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POÈMES DE WILLIAM WORDSWORTH – WILLIAM WORDWORTH’S POEMS

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Poésie anglaise
William Wordsworth
7 April 1770 – 23 April 1850
7 avril 1770 – 22 avril 1850
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TRADUCTION JACKY LAVAUZELLE

French and English text
texte bilingue français-anglais

 

 


LES POÈMES
DE WILLIAM WORDSWORTH

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William Wordsworth’s poems
POEMS
POÈMES

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 RESOLUTION AND INDEPENDENCE
RÉSOLUTION & INDÉPENDANCE

I

There was a roaring in the wind all night;
Le vent incessamment a rugi  toute la nuit ;
The rain came heavily and fell in floods;
Incessamment la pluie lourdement s’est abattue ;

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II

All things that love the sun are out of doors;
Tout qui aime le soleil est là ;
The sky rejoices in the morning’s birth;
Le ciel se réjouit de la naissance du matin ;

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III

I was a Traveller then upon the moor;
J’étais un Voyageur sur la lande ;
I saw the hare that raced about with joy;
J’ai vu le lièvre bondir de joie ;

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IV

 But, as it sometimes chanceth, from the might
Mais, comme il arrive parfois, la puissance
Of joys in minds that can no further go,
Des joies permettant à l’esprit de repousser ses limites,

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V

I heard the sky-lark warbling in the sky;
J’entendis l’alouette flotter dans le ciel,
And I bethought me of the playful hare:
Et je pensai au plaisant lièvre ludique :

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VI

My whole life I have lived in pleasant thought,
Toute ma vie j’ai vécu dans d’agréables pensées,
As if life’s business were a summer mood;
Comme si les affaires de la vie avaient un goût d’été ;

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VII

I thought of Chatterton, the marvellous Boy,
Je pensais à Chatterton, ce garçon merveilleux,
The sleepless Soul that perished in his pride;
 Cette âme sans sommeil qui périt dans son orgueil ;

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VIII

Now, whether it were by peculiar grace,
Maintenant, que ce soit par une grâce particulière,
A leading from above, a something given,
Un présage d’en haut, une chose donnée,

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IX

As a huge stone is sometimes seen to lie
Comme une pierre énorme parfois s’observe
Couched on the bald top of an eminence;
Jonchée à la pointe d’une éminence,

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X

Such seemed this Man, not all alive nor dead,
Ainsi semblait cet homme, ni tout à fait vivant ni tout à fait mort,
Nor all asleep—in his extreme old age:
Ni tout à fait endormi dans son extrême vieillesse :

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XI

Himself he propped, limbs, body, and pale face,
Lui-même se tenait, tant les membres, le corps que son pâle visage,
Upon a long grey staff of shaven wood:
 A une un longue canne grise de bois nu :

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XII

At length, himself unsettling, he the pond
Enfin, lui-même inquiétant, devant la mare
Stirred with his staff, and fixedly did look
Notre homme agite son bâton, et fixe son regard

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XIII

A gentle answer did the old Man make,
Une réponse douce m’arriva du vieil homme
  In courteous speech which forth he slowly drew:
Dans un discours courtois qu’il exprimait lentement:

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XIV

 His words came feebly, from a feeble chest,
Ses paroles sortaient faiblement, d’une faible poitrine,
But each in solemn order followed each,
Mais chacun des mots se suivait dans un ordre solennel,

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XV

He told, that to these waters he had come
Il dit que, au bord de ces eaux, il était venu
To gather leeches, being old and poor :
Lui, pauvre vieil homme, à la recherche de sangsues  :

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XVI

The old Man still stood talking by my side;
Le vieil homme continuait à parler à mes côtés ;
But now his voice to me was like a stream
Mais, désormais, sa voix tel un flux était

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XVII

My former thoughts returned: the fear that kills;
Mes anciennes pensées revinrent : la peur mortelle,
And hope that is unwilling to be fed;
L’espoir vain et malheureux,

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XVIII

 He with a smile did then his words repeat;
Il esquissa un sourire, puis répéta ces mots :
And said that, gathering leeches, far and wide
Et me dit qu’il capturait des sangsues, dans tous les lieux

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XIX

While he was talking thus, the lonely place,
Pendant qu’il parlait ainsi, le solitaire lieu,
The old Man’s shape, and speech—all troubled me:
L’aspect du vieil homme, sa parole – tout me troublait :

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XX

 And soon with this he other matter blended,
Et bientôt il parla d’autres choses,
Cheerfully uttered, with demeanour kind,
Avec un enthousiasme prononcé,

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POÉSIE DE WILLIAM WORDSWORTH

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L’humilité,
l’échelle de l’ambition

