Archives par mot-clé : César

CATULLE CATULLUS XII CONTRE ASINUS

*

CATULLE CATULLUS XII

litterarumLittérature Latine
Catulle

Poeticam Latinam

Traduction Jacky Lavauzelle

IMG_4840

CATULLE – CATULLUS
84 av J.-C. – 54 av J.-C.

POESIE XII

ASINUS

CONTRE ASINUS

 

***

Marrucine Asini, manu sinistra
Asinus, toi le Marrucin*, à la main gauche
non belle uteris: in ioco atque vino
Si preste, frétillant gaiement sous les effets du vin
tollis lintea neglegentiorum.
Tu subtilises les mouchoirs des convives négligents.
Hoc salsum esse putas? Fugit te, inepte:
Trouves-tu cela plein d’esprit ? Quel sot tu fais !
 quamvis sordida res et invenusta est.
Quelle vilénie sordide !
Non credis mihi? Crede Pollioni
Tu ne me crois pas ? Alors crois Pollion,
 fratri, qui tua furta vel talento
Ton frère, que tes larcins, en talents,
mutari velit—est enim leporum
Tente d’effacer – connaisseur, lui aussi
differtus puer ac facetiarum.
Des farces et de la bonne humeur.
Quare aut hendecasyllabos trecentos
Alors maintenant, tu peux attendre trois cents
exspecta, aut mihi linteum remitte,
Billets de ma part, ou retourne-moi vite mon mouchoir,
quod me non movet aestimatione,
Nullement à cause du prix,
verum est mnemosynum mei sodalis.
Mais car il s’agit d’un cadeau de mes amis.
Nam sudaria Saetaba ex Hiberis
En fait, un mouchoir de Sétabis** en Hibérie
miserunt mihi muneri Fabullus
Envoyé par Fabullus
et Veranius; haec amem necesse est
et Veranius ; j’y tiens donc comme tout ce qui me vient
ut Veraniolum meum et Fabullum.
De Verannius et de Fabullus.

*****

* Marrucin

Les Marrucins est une tribu de l’Italie (Est) -Ce sont des descendants des Ausones et des Sabins : « Par ces Sabelli ou Samnites, il faut entendre ceux que l’on appelait Hirpini, qui touchaient la Pouille au nord, & la Lucanie à l’est. Tous ces peuples descendaient originairement des Ausones, qui depuis prirent le nom d’Osques, & ensuite celui de Sabins ; ceux-ci formèrent différentes peuplades, qui furent les Aurunces, les Fidicins, les Samnites, les Picentins, les Vestins, les Marrucins, les Pélignes, les Marses, les Eques, & les Herniques ; les Samnites produisirent les Trentaniens, les Lucaniens, les Campaniens, & les Hirpins ; enfin les Lucaniens donnèrent naissance aux Bruttiens. » (Louis de Jaucourt  L’Encyclopédie Première Edition 1751 – Tome 14)

** Sétabis

Sétabis ou Saetabis, aujourd’hui Xàtiva en Espagne, dans la Province de Valence.

*************

CONTRE ASINUS

**********************
Traduction Jacky Lavauzelle
ARTGITATO












**********************
Catulle – Catullus
XII

****************************

LA CANAILLE & LES DELICATS
par Ferdinand Brunetière
1882

On a voulu faire de Catulle, sans arguments bien solides, un poète aristocratique, un poète du grand monde, comme de sa Lesbie, sur des inductions plutôt que sur des preuves, ce que Brantôme appelait « une grande et honnête dame. » Je persiste à ne pas croire, pour ma part, que Lesbie fût la célèbre Clodia, mais je crois que bon nombre des fréquentations de Catulle furent parmi la bohème littéraire de Rome. Au surplus, la conciliation n’est pas si difficile. Ce que nous savons, en effet, c’est que, lorsque l’adolescent de Vérone arriva de sa province dans la capitale, il y subsistait, sous le raffinement de quelques habitudes, sous l’étalage du luxe et sous l’apparence de la civilisation, un grand fonds d’antique brutalité romaine. Si nous en pouvions douter, nous rapprendrions au moins de certaines épigrammes de Catulle lui-même, plus grossières que mordantes, et dont l’outrageuse crudité passe tout. C’est bien fait à M. Rostand de nous les avoir traduites. On ne peut pas juger d’un poète en commençant par faire exception de toute une partie de son œuvre, qui peut-être est celle que les contemporains en ont presque le plus goûtée. Là où Catulle est bon, il va jusqu’à l’exquis, et c’est bien de lui que l’on peut dire aussi justement que de personne qu’il est alors le mets des délicats ; mais là où il est grossier, il l’est sans mesure, et c’est bien encore de lui que l’on peut dire qu’il est le charme de la canaille. Or, à Rome, en ce temps-là, dans le sens littéraire de l’un et l’autre mot, la canaille et les délicats, c’était presque tout un. On ne distinguait pas encore, selon le mot d’Horace, la plaisanterie spirituelle de l’insolente rusticité. La curiosité de l’intelligence, vivement éveillée, capable de goûter les finesses de l’alexandrinisme, était en avance, pour ainsi dire, sur la rudesse des mœurs et la vulgarité des habitudes mondaines. Quand on grattait ces soupeurs qui savaient apprécier les jolies bagatelles du poète, on retrouvait le paysan du Latium, qui s’égayait, au moment du vin, à faire le mouchoir. La raillerie, comme à la campagne, s’attaquait surtout aux défauts ou disgrâces physiques. Je sais bien que, jusque dans Horace, la grossièreté du vieux temps continuera de s’étaler, mais ce ne sera plus de la même manière naïvement impudente. Au temps de Catulle, la délicatesse n’avait pas encore passé de l’esprit dans les manières. Quand il s’élevait seulement un nuage sur les amours du poète et de sa Lesbie, le docte traducteur de Callimaque s’échappait en injures de corps de garde. Cette société très corrompue ne s’était pas encore assimilé la civilisation grecque. Elle s’essayait à la politesse, elle n’y touchait pas encore. Et sous son élégance toute superficielle, elle manquait étrangement de goût. — Il me paraît que, si l’on examinée quel moment de notre histoire la plupart de ces traits conviennent, on trouvera que c’est au XVIe siècle, dans le temps précis que le contact des mœurs italiennes opérait sur la cour des Valois le même effet qu’à Rome, sur les contemporains de César, le contact des mœurs de la Grèce.

