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LES LAURIERS-ROSES – Poème de Manuel MACHADO -ADEFLOS – 1899

Juan Gris -Vue sur la baie (1921)
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Manuel Machado Ruiz
(Sevilla, 29 de agosto de 1874-Madrid, 19 de enero de 1947)
(Séville, 29 août 1874-Madrid, 19 janvier 1947)

A Miguel de Unamuno

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Juan Gris – Pierrot (1919)

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ADELFOS
LES LAURIERS-ROSES
1899


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TRADUCTION JACKY LAVAUZELLE
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Yo soy como las gentes que a mi tierra vinieron
Je suis comme ceux qui vinrent sur ma terre
—soy de la raza mora, vieja amiga del Sol—,
-Je suis de race maure, vieille amie du soleil-,
que todo lo ganaron y todo lo perdieron.
qui gagnèrent tout, pour tout perdre ensuite.
Tengo el alma de nardo del árabe español.
J’ai l’âme de nard de l’arabe espagnol.

*

Mi voluntad se ha muerto una noche de luna
Ma volonté est morte une nuit au clair de lune,
en que era muy hermoso no pensar ni querer…
comme c’était beau de ne pas penser ni vouloir …
Mi ideal es tenderme, sin ilusión ninguna…
Mon idéal est de m’allonger sans nulle illusion …
De cuando en cuando, un beso y un nombre de mujer.
De temps en temps, un baiser et un nom de femme.

*

En mi alma, hermana de la tarde, no hay contornos…;
Dans mon âme, sœur du soir, il n’y a plus de contours …;
y la rosa simbólica de mi única pasión
et la rose, symbole de mon unique passion,
es una flor que nace en tierras ignoradas
est une fleur qui naît sur des terres ignorées
y que no tiene aroma, ni forma, ni color.
et qui n’a pas ni arôme, ni forme, ni couleur.

*

Besos ¡pero no darlos! Gloria…. ¡la que me deben!
Baisers, n’en donner guère ! Gloire… ce qui m’est dû !
¡Que todo como un aura se venga para mí!
Que tout comme un souffle s’en vienne à moi !
¡Que las olas me traigan y las olas me lleven,
Puissent les vagues me porter, puissent les vagues m’emporter
y que jamás me obliguen el camino a elegir!
et que jamais ne m’obligent à choisir le chemin !

*

¡Ambición! No la tengo. ¡Amor! No lo he sentido.
Ambition ! Je n’en ai nullement. Amour ! Je ne l’ai ressenti.
No ardí nunca en un fuego de fe ni gratitud.
Je n’ai jamais brûlé dans un feu de foi ou de gratitude.
Un vago afán de arte tuve… Ya lo he perdido.
J’avais un vague désir d’art … je l’ai déjà perdu.
Ni el vicio me seduce ni adoro la virtud.
Ni le vice ne me séduit ni la vertu ne me tente.

*

De mi alta aristocracia dudar jamás se pudo.
De ma haute aristocratie, le doute ne pouvait exister. Jamais.
No se ganan, se heredan, elegancia y blasón…
Rien ne se gagne, ils héritent de l’élégance et du blason …
Pero el lema de casa, el mote del escudo,
Mais la devise de ma maison, l’emblème de mon blason,
es una nube vaga que eclipsa un vano sol.
c’est un vague nue qui éclipse un vain soleil.

*

Nada os pido. Ni os amo ni os odio. Con dejarme,
Je ne demande rien. Je n’aime ni ne hais. À me quitter,
lo que hago por vosotros, hacer podéis por mí…
ce que je fais pour toi, tu peux le faire pour moi …
¡Que la vida se tome la pena de matarme,
Laisse la vie prendre la peine de me tuer,
ya que yo no me tomo la pena de vivir! …
puisque je n’ai pas pris la peine de vivre ! …

*

Mi voluntad se ha muerto una noche de luna
Ma volonté est morte une nuit au clair de lune,
en que era muy hermoso no pensar ni querer…
comme c’était beau de ne pas penser ni vouloir …
De cuando en cuando un beso, sin ilusión ninguna.
De temps en temps un baiser, sans aucune illusion.
¡El beso generoso que no he de devolver!
Le baiser généreux que je ne rendrai pas !


