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POUR ELLE – ALEXANDRE POUCHKINE – К НЕЙ – 1817

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                                    TRADUCTION JACKY LAVAUZELLE

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POUR ELLE
1817 
К НЕЙ

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Constantin Korovine, Константин Алексеевич Коровин, Gourzouf, Гурзуф, 1914

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В печальной праздности я лиру забывал,
Dans ma triste oisiveté, j’en ai oublié ma lyre,
Воображение в мечтах не разгоралось,
L’imagination dans mes rêves s’est éteinte,
С дарами юности мой гений отлетал,
Avec les dons de la jeunesse, mon génie s’est envolé,
И сердце медленно хладело, закрывалось
Et le cœur s’est refroidit lentement, se refermant ;
Вас вновь я призывал, о дни моей весны,
Je vous ai rappelés, vous, les jours de mon printemps,
Вы, пролетевшие под сенью тишины,
Volant dans l’ombre du silence
Дни дружества, любви, надежд и грусти нежной,
Jours d’amitié, d’amour, d’espoir et de tendre tristesse,
Когда, поэзии поклонник безмятежный,
Quand, adorateur serein de la poésie,
На лире счастливой я тихо воспевал
Sur la lyre heureuse, je scandais intensément
Волнение любви, уныние разлуки —
Les promesses d’amour, les larmes de l’absence –
И гул дубрав горам передавал
  Et le mugissement des forêts dans les montagnes
Мои задумчивые звуки…
Avec mes émouvantes sonorités…
Напрасно! Я влачил постыдной лени груз,
En vain ! J’ai porté cette lourde paresse honteuse,
В дремоту хладную невольно погружался,
Plongé dans un glacial sommeil involontaire,
Бежал от радостей, бежал от милых муз
Fuyant les joies et les ravissantes muses
И — слезы на глазах — со славою прощался!
Et – les larmes aux yeux – dit adieu à la gloire !
Но вдруг, как молнии стрела,
Mais soudain, comme un éclair,
Зажглась в увядшем сердце младость,
  Jeunesse illuminée dans un cœur flétri,
Душа проснулась, ожила,
  Mon âme s’est réveillée, revenant à la vie,
Узнала вновь любви надежду, скорбь и радость.
J’ai retrouvé l’amour, l’espoir, le chagrin et la joie.
Всё снова расцвело! Я жизнью трепетал;
Tout s’est à nouveau épanoui ! J’étais en admiration devant la vie ;
Природы вновь восторженный свидетель,
   Témoin enthousiaste de la nature,
Живее чувствовал, свободнее дышал,
Je me sentais plus vivant, respirais plus librement,
Сильней пленяла добродетель…
Puissamment captivité par toutes ces vertus …
Хвала любви, хвала богам!
   Gloire à l’amour, gloire aux dieux !
Вновь лиры сладостной раздался голос юный,
A nouveau, ma douce lyre accompagne la divine voix,
И с звонким трепетом воскреснувшие струны
Et avec les puissants frémissements des cordes ressuscitées
Несу к твоим ногам!..
Je la porte à tes pieds ! ..

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SUR LA LUNE – Poésie d’Ossip MANDELSTAM – 1914- Поэзия Осипа Мандельштама – …На луне не растёт

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LITTÉRATURE RUSSE
POÉSIE RUSSE
Русская литература
Русская поэзия
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Poésie de Ossip Mandelstam
Поэзии Осип Мандельштам
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Ossip Emilievitch Mandelstam
О́сип Эми́льевич Мандельшта́м
2/3 janvier 1891 Varsovie – 27 décembre 1938 Vladivostok
2/3 января 1891 Варшава — 27 декабря 1938

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TRADUCTION JACKY LAVAUZELLE
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SUR LA LUNE
1914
На луне не растёт

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…На луне не растёт
.. sur la lune ne pousse pas
Ни одной былинки;
Pas un unique brin d’herbe ;
На луне весь народ
Sur la lune tout le monde
Делает корзинки —
Confectionne des paniers –
Из соломы плетёт
Des paniers de paille
Легкие корзинки.
Des paniers légers.

