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POUR QUI VEUT CHASSER – SIR THOMAS WYATT POEMES (Sonnet) Whoso list to hunt

LITTERATURE ANGLAISE

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SIR THOMAS WYATT
1503 – 11 octobre 1542
1503 – 11 October 1542

 

Traduction – Translation

TRADUCTION JACKY LAVAUZELLE

French and English text
texte bilingue français-anglais

 


LES POEMES
DE THOMAS WYATT

Thomas Wyatt’s poems

Whoso list to hunt, I know where is an hind 

 POUR QUI VEUT CHASSER

 

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Whoso list to hunt, I know where is an hind,
Pour qui veut chasser, je sais où se trouve la biche,
But as for me, hélas, I may no more.
Mais moi, hélas, je ne peux en faire plus.
The vain travail hath wearied me so sore,
Ce vain labeur m’a fatigué et diminué,
I am of them that farthest cometh behind.
Je suis de ceux qui sont les plus éloignés d’elle.

*

*

Yet may I by no means my wearied mind
Pourtant, je ne puis détacher mon esprit las
Draw from the deer, but as she fleeth afore
De cette biche, mais comme elle se sauve,
Fainting I follow. I leave off therefore,
Amoindri, pourtant je la suis. Mais j’y renonce,
Sithens in a net I seek to hold the wind.
Car autant retenir du vent dans un filet.

*

Who list her hunt, I put him out of doubt,
Qui à sa chasse partira, je tiens à l’informer,
As well as I may spend his time in vain.
Autant que moi passera son temps en vain.
And graven with diamonds in letters plain
Et, gravé avec des diamants ces lettres

*

There is written, her fair neck round about:
Il est écrit autour de son charmant cou :
Noli me tangere, for Caesar’s I am,
Noli moi tangere, pour César je suis,
And wild for to hold, though I seem tame.
Mais sauvage pour tout autre, bien que semblant apprivoisée.

[*  Dicit ei Jesus : Noli me tangere, nondum enim ascendi ad Patrem meum : vade autem ad fratres meos, et dic eis : Ascendo ad Patrem meum, et Patrem vestrum, Deum meum, et Deum vestrum. (Chapitre 20 Evangile selon Jean – Vulgate Clementina)]

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VOIR SONNET DE PETRARQUE ORIGINAL
(cliquer sur le lien)

LE CHANSONNIER PETRARQUE SONNET 190 (Première Partie) CANZONIERE – CXC

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VIE DE THOMAS WYATT

Poète anglais, né en 1503 dans le comté de Kent, m. en 1541, fut très-aimé de Henri VIII, puis tomba dans la disgrâce et fut mis à la Tour de Londres ; il rentra enfin en faveur auprès du roi qui avait reconnu son innocence et fut nommé ambassadeur en Espagne, mais il mourut au moment de s’embarquer. Ses poésies consistent en odes, sonnets, ballades, satires, etc. Ce poëte a donné plus de souplesse et d’harmonie à la langue anglaise, mais ses poésies pèchent par affectation et obscurité. Elles ont été publiées avec celles de Surrey en 1557 et 1812, et à part en 1855, par R. Bell. – Son fils, nommé aussi Thomas Wyatt, zélé protestant, joua un des premiers rôles dans le complot de Suffolk contre la reine Marie, et se vit un instant à la tête de 15 000 hommes ; mais, abandonné des siens, il fut pris et périt de la main du bourreau (1554).

Dictionnaire universel d’histoire
et de géographie Bouillet Chassang
Lettre W
1878

 

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SIR THOMAS WYATT POEMES

LE CHANSONNIER PETRARQUE SONNET 190 (Première Partie) CANZONIERE – CXC

*

FRANCESCO PETRARQUE SONNETS

Francesco PETRARCA
1304 – 1374

Traduction Jacky Lavauzelle

——–


Canzoniere Petrarca  Sonetto 190

LE CHANSONNIER PETRARQUE Sonnet 190
CXC

Rerum vulgarium fragmenta

Fragments composés en vulgaire

Rime In vita di Madonna Laura

PRIMA PARTE
Première Partie

190/263

Dante Boccace Petrarque Guido Cavalvanti Cino da Pistoia Guittone dArezzo Trecento Italien 1544 Giorgio Vasari

Una candida cerva sopra l’erba
Une biche blanche sur l’herbe
verde m’apparve, con duo corna d’oro,
Verte m’est apparue pourvue de deux cornes d’or,
fra due riviere, all’ombra d’un alloro,
Entre deux rivières [Sorgue & Durance], à l’ombre d’un laurier [Laure],
 levando ’l sole a la stagione acerba.
Dans ce lever de soleil printanier.

