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DEVISE – POEME DE RAINER MARIA RILKE – MOTTO – 1897

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Rainer Maria Rilke
Traduction Jacky Lavauzelle

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LITTERATURE ALLEMANDE
Deutsch Literatur

Gedichte – Poèmes

 

RAINER MARIA RILKE
1875-1926

 Rainer Maria Rilke Portrait de Paula Modersohn-Becker 1906
Portrait de Rainer Maria Rilke
1906
Par Paula Modersohn-Becker

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DEVISE
MOTTO
1897
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Ernst Ludwig Kirchner, Baigneuses entre pierres, 1912, musée Städel, Francfort-sur-le-Main

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Das ist die Sehnsucht: wohnen im Gewoge
Le désir est ainsi : vivre dans la vague
und keine Heimat haben in der Zeit.
et sans patrie dans le temps qui passe.
Und das sind Wünsche: leise Dialoge
Et les vœux sont ceux-ci : de doux dialogues
täglicher Stunden mit der Ewigkeit.
des heures quotidiennes avec l’éternité.

*


Und das ist Leben. Bis aus einem Gestern
Et la vie est ainsi. Jusqu’à une veille
die einsamste Stunde steigt,
l’heure la plus solitaire se lève,
die, anders lächelnd als die andern Schwestern,
qui, souriant différemment des autres sœurs,
dem Ewigen entgegenschweigt.
silencieusement, rencontre l’Éternel.


*
November 1897
Novembre 1897

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LES VAGUES DU CŒUR – Poème de Rainer Maria Rilke – Einmal nahm ich zwischen meine Hände

Printemps, Victor Borissov-Moussatov

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Rainer Maria Rilke
Traduction Jacky Lavauzelle

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LITTERATURE ALLEMANDE
Deutsch Literatur

Gedichte – Poèmes

 

RAINER MARIA RILKE
1875-1926

 Rainer Maria Rilke Portrait de Paula Modersohn-Becker 1906
Portrait de Rainer Maria Rilke
1906
Par Paula Modersohn-Becker

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LES VAGUES DU CŒUR 
Einmal nahm ich zwischen meine Hände

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Einmal nahm ich zwischen meine Hände
Une fois, je pris dans mes mains
dein Gesicht. Der Mond fiel darauf ein.
ton visage. La lune alors tomba sur lui.
Unbegreiflichster der Gegenstände
Le plus incompréhensible des objets
unter überfließendem Gewein.
sous ce flot de lumière.

*


Wie ein williges, das still besteht,
Comme un homme immobile,
beinah war es wie ein Ding zu halten.
qui se tenait là avec une simple chose.
Und doch war kein Wesen in der kalten
Et pourtant il n’existait pas d’être dans une si glaciale
Nacht, das mir unendlicher entgeht.
nuit qui m’échappât plus infiniment.

*


O da strömen wir zu diesen Stellen,
O, affluent vers ces lieux,
drängen in die kleine Oberfläche
pour se concentrer sur cette si petite surface
alle Wellen unsres Herzens,
toutes les vagues de nos cœurs,
Lust und Schwäche,
Désir et faiblesse,
und wem halten wir sie schließlich hin?
et au final, à qui les donnons-nous ?

*


Ach dem Fremden, der uns mißverstanden,
A cet étranger qui nous a mal compris,
ach dem andern, den wir niemals fanden,
à cet autre que nous n’avons jamais trouvé,
denen Knechten, die uns banden,
aux serviteurs qui nous ont liés,
Frülingswinden, die damit entschwanden,
aux vents de printemps qui ont tout emporté,
und der Stille, der Verliererin.
et au silence, par qui tout se perd.


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L’AVENT – Poème de Rainer Maria Rilke – ADVENT

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Rainer Maria Rilke
Traduction Jacky Lavauzelle

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LITTERATURE ALLEMANDE
Deutsch Literatur

Gedichte – Poèmes

 

RAINER MARIA RILKE
1875-1926

 Rainer Maria Rilke Portrait de Paula Modersohn-Becker 1906
Portrait de Rainer Maria Rilke
1906
Par Paula Modersohn-Becker

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ADVENT
L’AVENT
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Maslenitsa, Boris Koustodiev, 1916

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Es treibt der Wind im Winterwalde
Le vent souffle dans la forêt d’hiver
die Flockenherde wie ein Hirt
Un blanc troupeau de flocons tel un berger
und manche Tanne ahnt, wie balde
et quelques sapins s’imaginent, combien
sie fromm und lichterheilig wird,
ils deviennent pieux, éclairés d’une sainte lumière,
und lauscht hinaus. Den weißen Wegen
et ils écoutent. Sur les blanches voies
streckt sie die Zweige hin, bereit
ils étendent leurs branches, prêts,
und wehrt dem Wind und wächst entgegen
repoussant le vent et s’étendant
der einen Nacht der Herrlichkeit.
vers cette nuit de Gloire.