Ferdinand Brunetière
Revue littéraire
À propos d’une traduction de Catulle
Revue des Deux Mondes
Troisième période
Tome 54 –  1882

***********************

CATULLE CATULLUS XI – Ad Furium et Aurelium – À FURIUS ET AURELIUS

*

CATULLE CATULLUS XI

litterarumLittérature Latine
Catulle

Poeticam Latinam

Traduction Jacky Lavauzelle

IMG_4840

CATULLE – CATULLUS
84 av J.-C. – 54 av J.-C.

POESIE X

Ad Furium et Aurelium

À FURIUS ET AURELIUS

Furi et Aureli comites Catulli,
Furius et Aurélius, compagnons de Catulle
sive in extremos penetrabit Indos,
Pénétrant les lointaines Indes,
 litus ut longe resonante Eoa
où les rives Orientales résonnent
tunditur unda,
de leurs ondes,
sive in Hyrcanos Arabesve molles,
Marchant dans la lascive Arabie,
seu Sagas sagittiferosve Parthos,
Ou au cœur de la Parthie aux terribles archers,
sive quae septemgeminus colorat
Ou sur les sept embouchures
aequora Nilus,
que le Nil colore,
sive trans altas gradietur Alpes,
Que ce soit sur les hauteurs des Alpes,
Caesaris visens monimenta magni,
Pour visiter les monuments du grand César,
Gallicum Rhenum horribile aequor ulti-
Le Rhin Gaulois ou les horribles
mosque Britannos,
Bretons
omnia haec, quaecumque feret voluntas
Dans toutes ces contrées, conduit par la volonté des
caelitum, temptare simul parati,
Dieux, partout vous me suivez fidèlement,
pauca nuntiate meae puellae
Je vous demande désormais d’apporter à ma maîtresse
non bona dicta.
Ces mots tranchants :
cum suis vivat valeatque moechis,
Qu’elle vive et profite de l’amour,
quos simul complexa tenet trecentos,
à enchaîner des centaines d’amants,
nullum amans vere, sed identidem omnium
En vérité sans nul amour véritable, mais qu’encore et encore, un à un,
ilia rumpens;
Elle les brise ;
nec meum respectet, ut ante, amorem,
Qu’elle n’attende plus mon amour,
qui illius culpa cecidit velut prati
Qui par sa faute est mort
ultimi flos, praetereunte postquam
Comme une fleur saccagée
tactus aratro est.
Au passage d’une charrue.

*************

À FURIUS ET AURELIUS

**********************
Traduction Jacky Lavauzelle
ARTGITATO












**********************
Catulle – Catullus
X

****************************

LA CANAILLE & LES DELICATS
par Ferdinand Brunetière
1882

On a voulu faire de Catulle, sans arguments bien solides, un poète aristocratique, un poète du grand monde, comme de sa Lesbie, sur des inductions plutôt que sur des preuves, ce que Brantôme appelait « une grande et honnête dame. » Je persiste à ne pas croire, pour ma part, que Lesbie fût la célèbre Clodia, mais je crois que bon nombre des fréquentations de Catulle furent parmi la bohème littéraire de Rome. Au surplus, la conciliation n’est pas si difficile. Ce que nous savons, en effet, c’est que, lorsque l’adolescent de Vérone arriva de sa province dans la capitale, il y subsistait, sous le raffinement de quelques habitudes, sous l’étalage du luxe et sous l’apparence de la civilisation, un grand fonds d’antique brutalité romaine. Si nous en pouvions douter, nous rapprendrions au moins de certaines épigrammes de Catulle lui-même, plus grossières que mordantes, et dont l’outrageuse crudité passe tout. C’est bien fait à M. Rostand de nous les avoir traduites. On ne peut pas juger d’un poète en commençant par faire exception de toute une partie de son œuvre, qui peut-être est celle que les contemporains en ont presque le plus goûtée. Là où Catulle est bon, il va jusqu’à l’exquis, et c’est bien de lui que l’on peut dire aussi justement que de personne qu’il est alors le mets des délicats ; mais là où il est grossier, il l’est sans mesure, et c’est bien encore de lui que l’on peut dire qu’il est le charme de la canaille. Or, à Rome, en ce temps-là, dans le sens littéraire de l’un et l’autre mot, la canaille et les délicats, c’était presque tout un. On ne distinguait pas encore, selon le mot d’Horace, la plaisanterie spirituelle de l’insolente rusticité. La curiosité de l’intelligence, vivement éveillée, capable de goûter les finesses de l’alexandrinisme, était en avance, pour ainsi dire, sur la rudesse des mœurs et la vulgarité des habitudes mondaines. Quand on grattait ces soupeurs qui savaient apprécier les jolies bagatelles du poète, on retrouvait le paysan du Latium, qui s’égayait, au moment du vin, à faire le mouchoir. La raillerie, comme à la campagne, s’attaquait surtout aux défauts ou disgrâces physiques. Je sais bien que, jusque dans Horace, la grossièreté du vieux temps continuera de s’étaler, mais ce ne sera plus de la même manière naïvement impudente. Au temps de Catulle, la délicatesse n’avait pas encore passé de l’esprit dans les manières. Quand il s’élevait seulement un nuage sur les amours du poète et de sa Lesbie, le docte traducteur de Callimaque s’échappait en injures de corps de garde. Cette société très corrompue ne s’était pas encore assimilé la civilisation grecque. Elle s’essayait à la politesse, elle n’y touchait pas encore. Et sous son élégance toute superficielle, elle manquait étrangement de goût. — Il me paraît que, si l’on examinée quel moment de notre histoire la plupart de ces traits conviennent, on trouvera que c’est au XVIe siècle, dans le temps précis que le contact des mœurs italiennes opérait sur la cour des Valois le même effet qu’à Rome, sur les contemporains de César, le contact des mœurs de la Grèce.

