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JE SUIS UN PAUVRE PELERIN – ESSENINE SERGUEÏ – 1915 – Я странник убогий

Littérature Russe
SERGUEÏ ESSÉNINE POEME 1915

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русский поэт- Poète Russe
русская литература

***
стихотворение  – Poésie

***

 

 

Sergueï Essénine
Сергей Александрович Есенин

3 octobre 1895 Konstantinovo (Rybnov) – 28 décembre 1925 à Leningrad
3 октября 1895, Константиново – 28 декабря 1925, Ленинград
TRADUCTION JACKY LAVAUZELLE

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LA POESIE DE SERGUEÏ ESSÉNINE


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Я странник убогий 
****

JE SUIS UN PAUVRE PELERIN

1915


****

****

Я странник убогий.
Je suis un pauvre pèlerin.
С вечерней звездой
Suivant l’étoile du soir
Пою я о Боге
Je chante Dieu
Касаткой степной.
Au cœur de la steppe.

*

На шелковом блюде
Au sol en tapis de soie
Опада осин,
S’effeuille le tremble,
Послухайте, люди,
Ecoutez, écoutez
Ухлюпы трясин.
Le souffle des marais.

*

Ширком в луговины,
L’oiseau dans les prés,
Целуя сосну,
Embrasse les pins,
Поют быстровины
chante en louant à pleins poumons
Про рай и весну.
Tant le paradis que le printemps.
*
Я, странник убогий,
Moi, pauvre errant,
Молюсь в синеву.
Je prie dans le bleu du ciel.
На палой дороге
Sur la morne route
Ложуся в траву.
Je me couche sur l’herbe.

*

Покоюся сладко
Joyeux et serein
Меж росновых бус;
Au milieu des perles de rosée ;
На сердце лампадка,
Au cœur une petite lampe,
А в сердце Исус.
Et au cœur de mon cœur : Jésus.
1915

 

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LES PELERINS RUSSES
Par
DOSTOÏEVSKI

Dès que le peuple russe fut baptisé, des pèlerins russes commencèrent à visiter les Lieux saints, le sépulcre de N.-S. Jésus-Christ, le Mont-Athos, etc. Déjà, pendant les croisades, les supérieur d’un couvent russe visita Jérusalem et fut bien reçu par le roi Beaudoin. Les pèlerinages en Orient n’ont jamais cessé jusqu’à nos jours. Beaucoup de moines russes aussi ont habité le Mont-Athos. Si bien que le peuple russe, illettré et ignorant de toute géographie, sait parfaitement que les Lieux saints sont depuis longtemps aux mains des Turcs mahométans, et qu’un Chrétien a une vie pénible en Orient, Aussi le peuple russe est-il toujours plein d’admiration pour les hauts faits des pèlerins, dans cette région, et sent-il son cœur attiré vers Jérusalem. C’est un trait historique connu. De pauvre vieillards, d’anciens soldats, de vieilles femmes qui ne savent pas un mot de géographie ont été de village en village, le sac au dos, mendiants, vers les Lieux saints, qu’ils n’atteignaient parfois qu’après des calamités sans nombre. Quand ils rentraient au pays natal, leur récits étaient écoutés pieusement. En général, le peuple aime extrêmement ce qui a trait «  au divin  ». Qui a lu La Vie des Saints ? Si le peuple ne l’a pas lu, et pour cause, il le connaît, il est imprégné de son esprit. Et comment cela ? Parce que de nombreux pèlerins récitent, souvent d’une façon superbe, des passages entiers de ce livre, sans changer un mot du texte, et qu’on les écoute avidement. Moi-même, tout enfant, avant d’avoir appris à lire, j’ai assisté à ces récitations. Plus tard, au bagne, en Sibérie, j’ai entendu des bandits qui, eux aussi, récitaient ce livre, et vu d’autres bandits qui les écoutaient avec recueillement. Tout cela avait été appris, non dans un volume, mais oralement. Le peuple y trouve comme quelque chose qui se fait repentir. Il est arrivé que des êtres affreusement corrompus, des exploiteurs, des oppresseurs aient été pris, en entendant ces récits, du désir de partie pour un pèlerinage, et de rechercher par le travail et la peine vaillamment supportée ; parfois, ils se rappelaient un vœux, — oublié depuis longtemps — de s’en aller vers les Lieux saints, sinon jusqu’à Jérusalem, du moins jusqu’aux Lieux saints Russe, à Kiev, au couvent Solovetzsky. Nekrassov, en créant son type de Vlass, n’a pu se l’imaginer autrement que portant des chaines dans un pèlerinage expiatoire. Ce trait n’existe chez aucun autre peuple européen. Tout cela durera-t-il ? L’instruction semble changer beaucoup notre moujik, mais en attendant, c’est ce trait seul qui peut expliquer cette énigme du caractère conscient, du mouvement populaire de l’année dernière. Un, sur mille de nos moujiks, comme dit Lévine, savait peut-être qu’il existait des Serbes, des Bulgares, des Monténégrins, qui étaient nos coreligionnaires ; mais tout notre peuple avait entendu dire qu’il y avait des chrétiens orthodoxes sous le joug mahométan. Lors de la guerre avec la Turquie, guerre vieille de vingt ans, qui se termina par Sébastopol, on lui avait parlé des chrétiens martyrisés en Orient et, avant que notre peuple ne prit feu pour la cause des Slaves orientaux, il n’ignorait pas que ces Slaves avaient été torturés par les Turcs. J’ai entendu, moi-même, des gens du peuple se demander : « Est-il vrai que le Turc se lève de nouveau contre les chrétiens ? »

Fédor Mikhaïlovitch Dostoïevski
Journal d’un écrivain
Chapitre X
COMME QUOI LE PEUPLE SANS INSTRUCTION NE SE TROMPE PAS SUR LE FOND DE LA QUESTION D’ORIENT
Traduction par J.-Wladimir Bienstock et John-Antoine Nau
Editions Charpentier
1904

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Бабушкины сказки
C. А. Есенин

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LES POEMES DE SERGUEÏ ESSÉNINE

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LA POESIE DE SERGUEÏ ESSÉNINE
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LA POÉSIE d’Essénine – поэзия есенина – SERGUEÏ ESSÉNINE POÈME

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SERGUEÏ ESSÉNINE POÈME

 

русский поэт- Poète Russe
русская литература
Littérature Russe

***
стихотворение  – Poésie

***

 

 

Sergueï Essénine
Сергей Александрович Есенин

3 octobre 1895 Konstantinovo (Rybnov) – 28 décembre 1925 à Leningrad
3 октября 1895, Константиново – 28 декабря 1925, Ленинград
TRADUCTION JACKY LAVAUZELLE

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LA POÉSIE DE SERGUEÏ ESSÉNINE
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поэзия есенина
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1910
Выткался на озере алый свет зари…
LE ROUGE DE L’AUBE

Выткался на озере алый свет зари.
Le rouge de l’aube a tissé le lac.
На бору со звонами плачут глухари.
Toute la forêt frisonne aux chants de scie du grand tétras.