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TALKING KHALIL GIBRAN LA PAROLE – The Prophet XX

TALKING The Prophet
Sur La Parole

The Prophet XX
TALKING KHALIL GIBRAN
Littérature Libanaise
Lebanese literature
le-prophete-khalil-gibran-fred-holland-day-1898Photographie de Fred Holland Day
1898



جبران خليل جبران
Gibran Khalil Gibran
1883–1931
le-prophete-khalil-gibran-the-prophete-n

Traduction Jacky Lavauzelle

 

THE PROPHET XX
 TALKING
LA PAROLE

1923


*
talking-khalil-gibran-la-parole-artgitato-ciceron-demasque-catilina-tableau-de-cesare-maccari

Cicéron démasque Catilina
Cesare Maccari
(1840-1919)

*

And then a scholar said, « Speak of Talking. »
Et puis un savant demanda : « Parle-nous de la Parole. »

And he answered, saying:
Et il répondit en disant :

You talk when you cease to be at peace with your thoughts;
Vous parlez quand vous cessez d’être en paix avec vos pensées ;

And when you can no longer dwell in the solitude of your heart you live in your lips, and sound is a diversion and a pastime.
Et quand vous ne pouvez plus vivre dans la solitude de votre cœur, vous vivez sur vos lèvres, et le son de vos lèvres devient alors une distraction et un passe-temps.

And in much of your talking, thinking is half murdered.
Et dans la plupart de vos paroles, la pensée est à moitié massacrée.

For thought is a bird of space, that in a cage of words many indeed unfold its wings but cannot fly.
Car la pensée est un oiseau de l’espace, qui, dans une cage de mots, déploient ses ailes mais sans pouvoir voler.

There are those among you who seek the talkative through fear of being alone.
Il y a ceux parmi vous qui cherchent le bavard par peur d’être seuls.

The silence of aloneness reveals to their eyes their naked selves and they would escape.
Le silence de la solitude révèle à leurs yeux leur être nu et ils voudraient s’enfuir.

And there are those who talk, and without knowledge or forethought reveal a truth which they themselves do not understand.
Et il ya ceux qui parlent, et qui, sans connaissance ou préméditation, révèlent une vérité qu’ils ne comprennent pas eux-mêmes.

And there are those who have the truth within them, but they tell it not in words.
Et il ya ceux qui ont la vérité en eux, mais qui ne la donnent pas par des mots.

In the bosom of such as these the spirit dwells in rhythmic silence.
Dans le sein de tels hommes, l’esprit habite dans le rythme du silence.

When you meet your friend on the roadside or in the market place, let the spirit in you move your lips and direct your tongue.
Lorsque vous rencontrez votre ami sur le bord de la route ou sur la place du marché, laissez l’esprit en vous bouger vos lèvres et de diriger votre langue.

Let the voice within your voice speak to the ear of his ear;
Que la voix de votre voix parle à l’oreille de son oreille ;

For his soul will keep the truth of your heart as the taste of the wine is remembered
Car son âme gardera la vérité de votre cœur comme le goût du vin est gardé dans notre bouche

When the colour is forgotten and the vessel is no more.
Quand sa couleur-même est oubliée et que le pichet n’est plus.

 

*

LA PAROLE
TALKING KHALIL GIBRAN

LEDA DANS LE JARDIN Poème d’Endre Ady – Léda a kertben – ADY ENDRE

La Poésie d’Endre Ady
Ady Endre költészete




Littérature Hongroise
 Magyar Irodalom

Endre Ady
1877 – 1919
Ady Endre Poésie Poèmes d'Ady Endre Versek Artgitato




Léda dans le Jardin

Un poème d’Endre Ady

Ady Endre költészete

Léda a kertben

Traduction Jacky Lavauzelle
***

Léda a kertben Léda au Jardin Ady Endre Ady Artgitato Philippe Maliavine

 Léda a kertben

Bús kertben látlak: piros hinta-ágy
Je te vois dans un jardin triste : la balançoire rouge
Himbálva ringat.
Te berce.
Lankadt virágok könnyes kelyhekkel
Tombent les fleurs larmoyantes
Siratják a csókjainkat.
En lamentation sur nos baisers.