Ferdinand Brunetière
Revue littéraire
À propos d’une traduction de Catulle
Revue des Deux Mondes
Troisième période
Tome 54 –  1882

***********************

DOM CASMURRO MACHADO DE ASSIS CHAPITRE II DU LIVRE Capítulo II Do Livro

DOM CASMURRO MACHADO DE ASSIS

L’Œuvre de Joaquim Maria Machado de Assis

Poema & Prosa de Machado de Assis




Littérature Brésilienne
Literatura Brasileira

Joaquim Maria Machado de Assis
 Rio de Janeiro 1839 – 1908 Rio de Janeiro


joaquim-maria-machado-de-assis-artgitato




 

L’Œuvre de Machado de Assis

 DOM CASMURRO
II
Roman – Romance
1899

Traduction Jacky Lavauzelle

*****

dom-casmurro-machado-de-assis-artgitato-joaquin-sorolla-paseo-par-la-playa-1909-museo-sorolla-madridJoaquin Sorolla
Paseo par la playa
1909
Museo Sorolla Madrid

*******

DOM CASMURRO MACHADO DE ASSIS

Capítulo II- Second Chapitre
Do Livro
Du Livre





Agora que expliquei o título, passo a escrever o livro.
Maintenant que j’ai expliqué le titre, je passe à l’étape suivante qui est d’écrire le livre.
Antes disso, porém, digamos os motivos que me põem a pena na mão.
Avant, cependant, je souhaite donner les raisons pour lesquelles j’ai pris un stylo dans les mains.

Vivo só, com um criado.
Je vis seul avec un domestique.
A casa em que moro é própria;
Dans une maison qui m’appartient ;
fi-la construir de propósito, levado de um desejo tão particular que me vexa imprimi-lo, mas vá lá.
Je la fis construire avec, en tête, un dessin particulier qui me gêne d’expliciter, mais je vais le faire quand même.
Um dia, há bastantes anos, lembrou-me reproduzir no Engenho Novo a casa em que me criei na antiga Rua de Mata-cavalos, dando-lhe o mesmo aspecto e economia daquela outra, que desapareceu. 
Un jour, il y a plusieurs années, j’ai souhaité reproduire à Engenho Novo la maison dans laquelle j’ai grandi, dans une vieille rue de Mata-Cavalos, de lui donner le même aspect et les mêmes fonctions.
Construtor e pintor entenderam bem as indicações que lhes fiz:
Le constructeur et peintre ont bien compris les demandes que je formulais :
é o mesmo prédio assobradado, três janelas de frente, varanda ao fundo, as mesmas alcovas e salas.
c’était le même bâtiment d’un étage, trois fenêtres devant, une  véranda derrière, les mêmes chambres et les mêmes salles.
Na principal destas, a pintura do teto e das paredes é mais ou menos igual, umas grinaldas de flores miúdas e grandes pássaros que as tomam nos bicos, de espaço a espaço.
Dans la pièce principale, la peinture du plafond et des murs sont à peu près semblables, quelques guirlandes de fleurs fines et des grands oiseaux qui  les attrapent par le bec, approximativement.
Nos quatro cantos do teto as figuras das estações, e ao centro das paredes os medalhões de César, Augusto, Nero e Massinissa, com os nomes por baixo…
Dans les quatre coins, les saisons, et au centre des murs, des médaillons de César, Auguste, Néron et Masinissa, avec les noms en-dessous …
Não alcanço a razão de tais personagens.
Je ne comprends toutefois pas le présence de tels personnages.
Quando fomos para a casa de Mata-cavalos, já ela estava assim decorada;
Quand nous sommes arrivés à Mata-Cavalos, elle était déjà décorée ainsi ;
vinha do decênio anterior.
ça provenait de la décennie précédente.
Naturalmente era gosto do tempo meter sabor clássico e figuras antigas em pinturas americanas.
Bien sûr, c’était dans l’air du temps d’imiter les saveurs classiques et les figures antiques dans les peintures américaines.
O mais é também análogo e parecido.
L’ensemble est également similaire.
Tenho chacarinha, flores, legume, uma casuarina, um poço e lavadouro.
Je possède de la terre, des fleurs, des légumes, un casuarina, un puits et un lavoir.
Uso louça velha e mobília velha.
J’ai aussi de la vieille vaisselle et des meubles anciens.
Enfim, agora, como outrora, há aqui o mesmo contraste da vida interior, que é pacata, com a exterior, que é ruidosa.
Quoi qu’il en soit, maintenant, comme jadis, nous avons le même contraste entre la vie intérieure, qui est calme, et celle de l’extérieure, qui est bruyante.





O meu fim evidente era atar as duas pontas da vida, e restaurar na velhice a adolescência.
Mon but évident était de lier les deux extrémités de ma vie, et de restaurer ma vieillesse dans mon adolescence.
Pois, senhor, não consegui recompor o que foi nem o que fui.
Pour vous, lecteur, je n’ai pu ni retrouver qui j’étais ni ce qui fut.
Em tudo, se o rosto é igual, a fisionomia é diferente.

