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LA SELVA DE LOS RELOJES -LA FORÊT DES HORLOGES – FREDERICO GARCIA LORCA – Poèmes de 1922

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FREDERICO GARCIA LORCA POÈMES

Frederico Garcia Lorca sonetos del amor oscuro sonnet de l'amour obscur

sonetos del amor oscuro

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TRADUCTION JACKY LAVAUZELLE

Federico García Lorca

1898 – 1936

*


Poèmes de Federico García Lorca
Poesía


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 LA SELVA DE LOS RELOJES
LA FORÊT DES HORLOGES
1922
_______________________

 

Horloge à eau et système de sonnerie, ca. 1250.
(File source: https://commons.wikimedia.org/wiki/File:07_Cleps_tambour_1250-1.jpg)

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Entré en la selva
JE SUIS ENTRE DANS LA FORÊT

Entré en la selva
Je suis entré dans la forêt
de los relojes.
des horloges.

*


Frondas de tic-tac,
Frondaison de tic-tac,
racimos de campanas
grappes de cloches
y, bajo la hora múltiple,
et, sous l’heure multiple,
constelaciones de péndulos.
constellations du pendules.

*


Los lirios negros
Les lys noirs
de las horas muertas,
des heures mortes,
los lirios negros
les lys noirs
de las horas niñas.
des heures enfantines.
¡Todo igual!
Tout se vaut !
¿Y el oro del amor?
Et l’or de l’amour ?

*


Hay una hora tan sólo.
Il n’y a qu’une heure.
¡Una hora tan sólo!
Une heure seulement !
¡La hora fría!
L’heure froide !



*******

Maleza
LES MAUVAISES HERBES


Me interné
J’ai pénétré
por la hora mortal.
dans l’heure mortelle.
Hora de agonizante
Heure de la mort
y de últimos besos.
et des derniers baisers.
Grave hora en que sueñan
Heure grave qui hanten
las campanas cautivas.
les cloches captives.

Relojes de cuco,
Horloges à coucou,
sin cuco.
sans coucou.
Estrella mohosa
Étoile moisie
y enormes mariposas
et énormes papillons
pálidas.
pâles.

Entre el boscaje
Au cœur des boqueteaux
de suspiros
des soupirs
el aristón
l’ariston
sonaba
résonnait
que tenía cuando niño.
qu’enfant je possédais.

¡Por aquí has de pasar,
Tu dois passer par ici,
corazón!
mon cœur !
¡Por aquí,
Par ici,
corazón!
mon cœur !



***************



Vista general
VUE GENERALE


Toda la selva turbia
Toute la nuageuse forêt
es una inmensa araña
est une énorme araignée
que teje una red sonora
qui tisse un filet solide
a la esperanza.
à l’espérance.
¡A la pobre virgen blanca
À la pauvre vierge blanche
que se cría con suspiros y miradas!
qui grandit avec des soupirs et des regards !



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Él
LUI


[La verdadera esfinge
[Le vrai sphinx
es el reloj.
c’est l’horloge.
Edipo nacerá de una pupila.
Œdipe naîtra d’une pupille.
Limita al Norte
Limitée au nord
con el espejo
par le miroir
y al Sur
et au sud
con el gato.
avec le chat.
Doña Luna es una Venus.
Dame Lune est une Vénus.
(Esfera sin sabor.)
(Sphère sans saveur.)
Los relojes nos traen
Les horloges nous apportent
los inviernos.
les hivers.
(Golondrinas hieráticas
(Hirondelles hiératiques
emigran el verano.)
migrant l’été.)
La madrugada tiene
L’aube possède
un pleamar de relojes
une marée haute d’horloges
donde se ahoga el sueño.
où le sommeil se noie.
Los murciélagos nacen
Les chauves-souris naissent
de las esferas
des sphères
y el becerro los estudia
et le veau les étudie
preocupado.
inquiet.
¿Cuándo será el crepúsculo
Quand arrivera-t-il le crépuscule
de todos los relojes?
de toutes les horloges ?
¿Cuándo esas lunas blancas
Quand ces lunes blanches
se hundirán por los montes?
sombreront-elles à travers les montagnes ?



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Eco del reloj
ECHO DE L’HORLOGE


Me senté
Je me suis assis
en un claro del tiempo.
dans un dégagement du temps.
Era un remanso de silencio,
C’était un havre de silence,
de un blanco
d’un blanc
silencio.
silence
Anillo formidable
Anneau formidable
donde los luceros
où les étoiles
chocaban con los doce flotantes
entrèrent en collision avec les douze flottants
números negros.
chiffres noirs.



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Meditación primera y última
MEDITATION PREMIERE ET ULTIME


El Tiempo
Le temps
tiene color de noche.
a une couleur nocturne.
De una noche quieta.
D’une nuit tranquille.
Sobre lunas enormes,
Sur d’énormes lunes,
la Eternidad
l’Eternité
está fija en las doce.
s’est bloquée à minuit.
Y el Tiempo se ha dormido
Et le temps s’est endormi
para siempre en su torre.
pour toujours dans sa tour.
Nos engañan
Elles nous trompent
todos los relojes.
toutes ces horloges.
El Tiempo tiene ya
Le temps a maintenant
horizontes.
des horizons.



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La hora esfinge
L’HEURE DU SPHINX



En tu jardín se abren
Dans ton jardin, s’ouvrent
las estrellas malditas.
les étoiles maudites.
Nacemos bajo tus cuernos
Nous naissons sous tes cornes
y morimos.
et nous mourons.
¡Hora fría!
Heure froide !
Pones un techo de piedra
Tu mets un toit de pierre
a las mariposas líricas
aux papillons lyriques
y, sentada en el azul,
et assise dans le bleu
cortas alas
tu coupes les ailes
y límites.
désormais limitées.

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[Una… Dos… y Tres]
UN…DEUX….ET TROIS


Una… dos… y tres.
Un … deux … et trois.
Sonó la hora en la selva.
L’heure a sonné dans la jungle.
El silencio
Le silence
se llenó de burbujas
s’est rempli de bulles
y un péndulo de oro
et un pendule d’or
llevaba y traía
portait et balançait
mi cara por el aire.
mon visage dans l’air.
¡Sonó la hora en la selva!
L’heure a sonné dans la jungle !
Los relojes de bolsillo,
Les montres de poche,
como bandadas de moscas,
comme des bandes de mouches,
iban y venían.
sont venus et repartis.
En mi corazón sonaba
Dans mon cœur, sonnait
el reloj sobredorado
la montre dorée
de mi abuelita.
de ma grand-mère.


