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LE COUTEAU CARNIVORE Poème de Miguel Hernández – Un carnívoro cuchillo – 1934/1935

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Miguel Hernández
(30 octobre 1910 Orihuela, province d’Alicante – 28 mars 1942 Alicante)
(Orihuela, 30 de octubre de 1910-Alicante, 28 de marzo de 1942)
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El rayo que no cesa
(1934-1935)

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LE COUTEAU CARNIVORE
Un carnívoro cuchillo

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TRADUCTION JACKY LAVAUZELLE

Juan Gris – Compotier et nappe à carreaux (1917)
Musée Guggenheim

Un carnívoro cuchillo
Un couteau carnivore,
de ala dulce y homicida
aile douce et homicide,
sostiene un vuelo y un brillo
soutient son vol et son éclat
alrededor de mi vida.
autour de ma vie

Rayo de metal crispado
Rayon métallique crispé
fulgentemente caído,
Affaissé totalement,
picotea mi costado
me picote le flanc
y hace en él un triste nido.
pour y construit un triste nid.

Mi sien, florido balcón
Mon temple, balcon fleuri
de mis edades tempranas,
dès mon plus jeune âge
negra está, y mi corazón,
est noir et mon cœur,
y mi corazón con canas.
sur mon cœur des cheveux gris.

Tal es la mala virtud
Telle est la mauvaise vertu
del rayo que me rodea,
du rayon qui m’entoure,
que voy a mi juventud
que je vais à ma jeunesse
como la luna a mi aldea.
comme la lune à mon village.

Recojo con las pestañas
Je collecte avec mes cils
sal del alma y sal del ojo
le sel de l’âme et le sel de l’œil
y flores de telarañas
et des fleurs de toiles d’araignées
de mis tristezas recojo.
de ma tristesse je collecte.

¿A dónde iré que no vaya
Où irai-je sans aller
mi perdición a buscar?
à rechercher ma perte ?
Tu destino es de la playa
Ton destin c’est la plage
y mi vocación del mar.
ma vocation c’est la mer.

Descansar de esta labor
Se reposer de ce travail
de huracán, amor o infierno
d’ouragan, d’amour ou d’enfer
no es posible, y el dolor
n’est pas possible, et la douleur
me hará a mi pesar eterno.
sera mon éternelle peine.

Pero al fin podré vencerte,
Mais enfin je peux vaincre,
ave y rayo secular,
oiseau et rayon séculaire,
corazón, que de la muerte
cœur, de la mort
nadie ha de hacerme dudar.
personne ne doit me faire douter.

Sigue, pues, sigue cuchillo,
Suis ensuite le couteau, suis-le
volando, hiriendo. Algún día
volant, me blessant. Un jour
se pondrá el tiempo amarillo
le temps jauni se retrouvera
sobre mi fotografía.
sur ma photographie.

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POEMES DE MIGUEL HERNANDEZ
POEMAS DE MIGUEL HERNANDEZ

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AJOURNEMENT POEME DE FERNANDO PESSOA (ÁLVARO DE CAMPOS – 1928) ADIAMENTO

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Poème de Fernando Pessoa





Traduction – Texte Bilingue
tradução – texto bilíngüe

Traduction Jacky Lavauzelle


LITTERATURE PORTUGAISE
POESIE PORTUGAISE

Literatura Português

FERNANDO PESSOA
1888-1935

ÁLVARO DE CAMPOS
( heterónimo – hétéronyme)
Tavira ou Lisboa, 13 ou 15 de Outubro de 1890 — 1935
******


Fernando Pesso Literatura Português Poesia e Prosa Poésie et Prose Artgitato

 





Poesia de Fernando Pessoa




ADIAMENTO
******
AJOURNEMENT

 

14 de abril de 1928
14 avril 1928
Primeira publicação in Solução Editora, nº1. Lisboa 1929
Première Publication 1929

*****

Depois de amanhã, sim, só depois de amanhã…
Après-demain, oui, juste après-demain …
 Levarei amanhã a pensar em depois de amanhã,
Je vais prendre tout demain rien que pour penser à après-demain,
E assim será possível; mas hoje não…
Et là ce sera possible ; mais pas aujourd’hui …
Não, hoje nada; hoje não posso.
Non, rien aujourd’hui ; aujourd’hui, je ne peux pas.
  A persistência confusa da minha subjetividade objetiva,
La persistance confus de ma subjectivité objective,
  O sono da minha vida real, intercalado,
Le sommeil de ma vie réelle, intercalé,
O cansaço antecipado e infinito,
Une précoce et infinie fatigue,
Um cansaço de mundos para apanhar um elétrico…
Une fatigue démesurée pour attraper un tramway…
Esta espécie de alma…
Ce genre d’âme …
Só depois de amanhã…
Seulement après-demain …
  Hoje quero preparar-me,
Aujourd’hui, je veux me préparer,
Quero preparar-rne para pensar amanhã no dia seguinte…
Je veux me préparer pour demain pour que je puisse penser à son lendemain …
 Ele é que é decisivo.
C’est ce dernier qui est décisif.
 Tenho já o plano traçado; mas não, hoje não traço planos…
J’ai déjà un plan ; mais aujourd’hui aucune trace des plans …
 Amanhã é o dia dos planos.
Demain sera le jour des plans.