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BLANCHES ÂMES – Poème de Rainer Maria Rilke – Weiße Seelen

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Rainer Maria Rilke
Traduction Jacky Lavauzelle

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LITTERATURE ALLEMANDE
Deutsch Literatur

Gedichte – Poèmes

 

RAINER MARIA RILKE
1875-1926

 Rainer Maria Rilke Portrait de Paula Modersohn-Becker 1906
Portrait de Rainer Maria Rilke
1906
Par Paula Modersohn-Becker

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BLANCHES ÂMES
Weiße Seelen

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Weiße Seelen mit den Silberschwingen,
Âmes blanches aux ailes d’argent,
Kinderseelen, die noch niemals sangen,-
âmes d’enfants qui jamais encore n’ont chanté,
die nur leis in immer weitern Ringen
tranquillement dans des anneaux toujours plus larges
zu dem Leben ziehn, vor dem sie bangen,
vous glissez vers la vie, cette vie qui vous effraie,

*


werdet ihr nicht euren Traum enttäuschen,
Ne décevrez-vous pas vos rêves
wenn die Stimmen draußen euch erwachen,-
quand les voix de dehors se réveilleront, pour vous,
und ihr könnt aus tausend Taggeräuschen
et pourrez-vous, des mille bruits du jour,
nicht mehr lösen euer Liederlachen?
étouffer votre chant joyeux ?


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LE PARFUM – Poème de RAINER MARIA RILKE – Der Duft

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Rainer Maria Rilke
Traduction Jacky Lavauzelle

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Deutsch Literatur

Gedichte – Poèmes

 

RAINER MARIA RILKE
1875-1926

 Rainer Maria Rilke Portrait de Paula Modersohn-Becker 1906
Portrait de Rainer Maria Rilke
1906
Par Paula Modersohn-Becker

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Der Duft
LE PARFUM
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Herbert Draper, Pot Pourri

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Wer bist du, Unbegreiflicher: du Geist,
Qui es-tu, élément incompréhensible : ô toi, esprit,
wie weißt du mich von wo und wann zu finden,
comment sais-tu où et quand me trouver,
der du das innere ( wie Erblinden )
toi dont l’intérieur (comme un aveuglement)
so innig machst, das es sich schließt und kreist.
est si intime qu’il se ferme et tourne autour de moi ?

*

Der Liebende, der eine an sich reißt,
L’amant, de celle qu’il sert dans ses bras,
hat sie nicht nah; nur du allein bist Nähe.
n’a jamais été si proche ; seulement toi seul es proche.
Wen hast du nicht durchtränkt als ob du jähe
Qui n’as-tu donc pénétré comme étant soudain
Die Farbe seiner Augen seist.
La couleur de ses yeux ?

*

Ach wer Musik in einem Spiegel sähe,
Ah ! qui a vu de la musique dans un miroir
der sähe dich und wüßte, wie du heißt.
te voit et sait comment te nommer.

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PROMENADE – Poème de RAINER MARIA RILKE – Spaziergang – 1924

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Rainer Maria Rilke
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RAINER MARIA RILKE
1875-1926

 Rainer Maria Rilke Portrait de Paula Modersohn-Becker 1906
Portrait de Rainer Maria Rilke
1906
Par Paula Modersohn-Becker

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PROMENADE
Spaziergang
1924
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Caspar David Friedrich ,Frau vor untergehender Sonne,Femme au soleil du petit matin

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Schon ist mein Blick am Hügel, dem besonnten,
Mon regard est déjà sur la colline, le soleil en face,
dem Wege, den ich kaum begann, voran.
Sur ce chemin, qu’à peine je commence.
So fasst uns das, was wir nicht fassen konnten,
Voilà que nous saisit ce que nous ne pouvions pas saisir,
voller Erscheinung, aus der Ferne an—
complet dévoilement, à distance —

*

und wandelt uns, auch wenn wirs nicht erreichen,
et nous changeons, même si nous n’y parvenons pas,
in jenes, das wir, kaum es ahnend, sind;
dans ce que nous sommes, le soupçonnant à peine ;
ein Zeichen weht, erwidernd unserm Zeichen . . .
un signe souffle en réponse à notre signe…
Wir aber spüren nur den Gegenwind.
Nous ne ressentons que le vent de face.


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HERBST – Poème de RAINER MARIA RILKE – AUTOMNE- 1902

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Rainer Maria Rilke
Traduction Jacky Lavauzelle

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Gedichte – Poèmes

 

RAINER MARIA RILKE
1875-1926

 Rainer Maria Rilke Portrait de Paula Modersohn-Becker 1906
Portrait de Rainer Maria Rilke
1906
Par Paula Modersohn-Becker

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HERBST
AUTOMNE
1902
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Illustration (1905) de Maxfield Frederick Parrish pour le poème de Keats Automne

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Die Blätter fallen, fallen wie von weit,
Les feuilles tombent, elles tombent venant de loin,
als welkten in den Himmeln ferne Gärten;
comme venant des jardins desséchés lointains du ciel ;
sie fallen mit verneinender Gebärde.
elles tombent avec des gestes rebelles.

*

Und in den Nächten fällt die schwere Erde
Et la terre lourde tombe les nuits
aus allen Sternen in die Einsamkeit.
de toutes les étoiles dans la solitude.