*

На луне — полутьма
Sur la lune – les ténèbres
И дома опрятней;
Donnent de l’ordre aux maisons ;
На луне не дома —
Sur la lune ce ne sont pas vraiment des maisons –
Просто голубятни;
Plutôt des pigeonniers ;
Голубые дома —
Des maisons bleues –
Чудо-голубятни.
De miraculeux pigeonniers.


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1914

LE JEUNE ÂGE – POEME DE ZINAÏDA HIPPIUS – Поэзия Зинаиды Гиппиус -Молодому веку – 1914

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LITTÉRATURE RUSSE
POÉSIE RUSSE
Русская литература
Русская поэзия
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Poésie de Zinaïda Hippius
Поэзия Зинаиды Гиппиус
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Zinaïda Nicolaïevna Hippius
Зинаи́да Никола́евна Ги́ппиус

8 novembre 1869 Beliov Russie – 9 septembre 1945 Paris,
8 ноября 1869 Белёв, Российская империя — 9 сентября 1945 Париж Франция

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TRADUCTION JACKY LAVAUZELLE
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LE JEUNE ÂGE

1914
Молодому веку
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Тринадцать лет! Мы так недавно
Treize années ! Nous les avons récemment
Его приветили, любя.
Saluées avec passion.
В тринадцать лет он своенравно
À treize ans, capricieusement
И дерзко показал себя.
Et hardiment il s’est montré dans sa vraie nature.

*

Вновь наступает день рожденья…
Votre anniversaire arrive à nouveau …
Мальчишка злой! На этот раз
Garçon capricieux ! Cette fois
Ни празднества, ни поздравленья
Nulles festivités, nulles félicitations ;
Не требуй и не жди от нас.

N’attendez rien de nous.

*

И если раньше землю смели
Et si avant vous osiez
Огнем сражений зажигать —
Tuer dans le feu des batailles …
Тебе ли, Юному, тебе ли
Est-ce que vous, jeune, devez
Отцам и дедам подражать?
Imiter vos pères et vos grands-pères ?

*

Они — не ты. Ты больше знаешь.
Ils ne sont pas comme vous. Vous en savez plus.
Тебе иное суждено.
Vous avez une autre destinée.
Но в старые меха вливаешь
Mais vous versez dans une vieille outre
Ты наше новое вино!
Notre nouveau vin !

*

Ты плачешь, каешься? Ну, что же!
Pleurez-vous, vous vous repentez ? Bien alors !
Мир говорит тебе: «Я жду».
Le monde vous dit : « J’attends. »
Сойди с кровавых бездорожий
Sortez des voies sanglantes
Хоть на пятнадцатом году!
Au moins pour votre quinzième année !


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1914

 

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LES AILES DES ANGES NOIRS – POÈME ANNA AKHMATOVA – 1914 – Как ты можешь смотреть на Неву…

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Poésie d’Anna Akhmatova
Поэзия Анны Ахматовой

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Натан Исаевич Альтман,Natan Altman Портрет А. А. Ахматовой, Portrait d’Anna Akhmatova, 1914, Русский музей, Musée Russe, Saint-Pétersbourg, Санкт-Петербург

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LITTÉRATURE RUSSE
POÉSIE RUSSE
Русская литература

Русская поэзия
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Anna Akhmatova
Анна Ахматова

11 juin 1889 Odessa – 5 mars 1966 Moscou
11 июня 1889 Одесса – 5 марта 1966, Домодедово, Московская область, СССР

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Как ты можешь смотреть на Неву…
1914
Les ailes des anges noirs
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TRADUCTION JACKY LAVAUZELLE
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Как ты можешь смотреть на Неву,
Comment peux-tu regarder la Neva,
Как ты смеешь всходить на мосты?..
Comment supportes-tu de traverser ainsi les ponts ? ..
Я недаром печальной слыву
Je ne suis pas triste sans raison
С той поры, как привиделся ты.
Depuis que j’ai rêvé de toi.
Черных ангелов крылья остры,
Les ailes des anges noirs sont si tranchantes,
Скоро будет последний суд.
Bientôt viendra le jour du jugement.
И малиновые костры,
Et des feux de joie couleur framboise
Словно розы, в снегу растут.
Comme des roses poussent dans la neige.