En tout état de cause, si le visage est le même, la physionomie, elle, est différente.
Se só me faltassem os outros, vá;
Si seulement il ne manquait que les autres, va ;
um homem consola-se mais ou menos das pessoas que perde;
Les hommes se consolent plus ou moins de ce qu’ils perdent ;
mas falto eu mesmo, e esta lacuna é tudo.

mais là, c’est moi qui manque, et cette absence est tout.
O que aqui está é, mal comparando, semelhante à pintura que se põe na barba e nos cabelos, e que apenas conserva o hábito externo, como se diz nas autópsias;
Ce qui est ici, je reconnais qu’il s’agit d’une mauvaise comparaison, ressemble à la teinture qui se met sur la barbe et les cheveux, et qui ne retient que l’aspect externe, comme on dit dans les autopsies ;
o interno não aguenta tinta.
l’intérieur ne se teinte pas d’encre.
Uma certidão que me desse vinte anos de idade poderia enganar os estranhos, como todos os documentos falsos, mas não a mim.
Un certificat me donnant vingt ans pourrais tromper les étrangers, comme tous les faux papiers, mais pas moi.
Os amigos que me restam são de data recente;
Les amis qui me restent sont récents ;
todos os antigos foram estudar a geologia dos campos-santos.
les plus vieux étudient la géologie des cimetières.
Quanto às amigas, algumas datam de quinze anos, outras de menos, e quase todas crêem na mocidade.
Quant aux amies, certaines datent de quinze ans, d’autres moins, et presque toutes croient en la jeunesse.
Duas ou três fariam crer nela aos outros, mas a língua que falam obriga muita vez a consultar os dicionários, e tal frequência é cansativa.
Deux ou trois voudraient le faire croire à d’autres, mais la langue qu’elles parlent demande beaucoup de temps ensuite en consultation des dictionnaires, et cette fréquence est fatigante.





Entretanto, vida diferente não quer dizer vida pior;
Cependant, une vie différente ne signifie pas une vie plus mauvaise ;
é outra coisa.
c’est autre chose.
A certos respeitos, aquela vida antiga aparece-me despida de muitos encantos que lhe achei;
A certains égards, cette vieille vie me semble dépouillée aujourd’hui de nombreux charmes que je percevais jadis ;
mas é também exato que perdeu muito espinho que a fez molesta, e, de memória, conservo alguma recordação doce e feiticeira.
mais il est également vrai qu’elle a perdu de nombreuses épines qui la rendait détestable, et j’en garde des souvenirs doux et suave.
Em verdade, pouco apareço e menos falo.
En fait, je sors et je parle peu.
Distrações raras.
Les distractions sont rares.
O mais do tempo é gasto em hortar, jardinar e ler;
La majeure partie de mon temps se passe à jardiner et à lire ;
como bem e não durmo mal.
je mange et je dors plutôt bien.

Ora, como tudo cansa, esta monotonia acabou por exaurir-me também.
Maintenant, comme tout me fatigue, cette monotonie m’a finalement épuisé aussi.
Quis variar, e lembrou-me escrever um livro.
Je voulais un changement, et m’est venu l’idée d’écrire un livre.
Jurisprudência, filosofia e política acudiram-me, mas não me acudiram as forças necessárias.
La jurisprudence, la philosophie et la politique se sont présentées à moi, mais je n’avais pas la force nécessaire.
Depois, pensei em fazer uma História dos Subúrbios, menos seca que as memórias do padre Luís Gonçalves dos Santos, relativas à cidade;
Alors je pensais faire une Histoire des Faubourgs, moins sèches que les mémoires du père Luís Gonçalves dos Santos [Padre Perereca 1767-1844], relatifs à la ville ;
era obra modesta, mas exigia documentos e datas, como preliminares, tudo árido e longo.
Le travail était modeste, mais la recherche des documents requis et ses dates demandaient un travail aride et long.
Foi então que os bustos pintados nas paredes entraram a falar-me e a dizer-me que, uma vez que eles não alcançavam reconstituir-me os tempos idos, pegasse da pena e contasse alguns.
Ce fut alors que les bustes peints sur les murs sont venus me parler et me dire que, étant donné qu’ils ne parvenaient pas à reconstituer pour moi les temps anciens, je me devais de prendre la plume et d’en conter quelques-uns.
Talvez a narração me desse a ilusão, e as sombras viessem perpassar ligeiras, como ao poeta, não o do trem, mas o do Fausto:
Peut-être que l’histoire me donnerait l’illusion, et les ombres envahiraient-elles légères, comme au poète, pas le nôtre du train, mais celui du Faust,
« Aí vindes outra vez, inquietas sombras? »…
« Là, vous voilà, ombres agitées ? » …

Fiquei tão alegre com esta ideia, que ainda agora me treme a pena na mão.
J’étais si joyeux à cette idée, que la plume tremble, même encore maintenant, dans la main.
Sim, Nero, Augusto, Massinissa, e tu, grande César, que me incitas a fazer os meus comentários, agradeço-vos o conselho, e vou deitar ao papel as reminiscências que me vierem vindo.
Oui, Neron, Auguste, Masinissa, et toi, grand César, qui m’incitent pour faire mes commentaires, je vous remercie de vos conseils, et je pose sur le papier les souvenirs qui viennent à moi.
Deste modo, viverei o que vivi, e assentarei a mão para alguma obra de maior tomo.
Par conséquent, je vivrai ce que j’ai vécu, et ainsi ma main travaillera pour réaliser demain une œuvre encore plus magistrale.
Eia, comecemos a evocação por uma célebre tarde de novembro, que nunca me esqueceu.
Allons, commençons en évoquant une célèbre fin de novembre, que je n’ai jamais oubliée.
Tive outras muitas, melhores, e piores, mas aquela nunca se me apagou do espírito.
J’ai eu bien d’autres, mieux, et des pires encore, mais celle-ci n’est jamais sortie de mon esprit.
É o que vais entender, lendo.
Tu comprendras pourquoi à la lecture de ce qui suit.

