquoi ce Michel-Ange admiré a-t-il voulu montrer au moins autant d’impiété en religion que de perfection en peinture ?

È possibile che voi, che per essere divino non degnate il consortio degli huomini, haviate ciò fatto nel maggior tempio di Dio?
Et est-il possible que vous, être divin dédaignant la compagnie humaine, ayez commis cette chose dans le temple de Dieu ?
sopra il primo altare di Giesù?
De plus, au-dessus du premier autel de Jésus ? 

ne la più gran capella del mondo, dove i gran Cardini de la Chiesa, dove i Sacerdoti reverendi, dove il Vicario di Christo con cerimonie catholiche, con ordini sacri e con orationi divine confessano, contemplano et adorano il suo corpo, il suo sangue e la sua carne?
Dans cette la plus grande chapelle du monde, où les grands Cardinaux de l’Eglise, où les prêtres vénérables, où le Vicaire du Christ lors des cérémonies catholiques, avec les ordres sacrés et prières divines, confessent, contemplent et adorent Son corps, Son sang et Sa chair ?

Se non fusse cosa nefanda lo introdurre de la similitudine, mi vanterei di bontade nel trattato de la Nanna, proponendo il savio mio avedimento a la indiscreta vostra conscienza, avengaché io in materia lasciva et impudica non pure uso parole avertite e costumate, ma favello con detti irreprensibili e casti;
S’il n’y avait pas quelque chose d’infâme dans la similitude, je vanterais les qualités de mon traité de la Nanna, afin de mettre en regard mes sages manières à votre indiscrète conscience, utilisant des mots de circonstance et acceptable à une situation lascive et impudique mais je m’appuis sur une tonalité irréprochable et pure ;
et voi nel suggetto di sì alta historia mostrate gli angeli e i santi, questi senza veruna terrena honestà, e quegli privi d’ogni celeste ornamento.
et vous qui, pour un sujet où vous montrez les anges et les saints, n’offrez à nos yeux aucune décence terrestre, sans même aucun ornement céleste.

Ecco, i Gentili ne lo iscolpire, non dico Diana vestita, ma nel formare Venere ignuda, le fanno ricoprire con la mano le parti che non si scoprono;
Ici, les Gentils, qui ne sont pas vêtus en Diane mais en Vénus nue, positionnent leurs mains sur les attributs à ne pas découvrir ;
et chi pur è christiano, per più stimare l’arte che la fede, tiene per reale ispettacolo tanto il decoro non osservato nei martiri e ne le vergini, quanto il gesto del rapito per i membri genitali, che anco serrarebbe gli occhi il postribolo, per non mirarlo.
et un chrétien, qui estime l’art plus que la foi, reste le spectateur d’un véritable décorum où se montrent les martyrs et les vierges, avec le geste d’un damné retenu par ses membres génitaux, scène que, même dans un bordel, nos yeux ne pourraient regarder en face.
In un bagno delitioso, non in un choro supremo si conveniva il far vostro!
Dans une délicieuse salle de bain peut-être, mais pas dans un chœur suprême, votre œuvre à merveille conviendrait !

Onde saria men vitio che voi non credeste, che, in tal modo credendo, iscemare la credenza in altrui.
Il me semble préférable de ne pas croire que de croire en méprisant la croyance des autres.
Ma sino a qui la eccellenza di sì temerarie maraviglie non ne rimane impunita, poiché il miracolo di loro istesse è morte de la vostra laude.
Mais jusqu’ici l’excellence des merveilles téméraires ne reste pas impunie, car dans le miracle se meurt votre louange.
Sì che risuscitatele il nome col fare di fiamme di fuoco le vergogne dei dannati, et quelle dei beati di raggi di sole, o imitate la modestia fiorentina, la quale sotto alcune foglie auree sotterra quelle del suo bel colosso;
Oui, ressuscitez votre gloire en jetant dans les flammes  la honte damnés, et en inondant des rayons du soleil les bienheureux, ou imitez la modestie florentine qui, sous quelques feuilles d’or, cache les attributs de leur magnifique colosse ;
et pure è posto in piazza publica et non in luogo sacrato.
qui pourtant se place sur la place publique et non dans un lieu consacré.
Hor così ve lo perdoni Iddio, come non ragiono ciò per isdegno ch’io habbi circa le cose desiderate;
Que Dieu vous le pardonne, car je ne parle pas dans l’indignation de ne pas avoir trouvé ce que je désirais ;
perché il sodisfare al quanto vi obligaste mandarmi deveva essere procurato da voi con ogni sollecitudine, da che in cotale atto acquetavate la invidia, che vuole che non vi possin disporre se non Gherardi et Tomai.
car satisfaire ce que vous vous étiez obligé à m’envoyer devait être réalisé avec toute la diligence possible, afin que l’on ne puisse pas dire que les Gherardo et les Tomasso disposaient de vous.

Ma se il thesoro lasciatovi da Giulio acciò si collocassero le sue reliquie nel vaso dei vostri intagli non è stato bastante a far che gli osserviate la promessa, che posso però isperar io?
Mais si le trésor laissé par Jules II pour que ses reliques reposent dans le sépulcre de votre sculpture ne suffit pas à vos yeux à tenir votre promesse, que puis-je donc espérer ?


Benché non la ingratitudine, non l’avaritia di voi, pittor magno, ma la gratia et il merito del Pastor massimo è di ciò cagione;
Bien que l’ingratitude, bien que l’avarice, peintre magnifique, et la grâce et le mérite du souverain Pasteur ne soient pas ici en question ;
avengaché Iddio vuole che la eterna fama di lui viva in semplice fattura di deposito in l’essere di se stesso, et non in altiera machina di sepoltura in vertù del vostro stile.
car Dieu veut que Sa gloire éternelle vive dans une facture simple et non dans une hautaine sépulture de votre style.
In questo mezzo il mancar voi del debito vi si attribuisce per furto.
Cela signifie que manquer son devoir revient à réaliser un vol.
Ma con ciò sia che le nostre anime han più bisogno de lo affetto de la devotione che de la vivacità del disegno, inspiri Iddio la Santità di Paolo come inspirò la Beatitudine di Gregorio, il quale volse imprima disornar Roma de le superbe statue degli idoli che torre, bontà loro, la riverentia a l’humili imagini dei santi.
Mais comme nos âmes ont plus besoin de l’affection pour la dévotion que de la vivacité dans le dessin, Dieu inspire Sa Sainteté Paul comme il inspira le Bienheureux Grégoire en lui faisant enlever les ornements des superbes statues des idoles de Rome, avant de comprendre que cela nuisait au respect que l’on devait aux images des saints.

