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MONT FUJI – 1917 – POÈME DE MIKHAIL KOUZMINE – Михаи́л Алексе́евич Кузми́н – Фузии в блюдечке

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*Антология русской поэзии
Anthologie de la Poésie Russe
*

Кузмин на портрете Ю. П. Анненкова (1919)
Portrait de Kouzmine par Georges Annenkov en 1919


LITTERATURE RUSSE
русская литература

стихотворение  – Poèmes

Traduction Jacky Lavauzelle 

MIKHAÏL KOUZMINE

 Михаи́л Алексе́евич Кузми́н

 

 6 octobre 1872 Iaroslavl – 1er mars 1936 Leningrad

 

Поэзия Михаила Кузьмина

LA POÉSIE DE MIKHAÏL KOUZMINE

 

MONT FUJI
1917
Фузии в блюдечке

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*************


Сквозь чайный пар я вижу гору Фузий,
À travers la vapeur de thé, je vois le mont Fuji,
На желтом небе золотой вулкан.
Dans le ciel jaune se trouve le volcan doré.
Как блюдечко природу странно узит!
Comme il est étrange de retrouver cette nature !
Но новый трепет мелкой рябью дан.
Mais un nouveau frisson est donné dans de fragiles ondulations.
Как облаков продольных паутинки
Comme les fines toiles des nuages
Пронзает солнце с муравьиный глаз,
Sont transpercés par un soleil pas plus grand qu’un œil de fourmi,
А птицы-рыбы, черные чаинки,
Et des oiseaux-poissons, les feuilles de thé noir,
Чертят лазури зыблемый топаз!
Dessinant une topaze azur imparable !

*

Весенний мир вместится в малом мире:
Le monde du printemps se tient dans ce petit monde :
Запахнут миндали, затрубит рог,
Sentez les amandes, écoutez la corne
И весь залив, хоть будь он вдвое шире,
Et toute la baie, même si elle était deux fois plus large,
фарфоровый обнимет ободок.
Embrasse la bordure de la porcelaine.
Но ветка неожиданной мимозы,
Mais une branche de mimosa inattendu,
Рассекши небеса, легла на них, —
Divise le ciel, allongez-vous dessus,
Так на страницах философской прозы
Alors, sur les pages de prose philosophique
Порою заблестит влюбленный стих.
Parfois, un couplet amoureux brille.




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1917

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Кузмин на портрете Н. Радлова (1926)Николай Эрнестович Радлов
Portrait de 1926 de Kouzmine par
Nikolai Ernestovich Radlov
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ULYSSE EST REVENU – Poésie d’Ossip MANDELSTAM – 1917- Поэзия Осипа Мандельштама – Золотистого мёда струя из бутылки текла

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LITTÉRATURE RUSSE
POÉSIE RUSSE
Русская литература
Русская поэзия
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Poésie de Ossip Mandelstam
Поэзии Осип Мандельштам
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Ossip Emilievitch Mandelstam
О́сип Эми́льевич Мандельшта́м
2/3 janvier 1891 Varsovie – 27 décembre 1938 Vladivostok
2/3 января 1891 Варшава — 27 декабря 1938

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TRADUCTION JACKY LAVAUZELLE
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ULYSSE EST REVENU
1917
Золотистого мёда струя из бутылки текла

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посвящается Вере и Сергею Судейкиным
A Vera et à Sergueï Soudeïkine

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Золотистого мёда струя из бутылки текла
Un ruisseau de miel doré coulait d’une bouteille
Так тягуче и долго, что молвить хозяйка успела:
Si visqueux et si lourd que l’hôtesse réussi à dire :
Здесь, в печальной Таври́де, куда нас судьба занесла,
« Ici, dans la triste Tauride, où le destin nous a amenés,
Мы совсем не скучаем, — и через плечо поглядела.
Nous ne nous ennuyons pas » -et nous avons regardé par-dessus son épaule.

*

Всюду Ба́хуса службы, как будто на свете одни
Tous au service de Bacchus, tous comme
Сторожа и собаки, — идёшь, никого не заметишь.
Des gardien et des chiens – vous passez, sans remarquer quiconque.
Как тяжёлые бочки, спокойные катятся дни:
Comme des barils lourds, les jours calmes roulent ;
Далеко в шалаше голоса — не поймёшь, не ответишь.
Loin dans la hutte, des voix – incompréhensibles.

