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LE MIEL ET LE SOLEIL – Poésie d’Ossip MANDELSTAM – 1920 – Поэзия Осипа Мандельштама – Возьми на радость из моих ладоней

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LITTÉRATURE RUSSE
POÉSIE RUSSE
Русская литература
Русская поэзия
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Poésie de Ossip Mandelstam
Поэзии Осип Мандельштам
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Ossip Emilievitch Mandelstam
О́сип Эми́льевич Мандельшта́м
2/3 janvier 1891 Varsovie – 27 décembre 1938 Vladivostok
2/3 января 1891 Варшава — 27 декабря 1938

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TRADUCTION JACKY LAVAUZELLE
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LE MIEL ET LE SOLEIL 
1920
Возьми на радость из моих ладоней
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Возьми на радость из моих ладоней
Prends de la joie de mes paumes,
Немного солнца и немного меда,
Un peu de soleil et un peu de miel,
Как нам велели пчелы Персефоны.
Comme les abeilles de Perséphone.

*

Не отвязать неприкрепленной лодки,
On ne délie pas un bateau qui dérive,
Не услыхать в меха обутой тени,
Ni on n’entend le souffle des ombres chaussées de fourrure,
Не превозмочь в дремучей жизни страха.
Ni on ne surmonte la peur dans le vif de la vie.

*

Нам остаются только поцелуи,
Il ne nous reste plus que des baisers,
Мохнатые, как маленькие пчелы,
Velus comme de petites abeilles,
Что умирают, вылетев из улья.
Qui meurent dès qu’elles sortent de la ruche.

*

Они шуршат в прозрачных дебрях ночи,
Elles bruissent dans la transparence de la nuit,
Их родина – дремучий лес Тайгета,
Leur patrie est la forêt dense de Taygète,
Их пища – время, медуница, мята.
Leur nourriture est le temps, le lichen et la menthe.

*

Возьми ж на радость дикий мой подарок –
Prends mon cadeau sauvage pour la joie de ton cœur :
Невзрачное сухое ожерелье
Ce collier sec composé
Из мертвых пчел, мед превративших в солнце.
D’abeilles mortes qui ont transformé le miel en soleil.

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1920

LE TABLEAU NOIR – Poésie de Marina Tsvetaeva – 1920 -Писала я на аспидной доске

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Poésie de Marina Tsvétaïéva
Поэзия Марины Чветаевой

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LITTÉRATURE RUSSE
POÉSIE RUSSE
Русская литература

Русская поэзия


TRADUCTION JACKY LAVAUZELLE


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Marina Tsvétaïeva – photo de Pierre Choumoff ( Пётр Ива́нович Шу́мов )

Marina Ivanovna Tsvetaïeva
Марина Ивановна Цветаева

poétesse russe
русская поэтесса
Moscou 26 septembre 1892 – Ielabouga 31 août 1941
26 сентября 1892, Москва — 31 августа 1941, Елабуга

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LE TABLEAU NOIR
1920
Писала я на аспидной доске
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Писала я на аспидной доске,
J’ai écrit sur le tableau noir de l’école,
И на листочках вееров поблёклых,
Sur des feuilles d’éventails aux couleurs fanées,
И на речном, и на морском песке,
Sur la rivière et sur le sable de la côte,
Коньками пó льду и кольцом на стеклах, —
Avec mon patin sur la glace, avec ma bague sur le verre, –

*

И на стволах, которым сотни зим,
Et sur les troncs rugueux aux centaines d’hivers,
И, наконец — чтоб было всем известно! —
Et enfin – pour que tout le monde le sache ! –
Что ты любим! любим! любим! — любим! —
Que je t’aime avec amour – amour ! –
Расписывалась — радугой небесной.
J’ai signé – un arc-en-ciel dans le bleu du ciel.

*

Как я хотела, чтобы каждый цвел
Comment je le voulais, pour que le monde s’épanouisse
В века́х со мной! под пальцами моими!
Dans ce siècle avec moi ! sous mes doigts !
И как потом, склонивши лоб на стол,
Et puis, le front penché sur la table,
Крест-накрест перечеркивала — имя…
J’ai rayé chaque nom …

*

Но ты, в руке продажного писца
Mais toi, la main d’un scribe corrompu
Зажатое! ты, что мне сердце жалишь!
Caché ! Raye encore mon cœur !
Непроданное мной! внутри кольца!
Forcément en moi! dans l’anneau !
Ты — уцелеешь на скрижалях.
Toi – sur les tablettes, tu survivras.

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18 мая 1920
18 mai 1920

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Marina Tsvétaïeva – Marina Tsvetaeva – en 1924

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Poésie de Marina Tsvétaïéva
Поэзия Марины Чветаевой

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AUTOPORTRAIT – Poème de Marina Tsvétaëva – 1920 – Марина Ивановна Цветаева

Traduction Jacky Lavauzelle João da Cruz e Sousa
João da Cruz e Sousa Traduction Jacky Lavauzelle

LITTÉRATURE RUSSE
POÉSIE RUSSE
Русская литература

Русская поэзия


TRADUCTION JACKY LAVAUZELLE


L’attribut alt de cette image est vide, son nom de fichier est Par-Pierre-Choumoff.jpg.
Marina Tsvétaïeva – photo de Pierre Choumoff ( Пётр Ива́нович Шу́мов )

Marina Ivanovna Tsvetaïeva
Марина Ивановна Цветаева

poétesse russe
русская поэтесса
Moscou 26 septembre 1892 – Ielabouga 31 août 1941
26 сентября 1892, Москва — 31 августа 1941, Елабуга

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AUTOPORTRAIT
1920
Кто создан из камня
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William Turner, Уи́льям Тёрнер, Lumière et Couleur, свет и цвет, 1843

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Кто создан из камня, кто создан из глины,-
Certains sont de pierre, d’autres d’argile –
А я серебрюсь и сверкаю!
Moi, je brille et scintille !
Мне дело – измена, мне имя – Марина,
Mon souci – la trahison, je m’appelle Marina,
Я – бренная пена морская.
Moi – mortelle écume sur la mer.

*

Кто создан из глины, кто создан из плоти –
Certains sont de pierre, d’autres de chair-
Тем гроб и нагробные плиты…
Les attendent cercueils et pierres tombales …
– В купели морской крещена – и в полете
– baptisée dans les profondeurs de la mer – dans un envol
Своем – непрестанно разбита!
Constamment brisée !

*

Сквозь каждое сердце, сквозь каждые сети
Dans tous les cœurs, dans tous les filets
Пробьется мое своеволье.
Mon heure est venue.
Меня – видишь кудри беспутные эти?-
Moi – tu vois ces boucles dissolues ?
Земною не сделаешь солью.
Je ne suis pas du sel de la terre.

*

Дробясь о гранитные ваши колена,
M’écrasant sur tes genoux de granit
Я с каждой волной – воскресаю!
Je ressuscite à chaque vague !
Да здравствует пена – веселая пена –
Vive l’écume – écume joyeuse –
Высокая пена морская!
Haute écume de mer !

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23 мая 1920
23 mai 1920

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Poésie de Marina Tsvétaïéva
Поэзия Марины Чветаевой

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Marina Tsvétaïeva en 1924
João da Cruz e Sousa Traduction Jacky Lavauzelle

LA COPLA – Poème de Manuel MACHADO – 1920

Juan Gris – Vue sur la baie (1921)
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Manuel Machado Ruiz
(Sevilla, 29 de agosto de 1874-Madrid, 19 de enero de 1947)
(Séville, 29 août 1874-Madrid, 19 janvier 1947)

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Tableau de Juan Gris – Violon et Damier (1913)

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TRADUCTION JACKY LAVAUZELLE
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Hasta que el pueblo las canta,
Jusqu’à ce que les gens ne les chantent,
las coplas, coplas no son,
aucun de nos coplas n’existe,
y cuando las canta el pueblo,
et dès que les gens les chantent,
ya nadie sabe el autor.
l’auteur aussitôt ils oublient.

Tal es la gloria, Guillén,
Telle est la gloire, Guillen,
de los que escriben cantares:
de ceux qui écrivent des chansons :
oír decir a la gente
entendre les gens dire
que no los ha escrito nadie.
que personne ne les a écrites.