**

Era sua vista sí dolce superba,
Cette vision était si douce et superbe,
  ch’i’ lasciai per seguirla ogni lavoro:
Que je mes suis mis à la suivre quittant tout labeur :
come l’avaro che ’n cercar tesoro
comme l’avare qui cherche un trésor
 con diletto l’affanno disacerba.
Atténuant avec délice son tourment.

**


**

« Nessun mi tocchi – al bel collo d’intorno
« Ne me retiens pas*- la belle autour du cou
scritto avea di diamanti et di topazi – :
Avait écrit en diamants et Topaze -:
libera farmi al mio Cesare parve « .
  Il plut à mon César de me créer« .

[*  Dicit ei Jesus : Noli me tangere, nondum enim ascendi ad Patrem meum : vade autem ad fratres meos, et dic eis : Ascendo ad Patrem meum, et Patrem vestrum, Deum meum, et Deum vestrum. (Chapitre 20 Evangile selon Jean – Vulgate Clementina)]

 

**

E t era ’l sol già vòlto al mezzo giorno,
Et le soleil montrait bientôt midi,
 gli occhi miei stanchi di mirar, non sazi,
mes yeux étaient fatigués de contempler, mais non rassasiés,
  quand’io caddi ne l’acqua, et ella sparve.
Quand je tombai dans l’eau, et qu’elle disparu.

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VOIR ADAPTATION DE CE SONNET PAR SIR THOMAS WYATT
(cliquer sur le lien)

POUR QUI VEUT CHASSER
SIR THOMAS WYATT POEMES
(Sonnet)
Whoso list to hunt
POUR QUI VEUT CHASSER

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Traduction Jacky Lavauzelle
ARTGITATO
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Ritratto_di_francesco_petrarca,_altichiero,_1376_circa,_padova

canzoniere Petrarca 190
le chansonnier Pétrarque Sonnet 190
canzoniere poet

FRANCESCO PETRARQUE SONNETS

LE CHANSONNIER Francesco Pétrarque Sonnet 102-CANZONIERE PETRARCA Sonetto 102 – CII

*

FRANCESCO PETRARQUE

Francesco PETRARCA
1304 – 1374

Traduction Jacky Lavauzelle

——–


Canzoniere Petrarca  Sonetto 102

LE CHANSONNIER PETRARQUE Sonnet 102
CII

Rerum vulgarium fragmenta

Fragments composés en vulgaire

Rime In vita di Madonna Laura

PRIMA PARTE
Première Partie

102/263

Dante Boccace Petrarque Guido Cavalvanti Cino da Pistoia Guittone dArezzo Trecento Italien 1544 Giorgio Vasari

Cesare, poi che ’l traditor d’Egitto
César, alors que le traître d’Egypte Ptolémée
 
 li fece il don de l’onorata testa,
Lui fit don de la tête honorée de Pompée,
 celando l’allegrezza manifesta,
Sa liesse manifeste dissimulant,
pianse per gli occhi fuor sí come è scritto;
Comme l’écrit Lucain,  pleura abondamment ;

**

et Hanibàl, quando a l’imperio afflitto
Et Hannibal, lorsque l’empire ployait,
vide farsi Fortuna sí molesta,
Voyant sa Fortune tant molestée,
  rise fra gente lagrimosa et mesta
Rit entouré de gens en pleurs et en cri
 per isfogare il suo acerbo despitto.
Afin de chasser son acerbe dépit.

**


**

Et cosí aven che l’animo ciascuna
Et ainsi va notre âme, pour chacune
sua passïon sotto ’l contrario manto
De ses passions qu’un vêtement
  ricopre co la vista or chiara or bruna: 
Couvre tantôt clairement tantôt sombrement :

**

però, s’alcuna volta io rido o canto,
Alors, si je ris ou si je chante,
 facciol, perch’i’ non ò se non quest’una
Si je suis ainsi, c’est que c’est mon unique remède
 via da celare il mio angoscioso pianto.
Pour cacher mes larmes d’angoisse.

********************
Traduction Jacky Lavauzelle
ARTGITATO
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Ritratto_di_francesco_petrarca,_altichiero,_1376_circa,_padova

canzoniere Petrarca 102
le chansonnier Pétrarque Sonnet 102
canzoniere poet

FRANCESCO PETRARQUE

CATULLE XXIX CATULLUS – IN CAESAREM – CONTRE CESAR

*

CATULLE CATULLUS XXIX

litterarumLittérature Latine
Catulle

Poeticam Latinam

Traduction Jacky Lavauzelle

IMG_4840

CATULLE – CATULLUS
84 av J.-C. – 54 av J.-C.