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1914
Не ветры осыпают пущи,
LES PSAUMES DES ÉTOILES FILANTES

Не ветры осыпают пущи,
Ce ne sont pas les vents qui fouettent les forêts,
Не листопад златит холмы.
Ce ne sont pas les feuilles qui dorent les vallées.

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1915
Я странник убогий
JE SUIS UN PAUVRE PELERIN

Я странник убогий.
Je suis un pauvre pèlerin.
С вечерней звездой
Suivant l’étoile du soir

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1917
Бабушкины сказки
CONTE DE FÉES -IVAN LE FOU

В зимний вечер по задворкам
Le soir d’hiver à la périphérie
Разухабистой гурьбой
Se réunit la joyeuse foule

**

1917
Где ты, где ты, отчий дом
LA MAISON DE MON PERE

Где ты, где ты, отчий дом,
Où es-tu, où es-tu, maison de mon père,
Гревший спину под бугром?
Qui te réchauffait en retrait sous la colline ?

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1918
Я покинул родимый дом
LE VIEIL ÉRABLE

Я покинул родимый дом,
Je t’ai quittée, ma chère maison,
Голубую оставил Русь.
Russie azurée, je t’ai quittée .

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1918
Закружилась листва золотая
LA NUÉE DE PAPILLONS

Закружилась листва золотая.
La feuille d’or file
В розоватой воде на пруду
Sur l’eau rosée du bassin

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1918
Хорошо под осеннюю свежесть
L’ÉTINCELLE DES MOTS

Хорошо под осеннюю свежесть
Comme il est bon dans la fraîcheur de l’automne
Душу-яблоню ветром стряхать
De laisser vaquer son âme comme une pomme au vent

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Исповедь хулигана
CONFESSION D’UN VOYOU
1920

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Essénine poème

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1920
Я последний поэт деревни
JE SUIS LE DERNIER POETE DES CAMPAGNES

Я последний поэт деревни,
Je suis le dernier poète des campagnes,
Скромен в песнях дощатый мост.
Le dernier à chanter le modeste pont de bois.

**

 

**

1921
Не жалею, не зову, не плачу,
LA BLANCHEUR DES POMMIERS

Не жалею, не зову, не плачу,
Je ne regrette ni les suppliques ni les douleurs.
Все пройдет, как с белых яблонь дым.
Comme la blancheur des pommiers, tout passe.

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1922
Да! Теперь решено
L’ÉCLAT DU DIABLE

Да! Теперь решено. Без возврата
Oui ! Maintenant, c’est fini. Sans me retourner
Я покинул родные поля.
Je quitte ma maison, mon pays.

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Essénine poème

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1924
Мы теперь уходим понемногу
LE FRISSON

Мы теперь уходим понемногу
Maintenant, nous partons là-bas
В ту страну, где тишь и благодать.
Dans un pays de paix et de sérénité.

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1925
Вижу сон
LES RÊVES BLEUS

Вижу сон. Дорога чёрная.
Je rêve. La route est noire.
Белый конь. Стопа упорная.
Le cheval blanc. Il avance.

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1925
мчатся сани, слышишь – сани мчатся
LE TRAÎNEAU

Слышишь – мчатся сани, слышишь – сани мчатся.
Écoute ! Écoute le chant du traîneau dans sa course.
Хорошо с любимой в поле затеряться.
Partons nous perdre là-bas au loin !

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1925
Вечером синим, вечером лунным
LE BONHEUR BLEU

Вечером синим, вечером лунным
Un soir de lune dans ce bleu du soir
Был я когда-то красивым и юным.
J’étais jeune et j’étais beau.

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1925
Гори, звезда моя, не падай.
EPITHAPHE

Гори, звезда моя, не падай.
Etoile, mon étoile, ne tombe pas
Роняй холодные лучи.
Laisse tomber tes froids rayons.

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SON DERNIER POÈME

1925
До свиданья, друг мой, до свиданья.
AU REVOIR MON AMI

До свиданья, друг мой, до свиданья.
Au revoir mon ami, au revoir.
Милый мой, ты у меня в груди.
Mon ami, tu es dans mon cœur.

[autre traduction d’octobre 2015]

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LES POEMES DE SERGUEÏ ESSENINE

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 SERGUEÏ ESSÉNINE POÈME
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поэзия есенина
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LE NUAGE EN PANTALON (Vladimir Maïakovski 1915) TROISIEME PARTIE

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Владимир Маяковский

русский поэт- Poète Russe
русская литература
Littérature Russe
 

 





 

Владимир Владимирович Маяковский
Vladimir Maïakovski

1893-1930

TRADUCTION JACKY LAVAUZELLE
стихотворение Лермонтова

 




 Théâtre de Vladimir Maïakovski

VLADIMIR MAÏAKOVSKI
1915
Облако в штанах
LE NUAGE EN PANTALON

Тетраптих – Tétraptyque

III


TROISIEME PARTIE



**

Ах, зачем это,
Ah, pourquoi,
откуда это
d’où proviennent
в светлое весело
contre cette joyeuse lumière
грязных кулачищ замах!
ces sales poings levés !

Пришла
Arrive,
и голову отчаянием занавесила
le désespoir comme un rideau est tombé sur ma tête,
мысль о сумасшедших домах.
l’idée des asiles d’aliénés.

И —
Et –
  « 
в гибель дредноута
comme dans un navire naufragé
 от душащих спазм
quand arrivent ces spasmes de suffocation
  бросаются в разинутый люк —
on se jette par le hublot béant –
сквозь свой
par votre
до крика разодранный глаз
cri déchirant, il sort de ses yeux
лез, обезумев, Бурлюк.
ahuris, David Bourliouk.
Почти окровавив исслезенные веки,
De ses paupières presqu’ensanglantées,
вылез,
il émerge,
 встал,
il se lève,
пошел
il avance
 и с нежностью, неожиданной в жирном человеке
et avec tendresse, inattendue pour un homme de sa corpulence
 взял и сказал:
Il se dresse et dit:
«Хорошо!»
« Bien! »
 Хорошо, когда в желтую кофту
C’est utile dans ces cas-là, d’avoir posé la veste jaune
 душа от осмотров укутана!
sur l’âme pour lui éviter les regards inquisiteurs !
 Хорошо,
C’est bien,
 когда брошенный в зубы эшафоту,
quand jeté dans les dents de l’échafaud
крикнуть:
de pouvoir crier :
«Пейте какао Ван-Гутена!»
« Buvez du cacao Van Houten ! »

*

Бурлюк, Давид Давидович
David Bourliouk

*

И эту секунду,
Et cette seconde-là,
бенгальскую,
de feu de Bengale,
громкую,
explosive,
я ни на что б не выменял,
je ne pourrai l’échanger,
я ни на…
Je ne suis pas pour …

А из сигарного дыма
Et la fumée de cigare,
ликерною рюмкой
tel un verre de liqueur,
вытягивалось пропитое лицо Северянина.
s’étirait Igor Severianine ivre.
Как вы смеете называться поэтом
Comment osez-vous vous appeler poète
и, серенький, чирикать, как перепел!
quand grisé vous chantez comme une caille !
Сегодня
Aujourd’hui
надо
il faut
кастетом
avec un coup de poing
кроиться миру в черепе!
éclater le crâne du monde !