*

После чаю мы вышли в огромный коричневый сад,
Après le thé, nous sommes sortis dans un immense jardin marron,
Как ресницы, на окнах опущены тёмные шторы.
Comme des cils, des stores sombres cachaient les fenêtres.
Мимо белых колонн мы пошли посмотреть виноград,
Nous passâmes des colonnes blanches puis regardâmes le vignoble,
Где воздушным стеклом обливаются сонные горы.
Où les montagnes endormies se colorent d’un verre éthéré.

*

Я сказал: виноград, как старинная битва, живёт,
J’ai dit : la vigne, comme une vieille bataille, vit,
Где курчавые всадники бьются в кудрявом порядке:
Où des cavaliers crépus se battent face à des alignements incertains :
В каменистой Тавриде наука Эллады — и вот
Dans la roche de Tauride vit la science d’Hellade – et ici
Золотых десяти́н благородные, ржавые грядки.
Les vignes dorées sont des lits nobles et rouillés.

*

Ну а в комнате белой, как прялка, стоит тишина.
Dans la blanche pièce blanche, comme un rouet, le silence.
Пахнет уксусом, краской и свежим вином из подвала,
Ça sent le vinaigre, la peinture et le vin frais du sous-sol,
Помнишь, в греческом доме: любимая всеми жена, —
Rappelez-vous, dans la maison grecque : l’épouse bien-aimée de tous,
Не Елена — другая — как долго она вышивала?
Pas Hélène- mais une autre – combien de temps a-t-elle brodé ?

*

Золотое руно, где же ты, золотое руно?
Toison d’or, où es-tu désormais ?
Всю дорогу шумели морские тяжёлые волны.
Des vagues gigantesques ont balayé la mer.
И, покинув корабль, натрудивший в морях полотно,
Et, quittant le navire et ses voiles fracassées par les vents et les vagues,
Одиссей возвратился, пространством и временем полный.
Ulysse est revenu, plein d’espace et de temps.




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1917

FÊTE D’OCTOBRE- POEME DE ZINAÏDA HIPPIUS -Поэзия Зинаиды Гиппиус – Веселье

 

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LITTÉRATURE RUSSE
POÉSIE RUSSE
Русская литература
Русская поэзия
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Poésie de Zinaïda Hippius
Поэзия Зинаиды Гиппиус
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Zinaïda Nicolaïevna Hippius
Зинаи́да Никола́евна Ги́ппиус

8 novembre 1869 Beliov Russie – 9 septembre 1945 Paris,
8 ноября 1869 Белёв, Российская империя — 9 сентября 1945 Париж Франция

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TRADUCTION JACKY LAVAUZELLE
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FÊTE D’OCTOBRE
1917
Веселье
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Блевотина войны – октябрьское веселье!
Quel vomi de la guerre – cette fête d’octobre !
От этого зловонного вина
De ce vin puant
Как было омерзительно твое похмелье,
Combien ta gueule de bois était dégoûtante,
О бедная, о грешная страна!
Ô mon pauvre pays, ô patrie pécheresse !

*

Какому дьяволу, какому псу в угоду,
Pour quel diable, pour quel chien
Каким кошмарным обуянный сном,
Pour quel rêve cauchemardesque,
Народ, безумствуя, убил свою свободу,
Les gens, follement, ont tué leur liberté,
И даже не убил – засек кнутом?
Qu’ils n’ont même pas tuée – seulement fouettée ?


*

Смеются дьяволы и псы над рабьей свалкой.
Les diables et les chiens se moquent de la décharge d’esclaves.
Смеются пушки, разевая рты…
Les armes à feu se moquent aussi, en ouvrant leurs bouches…
И скоро в старый хлев ты будешь загнан палкой,
Et bientôt vous serez conduits dans une vieille crèche au bâton,
Народ, не уважающий святынь.
Car les gens ne respectent plus les sanctuaires.



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29 октября 1917
29 octobre 1917

 

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LA VOIX DE L’HOMME – Poème de ANNA AKHMATOVA – 1917 – И мнится — голос человека

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Poésie d’Anna Akhmatova
Поэзия Анны Ахматовой

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Натан Исаевич Альтман,Natan Altman Портрет А. А. Ахматовой, Portrait d’Anna Akhmatova, 1914, Русский музей, Musée Russe, Saint-Pétersbourg, Санкт-Петербург

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LITTÉRATURE RUSSE
POÉSIE RUSSE
Русская литература

Русская поэзия
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Anna Akhmatova
Анна Ахматова

11 juin 1889 Odessa – 5 mars 1966 Moscou
11 июня 1889 Одесса – 5 марта 1966, Домодедово, Московская область, СССР

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LA VOIX DE L’HOMME
1917
И мнится — голос человека
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TRADUCTION JACKY LAVAUZELLE
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И мнится — голос человека
Et elle n’a jamais pénétré – la voix de l’homme
Здесь никогда не прозвучит,
Et elle ne résonnera jamais ici,
Лишь ветер каменного века
Seul le vent dès l’âge de pierre
В ворота чёрные стучит.
A déjà frappé à la porte.
И мнится мне, что уцелела
Et j’imagine que j’ai survécu,
Под этим небом я одна, —
Que sous ce ciel je suis seule,
За то, что первая хотела
Car le premier j’ai voulu
Испить смертельного вина.
Boire de ce vin mortel.