*

Wir alle fallen. Diese Hand da fällt.
Nous tombons tous. cette main tombe là.
Und sieh dir andre an: es ist in allen.
Et regardez les autres : c’est en chacun d’eux déjà.

*

Und doch ist Einer, welcher dieses Fallen
Et pourtant il y en a Un, qui prend ce qui tombe
unendlich sanft in seinen Händen hält.
et le tient avec une infinie douceur dans ses mains.

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SOLITUDE – Poème de RAINER MARIA RILKE – EINSAMKEIT – 1902

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Rainer Maria Rilke

Traduction Jacky Lavauzelle

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RAINER MARIA RILKE
1875-1926

 Rainer Maria Rilke Portrait de Paula Modersohn-Becker 1906
Portrait de Rainer Maria Rilke
1906
Par Paula Modersohn-Becker

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EINSAMKEIT
SOLITUDE
1902
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Valentine de Milan pleurant la mort de son époux Louis d’Orléans, en 1407.


Die Einsamkeit ist wie ein Regen.
La solitude est comme la pluie.
Sie steigt vom Meer den Abenden entgegen;
Elle monte de la mer vers les soirées ;
von Ebenen, die fern sind und entlegen,
des vallées lointaines et inaccessibles,
geht sie zum Himmel, der sie immer hat.
elle va au ciel, qui toujours l’englobe.
Und erst vom Himmel fällt sie auf die Stadt.
Et du ciel revient sur la ville.

*

Regnet hernieder in den Zwitterstunden,
Elle se déverse pendant les heures métissées,
wenn sich nach Morgen wenden alle Gassen
quand au matin toutes les ruelles se rencontrent
und wenn die Leiber, welche nichts gefunden,
et quand les corps, qui n’ont rien trouvé,
enttäuscht und traurig von einander lassen;
déçus et tristes prennent congés les uns des autres ;
und wenn die Menschen, die einander hassen,
et quand les gens, les gens qui se détestent,
in einem Bett zusammen schlafen müssen:
doivent dormir ensemble dans le même lit :

*

dann geht die Einsamkeit mit den Flüssen…
alors la solitude va de pair avec les rivières …


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LES PAUVRES MOTS – Poème de RAINER MARIA RILKE – 1897 – DIE ARMEN WORTE

 

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Rainer Maria Rilke
Traduction Jacky Lavauzelle

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Deutsch Literatur

Gedichte – Poèmes

 

RAINER MARIA RILKE
1875-1926

 Rainer Maria Rilke Portrait de Paula Modersohn-Becker 1906
Portrait de Rainer Maria Rilke
1906
Par Paula Modersohn-Becker

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DIE ARMEN WORTE
LES PAUVRES MOTS
1897
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Die armen Worte, die im Alltag darben,
Les pauvres mots, aux teintes du quotidien,
die unscheinbaren Worte, lieb ich so.
ô ces mots discrets, comme je les aime.
Aus meinen Festen schenk ich ihnen Farben,
Je leur donne des couleurs par mes célébrations,
da lächeln sie und werden langsam froh.
alors ils sourient et deviennent peu à peu heureux.

*

Ihr Wesen, das sie bang in sich bezwangen,
Leur être s’éclaire à présent,
erneut sich deutlich, dass es jeder sieht;
eux qui craignaient que tout le monde le voit ;
sie sind noch niemals im Gesang gegangen
eux qui ne se sont jamais chantés
und schauernd schreiten sie in meinem Lied.
frémissent dans mon chant désormais.


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L’ARBRE NOIR DANS LE CIEL – Poème de RAINER MARIA RILKE – EINGANG – 1906

Caspar David Friedrich, Falaise de craie sur l’île de Rügen, 1818

Rainer Maria Rilke
Traduction Jacky Lavauzelle

 

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Gedichte – Poèmes

 

RAINER MARIA RILKE
1875-1926

 Rainer Maria Rilke Portrait de Paula Modersohn-Becker 1906
Portrait de Rainer Maria Rilke
1906
Par Paula Modersohn-Becker

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L’ARBRE NOIR DANS LE CIEL
EINGANG
1906
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Wer du auch seist: am Abend tritt hinaus
Qui que tu sois : sors le soir
aus deiner Stube, drin du alles weißt;
de ta chambre, dans laquelle tu sais tout ;
als letztes vor der Ferne liegt dein Haus:
la dernière chose connue devant toi est ta maison :
wer du auch seist.
qui que tu sois.
Mit deinen Augen, welche müde kaum
Avec tes yeux, encore fatigués
von der verbrauchten Schwelle sich befrein,
à se débarrasser de ce seuil reconnu,
hebst du ganz langsam einen schwarzen Baum
tu soulèves lentement un arbre noir
und stellst ihn vor den Himmel: schlank, allein.
et le poses devant le ciel : efflanqué et seul.
Und hast die Welt gemacht. Und sie ist groß
Et un monde existe. Et il est grand
und wie ein Wort, das noch im Schweigen reift.
Et comme un mot, il mûrit encore en silence.
Und wie dein Wille ihren Sinn begreift,
Et comme ta volonté comprend sa signification,
lassen sie deine Augen zärtllich los …
Tes yeux tendrement le laissent à son propre destin …


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