Nihil humani à me alienum puto

Wordsworth est aujourd’hui en pleine possession du trône poétique de l’Angleterre. Ce n’est pas encore un roi populaire chez tout son peuple, mais c’est un roi solidement établi et qui n’a pas même contre lui de prétendant. Qui est-ce qui lui disputerait maintenant le sceptre ? Byron et Walter Scott sont morts, qui d’ailleurs n’ont jamais été plus que lui souverains légitimes. Crabbe et Shelley, deux autres très puissants seigneurs littéraires, — non pas de la famille royale pourtant, — s’en sont allés aussi. Pour ce qui est des poètes contemporains célèbres encore vivants, aucun d’eux ne s’inscrit, j’imagine, comme compétiteur sérieux du monarque actuel. Thomas Moore et Southey n’y songent nullement. Ce sont toujours de laborieux écrivains ; mais ce n’est ni d’ambition, ni de renommée qu’ils s’occupent, c’est de profit. Ils font de l’histoire, je crois, à l’heure qu’il est. Samuel Rogers et Thomas Campbell sommeillent fort paisiblement sur l’oreiller de leur réputation didactique. Et puis, ils ont vieilli les ans et les autres. Les uns et les autres, ris sont au bout de leur poésie. Oh ! oui, Wordsworth est bien le maître et le prince unique. Il règne à un double titre, et par l’originalité du génie et par la fécondité puissante. L’âge en lui n’a pas même refroidi la verve. Ses cheveux ont blanchi sans qu’une seule des feuilles de sa couronne ait été flétrie ou emportée. La source nouvelle qu’il a découverte et où il puise est intarissable. On dirait que la nature qu’il adore, et au sein de laquelle il a passé sa vie, a communiqué à son âme l’éternelle jeunesse. Après plusieurs années de silence, lorsqu’on croyait partout sa voix éteinte, voici qu’elle vient de faire entendre un chant aussi ferme et aussi plein qu’aucun de ses chants d’autrefois. Voici que, du fond de sa retraite, il vient de jeter au milieu du monde un livre de poèmes où se retrouvent toute la verdeur et toute la vitalité de ses premières productions.

— Le génie de Wordsworth est une pure émanation de l’esprit du siècle. Eût-il vécu à une autre époque du monde, jamais on n’eût ouï parler de lui. Maintenant même, sa valeur n’est pas incontestée ; les ténèbres dont sa pensée s’enveloppe souvent, et la vulgarité des sujets qu’il traite, ne sont pas les moindres obstacles qui aient retardé son succès. Mais chez lui c’est l’humilité qui est l’échelle de l’ambition. Qu’il ne s’en prenne donc qu’à lui, si ces degrés qu’il a choisis pour monter le mènent lentement et malaisément à la renommée. Sa muse domestique semble avoir peur de quitter la terre ; on dirait qu’elle n’ose pas déployer au soleil la splendeur de ses ailes. Il dédaigne les images et les fantaisies que la passion engendre ; il n’a voulu employer ni le somptueux appareil du savoir mythologique, ni les couleurs éclatantes d’une diction recherchée. Son style est simple et familier. Ce sont les choses et les vérités du ménage qu’il nous dit ; il ne voit rien de plus puissant que les espérances humaines, rien de plus profond que le cœur humain. Voilà ce qu’il pèse, ce qu’il montre, ce qu’il prouve avec toute son incalculable force de sentiment et de pensée ; et en même temps il apaise les battements de son propre cœur à contempler incessamment l’aspect serein de la nature. S’il peut faire couler le sang de son sein blessé, ce sera cette pourpre vivante qui colorera son vers ; puis, s’il calme sa souffrance et ferme sa plaie avec le baume de la rêverie solitaire, et le pouvoir bienfaisant des arbres, des herbes et des influences célestes, c’est tout le triomphe que poursuit son art. Il prend les plus simples aliments de la nature et de l’âme humaine, les conditions purement abstraites et inséparables de notre être, et il essaie d’en former un nouveau système de poésie ; il a réussi dans cette entreprise autant qu’il était donné à homme d’y réussir. — Nihil humani à me alienum puto est la devise de ses ouvrages. Nulle chose n’est, selon lui, indifférente ou secondaire. Tout ce qui n’est pas l’essence absolue du sentiment et de la vérité est, selon lui, factice, vieux et illégitime. En un mot, sa poésie est fondée sur une opposition extrême et perpétuelle entre le naturel et l’artificiel, entre l’esprit de l’humanité et l’esprit de la mode et du monde.

Antoine Fontaney
(poète romantique français ())
Cinquième Partie
WILLIAM WORDSWORTH
Poètes et Romanciers de la Grande-Bretagne
Revue des Deux Mondes
Tome 3 – 1835

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LA POESIE DE SIR THOMAS WYATT – SIR THOMAS WYATT’S POEMS

LITTERATURE ANGLAISE

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SIR THOMAS WYATT
1503 – 11 octobre 1542
1503 – 11 October 1542

 

Traduction – Translation

TRADUCTION JACKY LAVAUZELLE

French and English text
texte bilingue français-anglais

 


LES POEMES
DE THOMAS WYATT

Thomas Wyatt’s poems

MADAM, WITHOUTEN MANY WORDS
SANS DE TROP LONGS DISCOURS

AND WILT THOU LEAVE ME THUS ?
ME QUITTERAS-TU AINSI ?
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WHOSO LIST TO HUNT
POUR QUI VEUT CHASSER
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VIE DE THOMAS WYATT

Poète anglais, né en 1503 dans le comté de Kent, m. en 1541, fut très-aimé de Henri VIII, puis tomba dans la disgrâce et fut mis à la Tour de Londres ; il rentra enfin en faveur auprès du roi qui avait reconnu son innocence et fut nommé ambassadeur en Espagne, mais il mourut au moment de s’embarquer. Ses poésies consistent en odes, sonnets, ballades, satires, etc. Ce poëte a donné plus de souplesse et d’harmonie à la langue anglaise, mais ses poésies pèchent par affectation et obscurité. Elles ont été publiées avec celles de Surrey en 1557 et 1812, et à part en 1855, par R. Bell. – Son fils, nommé aussi Thomas Wyatt, zélé protestant, joua un des premiers rôles dans le complot de Suffolk contre la reine Marie, et se vit un instant à la tête de 15 000 hommes ; mais, abandonné des siens, il fut pris et périt de la main du bourreau (1554).

