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NOVEMBRE Giovanni Pascoli – Poesia – Poésie

Giovanni Pascoli

Traduction – Texte Bilingue
Poesia e traduzione

LITTERATURE ITALIENNE

Letteratura Italiana

GIOVANNI PASCOLI
1855-1912

Giovanni Pascoli artgitato poesie poesia

Traduction Jacky Lavauzelle

——-




NOVEMBRE

**

Gemmea l’aria, il sole così chiaro
Air cristallin, soleil si clair
che tu ricerchi gli albicocchi in fiore,
Que tu recherches les abricotiers en fleurs,
e del prunalbo l’odorino amaro senti nel cuore…
Que ton cœur inhale l’amère fragrance des aubépines…

*




Ma secco è il pruno, e le stecchite piante
Mais le prunier est sec et les arbres étiques
di nere trame segnano il sereno,
Des lignes noires seules soulignent cette sérénité,
vuoto il cielo, e cavo al piè sonante sembra il terreno.
Le ciel est vide, tes pieds semblent faire résonner le creux de la terre.

*




Silenzio, intorno: solo, alle ventate,
Silence, tout autour, rafales de vent, seul,
odi lontano, da giardini ed orti,
Tu entends au loin, des jardins et des vergers,
di foglie un cader fragile.
La chute fragile des feuilles.
È l’estate, fredda, dei morti.
C’est le glacial été des morts.

*************

GIOVANNI PASCOLI
par
PAUL HAZARD
en 1912

« Il aimera toute la nature« 

Cet art très objectif est tout pénétré de sentiment. Ce pourrait être la haine de la nature marâtre, qui met au inonde les créatures pour les torturer, si nous ne nous rappelions ici la bonté essentielle de Pascoli : il ne se lasse jamais d’exprimer sa douleur, parce qu’il ne l’oublie jamais : mais de sa souffrance, plutôt qu’à la légitimité de la révolte, il conclut à la nécessité du pardon. Désirer la vengeance, blasphémer ou maudire, ne serait-ce pas perpétuer le mal sur la terre, et prendre rang parmi les coupables ? Ayant éprouvé qu’il y a dans la vie un insondable mystère, ils doivent se serrer les uns contre les autres, ceux que le même mystère angoisse ; ils doivent se chérir et s’entr’aider, pour prendre leur revanche contre le sort. La pitié, la tendresse, la douceur, voilà donc les sentimens qui pénétreront les vers du poète, et qui, partant des hommes, aboutiront aux choses. Parmi les hommes, il s’intéressera d’abord aux victimes, aux orphelins, aux malades ; puis aux humbles, aux pauvres, aux misérables ; puis encore, aux simples et aux primitifs. Pareillement, il aimera les arbres qui frémissent au vent, les fleurs qui tremblent sur leur tige, et la faiblesse gracieuse des oiseaux : comme saint François d’Assise, puisqu’on a dit de lui qu’il était un Virgile chrétien, ou un saint François païen ; comme ce Paolo Uccollo dont il a écrit la touchante histoire. Il aimera toute la nature : soit qu’il aperçoive en elle des symboles, et veuille voir des berceaux dans les nids ; soit qu’il manifeste une reconnaissance émerveillée pour les tableaux de beauté qu’elle lui présente ; soit qu’il l’associe aux hommes dans la lutte contre le mystère qui l’enveloppe elle-même, il finit par la considérer comme une mère très douce, qui nous berce encore à l’heure où nous nous endormons. « Ah ! laissons-la faire, car elle sait ce qu’elle fait, et elle nous aime !… » Ce sentiment-là, il nous le communique sans prétendre nous l’imposer. En effet, cet artiste épris d’exactitude, connaissant la valeur de la précision, en connaît aussi les limites. Il sait qu’au-delà du terme où l’analyse peut atteindre, il y a les forces presque inconscientes qu’il faut laisser agir par elles-mêmes après les avoir mises en mouvement. Il possède la pudeur rare qui consiste à ne pas vouloir tout dire ; à faire crédit à la sensibilité du lecteur ; à se taire lorsqu’il a provoqué le rêve, afin de ne le point troubler.
Giovanni Pascoli
Paul Hazard
Revue des Deux Mondes Tome 10-  1912




*****************



Traduction Jacky Lavauzelle
artgitato
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FERNANDO PESSOA TROIS CHANSONS MORTES Três Canções Mortas

Trois Chansons mortes
Contemporanêa, n°7, janvier 1923

 

I

**

FERNANDO PESSOA Três Canções Mortas III TROIS CHANSONS MORTES

Trois Chansons mortes
Contemporanêa, n°7, janvier 1923

III

Se você me amar um pouco? Por piedade    
Si vous m’aimiez un peu ? Par miséricorde
não por amor…    
Pas par amour …
um nada… pois amor de verdade    
Un rien… car l’amour vrai
seria esplendor.   
serait une splendeur.