Amanhã sentar-me-ei à secretária para conquistar o mundo;
Demain, je siégerai devant mon bureau pour conquérir le monde ;
 
Mas só conquistarei o mundo depois de amanhã…
Mais seulement je conquerrai le monde après-demain …
Tenho vontade de chorar, 
Je veux pleurer,
  Tenho vontade de chorar muito de repente, de dentro…
Cette envie de pleurer me prend soudainement, de l’intérieur…
 Não, não queiram saber mais nada, é segredo, não digo.
Non, vous n’en saurez pas plus, c’est un secret, je n’en parlerai pas.
 Só depois de amanhã…
Seulement après-demain …
Quando era criança o circo de domingo divertia-rne toda a semana.
Comme enfant, le cirque du dimanche pour toute la semaine m’amusait.
Hoje só me diverte o circo de domingo de toda a semana da minha infância…
Aujourd’hui, seul me divertit le cirque du dimanche de toute la semaine de mon enfance …





Depois de amanhã serei outro,
Après-demain, je serai un autre,
A minha vida triunfar-se-á,
Ma propre vie d’elle-même triomphera,
Todas as minhas qualidades reais de inteligente, lido e prático
Toutes mes vraies qualités d’intelligence, de savoir et de pratique
  Serão convocadas por um edital…
Seront convoquées par un édit…
  Mas por um edital de amanhã…
Mais par un édit de demain …
Hoje quero dormir, redigirei amanhã…
Aujourd’hui, je veux dormir, demain je rédigerai …
Por hoje, qual é o espetáculo que me repetiria a infância?
Aujourd’hui, quel spectacle pourrait me renvoyer dans l’enfance ?
Mesmo para eu comprar os bilhetes amanhã,
Même pour m’acheter des billets, ce sera demain,
  Que depois de amanhã é que está bem o espetáculo…
Car c’est après-demain que le spectacle aura lieu…

 Fernando Pessoa et Costa Brochado
Café Martinho da Arcada
6 juin 1914

*

 




Antes, não…
Avant, non …
 Depois de amanhã terei a pose pública que amanhã estudarei.
Après demain, j’aurai la pose publique que je n’étudierai que demain.
Depois de amanhã serei finalmente o que hoje não posso nunca ser.
Après-demain, enfin je serai ce que maintenant ne peut pas être.
 Só depois de amanhã…
Seulement après-demain …







 Tenho sono como o frio de um cão vadio.
J’ai sommeil à présent comme le froid tombe sur un chien errant.
Tenho muito sono.
Je suis très fatigué.
Amanhã te direi as palavras, ou depois de amanhã…
Demain, je dirai les mots… ou après-demain …
  Sim, talvez só depois de amanhã…
Oui, peut-être seulement après-demain …

O porvir…
L’avenir…
Sim, o porvir…
Oui, l’avenir…









 


****************

ÁLVARO DE CAMPOS

 

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ADDIAMENTO
AJOURNEMENT

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FERNANDO PESSOA
POESIA

FERNANDO PESSOA : LETTRE A LA REVUE CONTEMPORÂNEA (1922) Carta dirigida à revista Contemporânea

 O Carta dirigida à revista Contemporânea
Lettre à la Revue Contemporânea
Octobre 1922
17 Outubro 1922

Poème de Fernando Pessoa





Traduction – Texte Bilingue
tradução – texto bilíngüe

Traduction Jacky Lavauzelle


LITTERATURE PORTUGAISE
POESIE PORTUGAISE

Literatura Português

FERNANDO PESSOA
1888-1935
Fernando Pesso Literatura Português Poesia e Prosa Poésie et Prose Artgitato

 





Prosa de Fernando Pessoa




Carta dirigida à revista Contemporânea
LETTRE A LA REVUE CONTEMPORÂNEA
17 Outubro 1922
17 octobre 1922

*****

Contemporânea -nº1 – Maio de 1922 – Sumário
Le sommaire du premier n° de Contemporânea de mai 1922
Capa do nº1 da Revista Orpheu, 1915
Couverture du premier n° de la Revue Orpheu de 1915




Álvaro de Campos***

Meu querido José Pacheco:
Mon cher José Pacheko*,

Venho escrever-lhe para o felicitar pela sua «Contemporânea» para lhe dizer que não tenho escrito nada e para por alguns embargos ao artigo do Fernando Pessoa.
Je vous écris ici pour vous féliciter de votre « Contemporânea », pour vous dire que je ne l’ai pas écrit et pour revenir sur l’article de Fernando Pessoa.