In ultimo, se vi fuste consigliato, nel comporre e l’Universo e l’Abisso e ‘l Paradiso, con la gloria, con l’honore et con lo spavento abbozzatovi da la istruttione, da lo essempio e da la scienza de la lettera che di mio legge il secolo, ardisco dire che non pure la natura e ciascuna benigna influenza non si pentirieno del datovi intelletto sì chiaro, che hoggi in vertù suprema favvi simolacro de la maraviglia, ma la providentia di chi regge il tutto terrebbe cura di opera cotale, sin che si servasse il proprio ordine in governar gli emisperi.
Enfin, si vous vous étiez fait conseillé pour cette composition et sur l’Univers, et l’Abîme et le Paradis, avec gloire, honneur, et terreur par l’exemple et la science de la lettre que de moi l’on connaît, j’ose dire que la nature et ses influences n’auraient pas entravé la si claire intelligence qui vous pare aujourd’hui, ainsi que la providence qui soutiendrait l’ouvrage, puisqu’elle assure la gouvernement des hémisphères.

Di novembre, in Vinetia, MDLXV.Servitore l’Aretino.
Novembre 1645 – Venise – Votre serviteur l’Arétin

Hor ch’io mi sono un poco isfogato la colera contro la crudeltà vostra usa a la mia divotione, et che mi pare havervi fatto vedere che, se voi siate divino, io non so’ d’acqua, stracciate questa, che anch’io l’ho fatta in pezzi, et risolvetevi pur ch’io son tale che anco i Re et gli Imperadori rispondano a le mie lettere.
P.S. Depuis que j’ai calmé ma colère contre la cruauté de votre réponse à ma dévotion, et vous avoir dit que, si vous êtes divin, moi, je ne suis pas d’eau, alors, déchirez cette missive en morceaux comme je l’ai fait, je suis ainsi fait que les rois et les empereurs répondent à mes lettres.

Al gran Michelagnolo Buonarroti. A Roma.
Au grand Michel-Ange Buonarroti. A Rome

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LETTRES DE L’ARETIN

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PAUL ADAM LETTRES DE MALAISIE CINQUIEME LETTRE 1896

MALAISIE – MALAYSIA
PAUL ADAM LETTRES DE MALAISIE


D’après une photo de Nadar et le portrait de Félix Valloton




PAUL ADAM
1862 – 1920

LETTRES DE MALAISIE
1896
CINQUIEME LETTRE

Texte paru dans La Revue Blanche
Paris
1898 

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Portrait de Paul Adam
Félix Vallotton paru
Le Livre des masques de Remy de Gourmont
1896

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CINQUIEME LETTRE DE MALAISIE

Jupiter. Novembre.
Palais des Hôtes

Sous un soleil lourd, réfléchi dans les verreries des toits, des dômes, des baies, des serres ; la ville se fête.

De hauts pans de soie violette, pourpre et blanche frissonnent le long des façades. Sur beaucoup, les dieux sont peints. On retrouve sans cesse la grande figure de la Vierge avec sa robe pleine de cités et de peuples en marche. À la surface de ses yeux de métal, les navires voguent, gravés. Le lait fuyant de sa mamelle contient les noms des Noumènes, mêlés aux créatures des trois règnes, et Jésus, assis sur son giron, porte inscrites par toute la nudité de son corps les maximes qui résument les spéculations des philosophes. Généralement derrière Elle, les deux directions de la croix, se traversent. Peintes ou sculptées elles reproduisent l’emblémature de courants éthéréens. Les planètes semblent y être entraînées dans une course descendante, remontante, horizontale, qui les roule, et les unit aux comètes, aux soleils, aux noyaux des nébuleuses, aux hordes d’astres.

D’une aile, le Saint Esprit touche la cime de la Croix ; de l’autre il atteint le front du Christ. Les pennes de ce volatile sacré, vastes comme celles de nos archanges enveloppent le Fils et la Vierge-Mère d’une même protection presque blanche, bien que chaque septénaire de plumes porte les nuances du prisme. Enfin le triangle de la Trinité encadre lumineusement la complication du symbole.

Cela se répète partout, sur les pans de soie, hauts comme les façades, sur les litières où le clergé le porte en groupes de métal, d’ivoire, et de bois. La statue de Manès, celle du Bouddha, ornent aussi les reposoirs. Aux trépieds, enguirlandés de fleurs fraîches, de roses et de violettes, de dahlias, fument les parfums.

Le tramway qui entraîne mes deux amies et moi ne glisse point sur roues, mais sur une sorte de quille en acier s’emboîtant dans un seul rail. Les coussins sont moelleux. Avec rapidité nous filons parmi le murmure joyeux des avenues. Les uniformes corporatifs, s’assemblent sous les portiques, autour des nymphées : les scribes noirs, les usiniers cramoisis, les chinois des services publics en costume national, les malais de la voirie, porteurs de cannes, la tête sous une mitre jaune. Nous glissons entre les édifices, indéfinis, tout ouverts, et laissant voir, dans leurs salles, des assemblées. Naturellement, les orgues glorifient le jour. Les insurgés des Philippines viennent de battre nos troupes espagnoles ; et la Dictature oligarchique fête cette victoire qu’il nomme celle de la Liberté contre la Tyrannie. Voici la procession, pareille à toutes les processions catholiques. Seulement les costumes, et les objets du culte sont d’un luxe indicible. À cheval, cent très belles filles en bas de cuir violet, le torse nu, la tête couronnée de fleurs énormes, précèdent le Saint-Sacrement, et balancent des encensoirs d’or. Depuis les hanches jusque le dessous des seins, elles portent des corselets de tissus que garnissent des joyaux composant par leur assemblage la forme de plantes fabuleuses. Leur chevelure répandue coule d’un petit bonnet en treillis d’argent. Aux cimes de leurs seins de gros rubis scintillent. Les courtes jupes de lanières noires et vertes terminées par des boules d’or creux, flottent contre les selles de velours. Aux mors des chevaux se suspendent des éphèbes, nus également depuis les mamelles jusqu’aux caleçons de satin blanc qu’un soleil en pierreries illustre à l’endroit du sexe. Des bottes souples en peau blanche couvrent leurs jambes et leurs cuisses. Les dextres tiennent un thyrse, ou un caducée. Surmontés par les ailes décloses de colombes, de petits casques coiffent leurs chevelures.

D’autres, montés sur des chevaux noirs, soufflent dans de fines trompettes. Des femmes robustes marchent contre leurs étriers. Elles ont la gorge soutenue par des réseaux de pourpre, la robe faite de canevas noir où s’engagent des roses jaunes. À la tête, elles portent des tiares de myosotis.

