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LA VIE – Poème de FLORBELA ESPANCA – A VIDA – 1923

Traduction Jacky Lavauzelle João da Cruz e Sousa
João da Cruz e Sousa Traduction Jacky Lavauzelle

LITTÉRATURE PORTUGAISE
POÉSIE PORTUGAISE
LITERATURA PORTUGUESA
POESIA PORTUGUESA

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TRADUCTION JACKY LAVAUZELLE
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Florbela Espanca
Flor Bela de Alma da Conceição
Poétesse portugaise
8 décembre 1894 – 8 décembre 1930
Vila Viçosa, 8 de dezembro de 1894 — Matosinhos, 8 de dezembro de 1930

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LA VIE
A VIDA
Poème paru dans
« 
Livro de Sóror Saudade« 
1923 

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Mikhaïl Vroubel, Михаил Александрович Врубель, Утро, Matin, Manhã, 1897

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É vão o amor, o ódio, ou o desdém;
Vains sont l’amour, la haine ou le dédain ;
Inútil o desejo e o sentimento…
Inutiles sont le désir et le sentiment …
Lançar um grande amor aos pés d’alguém
Jeter un grand amour aux pieds de quelqu’un
O mesmo é que lançar flores ao vento!
C’est jeter des fleurs au vent !

*

Todos somos no mundo « Pedro Sem »,
Nous sommes tous dans le misérable monde,
Uma alegria é feita dum tormento,
Une joie est faite de tourment,
Um riso é sempre o eco dum lamento,
Un rire est toujours l’écho d’une lamentation,
Sabe-se lá um beijo donde vem!
Qui sait d’où vient le baiser !

*

A mais nobre ilusão morre… desfaz-se…
L’illusion la plus noble meurt … s’effrite …
Uma saudade morta em nós renasce
Une nostalgie ardente en nous renaît
Que no mesmo momento é já perdida…
Qui, au même moment, est déjà perdue …

*

Amar-te a vida inteira eu não podia…
T’aimais toute ma vie, je ne le pouvais …
A gente esquece sempre o bem dum dia.
Nous oublions toujours le bien d’une journée.
Que queres, ó meu Amor, se é isto a Vida!…
Que veux-tu, mon Amour, si tout cela c’est la Vie !

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LA POÉSIE DE FLORBELA ESPANCA
POESIA DE FLORBELLA ESPANCA
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João da Cruz e Sousa Traduction Jacky Lavauzelle

GUADALQUIVIR – Sonnet de Fernando de Herrera – Alegre, fértil, vario, fresco prado

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Littérature espagnole
Literatura española
Poésie espagnole
Poesía española
Soneto
Sonnet

FERNANDO DE HERRERA
Séville 1534 – Séville 1597

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TRADUCTION JACKY LAVAUZELLE
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Guadalquivir
Alegre, fértil, vario, fresco prado


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Alegre, fértil, vario, fresco prado,
Joyeuse, fertile, variée, fraîche prairie,
tú monte, y bosque d’ árboles hermoso,
toi, la montagne, toi, la forêt d’arbres jolis,
el uno y otro siempre venturoso,
l’un et l’autre toujours enjoués,
que de las bellas plantas fue tocado;
quand, par de beaux pieds, vous êtes pénétrés ;

Betis, con puras ondas ensalçado,
Guadalquivir, aux vagues pures fameuses,
y con ricas olivas abundoso,
entouré par de riches oliviers,
cuánto eres más felice y gloriöso,
combien plus heureux et glorieux aussi,
pues eres de mi Aglaya visitado.
tu es quand d’Aglaé t’offre sa visite.

Siempre tendréis perpetua primavera,
Vous aurez toujours le printemps perpétuel,
y del Elisio campo tiernas flores,
et des fleurs tendres des Champs-Elysées,
si os viere el resplandor de la Luz mía.
si le rayonnement de ma Lumière vous voit.

Ni estéril ielo, o soplo crudo os hiera;
Ni la glace stérile, ni le vent glacial ne vous ont blessés ;
antes Venus, las Gracias, los Amores
avant que Vénus, les Grâces, les Amours
os miren, y en vos reine l’Alegría.
ne vous regardent, et vous comblent alors de Joie.


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LES CHOSES QUI JAMAIS NE REVIENNENT – Poème EMILY DICKINSON (1881) The Things that never can come back are several

POEME D’EMILY DICKINSON
LITTERATURE AMERICAINE

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EMILY DICKINSON
December 10, 1830 – May 15, 1886
10 décembre 1830 – 15 mai 1886
Amherst, Massachusetts




Traduction – Translation

TRADUCTION JACKY LAVAUZELLE

French and English text
texte bilingue français-anglais

The Things that never can come back are several
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LES CHOSES QUI JAMAIS NE REVIENNENT
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1881