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Federico García Lorca Poèmes

L’ÎLE DE MADÈRE – OS LUSIADAS V-5 – LES LUSIADES – LUIS DE CAMOES – Passamos a grande Ilha da Madeira

*

Ferdinand de Portugal traduction Jacky Lavauzelle

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OS LUSIADAS CAMOES CANTO V
Os Lusiadas Les Lusiades
OS LUSIADAS V-5 LES LUSIADES V-5
*

LITTERATURE PORTUGAISE

Ferdinand de Portugal Os Lusiadas Traduction Jacky Lavauzelle Les Lusiades de Luis de Camoes

literatura português
Luis de Camões
[1525-1580]
Tradução – Traduction
Jacky Lavauzelle
texto bilingue

Traduction Jacky Lavauzelle

**

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« Passamos a grande Ilha da Madeira,
« Nous passâmes la grande île de Madère,
Que do muito arvoredo assim se chama,
Qu’ainsi on nomme par son nombre important d’arbres,
Das que nós povoamos, a primeira,
Île que nous peuplâmes en premier,
Mais célebre por nome que por fama:
Plus célèbre par son nom que par sa renommée :
Mas nem por ser do mundo a derradeira
Mais même si elle se trouve aux confins du monde
Se lhe aventajam quantas Vénus ama,
Elle aurait pu être aimée par la grande Vénus,
Antes, sendo esta sua, se esquecera
Elle seule lui aurait fait oublier
De Cipro, Gnido, Pafos e Citera.
Chypre, Cnide, Paphos et Cythère.

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GUADALQUIVIR – Sonnet de Fernando de Herrera – Alegre, fértil, vario, fresco prado

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Littérature espagnole
Literatura española
Poésie espagnole
Poesía española
Soneto
Sonnet

FERNANDO DE HERRERA
Séville 1534 – Séville 1597

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TRADUCTION JACKY LAVAUZELLE
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Guadalquivir
Alegre, fértil, vario, fresco prado


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Alegre, fértil, vario, fresco prado,
Joyeuse, fertile, variée, fraîche prairie,
tú monte, y bosque d’ árboles hermoso,
toi, la montagne, toi, la forêt d’arbres jolis,
el uno y otro siempre venturoso,
l’un et l’autre toujours enjoués,
que de las bellas plantas fue tocado;
quand, par de beaux pieds, vous êtes pénétrés ;

Betis, con puras ondas ensalçado,
Guadalquivir, aux vagues pures fameuses,
y con ricas olivas abundoso,
entouré par de riches oliviers,
cuánto eres más felice y gloriöso,
combien plus heureux et glorieux aussi,
pues eres de mi Aglaya visitado.
tu es quand d’Aglaé t’offre sa visite.

Siempre tendréis perpetua primavera,
Vous aurez toujours le printemps perpétuel,
y del Elisio campo tiernas flores,
et des fleurs tendres des Champs-Elysées,
si os viere el resplandor de la Luz mía.
si le rayonnement de ma Lumière vous voit.

Ni estéril ielo, o soplo crudo os hiera;
Ni la glace stérile, ni le vent glacial ne vous ont blessés ;
antes Venus, las Gracias, los Amores
avant que Vénus, les Grâces, les Amours
os miren, y en vos reine l’Alegría.
ne vous regardent, et vous comblent alors de Joie.


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JEANNE D’ARC – Poème de Friedrich SCHILLER – 1810 – Das Mädchen von Orleans

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Friedrich von Schiller
1759-1805

friedrich von schiller
Friedrich von Schiller Allegorie des Tanzes, Allégorie de la Danse, William Bouguereau Der Tanz Schiller Jacky Lavauzelle

*


Jacky Lavauzelle Traduction

*
DAS MÄDCHEN VON ORLEANS
JEANNE D’ARC – 1810

POÈME DE FRIEDRICH VON SCHILLER

Jeanne d’Arc à cheval. Enluminure du manuscrit d’Antoine Dufour, Les vies des femmes célèbres, Nantes, musée Dobrée, 1504

Das edle Bild der Menschheit zu verhöhnen,
Moquant la noble image de l’humanité,
Im tiefsten Staube wälzte dich der Spott,
Dans la poussière la plus infâme, la moquerie t’a roulée,
Krieg führt der Witz auf ewig mit dem Schönen,
Continuant son éternelle guerre contre le beau
Er glaubt nicht an den Engel und den Gott,
Ne croyant ni à l’ange ni à Dieu,
Dem Herzen will er seine Schätze rauben,
Au cœur, il veut lui voler ses idéaux,
Den Wahn bekriegt er und verletzt den Glauben.
Combattant l’illusion, il viole la foi.

*

Doch, wie du selbst, aus kindlichem Geschlechte,
Mais, comme toi, d’une juvénile candeur,
Selbst eine fromme Schäferin wie du,
Simple et pieuse bergère comme toi,
Reicht dir die Dichtkunst ihre Götterrechte,
La poésie t’offre ses droits divins
Schwingt sich mit dir den ewgen Sternen zu,
Se porte avec toi vers les astres éternels,
Mit einer Glorie hat sie dich umgeben,
D’une scintillante gloire elle te couronne,
Dich schuf das Herz, du wirst unsterblich leben.
T’irradie le cœur, pour devenir immortelle.

*

Es liebt die Welt, das Strahlende zu schwärzen
Il aime, ce monde, noircir ce qui illumine
Und das Erhabne in den Staub zu ziehn,
Et tirer le sublime dans la poussière,
Doch fürchte nicht! Es gibt noch schöne Herzen,
Mais n’aie pas peur ! Il y a encore de belles âmes,
Die für das Hohe, Herrliche entglühn,
Qui, pour ce qui est grand et glorieux, s’enflamment,
Den lauten Markt mag Momus unterhalten,
Le marché bruyant peut divertir Momos,
Ein edler Sinn liebt edlere Gestalten.
Un esprit noble aime les figures nobles.

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Mômos critique les créations des dieux, toile de Maarten van Heemskerck (1561). De gauche à droite : Neptune, un cheval, Vénus, Vulcain, Minerve, Momus.