POESIE XXIX

 IN CAESAREM

CONTRE CESAR

***

Quis hoc potest videre, quis potest pati,
Quel homme peut voir et peut accepter
Nisi impudicus et vorax et aleo,
Sinon un impudique, un vorace et un voleur,
Mamurram habere quod Comata Gallia
Qu’un Mamurra gobe les richesses de la pubescente Gaule Transalpine,
 Habebat uncti et ultima Britannia?
Jusqu’aux terres ultimes de la nordique Bretagne ?
   Cinaede Romule haec videbis et feres?
Complaisant César, nouveau Romulus, pourras-tu le voir et le supporter ?
Et ille nunc superbus et superfluens
Et jusques à quand, superbe et superflus,
 Perambulabit omnium cubilia,
Ton favori se glissera t-il de lit en lit
  Ut albulus columbus aut Adoneus?
Comme une blanche colombe ou un Adonis ?
Cinaede Romule, haec videbis et feres?
Complaisant César, nouveau Romulus, pourras-tu voir ça et le supporter ?







Es impudicus et vorax et aleo.
Tu es un impudique, un vorace et un voleur.
Eone nomine, imperator unice,
Général unique, inégalé,
 Fuisti in ultima Occidentis insula,
N’as-tu donc soumis l’île la plus éloignée vers l’Occident,
Ut ista vestra diffututa Mentula
Que pour voir ce Membre Viril
  Ducenties comesset aut trecenties?
Dissiper tant de millions de sesterces ?
Quid est alid sinistra liberalitas?
D’où vient cette si sinistre générosité ?
  Parum expatravit an parum elluatus est?
Comment tant gaspiller pour si peu de chose ?


Paterna prima lancinata sunt bona,
Primo, il a dilapidé ses biens ;
 Secunda praeda Pontica, inde tertia
Secundo, le butin du Pont Euxin [Mer Noire], tertio
Hibera, quam scit amnis aurifer Tagus:
Celui de l’Ibérie, où coule l’or du Tage ;
Nunc Galliae timetur et Britanniae.
Maintenant il est à craindre pour ceux de la Gaule et de la Bretagne.
Quid hunc malum fovetis? aut quid hic potest
Pourquoi protéger un tel fléau ? Que peut-il faire
Nisi uncta devorare patrimonia?
Sinon dévorer d’autres patrimoines ?
Eone nomine urbis opulentissime
Était-ce, puissant maître de Rome,
 Socer generque, perdidistis omnia?
Digne du beau-père, pour tout perdre ainsi ?




IN CAESAREM
CONTRE CESAR

**********************
Traduction Jacky Lavauzelle
ARTGITATO







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Catulle – Catullus
POESIE XXIX

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LA CANAILLE & LES DELICATS
par Ferdinand Brunetière
1882

On a voulu faire de Catulle, sans arguments bien solides, un poète aristocratique, un poète du grand monde, comme de sa Lesbie, sur des inductions plutôt que sur des preuves, ce que Brantôme appelait « une grande et honnête dame. » Je persiste à ne pas croire, pour ma part, que Lesbie fût la célèbre Clodia, mais je crois que bon nombre des fréquentations de Catulle furent parmi la bohème littéraire de Rome. Au surplus, la conciliation n’est pas si difficile. Ce que nous savons, en effet, c’est que, lorsque l’adolescent de Vérone arriva de sa province dans la capitale, il y subsistait, sous le raffinement de quelques habitudes, sous l’étalage du luxe et sous l’apparence de la civilisation, un grand fonds d’antique brutalité romaine. Si nous en pouvions douter, nous rapprendrions au moins de certaines épigrammes de Catulle lui-même, plus grossières que mordantes, et dont l’outrageuse crudité passe tout. C’est bien fait à M. Rostand de nous les avoir traduites. On ne peut pas juger d’un poète en commençant par faire exception de toute une partie de son œuvre, qui peut-être est celle que les contemporains en ont presque le plus goûtée. Là où Catulle est bon, il va jusqu’à l’exquis, et c’est bien de lui que l’on peut dire aussi justement que de personne qu’il est alors le mets des délicats ; mais là où il est grossier, il l’est sans mesure, et c’est bien encore de lui que l’on peut dire qu’il est le charme de la canaille. Or, à Rome, en ce temps-là, dans le sens littéraire de l’un et l’autre mot, la canaille et les délicats, c’était presque tout un. On ne distinguait pas encore, selon le mot d’Horace, la plaisanterie spirituelle de l’insolente rusticité. La curiosité de l’intelligence, vivement éveillée, capable de goûter les finesses de l’alexandrinisme, était en avance, pour ainsi dire, sur la rudesse des mœurs et la vulgarité des habitudes mondaines.