*

Игорь Северянин
Igor Severianine

*

 

Вы,
vous
обеспокоенные мыслью одной —
préoccupé par l’idée fixe –
«изящно пляшу ли»,—
« Avons-nous dansé gracieusement ? » –
смотрите, как развлекаюсь
Voyez comment  vous vous amusez
я —
Moi –
 площадной
faussaire
сутенер и карточный шулер.
filou proxénète et tricheur de carte.
От вас,
Loin de vous,
которые влюбленностью мокли,
qui aimaient la mollesse,
 от которых
d’où
 в столетия слеза лилась,
tant de larmes coulent sur les siècles,
уйду я,
je partirai,
солнце моноклем
pour monocle, le soleil,
вставлю в широко растопыренный глаз.
incrusté dans un regard largement évasif.

Невероятно себя нарядив,
Incroyablement fagoté
пойду по земле,
je traverserai la terre,
 чтоб нравился и жегся,
pour plaire et me consumer,
а впереди
et avec
на цепочке Наполеона поведу, как мопса.
Napoléon au bout d’une chaîne, comme un roquet.
Вся земля поляжет женщиной,
Comme une femme se couchera la terre
 заерзает мясами, хотя отдаться;
animale et débridée ;
вещи оживут —
les choses viendront à la vie –
губы вещины
de pulpeuses lèvres
засюсюкают:
murmureront :
«цаца, цаца, цаца!»
« la cocotte, la cocotte, la cocotte ! » 

Вдруг
tout à coup
 
и тучи
les nuages
 и облачное прочее
tous les nuages.
подняло на небе невероятную качку,
se lèveront dans un incroyable bazar.
как будто расходятся белые рабочие,
comme une sortie de blancs travailleurs,
небу объявив озлобленную стачку.
en grève contre le ciel
Гром из-за тучи, зверея, вылез,
derrière un nuage, la foudre est sortie,
 громадные ноздри задорно высморкая,
mouchant les énormes narines avec ferveur,
и небье лицо секунду кривилось
et la face du ciel
 суровой гримасой железного Бисмарка.
a fait la moue sévère d’un Bismarck de fer.
И кто-то,
Et quelqu’un,
запутавшись в облачных путах,
empêtré dans les nuages
вытянул руки к кафе —
tendit ses bras pour prendre un café –
и будто по-женски,
d’une manière féminine,
 и нежный как будто,
et douce,
и будто бы пушки лафет.
comme on tire au canon.

Вы думаете —
Pensez-vous que
это солнце нежненько
les rayons du soleil
треплет по щечке кафе?
caressent le café sur sa joue ?
Это опять расстрелять мятежников
C’est un nouveau massacre de rebelles
 грядет генерал Галифе!
orchestré par le général Gaston de Galliffet !

Выньте, гулящие, руки из брюк —
Sortez, rôdeurs, les mains de votre pantalon –
берите камень, нож или бомбу,
Prenez une pierre, un couteau ou une bombe,
а если у которого нету рук —
et si vous êtes amputés des mains –
пришел чтоб и бился лбом бы!
venez quand même et frappez avec le front !
 Идите, голодненькие,
Allez, mendiants,
потненькие,
puant la sueur,
 покорненькие,
esclaves,
закисшие в блохастом грязненьке!
qui moisissaient ainsi !
Идите!
Allez !
Понедельники и вторники
Lundi et mardi
окрасим кровью в праздники!
tachés de sang, ces jours seront chômés !
Пускай земле под ножами припомнится,
Que la terre sous le couteau n’oublie pas
кого хотела опошлить!
ceux qu’elle a voulu avilir !

 

Земле,
La terre
обжиревшей, как любовница,
lardée comme une maîtresse,
которую вылюбил Ротшильд!
soumise à Rothschild !
Чтоб флаги трепались в горячке пальбы,
Que flottent les drapeaux dans la chaleur de la rébellion,
как у каждого порядочного праздника —
comme toutes les fêtes décentes –
выше вздымайте, фонарные столбы,
éclairez lampadaires,
окровавленные туши лабазников.
les carcasses sanglantes des marchands.

Изругивался,
Invectives,
вымаливался,
prières,
резал,
canifs,
лез за кем-то
un guet-apens
вгрызаться в бока.
un coup dans les hanches.

На небе, красный, как марсельеза,
Au ciel, rouge comme la Marseillaise,
вздрагивал, околевая, закат.
tremblotant, le coucher de soleil finissant.

Уже сумашествие.
Déjà la folie.

Ничего не будет.
Rien ne se passera.

Ночь придет,
Viendra la nuit,
перекусит
d’une seule bouchée
и съест.
gobera tout illico.
  Видите —
Vous voyez –
небо опять иудит
le ciel à nouveau comme Judas
пригоршнью обгрызанных предательством звезд?
trahira-t-il une poignée d’étoiles ?

Пришла.
Elle est venue.
Пирует Мамаем,
Comme un festin de l’émir Mamaï de la Horde bleue,
задом на город насев.
le cul sur la ville.
Эту ночь глазами не проломаем,
Nos yeux ne traverseront jamais l’épaisseur de la nuit,
черную, как Азеф!
noir comme Yevno Azev, infiltré de la Police Tsariste !

Ежусь, зашвырнувшись в трактирные углы,
Niché dans un coin des tavernes,
вином обливаю душу и скатерть
le vin aspergera tant mon âme que la nappe
и вижу:
et je vois :
 в углу — глаза круглы,—
dans le coin – les yeux ronds –
глазами в сердце въелась богоматерь.
les yeux profondément ancrés au cœur par la Mère de Dieu.
Чего одаривать по шаблону намалеванному
Qui confèrent de la sainteté
 сиянием трактирную ораву!
à cette taverne de mal léchés !
Видишь — опять
Vous voyez – encore une fois
голгофнику оплеванному
pourquoi à l’homme du Golgotha
предпочитают Варавву?
préfèrent-ils Barrabas ?
Может быть, нарочно я
Peut-être est-ce délibérément
  в человечьем месиве
dans ce désordre humain
лицом никого не новей.
que mon visage n’est pas inconnu.
Я,
Moi
может быть,
peut-être
  самый красивый
la plus beau
из всех твоих сыновей.
de tous tes fils.
 Дай им,
Permets-leur,
заплесневшим в радости,
à ceux qui croupissent dans la joie,
скорой смерти времени,
et dans la rapide mort du temps
чтоб стали дети, должные подрасти,
aux enfants de grandir immédiatement,
 мальчики — отцы,
que les garçons – deviennent des pères,
девочки — забеременели.
que les filles – se retrouvent enceintes.
И новым рожденным дай обрасти
Et permets aux nouveau-nés
пытливой сединой волхвов,
de posséder de suite les cheveux gris des sages,
и придут они —
et ils viendront –
и будут детей крестить
et les enfants seront baptisés
 именами моих стихов.
du nom de mes poèmes.