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Friedrich von Schiller


Gedicht -Poème
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FRANCOIS BOUCHER à la Casa-Museu Medeiros e Almeida – LISBONNE

LISBOA – LISBONNE





Casa-Museu Medeiros e Almeida François Boucher

Casa-Museu Medeiros e Almeida
Rua Rosa Araújo

Photo Jacky Lavauzelle

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FRANCOIS BOUCHER
29 septembre 1703 – 30 mai 1770

François Boucher par Gustav Lundberg 1741 Musée du Louvre Paris Wikipedia

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LA NAISSANCE D’ADONIS
&
LA MORT D’ADONIS
François Boucher
A LA
CASA-MUSEU
MEDEIROS E ALMEIDA

LA NAISSANCE D’ADONIS
O nascimento de Adonis
1733 – Paris

« C’est parmy les forests qu’a vescu mon Heros ;
C’est dans les bois qu’Amour a troublé son repos.
Ma Muse en sa faveur de Myrte s’est parée ;
J’ay voulu celebrer l’amant de Cytherée,
Adonis, dont la vie eut des termes si courts,
Qui fut pleuré des Ris, qui fut plaint des Amours.

Il semble estre formé pour le plaisir des yeux.
Qu’on ne nous vante point le ravisseur d’Helene,
Ny celuy qui jadis aymoit une ombre vaine,
Ny tant d’autres Heros fameux par leurs appas ;
Tous ont cedé le prix au fils de Cyniras. »

Jean de La Fontaine
Adonis

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LA MORT D’ADONIS
A morte de Adonis
1733 – Paris

 » Tous ensemble au Sanglier voudroient lancer leurs dards ;
Mais peut-estre Adonis en recevroit l’atteinte.
Du cruel animal ayant chassé la crainte,
En foule ils courent tous droit aux fiers assaillans :
Courez, courez, Chasseurs un peu trop tard vaillans ;
Destournez de vos noms un éternel reproche :
Vos efforts sont trop lents, déja le coup approche.
Que n’en ay-je oublié les funestes momens !
Pourquoy n’ont pas peri ces tristes monumens !
Faut-il qu’à nos neveux j’en raconte l’histoire !
Enfin de ces forests l’ornement et la gloire,
Le plus beau des mortels, l’amour de tous les yeux,
Par le vouloir du sort ensanglante ces lieux.
Le cruel animal s’enferre dans ses armes,
Et d’un coup aussi-tost il détruit mille charmes.
Ses derniers attentats ne sont pas impunis ;
Il sent son cœur percé de l’épieu d’Adonis,
Et, luy poussant au flanc sa defense cruelle,
Meurt, et porte en mourant une atteinte mortelle.
D’un sang impur et noir il purge l’Univers :
Ses yeux d’un somme dur sont pressez et couverts,
Il demeure plongé dans la nuit la plus noire,
Et le vainqueur à peine a connu sa victoire,
Joüi de la vengeance et goûté ses transports,
Qu’il sent un froid demon s’emparer de son corps.
De ses yeux si brillans la lumiere est esteinte,
On ne void plus l’éclat dont sa bouche estoit peinte,
On n’en void que les traits, et l’aveugle trespas
Parcourt tous les endroits où regnoient tant d’appas… »
Jean de La Fontaine
Adonis

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« Oh ! laisse-le en paix dans sa dégoûtante tanière : la beauté n’a rien à faire avec de tels monstres ; ne t’expose pas volontairement à ce danger ! Ceux qui prospèrent prennent conseil de leurs amis. Quand tu as nommé le sanglier, à ne te rien cacher, j’ai tremblé pour toi, et tout mon corps a frémi. »
CVII
« Bien plus, elle offre à mes regards le tableau d’un sanglier furieux ; sous ses défenses aiguës, je vois étendu sur le dos quelqu’un qui te ressemble, couvert de blessures, et dont le sang répandu sur les fleurs nouvelles les fait pencher de douleur et baisser la tête. »
CXI
William Shakespeare
VÉNUS ET ADONIS
Traduction par François Guizot .
Œuvres complètes de Shakespeare, Didier, 1863, tome 8

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LISBOA – LISBONNE





Casa-Museu Medeiros e Almeida François Boucher

Casa-Museu Medeiros e Almeida
Rua Rosa Araújo

LES QUATRE CONTINENTS (AZULEJOS XVIIIe) à la Casa-Museu Medeiros e Almeida de LISBONNE

LISBOA – LISBONNE





Casa-Museu Medeiros e Almeida

Casa-Museu Medeiros e Almeida
Rua Rosa Araújo

Photo Jacky Lavauzelle

 Casa-Museu Medeiros e Almeida




LES QUATRE CONTINENTS

azulejos du XVIIIe siècle

« Le dernier attribut de Cupidon, je veux dire, son arc et ses flèches, signifient que cette force qu’il représente est de nature à pouvoir agir à distance ; car ce qui agit à distance semble lancer des flèches. Or, tout philosophe qui suppose les atomes et le vuide, est, par cela seul, forcé de supposer que la force de l’atome peut agir à distance : sans une action de cette espèce (vu le vuide interposé), aucun mouvement ne pourroit être excité ni communiqué ; tout s’engourdiroit et demeureroit immobile.  »
Francis Bacon
De la sagesse des Anciens
Traduction par Antoine de La Salle .
1803




« Cependant l’Ennemi assembloit toutes les Forces des environs sur une hauteur qu’on voyoit derrière la Ville, et ces Forces ne paroissoient pas méprisables. Nous y distinguions entre autres environ deux cens Cavaliers, bien montés, et bien armés, à ce qu’il nous paroissoit, et le tout étoit rangé en assez bon ordre, avec nombre de Tambours, de Trompettes et de Drapeaux. Ils faisoient le plus de bruit qu’ils pouvoient avec cette Musique guerrière, et paradoient avec grande ostentation, dans l’еsрéгапсе de nous intimider, et de nous forcer à nous retirer avant que d’avoir fini d’emporter notre butin, car ils savoient déja le peu de monde que nous avions à terre. Nous n’étions pas assez aisés à effrayer, pour croire que, leur Cavalerie, sur laquelle ils paroissoient le plus compter, ôsat s’engager dans les rues et venir nous attaquer entre les maisons, quand même nous eussions encore été en plus petit nombre. Ainsi nous continuames tranquilement tant que le jour dura, à embarquer le Trésor, les provisions, et les rafraichissemens, tels que Porcs, Volailles, etc. que nous trouvames dans cette Ville en grande abondance. »
Richard Walter
Voyage autour du monde fait dans les années 1740, 1, 2, 3, 4, par George Anson
Editions Arkstee & Merkus, 1749