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The Things that never can come back, are several —
Les Choses qui jamais ne reviennent sont multiples –
Childhood — some forms of Hope — the Dead —
L’Enfance – certaines formes d’Espoir – les Morts –
Though Joys — like Men — may sometimes make a Journey —
Toutefois les Joies – comme les Hommes- entreprennent parfois un Voyage –
And still abide —
Et demeurent encore :
We do not mourn for Traveler, or Sailor,
Nous ne pleurons pas le Voyageur ou le Navigateur,
Their Routes are fair —
Leurs Itinéraires sont justes –
But think enlarged of all that they will tell us
Mais nos pensées s’élargissent de tout ce qu’ils nous diront
 Returning here —
En revenant ici –
« Here! » There are typic « Heres » —
« Ici! » Il y a  des « Ici » typiques-
Foretold Locations —
A un Emplacement Connu-
The Spirit does not stand —
L’Esprit ne se localise pas –
Himself — at whatsoever Fathom
Lui-même – quelle que soit la Profondeur –
His Native Land —
Est sa Terre Natale –

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POEME EMILY DICKINSON

LA JOIE, LE DECOURAGEMENT ET LA FOLIE POEME DE WILLIAM WORDSWORTH – RESOLUTION ET INDEPENDANCE -VII

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Poésie anglaise
William Wordsworth
7 April 1770 – 23 April 1850
7 avril 1770 – 22 avril 1850
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TRADUCTION JACKY LAVAUZELLE

French and English Text
texte bilingue français-anglais

 


LES POEMES
DE WILLIAM WORDSWORTH

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William Wordsworth’s poems
POEMS
POEMES

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 RESOLUTION AND INDEPENDENCE

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RESOLUTION & INDEPENDANCE

La Mort de Thomas Chatterton
Henry Wallis
1856
Birmingham Museum and Art Gallery

VII
LA JOIE, LE DECOURAGEMENT ET LA FOLIE

 
I thought of Chatterton, the marvellous Boy,
Je pensais à Chatterton, ce garçon merveilleux,
The sleepless Soul that perished in his pride;
Cette âme sans sommeil qui périt dans son orgueil ;
Of Him who walked in glory and in joy
A celui qui marchait dans la gloire et dans la joie
Following his plough, along the mountain-side:
Suivant sa charrue, le long de la montagne :
By our own spirits are we deified:
Par nos propres esprits, nous sommes déifiés :
We Poets in our youth begin in gladness;
Nous, les jeunes poètes, commençons dans la joie ;
But thereof come in the end despondency and madness.
Viennent ensuite le découragement puis la folie.


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POESIE DE WILLIAM WORDSWORTH

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UN STYLE SANS ARTIFICE

Une poésie sans cesse recommencée

Son style populaire et sans artifice s’est débarrassé d’une fois de toutes les friperies usées de la vieille versification. Les tours couronnées de nuages, les temples solennels, les palais majestueux, tout cela a été balayé du sol. C’a été comme l’édifice sans fondements d’une vision ; il n’est pas même resté un débris de ruines. Toutes les traditions du savoir, toutes les superstitions du passé, ont disparu sous un trait de plume. Nous avons fait table rase ; nous recommençons toute poésie. Le manteau de pourpre, le panache ondoyant de la tragédie, sont rejetés ainsi que de vains oripeaux de pantomime. Voici que nous en sommes revenus à la simple vérité de la nature. Rois, reines, nobles, prêtres, trône, autel, distinction des rangs, naissance, richesse, pouvoir, ne cherchez plus rien de tout cela, ni la robe du juge, ni le bâton du maréchal, ni le faste des grands. L’auteur foule aux pieds plus fièrement encore l’antique forme dont s’enorgueillissait l’art ; il se rit de l’ode, de l’épode, de la strophe et de l’antistrophe. Vous n’entendrez plus résonner la harpe d’Homère, ni retentir la trompette de Pindare et d’Alcée. Point de merci pour le costume éclatant, pour la décoration splendide. Tout cela n’est que spectacle vide, barbare, gothique. Les diamants parmi les cheveux tressés, le diadème sur le front brillant de la beauté, ne sont que parure vulgaire, joyaux de théâtre et de prostituée. Le poète dédaigneux ne peut plus des couronnes de fleurs ; il ne se prévaudra pas non plus des avantages que le hasard lui aura offerts ; il lui plait que son sujet soit tout entier de son invention, afin de ne devoir rien qu’à lui-même ; il recueille la manne dans le désert ; il frappe le rocher de sa baguette et en fait jaillir la source. A son souffle, le brin de paille qui gisait dans la poussière monte au soleil dans un rayon lumineux ; il puisera dans ses souvenirs assez de grandeur et de beauté pour en revêtir le tronc nu du vieux saule. Son vers ne s’embaume point du parfum des bosquets, mais son imagination prête une joie intime aux arbres dépouillés sur la montagne dépouillée, à l’herbe verte du pré vert :

To the bare trees and mountains bare.
And grass in the green field.

Plus de tempête, ni de naufrage, dont l’horreur nous épouvante. C’est l’arc-en-ciel qui attache aux nuages son ruban diapré. C’est la brise qui soupire dans la fougère fanée. Point de triste vicissitude du sort, point de menaçante catastrophe de la nature qui assombrisse ses pages. C’est la goutte de rosée qui se suspend aux cils de la fleur penchée ; ce sont les pleurs qui s’amassent dans l’œil brillant.

Antoine Fontaney
(poète romantique français ())
Cinquième Partie
WILLIAM WORDSWORTH
Poètes et Romanciers de la Grande-Bretagne
Revue des Deux Mondes
Tome 3 – 1835

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