Quereria mandar-lhe também colaboração.
Je voulais aussi vous envoyer une collaboration.
Mas, como lhe disse, não escrevo.
Mais, comme je vous l’ai dit, je n’écris pas.
Fui em tempos poeta decadente;
J’étais à l’époque poète décadent ;
hoje creio que estou decadente, e já o não sou.
aujourd’hui, je crois que je suis en décadence, et donc que je ne suis pas décadent.





Isto de mim, que é quem mais próximo está de mim, apesar de tudo.
Voilà pour ce qui est de moi, ce qui cependant reste donc le plus proche de moi.
De si e de sua revista, tenho saudades do nosso «Orpheu» !
Quant à votre magazine, je regrette notre « Orpheu »! 

V. continua sub-repticiamente, e ainda bem .
Vous le continuez subrepticement, et c’est bien ainsi.
Estamos, afinal, todos no mesmo lugar.
Nous sommes, après tout, tous au même endroit.
Parece que variamos só com a oscilação de quem se equilibra.
C’est comme si nous ne changions uniquement que par oscillation autour d’un point d’équilibre.
Repito-lhe que o felicito.
Je vous répète que je tiens à vous féliciter.
Julgava difícil fazer tanto bem aos olhos em Portugal com uma coisa impressa.
Je pensais qu’il était difficile de faire beaucoup de bien aux yeux au Portugal avec une chose imprimée.
Julgo bom que julgasse mal.
Je pense avoir eu un mauvais jugement.
Auguro à «Contemporânea» o futuro que lhe desejo.
Je souhaite au « Contemporânea » l’avenir que vous désirez.

 Fernando Pessoa et Costa Brochado
Café Martinho da Arcada
6 juin 1914

*

Agora o artigo do Fernando.
Maintenant, abordons l’article de Fernando.
Com o intervalo entre a primeira palavra desta carta e a primeira palavra deste parágrafo, já quase me não lembra o que é que lhe queria dizer do artigo.
Dans l’intervalle entre le premier mot de cette lettre et le premier mot de ce paragraphe, je ne me souviens presque plus de ce que je voulez vous dire sur l’article.
Talvez pensasse em dizer exactamente o que vou escrever a seguir.
Peut-être que je pensais dire exactement ce que je vais écrire, ce qui va suivre.
Enfim, prometi, e digo o que sinto agora, e segundo os nervos deste momento.
Quoi qu’il en soit, je l’ai promis, je vous dis ce que je ressens maintenant, et selon mes nerfs en ce moment précis.

Continua o Fernando Pessoa com aquela mania, que tantas vezes lhe censurei, de julgar que as coisas se provam.
Fernando Pessoa continue avec cette manie, qui j’ai si souvent condamné, de penser que les choses peuvent toujours se prouver.
Nada se prova senão para ter a hipocrisia de não afirmar.
Rien ne se prouve, seulement car il y a une hypocrisie de ne pas affirmer une chose.




O raciocínio é uma timidez — duas timidezes talvez, sendo a segunda a de ter vergonha de estar calado.
Le raisonnement est une timidité – deux timidités peut-être, la seconde consiste à avoir honte de se taire.







Ideal estético, meu querido José Pacheco, ideal estético!
L’idéal esthétique, mon cher José Pacheko, l’idéal esthétique !
Onde foi essa frase buscar sentido?
D’où vient cette phrase en quête de sens ?
E o que encontrou lá quando o descobriu?
Et en la découvrant, qu’a-t-elle trouvé ?
Não há ideias nem estéticas senão nas ilusões que nós fazemos deles.
Il n’y a pas d’idées ou d’esthétiques, il y a seulement les illusions que nous en faisons.
O ideal é um mito da acção, um estimulante como o ópio ou a cocaína:
L’idéal est un mythe de l’action, un stimulant, comme l’opium ou la cocaïne :
serve para sermos outros, mas paga-se caro — com o nem sermos quem poderíamos ter sido.
il nous sert à devenir autres, mais à quel coût ? – il ne nous sert nullement à ce que nous aurions pu être.

Estética, José Pacheco?
L’esthétique, José Pacheko?




Não há beleza, como não há moral, como não há fórmulas senão para definir compostos.
Il n’y a pas de beauté, comme il n’y a pas de morale, comme il n’y a pas de formules, sinon pour définir des composés.
Na tragédia físico-química a que se chama a Vida, essas coisas são como chamas — simples sinais de combustão.
Dans la tragédie de la physico-chimique que l’on appelle la Vie, ces choses sont comme des flammes – de simples signaux de combustion.

A beleza começou por ser uma explicação que a sexualidade deu a si-própria de preferências provavelmente de origem magnética.




La beauté a commencé comme une explication que la sexualité s’est appropriée de préférences d’une origine probablement magnétique.
Tudo é um jogo de forças, e na obra da arte não temos que procurar «beleza» ou coisa que possa andar no gozo desse nome.
Tout est un jeu de forces, et dans l’œuvre d’art que nous ne devons pas chercher la « beauté » ou autre chose qui lui déroberait ce nom.
Em toda a obra humana, ou não humana, procuramos só duas coisas, força e equilíbrio de força — energia e harmonia, se V. quiser.
En toute œuvre humaine, ou non, nous recherchons seulement deux choses : la force et l’équilibre des forces – l’énergie et l’harmonie, si vous voulez.