Quand on grattait ces soupeurs qui savaient apprécier les jolies bagatelles du poète, on retrouvait le paysan du Latium, qui s’égayait, au moment du vin, à faire le mouchoir. La raillerie, comme à la campagne, s’attaquait surtout aux défauts ou disgrâces physiques. Je sais bien que, jusque dans Horace, la grossièreté du vieux temps continuera de s’étaler, mais ce ne sera plus de la même manière naïvement impudente. Au temps de Catulle, la délicatesse n’avait pas encore passé de l’esprit dans les manières. Quand il s’élevait seulement un nuage sur les amours du poète et de sa Lesbie, le docte traducteur de Callimaque s’échappait en injures de corps de garde. Cette société très corrompue ne s’était pas encore assimilé la civilisation grecque. Elle s’essayait à la politesse, elle n’y touchait pas encore. Et sous son élégance toute superficielle, elle manquait étrangement de goût. — Il me paraît que, si l’on examinée quel moment de notre histoire la plupart de ces traits conviennent, on trouvera que c’est au XVIe siècle, dans le temps précis que le contact des mœurs italiennes opérait sur la cour des Valois le même effet qu’à Rome, sur les contemporains de César, le contact des mœurs de la Grèce.

Ferdinand Brunetière
Revue littéraire
À propos d’une traduction de Catulle
Revue des Deux Mondes
Troisième période
Tome 54 –  1882

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LUIS DE CAMOES OS LUSIADAS III-71 LES LUSIADES

*Luís de Camões Os Lusiadas Les Lusiades
OS LUSIADAS III-71 LES LUSIADES III-71
LITTERATURE PORTUGAISE









Luis de Camoes Oeuvres obras Artgitato

literatura português

Luis de Camões
[1525-1580]

Tradução – Traduction
texto bilingue








Luis de Camoes Les Lusiades

 

Obra Poética

(1556)

LES LUSIADES III-71








OS LUSIADAS III-71

A Epopeia Portuguesa

 

CHANT III
Canto Terceiro

Traduction Jacky Lavauzelle

verso 71
Strophe 71

III-71

Image illustrative de l'article Vasco de Gama

Vasco de Gama

Vasco da Gama signature almirante.svg

 

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Luís de Camões Os Lusiadas
OS LUSIADAS III-71
LES LUSIADES III-71

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Le siège de Lisbonne
O Cerco de Lisboa

Alfredo Roque Gameiro
1917

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« Ó famoso Pompeio, não te pene
 « O célèbre Pompée, ne te lamente pas
 De teus feitos ilustres a ruína,
Sur les ruines de tes illustres faits,
  Nem ver que a justa Némesis ordene
D’avoir vu, par l’ordre juste de Némésis,
 Ter teu sogro de ti vitória dina :
 César, ton ‘beau-père ‘, être sur toi victorieux :
  Posto que o frio Fásis, ou Siene,
Depuis que le glacial Phase, ou le puits de Syène,
  Que para nenhum cabo a sombra inclina,
Qu’aucune direction par son ombre n’indique,
    O Bootes gelado e a linha ardente,
Que la rigueur du Bouvier et la Ligne Ardente,
  Temessem o teu nome geralmente,
Craignent dans tous les cas toujours ton nom,

**

Némésis
Alfred Rethel
1837

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Précisions historiques
et
Retour sur les versets précédents