Viennent des hommes géants, aux barbes ondulées et semées de paillettes. Des couronnes royales les sacrent. Les poils de leur torse sont jaunis de henné. Ils montrent toute la beauté de la vigueur virile. Ils retardent l’impatience des lévriers en laisse, des molosses, des lionceaux, des antilopes, et des cerfs. Certains portent des pelles, d’autres des pioches brillantes, ceux-ci des leviers de cuivre fourbi, ceux-là des marteaux dorés, d’autres élèvent des équerres et des truelles au bout de hampes écarlates. En un char bas qu’ils traînent, une machine de métal rouge s’avance. Son volant, ses bielles d’acier poli, luisent plus froidement contre l’autre métal qui garde l’éclat sombre du fer incandescent. Dans leurs vêtements cramoisis, les usiniers défilent, en armée, derrière ce char. Tous ont au chapeau la ramille verte et sur l’épaule un caducée de bois. Suivent les scribes, vêtus de noir, puis les chinois en robes de soie brune, et deux cents fillettes à pied, avec des oiseaux privés sur les doigts, des cannes d’ivoire, des tuniques blanches à traîne, des couronnes de lauriers aux cheveux. Ensuite mille ballerines, par essaims, qui dansent chacun, un pas différent. Les doigts sonnent sur les tambourins. Les ongles frôlent les cordes des lyres. Les poings menus agitent les sistres et choquent des cymbales. D’aucunes, dans des gaines écailleuses, se tordent comme les ophidiens ; et des perruques d’argent frissonnent contre leurs joues. Au milieu d’ailes violettes, d’autres bondissent sur leurs jambes vigoureuses, les seins passés à travers les ouvertures oblongues des corsets bleus. Corolles aux jambes vertes, des fleurs tournent. Tout un escadron représente les minéraux. Il passe des idoles de diamant, de topaze, de saphir ; de vivantes statues en granit, en malachite, en marbre clair. Avec une fille d’or, une d’argent, une de fer, une de cuivre, les métaux s’irradient. Des adolescentes simulent les créatures de l’eau, algues et poissons. Leur lente chorégraphie marque l’indolence des corps qui flottent.

O cette armée de danseuses ! Elle se déroule durant une heure entière. Hors des collèges, des lycées, des gymnases, toutes les filles de quelque beauté s’étaient rendues à la parade. Sur la nudité de leurs membres une sorte de fard met une moirure miraculeuse, en sorte que nul défaut d’épiderme ne se décela. Leurs chairs semblaient d’une fraîcheurs éclatante, un peu vernie. Parfums qui vous échappiez de leurs gestes, et vous, fleurs, fleurs, fleurs jetées, fleurs des costumes, fleurs des tiares, fleurs des guirlandes, fleurs de bouquets, couleurs innombrables des fleurs !

Entre les façades d’émail, les escouades de danseuses comblent l’avenue. Avec leurs évolutions, marchent des éléphants blancs porteurs de tours où s’ébattent, au faîte, des aigles apprivoisés. Il glisse sur la rainure du rail maintes quilles de hauts chars dont la file présente successivement les dieux de tous les cultes connus, avec leurs prêtres et leurs prêtresses en costume sacerdotal officiant autour des autels. Le palanquin d’une Mère oscille aux épaules de douze vierges en maillots de soie rayée. Parmi des voiles blancs et jaunes, la femme enceinte étendue, sous le dais, et sous le mouvement des chasse-mouches montre un visage pâli que bande un diadème. Autour d’elle, les danseuses vont, les chœurs chantent un hymne et des litanies ; les cymbales retentissent, les harpes vibrent. Brancards de fleurs, tentures d’étoffes lourdes à broderies illustrées, dais de brocart blanc, les palanquins se succèdent entre les chars des dieux, les bataillons de danseuses, les chœurs d’enfants aux robes de pourpre.

Enfin l’image colossale de la Vierges termine le centre du cortège, derrière un clergé d’évêques, de diacres, de bonzes, de lamas, de muftis, de softas, de bayadères entourant l’altière blancheur d’un vieillard qui, Pape, offre, sous un dais de métal rouge, l’Ostensoir, image des cycles universels, et du grand Feu Védique.

Sur son manteau bleu comme une montagne lointaine, la chevelure de La Mère, est une forêt d’arbres minuscules. Ses genoux sont deux cascades. Le miracle d’un parfait mécanisme lance, derrière elle, dans la haute croix de verre, les boules lumineuses des astres, des soleils, et des comètes.

Ensuite, se suivent encore des cavaleries de belles filles sur des étalons blancs. Elles sonnent par de longues trompettes fines. Et voici, de plus, les jeteuses de fleurs, les palanquins des Mères, les ballerines, les harpistes, les chœurs d’enfants somptueuses.

Et cela se perpétue. Je ne saurais tout vous dire. Mes yeux d’ailleurs se lassèrent. Je reportai mes regards sur Pythie et Théa. Elles me parurent en extases, ces créatures d’une froideur et d’un mépris insupportable envers toutes choses ! Je les interrogeai.

— Vous ne comprenez pas, me dirent-elles. Ces corps harmonieux, ces jeux de nuances unies aux plis des robes, ces symboles des religions évoquent en nous tant d’idées subtiles et universelles, à la fois. L’histoire totale des Évolutions se lit de geste en geste, de groupe en groupe. Le cortège est pour nous un volume qui se déroule. L’immense poème des Forces est chanté dans la splendeur des antilopes, des aigles, des ballerines, et des mâles. Nous sentons Dieu et Tout. Une semence vigoureuse jaillit dans nos imaginations, les féconde. Le point, le centre, l’i, le jod, le phallos et Dieu nous pénètrent à cet instant, et nous font hennir et cabrer pour des jouissances mémorables. Evidemment, avec votre éducation d’Europe, vous ne voyez ici que des femmes nues, et le passage des bêtes empruntées à un jardin zoologique. Pour nous c’est l’Harmonie qui passe, c’est le jet de la création qui fuse. Ne parlez plus. Laissez, nous vous en supplions, panteler nos Esprits…

Je me dressai sur la hauteur de la voiture. Alors je vis l’ensemble du défilé. À travers la courbe de l’avenue, cela s’étendait et se mouvait selon la forme du phallos créateur, le long de deux ou trois milles. Les groupes de statues, éternisant les visages des inventeurs, regardaient du haut de leurs socles, autour de leurs machines de bronze, ce passage monstrueux de La Vie.

Les grandes voix des phonographes alternaient avec celles des orgues, et déclamaient des strophes. Les chœurs répondaient, dans le cortège, puis les lyres, les trompettes et les danses.

Sottise ou bon sens, j’avoue ne pas m’être réjoui autant que mes compagnes, ni les autres gens amassés dans la voiture, Tout cela me parut bien obscur, bien pédant… et pas mal pornographique. Malgré tout, le cœur de l’honnête homme se révolte à ces spectacles de nudité. Si large d’esprit que l’on puisse se dire, il ne convient pas d’approuver la débauche, lorsqu’elle s’érige en principe de gouvernement et de religion.

Le lendemain, à l’audience qui me fut accordée par la Dictature, je ne pus m’empêcher de le soutenir à l’Oligarque me reprochant les pratiques usitées jadis par l’Inquisition et rétablies dans la province de Cavite, par notre général Blanco, afin de punir les insurgés philippins.

Grande femme, habillée en mousquetaire blanc, l’oligarque sourit à mon réquisitoire et changea la conversation.

On me recevait dans une pièce vaste, extrêmement simple. Les murs de stuc ne m’étonnèrent que par leur altitude élevant un dôme de verre bleuâtre. L’oligarque, m’examinait de ses petits yeux pareils à des parcelles d’argent vif. Elle se tenait dans un fauteuil de velours blanc et, derrière elle, contre la muraille se déployait la bannière de l’Etat, mi-noire, mi-rouge.