Я, воспевающий машину и Англию,
Je glorifie les machines et l’Angleterre,
может быть, просто,
peut-être suis-je juste,
в самом обыкновенном Евангелии
dans l’Évangile ordinaire
тринадцатый апостол.
le treizième apôtre.
И когда мой голос
Et quand ma voix
похабно ухает —
porte des hululements obscènes –
от часа к часу,
d’heure en heure,
сутки,
toute la journée,
целые может быть, Иисус Христос нюхает
peut-être que Jésus Christ renifle tout simplement
моей души незабудки.
les myosotis mon âme.

 





*******

VLADIMIR MAÏAKOVSKI
1915




LE NUAGE EN PANTALON (MAÏAKOVSKI – 1915) DEUXIEME PARTIE

****

Владимир Маяковский

русский поэт- Poète Russe
русская литература
Littérature Russe
 

 





 

Владимир Владимирович Маяковский
Vladimir Maïakovski

1893-1930

TRADUCTION JACKY LAVAUZELLE
стихотворение Лермонтова

 




 Théâtre de Vladimir Maïakovski

VLADIMIR MAÏAKOVSKI
1915
Облако в штанах
LE NUAGE EN PANTALON

Тетраптих – Tétraptyque

II


DEUXIEME PARTIE



**

Славьте меня!
Grâce !
Я великим не чета.
Je ne fais pas le poids.
Я над всем, что сделано,
Moi, sur tout ce qui est fait,
ставлю «nihil».
Je mets un «nihil».

Никогда
Jamais !
ничего не хочу читать.
Je ne veux pas lire.
Книги?
Des livres ?
Что книги!
Quoi, les livres !

Я раньше думал —
Je pensais –
книги делаются так:
que livres étaient faits comme ça :
 пришел поэт,
le poète arrive,
легко разжал уста,
il desserre sa bouche,
и сразу запел вдохновенный простак —
et immédiatement il entame, le simplet, un couplet à chanter-
пожалуйста!
C’est fait !
А оказывается —
Et il se trouve qu’en réalité –
прежде чем начнет петься,
avant qu’il ne commence à chanter,
долго ходят, размозолев от брожения,
il lui faille une longue marche, une longue fermentation,
и тихо барахтается в тине сердца
et qu’il laisse son cœur patauger tranquillement dans sa boue
глупая вобла воображения.
la stupide imagination du gardon.
Пока выкипячивают, рифмами пиликая,
Alors que l’on cuisine, en grattant des rimes,
из любвей и соловьев какое-то варево,
Une fricassée d’amour au rossignol
улица корчится безъязыкая —
la rue  se tortille sans langue-
ей нечем кричать и разговаривать.
Elle n’a rien à crier et elle n’a rien à dire.

Городов вавилонские башни,
Des tours de Babel se dressent dans nos villes
возгордясь, возносим снова,
Elles grimpent  à nouveau,
а бог
et dieu
 города на пашни
plante des villes sur les terres arables
 рушит,
qu’elles détruisent,
мешая слово.
confusion des mots.

Улица муку молча пёрла.
En silence, la rue avale sa peine.
Крик торчком стоял из глотки.
Un cri se glace dans sa gorge.
Топорщились, застрявшие поперек горла,
Coincés dans la gorge irritée,
пухлые taxi и костлявые пролетки
De gras taxis et d’osseux fiacres
грудь испешеходили.
Et une poitrine piétinée.
Чахотки площе.
Infectée.
Город дорогу мраком запер.
La route de la ville est verrouillée par l’obscurité.

И когда —
Et quand –
все-таки!—
après tout ! –
выхаркнула давку на площадь,
Elle a écrasé les badauds sur la zone,
спихнув наступившую на горло паперть,
Ecartant le porche  qui encombrait sa gorge,
думалось:
faisant penser à
 в хорах архангелова хорала
un chant par des chorales d’archanges,
бог, ограбленный, идет карать!
Dieu, dépouillé, venait pour punir !

А улица присела и заорала:
La rue s’est accroupie et a crié :
 
«Идемте жрать!»
« Allons manger! »

Гримируют городу Круппы и Круппики
Les gros Krupps et les maigres Krupps maquillent sur la ville
грозящих бровей морщь,
de menaçant sourcils froncés
а во рту
et dans la bouche
умерших слов разлагаются трупики,
des mots morts décomposés cadavériques,
 только два живут, жирея —
Seulement deux mots survivent, et profitent –
«сволочь»
« bâtard »
и еще какое-то,
et un autre,
кажется, «борщ».
Il me semble : «borchtch».

Поэты,
Poètes,
 размокшие в плаче и всхлипе,
Affadis par les pleurs et encore les pleurs,
бросились от улицы, ероша космы:
se sont précipités dans la rue, ébouriffantes crinières :
«Как двумя такими выпеть
« Comment avec ces deux uniques mots
и барышню,
pouvoir évoquer la jeune femme,
и любовь,
et l’amour
и цветочек под росами?»
et la floraison sous la rosée? « 
 А за поэтами —
Et après le poète –
уличные тыщи:
des milliers se sont retrouvés dans la rue :
студенты,
les étudiants
проститутки,
les prostituées,
подрядчики.
les entrepreneurs.

Господа!
Seigneur!
Остановитесь!
Stop!
Вы не нищие,
Vous n’êtes pas des gueux,
вы не смеете просить подачки!
ne demandez pas l’aumône !

Нам, здоровенным,
Pour nous, les costauds,
с шаго саженьим,
avec nos grandes enjambées,
надо не слушать, а рвать их —
il n’est nullement nécessaire de les écouter, il faut les réduire en miettes-
их,
oui, eux
присосавшихся бесплатным приложением
qui bénéficient de gratuité
  к каждой двуспальной кровати!
pour chaque lit double!

 





Их ли смиренно просить:
Est-ce que humblement nous allons nous abaisser à dire :
«Помоги мне!»
« Aidez-nous ! »
Молить о гимне,
Demandez-leur un hymne,
 об оратории!
un oratorio !
Мы сами творцы в горящем гимне —
Nous sommes les créateurs de l’hymne ardent –
шуме фабрики и лаборатории.
le bruit des usines et des laboratoires.

Что мне до Фауста,
Que m’importe Faust,
феерией ракет
d’extravagants missiles
скользящего с Мефистофелем в небесном паркете!
se déplaçant avec Méphistophélès sur la piste de danse céleste !
Я знаю —
Je sais –
гвоздь у меня в сапоге
qu’un seul clou dans ma botte
кошмарней, чем фантазия у Гете!
est plus cauchemardesque encore que toute la fantaisie réunie de Goethe !

Я,
Moi
златоустейший,
Bouche dorée,
 чье каждое слово
dont chaque mot
 душу новородит,
renforce mon âme,
 именинит тело,
nettoie le corps,
говорю вам:
je vous le dis :
мельчайшая пылинка живого
le plus petit grain de poussière vivant
 ценнее всего, что я сделаю и сделал!
est chose plus précieuse que ce que je fais, et ce que j’ai fait !