*

Álmodva nézlek: két piros felhő
Je te regarde, rêveur : deux nuages rouges
Kószál az égen.
Traînent dans le ciel.
Csókokat gyarlón, himbálva váltnak
Les baisers s’échangent dans ce mouvement
S meghalnak vágyak tüzében.
Et meurent dans l’ardeur du désir.

*

Két piros felhő: szállunk. A lángunk
Deux nuages rouges : nous atterissons. La flamme
Éhesen lobban.
vibrante affamée.
S itt lent a kertben még a pipacs is
Et ici, dans le jardin, un coquelicot
zán bennünket jóllakottan.
sur notre sort se penche.

*****

MON RÊVE FAMILIER (Paul Verlaine) Traduction Endre Ady – PAUL VERLAINE ÁLMA

La Poésie d’Endre Ady
Ady Endre költészete
 Mon Rêve Familier

PAUL VERLAINE ÁLMA




Littérature Hongroise
 Magyar Irodalom

Endre Ady
1877 – 1919
Paul Verlaine
1844-1896
Ady Endre Poésie Poèmes d'Ady Endre Versek Artgitato




Mon Rêve Familier

Un poème de Verlaine

Ady Endre költészete

Paul Verlaine Álma

Traduction Endre Ady

***

PAUL VERLAINE ÁLMA Mon Rêve Familier de Paul Verlaine Ady Endre Artgitato Sorolla Museum 1909Joaquín Sorolla y Bastida
Promenade au bord de mer – 1909
Musée Sorolla – Madrid

Je fais souvent ce rêve étrange et pénétrant
Álmodom egy nőről, akit nem ismerek,
 D’une femme inconnue, et que j’aime, et qui m’aime
Forró és különös, áldott, nagy Látomás,
Et qui n’est, chaque fois, ni tout à fait la même
Aki sohasem egy s aki sohase más,
Ni tout à fait une autre, et m’aime et me comprend.
Aki engem megért, aki engem szeret.

*

Car elle me comprend, et mon coeur, transparent
Mert ő megért. Neki, óh, jaj, csupán neki,
Pour elle seule, hélas ! cesse d’être un problème
Bús, áttetsző szivem többé már nem talány,
Pour elle seule, et les moiteurs de mon front blême,
Sápadt homlokomnak verejték-patakán
Elle seule les sait rafraîchir, en pleurant.
Frissítve omolnak az ő szent könnyei.

Est-elle brune, blonde ou rousse ? – Je l’ignore.
Barna, szőke, vörös? Óh, nem tudom én, nem.
Son nom ? Je me souviens qu’il est doux et sonore
A neve? Emlékszem: lágyan zendül, mélyen,
 Comme ceux des aimés que la Vie exila.
Mint kedveseinké ott lenn, a sírba, lenn.

Son regard est pareil au regard des statues,
Nézése hallgatag szobrokénak mása,
Et, pour sa voix, lointaine, et calme, et grave, elle a
Szava messziről jőn, komoly, bús, fénytelen:
L’inflexion des voix chères qui se sont tues.
Mint elnémult drága szavak suhanása.

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Paul Verlaine Álma

 

SOUVENIR D’UNE NUIT D’ETE -Poème d’Endre Ady – Emlékezés egy nyár-éjszakára

La Poésie d’Endre Ady
Ady Endre költészete
Emlékezés egy nyár-éjszakára
      




Littérature Hongroise
 Magyar Irodalom

Endre Ady
1877 – 1919
Ady Endre Poésie Poèmes d'Ady Endre Versek Artgitato




Souvenir d’une nuit d’été

Un poème d’Endre Ady

Ady Endre költészete

Emlékezés egy nyár-éjszakára

Traduction Jacky Lavauzelle
***
Ady Endre Souvenir nuit d'été Emlékezés egy nyár-éjszakára Tivadar Kosztka Csontváry A keleti palyaudvar ejjel 1902 La Gare de l'Est à Budapest