Perante qualquer obra de qualquer arte — desde a de guardar porcos à de construir sinfonias — pergunto só: 
Devant toute œuvre de tout art – pour élever des porcs ou pour façonner des symphonies – une seule question qui vaille :
quanta força?
quelle force ?
quanta mais força?
combien de force supplémentaire ?
quanta violência de tendência?
combien de violence de tendance ?
quanta violência reflexa de tendência, violência de tendência sobre si própria, força da força em não se desviar da sua direcção, que é um elemento da sua força?
combien de violence réflexe de tendance, de violence de tendance sur elle-même, de force de la force pour ne pas dévier de sa direction, qui est un élément de sa force ?

O resto é o mito das Danaides, ou outro qualquer mito — porque todo o mito é o das Danaides, e todo o pensamento (diga-o ao Fernando) enche eternamente um tonel eternamente vazio.
Le reste, c’est le mythe des Danaïdes, ou tout autre mythe – parce que tout mythe est celui des Danaïdes, et toute pensée (il faut le dire à Fernando) remplit un tonneau éternellement vide.




Li o livro do Botto e gosto dele.
J’ai lu le livre de Botto**** et je l’ai trouvé à mon goût.
Gosto dele porque a arte do Botto é o contrário da minha.
Car l’art de Botto est diamétralement opposé au mien.
Se eu gostasse só da minha arte, nem da minha arte gostava, porque vario.
Si je n’aimais seulement que mon art, je ne l’aimerais finalement pas car je ne cesse de changer.

*

António Botto
La photo de son passeport en 1940




*

E, à parte gostar, porque gosto?
Je l’aime, mais pourquoi donc ?
É sempre mau perguntar, porque pode haver resposta.
C’est toujours mal de questionner, car il peut y avoir une réponse.
Mas pergunto — porque gosto?
Mais je me questionne : pourquoi cet attrait ?
Há força, há equilíbrio de força, nas «Canções»?
Est-ce parce qu’il y a de la force ? Y a-t-il un équilibre de force dans ses « Canções» ?

Louvo nas «Canções» a força que lhes encontro.
Je suis heureux de trouver dans les « Canções» cette force.
Essa força não vejo que tenha que ver com ideais nem com estéticas.
Je ne vois pas en quoi cette force tienne des idéaux, ni des esthétiques.
Tem que ver com imoralidade.
Elle a à voir avec l’immoralité.
É a imoralidade absoluta, despida de dúvidas.
Elle est absolument immorale, dépourvue de doutes.
Assim há direcção absoluta — força portanto;
Par conséquent, elle a une direction absolue – donc une force ;
e há harmonia em não admitir condições a essa imoralidade.
et il y a harmonie si on n’admet pas de conditions à cette immoralité.
O Botto tende com uma energia tenaz para todo o imoral;
Botto tend avec une énergie tenace vers tout ce qui est immoral ;




e tem a harmonia de não tender para mais coisa alguma.
et il obtient l’harmonie car il ne tend vers rien d’autre.
Acho inútil meter os gregos no caso;
Je pense qu’il n’est pas utile de se référer aux Grecs ;
grego se veria o Fernando com eles se eles lhe aparecessem a pedir-lhe contas do sarilho de estéticas em que os meteu.
Fernando se verrait bien dans la gêne si les Grecs apparaissaient et s’ils le questionnaient sur ces imbroglios esthétiques.
Os gregos eram lá estetas!
Les Grecs étaient des esthètes !
Os gregos existiram.
Les Grecs vivaient, eux.




A arte do Botto é integralmente imoral.
L’art de Botto est tout à fait immoral.
Não há célula nela que esteja decente.
Aucune cellule en lui n’est décente.
E isso é uma força porque é uma não hipocrisia, uma não complicação.
Et c’est une force car c’est une non-hypocrisie, une non-complication.
Wilde tergiversava constantemente.
Wilde tergiversait constamment.
Baudelaire formulou uma tese moral da imoralidade;
Baudelaire a formulé une thèse morale de l’immoralité ;
disse que o mau era bom por ser mau, e assim lhe chamou bom.
Il a dit que le mauvais était bon car mauvais, et il a nommé cela le bien.
O Botto é mais forte:
Botto est plus fort :
dá à sua imoralidade razões puramente imorais, porque não lhe dá nenhumas.
il donne à son immoralité des raisons purement immorales, parce qu’il n’en donne aucune.

O Botto tem isto de forte e de firme:
Botto a cette force et cette fermeté :
 é que não dá desculpas.
il ne fait pas d’excuses.
E eu acho, e deverei talvez sempre achar, que não dar desculpas é melhor que ter razão.
Et je pense, et peut-être le penserai-je toujours, que de ne pas faire d’excuses est préférable à avoir raison.