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1917. Слепнево
1917 – Slepnevo

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Poésie d’Anna Akhmatova
Поэзия Анны Ахматовой

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SEULE – Poème de Marina Tsvétaïeva – Марина Ивановна Цветаева – 1917

Traduction Jacky Lavauzelle João da Cruz e Sousa
João da Cruz e Sousa Traduction Jacky Lavauzelle

LITTÉRATURE RUSSE
POÉSIE RUSSE
Русская литература

Русская поэзия


TRADUCTION JACKY LAVAUZELLE


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Marina Tsvétaïeva – photo de Pierre Choumoff ( Пётр Ива́нович Шу́мов )

Marina Ivanovna Tsvetaïeva
Марина Ивановна Цветаева

poétesse russe
русская поэтесса
Moscou 26 septembre 1892 – Ielabouga 31 août 1941
26 сентября 1892, Москва — 31 августа 1941, Елабуга

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SEULE
1917
Новый год я встретила одна
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LEVAN CHOGOSHVILI ,ლევან ჭოღოშვილი, Tbilissi – Détail

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Новый год я встретила одна.
Nouvel An, je suis seule.
Я, богатая, была бедна,
Moi, la riche, j’étais pauvre,
Я, крылатая, была проклятой.
Moi, l’ange ailé, j’étais damnée.
Где-то было много-много сжатых
Quelque part il y a beaucoup, beaucoup
Рук — и много старого вина.
De mains – et beaucoup de vieux vin.
А крылатая была — проклятой!
Et l’ailée était – damnée !
А единая была — одна!
Et j’étais seule – seule !
Как луна — одна, в глазу окна.
Comme la lune – seule, dans l’œil de la fenêtre.

31 декабря 1917
31 décembre 1917

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Poésie de Marina Tsvétaïéva
Поэзия Марины Чветаевой

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Marina Tsvétaïeva en 1924
João da Cruz e Sousa Traduction Jacky Lavauzelle

LE COUTEAU CARNIVORE Poème de Miguel Hernández – Un carnívoro cuchillo – 1934/1935

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Miguel Hernández
(30 octobre 1910 Orihuela, province d’Alicante – 28 mars 1942 Alicante)
(Orihuela, 30 de octubre de 1910-Alicante, 28 de marzo de 1942)
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El rayo que no cesa
(1934-1935)

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LE COUTEAU CARNIVORE
Un carnívoro cuchillo

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TRADUCTION JACKY LAVAUZELLE

Juan Gris – Compotier et nappe à carreaux (1917)
Musée Guggenheim

Un carnívoro cuchillo
Un couteau carnivore,
de ala dulce y homicida
aile douce et homicide,
sostiene un vuelo y un brillo
soutient son vol et son éclat
alrededor de mi vida.
autour de ma vie

Rayo de metal crispado
Rayon métallique crispé
fulgentemente caído,
Affaissé totalement,
picotea mi costado
me picote le flanc
y hace en él un triste nido.
pour y construit un triste nid.

Mi sien, florido balcón
Mon temple, balcon fleuri
de mis edades tempranas,
dès mon plus jeune âge
negra está, y mi corazón,
est noir et mon cœur,
y mi corazón con canas.
sur mon cœur des cheveux gris.

Tal es la mala virtud
Telle est la mauvaise vertu
del rayo que me rodea,
du rayon qui m’entoure,
que voy a mi juventud
que je vais à ma jeunesse
como la luna a mi aldea.
comme la lune à mon village.

Recojo con las pestañas
Je collecte avec mes cils
sal del alma y sal del ojo
le sel de l’âme et le sel de l’œil
y flores de telarañas
et des fleurs de toiles d’araignées
de mis tristezas recojo.
de ma tristesse je collecte.

¿A dónde iré que no vaya
Où irai-je sans aller
mi perdición a buscar?
à rechercher ma perte ?
Tu destino es de la playa
Ton destin c’est la plage
y mi vocación del mar.
ma vocation c’est la mer.