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1914

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Poésie d’Anna Akhmatova
Поэзия Анны Ахматовой

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LA SOLITUDE – POÈME ANNA AKHMATOVA – 1914 – Анна Ахматова – Уединение

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Poésie d’Anna Akhmatova
Поэзия Анны Ахматовой

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Натан Исаевич Альтман,Natan Altman Портрет А. А. Ахматовой, Portrait d’Anna Akhmatova, 1914, Русский музей, Musée Russe, Saint-Pétersbourg, Санкт-Петербург

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LITTÉRATURE RUSSE
POÉSIE RUSSE
Русская литература

Русская поэзия
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Anna Akhmatova
Анна Ахматова

11 juin 1889 Odessa – 5 mars 1966 Moscou
11 июня 1889 Одесса – 5 марта 1966, Домодедово, Московская область, СССР

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LA SOLITUDE
1914
Уединение
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TRADUCTION JACKY LAVAUZELLE
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Так много камней брошено в меня,
On a lancé sur moi tant de pierres,
Что ни один из них уже не страшен,
Qu’aucune ne me fait plus peur
И стройной башней стала западня,
Et le piège devient une tour élancée,
Высокою среди высоких башен.
Plus haute que les plus grandes tours.
Строителей ее благодарю,
Je remercie les constructeurs,
Пусть их забота и печаль минует.
Que leur inquiétude et leur chagrin passent.
Отсюда раньше вижу я зарю,
Car, de là, je vois l’aube encore plus tôt,
Здесь солнца луч последний торжествует.
Ici, les derniers rayons du soleil triomphent.
И часто в окна комнаты моей
Et souvent par les fenêtres de ma chambre
Влетают ветры северных морей,
Les vents des mers du nord pénètrent
И голубь ест из рук моих пшеницу…
Et la colombe mange le blé au creux de mes mains …
А не дописанную мной страницу —
Et cette page que je n’ai pas encore finie-
Божественно спокойна и легка,
Divinement calme et légère,
Допишет Музы смуглая рука.
La Muse la termine de sa main ensoleillée.


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6 июня 1914 – Слепнево
6 juin 1914 – Slepnevo

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Poésie d’Anna Akhmatova
Поэзия Анны Ахматовой

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L’ABSENCE – Poème d’Anna AKHMATOVA – Анна Ахматова – 1914 – Разлука

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Poésie d’Anna Akhmatova
Поэзия Анны Ахматовой
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Натан Исаевич Альтман,Natan Altman Портрет А. А. Ахматовой, Portrait d’Anna Akhmatova, 1914, Русский музей, Musée Russe, Saint-Pétersbourg, Санкт-Петербург

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LITTÉRATURE RUSSE
POÉSIE RUSSE
Русская литература

Русская поэзия

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Anna Akhmatova
Анна Ахматова

11 juin 1889 Odessa – 5 mars 1966 Moscou
11 июня 1889 Одесса – 5 марта 1966, Домодедово, Московская область, СССР

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L’ABSENCE
1914
Разлука
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TRADUCTION JACKY LAVAUZELLE
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Вечерний и наклонный
Dans le soir, en descente
Передо мною путь.
Dévale le chemin devant moi.
Вчера ещё, влюблённый,
Hier, toujours amoureux,
Молил: «Не позабудь».
Il me suppliait : « Ne m’oublie pas ! »
А нынче только ветры
Et maintenant, il n’y a plus que les vents,
Да крики пастухов,
Qui portent les cris des bergers
Взволнованные кедры
Et le bruissement des feuilles des cèdres agités
У чистых родников.
Là-bas, aux sources pures.