Não lhe digo mais.
Je ne vous en dis pas plus.
Se continuasse, contradizer-me-ia.
A continuer, j’en viendrais à me contredire.
Seria abominável, porque talvez fosse uma maneira (a inversa) de ser lógico.
Ce serait abominable, ce pourrait être un moyen (inverse) d’être logique.
Quem sabe?
Qui sait ?

Relembro saudosamente — aqui do Norte improfícuo — os nossos tempos do «Orpheu», a antiga camaradagem, tudo em Lisboa de que eu gostava, e tudo em Lisboa de que eu não gostava — tudo com a mesma saudade.
Je regarde en arrière avec nostalgie – ici de ce Nord inutile – notre époque de l’« Orpheu », l’ancien esprit de camaraderie, tout ce qu’à Lisbonne j’aimais, et tout ce qu’à Lisbonne je n’ai pas aimé – tout ça avec toujours la même nostalgie.

Saudo-o em Distância Constelada.
Je vous salue d’un Lointain Constellé.
Esta carta leva-lhe a minha afeição pela sua revista;
Cette lettre vous apporte mon affection pour votre revue ;
não lhe leva a minha amizade por si porque V. já há muito tempo aí a tem.
je ne vous donne pas mon amitié, car vous l’avez depuis longtemps.

Diga ao Fernando Pessoa que não tenha razão.
Dites à Fernando Pessoa qu’il n’a pas raison.

Um abraço do camarada amigo
Amicalement, de votre camarade

ÁLVARO DE CAMPOS

Newcastle-on-Tyne, 17 Outubro 1922.
Le 17 octobre 1922 – Newcaste-on-Tyne

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LETTRE A LA REVUE CONTEMPORÂNEA
(1922)
Carta dirigida à revista Contemporânea 

NOTES
* José Pacheko ou José Pacheco, directeur de publication, architecte, graphiste, peintre (1885 — 1934)

** Contemporânea est une revue portugaise publiée entre 1922 et 1926 (Lisbonne – Lisboa). Directeur : José Pacheko.

*** Álvaro de Campos, (heteronímia)  hétéronyme de Fernando Pessoa, né à Tavira ou à Lisbonne, né le 13 ou le 15 de octobre 1890  et mort en 1935

****António Thomaz Botto (António Botto)  poète moderniste. Il est né à Concavada au Portugal le 17 août 1897 et mort le 16 mars 1959 à Rio de Janeiro au Brésil. Canções sont des poèmes composés par Botto et parus en 1920.

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O PENÚLTIMO POEMA PESSOA ALBERTO CAEIRO L’AVANT DERNIER POEME

Poème de Fernando Pessoa
Alberto Caeiro
O PENÚLTIMO POEMA
L’AVANT DERNIER POEME





Traduction – Texte Bilingue
tradução – texto bilíngüe

Traduction Jacky Lavauzelle


LITTERATURE PORTUGAISE
POESIE PORTUGAISE

Literatura Português

FERNANDO PESSOA
1888-1935
Fernando Pesso Literatura Português Poesia e Prosa Poésie et Prose Artgitato

 





Poema de Fernando Pessoa
por Alberto Caeiro

Poème de Fernando Pessoa
Alberto Caeiro
1922

****

 

O PENÚLTIMO POEMA
L’AVANT DERNIER POEME

 

1ª publ. in Presença, nº 31-32, Jun. 1931
Coimbra

****

L’atelier de l’artiste
O Ateliê do Artista
José Malhoa

***

Também sei fazer conjecturas.
Je sais aussi faire des conjectures.
Há em cada coisa aquilo que ela é que a anima.
Il y a dans chaque chose tout ce qu’elle est et qui l’anime.
Na planta está por fora e é uma ninfa pequena.
Dans la plante, cela se trouve au dehors et c’est une petite nymphe.
No animal é um ser interior longínquo.
Chez l’animal c’est un être intérieur lointain.
No homem é a alma que vive com ele e é já ele.
Chez l’homme c’est l’âme qui vit avec lui et qui déjà est lui.
Nos deuses tem o mesmo tamanho
Chez les dieux, c’est de la même taille
E o mesmo espaço que o corpo
Et a le même espace que le corps
E é a mesma coisa que o corpo.
C’est la même chose que le corps.
Por isso se diz que os deuses nunca morrem.
C’est pour cela qu’il est dit que les dieux ne meurent jamais.
Por isso os deuses não têm corpo e alma
C’est pour cela que les dieux n’ont pas de corps avec une âme
Mas só corpo e são perfeitos.
Mais seulement un corps et sont parfaits.
O corpo é que lhes é alma
Le corps est leur âme,
E têm a consciência na própria carne divina.
Et ils ont la conscience dans leur propre chair divine.