Descansar de esta labor
Se reposer de ce travail
de huracán, amor o infierno
d’ouragan, d’amour ou d’enfer
no es posible, y el dolor
n’est pas possible, et la douleur
me hará a mi pesar eterno.
sera mon éternelle peine.

Pero al fin podré vencerte,
Mais enfin je peux vaincre,
ave y rayo secular,
oiseau et rayon séculaire,
corazón, que de la muerte
cœur, de la mort
nadie ha de hacerme dudar.
personne ne doit me faire douter.

Sigue, pues, sigue cuchillo,
Suis ensuite le couteau, suis-le
volando, hiriendo. Algún día
volant, me blessant. Un jour
se pondrá el tiempo amarillo
le temps jauni se retrouvera
sobre mi fotografía.
sur ma photographie.

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POEMES DE MIGUEL HERNANDEZ
POEMAS DE MIGUEL HERNANDEZ

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Aos vinte anos -Soneto – SULLY PRUDHOMME – A VINGT ANS

Aos vinte anos, temos um olhar difícil e orgulhoso:
SULLY PRUDHOMME

Sully Prudhomme Traduction Italienne Jacky Lavauzelle
Francisco dos Santos, Salomé, 1917, Lisbonne

*Sully Prudhomme Trad Italienne Jacky Lavauzelle




 

Traduction Jacky Lavauzelle

Sully Prudhomme Trad Italienne Jacky Lavauzelle

*
SULLY PRUDHOMME
1839-1907


****

Aos vinte anos, temos um olhar difícil e orgulhoso
À vingt ans on a l’œil difficile et très fier 
***

**

À vingt ans on a l’œil difficile et très fier :
Aos vinte anos, temos um olhar difícil e orgulhoso:
On ne regarde pas la première venue,
Nós não olhamos para a primeira vinda,
  Mais la plus belle ! Et, plein d’une extase ingénue,
Mas a mulher mais linda!  E, cheio de êxtase ingênuo,
  On prend pour de l’amour le désir né d’hier.
Nós tomamos para o amor o desejo nascido ontem.

*

Plus tard, quand on a fait l’apprentissage amer,
Mais tarde, depois do aprendizado amargo,
Le prestige insolent des grands yeux diminue,
O prestígio insolente dos olhos grandes diminui,
  Et d’autres, d’une grâce autrefois méconnue,
E outros, de uma graça anteriormente desconhecida,
Révèlent un trésor plus intime et plus cher.
Revele um tesouro mais íntimo e mais caro.

*

Mais on ne fait jamais que changer d’infortune :
Mas estamos apenas mudando a desgraça:
À l’âge où l’on croyait n’en pouvoir aimer qu’une,
Na idade em que pensamos que só poderíamos amar uma mulher,
 C’est par elle déjà qu’on apprit à souffrir ;
É por ela já que se aprendeu a sofrer;

*

Puis, quand on reconnaît que plus d’une est charmante,
Então, quando reconhecemos que mais de uma é encantadora,
 On sent qu’il est trop tard pour choisir une amante
É tarde demais para escolher um amante
Et que le cœur n’a plus la force de s’ouvrir.
O coração não tem mais força para abrir.

********************

 SULLY PRUDHOMME
&
LE SYMBOLISME
par Jules Huret

J’ai trouvé M. Sully-Prudhomme, l’auteur de Justice, des Vaines Tendresses et de tant d’autres œuvres poétiques qui l’ont mené à l’Académie française, très préoccupé de la question qui m’amenait près de lui : la signification et la portée du mouvement symboliste.

— Je prépare, en ce moment, m’a-t-il dit, une longue étude où je tâcherai d’analyser les états d’esprit de ces jeunes gens afin de les définir au point de vue poétique. Je ne suis pas encore fixé, j’en suis à la recherche des éléments de mon analyse, et, tenez, j’ai trouvé là-dedans, les Entretiens Politiques et Littéraires, une note importante pour mon étude : l’auteur d’un article confond, dans leur définition, la poésie et l’éloquence. II se trompe, il erre regrettablement, et je crains fort qu’il n’en soit de même pour beaucoup de ces messieurs dans la plupart de leurs théories… Mais, je vous le répète, je ne suis pas encore fixé, et je ne peux me prononcer à présent.