Procura tú que tus coplas
Veille donc que tes coplas
vayan al pueblo a parar,
viennent se perdre dans le peuple,
aunque dejen de ser tuyas
qu’ils cessent d’être les tiens
para ser de los demás.
et soient pour tous les autres.

Que, al fundir el corazón
Que, en dissolvant notre cœur
en el alma popular,
dans l’âme populaire,
lo que se pierde de nombre
notre nom se perde
se gana de eternidad.
pour gagner l’éternité.

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LA COPLA
DANS LA FEMME ET LE PANTIN
ROMAN DE
Pierre Louÿs

La Femme et le Pantin : roman espagnol
Apparition d’une petite moricaude dans un paysage polaire
Librairie Charpentier et Fasquelle (p. 55-72)


(EXTRAIT)

Tout le wagon savait déjà qu’elle était élève au couvent de San José d’Avila, qu’elle se rendait à Madrid, qu’elle allait retrouver sa mère, qu’elle n’avait pas de novio et qu’on l’appelait Concha Perez.

Sa voix était singulièrement pénétrante. Elle chantait sans bouger, les mains sous le châle, presque étendue, les yeux fermés ; mais les chansons qu’elle chantait là, j’imagine qu’elle ne les avait pas apprises chez les sœurs. Elle choisissait bien, parmi ces coplas de quatre vers où le peuple met toute sa passion. Je l’entends encore chanter avec une caresse dans la voix :

Dime, niña, si me quieres;
Por Dios, descubre tu pecho…

ou :

Tes matelas sont des jasmins, 
Tes draps des roses blanches, 
Des lis tes oreillers, 
Et toi, une rose qui te couches.

Je ne vous dis que les moins vives.

Mais soudain, comme si elle avait senti le ridicule d’adresser de pareilles hyperboles à cette sauvagesse, elle changea de ton son répertoire et n’accompagna plus la danse que par des chansons ironiques comme celle-ci, dont je me souviens :

Petite aux vingt novios
(Et avec moi vingt et un), 
Si tous sont comme je suis
Tu resteras toute seule.

La gitane ne sut d’abord si elle devait rire ou se fâcher. Les rieurs étaient pour l’adversaire et il était visible que cette fille d’Égypte ne comptait pas au nombre de ses qualités l’esprit de repartie qui remplace, dans nos sociétés modernes, les arguments du poing fermé.

Elle se tut en serrant les dents. La petite, complètement rassurée désormais sur les conséquences de son escarmouche, redoubla d’audace et de gaieté.

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LES POÈMES DE MANUEL MACHADO

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LE FIRMAMENT DU CAUCASE – LADO GUDIASHVILI ლადო გუდიაშვილი

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LADO GUDIASHVILI
ლადო გუდიაშვილი

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LADO GUDIASHVILI ლადო გუდიაშვილი PEINTRE GEORGIEN -TBILISSI - ნარიყალა PEINTRE GEORGIEN TBILISSI - ნარიყალა
Géorgie
საქართველო

PHOTO JACKY LAVAUZELLE

LADO GUDIASHVILI ლადო გუდიაშვილი PEINTRE GEORGIEN -TBILISSI - ნარიყალა

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ARTISTE GEORGIEN
ქართველი მხატვარი





LADO GUDIASHVILI
ლადო გუდიაშვილი

Lado Gudiashvili en 1925

30 mars 1896 à Tbilissi – 20 juillet 1980 à Tbilissi
30 მარტი, 1896 – 20 ივლისი, 1980

LE FIRMAMENT DU CAUCASE


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1910 -1914 Etude à l’École de peinture et de sculpture de Tbilissi à la Société des beaux-arts du Caucase
1914  დაამთავრა თბილისის სამხატვრო სასწავლებელი.
1914 Premières publications de dessins dans le magazine « თეატრი და ცხოვრება » Théâtre et Vie

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Une année avant, en 1919, la fameuse Galerie de la Renommée, ou Galerie de la Gloire, დიდების ტაძარში (musée historique, musée militaire d’État, galerie des artistes géorgiens) de la nouvelle Géorgie, organise une exposition de jeunes peintres Géorgiens. Y participent notamment trois artistes qui deviendront inséparables Lado Gudiashvili თავგადასავალი, David Kakabadze ლადო გუდიაშვილი, , Shalva Kikodze შალვა ქიქოძე. Ils comptent bien s’immerger dans cette fusion mondiale, mais souhaitent ne pas perdre leurs propres racines géorgiennes.
La Galerie de la Gloire est désormais la Galerie Nationale D. Shevardnadze du Musée national.
((დღეს – ეროვნული მუზეუმის დ. შევარდნაძის სახელობის ეროვნული გალერეა)

L’année 1919, est une année de chamboulement dans cette jeune République Démocratique de Géorgie. Le 21 mars, Noé Jordania, social-démocrate, prendre la tête du troisième gouvernement. Un traité d’alliance militaire est signé avec la jeune République démocratique d’Azerbaïdjan, avant son renversement par les bolchéviques russes. Les troupes britanniques, à l’exception de Batoumi, évacue le territoire géorgien. Tout semble aller dans le bon sens de l’histoire pour cette nouvelle République.

C’est dans ce contexte d’effervescence, de nouveautés et de créations, que nos trois compères vont découvrir les nouveautés artistiques.

Paris, entre 1919 et 1920, dans ces années qui suivirent la Terrible Grande Guerre, est un chaudron intellectuel et un lieu de rencontre bouillonnant d’artistes venus du monde entier. Pour autant, cela peut sembler contradictoire avec la vraie image de Paris et ce qu’elle renvoie dans le monde, suite à l’arrivée de VanGogh et du succès grandissant des impressionnistes. Jean Cassou dans Une Vie pour la Liberté, paru en 1981, l’exprime précisément : « Comment se fait-il que ce soit (…) en France, dans le pays le plus fermé sur lui-même, le plus indifférent à tout ce qui est étranger (…), comment se fait-il que ce soit dans ce pays le plus manifestement bourgeois que soit née à la fin du XIXe siècle et au cours du XXe cette Internationale qu’a été la révolution de l’art moderne, ou, d’un mot plus précis encore, l’école de Paris ? Paris, oui, capitale de la France bourgeoise, de la France officielle et pompière, a été le point du monde vers lequel, par l’effet d’un mirage, ont afflué d’innombrables artistes, venant de partout, Espagne, Italie, pays germaniques et pays scandinaves, Russie, Pologne, Europe centrale, Balkans, Amérique anglo-saxonne et latine, Japon. Certains arrivaient parce qu’ils étaient juifs et qu’on ne voulait pas de juifs chez eux. Mais d’autres sans aucune raison de force majeure comme celle-là, et seulement parce que, naguère, Van Gogh avait eu besoin de la lumière de la France et parce que les plus surprenantes inventions de l’art, dont l’impressionnisme, s’étaient produites en France

Ceci étant, le monde de la peinture se retrouve à Paris, en pleine explosion du cubisme synthétique avec Braque, Picasso, Fernand Léger, Juan Gris, Albert Gleizes, Marcel Duchamp et d’innombrables autres artistes dans les années 1920.

Les trois artistes sont très jeunes dans ce monde chamboulé par la guerre et les nouvelles idées. Shalva, né en 1894, a 25 ans, David Kakabadze დავით კაკაბაძე né en 1889 est le plus âgé des trois, avec ses trente ans, et Lado Gudiashviali ლადო გუდიაშვილი né en 1896 est le benjamin de l’équipe avec ses 23 ans. Leurs jeunesses et leurs envies de découvertes vont profiter pleinement de toutes ces nouveaux apports.

Pour autant, malgré son jeune âge, Lado a déjà une œuvre personnelle puissante et construite, lumineuse. Shalva va trouver un rythme puissant dans son passage à Paris et va se perdre. Lado continue son chemin.