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PASTOR O PENÚLTIMO POEMA PESSOA
 AVANT DERNIER POEME

FERNANDO PESSOA Poemas Inconjuntos Poèmes Désassemblés (1913-1915) Alberto Caeiro

 Poème de Fernando Pessoa
Alberto Caeiro
Poemas Inconjuntos
Poèmes Désassemblés





Traduction – Texte Bilingue
tradução – texto bilíngüe

Traduction Jacky Lavauzelle


LITTERATURE PORTUGAISE
POESIE PORTUGAISE

Literatura Português

FERNANDO PESSOA
1888-1935
Fernando Pesso Literatura Português Poesia e Prosa Poésie et Prose Artgitato

 





Poema de Fernando Pessoa
por Alberto Caeiro
Poemas Inconjuntos

Poème de Fernando Pessoa
Alberto Caeiro
POEMES DESASSEMBLES
1913-1914-1915

Entrada
1917
Amadeo de Souza-Cardoso
Musée Calouste-Gulbenkian, Lisbonne

********

Criança desconhecida e suja
Enfant inconnu et sale

Criança desconhecida e suja brincando à minha porta,
Enfant inconnu et sale jouant devant ma porte,
Não te pergunto se me trazes um recado dos símbolos.
Je ne te demande pas si tu m’apportes un message de symboles.

**

Entre o que vejo
Entre ce que je vois

Entre o que vejo de um campo e o que vejo de outro campo
Entre ce que je vois d’un champ et ce que je vois d’un autre champ
    Passa um momento uma figura de homem.
Passe un moment la figure d’un homme.

**

Falas de civilização
Tu parles de civilisation

Falas de civilização, e de não dever ser,
Tu parles de la civilisation, et de ce qui ne devrait pas être,
Ou de não dever ser assim.
Ou ne devrait pas être ainsi.

**

Não basta abrir a janela
Il ne suffit pas d’ouvrir la fenêtre

Não basta abrir a janela
Il ne suffit pas d’ouvrir la fenêtre
 Para ver os campos e o rio.
Pour voir les champs, la rivière.

**

Noite de S. João
Nuit de Saint Jean

Noite de S. João para além do muro do meu quintal.
Nuit de Saint-Jean au-delà du mur de ma cour.
Do lado de cá, eu sem noite de S. João.
  De ce côté, moi, sans nuit de la Saint-Jean.

**

Ontem o pregador
Le Prédicateur

Ontem o pregador de verdades dele
Hier, le prédicateur des vérités qui sont les siennes
Falou outra vez comigo.
Est venu me parler.

**

Pastor do monte
Berger de la montagne

Pastor do monte, tão longe de mim com as tuas ovelhas
Berger de la montagne, loin de moi avec tes moutons
Que felicidade é essa que pareces ter — a tua ou a minha?
Quel bonheur tu sembles avoir- le tien ou le mien ?

**

Quando tornar a vir a Primavera
Quand le Printemps

Quando tornar a vir a Primavera
Quand le printemps sera de nouveau là
  Talvez já não me encontre no mundo.
Peut-être n’appartiendrai-je plus à ce monde.

**

Se depois de eu morrer
Si après ma mort

Se depois de eu morrer, quiserem escrever a minha biografia,
Si après ma mort, je veux écrire ma biographie,
Não há nada mais simples
  Il n’y a rien de plus simple

**

Uma gargalhada de raparigas soa do ar da estrada
Un Rire de Fille

Uma gargalhada de raparigas soa do ar da estrada.
Un rire de fille résonne de l’air de la rue.
Riu do que disse quem não vejo.
 Elle a ri de celui que je ne vois pas.

**

Verdade mentira certeza incerteza
Vérité mensonge certitude incertitude

Verdade, mentira, certeza, incerteza…
Vérité, mensonge, certitude, incertitude …
Aquele cego ali na estrada também conhece estas palavras.
Cet homme aveugle là, sur la route, connaît aussi ces mots.

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Poemas Inconjuntos

FERNANDO PESSOA POEMA XXXVII Como um grande borrão de fogo sujo

Poème XXXVII
Como um grande borrão de fogo sujo
 
Poème de Fernando Pessoa
O Guardador de Rebanhos – Le Gardeur de Troupeaux




Traduction – Texte Bilingue
tradução – texto bilíngüe

Traduction Jacky Lavauzelle


LITTERATURE PORTUGAISE
POESIE PORTUGAISE

Literatura Português

FERNANDO PESSOA
1888-1935
Fernando Pesso Literatura Português Poesia e Prosa Poésie et Prose Artgitato

 




Poema XXXVII
Poema de Fernando Pessoa
por Alberto Caeiro
O GUARDADOR DE REBANHOS

Poème XXXVII
Poème de Fernando Pessoa
Alberto Caeiro
LE GARDEUR DE TROUPEAUX

****

Como um grande borrão de fogo sujo
Comme une grande traînée de feu sale
 O sol posto demora-se nas nuvens que ficam.
Le soleil couchant persiste dans les nuages qui subsistent.
Vem um silvo vago de longe na tarde muito calma.
Vient un sifflement vague au loin dans un après-midi tranquille.
Deve ser dum comboio longínquo.
Ce doit être un train lointain.