Dictionnaire universel d’histoire
et de géographie Bouillet Chassang
Lettre W
1878

 

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SIR THOMAS WYATT

POEMES DE JAMES SHIRLEY – JAMES SHIRLEY’S POEMS

LITTERATURE ANGLAISE

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JAMES SHIRLEY
Londres, septembre 1596 – Londres, octobre 1666

Traduction – Translation

TRADUCTION JACKY LAVAUZELLE

French and English text
texte bilingue français-anglais


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LES POEMES
DE JAMES SHIRLEY

James Shirley’s poems

 

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The Contention of Ajax and Ulysses
La discorde d’Ajax et d’Ulysse
1659
The glories of our blood and state
Les Gloires de notre sang et de notre état

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The glories of our blood and state
Les gloires de notre sang et de notre état
Are shadows, not substantial things;
Sont des ombres, des choses non substantielles;

 


TO A LADY UPON A LOOKING-GLASS SENT
LE MIROIR

When this crystal shall present
Quand ce miroir présentera
Your beauty to your eye,
Votre beauté à vos yeux,




 

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LE DERNIER DRAMATURGE DE LA GRANDE EPOQUE

par Émile Montégut

Un autre de ses-protégés fut James Shirley, le dernier dramaturge de la grande époque et l’auteur à la mode des divertissements de la cour sous Charles Ier. Shirley avait dédié à Newcastle un de ses meilleurs drames, le Traître, dont le sujet, par parenthèse, est le même que celui du Lorenzaccio, d’Alfred de Musset, et la petite préface par laquelle il lui adressa son drame indique, à ne pas s’y tromper, que la générosité du grand seigneur avait de beaucoup précédé la dédicace. Anthony Wood, cité par M. Edmond Gosse, dans une substantielle préface dont il a l’ait précéder un choix récemment publié des œuvres de Shirley, nous apprend que cette générosité avait été assez loin pour que Shirley, qui était d’ailleurs ardent royaliste, crût devoir s’enrôler dans l’armée de son patron. Il fit donc sous Newcastle les premières campagnes de la guerre civile, et le suivit après Marston-Moor sur le continent, d’où il revint furtivement en Angleterre quelques années après, lorsqu’il fut évident que la cause du roi était définitivement perdue.
Shirley n’était pas le seul poète dramatique que Newcastle eût enrôlé dans son armée. Dans la liste donnée par la duchesse des officiers composant l’état-major de son mari, je relève le nom de son lieutenant général d’artillerie, sir William Davenant, le poète lauréat de l’époque.

Émile Montégut
Curiosités historiques et littéraires
La Duchesse et le Duc de Newcastle
Revue des Deux Mondes
Troisième période, tome 100
1890

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JAMES SHIRLEY

THOMAS MOORE LA DERNIERE ROSE DE L’ETE The last rose of summer

*THOMAS MOORE




Traduction – Texte Bilingue

Traduction Jacky Lavauzelle








Thomas Moore
1779-1852

 





Poem by Thomas Moore


Poème de Thomas Moore

The last rose of summer 

Mélodies irlandaises 

La Dernière Rose de l’été

 ****

*

‘Tis the last rose of summer,
C’est la dernière rose de l’été,
Left blooming alone ;
Seule et fleurie ;
All her lovely companions
Tous ses charmants compagnons
Are faded and gone ;
Sont fanés et sont partis ;
No flower of her kindred,
Plus aucune fleur de sa famille,
No rose-bud is nigh,
Plus de boutons de rose
To reflect back her blushes,
Reflétant ses rougeoiements,
Or give sigh for sigh.
Ou soupirant à ses soupirs.

*








*

I’ll not leave thee, thou lone one !
Je ne te laisserai pas seule !
To pine on the stem ;
Plantée sur ta tige ;
Since the lovely are sleeping,
Les belles roses dorment,
 Go sleep thou with them.
Va dormir avec elles.
 Thus kindly I scatter
Gentiment, je jetterai
 Thy leaves o’er the bed,
Tes feuilles au sol,
Where thy mates of the garden
Où tes camarades du jardin
 Lie scentless and dead.
Sèchent inodores et mortes.

*








*

So soon may I follow,
Que bientôt je te suive,
When friendships decay,
Lorsque mes amitiés s’éteindront,
And from Love’s shining circle
Et que du cercle brillant de l’Amour
The gems drop away.
Les gemmes tomberont.
When true hearts lie wither’d,
Quand les véritables cœurs s’éloigneront,
And fond ones are flown,
Quand mes amours s’envoleront,
Oh ! who would inhabit
Oh! Qui donc habiterait
This bleak world alone ?
Seul dans un sombre monde ?

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Thomas Moore

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Thomas Moore
La Revue des Deux Mondes
1843

Si la force ou la grâce prédomine chez Moore, c’est là une question que l’on n’a guère pris la peine d’examiner, ébloui qu’on était par l’éclat d’un autre génie dont l’énergie formait le caractère distinctif. Byron a exercé une action sociale trop vaste et trop féconde pour que de son temps on ait pu le juger sainement comme artiste ou comme penseur ; maintenant que cette première effervescence s’est calmée, il serait peut-être possible de démontrer que d’autres poètes, ses contemporains, privés d’une popularité aussi exagérée par le but moins sympathique aux passions humaines qu’ils avaient poursuivi savaient déployer, pour atteindre à ce but, des moyens aussi vrais et aussi grands que le poète qui dans sa gloire a pu se croire sans rival.