Avant 1920, de 1910 à 1920, Tbilissi a mené une vie créative étonnamment intéressante. La ville de l’Est et de l’Ouest, avec son charme exotique de différents pays, où l’on peut croiser des européens, des russes, des azéris, kurdes, arméniens ou juifs,  a attiré des artistes exceptionnels de la Première Guerre mondiale. On y croise les pas de Sergueï Essenine,  Vladimir Maïakovski est né à Baghdati (Géorgie) en 1893, ou encore ceux de Vassili Kamenski.

Lado Gudiashvili était l’une des figures principales avant 1920 de ce foisonnant environnement artistique de Tbilissi.
Ilia (et Kirill) Zdanevich, revenu à Tbilissi,  fonde avec d’autres artistes le groupe futuriste de l’université du Degré 41,  aux côtés de David Kakabadze et Sergei Sudikekin, qui ont travaillé sur les murs du café artistiqe « Kimerioni » .

De nombreuses toiles à cette époque représentent l’univers des Kintos, ces petits marchands vivant dans les rues de Tbilissi. Lado a toujours su resté fidèle au sujet. Il a crée une iconographie propre et des lignes fortes et généreuses dans son dessin tout en préservant les caractéristiques de ses personnages. Lado a toujours affectionné les dimensions hors normes et nous retrouvons ce plaisir de travailler les formes dans un allongement, parfois proche d’une stylisation à la Modigliani. Il est aussi important de noter l’influence qu’a pu lui apporter le travail de Pirosmani sur ses formes et sur ses propres couleurs.

Lado Gudiashviali ლადო გუდიაშვილი) (1896- 1980) fera plusieurs expositions à Paris et reviendra en Géorgie en 1926, désormais soviétique. Géorgie soviétique. Dans ces années, il travaillera dans le théâtre et la peinture de cinéma.

A partir de 1932, l’art devient un outil de propagande essentiellement. Cette période sera difficile pour un artiste-poète avec une nature aussi libre que celle de Gudiashviali.

À partir des années 1940, la peinture de Gudiashvili s’inspire du folklore historique géorgien. En 1946, le patriarche de Géorgie, Kalistrate Tsintsadze, proposa à Lado Gudiashvili de peindre le temple de la cathédrale Saint George. Sur le fond de l’unification du jardin d’Eden dans la cathédrale, Gudiashvili a exprimé le sacrement de la Mère de Dieu et des Apôtres, ainsi que sur les murs adjacents – l’Archange Gabriel et la Mère de Dieu.
Il se rapprochera alors des traditions caucasiennes et persanes. Il restera proche des symboliques chrétiennes et peindra de nombreux thèmes religieux ; il peindra notamment l’église Kashueti.

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სადღეგრძელო გარიჟრაჟზე
sadghegrdzelo garizhrazhze
TOAST A L’AUBE
TOAST AT DAWN
1920

ტილო, ზეთი
Huile sur toile
Oil on convas
99×80
Georgian National Museum
shalva amiranashvili museum of fine arts
შალვა ამირანაშვილის სახვითი ხელოვნების მუზეუმი

***

თეზი ცოცხალი
tezi tsotskhali
POISSON TSOTSKHALI
Fish Tsotskhali
1920

ტილო, ზეთი
Huile sur toile
Oil on convas
177×114
Georgian National Museum
shalva amiranashvili museum of fine arts
შალვა ამირანაშვილის სახვითი ხელოვნების მუზეუმი

***

იდილია
Idilia
IDYLLE
IDYLL
1920

ტილო, ზეთი
Huile sur toile
Oil on convas
107×71
Georgian National Museum
shalva amiranashvili museum of fine arts
შალვა ამირანაშვილის სახვითი ხელოვნების მუზეუმი

***

სამი მოქალაქე
Sami Mokalake
TROIS CITOYENS
THREE CITIZENS
1920

ტილო, ზეთი
Huile sur toile
Oil on convas
81×60
Georgian National Museum
shalva amiranashvili museum of fine arts
შალვა ამირანაშვილის სახვითი ხელოვნების მუზეუმი

***

სტუმრები ორთაჭალაში
VISITEURS A ORTACHALA
Visitors to Ortachala
1921

***

პარიზის მოქალაქეები
Parizis Mokalakebi
CITOYENS DE PARIS
Citizens of Paris
1921

ტილო, ზეთი
Huile sur toile
Oil on convas
28×42
Georgian National Museum
shalva amiranashvili museum of fine arts
შალვა ამირანაშვილის სახვითი ხელოვნების მუზეუმი

***

ოცნების მერანი
Otsmebis Merani
Dream Pegasus
1920

ტილო, ზეთი
Huile sur toile
Oil on convas
54×46
Georgian National Museum
shalva amiranashvili museum of fine arts
შალვა ამირანაშვილის სახვითი ხელოვნების მუზეუმი

***

ქინტოების ქეიფი
LA FÊTE DES KINTOS
FEAST OF « KINTOS »
1920

ტილო, ზეთი
Huile sur toile
Oil on convas
72.5×91
Georgian National Museum
shalva amiranashvili museum of fine arts
შალვა ამირანაშვილის სახვითი ხელოვნების მუზეუმი

***

ქეიფი ფაეტონით
Keipi Paetonit
FÊTE DANS LE PHAETON
FEAST IN THE PHAETON
1920

ტილო, ზეთი
Huile sur toile
Oil on convas
79×70
Georgian National Museum
shalva amiranashvili museum of fine arts
შალვა ამირანაშვილის სახვითი ხელოვნების მუზეუმი

***

კინტოების ქეიფი ქალითან
Kintoebis Keipi Kalitan
LA FÊTE DES KINTOS AVEC UNE FEMME
FEAST OF « KINTOS » WITH A WOMAN
1919

ტილო, ზეთი
Huile sur toile
Oil on convas
137×104
Georgian National Museum
shalva amiranashvili museum of fine arts
შალვა ამირანაშვილის სახვითი ხელოვნების მუზეუმი

***

FÊTE AVEC DES AMIS, THE ET SOUPE AUX TRIPES
Feast with friends, tea and tripe soup
1919

ტილო, ზეთი
Huile sur toile
Oil on convas
139×113
Georgian National Museum
shalva amiranashvili museum of fine arts
შალვა ამირანაშვილის სახვითი ხელოვნების მუზეუმი

***

სტეპკუას დუქანი
Stepkuas Dukani
LE DUKHAN DE STEPKUA
(CAVERNE CAUCASIENNE)
STEPKUA’S DUKHAN
(CAUCASIAN TAVERN)
1919

ტილო, ზეთი
Huile sur toile
Oil on convas
52×68
Georgian National Museum
shalva amiranashvili museum of fine arts
შალვა ამირანაშვილის სახვითი ხელოვნების მუზეუმი

***

ქრისტინე
Kristini
KRISTINE
1919

***

მერანი
Merani
PEGASE
PEGASUS
1919

ტილო, ზეთი
Huile sur toile
Oil on convas
154×107
Georgian National Museum
shalva amiranashvili museum of fine arts
შალვა ამირანაშვილის სახვითი ხელოვნების მუზეუმი

***

ავტოპორტრეტი
Avtoportraiti
AUTOPORTRAIT
SELF-PORTRAIT
1919

ტილო, ზეთი
Huile sur toile
Oil on convas
90×72
Georgian National Museum
shalva amiranashvili museum of fine arts
შალვა ამირანაშვილის სახვითი ხელოვნების მუზეუმი

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პირიმზისა
PIRIMZISA
1917

ტილო, ზეთი
Huile sur toile
Oil on convas
136×106
Georgian National Museum
shalva amiranashvili museum of fine arts
შალვა ამირანაშვილის სახვითი ხელოვნების მუზეუმი

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LES ARTISTES GEORGIENS : Peintres Géorgiens & Sculpteurs Géorgiens- ქართველი მხატვრები

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LADO GUDIASHVILI
ლადო გუდიაშვილი

LADO GUDIASHVILI ლადო გუდიაშვილი PEINTRE GEORGIEN -TBILISSI - ნარიყალა PEINTRE GEORGIEN TBILISSI - ნარიყალა
Géorgie
საქართველო