Camoes a évoqué du verset 42 au verset 54 la bataille d’Ourique qui sera gagné par le premier roi de Portugal sous le nom d’Alphonse Ier – Alfonso I – Afonso Henriques (1109 Guimarães /Viseu-1185  Coimbra) –
Alfonso sera couronné roi de Portugal en 1139 après la bataille d’Ourique.
Dans le sonnet, Camoes évoque la séquence suivante à partir de la bataille de Leiria. Cette bataille n’a pas la même portée symbolique d’Ourique qui méritait une dizaine de sonnets, il s’agissait de la Grande Victoire, grão vitória. Nous nous trouvons à 7 kilomètres du Campo de Ourique. Nous sommes ici à la limite entre le nouveau royaume et les possessions des musulmans Almohades. D’où les premiers vers de Camoes sur la conquête récente de la ville par les Mahométans. Paio Guterres da Cunha, un noble portugais, se fera remarquer à plusieurs reprises dans la défense du château de Leiria Nous le retrouverons aussi dans le siège par les maures de Lisbonne.
Les autres villes citées dans le sonnet 55 sont Arronches, petite ville de l’Alentejo, située à proximité de l’actuelle frontière avec l’Espagne et Scabelicastro – nommée Scalabis par les Romains, puis Shantarin par les Maures – s’appelle aujourd’hui Santarém et se trouve au nord de Lisbonne, dans le Ribatejo.
Sonnet 56, Alphonse Ier continue ses conquêtes avec Sintra et Mafra situées à une vingtaine de kilomètres au nord de Lisbonne. Sintra tombe en 1147. Les Monts de Sintra sont nommés les Montagnes de la Lune, serras da Lua ; lien fait entre Sintra et Cynthie. Cynthie est associée à Diane, la déesse de la Lune (Première Encyclopédie – Diderot – 1751 – Tome 4 : CYNTHIUS & CYNTHIA, surnoms d’Apollon & de Diane, ainsi appelés du mont Cynthie situé au milieu de l’île de Délos où ils avoient pris naissance.)








 
Sonnet 57, voici la ville de Lisbonne et des références à sa fondation par Ulysse. Dans la Première Encyclopédie, en 1765 (Tome 11), Louis de Jaucourt souligne à la définition Olysippo : « c’est ainsi que plusieurs auteurs écrivent le nom d’une ville très-ancienne, située à l’embouchure du Tage, & qui est aujourd’hui Lisbonne. Elle est si ancienne, que Solin a cru qu’elle avoit été fondée par Ulysse ; & Strabon même ne juge pas impossible qu’Ulysse ait été en Espagne. Dans le passage de Solin on lit : Ibi oppidum Olysipone Ulyxi conditum. Solin met ici un ablatif pour un nominatif ; car, selon l’usage de son tems, les noms de ville se mettoient à l’ablatif, & étoient regardés comme indéclinables. Ainsi Vopiscus dans la vie d’Aurelien dit, Copto & Plotemaïde urbes cepit. Dans Antonin, les noms sont de même à l’ablatif, tandis que chez les Grecs ils sont au génitif. » »
La Dardanie d’Asie Mineure est dans l’actuelle Anatolie du nord-ouest. Les Dardaniens et les Troyens sont ici confondus.
Les troupes qui viennent des régions boréales sont les troupes croisées des régions nordiques venues à la rescousse d’Alphonse Ier.
Sonnet 58 : 1147- Siège de Lisbonne -O Cerco de Lisboa –  précisions sur les troupes venues en renfort du nord de l’Europe, notamment la Germanie et la Grande-Bretagne actuelle, « la froide Bretagne« .




Sonnet 59 : 1147 – Siège de Lisbonne – précisions sur la durée du siège avec les indications lunaires – Le siège a duré presque cinq mois du 1er juillet au 25 octobre 1147.

 
Sonnet 60 – Lisbonne est libérée – Rappel de la résistance de cette courageuse cité. Nous parlons ici des guerriers Scythes. « On donna anciennement le nom de Scythes à tous les peuples du septentrion, principalement à ceux du septentrion de l’Asie ; car quoique plusieurs auteurs marquent des Scythes en Europe, & que Pline les donne pour des peuples limitrophes du Pont, conjointement avec les Dardaniens, les Triballiens, les Mœsiens & les Thraces ; ces Scythes sont plus souvent appelés Getes ou Sarmates, quand on veut les prendre dans un sens plus étendu. Presque toujours par le nom de Scythes, on entend des peuples Asiatiques. Aussi Pomponius Mela, lib. III. c. iv. après avoir dit que la Sarmatie était limitrophe de la Germanie, dont elle était séparée par la Vistule, ajoute, chap. v. que les confins de l’Asie se prennent à la Sarmatie, si ce n’est dans les pays perpétuellement couverts de neige, & où il faisait un froid insupportable ; pays qui étaient habités par les Scythes. » (Louis de Jaucourt & Diderot -L’Encyclopédie, Première Edition de 1751 Tome 14)
Le Bætis, ou Betis est le Guadalquivir d’aujourd’hui et représente, par extension, la province de l’Andalousie. Le texte suggère un rapprochement entre le nom Andalousie et Vandalie. C’est la thèse d’André de Resende, restaurateur des études classiques du Portugal.




