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LA CATHEDRALE DE LYON – CATHEDRALE SAINT-JEAN – La primatiale Saint-Jean-Baptiste-et-Saint-Étienne

FRANCE
LA CATHEDRALE DE LYON

CATHEDRALE SAINT-JEAN
La primatiale Saint-Jean-Baptiste-et-Saint-Étienne
1175-1480
Photo Jacky Lavauzelle Cathédrale Saint-Jean

 

Cathédrale saint-Jean Lyon Photo Jacky Lavauzelle
 PHOTOS JACKY LAVAUZELLE

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LYON

LA CATHEDRALE SAINT-JEAN
La primatiale Saint-Jean-Baptiste-et-Saint-Étienne

Cinquième arrondissement de Lyon
Place Saint-Jean, 69005 Lyon

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Les origines de la Cathédrale Saint-Jean

L’église Saint-Jean-Baptiste, aujourd’hui cathédrale de Lyon et primatiale des Gaules, n’a pas été dès l’origine le centre de la vie religieuse de la cité : la première basilique de Lyon s’élevait, au milieu de marécages, sur l’emplacement où saint Irénée et saint Pothin avaient réuni le noyau de la communauté chrétienne et qu’occupe aujourd’hui l’église Saint-Nizier. Après le triomphe du christianisme, le culte se transporta sur la rive droite de la Saône, au pied même de la colline de Fourvière où s’étageait la ville gallo-romaine, couronnée par le forum, le palais des Césars et l’amphithéâtre où coula le sang de tant de martyrs qui féconda l’Église de Lyon, l’an 177.

Lucien Bégule
La Cathédrale de Lyon
Henri Laurens, 

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PANNEAU
LA REDEMPTION
(Abside)

Rédemption Photo Jacky Lavauzelle

PANNEAU
LA VIE DE SAINT JEAN-BAPTISTE
(Abside)

Photo Jacky Lavauzelle

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LES VITRAUX DES PROPHETES

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Les trois églises

Dans ce quartier Saint-Jean, auquel la cathédrale devait donner son nom, s’élevèrent trois églises : Sainte-Croix, Saint-Étienne, et un baptistère sous l’invocation de Saint-Jean-Baptiste. Les trois édifices étaient enfermés dans un même cloître : le cloître Saint-Jean, qui formait comme une cité ecclésiastique. Saint-Étienne aurait été fondée par saint Alpin, évêque de Lyon, vers la fin du ive siècle, puis rebâtie par saint Patient, en 480, après l’invasion des barbares, et restauré par Leydrade au temps de Charlemagne.
L’édifice communiquait au nord avec Sainte-Croix, au sud avec Saint-Jean et fut cathédrale jusqu’au xiiie siècle. À ce moment, remplacé par Saint-Jean, il devint baptistère à son tour ; mais on n’y administrait que le baptême « par immersion » ; les autres se faisaient à Sainte-Croix qui, élevée au début du viie siècle par l’évêque saint Arrige et restaurée par Leydrade, fut reconstruite en 1444 par le chapitre et par ses paroissiens : c’était l’église paroissiale du quartier.
Sainte-Croix et Saint-Étienne disparurent pendant la Révolution : vendues en 1792, elles furent livrées aux démolisseurs en 1796.

Lucien Bégule
La Cathédrale de Lyon
Henri Laurens, 

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LE NOUVEL EDIFICE

Les travaux du nouvel édifice étaient assez avancés entre 1084 et 1100 pour que l’archevêque Hugues Ier pût faire exécuter à ses frais le clocher, la toiture, le maître-autel et même cinq verrières. De 1107 à 1117 son successeur Gaucerand termine l’édifice par l’abside qu’il fit reconstruire en matériaux de choix travaillés avec le plus grand soin preciosissimis et politis lapidibus, nous dit l’Obituaire, et provenant des monuments antiques du forum bâti par Trajan. Les travaux durèrent une quarantaine d’années. L’édifice, d’une grande richesse, était éclairé par de nombreuses verrières peintes. Il était précédé d’un portique soutenu par des colonnes de marbre et décoré de peintures, comme le sanctuaire, dont les noms des donateurs nous ont été conservés. En même temps que l’église, à la fin du xie siècle, on élevait le cloître au sud de la cathédrale. On en voit le mur occidental qui forme la façade de l’édifice connu sous le nom de « Manécanterie » et que l’on a souvent attribué à une date beaucoup plus reculée. Ce cloître était contemporain de l’église d’Ainay, dont il rappelle le style et aussi le parti ornemental de briques incrustées.
Au milieu du xiie siècle, l’église cathédrale était entièrement achevée. C’est à cette époque qu’éclatent les sanglantes querelles entre l’archevêque de Lyon et le comte de Forez qui prétendaient exercer le droit de souveraineté temporelle sur le comté de Lyon. En 1162, Guy II de Forez envahit la ville, saccage le cloître, le palais archiépiscopal et l’église Saint-Jean. C’est une des raisons qui entraînèrent la reconstruction complète de cette deuxième église. À cette époque de transition où l’architecture subissait une véritable transformation, les exemples de reconstruction de cathédrales récemment terminées, comme celles de Chartres, de Laon, etc., n’étaient pas un fait extraordinaire.