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Весна 1914, Петербург
Printemps 1914, Saint-Pétersbourg

Poésie d’Anna Akhmatova
Поэзия Анны Ахматовой
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LES MAGIQUES FATIGUES – Poème de Florbela Espanca – Se tu viesses ver-me hoje à tardinha

Traduction Jacky Lavauzelle João da Cruz e Sousa
João da Cruz e Sousa Traduction Jacky Lavauzelle

LITTÉRATURE PORTUGAISE
POÉSIE PORTUGAISE
LITERATURA PORTUGUESA
POESIA PORTUGUESA

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TRADUCTION JACKY LAVAUZELLE
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Florbela Espanca
Flor Bela de Alma da Conceição
Poétesse portugaise
8 décembre 1894 – 8 décembre 1930
Vila Viçosa, 8 de dezembro de 1894 — Matosinhos, 8 de dezembro de 1930

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LES MAGIQUES FATIGUES

Se tu viesses ver-me hoje à tardinha
Poème paru dans

« Charneca em Flor » 
1931

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Konstantin Alexeyevich Korovin, Константин Алексеевич Коровин, Gourzouf, Gurzuf, Коровин К. « Гурзуф », 1914

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Se tu viesses ver-me hoje à tardinha,
Si tu venais me voir ce soir,
A essa hora dos mágicos cansaços,
En cette heure des magiques fatigues,
Quando a noite de manso se avizinha,
Quand la douce nuit s’approche,
E me prendesses toda nos teus braços…
Et que tu me tiennes toute entière dans tes bras …

*

Quando me lembra: esse sabor que tinha
Quand je me rappelle cette saveur qu’avait
A tua boca… o eco dos teus passos…
Ta bouche … l’écho de tes pas …
O teu riso de fonte… os teus abraços…
Ton rire jaillissant … Tes étreintes…
Os teus beijos… a tua mão na minha…
Tes baisers … ta main dans la mienne …

*

Se tu viesses quando, linda e louca,
Si tu venais quand, belle et folle,
Traça as linhas dulcíssimas dum beijo
Traçant les plus douces lignes d’un baiser
E é de seda vermelha e canta e ri
De soie rouge et qui chante et rit

*

E é como um cravo ao sol a minha boca…
Et ma bouche comme un œillet au soleil …
Quando os olhos se me cerram de desejo…
Quand les yeux se ferment de désir …
E os meus braços se estendem para ti…

Et quand mes bras se tendent vers toi …

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LA POÉSIE DE FLORBELA ESPANCA
POESIA DE FLORBELLA ESPANCA
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João da Cruz e Sousa Traduction Jacky Lavauzelle

THE DEATH OF COLORS & THE PAINTER OF THE NIGHT – JACKY LAVAUZELLE

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 The God Vagabond
THE DEATH OF COLORS & THE PAINTER OF THE NIGHT of Jacky Lavauzelle


Jacky Lavauzelle Poetry
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Family of peasants (oil on canvas, 1914) Colors Jacky Lavauzelle
Pavel Filonov, Павел Николаевич Филонов, Family of peasants, oil on canvas, 1914


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THE GOD VAGABOND
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THE DEATH OF COLORS & THE PAINTER OF THE NIGHT
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POEMS
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The colors, the colors flowed. The colors flowed constantly.
The colors of the legends. And around the legends, the painters had gathered. The world was losing its colors.
Black was progressing and enveloping the universe.
All the wise men were gone.
They had found no solution.
All the philosophers were gone. Philosophers did not understand the root cause.
Politicians were expected. They never came. It seems they are gathering near the border of the world.
The painters were there. Last bulwark against total darkness and eternal night. They pulled out brushes and brushes again. They came out of the tubes of colors. Of all the tubes, only came out of the black.
Arrived the Painter of the Night! Nobody invited him. He only painted black! Nobody needed him. He alone saw lights in his darkness and in the night that devoured everything. The others laughed and laughed at him.
The Painter of the Night then took his finest brush. And traced a thin line in the night, without worrying about the few colors that remained.
Behind the black, a light of the most beautiful intensity, magic, only asked to go out and join the peaks.
It was a new light that no longer covered the objects. She started from the sap and the essence of things …
The Night Painter finishes his work before dumbfounded humans.
But the men were so afraid that we took his brush and broke it. The crack closed and since then men have all become blind in this world.
At the bottom of a cave, one man, one, still smiles and traces long sarabandes of light that illuminates his heart …