Sonnet 61 – Nous restons dans la même séquence de la conquête d’Alphonse avec l’aide des troupes étrangères du nord de l’Europe. Après Lisbonne, les autres villes de l’Estrémadure, au nord de Lisbonne, moins protégées, ne pouvaient que succomber :
Óbidos (District de Leiria), Alenquer (District de Lisbonne) et Torres Vedras (District de Lisbonne).

 

  Sonnet 62 – Les troupes avancent sur les terras Transtaganas, les terres Transtaganes, autrement dit au-delà du Tage ; il s’agit de terres fertiles placées sous la protection de la déesse Cérès, la déesse de l’agriculture, des moissons et de la fécondité. Les villes citées ici sont Elvas (district de Portalegre- on peut y admirer un édifice majestueux construit à partir de 1498 à 1622 : l’aqueduc des Amoreiras), Moura et Serpa (district de Beja), plus au sud, Alcácer do Sal (district de Setúbal) plus à l’ouest.
Sonnet 63 : après Viriatus, Quintus Sartorius (122 av J.-C. – 72 av J.-C.) est un véritable héros au Portugal.  Camoes continue la conquête et nous conduit ici dans la plaine d’Évora . Gérald sans peur , « Geraldo Sem Pavor, » mort vers 1173, aussi repris cette ville d’Evora aux maures en 1164 et ensuite Cáceres.
Sonnet 64 : 1162 -Trancoso, dans le district actuel de Guarda, qui est détruite, est vengée par la ville de Beja (30 septembre 1162), dans l’Alentejo. Cet Alentejo sera conquis entièrement en 1168.
Sonnet 65 : la conquête continue avec Sesimbra et Palmela, dans l’actuel district de Setúbal (au sud de Lisbonne) – Il s’agit de bataille contre le Taïfa de Badajoz. Le Taifa sera contrôlé par les Portugais en 1169 et 1170, avant de revenir sous le contrôle des Almohades.  C’est en 1227 que le Taifa sera définitivement perdu par les Almohades lors de la conquête chrétienne.
Sonnet 66 : les forces et le caractère du Taïfa de Badajoz.




Sonnets 67 & 68: Alphonse avec une soixantaine de cavaliers fonce sur le Roi Maure. C’est la débandade. Le Roi s’enfuit suivi par son armée. Badajoz rejoint la longue liste des villes saisit aux Maures.

Sonnet 69 : un revers attend Alphonse dans la ville de Badajoz. Camoes parle de Thérèse de León , sa mère, décédée bien des années auparavant en 1130.

Sonnet 70 : Alphonse se brise des jambes au combat contre les troupes du Léon à Badajoz. Il est capturé et fait prisonnier.

Sonnet 71 : Camoes compare Alphonse à Pompée. Même battu par son ex-beau-père César [Julia Caesaris, la fille de Jules César et femme de Pompée meurt en 54 avant J.-C., donc avant l’opposition des deux protagonistes- L’année -53 verra déjà le rapprochement de Pompée avec le Sénat et l’année suivante, en -52, la rupture sera totalement consommée] il n’en reste pas craint et admiré.

Jacky Lavauzelle
Camoes Les Lusiades

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Vasco de Gama par Gregorio Lopes

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Luís Vaz de Camões Os Lusiadas Les Lusiades
OS LUSIADAS III-71 CAMOES LUSIADES III-71
Traduction Jacky Lavauzelle
ARTGITATO
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White_Fawn_Drawing Faon Diane

LUIS DE CAMOES OS LUSIADAS LES LUSIADES

CATULLE CATULLUS XII CONTRE ASINUS

*

CATULLE CATULLUS XII

litterarumLittérature Latine
Catulle

Poeticam Latinam

Traduction Jacky Lavauzelle

IMG_4840

CATULLE – CATULLUS
84 av J.-C. – 54 av J.-C.

POESIE XII

ASINUS

CONTRE ASINUS

 

***

Marrucine Asini, manu sinistra
Asinus, toi le Marrucin*, à la main gauche
non belle uteris: in ioco atque vino
Si preste, frétillant gaiement sous les effets du vin
tollis lintea neglegentiorum.
Tu subtilises les mouchoirs des convives négligents.
Hoc salsum esse putas? Fugit te, inepte:
Trouves-tu cela plein d’esprit ? Quel sot tu fais !
 quamvis sordida res et invenusta est.
Quelle vilénie sordide !
Non credis mihi? Crede Pollioni
Tu ne me crois pas ? Alors crois Pollion,
 fratri, qui tua furta vel talento
Ton frère, que tes larcins, en talents,
mutari velit—est enim leporum
Tente d’effacer – connaisseur, lui aussi
differtus puer ac facetiarum.
Des farces et de la bonne humeur.
Quare aut hendecasyllabos trecentos
Alors maintenant, tu peux attendre trois cents
exspecta, aut mihi linteum remitte,
Billets de ma part, ou retourne-moi vite mon mouchoir,
quod me non movet aestimatione,
Nullement à cause du prix,
verum est mnemosynum mei sodalis.
Mais car il s’agit d’un cadeau de mes amis.
Nam sudaria Saetaba ex Hiberis
En fait, un mouchoir de Sétabis** en Hibérie
miserunt mihi muneri Fabullus
Envoyé par Fabullus
et Veranius; haec amem necesse est
et Veranius ; j’y tiens donc comme tout ce qui me vient
ut Veraniolum meum et Fabullum.
De Verannius et de Fabullus.

