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SHALVA KIKODZE – DEUX ANS DANS L’ENFER DE LA CREATION- 1920 & 1921- შალვა ქიქოძე

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SHALVA KIKODZE
შალვა ქიქოძე

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SCENES DE LA VIE GEORGIENNE 1862 par Henri Cantel
Géorgie
საქართველო

PHOTO JACKY LAVAUZELLE

Shalva Kikodze PEINTRE GEORGIEN -TBILISSI - ნარიყალა

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ARTISTE GEORGIEN
ქართველი მხატვარი
 Shalva Kikodze - Photo Jacky Lavauzelle






SHALVA KIKODZE
შალვა ქიქოძე

 né le 27 mai 1894 à Bakhvi (Ozourguéti  ოზურგეთი – Province de Guria გურია) – mort le 7 novembre 1921 à Fribourg
27 მაისი, 1894 – 7 ნოემბერი, 1921

DEUX ANS DANS L’ENFER DE LA CREATION

 


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Etudes secondaires au lycée à Tbilissi
1914-1918 Etude d’art à Moscou

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Si l’on regarde sa ნატურმორტი, nature-morte peinte entre 1918-1919, sa femme Adjare აჭარელი ქალიაჭარელი ქალი peinte en 1910, ses paysages პეიზაჟი, peints aussi vers 1910, nous voyons l’importance des influences Parisiennes sur son œuvre à partir de 1919.

Paris, entre 1919 et 1920, dans ces années qui suivirent la Terrible Grande Guerre, est un chaudron intellectuel et un lieu de rencontre bouillonnant d’artistes venus du monde entier. Pour autant, cela peut sembler contradictoire avec la vraie image de Paris et ce qu’elle renvoie dans le monde, suite à l’arrivée de VanGogh et du succès grandissant des impressionnistes. Jean Cassou dans Une Vie pour la Liberté, paru en 1981, l’exprime précisément : « Comment se fait-il que ce soit (…) en France, dans le pays le plus fermé sur lui-même, le plus indifférent à tout ce qui est étranger (…), comment se fait-il que ce soit dans ce pays le plus manifestement bourgeois que soit née à la fin du XIXe siècle et au cours du XXe cette Internationale qu’a été la révolution de l’art moderne, ou, d’un mot plus précis encore, l’école de Paris ? Paris, oui, capitale de la France bourgeoise, de la France officielle et pompière, a été le point du monde vers lequel, par l’effet d’un mirage, ont afflué d’innombrables artistes, venant de partout, Espagne, Italie, pays germaniques et pays scandinaves, Russie, Pologne, Europe centrale, Balkans, Amérique anglo-saxonne et latine, Japon. Certains arrivaient parce qu’ils étaient juifs et qu’on ne voulait pas de juifs chez eux. Mais d’autres sans aucune raison de force majeure comme celle-là, et seulement parce que, naguère, Van Gogh avait eu besoin de la lumière de la France et parce que les plus surprenantes inventions de l’art, dont l’impressionnisme, s’étaient produites en France

Ceci étant, le monde de la peinture se retrouve à Paris, en pleine explosion du cubisme synthétique avec Braque, Picasso, Fernand Léger, Juan Gris, Albert Gleizes, Marcel Duchamp et d’innombrables autres artistes dans les années 1920.

Une année avant, en 1919, la fameuse Galerie de la Renommée, ou Galerie de la Gloire, დიდების ტაძარში (musée historique, musée militaire d’État, galerie des artistes géorgiens) de la nouvelle Géorgie, organise une exposition de jeunes peintres Géorgiens. Y participent notamment trois artistes qui deviendront inséparables Lado Gudiashvili თავგადასავალი, David Kakabadze ლადო გუდიაშვილი, , Shalva Kikodze შალვა ქიქოძე. Ils comptent bien s’immerger dans cette fusion mondiale, mais souhaitent ne pas perdre leurs propres racines géorgiennes.

L’année 1919, est une année de chamboulement dans cette jeune République Démocratique de Géorgie. Le 21 mars, Noé Jordania, social-démocrate, prendre la tête du troisième gouvernement. Un traité d’alliance militaire est signé avec la jeune République démocratique d’Azerbaïdjan, avant son renversement par les bolchéviques russes. Les troupes britanniques, à l’exception de Batoumi, évacue le territoire géorgien. Tout semble aller dans le bon sens de l’histoire pour cette nouvelle République.

C’est dans ce contexte d’effervescence, de nouveautés et de créations, que Shalva va découvrir les nouveautés artistiques. Pour autant, les sujets peints restent ses deux amis géorgiens proches, les soirées débridées parisiennes et les grands symboles de la Capitale Française : le Jardin du Luxembourg, la Tour Eiffel, les Cafés de Paris.

Les trois artistes sont très jeunes dans ce monde chamboulé par la guerre et les nouvelles idées. Shalva, né en 1894, a 25 ans, David Kakabadze დავით კაკაბაძე né en 1889 est le plus âgé des trois, avec ses trente ans, et Lado Gudiashviali ლადო გუდიაშვილი né en 1896 est le benjamin de l’équipe avec ses 23 ans. Leurs jeunesses et leurs envies de découvertes vont profiter pleinement de toutes ces nouveaux apports.