Ce que je puis vous dire, par exemple, après Leconte de Lisle, Mendès, de Hérédia et Coppée, qui vous ont tout dit, c’est que mon oreille n’est pas sensible du tout, du tout, au charme que les novateurs veulent introduire dans leur nouvelle forme de vers. Ils me disent que j’ai l’oreille vieillie, gâtée par la musique des vieux rythmes, c’est possible ! Depuis vingt-cinq ans, trente ans même, je me suis habitué à voir dans le Parnasse la consécration de la vieille versification : il m’a semblé que le Parnasse, en fait de législation poétique, avait apporté la loi, et il se peut très bien que je m’expose à être aussi injuste envers eux que les romantiques envers Lebrun-Pindare et Baour-Lormian ! Aussi, je cherche à m’instruire… Pour savoir si c’est moi qui ai tort, je m’applique à analyser les ressources d’expression dont dispose la versification française. Mais c’est très difficile ! Leurs œuvres ne m’y aident pas du tout. Généralement, n’est-ce pas, on apporte, avec une forme nouvelle, un sens nouveau ? Or, il arrive ceci : c’est que non seulement la musique de leurs vers m’échappe, mais le sens m’en demeure tout à fait obscur, également !

De sorte, ajouta M. Sully Prudhomme, avec un vague sourire, que je me sens dans un état de prostration déplorable…

— Ce jugement, un peu général, s’applique-t-il, demandai-je, à tous indistinctement ?

— D’abord, je ne les connais pas tous ; ils m’ont quelquefois pris pour tête de Turc, et vous avez, d’ailleurs, enregistré leurs aménités à mon endroit. N’est-ce pas l’un d’eux, Charles Morice, qui m’a dit : Si vous étiez un poète ! et qui prend l’air de me breveter poète à l’usage des jeunes filles sentimentales ? Bast ! qu’est-ce que ça me fait ! Il oublie que j’ai écrit Justice et traduit Lucrèce. Mais ça n’a pas d’importance. Dans son livre, La Littérature de tout à l’heure, il y a des choses très bien, d’ailleurs. Mais quel cas voulez-vous que je fasse d’opinions si peu renseignées ?

J’en vois quelques autres ici : Henri de Régnier, par exemple, avec qui je parle souvent de tout cela. C’est celui qui, dans ses vers, chaque fois qu’il condescend à me faire participer à sa pensée, me paraît introduire le plus de musique dans le signe conventionnel du langage, et qui doit être par conséquent le plus apte à exprimer l’indéfinissable.

Oui, insista M. Sully Prudhomme, chaque fois que de Régnier daigne faire un vers qui me soit intelligible, ce vers est superbe, — d’où j’en conclus qu’il pourrait faire un poète supérieur si tous ses vers étaient intelligibles ! Mais, vous me comprenez, quand j’ai un volume de lui devant les yeux, que je cherche à le déchiffrer, je suis dans la situation d’un bonhomme qu’on aurait conduit au milieu d’une immense forêt, en lui disant : « Si tu as soif, il y a une source là, quelque part, cherche. » On en fait un Tantale, quand ce serait si simple de lui dire où elle est, la source. Eh bien ! moi, je lui demande, à de Régnier, de me conduire à son rêve…

Je demandai encore :

— Y a-t-il, selon vous, en dehors des Parnassiens et des symbolistes, une génération de poètes à considérer ?

— Mais, monsieur, n’y a-t-il pas Rouchor, Richepin, le petit Dorchain, Fabié, qui n’ont rien de commun avec nous que de se servir de la langue française telle qu’elle nous est venue de 1830, et d’en faire un usage personnel ? Ce sont là, il me semble, des poètes très originaux, et ce sont précisément des témoins de la puissance d’expression et de la féconde diversité qu’on peut trouver dans la langue poétique actuelle.

Jules Huret
Enquête sur l’évolution littéraire

Bibliothèque-Charpentier, 

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SULLY PRUDHOMME
*

Sully Prudhomme Trad Italienne Jacky Lavauzelle

A vent’anni – Sonetto di SULLY PRUDHOMME – A VINGT ANS

A vent’anni, abbiamo uno sguardo difficile e orgoglioso
SULLY PRUDHOMME

Sully Prudhomme Trad Italienne Jacky Lavauzelle
Francisco dos Santos, Salomé, Lisbonne, 1917

*Sully Prudhomme Trad Italienne Jacky Lavauzelle




 

Traduction Jacky Lavauzelle

Sully Prudhomme Trad Italienne Jacky Lavauzelle

*
SULLY PRUDHOMME
1839-1907


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A vent’anni, abbiamo uno sguardo difficile e orgoglioso
À vingt ans on a l’œil difficile et très fier 
***

**

À vingt ans on a l’œil difficile et très fier :
A vent’anni, abbiamo uno sguardo difficile e orgoglioso:
On ne regarde pas la première venue,
Non guardiamo la prima donna che viene,
  Mais la plus belle ! Et, plein d’une extase ingénue,
Ma solo la donna più bella! E pieno di estasi ingenua,
  On prend pour de l’amour le désir né d’hier.
Si crede che il desiderio nato ieri sia d’amore.