SHALVA KIKODZE – DEUX ANS DANS L’ENFER DE LA CREATION- 1920 & 1921- შალვა ქიქოძე

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SHALVA KIKODZE
შალვა ქიქოძე

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SCENES DE LA VIE GEORGIENNE 1862 par Henri Cantel
Géorgie
საქართველო

PHOTO JACKY LAVAUZELLE

Shalva Kikodze PEINTRE GEORGIEN -TBILISSI - ნარიყალა

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ARTISTE GEORGIEN
ქართველი მხატვარი
 Shalva Kikodze - Photo Jacky Lavauzelle






SHALVA KIKODZE
შალვა ქიქოძე

 né le 27 mai 1894 à Bakhvi (Ozourguéti  ოზურგეთი – Province de Guria გურია) – mort le 7 novembre 1921 à Fribourg
27 მაისი, 1894 – 7 ნოემბერი, 1921

DEUX ANS DANS L’ENFER DE LA CREATION

 


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Etudes secondaires au lycée à Tbilissi
1914-1918 Etude d’art à Moscou

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Si l’on regarde sa ნატურმორტი, nature-morte peinte entre 1918-1919, sa femme Adjare აჭარელი ქალიაჭარელი ქალი peinte en 1910, ses paysages პეიზაჟი, peints aussi vers 1910, nous voyons l’importance des influences Parisiennes sur son œuvre à partir de 1919.

Paris, entre 1919 et 1920, dans ces années qui suivirent la Terrible Grande Guerre, est un chaudron intellectuel et un lieu de rencontre bouillonnant d’artistes venus du monde entier. Pour autant, cela peut sembler contradictoire avec la vraie image de Paris et ce qu’elle renvoie dans le monde, suite à l’arrivée de VanGogh et du succès grandissant des impressionnistes. Jean Cassou dans Une Vie pour la Liberté, paru en 1981, l’exprime précisément : « Comment se fait-il que ce soit (…) en France, dans le pays le plus fermé sur lui-même, le plus indifférent à tout ce qui est étranger (…), comment se fait-il que ce soit dans ce pays le plus manifestement bourgeois que soit née à la fin du XIXe siècle et au cours du XXe cette Internationale qu’a été la révolution de l’art moderne, ou, d’un mot plus précis encore, l’école de Paris ? Paris, oui, capitale de la France bourgeoise, de la France officielle et pompière, a été le point du monde vers lequel, par l’effet d’un mirage, ont afflué d’innombrables artistes, venant de partout, Espagne, Italie, pays germaniques et pays scandinaves, Russie, Pologne, Europe centrale, Balkans, Amérique anglo-saxonne et latine, Japon. Certains arrivaient parce qu’ils étaient juifs et qu’on ne voulait pas de juifs chez eux. Mais d’autres sans aucune raison de force majeure comme celle-là, et seulement parce que, naguère, Van Gogh avait eu besoin de la lumière de la France et parce que les plus surprenantes inventions de l’art, dont l’impressionnisme, s’étaient produites en France

Ceci étant, le monde de la peinture se retrouve à Paris, en pleine explosion du cubisme synthétique avec Braque, Picasso, Fernand Léger, Juan Gris, Albert Gleizes, Marcel Duchamp et d’innombrables autres artistes dans les années 1920.

Une année avant, en 1919, la fameuse Galerie de la Renommée, ou Galerie de la Gloire, დიდების ტაძარში (musée historique, musée militaire d’État, galerie des artistes géorgiens) de la nouvelle Géorgie, organise une exposition de jeunes peintres Géorgiens. Y participent notamment trois artistes qui deviendront inséparables Lado Gudiashvili თავგადასავალი, David Kakabadze ლადო გუდიაშვილი, , Shalva Kikodze შალვა ქიქოძე. Ils comptent bien s’immerger dans cette fusion mondiale, mais souhaitent ne pas perdre leurs propres racines géorgiennes.

L’année 1919, est une année de chamboulement dans cette jeune République Démocratique de Géorgie. Le 21 mars, Noé Jordania, social-démocrate, prendre la tête du troisième gouvernement. Un traité d’alliance militaire est signé avec la jeune République démocratique d’Azerbaïdjan, avant son renversement par les bolchéviques russes. Les troupes britanniques, à l’exception de Batoumi, évacue le territoire géorgien. Tout semble aller dans le bon sens de l’histoire pour cette nouvelle République.

C’est dans ce contexte d’effervescence, de nouveautés et de créations, que Shalva va découvrir les nouveautés artistiques. Pour autant, les sujets peints restent ses deux amis géorgiens proches, les soirées débridées parisiennes et les grands symboles de la Capitale Française : le Jardin du Luxembourg, la Tour Eiffel, les Cafés de Paris.

Les trois artistes sont très jeunes dans ce monde chamboulé par la guerre et les nouvelles idées. Shalva, né en 1894, a 25 ans, David Kakabadze დავით კაკაბაძე né en 1889 est le plus âgé des trois, avec ses trente ans, et Lado Gudiashviali ლადო გუდიაშვილი né en 1896 est le benjamin de l’équipe avec ses 23 ans. Leurs jeunesses et leurs envies de découvertes vont profiter pleinement de toutes ces nouveaux apports.

Les scènes peintes désormais par Shalva sont crues et rien n’est caché aux yeux du spectateur. Nous sommes loin des paysannes géorgiennes peintes dans la montagne. Les artistes sont dans ce tourbillon culturel, mais aussi dans un tourbillon des sens.

Pourtant, son œuvre regorge de symboliques comme le poisson dans l’assiette ou la pomme proposée à l’artiste rappelant le péché originel.

Shalva va mourir à 27 ans et sera enterré en terres étrangères, à Fribourg en Allemagne. Malgré la reconnaissance internationale de son œuvre puissante, réalisée principalement en deux ans entre 1919 et 1921, avec une très forte production en 1920, il reste beaucoup moins connu dans son pays que des artistes comme Pirosmani ფიროსმანი ou encore son ami Lado Guidashvili, ლადო გუდიაშვილი.

David Kakabadze დავით კაკაბაძე (1889 – 1952) pendant ce séjour parisien s’orientera vers une « peinture sans sujet » en travaillant à partir de métal, miroir, vitrail, plutôt que la peinture elle-même.

Lado Gudiashviali ლადო გუდიაშვილი) (1896- 1980) reviendra en Géorgie en 1926 et se rapprochera alors des traditions caucasiennes et persanes. Il restera proche des symboliques chrétiennes et peindra de nombreux thèmes religieux de ces trois artistes ; il peindra notamment l’église Kashueti.

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სამი მხატვარი
Sami Mikhatvari
TROIS ARTISTES
THREE ARTISTS
1920

Shalva Kikodze – Trois artistes

ტილო, ზეთი
Huile sur toile
Oil on convas
96×101
Georgian National Museum
shalva amiranashvili museum of fine arts
შალვა ამირანაშვილის სახვითი ხელოვნების მუზეუმი

Shalva Kikodze – Trois artistes – Détail

Shalva Kikodze – Trois artistes – Détail

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ქეიფე შანტანში
AU CAFE SHANTAN
IN CAFE SHANTAN
1920

Shalva Kikodze- Au Café Shantan- 1920

ტილო, ზეთი
Huile sur toile
Oil on convas
88×88
Georgian National Museum
shalva amiranashvili museum of fine arts
შალვა ამირანაშვილის სახვითი ხელოვნების მუზეუმი

Shalva Kikodze- Au Café Shantan- 1920 – Détail

Shalva Kikodze- Au Café Shantan- 1920 – Détail

Shalva Kikodze- Au Café Shantan- 1920 – Détail

Shalva Kikodze- Au Café Shantan- 1920 – Détail

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ლუქსემბურგის ბარი – პარიზი
Luksemburgis bari – Parizi
AU JARDIN DU LUXEMBOURG
LUXEMBURG GARDEN
PARIS – 1920

Shalva Kikodze- Au Jardin du Luxembourg – 1920

ტილო, ზეთი
Huile sur toile
Oil on convas
108×104
Georgian National Museum
shalva amiranashvili museum of fine arts
შალვა ამირანაშვილის სახვითი ხელოვნების მუზეუმი