On découvre chez Moore deux individus, deux talents différents, d’où naissent deux réputations également distinctes, et dont l’une absorbe l’autre. Il est arrivé à Moore ce qui arrive à bon nombre des écrivains qui obtiennent un grand succès de vogue ; il est devenu principalement célèbre par ses qualités secondaires. Né à Dublin, en 1780, il fit paraître sa traduction d’Anacréon en 1800, avant d’avoir atteint l’âge de vingt ans, et publia l’année suivante les Poèmes de Little. Dès ce moment, le siècle assigna une place définitive au poète ; il devint tout de suite le lion à la mode ; on chanta ses chansons et on les lui fit chanter ; on le fêta, on le choya, on le combla d’attentions, mais le comprit-on bien ? Tout en appréciant ce que renfermait de charmant, de gracieux, de raffiné, ce remarquable talent, on ne reconnut pas assez ce qu’il contenait de fort et de viril ; dans ses productions, qui se distinguent avant tout par leur énergie, on se plaisait à admirer le sujet, le story, comme disent les Anglais, les brillantes images, la perfection du vers, et Anacréon Moore fut le nom dont ses contemporains persistèrent à décorer l’auteur de Lalla Rookh.

Pour bien apprécier le talent de Moore, il est nécessaire de diviser ses ouvrages en deux classes, de placer d’un côté les œuvres sérieuses, les chants inspirés qui lui assurent une célébrité durable, de l’autre les mille petites créations élégantes et spirituelles qui lui valurent les applaudissements et les caresses de son temps Parmi les premières, il faut nommer Lalla Rookh, les Mélodies irlandaises, certaines odes et épîtres, et les Rimes sur la route. Aux secondes appartiennent les Poèmes de Little, les innombrables épigrammes et ballades, les chansons érotiques, les chansons de table, les Fables de la Sainte-Alliance, et les autres satires, tableaux parfaits de mœurs contemporaines. Comme les odes d’Anacréon, à titre de traductions, n’entrent point dans les inspirations originales de Moore, elles ne doivent être considérées que du point de vue de l’exécution pure, et, quant au poème célèbre des Amours des Anges, on éprouve un très grand embarras à lui trouver une place. Trop frivole pour être classé parmi les œuvres sérieuses, et trop sérieux pour se ranger parmi les poésies légères, ce poème est d’une nature aussi intermédiaire que son sujet, et, comme les anges, semble destiné flotter incessamment entre les deux sphères.




Le patriotisme de Moore est un fait individuel, isolé ; loin de se présenter comme la conséquence nécessaire de ses idées philosophiques ou politiques, il s’en écarte et ressemble bien plutôt l’amour que ressentent certains hommes pour une seule femme, tandis que le sexe en général ne leur inspire que de l’aversion. Moore aime l’Irlande comme une maîtresse ; tout ce qu’elle demande et tout ce qu’elle veut, il le veut et le demande. Il ne voit qu’elle au monde, et ce n’est pas lui qu’on accuserait jamais de sacrifier au sentiment cosmopolite, ou de perdre un seul instant de vue les intérêts de son propre pays, pour se plonger dans des rêveries plus ou moins stériles sur les besoins et les destinées de l’humanité. Lui-même l’a dit, le seul reproche que pourront lui adresser les ennemis de l’Irlande sera d’avoir, comme Othello, — « aimé non point sagement, mais trop bien. On se persuade trop facilement, en lisant certaines poésies de Moore, que l’homme qui les a écrites appartient au parti ultra-radical, erreur qui a causé plus d’un mécompte parmi certains esprits exaltés. Il y a chez le barde d’Erin une élégance innée, a native elegance, comme disent nos voisins d’outre-Manche, qui s’oppose instinctivement aux mœurs républicaines, et c’est encore un trait distinctif du caractère irlandais, qui, au milieu des complots, des émeutes et de tous les plus funestes excès d’une guerre civile continuelle, trouve moyen de conserver toujours ses allures chevaleresques, cette insouciance de grand seigneur qui ont fait si souvent comparer l’Irlande et la France. Tant et si bien existent chez Moore ces goûts aristocratiques, cet éloignement pour les aspérités et les incorrections si je puis employer le mot, d’une société primitive, que lorsqu’en 1803 les whigs lui donnèrent la place de régistrateur de l’amirauté aux Bermudes, le séjour qu’il fit aux États-Unis, avant de se rendre à son poste, ne lui laissa que des souvenirs pleins d’amertume et de dégoût. L’aspect de ce peuple enfant, de cette nationalité ébauchée, ne le frappa par aucun de ses côtés vraiment grands ; il en saisit toutes les imperfections et les vices, comme plus tard mistriss Trollope en a saisi les incohérences et les ridicules : « J’allai en Amérique, dit Moore dans la préface des Odes et Epîtres, publiées en 1806, sans aucune prévention défavorable ; au contraire, je me livrais à certaines illusions touchant la pureté du gouvernement et le bonheur primitif du peuple… Mon attente fut entièrement trompée, et j’avais envie de dire à l’Amérique comme Horace à sa maîtresse : Intentata nites. » On devine à ce début le ton que prendra Moore plus tard vis-à-vis de cette race factieuse, pauvre d’esprit et prodigue de paroles, née pour être esclave et ambitieuse du pouvoir. » Oubliant sans doute que l’Amérique était la sœur légitime de l’Irlande, qu’elle s’était courbée sous le même joug et qu’elle l’avait secoué, qu’elle avait souffert les mêmes injustices et qu’elle venait de les venger ; oubliant enfin que, si le peuple irlandais avait su en profiter, la capitulation de York-Town ouvrait à la malheureuse Erin le chemin de la liberté, Moore, dans la VIIIe épître adressée à M. Spencer, s’exprime de la manière suivante sur la patrie de Washington : « Tout ce que la création éternellement variée contient de grand ou d’aimable fleurit et se développe ici ; les montagnes s’élèvent avec fierté, les jardins s’épanouissent dans leur éclatante richesse ; de beaux lacs s’étendent, de grands fleuves roulent leurs ondes victorieuses. L’âme (the mind), l’âme seule, sans laquelle le monde n’est qu’un désert, l’homme que de la boue ; l’âme, l’âme seule, enfouie dans un repos stérile, ne fleurit ni ne s’élève, ne s’épand ni ne brille ! Prenez-les tous, chrétiens, mohawks et démocrates, depuis le wigwam jusqu’à la chambre du congrès, depuis l’homme sauvage (esclave ou libre) jusqu’à l’homme civilisé, moins apprivoisé que lui, ce n’est partout que même chaos ténébreux, que même lutte inféconde entre la vie à moitié civilisée et moitié barbare, où tous les maux de l’ancien monde se mêlent à toutes les grossièretés du monde nouveau, tout pervertit, bien que peu de choses séduisent, et où du luxe rien n’est connu que le vice. »