*

Plus tard, quand on a fait l’apprentissage amer,
Più tardi, quando abbiamo fatto un amaro apprendimento,
Le prestige insolent des grands yeux diminue,
Il prestigio insolente dei grandi occhi diminuisce,
  Et d’autres, d’une grâce autrefois méconnue,
E altri, di una grazia precedentemente sconosciuta,
Révèlent un trésor plus intime et plus cher.
Rivela un tesoro più intimo e più costoso.

*

Mais on ne fait jamais que changer d’infortune :
Ma stiamo solo trovando un’altra disgrazia
À l’âge où l’on croyait n’en pouvoir aimer qu’une,
All’età in cui pensavamo di poterne solo amare uno,
 C’est par elle déjà qu’on apprit à souffrir ;
È già da lei che si impara a soffrire;

*

Puis, quand on reconnaît que plus d’une est charmante,
Quindi, quando scopriamo che più di una donna è affascinante,
 On sent qu’il est trop tard pour choisir une amante
È troppo tardi per scegliere un amante
Et que le cœur n’a plus la force de s’ouvrir.
E il cuore non ha più la forza di aprirsi.

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 SULLY PRUDHOMME
&
LE SYMBOLISME
par Jules Huret

 

J’ai trouvé M. Sully-Prudhomme, l’auteur de Justice, des Vaines Tendresses et de tant d’autres œuvres poétiques qui l’ont mené à l’Académie française, très préoccupé de la question qui m’amenait près de lui : la signification et la portée du mouvement symboliste.

— Je prépare, en ce moment, m’a-t-il dit, une longue étude où je tâcherai d’analyser les états d’esprit de ces jeunes gens afin de les définir au point de vue poétique. Je ne suis pas encore fixé, j’en suis à la recherche des éléments de mon analyse, et, tenez, j’ai trouvé là-dedans, les Entretiens Politiques et Littéraires, une note importante pour mon étude : l’auteur d’un article confond, dans leur définition, la poésie et l’éloquence. II se trompe, il erre regrettablement, et je crains fort qu’il n’en soit de même pour beaucoup de ces messieurs dans la plupart de leurs théories… Mais, je vous le répète, je ne suis pas encore fixé, et je ne peux me prononcer à présent.

Ce que je puis vous dire, par exemple, après Leconte de Lisle, Mendès, de Hérédia et Coppée, qui vous ont tout dit, c’est que mon oreille n’est pas sensible du tout, du tout, au charme que les novateurs veulent introduire dans leur nouvelle forme de vers. Ils me disent que j’ai l’oreille vieillie, gâtée par la musique des vieux rythmes, c’est possible ! Depuis vingt-cinq ans, trente ans même, je me suis habitué à voir dans le Parnasse la consécration de la vieille versification : il m’a semblé que le Parnasse, en fait de législation poétique, avait apporté la loi, et il se peut très bien que je m’expose à être aussi injuste envers eux que les romantiques envers Lebrun-Pindare et Baour-Lormian ! Aussi, je cherche à m’instruire… Pour savoir si c’est moi qui ai tort, je m’applique à analyser les ressources d’expression dont dispose la versification française. Mais c’est très difficile ! Leurs œuvres ne m’y aident pas du tout. Généralement, n’est-ce pas, on apporte, avec une forme nouvelle, un sens nouveau ? Or, il arrive ceci : c’est que non seulement la musique de leurs vers m’échappe, mais le sens m’en demeure tout à fait obscur, également !

De sorte, ajouta M. Sully Prudhomme, avec un vague sourire, que je me sens dans un état de prostration déplorable…

— Ce jugement, un peu général, s’applique-t-il, demandai-je, à tous indistinctement ?

— D’abord, je ne les connais pas tous ; ils m’ont quelquefois pris pour tête de Turc, et vous avez, d’ailleurs, enregistré leurs aménités à mon endroit. N’est-ce pas l’un d’eux, Charles Morice, qui m’a dit : Si vous étiez un poète ! et qui prend l’air de me breveter poète à l’usage des jeunes filles sentimentales ? Bast ! qu’est-ce que ça me fait ! Il oublie que j’ai écrit Justice et traduit Lucrèce. Mais ça n’a pas d’importance. Dans son livre, La Littérature de tout à l’heure, il y a des choses très bien, d’ailleurs. Mais quel cas voulez-vous que je fasse d’opinions si peu renseignées ?