Shalva Kikodze- Au Jardin du Luxembourg – 1920 – Détail

Shalva Kikodze- Au Jardin du Luxembourg – 1920 – Détail

Shalva Kikodze- Au Jardin du Luxembourg – 1920 – Détail

ლუქსემბურგის ბარი – პარიზი

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მხატვრებას ყავახანა
Mkhatvrebas Qavakhana
AU CAFE
IN THE CAFE
1920

Shalva Kikodze – Au Café – 1920

ტილო, ზეთი
Huile sur toile
Oil on convas
52×46
Georgian National Museum
shalva amiranashvili museum of fine arts
შალვა ამირანაშვილის სახვითი ხელოვნების მუზეუმი

Shalva Kikodze – Au Café – 1920 – Détail

Shalva Kikodze – Au Café – 1920 – Détail –

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ROUNDABOUT
1921

Shalva Kikodze – Roundabout – 1921

ზეთი მუყაოზე
Huile sur carton
Oil on cardboard
33×40.5
Georgian National Museum
shalva amiranashvili museum of fine arts
შალვა ამირანაშვილის სახვითი ხელოვნების მუზეუმი

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ეიფელის კოშკი
Eipelis koshki
LA TOUR EIFFEL
EIFFEL TOWER
1920

Shalva Kikodze – La Tour Eiffel – 1920

ზეთი მუყაოზე
Huile sur carton
Oil on cardboard
42×32,5
Georgian National Museum
shalva amiranashvili museum of fine arts
შალვა ამირანაშვილის სახვითი ხელოვნების მუზეუმი

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კ. მახარაძის პორტრეტი
K. makharadzis Portreti
PORTRAIT DE K. MAKHARADZE
PORTRAIT OF K. MAKARADZE
1921

Shalva Kikdodze – PORTRAIT OF K. MAKARADZE – 1921

ტილო, ზეთი
Huile sur toile
Oil on convas
102×42
Georgian National Museum
shalva amiranashvili museum of fine arts
შალვა ამირანაშვილის სახვითი ხელოვნების მუზეუმი

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ავტოპორტრეტი
Autoportraiti
AUTOPORTRAIT
SELF-PORTRAIT
1920

Shalva Kikodze – Autoportrait 1920

ტილო, ზეთი
Huile sur toile
Oil on convas
65×44
Georgian National Museum
shalva amiranashvili museum of fine arts
შალვა ამირანაშვილის სახვითი ხელოვნების მუზეუმი

Shalva Kikodze – Autoportrait 1920 – Détail

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დაღუპული მეგობრის მოსაგონრად
Daghupuli Megobris Mosagonrad
EN SOUVENIR D’UN AMI PREMATUREMENT DECEDE
In Rembrance of Untimely Died Friend
ავტოპორტრეტი

Autoportraiti
AUTOPORTRAIT
SELF-PORTRAIT
1920

Shalva Kikodze – EN SOUVENIR D’UN AMI PREMATUREMENT DECEDE – 1920

ტილო, ზეთი
Huile sur toile
Oil on convas
96×101
Georgian National Museum
shalva amiranashvili museum of fine arts
შალვა ამირანაშვილის სახვითი ხელოვნების მუზეუმი




Shalva Kikodze – EN SOUVENIR D’UN AMI PREMATUREMENT DECEDE – 1920 – Détail

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გურული ქალი
Guruli Kali
FEMME DE GURIE
WOMAN FROM GURIA
1921

ტილო, ზეთი
Huile sur toile
Oil on convas
92×73
Georgian National Museum
shalva amiranashvili museum of fine arts
შალვა ამირანაშვილის სახვითი ხელოვნების მუზეუმი

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აჭარილი ქალიბი
Adjarili Kalibi
FEMMES ADJARES
WOMEN ADJARAIAN
1921

Shalva Kikodze – Femmes Adjares – 1921

ტილო, ზეთი
Huile sur toile
Oil on convas
55×46
Georgian National Museum
shalva amiranashvili museum of fine arts
შალვა ამირანაშვილის სახვითი ხელოვნების მუზეუმი

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 SHALVA KIKODZE
შალვა ქიქოძე

Shalva Kikodze PEINTRE GEORGIEN -TBILISSI - ნარიყალა PEINTRE GEORGIEN TBILISSI - ნარიყალა
Géorgie
საქართველო

SERGUEÏ ESSENINE JE SUIS LE DERNIER POETE DES CAMPAGNES- 1920 – Я последний поэт деревни

 

Littérature Russe
ESSENINE POEME 1920

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русский поэт- Poète Russe
русская литература

***
стихотворение  – Poésie

***

 

 

Sergueï Essénine
Сергей Александрович Есенин

3 octobre 1895 Konstantinovo (Rybnov) – 28 décembre 1925 à Leningrad
3 октября 1895, Константиново – 28 декабря 1925, Ленинград
TRADUCTION JACKY LAVAUZELLE

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LA POESIE DE SERGUEÏ ESSÉNINE
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JE SUIS LE DERNIER POETE DES CAMPAGNES
Я последний поэт деревни

 

1920
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Я последний поэт деревни,
Je suis le dernier poète des campagnes,
Скромен в песнях дощатый мост.
Le dernier à chanter le modeste pont de bois.
За прощальной стою обедней
Debout, j’assiste encore à la messe d’adieu
Кадящих листвой берез.
Des dernières feuilles du bouleau.
*
Догорит золотистым пламенем
En flamme d’or, elle brûle
  Из телесного воска свеча,
La chandelle de mon corps de cire,
И луны часы деревянные
Et l’horloge de la lune sur les arbres
Прохрипят мой двенадцатый час.
Me montre ma douzième heure.
*
На тропу голубого поля
Sur le chemin du champ bleu
Скоро выйдет железный гость.
L’invité de fer bientôt pénétrera.
Злак овсяный, зарею пролитый,
L’avoine que redresse l’aube,
Соберет его черная горсть.
Bientôt sera fauchée par sa main noire.

 

*

Не живые, чужие ладони,
Non vivantes, paumes étrangères,
Этим песням при вас не жить!
Mes chansons ainsi ne peuvent vivre !
Только будут колосья-кони
Seuls les chevaux désappointés,
О хозяине старом тужить.
Attendent en vain leur maître.
*
Будет ветер сосать их ржанье,
Leurs hennissements par le vent s’effaceront,
Панихидный справляя пляс.
Les bourrasques libéreront son requiem.
Скоро, скоро часы деревянные
Bientôt, bientôt, horloge de la lune sur les arbres
Прохрипят мой двенадцатый час!
Me montrera ma douzième heure !

 

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Бабушкины сказки
C. А. Есенин

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LES POEMES DE SERGUEÏ ESSENINE

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LA POESIE DE SERGUEÏ ESSÉNINE
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поэзия есенина
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LA POÉSIE d’Essénine – поэзия есенина – SERGUEÏ ESSÉNINE POÈME

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SERGUEÏ ESSÉNINE POÈME

 

русский поэт- Poète Russe
русская литература
Littérature Russe

***
стихотворение  – Poésie

***

 

 

Sergueï Essénine
Сергей Александрович Есенин

3 octobre 1895 Konstantinovo (Rybnov) – 28 décembre 1925 à Leningrad
3 октября 1895, Константиново – 28 декабря 1925, Ленинград
TRADUCTION JACKY LAVAUZELLE

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LA POÉSIE DE SERGUEÏ ESSÉNINE
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поэзия есенина
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1910
Выткался на озере алый свет зари…
LE ROUGE DE L’AUBE

Выткался на озере алый свет зари.
Le rouge de l’aube a tissé le lac.
На бору со звонами плачут глухари.
Toute la forêt frisonne aux chants de scie du grand tétras.

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1914
Не ветры осыпают пущи,
LES PSAUMES DES ÉTOILES FILANTES

Не ветры осыпают пущи,
Ce ne sont pas les vents qui fouettent les forêts,
Не листопад златит холмы.
Ce ne sont pas les feuilles qui dorent les vallées.