« La déesse est couchée au bord de sa coquille.
Le jour serpente et glisse à son torse onduleux ;
Sous son bras replié son œil embusqué brille ;
Et l’éclat de midi compose ses cheveux. »
Ernest Raynaud
La Naissance de Vénus

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Casa-Museu Medeiros e Almeida

OS LUSIADAS CHANT 3 -116 – LES BATAILLES DE VERCEIL ET DE CANNES- Não matou a quarta parte o forte Mário

*
OS LUSIADAS CANTO 3
LES LUSIADES CHANT 3Os Lusiadas Traduction Jacky Lavauzelle Les Lusiades de Luis de Camoes Os Lusiadas Les Lusiades
OS LUSIADAS III-116 LES LUSIADES III-116
LITTERATURE PORTUGAISE

Os Lusiadas Traduction Jacky Lavauzelle Les Lusiades de Luis de Camoes




Os Lusiadas Canto III Traduction Jacky Lavauzelle Les Lusiades de Luis de Camoes

literatura português

Luis de Camões
[1525-1580]

Tradução – Traduction
texto bilingue




Luis de Camoes Les Lusiades

 

Obra Poética

(1556)

LES LUSIADES III-116




OS LUSIADAS III-116
A Epopeia Portuguesa

 

CHANT III
Canto Terceiro

Traduction Jacky Lavauzelle

verso 116
Strophe 116

III-116

Camoes os lusiadas canto III

Vasco de Gama

Vasco da Gama signature almirante.svg

 

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Luís de Camões Os Lusiadas
OS LUSIADAS III-116
LES LUSIADES III-116
OS LUSIADAS CANTO III

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La Bataille de Verceil (Vercelli)
Combat des Cimbres ( originaire du Jutland) et les Romains (mené par Marius  (157 av. J.-C.- 86 av. J.-C.)
 30 juillet de l’an 101 av. J.-C..

Tableau de Giovanni Battista Tiepolo
 (1725–1729)

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« Não matou a quarta parte o forte Mário
« Le puissant Marius à Verceil ne tua pas un quart
Dos que morreram neste vencimento,
De ceux qui moururent ici de toutes parts,
Quando as águas co’o sangue do adversário
Quand dans les eaux par l’adversaire ensanglantés,
Fez beber ao exército sedento;
Il fit boire son armée assoiffée ;
Nem o Peno asperíssimo contrário
Ni le rugueux Carthaginois dans sa haine
Do Romano poder, de nascimento,
De toujours contre la puissance Romaine,
Quando tantos matou da ilustro Roma,
Quand il massacra tant de soldats de l’illustre Rome,
Que alqueires três de anéis dos mortos toma.
Que trois boisseaux ne pouvaient contenir les anneaux des morts.

*****

LES LUSIADES CHANT 3

***
ALPHONSE XI DE CASTILLE
(13 août 1311 Salamanque – 26 mars 1350 Gibraltar)
Le Justicier – El Justiciero

Os Lusiadas Canto III Camoes Canto IIIAlphonse XI de Castille
Alfonso XI
Peinture de Francisco Cerdá de Villarestan
Musée du Prado  – Madrid

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Camoes Canto IIIMarie-Constance de Portugal
Femme d’Alphonse XI de Castille (1328)
Fille d’Alphonse IV du Portugal et de Béatrice de Castille
(1313 – 1357)
Alphonse XI préférait sa maîtresse Leonor de Guzmán à Marie-Constance (celle-ci assassina Leonor à la mort d’Alphonse XI)

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Alphonse IV Le Brave
( Lisbonne – )
Roi de Portugal et de l’Algarve par la grâce de dieu

Alphonse IV
Alfonso IV
Peinture du XVIIIe siècle

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LES LUSIADES CHANT 3

*
Précisions historiques
et
Retour sur les versets précédents


Sonnet 1 à Sonnet 94 : la naissance du Portugal – Règnes d’Alphonse I, Sanche I, Alponse II et Sanche II. Le sonnet 94 évoque la passation de pouvoir de Sanche II à Alphonse III en 1247, un an avant la mort de Sanche II.
Sonnet 94 : nous partons pour les 32 années de règne d’Alphonse III qui nous conduirons jusqu’en 1279, date du nouveau règne de Denis Ier.
Sonnet 95 : Camoes évoque les prises guerrières d’Alphonse III en Algarve sur les Maures.
Sonnet 96 : le règne de Denis Ier-  Second fils d’Alphonse III. Son règne s’étalera de 1279 à sa mort, le 7 janvier 1325. Il nomme déjà son successeur Alphonse IV Le Brave qui règnera 32 ans de 1325 à 1357. Denis Ier va pacifier son pays – Poète et troubadour, il laissera de nombreux cantigas : cantigas de amor, cantigas de amigo, cantigas de escarnio y maldecir.
Sonnet 97 : création de l’Université de Coimbra sur les bords du Mondego -A Leiria, Denis Ier signera le Scientiae thesaurus mirabilis. L’université de Coimbra est créée en 1290.
Sonnet 98 : Denis Ier reconstruit et renforce son pays. Atropos, une des trois Moires, coupe son fil de vie en 1325. (les 3 Moires : Clotho, celle qui tisse le fil de la vie, Lachésis, celle qui déroule et qui répare le fil et la dernière Atropos, celle qui coupe). Voici venu le règne d’Alphonse IV.