J’en vois quelques autres ici : Henri de Régnier, par exemple, avec qui je parle souvent de tout cela. C’est celui qui, dans ses vers, chaque fois qu’il condescend à me faire participer à sa pensée, me paraît introduire le plus de musique dans le signe conventionnel du langage, et qui doit être par conséquent le plus apte à exprimer l’indéfinissable.

Oui, insista M. Sully Prudhomme, chaque fois que de Régnier daigne faire un vers qui me soit intelligible, ce vers est superbe, — d’où j’en conclus qu’il pourrait faire un poète supérieur si tous ses vers étaient intelligibles ! Mais, vous me comprenez, quand j’ai un volume de lui devant les yeux, que je cherche à le déchiffrer, je suis dans la situation d’un bonhomme qu’on aurait conduit au milieu d’une immense forêt, en lui disant : « Si tu as soif, il y a une source là, quelque part, cherche. » On en fait un Tantale, quand ce serait si simple de lui dire où elle est, la source. Eh bien ! moi, je lui demande, à de Régnier, de me conduire à son rêve…

Je demandai encore :

— Y a-t-il, selon vous, en dehors des Parnassiens et des symbolistes, une génération de poètes à considérer ?

— Mais, monsieur, n’y a-t-il pas Rouchor, Richepin, le petit Dorchain, Fabié, qui n’ont rien de commun avec nous que de se servir de la langue française telle qu’elle nous est venue de 1830, et d’en faire un usage personnel ? Ce sont là, il me semble, des poètes très originaux, et ce sont précisément des témoins de la puissance d’expression et de la féconde diversité qu’on peut trouver dans la langue poétique actuelle.

Jules Huret
Enquête sur l’évolution littéraire

Bibliothèque-Charpentier, 

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SULLY PRUDHOMME
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Sully Prudhomme Trad Italienne Jacky Lavauzelle

LA BEAUTE – Poème de Constantin Cavafis – Καβάφης – Έτσι πολύ ατένισα

Poème de Constantin Cavafis
Gr
èce – Ελλάδα

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Traduction Jacky Lavauzelle*******

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Constantin Cavafy poèmes
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LITTERATURE GRECQUE
POESIE GRECQUE

Ελληνική λογοτεχνία
Ελληνική ποίηση

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Constantin Cavafy – Constantin Cavafis
Καβάφης
1863 – 1933

Traduction Jacky Lavauzelle

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Traduction Jacky Lavauzelle


LES POEMES GRECS

Έτσι πολύ ατένισα
LA BEAUTE
1917  

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Cavafy Trad Jacky Lavauzelle Ingres
Jean-Auguste-Dominique Ingres, La Grande Odalisque,1814, musée du Louvre

 

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Την εμορφιά έτσι πολύ ατένισα,
La beauté m’a tant submergé,
που πλήρης είναι αυτής η όρασίς μου.
que ma vision pour toujours en est changée.
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Γραμμές του σώματος. Κόκκινα χείλη. Μέλη ηδονικά.
Lignes des corps. Lèvres rouges. Membres jouisseurs.
Μαλλιά σαν από αγάλματα ελληνικά παρμένα∙
Cheveux de statues grecques,
πάντα έμορφα, κι αχτένιστα σαν είναι,
toujours superbes, indescriptibles,
και πέφτουν, λίγο, επάνω στ’ άσπρα μέτωπα.
retombant à peine sur un front blanc.
Πρόσωπα της αγάπης, όπως τα ‘θελεν
Des visages d’amour, comme le voulait
η ποίησίς μου… μες στες νύχτες της νεότητός μου,
ma poésie … dans les nuits de ma jeunesse,
μες στες νύχτες μου, κρυφά συναντημένα…
dans mes nuits, secrètement rencontrés …

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Καβάφης
Traduction Jacky Lavauzelle

ARTGITATO
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LA POESIE GRECQUE EN GRECE 