Tivadar Kosztka Csontváry
A Keleti pályaudvar éjjel – Gare de l’Est à Budapest 1902

****

Az Égbõl dühödt angyal dobolt
En colère, l’Ange du ciel tambourinait
 Riadót a szomoru Földre,
Une alarme pour la funèbre Terre,
 Legalább száz ifjú bomolt,
Des centaines d’angelots déboulèrent,
 Legalább száz csillag lehullott,
Des centaines d’étoiles plongèrent,
 Legalább száz párta omolt:
Des centaines de voiles se déchirèrent :
 Különös,
Étrange,
  Különös nyár-éjszaka volt.
Étrange, cette nuit d’été.

Kigyúladt öreg méhesünk,
Notre vieux rucher s’enflamma,
Legszebb csikónk a lábát törte,
La jambe de notre beau poulain se cassa,
Álmomban élõ volt a holt,
Je rêvais que les morts vivaient.
Jó kutyánk, Burkus, elveszett
Notre bon chien, Burkus, s’enfuya
S Mári szolgálónk, a néma,
Et notre servante, Marie, la muette,
Hirtelen hars nótákat dalolt:
Soudain sortit un cri primitif :
Különös,
Étrange,
  Különös nyár-éjszaka volt.
Étrange, cette nuit d’été.

Csörtettek bátran a senkik
Des combattants bravaient
És meglapult az igaz ember
Les justes qui se recroquevillaient
S a kényes rabló is rabolt:
Et les voleurs méticuleusement volaient :
Különös,
Étrange,
  Különös nyár-éjszaka volt.
Étrange, cette nuit d’été.

Tudtuk, hogy az ember esendõ
Nous le savions : l’homme est faillible
S nagyon adós a szeretettel:
Il a du mal avec l’amour :
Hiába, mégis furcsa volt
Eh bien, que c’était étrange
Fordulása élt s volt világnak.
Ce retournement du monde.

Csúfolódóbb sohse volt a Hold:
La Lune jamais si grosse ne fut :
Sohse volt még kisebb az ember,
L’homme jamais si petit ne fut
Mint azon az éjszaka volt:
Voilà ce que cette nuit fut :
Különös,
Étrange,
  Különös nyár-éjszaka volt.
Étrange, cette nuit d’été.

Az iszonyuság a lelkekre
Les âmes sur l’horreur de leurs missions
Kaján örömmel ráhajolt,
S’y penchèrent avec malice,
Minden emberbe beköltözött
Chaque être humain déplaça
Minden õsének titkos sorsa,
Tout le destin secret des aïeuls,
Véres, szörnyû lakodalomba
Sanglant, terrible banquet de mariage
Részegen indult a Gondolat,
Où, ivre, la Pensée s’envola,
Az Ember büszke legénye,
Ce fier compagnon de l’Homme,
Ki, íme, senki béna volt:
Qui, ici, n’était qu’un boiteux :
Különös,
Étrange,
  Különös nyár-éjszaka volt.
Étrange, cette nuit d’été.

Azt hittem, akkor azt hittem,
Ce que je pensais, voilà alors à quoi je pensais :
Valamely elhanyagolt Isten
Certains dieux négligés
Életre kap s halálba visz
Revenaient à la vie et vers la mort me conduisaient
S, íme, mindmostanig itt élek
Et, voici, jusqu’à maintenant je vis
Akként, amaz éjszaka kivé tett
Ainsi, dans cette nuit exceptionnelle
S Isten-várón emlékezem
Et je reste, dans la salle d’attente de Dieu,
Egy világot elsüllyesztõ,
Dans le souvenir de ce monde enfoui,
Rettenetes éjszakára:
dans cette terrible nuit :
Különös,
Étrange,
Különös nyár-éjszaka volt.
Étrange, cette nuit d’été.