Les Moires
Francisco de Goya
1820-1823
Musée du Prado – Madrid

Sonnet 99 : la traditionnelle opposition entre les Castillans et les Lusitaniens. Mais celle-ci n’empêche pas la solidarité et l’entraide, notamment lors de l’invasion Mauritanienne en terre Castillane.
Sonnet 100 : Les troupes d’invasion sont énormes. Camoes évoque la reine légendaire de Babylone, Sémiramis, celle qui créa Babylone et ses fameux jardins suspendus. L’Hydapse décrit est l’actuel Jhelum (Inde & Pakistan). Les Sarrasins se rassemblent dans le Tartèse (Andalousie).
Sonnet 101 : Alphonse XI de Castille est dépassé par l’armée imposante de l’ennemi sarrasin. Il envoie Marie-Constance, sa femme, pour avoir le soutien d’Alphonse IV du Portugal, qui n’est autre que sa propre fille (que celui-ci a eu avec Béatrice de Castille). Ce n’était pas tout à fait « a caríssima consorte » d’Alphonse XI puisqu’il lui préférait sa maîtresse, Leonor de Guzmán.
Sonnet 102 : Arrivée de la belle Marie-Constance en sanglots devant son père Alphonse IV.
Sonnet 103 : Un rassemblement gigantesque d’armées venues d’Afrique sont derrière le grand Roi du Maroc.
Sonnets 104 & 105 : La supplique de Marie-Constance à son père Alphonse IV. S’il ne vient pas à l’aide d’Alphonse XI de Castille, Marie aura tout perdu.
Sonnet 106 : Camoes compare la demande de Marie à celle de Vénus pour Énée devant Jupiter.
Sonnet 107 : Alphonse IV accepte et regroupe ses forces dans les plaines d’Évora.
Sonnet 108 : Alphonse IV à la tête des troupes lusitaniennes pénètre en Castille avec sa fille Marie-Constance.
Sonnet 109 : 1340 La bataille de Tarifa (Province de Cadix) ou bataille du Salado (30 octobre 1340) se prépare entre les deux Alphonse (IV du Portugal et XI de Castille) face aux armées menées par Abu al-Hasan ben Uthman et Yusuf Ier de Grenade.
Sonnet 110 : Camoes évoque les troupes agaréenne (des descendants d’Agar). Agar, servante d’Abraham donne naissance à Ismaël considéré comme Prophète par les musulmans (Cf. la Sourate Ibrahim). Camoes fait un rapprochement audacieux et fallacieux entre les termes Sarrasins et Sarah. On retrouve couramment cette méprise, par exemple chez  Isidore de Séville (VIe et VIIe siècle, Étymologies, IX,2,57.
Sonnet 111 : Comparaison avec David et Goliath. La foi supérieure à la force.
Sonnet 112 : Avec l’aide de Dieu, les Castillans et les Portugais sont prêts à affronter les armées du Roi du Maroc (Abu al-Hasan ben Uthman) et du Souverain de Grenade (Yusuf Ier de Grenade).
Sonnet 113 : Au cœur du combat. 30 octobre 1340, bataille de Tarifa.
Sonnet 114 et Sonnet 115 : Défaite du Río Salado : Alphonse IV bat les armées de Grenade de Yusuf Ier et part ensuite aider son beau-père Alphonse XI de Castille qui lutte encore contre les Mauritaniens et les troupes de Abu al-Hasan ben Uthman.
Sonnet 116 : Camoes fait référence à deux batailles célèbres pour les comparer à la bataille de Salado : la première, la bataille  de Verceil où les Romains, menés par le général Marius  (157 av. J.-C.- 86 av. J.-C.) écrasèrent les Cimbres, originaire du Jutland, le
30 juillet de l’an 101 av. J.-C., et la Bataille de Cannes (en Italie, Cannæ en Apulie), une des grandes batailles de la deuxième guerre punique où Hannibal Barca et les Carthaginois démantelèrent les troupes de la République Romaine le 2 août 216 av. J.-C. menés par consuls Caius Terentius Varro et Lucius Æmilius Paullus.

Jacky Lavauzelle
Camoes Les Lusiades

OS LUSIADAS CANTO 3
LES LUSIADES CHANT 3

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os lusiadas canto 3

Vasco de Gama par Gregorio Lopes

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Luís Vaz de Camões Os Lusiadas Les Lusiades
OS LUSIADAS III-116 CAMOES LUSIADES III-116
Traduction Jacky Lavauzelle
ARTGITATO
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Les Lusiades Chant 3 Camoes Canto III

 OS LUSIADAS III
LES LUSIADES CHANT 3
LA BATAILLE DE TARIFA
LUIS DE CAMOES LES LUSIADES

Camoes os lusiadas canto III

Défaite du Río Salado (2) LES LUSIADES CHANT 3 -115 – Já se ia o Sol ardente recolhendo

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OS LUSIADAS CANTO 3
LES LUSIADES CHANT 3Os Lusiadas Traduction Jacky Lavauzelle Les Lusiades de Luis de Camoes Os Lusiadas Les Lusiades
OS LUSIADAS III-115 LES LUSIADES III-115
LITTERATURE PORTUGAISE

Os Lusiadas Traduction Jacky Lavauzelle Les Lusiades de Luis de Camoes




Os Lusiadas Canto III Traduction Jacky Lavauzelle Les Lusiades de Luis de Camoes

literatura português

Luis de Camões
[1525-1580]

Tradução – Traduction
texto bilingue




Luis de Camoes Les Lusiades

 

Obra Poética

(1556)

LES LUSIADES III-115




OS LUSIADAS III-115
A Epopeia Portuguesa

 

CHANT III
Canto Terceiro

Traduction Jacky Lavauzelle

verso 115
Strophe 115

III-115

Camoes os lusiadas canto III

Vasco de Gama

Vasco da Gama signature almirante.svg

 

******




Luís de Camões Os Lusiadas
OS LUSIADAS III-115
LES LUSIADES III-115
OS LUSIADAS CANTO III

******

« Já se ia o Sol ardente recolhendo
« Déjà le brûlant soleil se rassemblait
Para a casa de Tethys, e inclinado
Dans la maison de Téthys et incliné
Para o Ponente, o Véspero trazendo,
Vers le Ponant, Vénus rayonnant
 Estava o claro dia memorado,
S’élevait ans le clair le jour,
Quando o poder do Mauro grande e horrendo
Quand la grande et terrifiante puissance des Maures
 
Foi pelos fortes Reis desbaratado,
Fut démembrée par les deux courageux Rois,
Com tanta mortandade, que a memória
Avec tant de morts que de mémoire
Nunca no mundo viu tão grã vitória.
Jamais le monde ne vit une si grande victoire.