 

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 The God Vagabond
THE DEATH OF COLORS & THE PAINTER OF THE NIGHT of Jacky Lavauzelle


Jacky Lavauzelle Poetry

LA POÉSIE d’Essénine – поэзия есенина – SERGUEÏ ESSÉNINE POÈME

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SERGUEÏ ESSÉNINE POÈME

 

русский поэт- Poète Russe
русская литература
Littérature Russe

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стихотворение  – Poésie

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Sergueï Essénine
Сергей Александрович Есенин

3 octobre 1895 Konstantinovo (Rybnov) – 28 décembre 1925 à Leningrad
3 октября 1895, Константиново – 28 декабря 1925, Ленинград
TRADUCTION JACKY LAVAUZELLE

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LA POÉSIE DE SERGUEÏ ESSÉNINE
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поэзия есенина
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1910
Выткался на озере алый свет зари…
LE ROUGE DE L’AUBE

Выткался на озере алый свет зари.
Le rouge de l’aube a tissé le lac.
На бору со звонами плачут глухари.
Toute la forêt frisonne aux chants de scie du grand tétras.

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1914
Не ветры осыпают пущи,
LES PSAUMES DES ÉTOILES FILANTES

Не ветры осыпают пущи,
Ce ne sont pas les vents qui fouettent les forêts,
Не листопад златит холмы.
Ce ne sont pas les feuilles qui dorent les vallées.

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1915
Я странник убогий
JE SUIS UN PAUVRE PELERIN

Я странник убогий.
Je suis un pauvre pèlerin.
С вечерней звездой
Suivant l’étoile du soir

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1917
Бабушкины сказки
CONTE DE FÉES -IVAN LE FOU

В зимний вечер по задворкам
Le soir d’hiver à la périphérie
Разухабистой гурьбой
Se réunit la joyeuse foule

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1917
Где ты, где ты, отчий дом
LA MAISON DE MON PERE

Где ты, где ты, отчий дом,
Où es-tu, où es-tu, maison de mon père,
Гревший спину под бугром?
Qui te réchauffait en retrait sous la colline ?

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1918
Я покинул родимый дом
LE VIEIL ÉRABLE

Я покинул родимый дом,
Je t’ai quittée, ma chère maison,
Голубую оставил Русь.
Russie azurée, je t’ai quittée .

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1918
Закружилась листва золотая
LA NUÉE DE PAPILLONS

Закружилась листва золотая.
La feuille d’or file
В розоватой воде на пруду
Sur l’eau rosée du bassin

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1918
Хорошо под осеннюю свежесть
L’ÉTINCELLE DES MOTS

Хорошо под осеннюю свежесть
Comme il est bon dans la fraîcheur de l’automne
Душу-яблоню ветром стряхать
De laisser vaquer son âme comme une pomme au vent

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Исповедь хулигана
CONFESSION D’UN VOYOU
1920

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Essénine poème

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1920
Я последний поэт деревни
JE SUIS LE DERNIER POETE DES CAMPAGNES

Я последний поэт деревни,
Je suis le dernier poète des campagnes,
Скромен в песнях дощатый мост.
Le dernier à chanter le modeste pont de bois.

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1921
Не жалею, не зову, не плачу,
LA BLANCHEUR DES POMMIERS

Не жалею, не зову, не плачу,
Je ne regrette ni les suppliques ni les douleurs.
Все пройдет, как с белых яблонь дым.
Comme la blancheur des pommiers, tout passe.

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1922
Да! Теперь решено
L’ÉCLAT DU DIABLE

Да! Теперь решено. Без возврата
Oui ! Maintenant, c’est fini. Sans me retourner
Я покинул родные поля.
Je quitte ma maison, mon pays.

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Essénine poème

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1924
Мы теперь уходим понемногу
LE FRISSON

Мы теперь уходим понемногу
Maintenant, nous partons là-bas
В ту страну, где тишь и благодать.
Dans un pays de paix et de sérénité.