***

DOM CASMURRO MACHADO DE ASSIS

EMINESCU Împărat şi proletar Empereur et Prolétaire IV

România – textul în limba română
Mihai Eminescu
Eminescu Împărat şi proletar

EminescuEminescu

Traduction – Texte Bilingue
Traducerea Text bilingvă

Eminescu Împărat şi proletar
Traduction Jacky Lavauzelle


LITTERATURE ROUMAINE
POESIE ROUMAINE

Literatura Română
Romanian Poetry

MIHAI EMINESCU Împarat si proletar Empereure et Prolétaire Artgitato Gustave_Moreau_-_Phaeton,_1878

Mihai Eminescu
1850 – 1889

poet roman
Poète Roumain

Empereur & Prolétaire
IV

 Împărat şi proletar
IV

 

1 decembrie 1874
1er décembre 1874

Scânteie marea lină, şi placele ei sure
Lisse, la mer étincelle, et des plaques
Se mişc una pe alta ca pături de cristal
Se déplacent les unes sur les autres comme du cristal
Prin lunce prăvălite; din tainica pădure
Jusqu’à terre ; de la mystérieuse forêt
  Apare luna mare câmpiilor azure,
La lune apparaît dans les plaines d’azur,
Împlându-le cu ochiul ei mândru, triumfal.
Les dominant de son oeil fier et triomphant.

Pe undele încete îşi mişcă legănate
Se déplacent sur ses lentes ondes
Corăbii învechite scheletele de lemn;
Des navires en bois aux obsolètes squelettes ;
Trecând încet ca umbre – ţin pânzele umflate
Se déplaçant lentement comme des ombres – voiles gonflées
În faţa lunei, care prin ele-atunci străbate,
La face à la lune, les traverse ensuite,
Şi-n roată de foc galben stă faţa-i ca un semn.
Et dans la roue de feu jaune, elle se dresse devant eux tel un signe.

Pe maluri zdrumicate de aiurirea mării
Au rivage déchiré par la mer en furie,
Cezaru-ncă veghează la trunchiul cel plecat
César observe sous la courbe du tronc
Al salciei pletoase – şi-ntinse-a apei arii
Du saule pleureur – et les ondes aquatiques
În cercuri fulgerânde se pleacă lin suflării
En cercles fulgurants se lient au  souffle
 A zefirului nopţii şi sună cadenţat.
De la nuit en sons cadencés.

Îi pare că prin aer în noaptea înstelată,
Il lui semble que l’air dans la nuit étoilée,
Călcând pe vârf de codri, pe-a apelor măriri,
progresse au-dessus des bois, par-delà les eaux,
Trecea cu barba albă – pe fruntea-ntunecată
Passe barbe blanche – sombre sommet,
Cununa cea de paie îi atârna uscată –
A la couronne de paille  sèche s’accroche
Moşneagul rege Lear.
Le Roi Lear en vieil homme.

Uimit privea Cezarul la umbra cea din nouri,
César, l’air étonné de voir dans les ombres des nuées,
Prin creţi ai cărei stele lin tremurând transpar,
Le tremblement des étoiles dans les failles des rochers,
I se deschide-n minte tot sensul din tablouri
L’esprit ouvert au sens des peintures
A vieţii sclipitoare… A popoarelor ecouri
De la brillante vie … les échos des peuples,
  Par glasuri ce îmbracă o lume de amar:
Les voix d’un monde amer :

« În orice om o lume îşi face încercarea,
«Dans le monde, chaque homme tente,
Bătrânul Demiurgos se opinteşte-n van;
Le vieux Démiurge persévère en vain ;
În orice minte lumea îşi pune întrebarea
Dans chaque esprit, l’interrogation
Din nou: de unde vine şi unde merge floarea
Encore une fois : d’où vient et où va la fleur
Dorinţelor obscure sădite în noian?
Des désirs obscurs dans ce pot d’abîme ?

Al lumii-ntregul sâmbur, dorinţa-i şi mărirea,
Le cœur du monde, désir et gloire,
În inima oricărui i-ascuns şi trăitor,
Dans notre cœur, vit et se terre,
Zvârlire hazardată, cum pomu-n înflorire
Ballottements dangereux, tel l’arbre en fleurs
În orice floare-ncearcă întreagă a sa fire,
Donnant sa sève à chacun d’eux,
Ci-n calea de-a da roade cele mai multe mor.
Puis les regardant mourir l’une après l’autre.

Astfel umana roadă în calea ei îngheaţă,
Donc le fruit humain en chemin se durcit,
Se pietrifică unul în sclav, altu-mpărat,
Pétrifié ou en esclave ou en empereur,
Acoperind cu noime sărmana lui viaţă
Questionnant sa pauvre vie
Şi arătând la soare-a mizeriei lui faţă –
Et pointant sa face miséreuse au soleil –
Faţa – căci înţelesul i-acelaşi la toţi dat.
L’intelligence des choses est la même chose pour tous.

În veci aceleaşi doruri mascate cu-altă haină,
Dans les mêmes désirs toujours masqués par des différents vêtements
 
Şi-n toată omenirea în veci acelaşi om –
Et dans toute l’humanité, à jamais, le même homme –
În multe forme-apare a vieţii crudă taină,
Il apparaît dans de nombreuses formes, le mystère cruel de la vie,
 Pe toţi ea îi înşală, la nime se distaină,
Il trompe tout le monde sans jamais se dévoiler,
Dorinţi nemărginite plantând într-un atom.
Plantés dans un atome, ces gigantesques désirs.

Când ştii că visu-acesta cu moarte se sfârşeşte,
Quand tu sais que tout ça se termine par la mort,
Că-n urmă-ţi rămân toate astfel cum sunt, de dregi
Que derrière toi, tout restera identique
Oricât ai drege-n lume – atunci te oboseşte
Malgré ton bricolage dans ce monde – Quand, fatigué
Eterna alergare… ş-un gând te-ademeneşte:
Par cette éternelle course… tu te diras :
Că vis al morţii-eterne e viaţa lumii-ntregi. »
Ce rêve de la mort éternelle, voilà ce qu’est la vie du monde « .