****

LES LUSIADES CHANT 3

***
ALPHONSE XI DE CASTILLE
(13 août 1311 Salamanque – 26 mars 1350 Gibraltar)
Le Justicier – El Justiciero

Os Lusiadas Canto III Camoes Canto IIIAlphonse XI de Castille
Alfonso XI
Peinture de Francisco Cerdá de Villarestan
Musée du Prado  – Madrid

****

Camoes Canto IIIMarie-Constance de Portugal
Femme d’Alphonse XI de Castille (1328)
Fille d’Alphonse IV du Portugal et de Béatrice de Castille
(1313 – 1357)
Alphonse XI préférait sa maîtresse Leonor de Guzmán à Marie-Constance (celle-ci assassina Leonor à la mort d’Alphonse XI)

*******

Alphonse IV Le Brave
( Lisbonne – )
Roi de Portugal et de l’Algarve par la grâce de dieu

Alphonse IV
Alfonso IV
Peinture du XVIIIe siècle

********************

LES LUSIADES CHANT 3

*
Précisions historiques
et
Retour sur les versets précédents


Sonnet 1 à Sonnet 94 : la naissance du Portugal – Règnes d’Alphonse I, Sanche I, Alponse II et Sanche II. Le sonnet 94 évoque la passation de pouvoir de Sanche II à Alphonse III en 1247, un an avant la mort de Sanche II.
Sonnet 94 : nous partons pour les 32 années de règne d’Alphonse III qui nous conduirons jusqu’en 1279, date du nouveau règne de Denis Ier.
Sonnet 95 : Camoes évoque les prises guerrières d’Alphonse III en Algarve sur les Maures.
Sonnet 96 : le règne de Denis Ier-  Second fils d’Alphonse III. Son règne s’étalera de 1279 à sa mort, le 7 janvier 1325. Il nomme déjà son successeur Alphonse IV Le Brave qui règnera 32 ans de 1325 à 1357. Denis Ier va pacifier son pays – Poète et troubadour, il laissera de nombreux cantigas : cantigas de amor, cantigas de amigo, cantigas de escarnio y maldecir.
Sonnet 97 : création de l’Université de Coimbra sur les bords du Mondego -A Leiria, Denis Ier signera le Scientiae thesaurus mirabilis. L’université de Coimbra est créée en 1290.
Sonnet 98 : Denis Ier reconstruit et renforce son pays. Atropos, une des trois Moires, coupe son fil de vie en 1325. (les 3 Moires : Clotho, celle qui tisse le fil de la vie, Lachésis, celle qui déroule et qui répare le fil et la dernière Atropos, celle qui coupe). Voici venu le règne d’Alphonse IV.

Les Moires
Francisco de Goya
1820-1823
Musée du Prado – Madrid

Sonnet 99 : la traditionnelle opposition entre les Castillans et les Lusitaniens. Mais celle-ci n’empêche pas la solidarité et l’entraide, notamment lors de l’invasion Mauritanienne en terre Castillane.
Sonnet 100 : Les troupes d’invasion sont énormes. Camoes évoque la reine légendaire de Babylone, Sémiramis, celle qui créa Babylone et ses fameux jardins suspendus. L’Hydapse décrit est l’actuel Jhelum (Inde & Pakistan). Les Sarrasins se rassemblent dans le Tartèse (Andalousie).
Sonnet 101 : Alphonse XI de Castille est dépassé par l’armée imposante de l’ennemi sarrasin. Il envoie Marie-Constance, sa femme, pour avoir le soutien d’Alphonse IV du Portugal, qui n’est autre que sa propre fille (que celui-ci a eu avec Béatrice de Castille). Ce n’était pas tout à fait « a caríssima consorte » d’Alphonse XI puisqu’il lui préférait sa maîtresse, Leonor de Guzmán.
Sonnet 102 : Arrivée de la belle Marie-Constance en sanglots devant son père Alphonse IV.
Sonnet 103 : Un rassemblement gigantesque d’armées venues d’Afrique sont derrière le grand Roi du Maroc.
Sonnets 104 & 105 : La supplique de Marie-Constance à son père Alphonse IV. S’il ne vient pas à l’aide d’Alphonse XI de Castille, Marie aura tout perdu.
Sonnet 106 : Camoes compare la demande de Marie à celle de Vénus pour Énée devant Jupiter.
Sonnet 107 : Alphonse IV accepte et regroupe ses forces dans les plaines d’Évora.
Sonnet 108 : Alphonse IV à la tête des troupes lusitaniennes pénètre en Castille avec sa fille Marie-Constance.
Sonnet 109 : 1340 La bataille de Tarifa (Province de Cadix) ou bataille du Salado (30 octobre 1340) se prépare entre les deux Alphonse (IV du Portugal et XI de Castille) face aux armées menées par Abu al-Hasan ben Uthman et Yusuf Ier de Grenade.
Sonnet 110 : Camoes évoque les troupes agaréenne (des descendants d’Agar). Agar, servante d’Abraham donne naissance à Ismaël considéré comme Prophète par les musulmans (Cf. la Sourate Ibrahim). Camoes fait un rapprochement audacieux et fallacieux entre les termes Sarrasins et Sarah. On retrouve couramment cette méprise, par exemple chez  Isidore de Séville (VIe et VIIe siècle, Étymologies, IX,2,57.
Sonnet 111 : Comparaison avec David et Goliath. La foi supérieure à la force.
Sonnet 112 : Avec l’aide de Dieu, les Castillans et les Portugais sont prêts à affronter les armées du Roi du Maroc (Abu al-Hasan ben Uthman) et du Souverain de Grenade (Yusuf Ier de Grenade).
Sonnet 113 : Au cœur du combat. 30 octobre 1340, bataille de Tarifa.
Sonnet 114 et Sonnet 115 : Défaite du Río Salado : Alphonse IV bat les armées de Grenade de Yusuf Ier et part ensuite aider son beau-père Alphonse XI de Castille qui lutte encore contre les Mauritaniens et les troupes de Abu al-Hasan ben Uthman.