Les scènes peintes désormais par Shalva sont crues et rien n’est caché aux yeux du spectateur. Nous sommes loin des paysannes géorgiennes peintes dans la montagne. Les artistes sont dans ce tourbillon culturel, mais aussi dans un tourbillon des sens.

Pourtant, son œuvre regorge de symboliques comme le poisson dans l’assiette ou la pomme proposée à l’artiste rappelant le péché originel.

Shalva va mourir à 27 ans et sera enterré en terres étrangères, à Fribourg en Allemagne. Malgré la reconnaissance internationale de son œuvre puissante, réalisée principalement en deux ans entre 1919 et 1921, avec une très forte production en 1920, il reste beaucoup moins connu dans son pays que des artistes comme Pirosmani ფიროსმანი ou encore son ami Lado Guidashvili, ლადო გუდიაშვილი.

David Kakabadze დავით კაკაბაძე (1889 – 1952) pendant ce séjour parisien s’orientera vers une « peinture sans sujet » en travaillant à partir de métal, miroir, vitrail, plutôt que la peinture elle-même.

Lado Gudiashviali ლადო გუდიაშვილი) (1896- 1980) reviendra en Géorgie en 1926 et se rapprochera alors des traditions caucasiennes et persanes. Il restera proche des symboliques chrétiennes et peindra de nombreux thèmes religieux de ces trois artistes ; il peindra notamment l’église Kashueti.

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სამი მხატვარი
Sami Mikhatvari
TROIS ARTISTES
THREE ARTISTS
1920

Shalva Kikodze – Trois artistes

ტილო, ზეთი
Huile sur toile
Oil on convas
96×101
Georgian National Museum
shalva amiranashvili museum of fine arts
შალვა ამირანაშვილის სახვითი ხელოვნების მუზეუმი

Shalva Kikodze – Trois artistes – Détail
Shalva Kikodze – Trois artistes – Détail

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ქეიფე შანტანში
AU CAFE SHANTAN
IN CAFE SHANTAN
1920

Shalva Kikodze- Au Café Shantan- 1920

ტილო, ზეთი
Huile sur toile
Oil on convas
88×88
Georgian National Museum
shalva amiranashvili museum of fine arts
შალვა ამირანაშვილის სახვითი ხელოვნების მუზეუმი

Shalva Kikodze- Au Café Shantan- 1920 – Détail
Shalva Kikodze- Au Café Shantan- 1920 – Détail
Shalva Kikodze- Au Café Shantan- 1920 – Détail
Shalva Kikodze- Au Café Shantan- 1920 – Détail

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ლუქსემბურგის ბარი – პარიზი
Luksemburgis bari – Parizi
AU JARDIN DU LUXEMBOURG
LUXEMBURG GARDEN
PARIS – 1920

Shalva Kikodze- Au Jardin du Luxembourg – 1920

ტილო, ზეთი
Huile sur toile
Oil on convas
108×104
Georgian National Museum
shalva amiranashvili museum of fine arts
შალვა ამირანაშვილის სახვითი ხელოვნების მუზეუმი

Shalva Kikodze- Au Jardin du Luxembourg – 1920 – Détail
Shalva Kikodze- Au Jardin du Luxembourg – 1920 – Détail
Shalva Kikodze- Au Jardin du Luxembourg – 1920 – Détail

ლუქსემბურგის ბარი – პარიზი

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მხატვრებას ყავახანა
Mkhatvrebas Qavakhana
AU CAFE
IN THE CAFE
1920

Shalva Kikodze – Au Café – 1920

ტილო, ზეთი
Huile sur toile
Oil on convas
52×46
Georgian National Museum
shalva amiranashvili museum of fine arts
შალვა ამირანაშვილის სახვითი ხელოვნების მუზეუმი

Shalva Kikodze – Au Café – 1920 – Détail
Shalva Kikodze – Au Café – 1920 – Détail –

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ROUNDABOUT
1921

Shalva Kikodze – Roundabout – 1921

ზეთი მუყაოზე
Huile sur carton
Oil on cardboard
33×40.5
Georgian National Museum
shalva amiranashvili museum of fine arts
შალვა ამირანაშვილის სახვითი ხელოვნების მუზეუმი

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ეიფელის კოშკი
Eipelis koshki
LA TOUR EIFFEL
EIFFEL TOWER
1920

Shalva Kikodze – La Tour Eiffel – 1920

ზეთი მუყაოზე
Huile sur carton
Oil on cardboard
42×32,5
Georgian National Museum
shalva amiranashvili museum of fine arts
შალვა ამირანაშვილის სახვითი ხელოვნების მუზეუმი

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კ. მახარაძის პორტრეტი
K. makharadzis Portreti
PORTRAIT DE K. MAKHARADZE
PORTRAIT OF K. MAKARADZE
1921

Shalva Kikdodze – PORTRAIT OF K. MAKARADZE – 1921

ტილო, ზეთი
Huile sur toile
Oil on convas
102×42
Georgian National Museum
shalva amiranashvili museum of fine arts
შალვა ამირანაშვილის სახვითი ხელოვნების მუზეუმი

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ავტოპორტრეტი
Autoportraiti
AUTOPORTRAIT
SELF-PORTRAIT
1920

Shalva Kikodze – Autoportrait 1920

ტილო, ზეთი
Huile sur toile
Oil on convas
65×44
Georgian National Museum
shalva amiranashvili museum of fine arts
შალვა ამირანაშვილის სახვითი ხელოვნების მუზეუმი