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1915
Я странник убогий
JE SUIS UN PAUVRE PELERIN

Я странник убогий.
Je suis un pauvre pèlerin.
С вечерней звездой
Suivant l’étoile du soir

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1917
Бабушкины сказки
CONTE DE FÉES -IVAN LE FOU

В зимний вечер по задворкам
Le soir d’hiver à la périphérie
Разухабистой гурьбой
Se réunit la joyeuse foule

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1917
Где ты, где ты, отчий дом
LA MAISON DE MON PERE

Где ты, где ты, отчий дом,
Où es-tu, où es-tu, maison de mon père,
Гревший спину под бугром?
Qui te réchauffait en retrait sous la colline ?

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1918
Я покинул родимый дом
LE VIEIL ÉRABLE

Я покинул родимый дом,
Je t’ai quittée, ma chère maison,
Голубую оставил Русь.
Russie azurée, je t’ai quittée .

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1918
Закружилась листва золотая
LA NUÉE DE PAPILLONS

Закружилась листва золотая.
La feuille d’or file
В розоватой воде на пруду
Sur l’eau rosée du bassin

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1918
Хорошо под осеннюю свежесть
L’ÉTINCELLE DES MOTS

Хорошо под осеннюю свежесть
Comme il est bon dans la fraîcheur de l’automne
Душу-яблоню ветром стряхать
De laisser vaquer son âme comme une pomme au vent

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Исповедь хулигана
CONFESSION D’UN VOYOU
1920

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Essénine poème

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1920
Я последний поэт деревни
JE SUIS LE DERNIER POETE DES CAMPAGNES

Я последний поэт деревни,
Je suis le dernier poète des campagnes,
Скромен в песнях дощатый мост.
Le dernier à chanter le modeste pont de bois.

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1921
Не жалею, не зову, не плачу,
LA BLANCHEUR DES POMMIERS

Не жалею, не зову, не плачу,
Je ne regrette ni les suppliques ni les douleurs.
Все пройдет, как с белых яблонь дым.
Comme la blancheur des pommiers, tout passe.

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1922
Да! Теперь решено
L’ÉCLAT DU DIABLE

Да! Теперь решено. Без возврата
Oui ! Maintenant, c’est fini. Sans me retourner
Я покинул родные поля.
Je quitte ma maison, mon pays.

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Essénine poème

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1924
Мы теперь уходим понемногу
LE FRISSON

Мы теперь уходим понемногу
Maintenant, nous partons là-bas
В ту страну, где тишь и благодать.
Dans un pays de paix et de sérénité.

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1925
Вижу сон
LES RÊVES BLEUS

Вижу сон. Дорога чёрная.
Je rêve. La route est noire.
Белый конь. Стопа упорная.
Le cheval blanc. Il avance.

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1925
мчатся сани, слышишь – сани мчатся
LE TRAÎNEAU

Слышишь – мчатся сани, слышишь – сани мчатся.
Écoute ! Écoute le chant du traîneau dans sa course.
Хорошо с любимой в поле затеряться.
Partons nous perdre là-bas au loin !

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1925
Вечером синим, вечером лунным
LE BONHEUR BLEU

Вечером синим, вечером лунным
Un soir de lune dans ce bleu du soir
Был я когда-то красивым и юным.
J’étais jeune et j’étais beau.

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1925
Гори, звезда моя, не падай.
EPITHAPHE

Гори, звезда моя, не падай.
Etoile, mon étoile, ne tombe pas
Роняй холодные лучи.
Laisse tomber tes froids rayons.

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SON DERNIER POÈME

1925
До свиданья, друг мой, до свиданья.
AU REVOIR MON AMI

До свиданья, друг мой, до свиданья.
Au revoir mon ami, au revoir.
Милый мой, ты у меня в груди.
Mon ami, tu es dans mon cœur.

[autre traduction d’octobre 2015]

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LES POEMES DE SERGUEÏ ESSENINE

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 SERGUEÏ ESSÉNINE POÈME
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поэзия есенина
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FERNANDO PESSOA : LETTRE A LA REVUE CONTEMPORÂNEA (1922) Carta dirigida à revista Contemporânea

 O Carta dirigida à revista Contemporânea
Lettre à la Revue Contemporânea
Octobre 1922
17 Outubro 1922

Poème de Fernando Pessoa





Traduction – Texte Bilingue
tradução – texto bilíngüe

Traduction Jacky Lavauzelle


LITTERATURE PORTUGAISE
POESIE PORTUGAISE

Literatura Português

FERNANDO PESSOA
1888-1935
Fernando Pesso Literatura Português Poesia e Prosa Poésie et Prose Artgitato

 





Prosa de Fernando Pessoa




Carta dirigida à revista Contemporânea
LETTRE A LA REVUE CONTEMPORÂNEA
17 Outubro 1922
17 octobre 1922

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Contemporânea -nº1 – Maio de 1922 – Sumário
Le sommaire du premier n° de Contemporânea de mai 1922
Capa do nº1 da Revista Orpheu, 1915
Couverture du premier n° de la Revue Orpheu de 1915




Álvaro de Campos***

Meu querido José Pacheco:
Mon cher José Pacheko*,

Venho escrever-lhe para o felicitar pela sua «Contemporânea» para lhe dizer que não tenho escrito nada e para por alguns embargos ao artigo do Fernando Pessoa.
Je vous écris ici pour vous féliciter de votre « Contemporânea », pour vous dire que je ne l’ai pas écrit et pour revenir sur l’article de Fernando Pessoa.

Quereria mandar-lhe também colaboração.
Je voulais aussi vous envoyer une collaboration.
Mas, como lhe disse, não escrevo.
Mais, comme je vous l’ai dit, je n’écris pas.
Fui em tempos poeta decadente;
J’étais à l’époque poète décadent ;
hoje creio que estou decadente, e já o não sou.
aujourd’hui, je crois que je suis en décadence, et donc que je ne suis pas décadent.





Isto de mim, que é quem mais próximo está de mim, apesar de tudo.
Voilà pour ce qui est de moi, ce qui cependant reste donc le plus proche de moi.
De si e de sua revista, tenho saudades do nosso «Orpheu» !
Quant à votre magazine, je regrette notre « Orpheu »! 

V. continua sub-repticiamente, e ainda bem .
Vous le continuez subrepticement, et c’est bien ainsi.
Estamos, afinal, todos no mesmo lugar.
Nous sommes, après tout, tous au même endroit.
Parece que variamos só com a oscilação de quem se equilibra.
C’est comme si nous ne changions uniquement que par oscillation autour d’un point d’équilibre.
Repito-lhe que o felicito.
Je vous répète que je tiens à vous féliciter.
Julgava difícil fazer tanto bem aos olhos em Portugal com uma coisa impressa.
Je pensais qu’il était difficile de faire beaucoup de bien aux yeux au Portugal avec une chose imprimée.
Julgo bom que julgasse mal.
Je pense avoir eu un mauvais jugement.
Auguro à «Contemporânea» o futuro que lhe desejo.
Je souhaite au « Contemporânea » l’avenir que vous désirez.

 Fernando Pessoa et Costa Brochado
Café Martinho da Arcada
6 juin 1914

*

Agora o artigo do Fernando.
Maintenant, abordons l’article de Fernando.
Com o intervalo entre a primeira palavra desta carta e a primeira palavra deste parágrafo, já quase me não lembra o que é que lhe queria dizer do artigo.
Dans l’intervalle entre le premier mot de cette lettre et le premier mot de ce paragraphe, je ne me souviens presque plus de ce que je voulez vous dire sur l’article.
Talvez pensasse em dizer exactamente o que vou escrever a seguir.
Peut-être que je pensais dire exactement ce que je vais écrire, ce qui va suivre.
Enfim, prometi, e digo o que sinto agora, e segundo os nervos deste momento.
Quoi qu’il en soit, je l’ai promis, je vous dis ce que je ressens maintenant, et selon mes nerfs en ce moment précis.

Continua o Fernando Pessoa com aquela mania, que tantas vezes lhe censurei, de julgar que as coisas se provam.
Fernando Pessoa continue avec cette manie, qui j’ai si souvent condamné, de penser que les choses peuvent toujours se prouver.
Nada se prova senão para ter a hipocrisia de não afirmar.
Rien ne se prouve, seulement car il y a une hypocrisie de ne pas affirmer une chose.