Слушайте!
Ecoutez !
Проповедует,
Le prêche,
мечась и стеня,
nerveux, murmurant,
  сегодняшнего дня крикогубый Заратустра!
aujourd’hui de Zarathoustra !
Мы
Nous
с лицом, как заспанная простыня,
avec un visage comme une couette somnolente,
с губами, обвисшими, как люстра,
avec des lèvres tombantes comme un lustre,
 мы,
nous,
каторжане города-лепрозория,
les déclarés coupable, les condamnés de la ville léproserie,
 где золото и грязь изъязвили  проказу,—
où l’or et la saleté se posent sur la lèpre –
мы чище венецианского лазорья,
Nous sommes plus propres que la Venise bleue,
морями и солнцами омытого сразу!
par la mer et le soleil à la fois baignée !

Плевать, что нет
Je ne me soucie pas de trouver chez
  
у Гомеров и Овидиев
Homère et Ovide
людей, как мы,
des gens comme nous,
от копоти в оспе.
variolés de suie.
Я знаю —
Je sais –
солнце померкло б, увидев
que le soleil s’assombrirait, voyant
наших душ золотые россыпи!
dans nos âmes cette mine d’or !

Жилы и мускулы — молитв верней.
Veines et muscles – valent mieux que les prières des fidèles.
Нам ли вымаливать милостей времени!
Nous ne demandons pas les faveurs de temps !
 Мы —
Nous –
 каждый —
Chacun d’entre nous –
держим в своей пятерне
nous gardons dans nos cinq doigts
миров приводные ремни!
les rênes du mondes !

 





Это взвело на Голгофы аудиторий
J’ai gravi le Golgotha des auditoires
Петрограда, Москвы, Одессы, Киева,
de Petrograd, Moscou, Odessa, Kiev,
 и не было ни одного,
et il n’y avait rien, personne
  который
qui
не кричал бы:
a crié :
 «Распни,
« Crucifiez,
 распни его!»
Crucifiez-le! « 
Но мне —
A moi-
люди,
les gens
 и те, что обидели —
et ceux qui m’ont offensé, aussi –
вы мне всего дороже и ближе.
vous êtes ce qu’il y a de plus précieux pour moi et de plus intime.

Видели,
Avez-vous vu
 как собака бьющую руку лижет?!
un chien battu lécher la main qui le bat !

Я,
Moi,
обсмеянный у сегодняшнего племени,
vilipendé par la tribu d’aujourd’hui,
как длинный
comme une interminable
скабрезный анекдот,
anecdote indécente,
вижу идущего через горы времени,
Je vois venir à travers les montagnes du temps
которого не видит никто.
celui que personne ne voit.

Где глаз людей обрывается куцый,
Où les yeux des gens s’arrêtent,
главой голодных орд,
à la tête des hordes affamées,
в терновом венце революций
munie d’une couronne d’épines de révolutions,
 грядет шестнадцатый год.
la seizième année de notre siècle arrive.

А я у вас — его предтеча;
Et moi- son prédécesseur ;
 я — где боль, везде;
moi- partout où la douleur se trouve ;
на каждой капле слёзовой течи
sur chacun des pleurs
  распял себя на кресте.
je me suis crucifié.
   Уже ничего простить нельзя.
Rien ne peut plus être pardonné .
Я выжег души, где нежность растили.
J’ai brûlé les âmes où la tendresse existait.
 Это труднее, чем взять
Ceci est plus difficile que de prendre
тысячу тысяч Бастилий!
mille milliers de Bastille !

И когда,
Et quand,
приход его
lors de sa venue
мятежом оглашая,
dans le vacarme des rébellions,
выйдете к спасителю —
viendra le sauveur –
вам я
Pour vous, moi,
душу вытащу,
je m’arracherai la langue,
растопчу,
je la foulerai aux pieds,
чтоб большая!—
afin qu’elle grandisse ! –
и окровавленную дам, как знамя.
Et, sanglante, elle deviendra votre bannière.

*******

VLADIMIR MAÏAKOVSKI
1915




FERNANDO PESSOA CHRONIQUE DE LA VIE QUI PASSE (1915)- LE PROLETARIAT S’ORGANISE – O proletariado organiza-se

Chronique de la Vie qui passe
Poème & Prose de Fernando Pessoa





Traduction – Texte Bilingue
tradução – texto bilíngüe

Traduction Jacky Lavauzelle


LITTERATURE PORTUGAISE
POESIE PORTUGAISE

Literatura Português

FERNANDO PESSOA
1888-1935
Fernando Pesso Literatura Português Poesia e Prosa Poésie et Prose Artgitato

 





Prosa de Fernando Pessoa




Crónicas da Vida Que Passa
*******

Crónica da Vida Que Passa
CHRONIQUE DE LA VIE QUI PASSE

21 de abril 1915
21 avril 1915

 

*****

O proletariado organiza-se
Le Prolétariat s’organise

 




 

O proletariado organiza-se.
Le prolétariat s’organise.
Inaugurou-se há dias, em Lisboa, a Associação de Classe dos Monárquicos.
Il a inauguré il y a quelques jours, à Lisbonne, l’Association de Classe de Monarchistes.

Os operários manuelistas merecem-me a mesma simpatia e consideração que os outros sempre me mereceram;
Les travailleurs manuélistes méritent la même sympathie et la même considération que les autres si seulement ils les méritent ;
e seria, da minha parte, tão cruel como indelicado fazer referências menos bondosas a quem procura ganhar honradamente a vida e, achando cheias as profissões usuais, se aproveita da necessidade de uma nova profissão, e por isso, por vezes, a exerce incompetentemente.
et il serait, pour ma part, aussi cruel que désobligeant d’être moins aimable envers ceux qui cherchent à gagner honorablement leur vie et qui, ne trouvant rien dans des professions usuelles,  se retrouvent dans la nécessité d’embrasser une nouvelle profession, et à, parfois, l’exercer de façon incompétente.

Quando surgiu a indústria automobilista, foi preciso criar a classe dos  chauffeurs;  
Quand l’industrie automobiliste s’est créée, il était nécessaire de créer une classe des chauffeurs;
ninguém, a não ser um ou outro atropelado mais plebeu, se revoltaria decerto contra a imperícia inicial dos guiadores dos carros.
personne, à l’exception probable d’un accidenté plébéien, ne se serait certainement pas révolter contre les premières maladresses de nos conducteurs.
Estavam aprendendo o ofício — o que é natural — e ganhando a sua vida — o que é respeitável.
Ils apprenaient le métier – ce qui est naturel – et gagnaient leur vie – ce qui est respectable.
Depois ficaram sabendo da sua arte, e, embora a maioria continue guiando mal, o facto é que são  hauffeurs definitivamente.
Après avoir appris leur art, et, bien que la plupart continuent à conduire encore aujourd’hui aussi mal, le fait est qu’ils sont chauffeurs définitivement.

 

*

 Fernando Pessoa et Costa Brochado
Café Martinho da Arcada
6 juin 1914

*

Ora o critério de humana tolerância que se aplica aos  chauffeurs —   como a todas as outras classes operárias que o progresso vai tornando precisas, triste seria que o não quiséssemos aplicar aos artistas monárquicos, excluindo-os assim, abusivamente, da grande família proletária, à qual tão dignamente pertencem.
Or le critère de tolérance humaine qui s’applique aux chauffeurs – comme pour toutes les autres classes de travailleurs concernés par le progrès – il serait bien désolant de ne pas l’appliquer aux artistes monarchiques, cela les exclurait, à tort, de la grande famille prolétarienne, à laquelle ils appartiennent dignement.