Shalva Kikodze – Autoportrait 1920 – Détail

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დაღუპული მეგობრის მოსაგონრად
Daghupuli Megobris Mosagonrad
EN SOUVENIR D’UN AMI PREMATUREMENT DECEDE
In Rembrance of Untimely Died Friend
ავტოპორტრეტი

Autoportraiti
AUTOPORTRAIT
SELF-PORTRAIT
1920

Shalva Kikodze – EN SOUVENIR D’UN AMI PREMATUREMENT DECEDE – 1920

ტილო, ზეთი
Huile sur toile
Oil on convas
96×101
Georgian National Museum
shalva amiranashvili museum of fine arts
შალვა ამირანაშვილის სახვითი ხელოვნების მუზეუმი




Shalva Kikodze – EN SOUVENIR D’UN AMI PREMATUREMENT DECEDE – 1920 – Détail

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გურული ქალი
Guruli Kali
FEMME DE GURIE
WOMAN FROM GURIA
1921

ტილო, ზეთი
Huile sur toile
Oil on convas
92×73
Georgian National Museum
shalva amiranashvili museum of fine arts
შალვა ამირანაშვილის სახვითი ხელოვნების მუზეუმი

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აჭარილი ქალიბი
Adjarili Kalibi
FEMMES ADJARES
WOMEN ADJARAIAN
1921

Shalva Kikodze – Femmes Adjares – 1921

ტილო, ზეთი
Huile sur toile
Oil on convas
55×46
Georgian National Museum
shalva amiranashvili museum of fine arts
შალვა ამირანაშვილის სახვითი ხელოვნების მუზეუმი

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 SHALVA KIKODZE
შალვა ქიქოძე

Shalva Kikodze PEINTRE GEORGIEN -TBILISSI - ნარიყალა PEINTRE GEORGIEN TBILISSI - ნარიყალა
Géorgie
საქართველო

CONFESSION D’UN VOYOU d’ESSENINE (Novembre 1920) Исповедь хулигана

Littérature Russe
ESSENINE POEME 1920

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русский поэт- Poète Russe
русская литература

***
стихотворение  – Poésie

***

 

 

Sergueï Essénine
Сергей Александрович

3 octobre 1895 Konstantinovo (Rybnov) – 28 décembre 1925 à Leningrad
3 октября 1895, Константиново – 28 декабря 1925, Ленинград
TRADUCTION JACKY LAVAUZELLE

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LA POESIE DE SERGUEÏ ESSÉNINE
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Исповедь хулигана
CONFESSION D’UN VOYOU
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ноябрь 1920
Novembre 1920

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Не каждый умеет петь,
Tout le monde ne sait pas chanter,
Не каждому дано яблоком
Tout le monde ne peut pas être une pomme
Падать к чужим ногам.
D’automne tombant à vos pieds.
*
Сие есть самая великая исповедь,
C’est la plus grande confession,
  Которой исповедуется хулиган.
Professée par un voyou.
*

Я нарочно иду нечёсаным,
Je vais délibérément les cheveux au vent,
С головой, как керосиновая лампа, на плечах.
Avec cette tête comme une lampe à pétrole sur mes épaules.
Ваших душ безлиственную осень
Vos âmes d’automne sans feuillage,
Мне нравится в потёмках освещать.
J’aime dans leur obscurité les illuminer.
Мне нравится, когда каменья брани
J’aime que les pierres des insultes
Летят в меня, как град рыгающей грозы,
Volent sur moi comme des tempêtes de grêlons,
Я только крепче жму тогда руками
Je serre alors ma main fortement
Моих волос качнувшийся пузырь.
La vessie oscillante de mes cheveux.

*

Так хорошо тогда мне вспоминать
Si bien alors que je me souviens
Заросший пруд и хриплый звон ольхи,
D’un étang verdi et des rauques sonneries de l’aulne,
Что где-то у меня живут отец и мать,
Je me souviens que quelque part vivent mon père et ma mère,
Которым наплевать на все мои стихи,
Qui ne se soucient nullement de mes poèmes,
 Которым дорог я, как поле и как плоть,
Qui m’aiment comme leur champ, comme leur chair,
Как дождик, что весной взрыхляет зеленя.
Comme cette pluie du printemps qui fortifie les champs.
 Они бы вилами пришли вас заколоть
Ils viendraient armés de fourches pour vous étriper
За каждый крик ваш, брошенный в меня.
Pour chaque cri que vous me lanceriez.

*

Бедные, бедные крестьяне!
Pauvres, pauvres paysans !
Вы, наверно, стали некрасивыми,
Vous êtes probablement devenus laids,
Так же боитесь бога и болотных недр.
Vous devez être toujours dans la peur de Dieu et du cœur du marais.
О, если б вы понимали,
Oh ! si vous saviez
Что сын ваш в России
Que votre fils en Russie
Самый лучший поэт!
Est le meilleur poète !
Вы ль за жизнь его сердцем не индевели,
Vous, au cœur pur, qui craigniez pour sa vie,
Когда босые ноги он в лужах осенних макал?
Quand, pieds nus, il jouait dans les flaques d’eau des pluies d’automne ?
А теперь он ходит в цилиндре
Et maintenant, il porte haut de formes
И лакированных башмаках.
Et chaussures laquées.