— Et si, me dit-elle brusquement, nous usions de notre supériorité mécanique, pour fondre sur l’Europe, anéantir ses armées à l’aide des projectiles lancés par nos frégates aériennes, lui imposer ce que nous croyons l’Intelligence, l’Harmonie, le Meilleur Sort ?..

— Bah !

— Ce serait ; ce sera notre devoir…

La grande femme se leva, et se mit à marcher de long en large sur le caoutchouc du plancher. Elle avait des cheveux incolores et roides, une figure défraîchie, des lèvres mortes, des mains osseuses. Une subite colère enflamma ses joues plates. Elle revint sur moi, criant :

— Oui, oui… Les temps viennent. Vous, les Espagnols, avec la cruauté des âges anciens, vous activez la hâte de nos projets. Ne croyez pas que notre âme voie sans passion votre injustice écraser l’ardeur cubaine depuis trente ans, fusiller les anarchistes de Xérès et de Barcelone, réinventer pour les Philippines les instruments de l’Inquisition. Le sang répandu sur le monde fume jusqu’à nous, et notre force tremble d’impatience. Le voile d’hypocrisie sera durement arraché de la figure du monde… L’immoralité de la Puissance devient trop grande partout. Ce n’est pas seulement pour nous réjouir et cesser de pâtir que Jérôme le Fondateur mena sur ce sol notre race, et sema la vérité dans les esprits de sa descendance. Il nous a créé des devoirs aussi. Cent trente mille Arméniens périssent égorgés, et les Pouvoirs Chrétiens, par une ignoble avidité et par une ignoble défiance mutuelle, menacent de guerre qui osera fermer l’écluse du sang faible. Jamais, en aucun temps, cela ne fut. L’histoire nomme les Croisades. Pour quel exemple ?…

— L’Europe serait bien heureuse, dis-je, ironiquement, si la Dictature pouvait prescrire un moyen de terminer ces massacres, sans ouvrir le conflit européen.

— La Belgique et la Suisse ne peuvent-elles agir au nom du Concert chrétien, puis établir la Confédération Byzantine sur l’exemple de la Fédération helvétique, avec les petits États des Balkans, la Grèce… Mais laissons cela. La note que l’on a fait remettre à la Dictature, de votre part, demande, au nom de l’Espagne, des explications sur l’aide prêtée aux libertaires de la province de Cavite. Notre Oligarchie compose en ce moment la réponse. Je crains qu’elle ne soit pas de nature à satisfaire entièrement les ministres de l’Espagne.

— Ah !

Je me levai. D’un signe la grande femme me fit rasseoir. Elle continua de marcher, gardant un silence fâcheux. Plus lointaine, elle me parut une autruche à ailes blanches, à pattes rouges ; ses guêtres étant de maroquin ainsi nuancé. De multiples pas étroits la faisaient sautillante. Elle atteignit le mur, et revint vers moi, rapidement, les mains étendues, tel un volatile en colère.

— Oui, oui ; il vaut mieux tout dire. Il faut tout dire, reprit-elle. Sachez-le donc. Il y a trois ans déjà, nos prédécesseurs préparèrent un plan pour la conquête de l’Europe et l’extinction graduelle de l’injustice sociale. Je ne vous parlerai pas des projets militaires, mais je puis indiquer les principes généraux qui doivent guider la conduite de nos stratèges au lendemain de la victoire.

— Cela m’intéresserait fort, dis-je,

— Dans un an ou deux, cela vous intéresserait plus encore, cria-t-elle durement, de sa voix aigre ; et un écho rejeta d’angle en angle la sonorité de sa prophétie.

Je laissai le sourire animer ma lèvre. La folle s’exaspérait, de plus en plus semblable à une autruche de basse-cour qu’un dindon frustra de sa provende.

Elle déclama tumultueusement :

— Supposez un instant ceci. Nos escadres aériennes planent sur Paris. Elles ont franchi toutes vos lignes militaires, réduit en miettes les forts, les parcs d’artillerie, les arsenaux, les casernes et les prisons, épargnant le plus possible la vie des soldats. L’épouvante produite par l’effet matériel de nos explosifs maîtrise l’opinion. Autour de la ville, nos torpilles défoncent encore les terrains inhabités, creusent dans le sol des strooms de cent mètres, font se briser toutes les vitres de la ville au bruit de leurs détonations qui, perturbant l’atmosphère, noient de pluie la contrée. La résistance est devenue évidemment impossible…

— La force prime le droit ! énonçai-je à propos.

— Oui, puisque les hommes ne reconnaissent que l’évidence de la force, puisque, sans la terreur d’une force plus grande, ils n’allégeraient pas le sort de ceux que leur propre force écrase. Qu’est-ce qu’une majorité et une minorité ? Deux armées en présence, dont la plus faible numériquement, trop lâche pour entreprendre la lutte, renonce tout d’abord. Qui triomphe là, sinon la stupide force numérique ; sans que la minorité vaincue obtienne rien de son espoir ?… Oui, nous serons la force des minorités, la force brutale des minorités enfin victorieuses. Nous jetterons dans le plateau le plus léger de la balance assez de poids pour que l’équilibre se rétablisse de manière stable… Sachez-le…

L’autruche battit comiquement des ailes devant moi. De la salive sautait de son bec avec les mots…

— Eh quoi, reprit-elle, craindrons-nous, en imposant notre force, d’écraser l’intelligence et l’esprit ? Non, vraiment. Il est des diplomates que vos journaux d’Europe louangent, que vos Académies invitent comme des esprits notables à siéger parmi elles. Ayant l’honneur de représenter la pensée chrétienne devant le monde, ils applaudissent à tous les massacres, à toutes les injustices des Pouvoirs. Les diplomaties s’arrangent pour laisser le Turc égorger, étriper, éventrer à l’aise, en lui opposant des phrases d’absurde élégie. On atteint à ce génie de protéger les Arméniens, en paroles, sans les protéger en fait, tout en les livrant au sabre du bachi-bouzouk, sans approuver un crime, dont on demeure les complices évidents. Cette sinistre niaiserie leur vaut la flatterie des lettres, des arts, des nations. Croyez-vous qu’en écrasant ces sortes d’intelligences notre force écrasera une pensée véritable, un honneur véritable, une noblesse d’âme ?… Oui, nous serons la force brutale contre l’idée basse de ceux-là… Mais notre force tuera moins qu’ils ne massacrent…

L’autruche s’arrêta, essoufflée. Elle tira de sa poche un mouchoir, s’éventa.

— Mais, dis-je, il est une chose que je m’explique peu. Soigneusement vous fermez aux intrus l’accès de notre pays. Comment parviennent les télégrammes qui vous avertissent de la physionomie du monde ?

— Nous avons à Hong-Kong une maison de correspondance et un câble sous-marin. Dans certains massifs inaccessibles des Alpes, de l’Himalaya, de l’Oural, des montagnes rocheuses, nous avons des postes qui communiquent avec les télégraphes des villes et nos nefs aériennes.

— Et aucune indiscrétion ?

— Nous payons assez cher pour que les consciences affidées restent hors de prix.

— Alors, si cette expédition eût été faite, si l’Europe, vaincue par les explosifs de frégates aériennes, eût imploré la paix, la Dictature faisait table rase de nos institutions latines, du jour au lendemain ?