POETES ET ROMANCIERS MODERNES
DE LA GRANDE-BRETAGNE
Signé R. S.
Revue des Deux Mondes
Tome 2
1843

POEMES DE THOMAS MOORE – POEMS BY THOMAS MOORE

*THOMAS MOORE




Traduction – Texte Bilingue

Traduction Jacky Lavauzelle








Thomas Moore
1779-1852

 





Poem by Thomas Moore


Poème de Thomas Moore

POEMES

POEMS

 

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Chanson du voyageur canadien
A Canadian Boat Song
1805

Faintly as tolls the evening chime,
Solennellement le carillon en éclairant le soir,
Our voices keep tune, and our oars keep time;
Harmonise nos voix dans le cadencement de nos rames ;

*








*

MEETING OF THE WATER
Cumar an dá Uisce
L’UNION DES EAUX
1808

There is not in the wide world a valley so sweet
Il n’y a pas dans le vaste monde plus douce vallée
As that vale in whose bosom the bright waters meet;
Que cette vallée où s’unissent toutes ces eaux étincelantes ;

*








*

The Last Rose of summer
La Dernière Rose de l’été

‘Tis the last rose of summer,
C’est la dernière rose de l’été,
Left blooming alone ;
Seule et fleurie ;

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Thomas Moore

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Thomas Moore
La Revue des Deux Mondes
1843

Si la force ou la grâce prédomine chez Moore, c’est là une question que l’on n’a guère pris la peine d’examiner, ébloui qu’on était par l’éclat d’un autre génie dont l’énergie formait le caractère distinctif. Byron a exercé une action sociale trop vaste et trop féconde pour que de son temps on ait pu le juger sainement comme artiste ou comme penseur ; maintenant que cette première effervescence s’est calmée, il serait peut-être possible de démontrer que d’autres poètes, ses contemporains, privés d’une popularité aussi exagérée par le but moins sympathique aux passions humaines qu’ils avaient poursuivi savaient déployer, pour atteindre à ce but, des moyens aussi vrais et aussi grands que le poète qui dans sa gloire a pu se croire sans rival.

On découvre chez Moore deux individus, deux talents différents, d’où naissent deux réputations également distinctes, et dont l’une absorbe l’autre. Il est arrivé à Moore ce qui arrive à bon nombre des écrivains qui obtiennent un grand succès de vogue ; il est devenu principalement célèbre par ses qualités secondaires. Né à Dublin, en 1780, il fit paraître sa traduction d’Anacréon en 1800, avant d’avoir atteint l’âge de vingt ans, et publia l’année suivante les Poèmes de Little. Dès ce moment, le siècle assigna une place définitive au poète ; il devint tout de suite le lion à la mode ; on chanta ses chansons et on les lui fit chanter ; on le fêta, on le choya, on le combla d’attentions, mais le comprit-on bien ? Tout en appréciant ce que renfermait de charmant, de gracieux, de raffiné, ce remarquable talent, on ne reconnut pas assez ce qu’il contenait de fort et de viril ; dans ses productions, qui se distinguent avant tout par leur énergie, on se plaisait à admirer le sujet, le story, comme disent les Anglais, les brillantes images, la perfection du vers, et Anacréon Moore fut le nom dont ses contemporains persistèrent à décorer l’auteur de Lalla Rookh.

Pour bien apprécier le talent de Moore, il est nécessaire de diviser ses ouvrages en deux classes, de placer d’un côté les œuvres sérieuses, les chants inspirés qui lui assurent une célébrité durable, de l’autre les mille petites créations élégantes et spirituelles qui lui valurent les applaudissements et les caresses de son temps Parmi les premières, il faut nommer Lalla Rookh, les Mélodies irlandaises, certaines odes et épîtres, et les Rimes sur la route. Aux secondes appartiennent les Poèmes de Little, les innombrables épigrammes et ballades, les chansons érotiques, les chansons de table, les Fables de la Sainte-Alliance, et les autres satires, tableaux parfaits de mœurs contemporaines. Comme les odes d’Anacréon, à titre de traductions, n’entrent point dans les inspirations originales de Moore, elles ne doivent être considérées que du point de vue de l’exécution pure, et, quant au poème célèbre des Amours des Anges, on éprouve un très grand embarras à lui trouver une place. Trop frivole pour être classé parmi les œuvres sérieuses, et trop sérieux pour se ranger parmi les poésies légères, ce poème est d’une nature aussi intermédiaire que son sujet, et, comme les anges, semble destiné flotter incessamment entre les deux sphères.