*

 

*
Я люблю родину.
J’adore ma patrie.
Я очень люблю родину!
J’adore infiniment ma patrie !
Хоть есть в ней грусти ивовая ржавь.
Bien que la rouille de la tristesse tombe sur elle comme un saule.
Приятны мне свиней испачканные морды
Que j’aime  y voir les sales groins des cochons souillés
И в тишине ночной звенящий голос жаб.
Et dans le silence les croassements nocturnes des crapauds.
Я нежно болен вспоминаньем детства,
A me rendre délicieusement malade de revoir mon enfance,
Апрельских вечеров мне снится хмарь и сырь.
De revoir les nuits d’avril brumeuses et moites.
Как будто бы на корточки погреться
Comme pour nous réchauffer, je revois
Присел наш клён перед костром зари.
Notre érable s’asseoir devant le feu de l’aube.
О, сколько я на нём яиц из гнёзд вороньих,
Ô combien de fois ai-je pour dénicher les œufs des nids de corbeaux,
Карабкаясь по сучьям, воровал!
Grimper sur tes rameaux, voleur !
Все тот же ль он теперь, с верхушкою зелёной?
Est-il toujours aussi vert notre érable ?
По-прежнему ль крепка его кора?
Est-il toujours armé de sa puissante écorce ?
*
А ты, любимый,
Mais toi, mon ami,
Верный пегий пёс?!
Mon fidèle chien moucheté ?!
От старости ты стал визглив и слеп
La vieillesse t’a rendu aveugle
И бродишь по двору, влача обвисший хвост,
Et tu erres désormais autour de la cour, traînant ta queue affaissée,
Забыв чутьём, где двери и где хлев.
Et ton flair est parti, loin des portes, loin des granges.
О, как мне дороги все те проказы,
Oh, combien me sont chers nos jeux,
у матери стянув краюху хлеба,
Lorsque à ma mère je dérobais du  pain,
Кусали мы с тобой её по разу,
Nous croquions ensemble notre trésor,
 Ни капельки друг другом не погребав.
Sans dégoût l’un de l’autre.
*

Я всё такой же.
Je suis toujours le même.
Сердцем я все такой же.
Mon cœur est toujours le même.
Как васильки во ржи, цветут в лице глаза.
Comme des bleuets dans le seigle, mes yeux fleurissent mon visage
Стеля стихов злачёные рогожи,
Nappant les nattes de mes poèmes,
Мне хочется вам нежное сказать.
Je tenais à vous dire que je n’avais pas changé.

 *

Спокойной ночи!
Bonne nuit !
Всем вам спокойной ночи!
A vous tous bonne nuit !

Мне сегодня хочется очень
Aujourd’hui, je voudrais tant
Из окошка луну обоссать
Par la fenêtre pisser sur la lune

*
Синий свет, свет такой синий!
La lumière bleue, si bleue !
В эту синь даже умереть не жаль.
Dans ce bleu, même mourir ne m’inquiète pas.
*
Я хочу быть жёлтым парусом
Je veux être une voile jaune
В ту страну, куда мы плывём.
Dans ce pays où nous naviguons.

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Бабушкины сказки
C. А. Есенин

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LES POEMES DE SERGUEÏ ESSENINE

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LA POESIE DE SERGUEÏ ESSÉNINE
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поэзия есенина
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LA POÉSIE d’Essénine – поэзия есенина – SERGUEÏ ESSÉNINE POÈME

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SERGUEÏ ESSÉNINE POÈME

 

русский поэт- Poète Russe
русская литература
Littérature Russe

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стихотворение  – Poésie

***

 

 

Sergueï Essénine
Сергей Александрович Есенин

3 octobre 1895 Konstantinovo (Rybnov) – 28 décembre 1925 à Leningrad
3 октября 1895, Константиново – 28 декабря 1925, Ленинград
TRADUCTION JACKY LAVAUZELLE

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LA POÉSIE DE SERGUEÏ ESSÉNINE
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поэзия есенина
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1910
Выткался на озере алый свет зари…
LE ROUGE DE L’AUBE

Выткался на озере алый свет зари.
Le rouge de l’aube a tissé le lac.
На бору со звонами плачут глухари.
Toute la forêt frisonne aux chants de scie du grand tétras.

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1914
Не ветры осыпают пущи,
LES PSAUMES DES ÉTOILES FILANTES

Не ветры осыпают пущи,
Ce ne sont pas les vents qui fouettent les forêts,
Не листопад златит холмы.
Ce ne sont pas les feuilles qui dorent les vallées.

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1915
Я странник убогий
JE SUIS UN PAUVRE PELERIN

Я странник убогий.
Je suis un pauvre pèlerin.
С вечерней звездой
Suivant l’étoile du soir

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1917
Бабушкины сказки
CONTE DE FÉES -IVAN LE FOU

В зимний вечер по задворкам
Le soir d’hiver à la périphérie
Разухабистой гурьбой
Se réunit la joyeuse foule

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1917
Где ты, где ты, отчий дом
LA MAISON DE MON PERE

Где ты, где ты, отчий дом,
Où es-tu, où es-tu, maison de mon père,
Гревший спину под бугром?
Qui te réchauffait en retrait sous la colline ?

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1918
Я покинул родимый дом
LE VIEIL ÉRABLE

Я покинул родимый дом,
Je t’ai quittée, ma chère maison,
Голубую оставил Русь.
Russie azurée, je t’ai quittée .