*****

* Marrucin

Les Marrucins est une tribu de l’Italie (Est) -Ce sont des descendants des Ausones et des Sabins : « Par ces Sabelli ou Samnites, il faut entendre ceux que l’on appelait Hirpini, qui touchaient la Pouille au nord, & la Lucanie à l’est. Tous ces peuples descendaient originairement des Ausones, qui depuis prirent le nom d’Osques, & ensuite celui de Sabins ; ceux-ci formèrent différentes peuplades, qui furent les Aurunces, les Fidicins, les Samnites, les Picentins, les Vestins, les Marrucins, les Pélignes, les Marses, les Eques, & les Herniques ; les Samnites produisirent les Trentaniens, les Lucaniens, les Campaniens, & les Hirpins ; enfin les Lucaniens donnèrent naissance aux Bruttiens. » (Louis de Jaucourt  L’Encyclopédie Première Edition 1751 – Tome 14)

** Sétabis

Sétabis ou Saetabis, aujourd’hui Xàtiva en Espagne, dans la Province de Valence.

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CONTRE ASINUS

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Traduction Jacky Lavauzelle
ARTGITATO












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Catulle – Catullus
XII

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LA CANAILLE & LES DELICATS
par Ferdinand Brunetière
1882

On a voulu faire de Catulle, sans arguments bien solides, un poète aristocratique, un poète du grand monde, comme de sa Lesbie, sur des inductions plutôt que sur des preuves, ce que Brantôme appelait « une grande et honnête dame. » Je persiste à ne pas croire, pour ma part, que Lesbie fût la célèbre Clodia, mais je crois que bon nombre des fréquentations de Catulle furent parmi la bohème littéraire de Rome. Au surplus, la conciliation n’est pas si difficile. Ce que nous savons, en effet, c’est que, lorsque l’adolescent de Vérone arriva de sa province dans la capitale, il y subsistait, sous le raffinement de quelques habitudes, sous l’étalage du luxe et sous l’apparence de la civilisation, un grand fonds d’antique brutalité romaine. Si nous en pouvions douter, nous rapprendrions au moins de certaines épigrammes de Catulle lui-même, plus grossières que mordantes, et dont l’outrageuse crudité passe tout. C’est bien fait à M. Rostand de nous les avoir traduites. On ne peut pas juger d’un poète en commençant par faire exception de toute une partie de son œuvre, qui peut-être est celle que les contemporains en ont presque le plus goûtée. Là où Catulle est bon, il va jusqu’à l’exquis, et c’est bien de lui que l’on peut dire aussi justement que de personne qu’il est alors le mets des délicats ; mais là où il est grossier, il l’est sans mesure, et c’est bien encore de lui que l’on peut dire qu’il est le charme de la canaille. Or, à Rome, en ce temps-là, dans le sens littéraire de l’un et l’autre mot, la canaille et les délicats, c’était presque tout un. On ne distinguait pas encore, selon le mot d’Horace, la plaisanterie spirituelle de l’insolente rusticité. La curiosité de l’intelligence, vivement éveillée, capable de goûter les finesses de l’alexandrinisme, était en avance, pour ainsi dire, sur la rudesse des mœurs et la vulgarité des habitudes mondaines. Quand on grattait ces soupeurs qui savaient apprécier les jolies bagatelles du poète, on retrouvait le paysan du Latium, qui s’égayait, au moment du vin, à faire le mouchoir. La raillerie, comme à la campagne, s’attaquait surtout aux défauts ou disgrâces physiques. Je sais bien que, jusque dans Horace, la grossièreté du vieux temps continuera de s’étaler, mais ce ne sera plus de la même manière naïvement impudente. Au temps de Catulle, la délicatesse n’avait pas encore passé de l’esprit dans les manières. Quand il s’élevait seulement un nuage sur les amours du poète et de sa Lesbie, le docte traducteur de Callimaque s’échappait en injures de corps de garde. Cette société très corrompue ne s’était pas encore assimilé la civilisation grecque. Elle s’essayait à la politesse, elle n’y touchait pas encore. Et sous son élégance toute superficielle, elle manquait étrangement de goût. — Il me paraît que, si l’on examinée quel moment de notre histoire la plupart de ces traits conviennent, on trouvera que c’est au XVIe siècle, dans le temps précis que le contact des mœurs italiennes opérait sur la cour des Valois le même effet qu’à Rome, sur les contemporains de César, le contact des mœurs de la Grèce.