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Ady Endre Souvenir nuit d'été Emlékezés egy nyár-éjszakára Tivadar Kosztka Csontváry A keleti palyaudvar ejjel 1902 La Gare de l'Est à Budapest

SANG ET OR Poème d’Endre Ady – Vér és arany

 

La Poésie d’Endre Ady
Ady Endre költészete
Vér és arany
     




Littérature Hongroise
 Magyar Irodalom

Endre Ady
1877 – 1919
Ady Endre Poésie Poèmes d'Ady Endre Versek Artgitato




SANG & OR

Un poème d’Endre Ady

Ady Endre költészete

Vér és arany

Traduction Jacky Lavauzelle
***

Vér és arany Sang et Or Ady Endre Ady poésie Artgitato

Nekem egyforma, az én fülemnek,
A mes oreilles, la chose est la même
 Ha kéj liheg vagy kín hörög,
Gémissements de douleur ou de plaisir,
  Vér csurran vagy arany csörög.
Goutte de sang ou éclat d’or.

*

 Én tudom, állom, hogy ez: a Minden
Je sais ce qu’il en est : le Tout
 S hogy minden egyéb hasztalan:
Et le reste n’est rien :
Vér és arany, vér és arany.
Sang et Or, le sang et l’or.

*

Meghal minden és elmúlik minden,
Par la mort tout passe,
   A dics, a dal, a rang, a bér.
La gloire, la renommée, le statut et le salaire.
  De él az arany és a vér.
Mais pas l’or, mais pas le sang.

*

Nemzetek halnak s újra kikelnek
Des nations naissent et meurent
S szent a bátor, ki, mint magam,
Et le saint brave, comme moi,
Vallja mindig: vér és arany.
N’a qu’une foi : le sang et l’or.

*

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LES MESSIES HONGROIS – A magyar Messiások POEME D’ENDRE ADY -ADY ENDRE KÖLTESZETE

La Poésie d’Endre Ady
Ady Endre költészete
A magyar Messiások
     




Littérature Hongroise
 Magyar Irodalom

Endre Ady
1877 – 1919
Ady Endre Poésie Poèmes d'Ady Endre Versek Artgitato




Les Messies Hongrois

Un poème d’Endre Ady

Ady Endre költészete

A magyar Messiások

Traduction Jacky Lavauzelle

*

LES MESSIES HONGROIS - A magyar Messiások Ady Endre Ady Artgitato Joaquin Sorolla

Sósabbak itt a könnyek
Plus salées sont leurs larmes
S a fájdalmak is mások.
Et leurs douleurs particulières.
Ezerszer Messiások
Mille fois Messies
A magyar Messiások.
Les Messies hongrois.

*

Ezerszer is meghalnak
Mille fois ils meurent
S üdve nincs a keresztnek,
Sans salut sur la croix
Mert semmit se tehettek,
Car ils ne peuvent rien faire,
Óh, semmit se tehettek.
Ô, ils ne peuvent rien faire.

LA DOULEUR POEME D’ENDRE ADY – Egyre hosszabb napok ADY ENDRE KÖLTESZETE

La Poésie d’Endre Ady
Ady Endre költészete
Egyre hosszabb napok




Littérature Hongroise
 Magyar Irodalom

Endre Ady
1877 – 1919
Ady Endre Poésie Poèmes d'Ady Endre Versek Artgitato




LA DOULEUR

Un poème d’Endre Ady

Ady Endre költészete

EGYRE HOSSZABB NAPOK
1909

Traduction Jacky Lavauzelle

*

LA DOULEUR POEME D'ENDRE ADY - Egyre hosszabb napok ADY ENDRE KÖLTESZETE Artgitato Le Cri Edvard Munch

Csak egy napig fáj minden fájás,
Juste un jour dans la douleur,
Huszonnégy óra s nem jön rosszabb,
Vingt-quatre heures et rien
De ez az egy nap egyre hosszabb.
Mais cette journée qui s’allonge…

*

Már hegyes karó minden óra,
Toutes les heures sont des pointes,
Sötét vas-mázsák hullva, rengve
Sombres, elles me pénètrent
Verik a fájást a szivembe.
Rentre la douleur dans mon cœur.