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1918
Закружилась листва золотая
LA NUÉE DE PAPILLONS

Закружилась листва золотая.
La feuille d’or file
В розоватой воде на пруду
Sur l’eau rosée du bassin

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1918
Хорошо под осеннюю свежесть
L’ÉTINCELLE DES MOTS

Хорошо под осеннюю свежесть
Comme il est bon dans la fraîcheur de l’automne
Душу-яблоню ветром стряхать
De laisser vaquer son âme comme une pomme au vent

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Исповедь хулигана
CONFESSION D’UN VOYOU
1920

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Essénine poème

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1920
Я последний поэт деревни
JE SUIS LE DERNIER POETE DES CAMPAGNES

Я последний поэт деревни,
Je suis le dernier poète des campagnes,
Скромен в песнях дощатый мост.
Le dernier à chanter le modeste pont de bois.

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1921
Не жалею, не зову, не плачу,
LA BLANCHEUR DES POMMIERS

Не жалею, не зову, не плачу,
Je ne regrette ni les suppliques ni les douleurs.
Все пройдет, как с белых яблонь дым.
Comme la blancheur des pommiers, tout passe.

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1922
Да! Теперь решено
L’ÉCLAT DU DIABLE

Да! Теперь решено. Без возврата
Oui ! Maintenant, c’est fini. Sans me retourner
Я покинул родные поля.
Je quitte ma maison, mon pays.

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Essénine poème

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1924
Мы теперь уходим понемногу
LE FRISSON

Мы теперь уходим понемногу
Maintenant, nous partons là-bas
В ту страну, где тишь и благодать.
Dans un pays de paix et de sérénité.

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1925
Вижу сон
LES RÊVES BLEUS

Вижу сон. Дорога чёрная.
Je rêve. La route est noire.
Белый конь. Стопа упорная.
Le cheval blanc. Il avance.

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1925
мчатся сани, слышишь – сани мчатся
LE TRAÎNEAU

Слышишь – мчатся сани, слышишь – сани мчатся.
Écoute ! Écoute le chant du traîneau dans sa course.
Хорошо с любимой в поле затеряться.
Partons nous perdre là-bas au loin !

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1925
Вечером синим, вечером лунным
LE BONHEUR BLEU

Вечером синим, вечером лунным
Un soir de lune dans ce bleu du soir
Был я когда-то красивым и юным.
J’étais jeune et j’étais beau.

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1925
Гори, звезда моя, не падай.
EPITHAPHE

Гори, звезда моя, не падай.
Etoile, mon étoile, ne tombe pas
Роняй холодные лучи.
Laisse tomber tes froids rayons.

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SON DERNIER POÈME

1925
До свиданья, друг мой, до свиданья.
AU REVOIR MON AMI

До свиданья, друг мой, до свиданья.
Au revoir mon ami, au revoir.
Милый мой, ты у меня в груди.
Mon ami, tu es dans mon cœur.

[autre traduction d’octobre 2015]

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LES POEMES DE SERGUEÏ ESSENINE

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 SERGUEÏ ESSÉNINE POÈME
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поэзия есенина
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LU XUN Proses Poèmes & Analyses – 鲁迅 – 散文 诗

LITTERATURE CHINOISE
中国文学

LU XUN
鲁迅
散文 Prose
Poème 诗

1880-1936

 Traduction Jacky Lavauzelle

 Lu Xun Oeuvres Proses et Poésie Artgitato 2



texte bilingue

 

 

LU XUN
Proses et Poèmes
Analyses

Traduction Jacky Lavauzelle

PROSE

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La Véritable histoire de Ah Q
阿Q正传
1921-1922
 Chapitre I
第一章
Préface
 序
la véritable histoire de Ah Q Lu Xun Artgitato

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Analyse

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LU XUN
Chirurgien de l’âme

La médecine et la littérature empreintent parfois des chemins inattendus. En partie par son impuissance, voire par un certain charlatanisme, la médecine a longtemps décu et a poussé à prendre l’encrier. Passer de la plaies à la plume. Toucher les consciences semble plus efficace que de recoudre, de soigner les infections, de recoudre.  « La médecine peut guérir le corps, elle ne peut guérir le cœur » disait  Saint Paul de Tarse.

Lu Xun Chirugien de l'Âme Artgitato

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LU XUN
AU BANQUET DE LA DYNASTIE MING

Comme en France, cette fin de XVIIème en Chine est fleurissante. Nous sommes à la fin de la dynastie Ming. Même si c’est la technique de la porcelaine qui symbolise le mieux cette période, tous les arts, sans être totalement révolutionnaires, arrivent à une maturité certaine. Nous pensons à l’épopée, au XIVème siècle, des cent huit voleurs de Au bord de l’eau de Shi Nai’an, sortes de Robin des bois révoltés contre le pouvoir en place.

Lu Xun au banquet de la dynastie Ming Portrait de Yongle

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 SOUS LA VOÛTE GLACEE DE LA MORT

Lu Xun écrit pour le présent. La postérité, il n’y pense pas. Tout au plus  il l’aborde comme quelque chose de tellement  loin. Ce n’est pas son but. Einstein disait que « celui qui ne peut plus éprouver ni étonnement ni surprise est pour ainsi dire mort : ses yeux sont éteints. »
Lu Xun a les yeux constamment ouverts. Ouverts sur son époque et ses contemporains.