A maior prova de falta de espírito humanitário seria notar-lhes os defeitos da obra, como se se tratasse de um operariado com tradições.
La plus grande preuve d’un manque d’esprit humanitaire serait de souligner les défauts de leur travail, comme s’il s’agissait d’une classe ouvrière avec des traditions.
Assim, o facto do Sr. Crispim, da  Nação  , nunca ter graça, não lhe deve ser levado a mal.
Ainsi, le fait que M. Crispin, de Nação, n’est jamais amusant, ne doit pas être pris en compte.
Ele não a tem naturalmente. 
Il est ainsi naturellement.
Também ninguém nasce  chauffeur   ou bailarino russo.
Aussi personne ne naît chauffeur ou danseur russe.
Quem sabe o que a aplicação e boa vontade podem conseguir?
Qui sait ce que l’application et la bonne volonté peuvent nous permettre d’atteindre ?
Quem nos diz que não teremos um dia a surpresa do Sr. Crispim nos aparecer com espírito?
Qui peut dire qu’il n’est pas possible de voir un jour M. Crispin avec de l’esprit ?

*




.

O que acontece com a graça do Sr. Crispim acontece também, é claro, com o talento do Sr. José de Arruela e a lógica do Sr. Cunha e Costa.
Ce qui arrive à la grâce de M. Crispin arrive aussi, bien sûr, au talent chez M. José de Arruela et ou à la logique de M. Cunha e Costa.
E com respeito a esses outros artífices que se ocupam das partes mais técnicas da indústria monárquica, também o desalento me parece prematuro.
Et par rapport à ces autres artisans qui se retrouvent plus sur les parties techniques de l’industrie monarchiques, le découragement semble prématuré.
É o caso, por exemplo, do meu amigo João do Amaral (não o especializo se não para o saudar), de qual — um santo rapaz, e até inteligente — vê-se que, como os outros, não está ainda à vontade na tecnologia da classe.
Tel est le cas, par exemple, de mon ami João do Amaral (je l’évoque ce qui me permet de le saluer), – un saint homme, et même un homme intelligent – dont nous voyons assurément que, comme les autres, il n’est pas à l’aise encore avec la technologie de sa classe.
Porque a gente vê que aquilo do  El-Rei  e Sumo Pontífice   é ferramenta com que ainda não sabem lidar.
Car nous voyons qu’ils ne savent pas encore bien manipuler les outils comme Le Roi et comme le Souverain Pontife.
Fica-nos sempre a impressão de que há peças que saltam no rodar daqueles engenhos lógicos, que há laqueios, folgas e outras coisas feias nestas engrenagens da dialéctica integralista.
Cela donne l’impression qu’il y a des morceaux qui sautent dans le processus de ces engins logiques, comme des dysfonctionnements, un sorte de jeu et d’autres choses bien laides dans ces engrenages de la dialectique intégriste.




Dos outros defeitos que a classe ostenta — a falta de cultura, a precipitação nas conclusões, a frequente grosseria nos ataques — seria quase ignóbil falar, dado que tais têm sempre sido, em toda a parte, as infelicidades de origem das agremiações plebeias.
Des autres défauts de cette classe – le manque de culture, la précipitation dans ses conclusions, les grossièretés fréquentes dans les attaques- il serait presque honteux de parler, car ils ont toujours été, partout, les malheurs d’originels des associations plébéiennes.

********




Crónica da Vida Que Passa
Chronique de la Vie qui Passe
Fernando Pessoa
1915

FERNANDO PESSOA (1915) SUR LA TRAHISON ET LE TRAÎTRE – CHRONIQUE DE LA VIE QUI PASSE

Chronique de la Vie qui passe
Poème & Prose de Fernando Pessoa





Traduction – Texte Bilingue
tradução – texto bilíngüe

Traduction Jacky Lavauzelle


LITTERATURE PORTUGAISE
POESIE PORTUGAISE

Literatura Português

FERNANDO PESSOA
1888-1935
Fernando Pesso Literatura Português Poesia e Prosa Poésie et Prose Artgitato

 





Prosa de Fernando Pessoa




Crónicas da Vida Que Passa
*******

Crónica da Vida Que Passa
CHRONIQUE DE LA VIE QUI PASSE

15 de abril 1915
15 avril 1915


*****

SUR LA TRAHISON
&
LE TRAÎTRE

 




 

Na Rússia — ao contrário do que se tem dito — continuam as perseguições políticas.
En Russie – contrairement à ce qui a été dit – les persécutions politiques continuent.
Acaba de ser enforcado, por traidor, o coronel russo Miasoyedoff.
Le colonel russe Miasoyedoff vient d’être pendu pour trahison.
Provou-se, com efeito, que ele era traidor.
Il a été prouvé, en effet, que c’était un traître.
Estava vendido aos alemães, a quem inteirava de planos militares…
il était vendu aux Allemands, en fournissant des plans militaires …
Então em que é isto uma perseguição política?
Alors, où est donc cette persécution politique ?

*

 Fernando Pessoa et Costa Brochado
Café Martinho da Arcada
6 juin 1914

*

Não nos deixemos sugestionar senão pela verdade.
Ne nous laissons pas influencer sinon par la seule vérité.
Examinemos o que seja uma traição.
Examinons ce qu’est une trahison.

Um traidor é simplesmente um individualista.
Un traître est tout simplement un individualiste.
A traição, longe de ser um acto condenável, não passa duma opinião política — filosófica, mesmo, como no fundo são todas as opiniões políticas.
La trahison, loin d’être un acte répréhensible, est une opinion politique – philosophique,  comme au fond le sont toutes les opinions politiques.




A guerra é uma substituição, na moral e na acção, do critério inibitivo pelo critério expansivo.
La guerre est une substitution, dans la morale et dans l’action, du critère d’inhibition par le critère d’expansion.
Toda a vida social, normalmente, se rege por princípios que têm por base a inibição da acção dos instintos, de modo que eles não prejudiquem os outros.
Toute la vie sociale est normalement régie par des principes qui sont basés sur l’inhibition de l’action des instincts, de sorte qu’ils ne nuisent pas à autrui.
Na guerra acontece o contrário.
En guerre, le contraire se produit.
Ali os instintos são, organizadamente, desencadeados.
Les instincts y sont soigneusement libérés.
O fundo humano da violência e combatividade aparece.
Le fond humain de violence et de combativité apparaît.
Passa a ser legítima a solução animal das questões.
Cela passe par légitimer la solution animal aux problèmes.
Age só o egoísmo absoluto, a luta pela vida, descarnadamente.
seuls existent les actes d’égoïsme absolu, la lutte pour la vie, une lutte acharnée.
Só se trata de prejudicar os outros.
Seulement s’il s’agit de nuire à autrui.