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1925
Вижу сон
LES RÊVES BLEUS

Вижу сон. Дорога чёрная.
Je rêve. La route est noire.
Белый конь. Стопа упорная.
Le cheval blanc. Il avance.

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1925
мчатся сани, слышишь – сани мчатся
LE TRAÎNEAU

Слышишь – мчатся сани, слышишь – сани мчатся.
Écoute ! Écoute le chant du traîneau dans sa course.
Хорошо с любимой в поле затеряться.
Partons nous perdre là-bas au loin !

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1925
Вечером синим, вечером лунным
LE BONHEUR BLEU

Вечером синим, вечером лунным
Un soir de lune dans ce bleu du soir
Был я когда-то красивым и юным.
J’étais jeune et j’étais beau.

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1925
Гори, звезда моя, не падай.
EPITHAPHE

Гори, звезда моя, не падай.
Etoile, mon étoile, ne tombe pas
Роняй холодные лучи.
Laisse tomber tes froids rayons.

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SON DERNIER POÈME

1925
До свиданья, друг мой, до свиданья.
AU REVOIR MON AMI

До свиданья, друг мой, до свиданья.
Au revoir mon ami, au revoir.
Милый мой, ты у меня в груди.
Mon ami, tu es dans mon cœur.

[autre traduction d’octobre 2015]

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LES POEMES DE SERGUEÏ ESSENINE

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 SERGUEÏ ESSÉNINE POÈME
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поэзия есенина
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LE NUAGE EN PANTALON (Vladimir Maïakovski 1915) TROISIEME PARTIE

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Владимир Маяковский

русский поэт- Poète Russe
русская литература
Littérature Russe
 

 





 

Владимир Владимирович Маяковский
Vladimir Maïakovski

1893-1930

TRADUCTION JACKY LAVAUZELLE
стихотворение Лермонтова

 




 Théâtre de Vladimir Maïakovski

VLADIMIR MAÏAKOVSKI
1915
Облако в штанах
LE NUAGE EN PANTALON

Тетраптих – Tétraptyque

III


TROISIEME PARTIE



**

Ах, зачем это,
Ah, pourquoi,
откуда это
d’où proviennent
в светлое весело
contre cette joyeuse lumière
грязных кулачищ замах!
ces sales poings levés !

Пришла
Arrive,
и голову отчаянием занавесила
le désespoir comme un rideau est tombé sur ma tête,
мысль о сумасшедших домах.
l’idée des asiles d’aliénés.

И —
Et –
  « 
в гибель дредноута
comme dans un navire naufragé
 от душащих спазм
quand arrivent ces spasmes de suffocation
  бросаются в разинутый люк —
on se jette par le hublot béant –
сквозь свой
par votre
до крика разодранный глаз
cri déchirant, il sort de ses yeux
лез, обезумев, Бурлюк.
ahuris, David Bourliouk.
Почти окровавив исслезенные веки,
De ses paupières presqu’ensanglantées,
вылез,
il émerge,
 встал,
il se lève,
пошел
il avance
 и с нежностью, неожиданной в жирном человеке
et avec tendresse, inattendue pour un homme de sa corpulence
 взял и сказал:
Il se dresse et dit:
«Хорошо!»
« Bien! »
 Хорошо, когда в желтую кофту
C’est utile dans ces cas-là, d’avoir posé la veste jaune
 душа от осмотров укутана!
sur l’âme pour lui éviter les regards inquisiteurs !
 Хорошо,
C’est bien,
 когда брошенный в зубы эшафоту,
quand jeté dans les dents de l’échafaud
крикнуть:
de pouvoir crier :
«Пейте какао Ван-Гутена!»
« Buvez du cacao Van Houten ! »

*

Бурлюк, Давид Давидович
David Bourliouk

*

И эту секунду,
Et cette seconde-là,
бенгальскую,
de feu de Bengale,
громкую,
explosive,
я ни на что б не выменял,
je ne pourrai l’échanger,
я ни на…
Je ne suis pas pour …

А из сигарного дыма
Et la fumée de cigare,
ликерною рюмкой
tel un verre de liqueur,
вытягивалось пропитое лицо Северянина.
s’étirait Igor Severianine ivre.
Как вы смеете называться поэтом
Comment osez-vous vous appeler poète
и, серенький, чирикать, как перепел!
quand grisé vous chantez comme une caille !
Сегодня
Aujourd’hui
надо
il faut
кастетом
avec un coup de poing
кроиться миру в черепе!
éclater le crâne du monde !