Lu Xun Sous la voûte glacée de la mort Artgitato Le Monde illustré 1858 Supplice du lingtchi

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LuXun1930

JE T’AI RENCONTREE – SONNET D’ALPHONSUS DE GUIMARAENS – ENCONTREI-TE – SONETO DE ALPHONSUS DE GUIMARAENS

La Poésie de Alphonsus de Guimaraens
Poema de Alphonsus de Guimaraens




Littérature Brésilienne
Literatura Brasileira

Alphonsus de Guimaraens
1823 – 1864
Alphonsus_de_Guimaraens_(facing_left)




Encontrei-te

um poema d’Alphonsus de Guimaraens

un poème d’Alphonsus de Guimaraens

SONNET
Je t’ai rencontrée

Traduction Jacky Lavauzelle
Je t'ai rencontré Encontrei-te Soneto Sonnet d'Alphonsus de Guimaraens Artgitato Van Gogh Nuit Etoilée

 

Encontrei-te. Era o mês… Que importa o mês? Agosto,
Je t’ai rencontrée. C’était le mois … Qu’importe le mois ? Août
Setembro, outubro, maio, abril, janeiro ou março,
Septembre, octobre, mai, avril, janvier ou mars,
Brilhasse o luar que importa? ou fosse o sol já posto,
Qu’importe si la lune brillait ? ou était-ce le coucher du soleil,
No teu olhar todo o meu sonho andava esparso.
Dans tes yeux tout mon rêve marchait épars.

Que saudades de amor na aurora do teu rosto!
Que de nostalgie d’amour à l’aube de ton visage !
Que horizonte de fé, no olhar tranquilo e garço!
Quel horizon de foi, dans le regard tranquille et vert !
Nunca mais me lembrei se era no mês de agosto,
Jamais  je n’ai su si c’était au mois d’août,
Setembro, outubro, abril, maio, janeiro, ou março.
Septembre, octobre, avril, mai, janvier ou mars.

Encontrei-te. Depois… depois tudo se some
Je t’ai rencontrée. Après … après tout
Desfaz-se o teu olhar em nuvens de ouro e poeira.
ton regard s’est défait en nuages d’or et de poussières.
Era o dia… Que importa o dia, um simples nome?
C’était le jour … Qu’importe le jour, ce simple nom  ?

Ou sábado sem luz, domingo sem conforto,
Ou un samedi sans lumière, un dimanche incommode,
Segunda, terça ou quarta, ou quinta ou sexta-feira,
Lundi, mardi ou mercredi ou jeudi ou vendredi,
Brilhasse o sol que importa? ou fosse o luar já morto?
Qu’importe que brille le soleil ? ou était-ce une lune déjà morte ?

********

um poema d’Alphonsus de Guimaraens
un poème d’Alphonsus de Guimaraens
Encontrei-te

Sonnet d’ALPHONSUS DE GUIMARAENS (LXXV)- Soneto LXXV

La Poésie de Alphonsus de Guimaraens
Poema de Alphonsus de Guimaraens




Littérature Brésilienne
Literatura Brasileira

Alphonsus de Guimaraens
1823 – 1864
Alphonsus_de_Guimaraens_(facing_left)




SONETO LXXV

um poema d’Alphonsus de Guimaraens

un poème d’Alphonsus de Guimaraens

SONNET LXXV

Traduction Jacky Lavauzelle

Sonnet LXXV Sonet LXXV poema poème d'alfonsus de guimaraens artgitato Miro

 

Como se moço e não bem velho eu fosse
Quand j’étais jeune et pas encore très vieux
 Uma nova ilusão veio animar-me.
Une nouvelle illusion m’anima.
Na minh’alma floriu um novo carme,
Dans mon âme fleurissait un nouveau poème,
 O meu ser para o céu alcandorou-se.
Mon être au ciel s’était  projeté.

*

 Ouvi gritos em mim como um alarme.
J’entendais des cris en moi comme une alarme.
E o meu olhar, outrora suave e doce,
Et de mon regard, autrefois suave et doux,
  Nas ânsias de escalar o azul, tornou-se
Dans son appétit à escalader l’azur, sortait
Todo em raios que vinham desolar-me.
Des éclairs qui me désolaient.

*

 Vi-me no cimo eterno da montanha,
Je me vis au sommet éternel de la montagne,
Tentando unir ao peito a luz dos círios
Essayant d’unir mon corps à la lumière des bougies
Que brilhavam na paz da noite estranha.
Qui brillaient dans la paix de la nuit étrange.

*

 Acordei do áureo sonho em sobressalto:
Je me suis réveillé de ce rêve d’or violemment :
Do céu tombei aos caos dos meus martírios,
Du ciel, je tombais dans le chaos de mes douleurs,
Sem saber para que subi tão alto
Sans savoir pourquoi j’étais monté si haut

 

*

********

um poema d’Alphonsus de Guimaraens
un poème d’Alphonsus de Guimaraens
Sete Dores de Nossa Senhora

SECONDE DOULEUR D’ALPHONSUS DE GUIMARAENS – Sete Dores de Nossa Senhora SEGUNDA DOR

La Poésie de Alphonsus de Guimaraens
Poema de Alphonsus de Guimaraens




Littérature Brésilienne
Literatura Brasileira

Alphonsus de Guimaraens
1823 – 1864
Alphonsus_de_Guimaraens_(facing_left)