Neste momento vem-me uma vaga saudade
A ce moment, me vient une vague mélancolie
E um vago desejo plácido
Et une vague de désir placide
Que aparece e desaparece.
Qui apparaît et disparaît.

Também às vezes, à flor dos ribeiros,
Aussi parfois, à fleur de ruisseau,
Formam-se bolhas na água
Les bulles se forment dans l’eau
Que nascem e se desmancham
Qui naissent et se désagrègent.
E não têm sentido nenhum
Et n’ont aucun sens
 Salvo serem bolhas de água
À moins que d’être des bulles d’eau
  Que nascem e se desmancham.
Qui naissent et se désagrègent.

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Como um grande borrão de fogo sujo

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prim. publicação Athéna
nº 4
Lisboa
Jan. 1925

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Como um grande borrão de fogo sujo

Se quiserem que eu tenha um misticismo FERNANDO PESSOA POEMA XXX

Poème XXX
Se quiserem que eu tenha um misticismo
 
Poème de Fernando Pessoa
O Guardador de Rebanhos – Le Gardeur de Troupeaux




Traduction – Texte Bilingue
tradução – texto bilíngüe

Traduction Jacky Lavauzelle


LITTERATURE PORTUGAISE
POESIE PORTUGAISE

Literatura Português

FERNANDO PESSOA
1888-1935
Fernando Pesso Literatura Português Poesia e Prosa Poésie et Prose Artgitato

 




Poema XXX
Poema de Fernando Pessoa
por Alberto Caeiro
O GUARDADOR DE REBANHOS
Se quiserem que eu tenha um misticismo

Poème XXX
Poème de Fernando Pessoa
Alberto Caeiro
LE GARDEUR DE TROUPEAUX

****

Se quiserem que eu tenha um misticismo, está bem, tenho-o.
Si vous voulez que j’aie un mysticisme, d’accord, je l’ai.
  Sou místico, mas só com o corpo.
Je suis un mystique, mais seulement avec le corps.
 A minha alma é simples e não pensa.
Mon âme est simple et ne pense pas.

O meu misticismo é não querer saber.
Mon mysticisme est de ne pas vouloir savoir.
É viver e não pensar nisso.
Il est de vivre et de ne pas penser à cela.

Não sei o que é a Natureza: canto-a.
Je ne sais pas ce qu’est la Nature : je la chante.
Vivo no cimo dum outeiro
Je vis sur une colline
Numa casa caiada e sozinha,
Dans une maison blanchie à la chaux et seul,
E essa é a minha definição.
Voilà ma définition.

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prim. publicação Athéna
nº 4
Lisboa
Jan. 1925

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Se quiserem que eu tenha um misticismo

FERNANDO PESSOA Às vezes em dias de luz perfeita e exata POEMA XXVI LA LUMIERE PARFAITE

Poème XXVI
Às vezes em dias de luz perfeita e exata
LA LUMIERE PARFAITE
 
Poème de Fernando Pessoa
O Guardador de Rebanhos – Le Gardeur de Troupeaux




Traduction – Texte Bilingue
tradução – texto bilíngüe

Traduction Jacky Lavauzelle


LITTERATURE PORTUGAISE
POESIE PORTUGAISE

Literatura Português

FERNANDO PESSOA
1888-1935
Fernando Pesso Literatura Português Poesia e Prosa Poésie et Prose Artgitato

 




Poema XXVI
Poema de Fernando Pessoa
por Alberto Caeiro
O GUARDADOR DE REBANHOS
Às vezes em dias 

Poème XXVI
Poème de Fernando Pessoa
Alberto Caeiro
LE GARDEUR DE TROUPEAUX
LA LUMIERE PARFAITE

****

Às vezes, em dias de luz perfeita e exata,
Parfois, pendant les jours de lumière parfaite et exacte,
Em que as cousas têm toda a realidade que podem ter,
Là où les choses ont toute la réalité qu’elles peuvent avoir,
Pergunto a mim próprio devagar
Je me demande à moi-même lentement
Por que sequer atribuo eu
Pourquoi j’attribue
Beleza às cousas.
De la beauté à des choses.

Uma flor acaso tem beleza?
Une fleur a-t-elle de la beauté par hasard ?
Tem beleza acaso um fruto?
Par hasard, un fruit a-t-il de la beauté ?
Não: têm cor e forma
Non : ils ont la couleur et la forme
E existência apenas.
Et de l’existence seulement.
A beleza é o nome de qualquer cousa que não existe
La beauté est le nom d’une chose qui n’existe pas
Que eu dou às cousas em troca do agrado que me dão.
Que je donne aux choses en échange du plaisir qu’elles me donnent.
Não significa nada.
Cela ne signifie rien.
Então por que digo eu das cousas: são belas?
Alors, pourquoi dis-je des choses : elles sont belles ?