*

Игорь Северянин
Igor Severianine

*

 

Вы,
vous
обеспокоенные мыслью одной —
préoccupé par l’idée fixe –
«изящно пляшу ли»,—
« Avons-nous dansé gracieusement ? » –
смотрите, как развлекаюсь
Voyez comment  vous vous amusez
я —
Moi –
 площадной
faussaire
сутенер и карточный шулер.
filou proxénète et tricheur de carte.
От вас,
Loin de vous,
которые влюбленностью мокли,
qui aimaient la mollesse,
 от которых
d’où
 в столетия слеза лилась,
tant de larmes coulent sur les siècles,
уйду я,
je partirai,
солнце моноклем
pour monocle, le soleil,
вставлю в широко растопыренный глаз.
incrusté dans un regard largement évasif.

Невероятно себя нарядив,
Incroyablement fagoté
пойду по земле,
je traverserai la terre,
 чтоб нравился и жегся,
pour plaire et me consumer,
а впереди
et avec
на цепочке Наполеона поведу, как мопса.
Napoléon au bout d’une chaîne, comme un roquet.
Вся земля поляжет женщиной,
Comme une femme se couchera la terre
 заерзает мясами, хотя отдаться;
animale et débridée ;
вещи оживут —
les choses viendront à la vie –
губы вещины
de pulpeuses lèvres
засюсюкают:
murmureront :
«цаца, цаца, цаца!»
« la cocotte, la cocotte, la cocotte ! » 

Вдруг
tout à coup
 
и тучи
les nuages
 и облачное прочее
tous les nuages.
подняло на небе невероятную качку,
se lèveront dans un incroyable bazar.
как будто расходятся белые рабочие,
comme une sortie de blancs travailleurs,
небу объявив озлобленную стачку.
en grève contre le ciel
Гром из-за тучи, зверея, вылез,
derrière un nuage, la foudre est sortie,
 громадные ноздри задорно высморкая,
mouchant les énormes narines avec ferveur,
и небье лицо секунду кривилось
et la face du ciel
 суровой гримасой железного Бисмарка.
a fait la moue sévère d’un Bismarck de fer.
И кто-то,
Et quelqu’un,
запутавшись в облачных путах,
empêtré dans les nuages
вытянул руки к кафе —
tendit ses bras pour prendre un café –
и будто по-женски,
d’une manière féminine,
 и нежный как будто,
et douce,
и будто бы пушки лафет.
comme on tire au canon.

Вы думаете —
Pensez-vous que
это солнце нежненько
les rayons du soleil
треплет по щечке кафе?
caressent le café sur sa joue ?
Это опять расстрелять мятежников
C’est un nouveau massacre de rebelles
 грядет генерал Галифе!
orchestré par le général Gaston de Galliffet !

Выньте, гулящие, руки из брюк —
Sortez, rôdeurs, les mains de votre pantalon –
берите камень, нож или бомбу,
Prenez une pierre, un couteau ou une bombe,
а если у которого нету рук —
et si vous êtes amputés des mains –
пришел чтоб и бился лбом бы!
venez quand même et frappez avec le front !
 Идите, голодненькие,
Allez, mendiants,
потненькие,
puant la sueur,
 покорненькие,
esclaves,
закисшие в блохастом грязненьке!
qui moisissaient ainsi !
Идите!
Allez !
Понедельники и вторники
Lundi et mardi
окрасим кровью в праздники!
tachés de sang, ces jours seront chômés !
Пускай земле под ножами припомнится,
Que la terre sous le couteau n’oublie pas
кого хотела опошлить!
ceux qu’elle a voulu avilir !