Ora um traidor é uma criatura que, por dinheiro ou outro interesse pessoal, compromete os interesses da pátria.
Maintenant, un traître est une créature qui, pour de l’argent ou d’autres intérêts personnels, compromet les intérêts de sa patrie.
Isto é, segue um critério egoísta, segue o instinto do lucro, de interesse pessoal.
En cela, il suit un critère égoïste, il suit l’instinct de lucre, il suit son intérêt personnel.
E isto vem a ser servir-se precisamente da mesma moral que a da guerra.
Et cela vient à dire qu’il suit exactement la même morale que pour la guerre.

A sua divergência está em que dá a essa moral uma interpretação individualista, ao passo que a interpretação comum é solidarista. Leur différence est qu’il donne à cette morale une interprétation individualiste, alors que l’interprétation commune est solidariste.
E uma questão de política ou de filosofia.
Voici une question de politique ou de philosophie.
Ora não se deve matar uma criatura por causa das suas opiniões filosóficas.
Maintenant, nous ne devrions pas tuer une créature à cause de ses opinions philosophiques.

Mas, dirá um incauto, a traição, seja o que for, compromete a pátria, a colectividade;
Mais, dira un non averti, la trahison compromet la patrie, la communauté ;
é um perigo enorme, que se não pode tratar de leve.
c’est est un grand danger qui ne peut pas être traité à la légère.
Nesse caso deviam ser enforcados, como Miasoyedoff; os estadistas que lançam um país numa guerra de que ele não saia vencedor.
Dans ce cas, nous devrions pendre, comme Miasoyedoff, les hommes d’Etat qui jettent leur pays dans une guerre dans laquelle il ne sortirait pas vainqueur.
Esses comprometem toda a pátria, de uma só vez, e não se pode dizer, como do traidor, que o fazem por uma interpretação filosófica da guerra, diversa da interpretação corrente.
Ils engagent tout le pays, tout le pays à la fois, et on ne peut pas dire, comme le traître qui le fait par interprétation philosophique de la guerre, différente de l’interprétation courante.
Fazem-no utilizando a interpretação corrente, o que é muito mais hábil, mas, por isso mesmo, muito mais imoral.
Ils le font en utilisant l’interprétation courante, ce qui est très habile, mais, par conséquent, beaucoup plus immoral.

********




Crónica da Vida Que Passa
Chronique de la Vie qui Passe
Fernando Pessoa
1915

 

LA POESIE ET LA PROSE DE MAÏAKOVSKI – поэзия и проза Маяковский

 поэзия и проза Маяковский

 русский поэт- Poète Russe
русская литература
Littérature Russe
 

 





 

Владимир Владимирович Маяковский
1893-1930

TRADUCTION JACKY LAVAUZELLE
стихотворение Лермонтова

 




 

LA POESIE ET LA PROSE DE MAÏAKOVSKI
Поэмы
стихи русского поэта Владимира Маяковского

1913

**

VLADIMIR MAÏAKOVSKI
Владимир Маяковский

Tragédie en deux actes
Трагедия в двух действиях

PROLOGUE – ПРОЛОГ
ACTE I
ACTE II
EPILOGUE – ЭПИЛОГ

***

1915

**

LA FLÛTE DES VERTEBRES
Флейта-позвоночник

LE PROLOGUE
пролог



**

1915

LE NUAGE EN PANTALON
Облако в штанах

LE PROLOGUE
пролог

Вашу мысль,
Votre pensée,
 мечтающую на размягченном мозгу,
rêvant sur un cerveau ramolli,
как выжиревший лакей на засаленной кушетке,
comme un serviteur grassouillet dans un canapé gras,

PREMIERE PARTIE
I

Вы думаете, это бредит малярия?
Pensez-vous que cela provienne de la malaria ?
Это было,
C’était
было в Одессе.
C’était à Odessa

SECONDE PARTIE
II

Славьте меня!
Grâce !
Я великим не чета.
Je ne fais pas le poids.

TROISIEME PARTIE
III

Ах, зачем это,
Ah, pourquoi,
откуда это
d’où proviennent

**

1917

L’HOMME
Человек

PASSION DE MAÏAKOVSKI
Страсти Маяковского

Слышите?
Entendez-vous ?
Слышите лошажье ржанье?
Entendez-vous hennir les montures ?



 


*****

 «Я, пожалуй, последний поэт …»
« Je suis, peut-être, le dernier poète … »




*************

 

LA POESIE ET LA PROSE DE MAÏAKOVSKI
Поэмы
стихи русского поэта Владимира Маяковского

 поэзия и проза Маяковский

LA FLÛTE DES VERTEBRES de MAÏAKOVSKI – Le Prologue – Флейта-позвоночник

Флейта-позвоночник

LA FLÛTE DES VERTEBRES DE MAÏAKOVSKI


русский поэт- Poète Russe
русская литература
Littérature Russe
 

 





 

Владимир Владимирович Маяковский
Vladimir Maïakovski

1893-1930

TRADUCTION JACKY LAVAUZELLE
стихотворение Лермонтова

 




 Poème de Vladimir Maïakovski

LA FLÛTE DE VERTEBRES
Флейта-позвоночник
1915
PROLOGUE – пролог

**

За всех вас,
A vous toutes,
которые нравились или нравятся,
qui aiment ou qui avez aimé,
хранимых иконами у души в пещере,
Icônes stockées dans une caverne de l’âme,
как чашу вина в застольной здравице,
Comme une coupe de vin à boire lors d’un toast,
подъемлю стихами наполненный череп.
Je lève mes vers au fond de ce crâne.



Все чаще думаю –
De plus en plus, je pense –
не поставить ли лучше
Que le mieux serait de placer
точку пули в своем конце.
Une balle à la fin.
Сегодня я
Aujourd’hui,
на всякий случай
Juste au cas où,
даю прощальный концерт.
Je donne un concert d’adieu.



 

Память!
Mémoire !
Собери у мозга в зале
Recueille dans la pièce du cerveau
любимых неисчерпаемые очереди.
Une file inépuisable d’amantes.
Смех из глаз в глаза лей.
Que le rire baignent les yeux.
Былыми свадьбами ночь ряди.
Que la nuit s’embellisse de nos hymens passés.
Из тела в тело веселье лейте.
Que de corps en corps la joie circule.
Пусть не забудется ночь никем.
Que ne soit jamais oublié cette nuit.
Я сегодня буду играть на флейте.
Aujourd’hui, je vais jouer de la flûte.
На собственном позвоночнике.
Sur ma propre colonne vertébrale.



 




*******

Poème de Vladimir Maïakovski
LA FLÛTE DES VERTEBRES
PROLOGUE
1915




LA FLÛTE DES VERTEBRES DE MAÏAKOVSKI

Court Hill Ganesh Temple Kuala Lumpur

 

Pelancongan di Malaysia
Voyage en Malaisie
PHOTO JACKY LAVAUZELLE

 




 COURT HILL GANESH TEMPLE

 Visiter Kuala Lumpur
Meneroka kota Kuala Lumpur
Melawat Kuala Lumpur
吉隆坡
Куала-Лумпур

*








Court Hill Ganesh Temple

9, Jalan Pudu Lama  -Kuala Lumpur

Temple hindou dédié à Ganesh,  dieu de la sagesse, de l’intelligence, de l’éducation et de la prudence.