Lucien Bégule
La Cathédrale de Lyon
Henri Laurens, 

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LA CATHEDRALE DE LYON

LA CATHEDRALE SAINT-JEAN LYON
La primatiale Saint-Jean-Baptiste-et-Saint-Étienne

LA CATHEDRALE SAINT-JEAN Photo Jacky Lavauzelle

Santuário de Nossa Senhora dos Remédios (LAMEGO) L’ESCALIER INVISIBLE

LAMEGO (Portugal)

Santuário de Nossa Senhora
dos Remédios

Santuário de Nossa Senhora dos Remédios Lamego 3L’ESCALIER
INVISIBLE

Santuário de Nossa Senhora dos Remédios Lamego 2Moins de 150 kilomètres séparent le Sanctuaire de Notre Dame des Remèdes (Santuário de Nossa Senhora dos Remédios) de Lamego au Sanctuaire du bon Jésus du Mont (Santuário do Bom Jesus do Monte) à Braga. Deux styles monumentaux, néo-classiques et baroques. Les courbes et les lignes s’entremêlent pour donner une image de perfection et d’unité.

Santuário de Nossa Senhora dos Remédios Lamego 1Mais de l’ensemble, des forêts, des chapelles, des fontaines et des sculptures, c’est l’escalier qui donne le ton. Avancer par graduation successive ; une marche après l’autre. C’est avancer vers le but mais pas de façon droite, de côté. Comme si nous devions nous éloigner un peu chaque fois en ne nous dirigeant pas directement vers la chapelle. C’est aussi faire le tour, en partant symboliquement vers le bois qui l’entoure. Les paliers successifs sont autant d’étapes qui permettent autant de reprendre le souffle, d’admirer les tableaux d’azulejos,  de contempler la ville à chaque fois dans un nouvel ensemble, en découvrant de nouveaux quartiers, que de réfléchir sur son ascension, sur le but de cet effort.

Santuário de Nossa Senhora dos Remédios Lamego 13Ce que nous avons parcouru est plus visible que ce qui reste à parcourir, mais nous voyons le clocher toujours d’un peu plus près, qui attend imperturbablement. Pour chaque étape un instant, un moment de la journée où les arbres dessinent sur nous les contours d’ombres des statues tout autant que des frondaisons. Le sensible nous amène vers l’intelligible. « Tout ce que je regarde me regarde » (Gaston Bachelard, la poétique de la rêverie). Et quand nous arrivons, nous arrivons un peu plus près du soleil, un peu moins loin du savoir et  l’escalier s’efface alors, fantôme devenu inutile, comme s’il n’avait jamais existé, comme par enchantement ne laissant que le dessus décoratif qui embellit encore un peu plus la ville. C’est le temps alors du plein, du plein de ce soleil et de cette grappe abstraite et tellement présente qui envahissent la scène.Santuário de Nossa Senhora dos Remédios Lamego 1

 Santuário de Nossa Senhora dos Remédios Lamego 10

En un sens, la beauté est déjà accessible. D’en bas. D’un avant l’ascension. Nous voyons une partie structurée et parfaite de l’ensemble, mais nous ne nous voyons pas. Nous ne voyons pas la ville. La chapelle se trouve suspendue au-dessus des blocs de pierre. Il nous manque alors la narration. L’aventure des mots de l’ascension qui s’ouvre sur nos maux qui seront donnés pour y trouver remèdes auprès de Nossa Senhora dos Remédios. Il nous manque le regard d’en haut, cette demande de prise de hauteur, de changement de point de vue. Cette demande de différence. Cette offre d’inversion. De la beauté à la foi, de la foi aux remèdes. La ville devient comme offerte à nos regards, à nous. Elle est posée-là dans l’attente d’une réponse qu’apporterait le silence des cimes.

