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VULCAIN, ZEUS, DEUCALION & PYRRHA – OS LUSIADAS VI-78- LES LUSIADES – Luís de Camões -Nunca tão vivos raios fabricou

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Ferdinand de Portugal traduction Jacky Lavauzelle

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OS LUSIADAS CAMOES CANTO VI
CANTO SEXTO

Os Lusiadas Les Lusiades
OS LUSIADAS VI-78 LES LUSIADES VI-78

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LITTERATURE PORTUGAISE

Ferdinand de Portugal Os Lusiadas Traduction Jacky Lavauzelle Les Lusiades de Luis de Camoes

literatura português
Luis de Camões
[1525-1580]
Tradução – Traduction
Jacky Lavauzelle
texto bilingue

Traduction Jacky Lavauzelle

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Deucalion et Pyrrha, Pierre Paul Rubens, 1636

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Nunca tão vivos raios fabricou
Des éclairs jamais aussi puissants ne furent fabriqués
Contra a fera soberba dos Gigantes
Contre la superbe fureur des Géants
O grã ferreiro sórdido, que obrou
Par Vulcain, le grand forgeron sordide, qui
Do enteado as armas radiantes;
Donna des armes rayonnantes à son beau-fils Énée ;
Nem tanto o grã Tonante arremessou
Ni Zeus, le grand Tonnant, jamais ne jeta
Relâmpagos ao mundo fulminantes,
De telles foudres frapper le monde,
No grã dilúvio, donde sós viveram
Lors du grand déluge, où survirèrent seulement
Os dois que em gente as pedras converteram.
Deucalion et Pyrra* qui transformèrent les pierres en humains.


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* DEUCALION ET PYRRA
PAR MALLARMÉ

DEUCALION, DIEU GREC ET LATIN.
(Grec : Deucalion.)

l’époque de Deucalion, chef de Phthia, et fils de Prométhée et de Clymène, Zeus résolut de punir la méchanceté des hommes, l’iniquité de Lycaon et de ses fils y ayant mis le comble. Il envoya donc un déluge à la terre, et, comme les eaux s’élevaient, Deucalion ordonna à sa femme Pyrrha d’apprêter l’arche qu’il avait construite sur l’avertissement de son père Prométhée. Or y entrant, lui et sa femme, ils furent portés sur les eaux pendant huit jours, et le neuvième, l’arche demeura sur les hauteurs du Parnasse. Ils laissèrent cette nef sur la cime, et offrirent un sacrifice à Zeus, lequel envoya Hermès pour exaucer toute prière faite par Deucalion. Le juste demanda la restauration de la race humaine ; Hermès dit que lui et sa femme avaient à se couvrir la face de leurs manteaux, et à jeter derrière eux les os de leur mère sur le chemin. La sagesse qui venait à ce géant de son père Prométhée lui enseigna que sa mère, c’était la terre ; il fallait donc jeter simplement des pierres derrière soi pendant la descente du Parnasse. Les cailloux ainsi semés devinrent des hommes et des femmes, et commencèrent aussitôt cette dure vie de labeurs, qui est depuis le lot de l’humanité.

Quand eut lieu ce déluge ? Quelques-uns le fixent au règne d’Ogygas, roi mythique d’Athènes, mais il y a maintes variantes à ce conte : telle disant que tous les hommes périrent ; une autre, que ceux de Delphes échappèrent. Ainsi, dans l’histoire babylonienne de Xisuthros, le déluge épargne les mortels qui sont pieux. Dans quelques leçons du conte indien, Manu entre en l’arche ainsi que les sept sages ou Rishis, qui restent avec lui jusqu’à l’atterrissement sur un pic appelé Naubandhana (des liens du vaisseau). Les noms de cette légende se peuvent expliquer : donc, lecteurs, à l’œuvre ! Le nom de Deucalion d’abord n’est pas sans se rattacher à celui de Polydéikès ou le Pollux latin, le fils « brillant » de Léda (autre forme de Léto). Sa femme Pyrrha, la rouge (en tant que désignant peut-être la terre rouge), appartient à cette même classe, ainsi qu’Iole, Iocaste, Iam « de couleur violette », et Phœnix « pourpre ». Reliez enfin ce conte à beaucoup d’autres. La légende de Prométhée se rattache à celle d’Io et d’Héraclès, d’Épiméthée, de Pandore, d’Athéné et à plus d’une encore. Deucalion est aussi le père de Minos, le Manu indien « le penseur, ou l’homme » ; et Minos, père d’Ariane, que Thésée conduit à Naxos après avoir tué le Minotaure, est de plus apparenté avec Nisos et Skulla, en latin Nisus et Scylla.