 

Земле,
La terre
обжиревшей, как любовница,
lardée comme une maîtresse,
которую вылюбил Ротшильд!
soumise à Rothschild !
Чтоб флаги трепались в горячке пальбы,
Que flottent les drapeaux dans la chaleur de la rébellion,
как у каждого порядочного праздника —
comme toutes les fêtes décentes –
выше вздымайте, фонарные столбы,
éclairez lampadaires,
окровавленные туши лабазников.
les carcasses sanglantes des marchands.

Изругивался,
Invectives,
вымаливался,
prières,
резал,
canifs,
лез за кем-то
un guet-apens
вгрызаться в бока.
un coup dans les hanches.

На небе, красный, как марсельеза,
Au ciel, rouge comme la Marseillaise,
вздрагивал, околевая, закат.
tremblotant, le coucher de soleil finissant.

Уже сумашествие.
Déjà la folie.

Ничего не будет.
Rien ne se passera.

Ночь придет,
Viendra la nuit,
перекусит
d’une seule bouchée
и съест.
gobera tout illico.
  Видите —
Vous voyez –
небо опять иудит
le ciel à nouveau comme Judas
пригоршнью обгрызанных предательством звезд?
trahira-t-il une poignée d’étoiles ?

Пришла.
Elle est venue.
Пирует Мамаем,
Comme un festin de l’émir Mamaï de la Horde bleue,
задом на город насев.
le cul sur la ville.
Эту ночь глазами не проломаем,
Nos yeux ne traverseront jamais l’épaisseur de la nuit,
черную, как Азеф!
noir comme Yevno Azev, infiltré de la Police Tsariste !

Ежусь, зашвырнувшись в трактирные углы,
Niché dans un coin des tavernes,
вином обливаю душу и скатерть
le vin aspergera tant mon âme que la nappe
и вижу:
et je vois :
 в углу — глаза круглы,—
dans le coin – les yeux ronds –
глазами в сердце въелась богоматерь.
les yeux profondément ancrés au cœur par la Mère de Dieu.
Чего одаривать по шаблону намалеванному
Qui confèrent de la sainteté
 сиянием трактирную ораву!
à cette taverne de mal léchés !
Видишь — опять
Vous voyez – encore une fois
голгофнику оплеванному
pourquoi à l’homme du Golgotha
предпочитают Варавву?
préfèrent-ils Barrabas ?
Может быть, нарочно я
Peut-être est-ce délibérément
  в человечьем месиве
dans ce désordre humain
лицом никого не новей.
que mon visage n’est pas inconnu.
Я,
Moi
может быть,
peut-être
  самый красивый
la plus beau
из всех твоих сыновей.
de tous tes fils.
 Дай им,
Permets-leur,
заплесневшим в радости,
à ceux qui croupissent dans la joie,
скорой смерти времени,
et dans la rapide mort du temps
чтоб стали дети, должные подрасти,
aux enfants de grandir immédiatement,
 мальчики — отцы,
que les garçons – deviennent des pères,
девочки — забеременели.
que les filles – se retrouvent enceintes.
И новым рожденным дай обрасти
Et permets aux nouveau-nés
пытливой сединой волхвов,
de posséder de suite les cheveux gris des sages,
и придут они —
et ils viendront –
и будут детей крестить
et les enfants seront baptisés
 именами моих стихов.
du nom de mes poèmes.

Я, воспевающий машину и Англию,
Je glorifie les machines et l’Angleterre,
может быть, просто,
peut-être suis-je juste,
в самом обыкновенном Евангелии
dans l’Évangile ordinaire
тринадцатый апостол.
le treizième apôtre.
И когда мой голос
Et quand ma voix
похабно ухает —
porte des hululements obscènes –
от часа к часу,
d’heure en heure,
сутки,
toute la journée,
целые может быть, Иисус Христос нюхает
peut-être que Jésus Christ renifle tout simplement
моей души незабудки.
les myosotis mon âme.

 





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VLADIMIR MAÏAKOVSKI
1915