 

***************
Împărat şi proletar
Eminescu Împărat şi proletar
Empereur et Prolétaire
IV

MIHAI EMINESCU Împărat şi proletar II – Empereur et Prolétaire II

România – textul în limba română
Mihai Eminescu
Empereur et Prolétaire

EminescuEminescu

Traduction – Texte Bilingue
Traducerea Text bilingvă

Empereur et Prolétaire
Traduction Jacky Lavauzelle
MIHAI EMINESCU Împarat si proletar Empereure et Prolétaire Artgitato Gustave_Moreau_-_Phaeton,_1878


LITTERATURE ROUMAINE
POESIE ROUMAINE

Literatura Română
Romanian Poetry

Mihai Eminescu
1850 – 1889

poet roman
Poète Roumain

Empereur et Prolétaire
II

  Împărat şi proletar
II

1 decembrie 1874
1er décembre 1874

 

EMPEREUR ET PROLETAIRE
II

Pe malurile Senei, în faeton de gală,
En phaéton de gala, sur les rives de la Seine
Cezarul trece palid, în gânduri adâncit;
César va pâle, seul dans ses pensées ;
Al undelor greu vuiet, vuirea în granit
Des vagues lourdes de rugissement, tremblement du granit
A sute d-echipajuri, gândirea-i n-o înşală;
Sous de centaines équipages, ne le distrait pas ;
Poporul loc îi face tăcut şi umilit.
Le peuple rend les gens silencieux et humbles.

Zâmbirea lui deşteaptă, adâncă şi tăcută,
Intelligent, son sourire, profond, silencieux,
Privirea-i ce citeşte în suflete-omeneşti,
Un regard lisant dans les âmes,
Şi mâna-i care poartă destinele lumeşti,
Et cette main qui porte les destins du monde,
Cea grupă zdrenţuită în cale-i o salută.
Les groupes en haillons la saluent.
Mărirea-i e în taină legată de aceşti.
Sa gloire leur reste secrètement liée.

Convins ca voi el este-n nălţimea-i solitară
Il est convaincu que dans les hauteurs de sa solitude
Lipsită de iubire, cum că principiul rău,
Sans amour, telle que les principes du mal,
Nedreptul şi minciuna al lumii duce frâu;
Injustice et mensonge empoignent les rênes du monde ;
 Istoria umană în veci se desfăşoară,
L’histoire humaine jamais n’y déroge,
Povestea-i a ciocanului ce cade pe ilău.
Le marteau tombant sur l’enclume.

Şi el – el vârful mândru al celor ce apasă –
Et lui- pointe fière de ceux qui oppressent-
 
Salută-n a lui cale pe-apărătorul mut.
Salue dans son passage le muet défenseur.
De aţi lipsi din lume, voi cauza-ntunecoasă
Dans ce monde, manquant, vous, la cause ténébreuse
De răsturnări măreţe, mărirea-i radioasă,
Des grands bouleversements, l’apogée radieuse
Cezarul, chiar Cezarul de mult ar fi căzut.
De César, César-même aurait chuté.

Cu ale voastre umbre nimica crezătoare,
Par vos ombres qui ne croient plus en rien,
 Cu zâmbetu-vă rece, de milă părăsit,
Par vos masques de pitié froide,
Cu mintea de dreptate şi bine râzătoare,
Avec votre bon esprit et vos belles idées,
Cu umbra voastră numai, puteri îngrozitoare,
Avec seulement vos ombres, pouvoirs terrifiants,
La jugu-i el sileşte pe cei ce l-au urât.
Il oblige sous son joug ceux qui le haïssait.

***************
Împărat şi proletar
Eminescu
Empereur et Prolétaire
II

CALIGULA de SUETONE – Chapitre XIV – De vita duodecim Caesarum libri VIII- SUETONE CALIGULA

Caius Suetonius Tranquillus


De vita duodecim Caesarum libri VIII
litterarum – Littérature Latine
Suétone Caligula
suetonius caligula

Suetone Caligula artgitato De vita duodecim Caesarum libri VIII

Poeticam Latinam

Traduction Jacky Lavauzelle

IMG_4840

SUETONE
 Caius Suetonius Tranquillus
Vers 70 – Vers 122

XIV

De vita duodecim Caesarum         libri VIII

CALIGULA

CHAPITRE XIV

Vita Gai

Caligula empereur

Ingressoque urbem, statim consensu senatus et irrumpentis in curiam turbae,
Quand il entra dans la ville [Rome], il eût le consentement du Sénat et du peuple qui se dirigeait vers la curie,
inrita Tiberi uoluntate,
contre la volonté de Tibère
qui testamento alterum nepotem suum  praetextatum adhuc coheredem ei dederat,
qui avait, par testament, donné un cohéritier son autre petit-fils, qui  portait encore la robe prétexte,
ius arbitriumque omnium rerum illi permissum est tanta publica laetitia,
à  Caligula, et si grande était la joie du public,
ut tribus proximis mensibus ac ne totis quidem supra centum sexaginta milia uictimarum caesa tradantur. 
que, dans les trois mois qui suivirent, et même moins que cela, cent soixante mille victimes furent tués en sacrifice.
Cum deinde paucos post dies in proximas Campaniae insulas traiecisset,
Quelques jours après cela, après avoir traversé les îles près de Campanie,
uota pro reditu suscepta sunt,
 des vœux pour son retour en toute sécurité furent demandés,
ne minimam quidem occasionem quoquam omittente in testificanda sollicitudine et cura de incolumitate eius.
 le peuple, à chaque instant, témoignait son anxiété et sollicitait des égards pour sa sécurité.
Ut uero in aduersam ualitudinem incidit,
Mais quand il tomba malade,
pernoctantibus cunctis circa Palatium,
 ils passèrent tous la nuit au palais,
non defuerunt qui depugnaturos se armis pro salute aegri quique capita sua titulo proposito uouerent.
 en manifestant des témoignages en offrant ou leurs armes ou leur tête pour la sécurité du patient.
Accessit ad immensum ciuium amorem notabilis etiam externorum fauor.
A ces immenses élans des citoyens, des étrangers eurent de remarquables égards pour sa protection.
Namque Artabanus Parthorum rex, odium semper contemptumque Tiberi prae se ferens,
Artaban, roi des Parthes, toujours franc dans sa haine et son mépris pour Tibère,
amicitiam huius ultro petiit uenitque ad colloquium legati consularis
qui volontairement cherchait l’amitié de Caligula, était venu à une conférence avec le gouverneur consulaire,
et transgressus Euphraten aquilas
  il traversa l’Euphrate en honorant les aigles
et signa Romana Caesarumque imagines adorauit.
  les images des Césars et les normes romaines.