Le langage est ce qu’il y a en Grèce de plus antique. C’est un grand charme pour celui qui a voué un culte à l’antiquité grecque d’entendre parler grec autour de lui, de reconnaître dans les conversations d’un guide ou d’un marinier tel mot qu’il n’avait jusque-là rencontré que dans Homère. Il semble alors qu’on est réellement transporté dans la Grèce antique ; on est tenté de dire aux passans, comme Philoctète à ses compatriotes retrouvés dans Lemnos : je veux vous entendre, et de s’écrier comme lui, ô langage bien aimé ! Mais, pour se livrer à ce transport, il faudrait, dira-t-on, que ce langage fût celui des anciens Hellènes, et non pas un dérivé imparfait que défigure une prononciation bizarre. A cela on peut répondre : Quant à la prononciation, il n’y a pas de raison pour que les descendans de Périclès adoptent le système qu’un savant Hollandais a imaginé au XVIe siècle. Du reste la question est délicate et ne saurait être traitée ici. Qu’il suffise d’affirmer que plusieurs règles de prononciation, adoptées par les Grecs modernes, remontent à la plus haute antiquité, et que l’on trouve déjà dans le second siècle de notre ère des exemples de l’iotacisme, c’est-à-dire de ê, ei, oi, prononcés i, bien que l’iotacisme ne paraisse avoir été définitivement et complètement constituée qu’au Xe ou XIe siècle.

Dans le langage populaire de certaines parties de la Grèce, on retrouve quelques vestiges des dialectes qui y furent parlé autrefois. En général, les anciens dialectes grecs ont péri par suite de la conquête, qui les a éteints avec la vie locale des pays subjugués. Cependant ils n’ont pas disparu entièrement ; on retrouve des traces assez nombreuses du dialecte œolien dans la Béotie et la Phocide, et dans un canton montagneux du Péloponèse, la Tzaconie, le dialecte dorien s’est merveilleusement conservé un certain nombre de mots grecs oubliés par le temps ont été remplacés dans l’usage par une autre expression : ainsi, trecho, courir, au lieu de dremo ; au lieu d’artos, pain, psomi. Eh bien ! il arrive que le vieux mot grec oublié se retrouve dans un coin de la Grèce, par exemple dremo dans les villages du Parnasse…

Jean-Jacques Ampère
La poésie grecques en Grèce
Seconde Partie
Revue des Deux Mondes, tome 7, 1844

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Καβάφης
Constantin Cavafy – Constantin Cavafis
Έλληνα ποιητή
Poème de Cavafy

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LA MAISON DE MON PERE – Poème de SERGUEÏ ESSENINE (1917) – Где ты, где ты, отчий дом

Littérature Russe
SERGUEÏ ESSÉNINE POEME 1917

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русский поэт- Poète Russe
русская литература

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стихотворение  – Poésie

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Sergueï Essénine
Сергей Александрович Есенин

3 octobre 1895 Konstantinovo (Rybnov) – 28 décembre 1925 à Leningrad
3 октября 1895, Константиново – 28 декабря 1925, Ленинград
TRADUCTION JACKY LAVAUZELLE

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LA POESIE DE SERGUEÏ ESSÉNINE


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Где ты, где ты, отчий дом
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LA MAISON DE MON PERE
1917

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Где ты, где ты, отчий дом,
Où es-tu, où es-tu, maison de mon père,
Гревший спину под бугром?
Qui te réchauffait en retrait sous la colline ?
Синий, синий мой цветок,
Bleue, bleue, ma fleur bleue
Неприхоженный песок.
Et mon sable vierge.
Где ты, где ты, отчий дом?
Où es-tu, où es-tu, maison de mon père ?

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За рекой поет петух.
De l’autre côté du fleuve chante un coq.
Там стада стерег пастух,
Le berger garde son troupeau
И светились из воды
Et la lumière de l’eau se reflètent
Три далекие звезды.
Trois étoiles lointaines.
За рекой поет петух.
De l’autre côté du fleuve chante un coq.

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Время — мельница с крылом
Le temps – ce moulin à une seule aile
   Опускает за селом
Qui abaisse non loin du village
Месяц маятником в рожь
Le balancier sous le seigle
  Лить часов незримый дождь.
Versant les heures en pluie invisible.
 Время — мельница с крылом.
Le temps – ce moulin à une seule aile.

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Этот дождик с сонмом стрел
Cette pluie avec une multitude de flèches
В тучах дом мой завертел,
A fait tourbillonner ma maison dans les nuages,
 Синий подкосил цветок,
En écrasant ma fleur bleue,
Золотой примял песок.
Et en souillant le sable vierge.
Этот дождик с сонмом стрел.
Cette pluie avec une multitude de flèches.

1917

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Бабушкины сказки
C. А. Есенин

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LES POEMES DE SERGUEÏ ESSÉNINE

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LA POESIE DE SERGUEÏ ESSÉNINE
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