*

Faça de mim alguém que você ame
Faites de moi quelqu’un qui vous aime
não este alguem que vivo    
Pas ce quelqu’un qui vit
quando o sonho é belo, até o infame    
Quand le rêve est beau, même l’infâme
se torna altivo.
Devient grand.

*

Seja eu triste ou feio — assombração…   
Que je sois triste ou laid – une ombre…
Para que o dia    
Pour que la journée
lhe seja fresco, faço desta escuridão    
Vous soit fraîche, je fais de cette obscurité
tua moradia.
votre maison.

FERNANDO PESSOA

Pessoa Três Canções Mortas

FERNANDO PESSOA TROIS CHANSONS MORTES Três Canções Mortas II

Trois Chansons mortes
Contemporanêa, n°7, janvier 1923

II

Eu tive um sonho. A aurora  
J’ai fait un rêve. L’aube
não podia se levantar    
Ne pouvait soulever
do frescor de outrora
La fraîcheur d’antan
neste meu sono singular.   
De mon singulier sommeil.

*

Em vão toda a sombra    
En vain toute ombre
foi abandonada na escuridão    
Était abandonnée dans l’obscurité
meu coração sobre a alfombra    
Mon cœur sur le tapis
aflita do meu coração.    
Affligé de mon cœur.

*

Ele morreu. o que resiste?    
Il est mort. Qui résiste ?
Existo para o que sobrou.    
J’existe pour ce qui reste.
Qual o quê? sou ainda mais triste…   
Qu’est-ce  ? Je suis encore plus triste …
Ah, apagado sonho se acabou.   
Ah ! Ce rêve caché se finissait.

*

Feito o momento tardonho    
Le temps passait vite
o coração menos esmorecido…    
Le cœur moins chancelant…
O que era enfim este sonho?    
Quel était finalement ce rêve ?
Eu não teria nunca sabido.
Je ne l’ai jamais su.

FERNANDO PESSOA

Três Canções Mortas

FERNANDO PESSOA TROIS CHANSONS MORTES Três Canções Mortas I

Trois Chansons mortes
Contemporanêa, n°7, janvier 1923

I

Você é bela: fácil lhe adorar    
Vous êtes belle : qu’il est facile de vous aimer
você é jovem: fácil lhe sorrir.    
Vous êtes jeune: qu’il est facile de vous sourire.
Se um amor pudesse florir   
Si un  amour pourrait fleurir
neste coração que nada desabrocha.    
De ce cœur où rien ne se passe.
*
Este sorriso de minha desesperança    
Ce sourire de mon désespoir
se transformaria, longínqua reflexão,   
Se transformerait, lointain reflet,
 sobre o ouro pálido de suas tranças,
Sur l’or pâle de vos tresses,
sobre o mastro branco de sua mão.
Sur le blanc mat de votre main.
*
mas nada tenho além deste sorriso
Mais je n’ai rien au-delà de ce sourire
que no fundo dos meus olhos cochila —
Qui profondément sommeille dans mes yeux
lago frio que, enquanto olha o riso,
Lac froid qui, vous regardant rire,
 num reflexo de felicidade vacila.
Dans un reflet heureux vacille.

FERNANDO PESSOA

Três Canções Mortas

HOLERA VASILE ALECSANDRI – LE CHOLERA – Poème ROUMAIN

Holeră VASILE ALECSANDRI
LE CHOLERA 

**

vasile-alecsandri-par-constantin-daniel-stahi-portretul-lui-vasile-alecsandriVasile Alecsandri par Constantin Daniel Stahi
  Portretul lui Vasile Alecsandri

***

România – textul în limba română
Vasile Alecsandri
signature-vasile-alecsandri

Traduction – Texte Bilingue
Traducerea Text bilingvă

Traduction Jacky Lavauzelle


LITTERATURE ROUMAINE
POESIE ROUMAINE

Literatura Română
Romanian Poetry

Vasile Alecsandri
1821  Bacău – 1890 Mircești

 

poet roman
Poète Roumain

Holeră VASILE ALECSANDRI

LE CHOLERA

holera-vasile-alecsandri-le-cholera-1799-antoine-jean-gros-bonaparte-visitant-les-pestiferes-de-jaffaDétail – Bonaparte visitant les pestiférés de Jaffa
11 mars 1799 – Antoine-Jean Gros