Jacky Lavauzelle
Camoes Les Lusiades

OS LUSIADAS CANTO 3
LES LUSIADES CHANT 3

****

os lusiadas canto 3

Vasco de Gama par Gregorio Lopes

*********************
Luís Vaz de Camões Os Lusiadas Les Lusiades
OS LUSIADAS III-115 CAMOES LUSIADES III-115
Traduction Jacky Lavauzelle
ARTGITATO
*********************


Les Lusiades Chant 3 Camoes Canto III

 OS LUSIADAS III
LES LUSIADES CHANT 3
LA BATAILLE DE TARIFA
LUIS DE CAMOES LES LUSIADES

Camoes os lusiadas canto III

MARIE & VENUS – LUIS DE CAMOES LES LUSIADES III-106 LES LUSIADES – Não de outra sorte a tímida Maria

* Os Lusiadas Les Lusiades
OS LUSIADAS III-106 LES LUSIADES III-106
LITTERATURE PORTUGAISE





Luis de Camoes Oeuvres obras Artgitato

literatura português

Luis de Camões
[1525-1580]

Tradução – Traduction
texto bilingue




Luis de Camoes Les Lusiades

 

Obra Poética

(1556)

LES LUSIADES III-106




OS LUSIADAS III-106
A Epopeia Portuguesa

 

CHANT III
Canto Terceiro

Traduction Jacky Lavauzelle

verso 106
Strophe 106

III-106

Image illustrative de l'article Vasco de Gama

Vasco de Gama

Vasco da Gama signature almirante.svg

 

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Luís de Camões Os Lusiadas
OS LUSIADAS III-106
LES LUSIADES III-106

******

« Não de outra sorte a tímida Maria
« La timide Marie ne parlait pas différemment
Falando está, que a triste Vénus, quando
De la triste Vénus devant
A Júpiter, seu pai, favor pedia
Jupiter, son père, lui demandant
Para Eneias, seu filho, navegando;
Pour Énée, son fils, de l’aide en l’implorant ;
Que a tanta piedade o comovia
Celui-ci fut pris d’une si grande pitié,
Que, caído das mãos o raio infando,
Que tomba de ses mains la terrible foudre,
 Tudo o clemente Padre lhe concede,
Le Père clément consentit à tout ce qu’elle voulait,
Pesando-lhe do pouco que lhe pede.
Désolé qu’elle en demandât si peu. 

****
ALPHONSE XI DE CASTILLE
(13 août 1311 Salamanque – 26 mars 1350 Gibraltar)
Le Justicier – El Justiciero

Alphonse XI de Castille
Alfonso XI
Peinture de Francisco Cerdá de Villarestan
Musée du Prado  – Madrid

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Marie-Constance de Portugal
Femme d’Alphonse XI de Castille (1328)
Fille d’Alphonse IV du Portugal et de Béatrice de Castille
(1313 – 1357)
Alphonse XI préférait sa maîtresse Leonor de Guzmán à Marie-Constance (celle-ci assassina Leonor à la mort d’Alphonse XI)

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Alphonse IV Le Brave
( Lisbonne – )
Roi de Portugal et de l’Algarve par la grâce de dieu

Alphonse IV
Alfonso IV
Peinture du XVIIIe siècle

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Précisions historiques
et
Retour sur les versets précédents


Sonnet 1 à Sonnet 94 : la naissance du Portugal – Règnes d’Alphonse I, Sanche I, Alponse II et Sanche II. Le sonnet 94 évoque la passation de pouvoir de Sanche II à Alphonse III en 1247, un an avant la mort de Sanche II.
Sonnet 94 : nous partons pour les 32 années de règne d’Alphonse III qui nous conduirons jusqu’en 1279, date du nouveau règne de Denis Ier.
Sonnet 95 : Camoes évoque les prises guerrières d’Alphonse III en Algarve sur les Maures.
Sonnet 96 : le règne de Denis Ier-  Second fils d’Alphonse III. Son règne s’étalera de 1279 à sa mort, le 7 janvier 1325. Il nomme déjà son successeur Alphonse IV Le Brave qui règnera 32 ans de 1325 à 1357. Denis Ier va pacifier son pays – Poète et troubadour, il laissera de nombreux cantigas : cantigas de amor, cantigas de amigo, cantigas de escarnio y maldecir.
Sonnet 97 : création de l’Université de Coimbra sur les bords du Mondego -A Leiria, Denis Ier signera le Scientiae thesaurus mirabilis. L’université de Coimbra est créée en 1290.
Sonnet 98 : Denis Ier reconstruit et renforce son pays. Atropos, une des trois Moires, coupe son fil de vie en 1325. (les 3 Moires : Clotho, celle qui tisse le fil de la vie, Lachésis, celle qui déroule et qui répare le fil et la dernière Atropos, celle qui coupe). Voici venu le règne d’Alphonse IV.

Les Moires
Francisco de Goya
1820-1823
Musée du Prado – Madrid

Sonnet 99 : la traditionnelle opposition entre les Castillans et les Lusitaniens. Mais celle-ci n’empêche pas la solidarité et l’entraide, notamment lors de l’invasion Mauritanienne en terre Castillane.
Sonnet 100 : Les troupes d’invasion sont énormes. Camoes évoque la reine légendaire de Babylone, Sémiramis, celle qui créa Babylone et ses fameux jardins suspendus. L’Hydapse décrit est l’actuel Jhelum (Inde & Pakistan). Les Sarrasins se rassemblent dans le Tartèse (Andalousie).
Sonnet 101 : Alphonse XI de Castille est dépassé par l’armée imposante de l’ennemi sarrasin. Il envoie Marie-Constance, sa femme, pour avoir le soutien d’Alphonse IV du Portugal, qui n’est autre que sa propre fille (que celui-ci a eu avec Béatrice de Castille). Ce n’était pas tout à fait « a caríssima consorte » d’Alphonse XI puisqu’il lui préférait sa maîtresse, Leonor de Guzmán.
Sonnet 102 : Arrivée de la belle Marie-Constance en sanglots devant son père Alphonse IV.
Sonnet 103 : Un rassemblement gigantesque d’armées venues d’Afrique sont derrière le grand Roi du Maroc.
Sonnets 104 & 105 : La supplique de Marie-Constance à son père Alphonse IV. S’il ne vient pas à l’aide d’Alphonse XI de Castille, Marie aura tout perdu.
Sonnet 106 : Camoes compare la demande de Marie à celle de Vénus pour Énée devant Jupiter.