O raciocínio é uma timidez — duas timidezes talvez, sendo a segunda a de ter vergonha de estar calado.
Le raisonnement est une timidité – deux timidités peut-être, la seconde consiste à avoir honte de se taire.







Ideal estético, meu querido José Pacheco, ideal estético!
L’idéal esthétique, mon cher José Pacheko, l’idéal esthétique !
Onde foi essa frase buscar sentido?
D’où vient cette phrase en quête de sens ?
E o que encontrou lá quando o descobriu?
Et en la découvrant, qu’a-t-elle trouvé ?
Não há ideias nem estéticas senão nas ilusões que nós fazemos deles.
Il n’y a pas d’idées ou d’esthétiques, il y a seulement les illusions que nous en faisons.
O ideal é um mito da acção, um estimulante como o ópio ou a cocaína:
L’idéal est un mythe de l’action, un stimulant, comme l’opium ou la cocaïne :
serve para sermos outros, mas paga-se caro — com o nem sermos quem poderíamos ter sido.
il nous sert à devenir autres, mais à quel coût ? – il ne nous sert nullement à ce que nous aurions pu être.

Estética, José Pacheco?
L’esthétique, José Pacheko?




Não há beleza, como não há moral, como não há fórmulas senão para definir compostos.
Il n’y a pas de beauté, comme il n’y a pas de morale, comme il n’y a pas de formules, sinon pour définir des composés.
Na tragédia físico-química a que se chama a Vida, essas coisas são como chamas — simples sinais de combustão.
Dans la tragédie de la physico-chimique que l’on appelle la Vie, ces choses sont comme des flammes – de simples signaux de combustion.

A beleza começou por ser uma explicação que a sexualidade deu a si-própria de preferências provavelmente de origem magnética.




La beauté a commencé comme une explication que la sexualité s’est appropriée de préférences d’une origine probablement magnétique.
Tudo é um jogo de forças, e na obra da arte não temos que procurar «beleza» ou coisa que possa andar no gozo desse nome.
Tout est un jeu de forces, et dans l’œuvre d’art que nous ne devons pas chercher la « beauté » ou autre chose qui lui déroberait ce nom.
Em toda a obra humana, ou não humana, procuramos só duas coisas, força e equilíbrio de força — energia e harmonia, se V. quiser.
En toute œuvre humaine, ou non, nous recherchons seulement deux choses : la force et l’équilibre des forces – l’énergie et l’harmonie, si vous voulez.

Perante qualquer obra de qualquer arte — desde a de guardar porcos à de construir sinfonias — pergunto só: 
Devant toute œuvre de tout art – pour élever des porcs ou pour façonner des symphonies – une seule question qui vaille :
quanta força?
quelle force ?
quanta mais força?
combien de force supplémentaire ?
quanta violência de tendência?
combien de violence de tendance ?
quanta violência reflexa de tendência, violência de tendência sobre si própria, força da força em não se desviar da sua direcção, que é um elemento da sua força?
combien de violence réflexe de tendance, de violence de tendance sur elle-même, de force de la force pour ne pas dévier de sa direction, qui est un élément de sa force ?

O resto é o mito das Danaides, ou outro qualquer mito — porque todo o mito é o das Danaides, e todo o pensamento (diga-o ao Fernando) enche eternamente um tonel eternamente vazio.
Le reste, c’est le mythe des Danaïdes, ou tout autre mythe – parce que tout mythe est celui des Danaïdes, et toute pensée (il faut le dire à Fernando) remplit un tonneau éternellement vide.




Li o livro do Botto e gosto dele.
J’ai lu le livre de Botto**** et je l’ai trouvé à mon goût.
Gosto dele porque a arte do Botto é o contrário da minha.
Car l’art de Botto est diamétralement opposé au mien.
Se eu gostasse só da minha arte, nem da minha arte gostava, porque vario.
Si je n’aimais seulement que mon art, je ne l’aimerais finalement pas car je ne cesse de changer.

*

António Botto
La photo de son passeport en 1940




*

E, à parte gostar, porque gosto?
Je l’aime, mais pourquoi donc ?
É sempre mau perguntar, porque pode haver resposta.
C’est toujours mal de questionner, car il peut y avoir une réponse.
Mas pergunto — porque gosto?
Mais je me questionne : pourquoi cet attrait ?
Há força, há equilíbrio de força, nas «Canções»?
Est-ce parce qu’il y a de la force ? Y a-t-il un équilibre de force dans ses « Canções» ?

Louvo nas «Canções» a força que lhes encontro.
Je suis heureux de trouver dans les « Canções» cette force.
Essa força não vejo que tenha que ver com ideais nem com estéticas.
Je ne vois pas en quoi cette force tienne des idéaux, ni des esthétiques.
Tem que ver com imoralidade.
Elle a à voir avec l’immoralité.
É a imoralidade absoluta, despida de dúvidas.
Elle est absolument immorale, dépourvue de doutes.
Assim há direcção absoluta — força portanto;
Par conséquent, elle a une direction absolue – donc une force ;
e há harmonia em não admitir condições a essa imoralidade.
et il y a harmonie si on n’admet pas de conditions à cette immoralité.
O Botto tende com uma energia tenaz para todo o imoral;
Botto tend avec une énergie tenace vers tout ce qui est immoral ;




e tem a harmonia de não tender para mais coisa alguma.
et il obtient l’harmonie car il ne tend vers rien d’autre.
Acho inútil meter os gregos no caso;
Je pense qu’il n’est pas utile de se référer aux Grecs ;
grego se veria o Fernando com eles se eles lhe aparecessem a pedir-lhe contas do sarilho de estéticas em que os meteu.
Fernando se verrait bien dans la gêne si les Grecs apparaissaient et s’ils le questionnaient sur ces imbroglios esthétiques.
Os gregos eram lá estetas!
Les Grecs étaient des esthètes !
Os gregos existiram.
Les Grecs vivaient, eux.




A arte do Botto é integralmente imoral.
L’art de Botto est tout à fait immoral.
Não há célula nela que esteja decente.
Aucune cellule en lui n’est décente.
E isso é uma força porque é uma não hipocrisia, uma não complicação.
Et c’est une force car c’est une non-hypocrisie, une non-complication.
Wilde tergiversava constantemente.
Wilde tergiversait constamment.
Baudelaire formulou uma tese moral da imoralidade;
Baudelaire a formulé une thèse morale de l’immoralité ;
disse que o mau era bom por ser mau, e assim lhe chamou bom.
Il a dit que le mauvais était bon car mauvais, et il a nommé cela le bien.
O Botto é mais forte:
Botto est plus fort :
dá à sua imoralidade razões puramente imorais, porque não lhe dá nenhumas.
il donne à son immoralité des raisons purement immorales, parce qu’il n’en donne aucune.

O Botto tem isto de forte e de firme:
Botto a cette force et cette fermeté :
 é que não dá desculpas.
il ne fait pas d’excuses.
E eu acho, e deverei talvez sempre achar, que não dar desculpas é melhor que ter razão.
Et je pense, et peut-être le penserai-je toujours, que de ne pas faire d’excuses est préférable à avoir raison.

Não lhe digo mais.
Je ne vous en dis pas plus.
Se continuasse, contradizer-me-ia.
A continuer, j’en viendrais à me contredire.
Seria abominável, porque talvez fosse uma maneira (a inversa) de ser lógico.
Ce serait abominable, ce pourrait être un moyen (inverse) d’être logique.
Quem sabe?
Qui sait ?

Relembro saudosamente — aqui do Norte improfícuo — os nossos tempos do «Orpheu», a antiga camaradagem, tudo em Lisboa de que eu gostava, e tudo em Lisboa de que eu não gostava — tudo com a mesma saudade.
Je regarde en arrière avec nostalgie – ici de ce Nord inutile – notre époque de l’« Orpheu », l’ancien esprit de camaraderie, tout ce qu’à Lisbonne j’aimais, et tout ce qu’à Lisbonne je n’ai pas aimé – tout ça avec toujours la même nostalgie.