Le patriotisme de Moore est un fait individuel, isolé ; loin de se présenter comme la conséquence nécessaire de ses idées philosophiques ou politiques, il s’en écarte et ressemble bien plutôt l’amour que ressentent certains hommes pour une seule femme, tandis que le sexe en général ne leur inspire que de l’aversion. Moore aime l’Irlande comme une maîtresse ; tout ce qu’elle demande et tout ce qu’elle veut, il le veut et le demande. Il ne voit qu’elle au monde, et ce n’est pas lui qu’on accuserait jamais de sacrifier au sentiment cosmopolite, ou de perdre un seul instant de vue les intérêts de son propre pays, pour se plonger dans des rêveries plus ou moins stériles sur les besoins et les destinées de l’humanité. Lui-même l’a dit, le seul reproche que pourront lui adresser les ennemis de l’Irlande sera d’avoir, comme Othello, — « aimé non point sagement, mais trop bien. On se persuade trop facilement, en lisant certaines poésies de Moore, que l’homme qui les a écrites appartient au parti ultra-radical, erreur qui a causé plus d’un mécompte parmi certains esprits exaltés. Il y a chez le barde d’Erin une élégance innée, a native elegance, comme disent nos voisins d’outre-Manche, qui s’oppose instinctivement aux mœurs républicaines, et c’est encore un trait distinctif du caractère irlandais, qui, au milieu des complots, des émeutes et de tous les plus funestes excès d’une guerre civile continuelle, trouve moyen de conserver toujours ses allures chevaleresques, cette insouciance de grand seigneur qui ont fait si souvent comparer l’Irlande et la France. Tant et si bien existent chez Moore ces goûts aristocratiques, cet éloignement pour les aspérités et les incorrections si je puis employer le mot, d’une société primitive, que lorsqu’en 1803 les whigs lui donnèrent la place de régistrateur de l’amirauté aux Bermudes, le séjour qu’il fit aux États-Unis, avant de se rendre à son poste, ne lui laissa que des souvenirs pleins d’amertume et de dégoût. L’aspect de ce peuple enfant, de cette nationalité ébauchée, ne le frappa par aucun de ses côtés vraiment grands ; il en saisit toutes les imperfections et les vices, comme plus tard mistriss Trollope en a saisi les incohérences et les ridicules : « J’allai en Amérique, dit Moore dans la préface des Odes et Epîtres, publiées en 1806, sans aucune prévention défavorable ; au contraire, je me livrais à certaines illusions touchant la pureté du gouvernement et le bonheur primitif du peuple… Mon attente fut entièrement trompée, et j’avais envie de dire à l’Amérique comme Horace à sa maîtresse : Intentata nites. » On devine à ce début le ton que prendra Moore plus tard vis-à-vis de cette race factieuse, pauvre d’esprit et prodigue de paroles, née pour être esclave et ambitieuse du pouvoir. » Oubliant sans doute que l’Amérique était la sœur légitime de l’Irlande, qu’elle s’était courbée sous le même joug et qu’elle l’avait secoué, qu’elle avait souffert les mêmes injustices et qu’elle venait de les venger ; oubliant enfin que, si le peuple irlandais avait su en profiter, la capitulation de York-Town ouvrait à la malheureuse Erin le chemin de la liberté, Moore, dans la VIIIe épître adressée à M. Spencer, s’exprime de la manière suivante sur la patrie de Washington : « Tout ce que la création éternellement variée contient de grand ou d’aimable fleurit et se développe ici ; les montagnes s’élèvent avec fierté, les jardins s’épanouissent dans leur éclatante richesse ; de beaux lacs s’étendent, de grands fleuves roulent leurs ondes victorieuses. L’âme (the mind), l’âme seule, sans laquelle le monde n’est qu’un désert, l’homme que de la boue ; l’âme, l’âme seule, enfouie dans un repos stérile, ne fleurit ni ne s’élève, ne s’épand ni ne brille ! Prenez-les tous, chrétiens, mohawks et démocrates, depuis le wigwam jusqu’à la chambre du congrès, depuis l’homme sauvage (esclave ou libre) jusqu’à l’homme civilisé, moins apprivoisé que lui, ce n’est partout que même chaos ténébreux, que même lutte inféconde entre la vie à moitié civilisée et moitié barbare, où tous les maux de l’ancien monde se mêlent à toutes les grossièretés du monde nouveau, tout pervertit, bien que peu de choses séduisent, et où du luxe rien n’est connu que le vice. »

POETES ET ROMANCIERS MODERNES
DE LA GRANDE-BRETAGNE
Signé R. S.
Revue des Deux Mondes
Tome 2
1843

Œuvre d’OSCAR WILDE Poems Poèmes

 

 OSCAR WILDE




Traduction – Texte Bilingue

Traduction Jacky Lavauzelle

OSCAR WILDE
1854-1900

Photos Napoléon Sarony

 





Poem by Oscar Wilde

Poème d’Oscar Wilde

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Amor Intellectualis

Oft have we trod the vales of Castaly
Souvent nous avons foulé les vallées de Castalie
  And heard sweet notes of sylvan music blown
Et entendu de douces notes de musique sylvestre soufflées

**

HELAS !
1881

To drift with every passion till my soul
Dériver avec chaque passion jusqu’à ce que mon âme
 Is a stringed lute on which all winds can play,
Soit un luth sur lequel tous les vents pourraient jouer sur chacune de mes cordes,

**

THE ARTIST
L’ARTISTE

One evening there came into his soul the desire to fashion an image of The Pleasure that Abideth for a Moment.
Un soir, dans son âme, le désir de façonner une image du Plaisir d’un Instant, s’immisça.

**

THE DISCIPLE
LE DISCIPLE

When Narcissus died the pool of his pleasure changed from a cup of sweet waters into a cup of salt tears, and the Oreads came weeping through the woodland that they might sing to the pool and give it comfort.
Quand Narcisse mourut, le bassin de son plaisir vira d’une coupe d’eau douce à une coupe de larmes salées, alors les Oréades vinrent pleurant dans la forêt chanter au bord du bassin afin de lui donner du réconfort.