— À peu près ; mais pas immédiatement. Vos foules sont encore si dépourvues d’altruisme et d’énergies quelles ne supporteraient pas l’opération de la table rase, sans périr dans les guerres civiles. Nos plans ménageraient une période transitoire… Oui. Si cela vous intéresse, je puis vous faire remettre une des affiches imprimées à l’avance et qui devaient être collées sur les murs de Paris, aux préliminaires de l’armistice.

— J’aimerais en connaître la teneur…

La dame me promit cet envoi.

— Vous verrez, ajouta-t-elle, que nous nous étions servis de l’organisation de l’armée, seule organisation fonctionnant bien, et mise à l’usage depuis des temps, pour les premières applications du nouveau régime. À l’armée militaire se substituait simplement, sans choc, l’armée agricole et industrielle. Les exercices étaient changés ; voilà tout.

— Alors, repris-je, rien de la mission que m’a conférée mon gouvernement, ne paraît devoir réussir.

— Vous m’excuserez, Monsieur. La Dictature ne peut encore répondre définitivement. Hier ont été fusillés, à Cavite, huit insurgés. Le gouverneur de Manille dénature la vérité dans les dépêches, comme son collègue de Cuba. Le Japon lui-même s’émeut de ces injustices et se prépare à doter le mouvement insurrectionnel d’une aide effective. Les conjonctures s’aggravent. Il faut de la prudence aux diplomates.

L’audience allait finir. La dame nerveuse se réinstalla dans son fauteuil blanc, s’éventa du mouchoir, croqua des pastilles, et, avec une de ces sautes de l’esprit familières à son sexe, me parla de mes compagnes, Pythie, Théa, demanda si leur fréquentation me séduisait. Je les louai de mon mieux.

Elle me dit encore que sa fonction sociale, à l’ordinaire l’occupait comme télégraphiste dans une gare de chemin de fer. Son groupe, ayant trouvé le moyen de simplifier la transmission téléphonique et télégraphique, avait été mis en candidature pour l’Oligarchie. On réforme partout les récepteurs des appareils, et c’est une œuvre énorme, d’autant que les pétitions publiques réclament la pose de téléphones en toutes les salles de tous les lieux habités.

La dame s’emballa sur la théorie téléphonique : non sans la pédanterie désobligeante dont semblent infectés tous les gens d’ici. Néanmoins je réussis à prendre congé.

La ville de Jupiter ne renferme rien de particulièrement remarquable. Elle possède un théâtre pareil à celui de Minerve, des restaurants-serres, des avenues courbes, des édifices à coupoles de verre, des nymphées, des docks énormes, des façades à émaux imagés, un temple assez riche, où l’on remise d’habitude la colossale image de la Vierge-Mère qui sert à orner les processions.

Dans les rues les vêtements blancs des oligarques n’attirent le respect ni le salut de personne, non plus que l’ironie. Ils sont des passants comme les autres. J’ai négligé de voir l’intérieur du théâtre, et de prendre part à la fête hebdomadaire, tant il est vrai que la pratique libre du plaisir vous lasse et rend vertueux.

Le nombre des statues de groupes est la chose curieuse de la cité. À tous les coins d’avenues, sur les places, au fond des squares innombrables, se dresse toujours un socle, où apparaissent, en taille naturelle, dix ou vingt figures d’hommes et de femmes portant le costume d’usinier. Ces images sont très proches du réel, trop proches même. On croirait voir les résultats de très habiles moulages pris sur les personnes. Généralement les corps et les habits sont de bronze, les têtes et les mains en pâte de verre colorée. Au centre du groupe s’élève le modèle de l’objet que créa l’invention. Du socle jaillissent des fontaines.

J’ai appris, en outre, que les splendides costumes de la procession ne se reverraient plus à Jupiter. En toutes les villes de la Dictature ils apparaîtraient successivement pour une cérémonie semblable, et puis seraient détruits. Les artistes imaginent, à chaque fête, une décoration nouvelle des créatures et des chars. Elle ne ressert jamais. Cela donne un motif d’apprécier la richesse folle de la production sociale. Comme je m’émerveillais, Théa dit :

— Ici nous produisons joyeusement pour consommer nous-mêmes. Vous produisez tristement pour vendre. Comment voulez-vous que notre labeur ne rende pas le centuple du vôtre.

À évaluer ce que coûterait en Europe, avec le système des salaires et du commerce, un cortège pareil, on atteint vite le chiffre de cinquante ou soixante millions.

La Semaine Sainte à Séville, ni votre Bœuf-Gras parisien ne rivaliseraient à leur avantage. Mais un tel travail est-il utile pour une joie si médiocre ? Je sais bien que j’ai prononcé le mot utile, et que Pythie m’a ri au nez en toute impertinence. L’une et l’autre me considèrent comme un indécrottable imbécile. Je les déteste à peu près.

Vous trouverez, ci-joint, un fragment de l’affiche imprimée d’avance et que les stratèges des nefs aériennes devaient coller sur les murs de Paris, lors de la prise… J’ai supprimé le préambule.

« Après les signatures de ces préliminaires, le gouvernement de Paris agira comme il suit :

Art. I. — Il prononcera la dissolution de la Chambre et du Sénat. Leurs membres actuels seront remplacés par les officiers les plus âgés des armées de terre et de mer.

Art. II. — Ces nouveaux fonctionnaires n’auront pas à délibérer sur les lois. Ils seront chargés de classer les pétitions des communes, sans les discuter.

Art. III. — Le mariage civil est aboli.

Art. IV. — L’imputation de la paternité étant illusoire et ne reposant sur aucune certitude naturelle, l’enfant nouveau-né prendra sur les registres de l’état civil, le nom de sa mère.

Art. V. — Le seul héritage légal est celui de la mère aux enfants.

Art. VI. — Cet héritage sera transmis dans les conditions suivantes :

A. Il sera fait une expertise de la valeur des biens légués, meubles et immeubles. L’héritier sera inscrit pour une somme correspondante sur le Grand-Livre. La rente au taux de trois pour cent, lui en sera versée sa vie durant. Cette rente ne sera pas transmissible.

B. Les autres legs à des tiers, ne seront valables que par clauses testamentaires. Ils subiront les mêmes formalités. Mais l’État prélèvera cinquante pour cent sur le tarif de la rente, et les sommes dues à ce prélèvement seront versées dans les caisses de l’Instruction publique.

Art. VII. — Toute femme qui se pourra croire en état de maternité prochaine devra déclarer sa situation à la mairie de l’arrondissement. Elle sera immédiatement hospitalisée dans une ville maritime au climat doux et salubre. Le temps de cette hospitalisation sera compté depuis le troisième mois de la grossesse jusqu’au sevrage du nourrisson. À cette époque l’enfant sera admis dans un établissement d’éducation publique pour être élevé, instruit aux frais de la Nation.

Art. VIII. — La mobilisation générale des armées françaises est décrétée.