D’autres enfants passent pour issus de Deucalion : on appelle ce géant le père d’Hellène (de qui l’on dit que descendirent les Hellènes), et de Protogénéia « le grand matin », enfant premier-né du soleil. Légendes qui procèdent du même esprit. Protogénéia, l’aube, devient mère d’Aéthlios, le soleil peinant et s’efforçant, qui, comme Héraclès et Achille, travaille pour d’autres, non pour soi : et Aéthlios est le père d’Endymion le beau, qui s’enfonce, pour y dormir, dans la caverne de Latmos comme le soleil plonge dans la mer occidentale. Toujours l’acte solaire.

Ajoutons que l’histoire de Deucalion a été conservée par la tradition d’un autre peuple. Les Indiens Macusi de l’Amérique du Sud racontent, dit-on, que le dernier homme qui survécut au déluge repeupla la terre en changeant des pierres en hommes. Selon les Tamanaks d’Orinoko, ce fut un couple d’êtres humains qui jeta derrière lui le fruit de certain palmier, et du noyau naquirent des hommes et des femmes.

Stéphane Mallarmé
Les Dieux antiques
Editions J. Rothschild
1880 


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LE SOLEIL ET LA MER – Poème de Florbela Espanca – 1919- Eu q’ria ser o Mar ingente e forte

Traduction Jacky Lavauzelle João da Cruz e Sousa
João da Cruz e Sousa Traduction Jacky Lavauzelle

LITTÉRATURE PORTUGAISE
POÉSIE PORTUGAISE
LITERATURA PORTUGUESA
POESIA PORTUGUESA

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TRADUCTION JACKY LAVAUZELLE
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Florbela Espanca
Flor Bela de Alma da Conceição
Poétesse portugaise
8 décembre 1894 – 8 décembre 1930
Vila Viçosa, 8 de dezembro de 1894 — Matosinhos, 8 de dezembro de 1930

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LE SOLEIL ET LA MER
Eu q’ria ser o Mar ingente e forte


Poème paru dans

« Livro das Mágoas
« 
« Le Livre des Peines »
1919

 

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Paul Gauguin, Cavaliers sur la plage,1902, collection Stavros Niarchos, Grèce

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Eu q’ria ser o Mar ingente e forte
Je voulais être la Mer puissante et forte
O mar enorme, a vastidão imensa…
La mer immense, la vaste étendue …
Eu q’ria ser a árvore que não pensa,
Je voulais être l’arbre qui ne pense pas,
Que ri do mundo vão e até a morte…
Qui se moque du monde qui va et à la mort …

*

Eu q’ria ser o Sol, o irmão do Mar
Je voulais être le Soleil, le frère de la Mer
O bem do que é humilde e pobrezinho…
Le bien de ce qui est humble et pauvre …
Eu q’ria ser a pedra no caminho
Je voulais être le rocher sur le chemin
Que não sofre a tortura do pensar…
Qui ne souffre pas le supplice de penser …

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Mas o Mar também chora de tristeza…
Mais la Mer pleure aussi de tristesse …
E a árv’re também, como quem reza,
Et l’arbre aussi, comme celui qui prie,
Levanta aos céus os braços como um crente!
Lève les bras au ciel comme un croyant !

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E o Sol cheio de mágoa ao fim de um dia,
Et le soleil plein de chagrin en fin de journée,
Tem lágrimas de sangue na agonia,
A des larmes de sang dans l’agonie,
E as pedras, essas, pisa-as toda a gente…
Et les pierres, elles, sont foulés par les hommes …

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LA POÉSIE DE FLORBELA ESPANCA – POESIA DE FLORBELLA ESPANCA
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João da Cruz e Sousa Traduction Jacky Lavauzelle