********************************
Traduction Jacky Lavauzelle
Artgitato
********************************

SPQR

CALIGULA de SUETONE – Chapitre XIII – De vita duodecim Caesarum libri VIII- SUETONE CALIGULA

Caius Suetonius Tranquillus


De vita duodecim Caesarum libri VIII
litterarum – Littérature Latine
Suétone Caligula
suetonius caligula

Suetone Caligula artgitato De vita duodecim Caesarum libri VIII

Poeticam Latinam

Traduction Jacky Lavauzelle

IMG_4840

SUETONE
 Caius Suetonius Tranquillus
Vers 70 – Vers 122

XIII

De vita duodecim Caesarum         libri VIII

CALIGULA

CHAPITRE XIII

Vita Gai

La route de Caligula vers l’empire

Sic imperium adeptus, p(opulum) R(omanum), uel dicam hominum genus, uoti compotem fecit,
En gagnant ainsi les portes de Rome, il accomplit les vœux du peuple Romain et de toute l’humanité entière,
exoptatissimus princeps maximae parti prouincialium
les habitants des provinces le souhaitaient comme chef
ac militum, quod infantem plerique cognouerant, sed et uniuersae plebi urbanae ob memoriam Germanici patris miserationemque prope afflictae domus. 
ainsi que les militaires, qui le connaissaient depuis qu’il était enfant, surtout en mémoire à son père Germanicus et par pitié pour l’ensemble des afflictions de sa maison.
Itaque ut a Miseno mouit quamuis lugentis habitu et funus Tiberi prosequens,
Par conséquent, en habits de deuil et escortant le corps de Tibère, partant de Misène,
tamen inter altaria et uictimas ardentisque taedas densissimo et laetissimo obuiorum agmine incessit, super fausta nomina « sidus » et « pullum » et « pupum » et « alumnum » appellantium;
entre les autels, les victimes et les torches enflammées, il se promenait au milieu de la foule dense et joyeuse qui l’entourait en clamant et le nommant «étoile», «élève», et « bambin » ;

********************************
Traduction Jacky Lavauzelle
Artgitato
********************************

SPQR

CALIGULA de SUETONE – Chapitre XII – De vita duodecim Caesarum libri VIII- SUETONE CALIGULA

Caius Suetonius Tranquillus


De vita duodecim Caesarum libri VIII
litterarum – Littérature Latine
Suétone Caligula
suetonius caligula

Suetone Caligula artgitato De vita duodecim Caesarum libri VIII

Poeticam Latinam

Traduction Jacky Lavauzelle

IMG_4840

SUETONE
 Caius Suetonius Tranquillus
Vers 70 – Vers 122

XII

De vita duodecim Caesarum         libri VIII

CALIGULA

CHAPITRE XII

Vita Gai

Les projets de Caligula contre Tibère

 Caligula Suetone Junia Claudilla 1ère épouse de Caligula

Non ita multo post Iuniam Claudillam M. Silani nobilissimi uiri f(iliam) duxit uxorem.
Peu après, Junia Claudilla, fille de Marcus Silanus, un homme de la grande noblesse devint sa femme.
Deinde augur in locum fratris sui Drusi destinatus,
Puis nommé augure, à la place de son frère Drusus,
prius quam inauguraretur ad pontificatum traductus est insigni testimonio pietatis atque indolis,
avant qu’il n’eût sa nomination, il eût le pontificat traduisant le témoignage de piété et de caractère,
cum deserta desolataque reliquis subsidiis aula, Seiano hoste suspecto mox et oppresso, ad spem successionis paulatim admoueretur.
quand la demeure impériale, déserte et privée de ses autres supports, Séjan, lui, avait été déjà soupçonné, était prête à s’éteindre peu à peu, lui faisant apparaître un espoir pour la succession.
Quam quo magis confirmaret, amissa Iunia ex partu Enniam Naeuiam, Macronis uxorem, qui tum praetorianis cohortibus praeerat, sollicitauit ad stuprum, pollicitus et matrimonium suum, si potitus imperio fuisset;
Pour qu’elle soit meilleure encore, après avoir perdu Junia pendant ses couches, avec Ennia, la femme de Macron, qui, à ce moment-là commandait la garde prétorienne, il commet l’adultère, lui promettant même de l’épouser s’il est devenait empereur,
deque ea re et iure iurando et chirographo cauit.
et à la fois par un serment, et par un acte, il s’engageât.
Per hanc insinuatus Macroni ueneno Tiberium adgressus est, ut quidam opinantur, spirantique adhuc detrahi anulum et,
 A travers les faveurs de Macron, il empoisonna Tibère, comme certains le pensent, et il ordonna que sa bague lui fut enlevé, alors même qu’il respirait encore,
quoniam suspicionem retinentis dabat, puluinum iussit inici atque etiam fauces manu sua oppressit,
et comme il pensait qu’il la retenait, il lui mit un oreiller sur la bouche de sa main,
liberto, qui ob atrocitatem facinoris exclamauerat, confestim in crucem acto. 
un affranchi qui alors cria à l’acte terrible, fut immédiatement crucifié.
Nec abhorret a ueritate,
Et cela est encore très loin de la vérité,
cum sint quidam auctores, ipsum postea etsi non de perfecto, at certe de cogitato quondam parricidio professum;
car quelques auteurs disent que plus tard, que même si ce parricide il n’avait pas réalisé, il l’aurait toutefois cogité ;
gloriatum enim assidue in commemoranda sua pietate, ad ulciscendam necem matris et fratrum introisse se cum pugione cubiculum Tiberi[i] dormientis et
car ils disent qu’il se vantait, en parlant de sa piété filiale, avec un poignard pour venger la mort de sa mère, d’être entré dans la chambre de Tibère qui dormait,
misericordia correptum abiecto ferro recessisse; 
et il fut tellement ému de compassion qu’il en jeta son épée et disparu ;
nec illum, quanquam sensisset, aut inquirere quicquam aut exequi ausum.
Tibère le savait mais, cependant, ne dit rien ni ne chercha à le poursuivre.