Les Sept Douleurs de Notre-Dame
Seconde Douleur

um poema d’Alphonsus de Guimaraens

un poème d’Alphonsus de Guimaraens

Sete Dores de Nossa Senhora
SEGUNDA DOR

Traduction Jacky Lavauzelle

SECONDE DOULEUR D'ALPHONSUS DE GUIMARAENS - Sete Dores de Nossa Senhora SEGUNDA DOR Artgitato Saint Joseph charpentier Georges de La Tour

 

…Angelus Domini apparuit in somnis Joseph…
Qui consurgens accepit puerum et matrem ejus
 nocte, et seccessit in Aegyptum.
Matthieu II, 13, 14.
… Un ange du Seigneur apparut à Joseph dans un rêve…
Lève-toi et prends le petit enfant et sa mère
et fuis en Egypte.

 

José, filho de Reis, o Carpinteiro
Joseph, fils de rois, le Charpentier
 Descendente da Casa do Salmista,
Descendant de la Maison du Psalmiste,
 Acorda em plena noite, e o corpo inteiro
Se réveilla dans la nuit, et le corps tout entier
Treme-lhe, e um raio lhe perturba a vista.
Trembla quand un rayon de lumière perturba sa vue.

*

Alvo Kerub ideal, de olhar guerreiro,
Un Chérubin idéal, le regard guerrier,
Com uns heráldicos sables de conquista,
Avec sables héraldiques de conquête,
Surge por entre nimbos, e o nevoeiro
Surgit entre nimbes et brouillard
Que faz a grande luz à treva mista.
Quand la grande lumière et l’obscurité se mélangent.

*

Num pantaclo estelar estava escrito:
Sur un pentacle stellaire, était écrit :
“Ele é o Filho de Deus. Acolhe-o, Esposo,
« Il est le Fils de Dieu. Accueillez-le, Époux,
   Ao solo ardente do abrasado Egito.”
 Au soleil brûlant de l’Egypte embrasée »

*

“Meu Deus!” exclama o Santo, e mudo espia
«Mon Dieu!» s’exclama le Saint qui, silencieux, vit
A áurea face do Arcanjo luminoso:
Le visage d’or du lumineux Archange :
Uma fonte de lágrimas corria.
Une fontaine de larmes coulaient.

*

********

um poema d’Alphonsus de Guimaraens
un poème d’Alphonsus de Guimaraens
Sete Dores de Nossa Senhora

LA POESIE D’ALPHONSUS DE GUIMARAENS – A POESIA DE ALPHONSUS DE GUIMARAENS

La Poésie de Alphonsus de Guimaraens
A POESIA de Alphonsus de Guimaraens




Littérature Brésilienne
Literatura Brasileira

Alphonsus de Guimaraens
1823 – 1864
Alphonsus_de_Guimaraens_(facing_left)




 

A Poesia de Alphonsus de Guimaraens

LA POESIE d’Alphonsus de Guimaraens

Traduction

 

 

Traduction Jacky Lavauzelle

A Catedral
LA CATHEDRALE

Entre brumas ao longe surge a aurora,
Parmi la brume au loin surgit l’aurore,
O hialino orvalho aos poucos se evapora,
La rosée hyaline s’évapore lentement,

A Catedral A Poema de Alphonsus de Guimaraens Un poème d'Alphonsus de Guimaraens La Cathédrale Artgitato

**

ISMÁLIA

Quando Ismália enlouqueceu,
Quand Ismalia devint folle,
Pôs-se na torre a sonhar…
Elle grimpa rêver en haut de la tour …

ISMÁLIA poeme d'Alphonsus de GuimaraensLa chute de l'ange Chagall Artgitato

****

SECONDE DOULEUR
Sete Dores de Nossa Senhora
Les Sept Douleurs de Notre-Dame
SEGUNDA DOR

José, filho de Reis, o Carpinteiro
Joseph, fils de rois, le Charpentier
 Descendente da Casa do Salmista,
Descendant de la Maison du Psalmiste,

SECONDE DOULEUR D'ALPHONSUS DE GUIMARAENS - Sete Dores de Nossa Senhora SEGUNDA DOR Artgitato Saint Joseph charpentier Georges de La Tour

 ****

SONETO LXXV
SONNET LXXV

Como se moço e não bem velho eu fosse
 Quand j’étais jeune et pas encore très vieux
 Uma nova ilusão veio animar-me.
Une nouvelle illusion m’anima.

Sonnet LXXV Sonet LXXV poema poème d'alfonsus de guimaraens artgitato Miro

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SONNET – SONETO
ENCONTREI-TE

Encontrei-te. Era o mês… Que importa o mês? Agosto,
Je t’ai rencontrée. C’était le mois … Qu’importe le mois ? Août
Setembro, outubro, maio, abril, janeiro ou março,
Septembre, octobre, mai, avril, janvier ou mars,

Je t'ai rencontré Encontrei-te Soneto Sonnet d'Alphonsus de Guimaraens Artgitato Van Gogh Nuit Etoilée

LA CATHEDRALE Poème d’Alphonsus de Guimaraens A Catedral

La Poésie de Alphonsus de Guimaraens
Poema de Alphonsus de Guimaraens




Littérature Brésilienne
Literatura Brasileira

Alphonsus de Guimaraens
1823 – 1864
Alphonsus_de_Guimaraens_(facing_left)