Saudo-o em Distância Constelada.
Je vous salue d’un Lointain Constellé.
Esta carta leva-lhe a minha afeição pela sua revista;
Cette lettre vous apporte mon affection pour votre revue ;
não lhe leva a minha amizade por si porque V. já há muito tempo aí a tem.
je ne vous donne pas mon amitié, car vous l’avez depuis longtemps.

Diga ao Fernando Pessoa que não tenha razão.
Dites à Fernando Pessoa qu’il n’a pas raison.

Um abraço do camarada amigo
Amicalement, de votre camarade

ÁLVARO DE CAMPOS

Newcastle-on-Tyne, 17 Outubro 1922.
Le 17 octobre 1922 – Newcaste-on-Tyne

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LETTRE A LA REVUE CONTEMPORÂNEA
(1922)
Carta dirigida à revista Contemporânea 

NOTES
* José Pacheko ou José Pacheco, directeur de publication, architecte, graphiste, peintre (1885 — 1934)

** Contemporânea est une revue portugaise publiée entre 1922 et 1926 (Lisbonne – Lisboa). Directeur : José Pacheko.

*** Álvaro de Campos, (heteronímia)  hétéronyme de Fernando Pessoa, né à Tavira ou à Lisbonne, né le 13 ou le 15 de octobre 1890  et mort en 1935

****António Thomaz Botto (António Botto)  poète moderniste. Il est né à Concavada au Portugal le 17 août 1897 et mort le 16 mars 1959 à Rio de Janeiro au Brésil. Canções sont des poèmes composés par Botto et parus en 1920.

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LA POESIE DE GERMAIN NOUVEAU

GERMAIN NOUVEAU
LITTERATURE FRANCAISE
SYMBOLISME

germain-nouveau-poemes-poesie-artgitato

Germain Nouveau

31 juillet 1851 Pourrières (Var) – 4 avril 1920 Pourrières

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POEMES

LA POESIE DE
GERMAIN NOUVEAU

 

Valentines et autres vers

Texte établi par Ernest Delahaye
Albert Messein, 1922
LA RENCONTRE
la-rencontre-germain-nouveau-artgitato-joaquin-sorolla-promenade-au-bord-de-mer-1909
*
LA MAXIME

La Rochefoucauld dit, Madame,
Qu’on ne doit pas parler de soi,

 *
LE PORTRAIT
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LA STATUE
*
LA FEE
la-fee-germain-nouveau-artgitato-joao-marques-de-oliveira-artgitato-porto-19
*
LE NOM
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LE TEINT
le-teint-germain-nouveau-artgitato-jean-auguste-dominique-ingres-la-grande-odalisque-1814
*

LA DEVISE

*

LE DIEU

le-dieu-germain-nouveau-artgitato-desnudo-de-mujer-1902-joaquin-sorolla
*
LA DEESSE
*

L’IDEAL

*

DANGEREUSE

Vous dangereuse ? mais sans doute !
Très dangereuse, c’est certain ;
Comme la peur que l’on écoute,

dangereuse-germain-nouveau-artgitato-jean-baptiste-greuze-le-chapeau-blanc-1780-boston
*

SPHINX

sphinx-germain-nouveau-sphinx-non-renove-1867
*

SUPÉRIEURE

*

VILAIN

 germain-nouveau-vilain-artgitato-jean-auguste-dominique-ingres-comtesse-dhaussonville
*

TOUTE NUE

Or, je suppose que nous sommes,
Madame, dans votre salon :
On parle chiffres, rentes, sommes :

toute-nue-germain-nouveau-artgitato-la-grande-odalisque-ingres-le-louvre-1814

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Germain Nouveau et les Valentines
par Louise Denise

Du recueil de madrigaux que Germain Nouveau a si joliment baptisés « Valentines », nous avons entre les mains seize pièces. L’éditeur Vanier a chez lui, paraît-il, le volume depuis longtemps composé et corrigé même sur première épreuve de la main de l’auteur. Nous ne savons trop pour quelle raison la publication en fut arrêtée.

A son retour de la Palestine, où il avait passé quelques années, Nouveau fut accueilli à Paris par un amour que le long isolement subi lui fit accepter avec une joie enfantine, une adorable reconnaissance. Les Valentines furent composées à cette époque.

Ecrits pour une femme, ces vers ne s’adressent en réalité qu’à elle seule. Elle en est le sujet et l’objet. Toutes ses grâces, toutes ses Vertus, toutes ses perfections y sont détaillées et célébrées par une imagination jamais à court, avec une merveilleuse abondance et une infinie variété. Soit qu’il évoque une à une les beautés plastiques ou morales de l’adorée, soit que, pour la mieux faire valoir, il se pare lui-même avec humilité des pires vices — et Dieu sait la fière intégrité de sa vie pauvre et retirée ! — le poète a su, avec quelle délicatesse, quel tact, quels spirituels artifices de gaieté évitant la monotonie et l’emphase, diviniser la créature humaine sans attentat sacrilège et sans blasphème. Amour sincère et profond, certes, mais dont la sincérité n’a rien de tragique, la profondeur rien de prétentieux.

Dans ces poèmes de nerveuse allure, de rare saveur et de clair style, il nous a semblé retrouver la politesse exquise, la courtoisie aisée du grand siècle, plutôt que la galanterie mignarde et effrontée du règne de Louis XV, bien que surgisse à la lecture quelque petit abbé érudit et musqué. Une ironie aimable et bienveillante, dont la noblesse est de porter sur les sentiments, plutôt que sur les personnes, y siffle à chaque phrase, merle moqueur dans une tempête d’opéra. Parfois même — et de quel imprévu ! — au milieu d’une phrase la plus artistement correcte, hardi comme un page, un gros mot, terme d’argot ou juron, se dresse, impertinent et délibéré comme un petit coq sur ses ergots.

La dernière fois que nous rencontrâmes Germain Nouveau, ce fut par hasard, avenue de l’Opéra, une après-midi de ce printemps : il remontait de son pas lent de rêveur, sa petite taille cambrée un peu, les yeux clignotants, comme d’un peintre qui cherche à localiser les grandes masses d’ombre et de lumière d’un paysage, intéressé candidement… peut-être aux foules vives évoluant dans le soleil. Nous l’accompagnâmes un instant. De l’École des Beaux-Arts, où il avait passé sa journée à feuilleter les grands albums d’architecture, il emportait un enchantement. Avec son enthousiasme autoritaire et serré comme de la belle logique, de forme gracieuse néanmoins et singulièrement pénétrant, dont il mesure discrètement les doses selon le plaisir qu’il vous devine à le partager, revivant sa joie profonde de tout à l’heure à interroger ces grandes feuilles où s’analysent et s’ordonnancent les plus glorieuses conceptions architecturales, il nous dit son admiration pour cet art où l’harmonie règne sous son expression la plus rigoureuse, le Chiffre, où l’unité s’impose, immédiate et impérieuse, par la grâce de la Perspective, théologienne incomparable qui s’efforce à ramener au point idéal les brisures des profils et les accidents des reliefs. Surtout en ce spécial dessin des architectes, en ces traits calligraphiés, limpides, mécaniques, que le compas détermine et que la règle conduit, il exaltait la Ligne.

Or, les Valentines, en leur savante ordonnance de motifs décoratifs, avec, au lieu des calligraphies dont nous parlions, leur langue quasi classique, amoureuse de pure syntaxe, d’ingénieuse élégance et de géométrique précision, ne témoigneraient-elles pas d’un effort à rechercher, au dessin tout linéaire de l’architecte et de l’ornemaniste, à cet art dont la rigueur et la probité dédaignent l’inutile secours du clair-obscur et de la couleur, une sorte d’équivalent littéraire ?

Pour nous, la lecture encore une fois achevée, il nous en reste comme la vision d’un meuble de Boule, d’une aiguière ou d’un coffret de Benvenuto Cellini. Et nous nous imaginons aussi que venant au milieu de notre littérature trouble et capiteuse, les Valentines y feront l’effet d’un diamant de belle eau tombé dans un bouquet de fleurs rares fanées un peu.

Louis Denise
Germain Nouveau et les Valentines
Mercure de France
 3, 1891
pp. 131-133

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