Art. IX. — L’armée cultive le sol de la patrie, sème, laboure et récolte, élève les troupeaux, exploite les richesses des mines, produit dans les usines et ateliers, construit les édifices, partage et distribue entre les citoyens les richesses du pays.

Art. X. — Les usines de l’État et celles réquisitionnées à cet usage fabriqueront immédiatement un outillage agricole conforme aux progrès des sciences, tel que charrues et batteuses à vapeur, semoirs, herses, etc. Cet outillage sera livré dans l’espace de trois mois aux intendants militaires.

Art. XI. — Une commission d’agronomes et d’ingénieurs choisis au concours, pour la moitié des membres, élus par leurs collègues diplômés, pour l’autre moitié, dirigeront le travail de l’armée sociale, afin que le rendement du sol devienne le plus fort.

Art. XII. — Les années de stage à l’école de Saint-Cyr et à l’école Polytechnique sont portées à cinq ans. Les élèves devront, pendant ce laps, ajouter aux connaissances exigées jusqu’à ce jour, celles nécessaires à l’application générale des principes scientifiques pour améliorer la culture du sol, et la production de l’industrie.

Art. XIII. — Quiconque importera, fabriquera, vendra ou achètera de l’alcool, sera poursuivi conformément aux lois, sous le chef de tentative de meurtre, L’État pourvoira aux besoins des laboratoires de chimie et de pharmacie, pour la production de l’alcool.

Art. XIV. — Tout individu convaincu de vol, meurtre ou tentative de meurtre, incendie, banqueroute, abus de confiance, escroquerie, quiconque aura par des faits ainsi qualifiés, fait preuve du désir de conquête, sera incorporé, pour cinq ans au moins, dans les armées coloniales. Les armées coloniales jouent, sur leurs territoires militaires, ce même rôle que les armées régulières sur le territoire métropolitain.

Art. XV. — Par voie de décès du détenteur, tous les biens immeubles redeviennent propriété de l’État, seul possesseur légal du sol.

Art. XVI. — Les colonies sont soumises au même régime social transitoire que la métropole.

Art. XVII. — Le système du gouvernement direct par le peuple est substitué au système de la représentation parlementaire.

A. Tous les dimanches, sur un registre déposé à cet usage, dans les mairies, les citoyens de la commune écriront le texte des pétitions concernant les sujets qu’ils jugeront utile à l’intérêt général.

B. Le dimanche suivant, les citoyens de la commune voteront sur ces textes par oui et par non.

C. Les officiers du corps Législatif classeront par analogies les pétitions communales, en indiquant le nombre des suffrages exprimés, pour ou contre.

D. Dans un délai de six mois au plus, le Pouvoir fera connaître par le bulletin des Communes les raisons qu’il croit devoir favoriser ou combattre les principes des pétitions.

E. Après un nouveau vote communal, et la sanction du Conseil d’État, ces pétitions prendront force de loi ; mais leurs dispositions ne seront appliquées que dans les communes où elles auront été rédigées d’abord.

F. Néanmoins si d’autres communes réclament cette application, elle leur sera octroyée.

Art. XVIII. — Les hommes et les femmes jouissent des mêmes droits civils et politiques.

Art. XIX. — Toute femme de vingt à quarante-cinq ans doit le service social à l’État.

Art. XX. — La journée de travail est de six heures. »

Telle est, mon cher ami, la loi du vainqueur dont je prie, fervemment Dieu, de vous faire grâce.

Pour copie :
Paul Adam

(Sera continué.)

L’ETONNEMENT DE MARIE Poésie d’Almqvist – Marias häpnad

Almqvist dikter
Dikter av Carl Jonas Love Almqvist
Marias häpnad

Traduction – Texte Bilingue
Carl Jonas Love Almqvist dikter
Almqvist poet
Poesi
Poésie


LITTERATURE SUEDOISE
POESIE SUEDOISE

Svensk litteratur
svensk poesi –

Traduction Jacky Lavauzelle

Carl Jonas Love Almqvist
1793- 1866

översättning – Traduction
Poesi Poésie de Carl Jonas Love Almqvist Dikter Artgitato1835 Carl Peter Mazer 2
1835
Carl Peter Mazer
(1807–1884)

 

Marias häpnad
L‘étonnement de Marie


Poesi Almqvist
Poésie Carl Jonas Love Almqvist

*

Marias häpnad Carl Jonas Love Almqvist L'étonnement de Marie Artgitato La Vierge au Chardonneret Raphaël

La Vierge au Chardonneret
Raphaël
Vers 1506
Galerie des Offices
Florence

*

Lammen så vita på ängen beta;
Les agneaux sont si blancs dans la prairie ;
 men barnet Jesus ut med dem går.
mais l’enfant Jésus s’amuse avec eux.
 Häpen Maria stannar och ropar:
Etonnée, Marie s’arrête et crie :
« Jag ser en strålring omkring barnets hår! »
  «Je vois une auréole sur les cheveux de mon enfant ! » 

 

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Canzoniere Poet – LE CHANSONNIER Pétrarque Sonnet 27-CANZONIERE PETRARCA SONETTO 27

CANZONIERE POET
Traduction – Texte Bilingue
Le Chansonnier PETRARQUE 27
LITTERATURE ITALIENNE

Letteratura Italiana

PETRARQUE

Francesco PETRARCA
1304 – 1374

Traduction Jacky Lavauzelle

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Canzoniere Petrarca Sonetto 27

LE CHANSONNIER PETRARQUE Sonnet 27

Rerum vulgarium fragmenta

Fragments composés en vulgaire

PRIMA PARTE
Première Partie

27/366

Il successor di Karlo, che la chioma
Le successeur de Charles, qui a la tête
co la corona del suo antiquo adorna,
dans la couronne de son vieux parent,
prese à già l’arme per fiacchar le corna
à déjà pris les armes pour casser les cornes
a Babilonia, et chi da lei si noma;
de Babylone, et parle en son nom ;

*

e ’l vicario de Cristo colla soma
le vicaire du Christ avec la somme
de le chiavi et del manto al nido torna,
des clés et de la robe est de retour à son nid,
sí che s’altro accidente nol distorna,
et si d’autres accidents ne le détournent,
vedrà Bologna, et poi la nobil Roma.
il ira à Bologne, puis à la noble Rome.

*

La mansüeta vostra et gentil agna
La mansuétude de votre gentille agnelle
abbatte i fieri lupi: et cosí vada
abat les plus féroces des loups : et qui l’en aille ainsi
chïunque amor legitimo scompagna.
de quiconque fera de l’ombre à cet amour légitime.

*

Consolate lei dunque ch’anchor bada,
Console-là donc qu’encore elle bade,
et Roma che del suo sposo si lagna,
telle Rome qui de son époux se languit,
et per Iesú cingete omai la spada.
et pour Jésus ceignez l’épée désormais.