**

THE DOER OF GOOD
LE FAISEUR DE BIEN

It was night-time and He was alone.
Il faisait nuit et Il était seul.
And He saw afar-off the walls of a round city and went towards the city.
Et Il vit au loin les murailles d’une ville ronde et Il se dirigea vers la ville.

**

THE HOUSE OF JUDGMENT
LA MAISON DU JUGEMENT

And there was silence in the House of Judgment, and the Man came naked before God.
Et il y eut un silence dans la Maison du Jugement, et l’Homme vint nu devant Dieu.
And God opened the Book of the Life of the Man.
Et Dieu ouvrit le Livre de la Vie de l’Homme.

**

THE MASTER
LE MAÎTRE

Now when the darkness came over the earth Joseph of Arimathea, having lighted a torch of pinewood, passed down from the hill into the valley.
Or, quand les ténèbres arrivèrent sur la terre, Joseph d’Arimathie, ayant allumé une torche de bois de pin, descendit de la colline dans la vallée.

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SUR OSCAR WILDE

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OSCAR WILDE EST TOUJOURS VIVANT !
d’Arthur Cravan
1913

« C’était la nuit du vingt-trois mars dix-neuf cent treize. Et si je vais donner des détails minutieux sur l’état d’âme que j’avais en cette soirée de fin d’hiver, c’est que ce furent les heures les plus mémorables de ma vie. Je veux aussi montrer les étrangetés de mon caractère, foyer de mes inconséquences… »

***

LE MATIN NAISSANT Chansons de William BLAKE – Song -When early morn walks forth in sober grey

When early morn walks forth
in sober grey

LITTERATURE ANGLAISE
Poésie anglaise – English poetry
Poems From Poetical Sketches
Poèmes tirés des Poetical Sketches
1769-1778

William Blake

 


by Thomas Phillips, oil on canvas, 1807
by Thomas Phillips, oil on canvas, 1807


poèmes – poems
WILLIAM BLAKE
1757-1827

William Blake signature.svg

 

SONG
When early morn walks
forth in sober grey

CHANSON
Le Matin naissant


Traduction Jacky Lavauzelle

When early morn walks forth in sober grey, 
Lorsque le matin naissant marche en gris sobre,
Then to my black-eyed maid I haste away;  
Alors vers elle, les yeux noirs, je cours ;
When evening sits beneath her dusky bow’r, 
Quand le soir est assis sous son sombre berceau,
And gently sighs away the silent hour, 
Et que soupire doucement l’heure silencieuse,
The village bell alarms, away I go,        
La cloche du village résonne, je pars,
And the vale darkens at my pensive woe.  
Et la vallée s’obscurcit par mon pensif malheur.

*

To that sweet village, where my black-eyed maid 
Pour ce doux village, elle, avec ses yeux noirs,
Doth drop a tear beneath the silent shade,  
Laisse tomber une larme sous l’ombre silencieuse,
I turn my eyes; and pensive as I go 
Je tourne mes yeux ; et, pensif, je vais
Curse my black stars and bless my pleasing woe.        
Maudissant mon étoile noire et bénissant mon agréable malheur.

*

Oft when the summer sleeps among the trees, 
Souvent quand l’été dort parmi les arbres,
Whisp’ring faint murmurs to the scanty breeze,  
Chuchotant de faibles murmures à la soudaine brise,
I walk the village round; if at her side 
Je marche autour du village ; si à ses côtés
A youth doth walk in stolen joy and pride, 
Un jeune garçon marche dans la joie dérobée et fier,
I curse my stars in bitter grief and woe,        
Je maudis mes étoiles dans ma douleur amère et malheureuse,
That made my love so high and me so low.  
De mettre mon amour si haut et moi si bas.

*

O should she e’er prove false, his limbs I’d tear 
O si jamais elle mentait, ses membres à lui je déchirerai
And throw all pity on the burning air; 
Et jetterai toute pitié dans l’air brûlant ;
I’d curse bright fortune for my mixèd lot, 
Je maudirai la fortune brillante pour mon lot emmêlé,
And then I’d die in peace and be forgot.
Et puis je mourrai en paix et je serai oublié.

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Autres poèmes

Poems written in a copy of Poetical Sketches – Poèmes écrits dans un exemplaires des Poetical Sketches
Songs of Innocence – Chants d’Innocence (1789)
Songs of Experience – Chants d’Experience (1794)

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Traduction Jacky Lavauzelle
Artgitato
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MES SOIES Chanson de William BLAKE -SONG – MY SILKS AND FINE ARRAY

My Silks and Fine Array
LITTERATURE ANGLAISE
Poésie anglaise – English poetry
Poems From Poetical Sketches
Poèmes tirés des Poetical Sketches
1769-1778

William Blake

 


by Thomas Phillips, oil on canvas, 1807
by Thomas Phillips, oil on canvas, 1807


poèmes – poems
WILLIAM BLAKE
1757-1827

William Blake signature.svg

 

SONG
My silks and fine array

CHANSON
MES SOIES


Traduction Jacky Lavauzelle

My silks and fine array,
Mes soies et fines postures,
My smiles and languish’d air,
Mes sourires et mes airs évaporés,
By love are driv’n away;
Par l’amour sont chassés ;
And mournful lean Despair
Et le maigre Désespoir triste
Brings me yew to deck my grave:
porte des branchages d’if pour ma tombe :
Such end true lovers have.
Ainsi prend fin le véritable amour.

*

His face is fair as heav’n,
Son visage est juste comme le ciel,
When springing buds unfold;
Lorsque les bourgeons jaillissant se déroulent ;
O why to him was’t giv’n,
O pourquoi ne pas le lui avoir donné,
Whose heart is wintry cold?
Lui, au cœur d’un froid hivernal ?
His breast is love’s all worship’d tomb,
Sa poitrine est la tombe adorée de l’amour,
Where all love’s pilgrims come.
Où viennent tous les pèlerins de l’amour.