Lové dans une petite rue où trône, à proximité, l’immense tour de la MayBank de KL, incurvé par un virage serré de la Jalan Pudu Lama, le temple hindou Court Hill Ganesh Temple, s’offre à nous.

Il s’offre à nous par le bruit des musiques rituelles et des noix de coco que l’on fracassent et par les odeurs des fleurs et des encens. Nous rentrons dans le temple où le bonheur est glorifié, et tout est orchestré pour que le malheur soit rejeté. Une série d’éléphants orne l’extérieur. A l’intérieur, ce sont les Ganesh en relief qui entourent la salle des cérémonies.

Ganesh a toujours suscité la surprise lors des visites en Inde ou en Asie du Sud-Est. Jules Bois en 1903 rapportait les impressions suivantes dans ses Visions de l’Inde (Société d’Editions Littéraires et Artistiques) : « Nous voyons les autels des dieux moindres avant de pénétrer dans le saint des saints. C’est d’abord l’idole-Éléphant au fond d’un réduit noirâtre. Elle est noire elle-même avec sa trompe, et des obscénités s’entrelacent autour d’elle en nimbe infâme. Heureusement qu’il faut être familier avec les symboles hindous pour comprendre. Et pourtant il ne s’agit que du dieu de la sagesse, le bon Ganesh ! Les Européennes qui nous accompagnent s’étonnent, leurs robes, tirées par les doigts précautionneux afin d’éviter les salissures. Elles ne voient que des courbes dans les ténébreuses lueurs. Les autres autels sont distants, enfoncés dans des sanctuaires qu’un pied d’Européen contaminerait à jamais. « 

Anita Hidalgo en 1915 dans Impressions de mes voyages en Indes (Editions Sturgis & Walton company, Notre suite fut obligée de se déchausser, coutume usitée dans toute l’Inde, en signe de respect. L’entrée était gardée par des soldats ayant toujours le sabre au clair. Quelques prêtres hindous viennent prier quotidiennement devant le Dieu Ganesh, qui est respectueusement placé à l’entrée de l’escalier. Il a la tête d’un éléphant et le corps d’un homme, il est peint d’un rouge écarlate et couvert de parures de fleurs blanches très odorantes. Les Hindous le considèrent comme leur porte-bonheur. Ils le placent généralement au-dessus de la porte d’entrée, persuadés qu’ils seront protégés contre toutes les méchancetés et qu’il leur fera prévoir tout ce qui peut leur arriver dans l’avenir. « 

Les noix de coco, pour le plus grand plaisir des hôtels à proximité qui resteraient mal insonorisés, sont fracassés dans une benne à quelques mètres du temple.
Dans l’Avadhuta Gîtâ ( अवधूत गीता), il est précisé la symbolique de la noix de coco : « Caché dans le champ de la conscience éternelle se tient la cause du monde, qui est Prakriti. Dedans cette cause est Brahman. C’est dans la cosse d’une noix de coco qu’est le monde, la pulpe est prakriti et la douce et fraiche eau enchâssée dans la pulpe est Brahman. » (Traduction Wikisource) –
Il s’agit, en fracassant la noix de coco, தேங்காய், de briser l’illusion du monde, de laisser s’écouler son égo et de l’offrir à Ganesh qui lui offre en retour sa protection.












  

 


*****************************

FERNANDO PESSOA Poemas Inconjuntos Poèmes Désassemblés (1913-1915) Alberto Caeiro

 Poème de Fernando Pessoa
Alberto Caeiro
Poemas Inconjuntos
Poèmes Désassemblés





Traduction – Texte Bilingue
tradução – texto bilíngüe

Traduction Jacky Lavauzelle


LITTERATURE PORTUGAISE
POESIE PORTUGAISE

Literatura Português

FERNANDO PESSOA
1888-1935
Fernando Pesso Literatura Português Poesia e Prosa Poésie et Prose Artgitato

 





Poema de Fernando Pessoa
por Alberto Caeiro
Poemas Inconjuntos

Poème de Fernando Pessoa
Alberto Caeiro
POEMES DESASSEMBLES
1913-1914-1915

Entrada
1917
Amadeo de Souza-Cardoso
Musée Calouste-Gulbenkian, Lisbonne

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Criança desconhecida e suja
Enfant inconnu et sale

Criança desconhecida e suja brincando à minha porta,
Enfant inconnu et sale jouant devant ma porte,
Não te pergunto se me trazes um recado dos símbolos.
Je ne te demande pas si tu m’apportes un message de symboles.

**

Entre o que vejo
Entre ce que je vois

Entre o que vejo de um campo e o que vejo de outro campo
Entre ce que je vois d’un champ et ce que je vois d’un autre champ
    Passa um momento uma figura de homem.
Passe un moment la figure d’un homme.

**

Falas de civilização
Tu parles de civilisation

Falas de civilização, e de não dever ser,
Tu parles de la civilisation, et de ce qui ne devrait pas être,
Ou de não dever ser assim.
Ou ne devrait pas être ainsi.

**

Não basta abrir a janela
Il ne suffit pas d’ouvrir la fenêtre

Não basta abrir a janela
Il ne suffit pas d’ouvrir la fenêtre
 Para ver os campos e o rio.
Pour voir les champs, la rivière.

**

Noite de S. João
Nuit de Saint Jean

Noite de S. João para além do muro do meu quintal.
Nuit de Saint-Jean au-delà du mur de ma cour.
Do lado de cá, eu sem noite de S. João.
  De ce côté, moi, sans nuit de la Saint-Jean.

**

Ontem o pregador
Le Prédicateur

Ontem o pregador de verdades dele
Hier, le prédicateur des vérités qui sont les siennes
Falou outra vez comigo.
Est venu me parler.

**

Pastor do monte
Berger de la montagne

Pastor do monte, tão longe de mim com as tuas ovelhas
Berger de la montagne, loin de moi avec tes moutons
Que felicidade é essa que pareces ter — a tua ou a minha?
Quel bonheur tu sembles avoir- le tien ou le mien ?

**

Quando tornar a vir a Primavera
Quand le Printemps

Quando tornar a vir a Primavera
Quand le printemps sera de nouveau là
  Talvez já não me encontre no mundo.
Peut-être n’appartiendrai-je plus à ce monde.

**

Se depois de eu morrer
Si après ma mort

Se depois de eu morrer, quiserem escrever a minha biografia,
Si après ma mort, je veux écrire ma biographie,
Não há nada mais simples
  Il n’y a rien de plus simple

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Uma gargalhada de raparigas soa do ar da estrada
Un Rire de Fille

Uma gargalhada de raparigas soa do ar da estrada.
Un rire de fille résonne de l’air de la rue.
Riu do que disse quem não vejo.
 Elle a ri de celui que je ne vois pas.

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Verdade mentira certeza incerteza
Vérité mensonge certitude incertitude

Verdade, mentira, certeza, incerteza…
Vérité, mensonge, certitude, incertitude …
Aquele cego ali na estrada também conhece estas palavras.
Cet homme aveugle là, sur la route, connaît aussi ces mots.

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Poemas Inconjuntos