A Catedral

um poema d’Alphonsus de Guimaraens

un poème d’Alphonsus de Guimaraens

LA CATHEDRALE

 

Traduction Jacky Lavauzelle

A Catedral A Poema de Alphonsus de Guimaraens Un poème d'Alphonsus de Guimaraens La Cathédrale Artgitato

 

Entre brumas ao longe surge a aurora,
Parmi la brume au loin surgit l’aurore,
O hialino orvalho aos poucos se evapora,
La rosée hyaline s’évapore lentement,
Agoniza o arrebol.
Agonise le dernier reflet.
A catedral ebúrnea do meu sonho
La cathédrale d’ivoire de mon rêve
Aparece na paz do céu risonho
Apparaît dans la paix du ciel radieux
  Toda branca de sol.
Toute blanche de soleil. 

E o sino canta em lúgubres responsos:
Et la cloche chante en répons lugubres:
 « Pobre Alphonsus! Pobre Alphonsus! »
«Pauvre Alphonsus ! Pauvre Alphonsus ! »  

O astro glorioso segue a eterna estrada.
L’étoile glorieuse suit la route éternelle.
Uma áurea seta lhe cintila em cada
Une flèche d’or scintille en chaque
Refulgente raio de luz.
Rayon de lumière éclatant.
A catedral ebúrnea do meu sonho,
La cathédrale d’ivoire de mon rêve,
Onde os meus olhos tão cansados ponho,
Où mes yeux si fatigués se posent,
Recebe a benção de Jesus.
Recevant la bénédiction de Jésus.

E o sino canta em lúgubres responsos:
Et la cloche chante en répons lugubres:
 « Pobre Alphonsus! Pobre Alphonsus! »
«Pauvre Alphonsus ! Pauvre Alphonsus ! »  

Por entre lírios e lilases desce
Parmi les lys, les lilas, descend
A tarde esquiva: amargurada prece
La journée qui s’esquive : en une prière amère
  Poe-se a luz a rezar.
La lumière se pose.
A catedral ebúrnea do meu sonho
La cathédrale d’ivoire de mon rêve
Aparece na paz do céu tristonho
Apparaît dans la paix du triste ciel
Toda branca de luar.
Toute blanche de lune. 

E o sino canta em lúgubres responsos:
Et la cloche chante en répons lugubres:
 « Pobre Alphonsus! Pobre Alphonsus! »
«Pauvre Alphonsus ! Pauvre Alphonsus ! »  

O céu é todo trevas: o vento uiva.
Le ciel est tout obscur : le vent hurle !
Do relâmpago a cabeleira ruiva
De la foudre, les cheveux rougeoyants
Vem acoitar o rosto meu.
Viennent me frapper le visage.
A catedral ebúrnea do meu sonho
La cathédrale d’ivoire de mon rêve
Afunda-se no caos do céu medonho
Se noie dans le chaos de ce ciel hideux
Como um astro que já morreu.
Comme une étoile déjà morte.  

E o sino canta em lúgubres responsos:
Et la cloche chante en répons lugubres:
 « Pobre Alphonsus! Pobre Alphonsus! »
«Pauvre Alphonsus ! Pauvre Alphonsus ! »  

um poema d’Alphonsus de Guimaraens
un poème d’Alphonsus de Guimaraens

ISMÁLIA Poème Brésilien d’Alphonsus de Guimaraens

La Poésie de Alphonsus de Guimaraens
Poema de Alphonsus de Guimaraens




Littérature Brésilienne
Literatura Brasileira

Alphonsus de Guimaraens
1823 – 1864
Alphonsus_de_Guimaraens_(facing_left)

 




ISMÁLIA

um poema d’Alphonsus de Guimaraens

un poème d’Alphonsus de Guimaraens

Ismalia

 

Traduction Jacky Lavauzelle

ISMÁLIA poeme d'Alphonsus de GuimaraensLa chute de l'ange Chagall Artgitato

 

Quando Ismália enlouqueceu,
Quand Ismalia devint folle,
Pôs-se na torre a sonhar…
Elle grimpa rêver en haut de la tour …
Viu uma lua no céu,
Vit une lune dans le ciel,
Viu outra lua no mar.
Vit une autre lune dans la mer.

*

No sonho em que se perdeu,
Dans le rêve dans lequel elle se perdit,
Banhou-se toda em luar…
Se baigna au clair de lune …
Queria subir ao céu,
Voulant monter vers le ciel,
Queria descer ao mar
Voulant descendre à la mer

*

E, no desvario seu,
Et, dans son délire,
Na torre pôs-se a cantar...
Dans la tour, commença à chanter …
Estava perto do céu,
Perdue près du ciel,
Estava longe do mar…
Si loin de la mer

*

E como um anjo pendeu
Et comme un ange, elle ouvrit
As asas para voar…  
Les ailes pour voler
Queria a lua do céu,
Voulant la lune du ciel,
Queria a lua do mar…
Voulant la lune de la mer …

*

As asas que Deus lhe deu
Les ailes que Dieu lui  donna
Ruflaram de  par em par… 
Les battant deux par deux …
Sua alma subiu ao céu,
Monta son âme au ciel,
Seu corpo desceu ao mar…
Tomba son corps vers la mer …

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um poema d'Alphonsus de Guimaraens
 un poème d'Alphonsus de Guimaraens