*

Bring me an axe and spade,
Apportez-moi une hache et une pelle,
 Bring me a winding sheet;
Apportez-moi un linceul ;
When I my grave have made,
Quand ma tombe sera faite,
Let winds and tempests beat:
Laissez les vents et les tempêtes s’abattre :
Then down I’ll lie, as cold as clay.
Puis couchez-y moi aussi froid que l’argile.
True love doth pass away!
Le véritable amour passe ainsi !

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Autres poèmes

Poems written in a copy of Poetical Sketches – Poèmes écrits dans un exemplaires des Poetical Sketches
Songs of Innocence – Chants d’Innocence (1789)
Songs of Experience – Chants d’Experience (1794)

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Traduction Jacky Lavauzelle
Artgitato
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LA DANSE DELIRANTE- Chanson de William BLAKE – Song – I love the jocund dance

I love the jocund dance
LITTERATURE ANGLAISE
Poésie anglaise – English poetry
Poems From Poetical Sketches
Poèmes tirés des Poetical Sketches
1769-1778

William Blake

 


by Thomas Phillips, oil on canvas, 1807
by Thomas Phillips, oil on canvas, 1807


poèmes – poems
WILLIAM BLAKE
1757-1827

William Blake signature.svg

 

SONG
I love the jocund dance

CHANSON
LA DANSE DELIRANTE


Traduction Jacky Lavauzelle

I love the jocund dance, 
J’adore la danse délirante,
The softly breathing song, 
La chanson qui doucement respire,
Where innocent eyes do glance, 
Lorsque les yeux innocents se croisent,
And where lisps the maiden’s tongue. 
Et où gambade la langue des jeunes filles.

*

I love the laughing vale,        
J’aime la vallée riante,
I love the echoing hill, 
J’aime la colline qui répond en écho,
Where mirth does never fail, 
la joie ne manque jamais,
And the jolly swain laughs his fill. 
Et où les garçons rient à gorge déployée.

*

I love the pleasant cot, 
J’aime le lit agréable,
I love the innocent bow’r,   
J’aime l’innocente verdure ,
Where white and brown is our lot, 
pain blanc et pain brun sont notre lot,
 Or fruit in the mid-day hour.  
Et les fruits à l’heure de midi.

*

I love the oaken seat, 
J’aime le siège de chêne,
Beneath the oaken tree, 
Sous le chêne,
Where all the old villagers meet,        
Lorsque tous les anciens villageois se rencontrent,
And laugh our sports to see. 
Et rient de nos ébats.

*

I love our neighbours all, 
J’aime tous nos voisins,
But, Kitty, I better love thee; 
Mais, Kitty, je t’aime plus encore ;
And love them I ever shall;  
Toujours je les aimerai ;
But thou art all to me.
Mais toi, toi tu es tout pour moi.

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Autres poèmes

Poems written in a copy of Poetical Sketches – Poèmes écrits dans un exemplaires des Poetical Sketches
Songs of Innocence – Chants d’Innocence (1789)
Songs of Experience – Chants d’Experience (1794)

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Traduction Jacky Lavauzelle
Artgitato
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DE PRAIRIE EN PRAIRIE – Chanson de William BLAKE – Song – How sweet I roamed from field to field

How sweet I roamed from field to field
LITTERATURE ANGLAISE
Poésie anglaise – English poetry
Poems From Poetical Sketches
Poèmes tirés des Poetical Sketches
1769-1778

William Blake

 


by Thomas Phillips, oil on canvas, 1807
by Thomas Phillips, oil on canvas, 1807


poèmes – poems
WILLIAM BLAKE
1757-1827

William Blake signature.svg

 

SONG
How sweet I roamed
from field to field

CHANSON
DE PRAIRIE EN PRAIRIE


Traduction Jacky Lavauzelle

How sweet I roam’d from field to field,
Comme délicatement je cheminais de prairie en prairie,
         And tasted all the summer’s pride,
          Et goûtais toute la fierté de l’été,
‘Till I the prince of love beheld,
Jusqu’à ce que je contemple le prince de l’amour,
Who in the sunny beams did glide!
         Qui, sur les rayons ensoleillées, glissait !

*

He shew’d me lilies for my hair,
Il me montra les lys pour mes cheveux,
And blushing roses for my brow;
         Et des roses rougissantes  pour mon front ;
He led me through his gardens fair,
Il me conduisit à travers ses beaux jardins,
        Where all his golden pleasures grow.
        Où tous ses plaisirs d’or poussent.

*

With sweet May dews my wings were wet,
Avec les douces rosées de Mai, mes ailes étaient humides,
And Phoebus fir’d my vocal rage;
        Et Phébus enflammait ma rage vocale ;
He caught me in his silken net,
Il m’a pris dans son filet de soie,
           And shut me in his golden cage.
          Et me jeta dans sa cage dorée.

*

He loves to sit and hear me sing,
Il aime à s’asseoir et m’écoute chanter,
          Then, laughing, sports and plays with me;
          Puis, rie et joue avec moi ;
Then stretches out my golden wing,
Puis il étire mon aile d’or,
And mocks my loss of liberty.
         En se moquant de ma perte de liberté.

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Autres poèmes

Poems written in a copy of Poetical Sketches – Poèmes écrits dans un exemplaires des Poetical Sketches
Songs of Innocence – Chants d’Innocence (1789)
Songs of Experience – Chants d’Experience (1794)

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Traduction Jacky Lavauzelle
Artgitato
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