*

Tudom a kínnak muló sorsát
Je sais la brièveté des tortures
S olyan rövid volt egy nap eddig;
Que les jours aussi furent courts jusqu’à présent ;
Víg elugrás bánattól kedvig.
Que les joies et les peines sont proches.

*

Örülni is másként örültem,
Réjouis-toi heureux,
Nemesebben, halkabban, jobban,
Dans la justice et le silence,
Holnapi könny a mosolyomban.
Demain je sourirai moi aussi plus facilement.

*

Ma is tudom: huszonnégy óra
Aujourd’hui, je sais : vingt-quatre heures
S rossz nap után már nem jön rosszabb,
Et après une mauvaise journée rien ne peut être pire
Óh, de ez a nap egyre hosszabb.
Oh, mais que ce jour-là reste long !

 

*****

Cauchemar Poème d’Endre Ady – SZERETNÉM, HOGYHA SZERETNÉNEK – Ady Endre Költészete

La Poésie d’Endre Ady
Ady Endre költészete



Littérature Hongroise
 Magyar Irodalom

Endre Ady
1877 – 1919
Ady Endre Poésie Poèmes d'Ady Endre Versek Artgitato




CAUCHEMAR

Un poème d’Endre Ady

Ady Endre költészete

Szeretném, hogyha szeretnének
1909

Traduction Jacky Lavauzelle

*

Cauchemar Poème d'Endre Ady - SZERETNÉM, HOGYHA SZERETNÉNEK - Ady Endre Költészete Artgitato

*

Sem utódja, sem boldog õse,
Ni successeur, ni ancêtre heureux,
Sem rokona, sem ismerõse
Ni parents, ni proches
Nem vagyok senkinek,
Je ne suis à personne,
Nem vagyok senkinek.
Je ne suis à personne.

*

Vagyok, mint minden ember: fenség,
Je suis comme tout homme : grandeur
Észak-fok, titok, idegenség,
Pôle nord, mystère, étrangeté,
Lidérces, messze fény,
Cauchemar, loin de la lumière,
Lidérces, messze fény.
Cauchemar, loin de la lumière.

*

De jaj, nem tudok így maradni,
Mais hélas, je ne peux pas rester ainsi,
Szeretném magam megmutatni,
Je veux me montrer,
Hogy látva lássanak,
Pour qui peut me voir,
Hogy látva lássanak.
Pour qui peut me voir.

*

Ezért minden: önkínzás, ének:
Donc ma torture, mon chant :
Szeretném, hogyha szeretnének
Je voudrais de l’amour
S lennék valakié,
Et d’être avec quelqu’un,
Lennék valakié.
Être avec quelqu’un.

******

Szeretném, hogyha szeretnének

L’ÂME LIGOTEE – Poème d’Endre Ady – Ady Endre Versek – Lelkek a pányván

La Poésie d’Endre Ady
Ady Endre költészete



Littérature Hongroise
 Magyar Irodalom

Endre Ady
1877 – 1919
Ady Endre Poésie Poèmes d'Ady Endre Versek Artgitato




L’ÂME LIGOTEE

Un poème d’Endre Ady

Ady Endre költészete

Lelkek a pányván

Traduction Jacky Lavauzelle

*
L'ÂME LIGOTEE - Poème d'Endre Ady - Ady Endre Versek - Lelkek a pányván -Persée et Andromède Rubens

Kipányvázták a lelkemet,
Ils attachèrent mon âme,
  Mert ficánkolt csikói tûzben,
Brûlante d’un piaffer de poulain ;
Mert hiába korbácsoltam,
En vain, je la fouettais
Hiába ûztem, hiába ûztem.
En vain, je la chassais, en vain, je la poursuivais.

*

Ha láttok a magyar Mezõn
Si vous voyez dans la Plaine hongroise
Véres, tajtékos, pányvás ménet:
Sanglant, écumant, ce poulain :
Vágjátok el a kötelét,
Coupez la corde,
 Mert lélek az, bús, magyar lélek.
A cette âme triste, l’âme hongroise.

******

L’ÂME LIGOTEE
Poème d’Endre Ady
Ady Endre Versek
Lelkek a pányván