********************
Traduction Jacky Lavauzelle
ARTGITATO
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canzoniere Petrarca sonetto 27
le chansonnier Pétrarque sonnet 27
canzoniere poet

 

Pont Charles PRAGUE : LE LIEN ENTRE Staré Město & Malá Strana

 

TCHEQUIE République Tchèque –Česká republika
PRAGUE – PRAHA
pont Charles ARtgitatoPont Charles Prague- Karlův most
Le Lien entre Staré Město (La Vieille Ville) & Malá Strana (Le Petit Côté)

Le Pont Charles remplace le pont Judith en bois emporté par une crue de la Vlatva – Moldau
Il relie la Vieille ville (Praha 1) à Mala Strana (Praha 2) et permet un accès à Hradčany – le quartier où se trouve la Palais Royal et la Cathédrale saint Guy.

saint Augustin (354-430)
Augustin d’Hippone (Aurelius Augustinus)
Un des quatre Pères de l’Eglise occidentale – l’Eglise latine (Ecclesia latina) avec saint Ambroise, saint Grégoire et saint Jérôme.

saint augustin artgitato pont charles prague

Augustin d'Hippone saint Augustin Artgitato Pont Charles Prague

 sainte Lutgarde
Lutgarde de Tongres (1182-1246)
La vision de sainte Lutgarde à 17 ans : le Christ lui montre une de ses plaies.

la vision de sainte Lutgarde Artgitato Pont Charles Prague 2

la vision de sainte Lutgarde Artgitato Pont Charles Prague

saint Jean de Matha (1160-1213)
saint Félix de Valois (1127-1212)
et saint Ivan

Pont Charles Prague Saint Jean de Matha saint Félix de Valois saint Ivan Artgitato Pont Charles Prague Saint Jean de Matha saint Félix de Valois saint Ivan Artgitato 1

saint jean de Matha Saint Felix de Valois Saint Ivan Pont Charles Prague Artgitato

Pont Charles Prague Saint Jean de Matha saint Félix de Valois saint Ivan Artgitato 2 Pont Charles Prague Saint Jean de Matha saint Félix de Valois saint Ivan Artgitato 3 Pont Charles Prague Saint Jean de Matha saint Félix de Valois saint Ivan Artgitato 4Pont Charles Prague Saint Jean de Matha saint Félix de Valois saint Ivan Artgitato 5

saint Jude
(ou Judas) – Saint Jude Thaddée
Un des douze apôtres

saint Jude Artgitato Pont Charles Prague

saint Jude Artgitato Pont Charles Prague 1

saint Nicolas de Tolentino (vers 1240-1305)
moine de l’Ordre des ermites de saint Augustin

saint Nicolas de Tolentino Artgitato1 Pont Charles Prague

saint Nicolas de Tolentino Artgitato 2 Pont Charles Prague

Le prêtre et martyr
Jean Népomucène
Jan Nepomucky (1340 – 1393)

Pont Charles Prague Jean Népomucène Artgitato 1

Détail de la statue Jean Népomucène Jean Népomucène confesse la Reine Sophie Wenceslas IV la soupçonne d’adultère (avec son chien symbole de la fidélité)

Pont Charles Prague Jean Népomucène Artgitato 2

Détail de la statue de Jean Népomucène Jean Népomucène jeté dans la Vlatva – Moldau

Pont Charles Prague Jean Népomucène Artgitato 3 Pont Charles Prague Jean Népomucène Artgitato 4 Pont Charles Prague Jean Népomucène Artgitato 5

Notre-Dame et saint Bernard Bernard de Clairvaux (1090/91 – 1153) Ordre cistercien ou ordre de Cîteaux

Pont Charles Prague Saint Bernard Notre Dame Artgitato 1Pont Charles Notre-Dame et saint Bernard Artgitato 2Pont Charles Notre-Dame et saint Bernard Artgitato 3

Pont Charles Notre-Dame et saint Bernard Artgitato1

Jean le Baptiste
saint Jean-Baptiste
יוחנן המטביל

Jean le Baptiste saint Jean Baptiste Pont Charles Prague Artgitato 1

Jean le Baptiste Artgitato Pont Charles Prague

Jean le Baptiste Artgitato Pont Charles Prague 2

saint Christophe
Christophe de Lycie
« Celui qui porte le Christ »
Patron des voyageurs

saint christophe Christophe de Lycie artgitato Pont Charles Prague

saint Guy
(saint Vit ou saint Vitus)
IVème siècle
La cathédrale Saint-Guy –Katedrála svatého Víta – à l’intérieur du château de Prague -Pražský hrad – lui est dédiée. Dénoncé par l’empereur Dioclétien, il fut baigné dans de l’huile bouillante et jeté dans la fosse aux lions (en-dessous de la sculpture)

Pont Charles Le Martyre de saint Guy Prague 3 Pont Charles Le Martyre de saint Guy Prague 2 Pont Charles Le Martyre de saint Guy Prague 4 Pont Charles Le Martyre de saint Guy Prague 1

La statue de saint Gaétan
Gaétan de Thiene (1480-1547)
Fonda à Vicence (Vicenza-Vénétie) un hôpital pour les incurables

Pont Charles saint Gaétan Artgitato Prague 1

Pont Charles saint Gaétan Artgitato Prague 2Pont Charles saint Gaétan Artgitato Prague 4Pont Charles saint Gaétan Artgitato Prague 3Pont Charles saint Gaétan Artgitato Prague 5Pont Charles saint Gaétan Artgitato Prague 6Pont Charles saint Gaétan Artgitato Prague 7Pont Charles saint Gaétan Artgitato Prague 8

Notre-Dame et saint Dominique et saint Thomas d’Aquin
saint Dominique : Dominique de Guzmán (Vers 1170-1221) Fondateur de l’ordre des dominicains
saint Thomas d’Aquin (Vers 1224 – 1274) philosophe de l’ordre des dominicains – Théologien et Philosophe

Pont Charles Notre-Dame et saint Dominique et saint Thomas d'Aquin Artgitato 1Pont Charles Notre-Dame et saint Dominique et saint Thomas d'Aquin Artgitato 2Pont Charles Notre-Dame et saint Dominique et saint Thomas d'Aquin Artgitato 3Pont Charles Notre-Dame et saint Dominique et saint Thomas d'Aquin Artgitato 4

Pont Charles Notre-Dame et saint Dominique et saint Thomas d'Aquin Artgitato 5

Pont Charles Notre-Dame et saint Dominique et saint Thomas d'Aquin Artgitato 7

Psaume 73 de la Vulgate (Bible)
memor esto congregationis tuae quam possedisti ab initio redemisti virgam hereditatis tuae mons Sion in quo habitasti in eo
 leva manus tuas in superbias eorum in finem quanta malignatus est inimicus in sancto
 et gloriati sunt qui oderunt te in medio sollemnitatis tuae posuerunt signa sua signa

Souviens-toi de ton peuple (communauté/assemblée) que tu as acquis autrefois (depuis toujours/depuis l’origine/jadis), Que tu as racheté comme la tribu de ton héritage! Souviens-toi de la montagne de Sion, où tu fis ta résidence (que tu habitas)…

Pont Charles Notre-Dame et saint Dominique et saint Thomas d'Aquin Artgitato 6

saint François d’Assise (Francesco d’Assisi)
Giovanni di Pietro Bernardone (vers 1180-1226)
Fondateur en 1210 de l’Ordre des frères mineurs ou Ordre des Franciscains

saint François d'Assise artgitato Pont Charles Prague 1

saint François d'Assise artgitato Pont Charles Prague 2

Sainte Barbe – sainte Marguerite & sainte Elisabeth

Sainte Barbe (IIIe siècle après J.-C) souvent représentée avec la palme de martyre, une couronne et un livre. Elle est ici au milieu de l’ensemble sculptural.
Associée souvent avec 3 saintes qui ont fait vœux de chasteté : sainte Catherine, sainte Marguerite et sainte Geneviève.