*******

    Jos, pe malul Prutului,
Sur le bord de la rivière Prout,
La casele Vâlcului,
La maison de Vâlku
Vâlcul bea, se veseleşte,
Vâlku boit, Vâlku est joyeux,
Cu trei fete se-ndrăgeşte,
Choyant ses trois filles,
De holeră nici gândeşte;
Sans penser au choléra ;
Maică-sa grija-i ducea
Sa mère, elle, est inquiète
Şi cu lacrimi îi zicea:
Et, en larmes, dit :

*

„Dragul mamei Vâlcule,
« Chéri par ta mère, Vâlku,
« Mândrule, voinicule!
Fier et gaillard !
Tu tot bei şi veseleşti,
Tu bois encore et tu te réjouis,
 De holeră nici gândeşti,
Sans penser au choléra,
Lasă-mi-te de beţie
Ne sois plus ivre
Şi de dalba veselie,
Ne respire pas toute cette joie
Că holera-i chiar la Prut
Il est là le choléra, près de la Prout
Şi chiar dincoace-a trecut!”
Et même au-delà !

*

Vâlcul ei se supunea,
Vâlku a attelé
Patru boi la car punea
Quatre bouvillons à la charrette
Şi pe cal încăleca,
Et partant prit
Drumul la vale-apuca,
La route qui descendait
Apuca-n călătorie
Vers la rivière
Să facă negustorie.
Pour ses affaires.

*

Când la cotul Prutului,
Lorsqu’il arriva à la Prout
Prin mijlocul câmpului,
Au milieu du terrain,
El zarea, mări, vedea
Il vit une vieille dame
O clonţată ce râdea,
Sans dents, fantomatique
O clonţată înveninată,
Un animal empoisonné,
Cu pielea pe trup uscată
N’ayant que la peau sur le corps
Şi cu părul despletit
Et des cheveux hirsutes
Tot cu şerpi împleticit.
De serpents enlacés.

*

Ea din loc în loc sărea,
Elle venait du cœur du mal
 Spini în urmă-i răsărea,
Les éclairs derrière elle,
  Iarba câmpului ardea
Brûlant l’herbe
 Şi oamenii morţi cădea!
Et les humains mourant à ses pieds !
   „Cale bună, măi drumeţ:
« Eh bien, voyageur :
Unde mergi aşa sumeţ?”
Où vas-tu si fier ? « 

*

„Cale-ntoarsă, cloanţă fa,
« Fais demi-tour, sorcière
Unde-alergi curând aşa?”
Où vas-tu donc de ce pas ? « 
„Merg la casa Vâlcului
«Je vais à la maison Vâlku
 De pe malul Prutului
Sur les rives du Prout
Ca să-i ridic zilele,
 Car je dois saisir aujourd’hui,
Să mă duc cu dânsele.”
Ce qui lui reste de vie ».

*

„Alei! iazmă călătoare,
« Va ! fantôme errant,
Boală rea ş-ucigătoare!
 Que s’éloigne ta maudite maladie !
Na-ţi calul şi armele,
 Prends notre cheval et mes armes,
De-mi lungeşte zilele,
 Donne-moi quelques jours,
Să-mi mai văd copilele
Laisse-moi voir mes jeunes filles
Că-mi sunt dragi ca soarele.
Comme je vois le cher soleil.
Na-ţi şi carul, na-ţi şi boi,
 Prends ma voiture et aussi mes boeufs,
Numai te du de la noi!”
Ne vas pas chez nous! « 

*

 Nu vreau arme omeneşti,
« Je ne veux pas de tes breloques,
Că eu am arme drăceşti.
Moi qui possède des armes diaboliques.
Am trei coase nevăzute,
J’ai trois fléaux invisibles
Cu ciocan de foc bătute:
Battus par le feu et le marteau :
Una pentru cei voinici,
Un pour les hommes
Una pentru copii mici,
Un pour les petits enfants
Una pentru fete mari
Un pour les grandes filles
 Şi neveste cu ştergare,
Et les femmes,

*

 Nu vreau nici carul cu boi,
Je ne veux ni tes bœufs ni ta charrette,
Ci vă vreau pe toţi pe voi,
Mais je vous veux tous,
Să vă umflu zilele,
 Je veux tes jours,
Să mă duc cu dânsele.”
 Je viens les prendre ».