Sim, mesmo a mim, que vivo só de viver,
Oui, de même pour moi, qui vis juste de vivre,
Invisíveis, vêm ter comigo as mentiras dos homens
Invisibles, viennent à moi les mensonges des hommes
Perante as cousas,
Face aux choses,
Perante as cousas que simplesmente existem.
Face aux choses qui existent simplement.

Que difícil ser próprio e não ver senão o visível!
Que c’est difficile d’être soi-même et de ne voir que le visible !

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prim. publicação Athéna
nº 4
Lisboa
Jan. 1925

FERNANDO PESSOA Le Gardeur de Troupeaux POEMA XLIX Meto-me para dentro e fecho a janela

Poème XLIX
Meto-me para dentro
 
Poème de Fernando Pessoa
O Guardador de Rebanhos – Le Gardeur de Troupeaux




Traduction – Texte Bilingue
tradução – texto bilíngüe

Traduction Jacky Lavauzelle


LITTERATURE PORTUGAISE
POESIE PORTUGAISE

Literatura Português

FERNANDO PESSOA
1888-1935
Fernando Pesso Literatura Português Poesia e Prosa Poésie et Prose Artgitato

 




Poema XLIX
Poema de Fernando Pessoa
por Alberto Caeiro
O GUARDADOR DE REBANHOS
Meto-me para dentro 

Poème XLIX
Poème de Fernando Pessoa
Alberto Caeiro
LE GARDEUR DE TROUPEAUX

****

Meto-me para dentro, e fecho a janela.
Je rentre à l’intérieur, et ferme la fenêtre.
Trazem o candeeiro e dão as boas noites,
On me porte le chandelier, me souhaitant bonne nuit,
E a minha voz contente dá as boas noites.
Et ma voix contente répond à son tour bonne nuit.
Oxalá a minha vida seja sempre isto:
Oh que ma vie soit toujours ainsi :
O dia cheio de sol, ou suave de chuva,
La journée pleine de soleil ou par une pluie adoucie,
Ou tempestuoso como se acabasse o Mundo,
Ou orageuse comme si le Monde finissait,

A tarde suave e os ranchos que passam
L’après-midi doux et les métayers qui passent
Fitados com interesse da janela,
Scrutés avec intérêt de la fenêtre,
O último olhar amigo dado ao sossego das árvores,
Le dernier regard amical donné à la quiétude des arbres,
E depois, fechada a janela, o candeeiro aceso,
Et puis, fenêtre fermée, chandelier allumé,
  Sem ler nada, nem pensar em nada, nem dormir,
Sans ne rien lire, ni penser à rien, ni dormir,
  Sentir a vida correr por mim como um rio por seu leito.
Sentir la vie courir en moi comme une rivière dans son lit.
E lá fora um grande silêncio como um deus que dorme.
Et il y eût dehors un grand silence comme un dieu qui dort.

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prim. publicação Athéna
nº 4
Lisboa
Jan. 1925

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 Meto-me para dentro

FERNANDO PESSOA POEMA XLV Um renque de árvores Une rangée d’arbres

Poème XLV
Um renque de árvores
 
Poème de Fernando Pessoa
O Guardador de Rebanhos – Le Gardeur de Troupeaux




Traduction – Texte Bilingue
tradução – texto bilíngüe

Traduction Jacky Lavauzelle


LITTERATURE PORTUGAISE
POESIE PORTUGAISE

Literatura Português

FERNANDO PESSOA
1888-1935
Fernando Pesso Literatura Português Poesia e Prosa Poésie et Prose Artgitato

 




Poema XLV
Poema de Fernando Pessoa
por Alberto Caeiro
O GUARDADOR DE REBANHOS
Um renque de árvores 

Poème XLV
Poème de Fernando Pessoa
Alberto Caeiro
LE GARDEUR DE TROUPEAUX
Une Rangée d’arbres

****

Um renque de árvores lá longe, lá para a encosta.
Une rangée d’arbres au loin, là-bas vers la colline.
Mas o que é um renque de árvores? Há árvores apenas.
Mais qu’est-ce qu’une rangée d’arbres ? Il n’y a que des arbres.
Renque e o plural árvores não são cousas, são nomes.
Une rangée et le pluriel arbres ne sont pas des choses mais des noms.

Tristes das almas humanas, que põem tudo em ordem,
Tristes âmes humaines, qui mettent tout en ordre,
Que traçam linhas de cousa a cousa,
Qui tracent des lignes entre les choses,
Que põem letreiros com nomes nas árvores absolutamente reais,
Qui mettent des écriteaux avec des noms sur des arbres absolument réels,
E desenham paralelos de latitude e longitude
Et ils établissent des parallèles de latitude et de longitude
  Sobre a própria terra inocente e mais verde e florida do que isso!
Sur la propre terre innocente et plus verte et plus fleurie que tout ça !

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prim. publicação Athéna
nº 4
Lisboa
Jan. 1925

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Um renque de árvores