Jacky Lavauzelle
Camoes Les Lusiades

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Vasco de Gama par Gregorio Lopes

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Luís Vaz de Camões Os Lusiadas Les Lusiades
OS LUSIADAS III-106 CAMOES LUSIADES III-106
Traduction Jacky Lavauzelle
ARTGITATO
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White_Fawn_Drawing Faon Diane

 OS LUSIADAS
LUIS DE CAMOES LES LUSIADES

CONTRE LES ANNALES DE VOLUSIUS – CATULLE XXXVI CATULLUS – IN ANNALES VOLUSII

*

CATULLE CATULLUS XXXVI

litterarumLittérature Latine
Catulle

Poeticam Latinam

Traduction Jacky Lavauzelle

IMG_4840

CATULLE – CATULLUS
84 av J.-C. – 54 av J.-C.

POESIE XXXVI

 IN ANNALES VOLUSII
*****

CONTRE LES ANNALES DE VOLUSIUS
****

***

Annales Volusi, cacata carta,
Annales de Volusius, papiers juste bons à torcher,
Votum soluite pro mea puella.
Vous devez réaliser le vœu de mon aimée.
Nam sanctae Veneri Cupidinique
Aux sacrés Vénus et Cupidon,
Vovit, si sibi restitutus essem
elle a promis, si je lui revenais,
Desissemque truces vibrare iambos,
et si j’arrêter de la tancer par de fracassantes ïambes,
Electissima pessimi poetae
que les œuvres du plus mauvais des poètes
Scripta tardipedi deo daturam
à Vulcain seraient envoyées
 Infelicibus ustulanda lignis.
pour qu’elles goûtent aux éclairs de ses bois maléfiques.
Et hoc pessima se puella vidit
Et ma mutine fille, qui les a choisies,
Jocose lepide vovere divis.
Pensait pouvoir, désinvolte, plaisanter avec les dieux .
  Nunc o caeruleo creata ponto,
Ô Vénus, fille de mer d’azur,
 Quae sanctum Idalium Vriosque apertos
Toi qui séjournes dans les temples sacrés d’Idalie [Chypre],
Quaeque Ancona Cnidumque harundinosam
Des plaines d’Ancône recouvertes de roseaux,
 Colis quaeque Amathunta quaeque Golgos
D’Amathonte ou encore de Golgos [Chypre],
 Quaeque Durrachium Hadriae tabernam,
De Dyrrcahium [Epire], vaste entrepôt de l’Adriatique,,
Acceptum face redditumque votum,
Daigne accepter son vœu
 Si non illepidum neque invenustum est.
S’il ne manque ni de charme ni de grâce.





 At vos interea venite in ignem,
Et enfourne dans les flammes,
Pleni ruris et inficetiarum.
Pleines de rustreries et d’infamie,
 Annales Volusi, cacata carta.
Ces annales de Volusius, papiers juste bons à torcher.

*************

CONTRE LES ANNALES DE VOLUSIUS
IN ANNALES VOLUSII

**********************
Traduction Jacky Lavauzelle
ARTGITATO







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Catulle – Catullus
POESIE XXXVI

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LA CANAILLE & LES DELICATS
par Ferdinand Brunetière
1882

On a voulu faire de Catulle, sans arguments bien solides, un poète aristocratique, un poète du grand monde, comme de sa Lesbie, sur des inductions plutôt que sur des preuves, ce que Brantôme appelait « une grande et honnête dame. » Je persiste à ne pas croire, pour ma part, que Lesbie fût la célèbre Clodia, mais je crois que bon nombre des fréquentations de Catulle furent parmi la bohème littéraire de Rome. Au surplus, la conciliation n’est pas si difficile. Ce que nous savons, en effet, c’est que, lorsque l’adolescent de Vérone arriva de sa province dans la capitale, il y subsistait, sous le raffinement de quelques habitudes, sous l’étalage du luxe et sous l’apparence de la civilisation, un grand fonds d’antique brutalité romaine. Si nous en pouvions douter, nous rapprendrions au moins de certaines épigrammes de Catulle lui-même, plus grossières que mordantes, et dont l’outrageuse crudité passe tout. C’est bien fait à M. Rostand de nous les avoir traduites. On ne peut pas juger d’un poète en commençant par faire exception de toute une partie de son œuvre, qui peut-être est celle que les contemporains en ont presque le plus goûtée. Là où Catulle est bon, il va jusqu’à l’exquis, et c’est bien de lui que l’on peut dire aussi justement que de personne qu’il est alors le mets des délicats ; mais là où il est grossier, il l’est sans mesure, et c’est bien encore de lui que l’on peut dire qu’il est le charme de la canaille. Or, à Rome, en ce temps-là, dans le sens littéraire de l’un et l’autre mot, la canaille et les délicats, c’était presque tout un. On ne distinguait pas encore, selon le mot d’Horace, la plaisanterie spirituelle de l’insolente rusticité. La curiosité de l’intelligence, vivement éveillée, capable de goûter les finesses de l’alexandrinisme, était en avance, pour ainsi dire, sur la rudesse des mœurs et la vulgarité des habitudes mondaines.





Quand on grattait ces soupeurs qui savaient apprécier les jolies bagatelles du poète, on retrouvait le paysan du Latium, qui s’égayait, au moment du vin, à faire le mouchoir. La raillerie, comme à la campagne, s’attaquait surtout aux défauts ou disgrâces physiques. Je sais bien que, jusque dans Horace, la grossièreté du vieux temps continuera de s’étaler, mais ce ne sera plus de la même manière naïvement impudente. Au temps de Catulle, la délicatesse n’avait pas encore passé de l’esprit dans les manières. Quand il s’élevait seulement un nuage sur les amours du poète et de sa Lesbie, le docte traducteur de Callimaque s’échappait en injures de corps de garde. Cette société très corrompue ne s’était pas encore assimilé la civilisation grecque. Elle s’essayait à la politesse, elle n’y touchait pas encore. Et sous son élégance toute superficielle, elle manquait étrangement de goût. — Il me paraît que, si l’on examinée quel moment de notre histoire la plupart de ces traits conviennent, on trouvera que c’est au XVIe siècle, dans le temps précis que le contact des mœurs italiennes opérait sur la cour des Valois le même effet qu’à Rome, sur les contemporains de César, le contact des mœurs de la Grèce.

Ferdinand Brunetière
Revue littéraire
À propos d’une traduction de Catulle
Revue des Deux Mondes
Troisième période
Tome 54 –  1882

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