*

Vâlcul biet se oţerea,
Vâlku seul,
Holera la el sărea,
Est encerclé par le choléra,
Oasele şi le-ntindea
De ses os et ses bras étirés
Şi pe Vâlcu-l cuprindea.
Qui encerclent le pauvre Vâlku.

*

Gură pe gură punea,
Elle pose sa bouche sur sa bouche,
Buze pe buze lipea,
Lui bloquant ses lèvres,
Zilele i se sorbea.
Et aspire ses jours.
Apoi cloanţa iar râdea,
S’en retourne en riant,
Cu zilele purcedea,
Emportant ses jours avec elle,
Şi voinicul mort cădea
Et le brave tomba raide mort
Jos la cotul Prutului,
Juste à côté du Prout,
În mijlocul câmpului!
Là, au milieu du chemin !

********

HOLERA VASILE ALECSANDRI
LE CHOLERA

VASILE ALECSANDRI POESIE – POEZIA LUI Vasile ALECSANDRI

vasile-alecsandri-par-constantin-daniel-stahi-portretul-lui-vasile-alecsandriConstantin Daniel Stahi
  Portretul lui Vasile Alecsandri

***

România – textul în limba română
Vasile Alecsandri

Traduction – Texte Bilingue
Traducerea Text bilingvă

Traduction Jacky Lavauzelle


LITTERATURE ROUMAINE
POESIE ROUMAINE

Literatura Română
Romanian Poetry

signature-vasile-alecsandri

Vasile Alecsandri
1821  Bacău – 1890 Mircești

 

poet roman
Poète Roumain

Poésie

 Poezia

BLESTEMUL
LA MALEDICTION DES HIRONDELLES

Pe cel deal, pe cel colnic
Sur la montagne, sur la colline
 « Trece-o pruncă ş-un voinic,
Marchent une fille et un gaillard,

*

Holeră
Le Choléra

    Jos, pe malul Prutului,
Sur le bord de la rivière Prout,
La casele Vâlcului,
La maison de Vâlku

holera-vasile-alecsandri-le-cholera-1799-antoine-jean-gros-bonaparte-visitant-les-pestiferes-de-jaffa

**

SUR VASILE ALECSANDRI

VASILE ALECSANDRI
POETE ET PATRIOTE par GEORGES BENGESCO
Gheorghe Bengescu
Un poète diplomate roumain du XIXe siècle
Basile Alecsandri
(Vasile Alecsandri)
Revue des Deux Mondes
Tome 60
1910

« 

« Près de vingt ans se sont écoulés depuis la mort de Basile Alecsandri, et la Roumanie, dont il a été le poète peut-être le plus illustre, et certainement le plus populaire, le regrette aujourd’hui encore d’autant plus sincèrement que nul de ceux qui sont venus après lui n’a réussi à éclipser sa gloire… Le grand mérite d’Alecsandri est d’avoir rompu avec ces traditions littéraires surannées, et de n’avoir demandé conseil, selon le précepte de Victor Hugo, qu’ « à la nature, à la vérité et à l’inspiration. »

BLESTEMUL VASILE ALECSANDRI – LA MALEDICTION DES HIRONDELLES

BLESTEMUL VASILE ALECSANDRI
LA MALEDICTION DES HIRONDELLES

**

vasile-alecsandri-par-constantin-daniel-stahi-portretul-lui-vasile-alecsandriVasile Alecsandri par Constantin Daniel Stahi
  Portretul lui Vasile Alecsandri

***

România – textul în limba română
Vasile Alecsandri
signature-vasile-alecsandri

Traduction – Texte Bilingue
Traducerea Text bilingvă

Traduction Jacky Lavauzelle


LITTERATURE ROUMAINE
POESIE ROUMAINE

Literatura Română
Romanian Poetry

Vasile Alecsandri
1821  Bacău – 1890 Mircești

 

poet roman
Poète Roumain

BLESTEMUL

 LA MALEDICTION DES HIRONDELLES

*********

****************

BLESTEMUL VASILE ALECSANDRI
LA MALEDICTION DES HIRONDELLES

 