Nous retrouvons ici sainte Marguerite accompagnée de sainte Elisabeth de chaque côté.

Saintes Barbe Marguerite Élisabeth Pont Charles Artgitato Prague

   Pont Charles Prague 1 Sainte Barbe Sainte Marguerite et Sainte Élisabeth Artgitato 1

Pont Charles Prague 2 Sainte Barbe Sainte Marguerite et Sainte Élisabeth Artgitato 1

Saintes Barbe Marguerite Élisabeth Pont Charles Artgitato Prague 2

Saintes Barbe Marguerite Élisabeth Pont Charles Artgitato Prague 3

Le Golgotha
ou
mont du Calvaire

Le Golgotha ou mont du Calvaire Pont Charles Prague Artgitato 4

Le Golgotha ou mont du Calvaire Pont Charles Prague Artgitato 3Le Golgotha ou mont du Calvaire Pont Charles Prague Artgitato 2Le Golgotha ou mont du Calvaire Pont Charles Prague Artgitato 1

Pietà
ou Vierge de Pitié

Pietà Vierge de Pitié Artgitato Pont Charles Prague

Pietà, ou Vierge de Pitié Artgitato pont Charles

Pietà, ou Vierge de Pitié Artgitato pont Charles 2

saint Antoine de Padoue
Fernando Martins de Bulhões (1195-1231)
Nous retrouvons ici quelques attributs liés à saint Antoine : la bure franciscaine, l’Enfant Jésus, un livre.

Saint Antoine de Padoue Artgitato Prague Pont Charles

saint Antoine de Padoue Artgitato Pont Charles Prague 1

saint Yves
Yves Hélory de Kermartin (1253-1303)
« Sanctus Yvo erat brito; advocatus sed non latro, res mirabilis populo », « Saint Yves était breton, avocat mais pas voleur, chose admirable pour le peuple ! ».

saint Yves Artgitato Pont Charles Prague

saint Yves Artgitato Pont Charles Prague 2

Pont Charles saint Yves Prague 1

 sainte Anne
Mère de la Vierge Marie

pont Charles Prague sainte Anne Artgitato 1

Saint Cyrille & saint Méthode
Saint Cyrille (vers 827 -869)
Saint Méthode, frère de Cyrille (vers 815-885)
« les Apôtres des Slaves »
Évangélisateurs de la Bohême-Moravie Saints Cyrille et Méthode artgitato Pont Charles Prague 2

Pont Charles Saint Cyrille saint Méthode artgitato 1

Pont Charles Saint Cyrille saint Méthode artgitato 2

Saints Cyrille et Méthode artgitato Pont Charles Prague 1

saint Joseph
&
l’enfant Jésussaint Joseph et l'enfant Jésus Prague Pont Charles Artgitato 3

saint Joseph et l'enfant Jésus Prague Pont Charles Artgitato 1

saint Joseph et l'enfant Jésus Prague Pont Charles Artgitato 2

Saint Norbert & saint Venceslas & saint Sigismond
Saint Norbert  (vers 1090-1134) fondateur de  l’ordre des Prémontrés ou Norbertins. Sa dépouille se trouve au Monastère de Strahov  (l’église abbatiale de l’Assomption de la Vierge) à Prague (fondé en 1140 sous Vladislav II Premysl).
Devise de saint Norbert : « Wenig schreiben aber viel (zu) tun » (écrire peu, mais agir beaucoup).

Saint Venceslas Ier de Bohême (Vaclav) (vers 907- vers 930) : saint patron de la République Tchèque (Česká republika) fêté le 28 septembre. Sa dépouille de martyr repose à la cathédrale Saint-Guy (Katedrála svatého Víta) dans la Chapelle Saint-Venceslas

Saint Sigismond ( – 524) Roi des Burgondes (516-523)
En tchèque : Svatý Zikmund

Saint Norbert & saint Venceslas & saint Sigismond Artgitato 1 Pont Charles Prague

Saint Norbert & saint Venceslas & saint Sigismond Artgitato 2 Pont Charles PragueSaints Norbert Venceslas et Sigismond Artgitato Pont Charles PragueSaints Norbert Venceslas et Sigismond artgitato Pont Charles Prague

saint sigismond Artgitato Pont Charles Prague

saint Venceslas Prague Pont Charles Artgitato

saint Norbert Artgitato Pont Charles Prague

La statue de saint Venceslas

saint Venceslas Prague Pont Charles Artgitato 2

saint François Xavier
Francisco de Jasso y Azpilicueta (1506-1552) – Jésuite
Cofondateur de la Compagnie de Jésus (Societas Jesu) avec Ignace de Loyolasaint François Xavier Artgitato Pont Charles Prague 3

saint François Xavier Pont Charles Prague Artgitato 1saint François Xavier Artgitato Pont Charles Prague 2saint François Xavier Pont Charles Prague Artgitato 2

saint François Xavier Artgitato Pont Charles Prague

saint François Xavier Pont Charles Prague Artgitato 3

saint François Xavier Pont Charles Prague Artgitato 4

Sainte Ludmila & saint Venceslas (enfant)
Ludmila de Bohême (vers 860-921) : grand-mère Venceslas – Mère de Vratislav Ier de Bohême (père de Venceslas)

Sainte Ludmila saint Venceslas enfant artgitato Pont Charles Prague

Sainte Ludmila saint Venceslas enfant artgitato Pont Charles Prague 2

Philippe Benizi
(1233-1285)
ministre général de l’Ordre des Servites de Marie
(Ordo Servorum Beatae Virginis Mariae -OSM)
Il est représenté avec une branche de lys et un crucifix.

saint Philippe Benizi Artgitato Pont Charles Prague

saint Philippe Benizi Artgitato Pont Charles Prague 2

Adalbert de Prague
En tchèque Vojtěch (956-997)
Evêque de Prague et Martyr

Adalbert de Prague Pont Charles Artgitato

Adalbert de Prague Pont Charles Artgitato 2

Le Christ avec saint Côme & saint Damien
saint Côme, patron des chirurgiens.
saint Damien, patron des pharmaciens, frère jumeau de saint Côme.
Chirurgiens anargyres : qui soignaient sans faire payer les patients.

Saints Côme et Damien avec le Christ Artgitato Pont Charles Prague

Saints Côme et Damien avec le Christ Artgitato Pont Charles Prague 2

 Le Chevalier Bruncvík Fils de Štilfrid avec son épée magique (à côté du pont sur l’Île de Kampa)

Pont Charles Chevalier Bruncvík Artgitato 2Pont Charles Chevalier Bruncvík Artgitato 3