Santuário de Nossa Senhora dos Remédios Lamego 6Mais ce que nous découvrons vraiment c’est que le plus important c’est le chemin. L’Escalier. Il est ce qui provoque l’ascension. Il est ce qui en reste. En paraphrasant Merleau-Ponty sur ses propos relatifs au tableau, dans l’Oeil et l’Esprit, nous pourrions dire en parlant de l’Escalier : Je serai bien en peine de dire où est l’Escalier que je regarde. Car je ne le regarde pas comme on regarde une chose, je ne le fixe pas en son lieu, mon regard erre en lui comme dans les nimbes de l’Être, je vois selon ou avec lui plutôt que je ne le vois.

En fait, nous ne voyons pas les marches, nous ne voyons jamais ce qui compose l’Escalier. D’en haut ou d’en bas, il est invisible. Restent les sculptures. L’Escalier est suspendu dans les bois, comme la chapelle est suspendue dans le ciel.

Le fini est dans la suspension. Le fini est dans le vide.
Le plein est dans les airs.Santuário de Nossa Senhora dos Remédios Lamego 11

Lamego offre une au fil des azulejos bleus et charnels une teinte plus gaie, plus lumineuse qu’à Braga. L’ensemble ne se dévoilant jamais complétement à nos regards. Les paliers se succédant au rythme des découvertes des scènes bibliques.

Nous découvrons dans les escaliers de Lamego, cette évidente similitude avec les vignobles de porto en escaliers qui descendent quelques kilomètres au nord vers le Douro. Avec ce même soleil qui nous aveugle au-delà des vasques, des fontaines, des statues tournées fièrement vers la ville.Santuário de Nossa Senhora dos Remédios Lamego 5

Sur cette butte qui surplombe la ville basse, se tenait une chapelle consacrée à saint Etienne, Santo Estevão, protomartyr, premier martyr de la chrétienté. A l’origine sur la butte se tenait l’origine du culte des saints. Nous étions au XVe siècle. Le martyre de saint Etienne vient de la parole libre qu’il a eue auprès de l’assemblée du Sanhédrins et  qui lui valut la lapidation.

Saint Etienne fait partie de la première communauté chrétienne de Jérusalem. Il était un chef helléniste, un des Juifs de langue grecque de la diaspora, un des chefs qui sera le premier à quitter la ville pour répandre l’Evangile.  Accusé, avec certains de ses compagnons, d’avoir une attitude subversive vers la Torah et le Temple (cf. Actes des Apôtres 6, 8-15, 7, 54 -59 : « Etienne, plein de grâce et de force, opérait des prodiges et des miracles éclatants parmi les peuples. Or quelques membres de la synagogue dite des Affranchois, des Cyrénéens, des Alexandrins ainsi que des juifs de Cilicie et d’Asie, en vinrent à disputer avec lui : mais ils ne pouvaient tenir tête à sa sagesse et à l’Esprit qui inspirait ses paroles. Alors ils soudoyèrent des individus qui prétendirent l’avoir entendu des propos blasphématoires contre Moïse et contre Dieu. Ils ameutèrent ainsi le peuple, les anciens et les scribes qui accoururent, l’appréhendèrent et l’emmenèrent devant le Grand Conseil. Là, ils produisirent de faux-témoins… »Santuário de Nossa Senhora dos Remédios Lamego 12

Si saint Etienne nous transporte dans les débuts du catholicisme, le XVe nous envoie aux temps des grandes découvertes, de Vasco de Gama et de Pedro Álvares Cabral.Santuário de Nossa Senhora dos Remédios Lamego 7

Suite à l’achat par l’évêque de Lamego, Manuel de Noronha, celui-là même qui fit compléter la partie supérieure de la Sé Cathédrale de Lamego située en contre-bas, d’une image de la Vierge, commandée à Rome,  qui remédierait à tous les mots, il fallut construire une nouvelle chapelle au XVIe siècle. Puis vint deux siècles plus tard, la construction de l’escalier monumental au-dessus de la ville.

L’enveloppe architecturale court donc à travers les siècles et les époques. La construction de la chapelle a débuté en 1750, pour finir près de trente ans plus tard. Date à laquelle, 1777-1778 commença les travaux de l’escalier. Les travaux durèrent près d’un siècle et finirent en 1868, date à laquelle débuta par Dominique Barrière les travaux de l’ancienne et de la nouvelle sacristie.

Santuário de Nossa Senhora dos Remédios Lamego 4Architectes: António Mendes Coutinho (1750), Domingos Francisco Rente (1750) et Augusto Matos Cid (1880) ; la fontaine a été conçue par l’architecte Nicolau Nasoni (1691-1773).

Jacky Lavauzelle

Santuário de Nossa Senhora dos Remédios Lamego 8Santuário de Nossa Senhora dos Remédios Lamego 9