Pe cel deal, pe cel colnic
Sur la montagne, sur la colline
 « Trece-o pruncă ş-un voinic,
Marchent une fille et un gaillard,
Voinicelul hăulind
Il chante le gaillard
Şi pe murgul netezind,
Lissant sa monture,
Iar pruncuţa suspinând
Et l’enfant, elle, sanglote
Şi din guriţă zicând:
Et dans sa bouche, elle dit :

*

 „Ia-mă, bădiţă, călare
« Prends-moi, sur ta monture
Că nu mai pot de picioare.
 Mes pieds ne me portent plus.
Drumu-i greu şi grunţuros,
 La terre est si dure,
Nu mai pot merge pe jos!”
Je ne peux plus marcher ! « 
„Puiculiţă, chip frumos,
«Souris ! belle frimousse,
Eu te-aş lua bucuros,
Je te prendrais avec plaisir,

*

Dar mi-e murgul sprintenel
Mais ma monture est si fragile
În picioare subţirel,
Ses  membres si graciles,
Murgu-i mic şi drumu-i greu,
 Le chemin si rude,
Abia duce trupul meu,
 Mon seul corps, elle ne peut que porter,
Trupul cu păcatele,
 Et les péchés de ce corps,
 Mijlocul cu armele.”
 Et cette armure qui l’habille.

*

„Nu ţi-e milă şi păcat!
« C’est une honte, tu ne me plains nullement !
De la părinţi m-ai luat,
 Tu m’as dérobée à mes parents,
Şi-n răi codri m-ai băgat!
Et dans les bois m’as emportée !
Dare-ar Domnul Dumnezeu
 Que le Seigneur Dieu
Să fie pe gândul meu!
 Soit dans mon esprit!
Să te duci, bădiţă, duci
 Va, mon ami, va

*

Pan-îi pica rob la turci,
 Jusqu’à être un serviteur des turcs
Cu picioarele-n butuci
Les entraves aux pieds
Şi cu mâinile-n cătuşi!
 Et des chaînes aux bras !
Să te-ajungă dorul meu
 Mon courroux tu retrouveras
Unde-a fi drumul mai greu!
 Quand la route t’épuisera !
Să te bată jalea mea
Plus tu piétines ma douleur

*

Unde-a fi calea mai grea!
Plus ma vengeance sera dure !
Murgul să se poticnească,
Que ta monture s’effondre,
În creştet să te trântească,
 Que ton crâne se fracasse,
Mâna dreaptă să-ţi sclintească,
 Que ta main droite se casse,
Mâna stângă
 Et que ta main gauche
Să ţi-o frângă,
 Se brise en miettes,

*

Să ţii dârlogii cu dinţii,
 Avec tes dents que tu rattrapes la bride,
Să mi te plângă părinţii,
Que tes parents ne puissent plus te reconnaître
Să te-nsori de nouă ori
 Que tu te maries neuf fois
Ca să faci nouă feciori.
Pour faire de nouveaux gars.
Să te mai însori o dată
 Que tu te maries à nouveau
Ca să faci numai o fată…
Pour que tu aies juste une fille …

*

Ei să treacă şuierând
 Elle passera en sifflant
Când te-ar auzi plângând,
Elle t’apportera dans ta prison
Ea în palme să-ţi tot cară
 De ses propres mains
Apă tulbure ş-amară.
 De l’eau boueuse et amère.
Tu să bei, să bei mereu
Que tu boiras, boiras éternellement
Gândind la blestemul meu!
Tu songeras alors à ma malédiction !

*********

LA MALEDICTION DES HIRONDELLES
BLESTEMUL VASILE ALECSANDRI

LU XUN Proses Poèmes & Analyses – 鲁迅 – 散文 诗

LITTERATURE CHINOISE
中国文学

LU XUN
鲁迅
散文 Prose
Poème 诗

1880-1936

 Traduction Jacky Lavauzelle

 Lu Xun Oeuvres Proses et Poésie Artgitato 2



texte bilingue

 

 

LU XUN
Proses et Poèmes
Analyses

Traduction Jacky Lavauzelle

PROSE

**

La Véritable histoire de Ah Q
阿Q正传
1921-1922
 Chapitre I
第一章
Préface
 序
la véritable histoire de Ah Q Lu Xun Artgitato

***
Analyse

*
LU XUN
Chirurgien de l’âme

La médecine et la littérature empreintent parfois des chemins inattendus. En partie par son impuissance, voire par un certain charlatanisme, la médecine a longtemps décu et a poussé à prendre l’encrier. Passer de la plaies à la plume. Toucher les consciences semble plus efficace que de recoudre, de soigner les infections, de recoudre.  « La médecine peut guérir le corps, elle ne peut guérir le cœur » disait  Saint Paul de Tarse.