********************************
Traduction Jacky Lavauzelle
Artgitato
********************************

SPQR

CALIGULA de SUETONE – Chapitre XI – De vita duodecim Caesarum libri VIII- SUETONE CALIGULA

Caius Suetonius Tranquillus


De vita duodecim Caesarum libri VIII
litterarum – Littérature Latine
Suétone Caligula
suetonius caligula

Suetone Caligula artgitato De vita duodecim Caesarum libri VIII

Poeticam Latinam

Traduction Jacky Lavauzelle

IMG_4840

SUETONE
 Caius Suetonius Tranquillus
Vers 70 – Vers 122

XI

De vita duodecim Caesarum         libri VIII

CALIGULA

CHAPITRE XI

Vita Gai

La mauvaise nature de Caligula

 

Naturam tamen saeuam atque probrosam ne tunc quidem inhibere poterat,
A cette époque, il ne pu cependant pas aller contre sa nature cruelle et méchante,
quin et animaduersionibus poenisque ad supplicium datorum cupidissime interesset et ganeas atque adulteria capillamento celatus et ueste longa noctibus obiret ac scaenicas saltandi canendique artes studiosissime appeteret,
mais il se passionnait pour les punitions, se délectant dans les milieux interlopes de la nuit avec une telle gourmandise et se travestissant d’une perruque et d’une longue robe, avec un enthousiasme indéfectible pour les arts de la danse et pour le chant, et aimant s’approcher de la scène,
facile id sane Tiberio patiente, si per has mansuefieri posset ferum eius ingenium. 
Tibère bien volontiers ne s’en offusquait que peu dans l’espoir que sa nature sauvage en serait adoucie.
Quod sagacissimus senex ita prorsus perspexerat,
Tout était clair pour le vieil homme rusé,
ut aliquoties praedicaret, « exitio suo omniumque Caium vivere : »
il disait souvent que Caius vivait en se détruisant
et, « se natricem [serpentis id genus] populo romano, Phaethontem orbi terrarum educare. »
  et qu’il élevait là un serpent pour le peuple romain, un Phaéton pour le monde entier.

Suetone Caligula Gustave_Moreau_-_Phaeton,_1878

********************************
Traduction Jacky Lavauzelle
Artgitato
********************************

SPQR

CALIGULA de SUETONE – Chapitre X – De vita duodecim Caesarum libri VIII- SUETONE CALIGULA

Caius Suetonius Tranquillus


De vita duodecim Caesarum libri VIII
litterarum – Littérature Latine
Suétone Caligula
suetonius caligula

Suetone Caligula artgitato De vita duodecim Caesarum libri VIII

Poeticam Latinam

Traduction Jacky Lavauzelle

IMG_4840

SUETONE
 Caius Suetonius Tranquillus
Vers 70 – Vers 122

X

De vita duodecim Caesarum         libri VIII

CALIGULA

CHAPITRE X

Vita Gai

Les premiers pas de Caligula dans le monde

Comitatus est patrem et Syriaca expeditione.
Il assista son père aussi dans son expédition en Syrie.
Unde reuersus primum in matris, deinde ea relegata in Liuiae Augustae proauiae suae contubernio mansit;
Dès son retour, il a d’abord vécu avec sa mère et après son exil, avec sa arrière-grand-mère Livia Augusta ;
quam defunctam praetextatus etiam tunc pro rostris laudauit :
et à la mort de Livia il portait toujours la robe prétexte  dont il fit la louange funèbre aux rostres [tribune des harangues].
transitque ad Antoniam aviam
il resta ensuite avec sa grand-mère Antonia,
et undeuicensimo aetatis anno accitus Capreas a Tiberio
et, à vingt-et-un ans, il fut convoqué par Tibère à Capri,
uno atque eodem die togam sumpsit barbamque posuit, sine ullo honore qualis contigerat tirocinio fratrum eius.
le jour même il rasa sa première barbe, sans avoir de cérémonie comme ses frères en eurent pour leurs premiers pas dans le monde.
Hic omnibus insidiis temptatus elic[i]entium cogentiumque se ad querelas nullam umquam occasionem dedit,
 Certains essayèrent de lui tendre des pièges pour le forcer à prononcer des plaintes, il n’y tomba jamais,
perinde obliterato suorum casu ac si nihil cuiquam accidisset,
comme s’il oubliait la ruine de sa famille et comme si rien de tout ça ne s’était passé,
quae uero ipse pateretur incredibili dissimulatione transmittens tantique in auum et qui iuxta erant obsequii, ut non immerito sit dictum nec seruum meliorem ullum nec deteriorem dominum fuisse.

pour tout ce qui le touchait, il montrait une incroyable indifférence, et il se montra si obséquieux envers son grand-père et envers ceux qui lui étaient proches, qu’il s’est dit que personne ne fut un si meilleur esclave ou un maître si détestable.

********************************
Traduction Jacky Lavauzelle
Artgitato
********************************