Lu Xun Chirugien de l'Âme Artgitato

**

LU XUN
AU BANQUET DE LA DYNASTIE MING

Comme en France, cette fin de XVIIème en Chine est fleurissante. Nous sommes à la fin de la dynastie Ming. Même si c’est la technique de la porcelaine qui symbolise le mieux cette période, tous les arts, sans être totalement révolutionnaires, arrivent à une maturité certaine. Nous pensons à l’épopée, au XIVème siècle, des cent huit voleurs de Au bord de l’eau de Shi Nai’an, sortes de Robin des bois révoltés contre le pouvoir en place.

Lu Xun au banquet de la dynastie Ming Portrait de Yongle

***

 SOUS LA VOÛTE GLACEE DE LA MORT

Lu Xun écrit pour le présent. La postérité, il n’y pense pas. Tout au plus  il l’aborde comme quelque chose de tellement  loin. Ce n’est pas son but. Einstein disait que « celui qui ne peut plus éprouver ni étonnement ni surprise est pour ainsi dire mort : ses yeux sont éteints. »
Lu Xun a les yeux constamment ouverts. Ouverts sur son époque et ses contemporains.

Lu Xun Sous la voûte glacée de la mort Artgitato Le Monde illustré 1858 Supplice du lingtchi

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LuXun1930

A PIERRE LOTI Poème d’IVAN VAZOV – На Пиер Лоти

 

България – Български – Bulgarie
Ivan Vazov
Иван Вазов
Ivan Vazov Poème – Ivan Vazov poems
На Пиер Лоти – A Pierre Loti


Traduction – Texte Bilingue
Превод – показване на два текста


LITTERATURE BULGARE
POESIE BULGARE
Ivan Vazov Les poèmes d'Ivan Vazov Poésie d'Ivan Vazov

българската поезия
българска литература

IvanVazovIvanVazovIvanVazovIvanVazovIvanVazovIvanVazov

Иван Вазов
IVAN VAZOV
1850-1921

български поет
Poète Bulgare

На Пиер Лоти

A Pierre Loti
Poème d’Ivan Vazov

Ivan Vazov A Pierre Loti Pierre Loti caricaturé par Jean-Baptiste Guth pour Vanity Fair 1895

Пет века ужаси, убийства и кланета,
Cinq siècles d’horreurs, d’assassinats et de massacres
пет века в дим и смрад потънали светини,
cinq siècles dans la fumée et la puanteur de sanctuaires ensevelis,
пет века с топла кръв обливани полета
cinq siècles de champs gorgés de sang chaud
и земни раеве превръщани в пустини,
de paradis terrestres transformés en déserts,

*

пет века варварства, насилия безчестни
cinq siècles de barbaries, d’infinies violences
на твойте идоли светът дължи, поете!
dues à ton idole, ô poète !
Ти вийш венци на мор, за тигър пееш песни:
Tu tresses des couronnes pestilentielles,  tu chantes pour le tigre :
на Кочани и Щип не чу ти ревовете!
Sans entendre nos rugissements !

*

Свести се! Твоят химн жесток и светотатски
Ressaisis-toi ! Ton hymne cruel et sacrilège
е храчка, фърлена въз бога и човека;
offense et Dieu et l’homme ;
а наший меч лети да тури край на адски
Et notre épée vole pour mettre fin à l’infernal
тегла, да тури край на черний срам на века.
poids, pour mettre un terme à l’immense honte du siècle.

*

Не хищни замисли ни движат, нито злоба –
Nous ne pensons ni à la vengeance ni au mal –
с кръвта си ний чъртайм велика епопея,
avec du sang nous irriguons notre grande épopée,
ний носим свобода в тъмницата на роба,
apportant la liberté dans la prison de l’esclave,
ний носим подвига свещен на Прометея;
apportant l’exploit sacré de Prométhée ;

*

ний носим слънце там, де гробен мрак царува –
apportant le soleil où l’obscurité sépulcrale règne –
в злочестите земи, де братя иго влачат –
sur les terres où nos malheureux frères traînent le joug –
и скоро нов живот ще там да заликува,
et bientôt une nouvelle vie adviendra,
а ти си поплачи въз гроба на палачът.
et tu pleureras alors sur la tombe du bourreau.

*

**********************
A Pierre Loti
Poème d’Ivan Vazov