Ferdinand Brunetière
Revue littéraire
À propos d’une traduction de Catulle
Revue des Deux Mondes
Troisième période
Tome 54 –  1882

***********************

CATULLE CATULLUS XI – Ad Furium et Aurelium – À FURIUS ET AURELIUS

*

CATULLE CATULLUS XI

litterarumLittérature Latine
Catulle

Poeticam Latinam

Traduction Jacky Lavauzelle

IMG_4840

CATULLE – CATULLUS
84 av J.-C. – 54 av J.-C.

POESIE X

Ad Furium et Aurelium

À FURIUS ET AURELIUS

Furi et Aureli comites Catulli,
Furius et Aurélius, compagnons de Catulle
sive in extremos penetrabit Indos,
Pénétrant les lointaines Indes,
 litus ut longe resonante Eoa
où les rives Orientales résonnent
tunditur unda,
de leurs ondes,
sive in Hyrcanos Arabesve molles,
Marchant dans la lascive Arabie,
seu Sagas sagittiferosve Parthos,
Ou au cœur de la Parthie aux terribles archers,
sive quae septemgeminus colorat
Ou sur les sept embouchures
aequora Nilus,
que le Nil colore,
sive trans altas gradietur Alpes,
Que ce soit sur les hauteurs des Alpes,
Caesaris visens monimenta magni,
Pour visiter les monuments du grand César,
Gallicum Rhenum horribile aequor ulti-
Le Rhin Gaulois ou les horribles
mosque Britannos,
Bretons
omnia haec, quaecumque feret voluntas
Dans toutes ces contrées, conduit par la volonté des
caelitum, temptare simul parati,
Dieux, partout vous me suivez fidèlement,
pauca nuntiate meae puellae
Je vous demande désormais d’apporter à ma maîtresse
non bona dicta.
Ces mots tranchants :
cum suis vivat valeatque moechis,
Qu’elle vive et profite de l’amour,
quos simul complexa tenet trecentos,
à enchaîner des centaines d’amants,
nullum amans vere, sed identidem omnium
En vérité sans nul amour véritable, mais qu’encore et encore, un à un,
ilia rumpens;
Elle les brise ;
nec meum respectet, ut ante, amorem,
Qu’elle n’attende plus mon amour,
qui illius culpa cecidit velut prati
Qui par sa faute est mort
ultimi flos, praetereunte postquam
Comme une fleur saccagée
tactus aratro est.
Au passage d’une charrue.

*************

À FURIUS ET AURELIUS

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Traduction Jacky Lavauzelle
ARTGITATO












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Catulle – Catullus
X

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LA CANAILLE & LES DELICATS
par Ferdinand Brunetière
1882

On a voulu faire de Catulle, sans arguments bien solides, un poète aristocratique, un poète du grand monde, comme de sa Lesbie, sur des inductions plutôt que sur des preuves, ce que Brantôme appelait « une grande et honnête dame. » Je persiste à ne pas croire, pour ma part, que Lesbie fût la célèbre Clodia, mais je crois que bon nombre des fréquentations de Catulle furent parmi la bohème littéraire de Rome. Au surplus, la conciliation n’est pas si difficile. Ce que nous savons, en effet, c’est que, lorsque l’adolescent de Vérone arriva de sa province dans la capitale, il y subsistait, sous le raffinement de quelques habitudes, sous l’étalage du luxe et sous l’apparence de la civilisation, un grand fonds d’antique brutalité romaine. Si nous en pouvions douter, nous rapprendrions au moins de certaines épigrammes de Catulle lui-même, plus grossières que mordantes, et dont l’outrageuse crudité passe tout. C’est bien fait à M. Rostand de nous les avoir traduites. On ne peut pas juger d’un poète en commençant par faire exception de toute une partie de son œuvre, qui peut-être est celle que les contemporains en ont presque le plus goûtée. Là où Catulle est bon, il va jusqu’à l’exquis, et c’est bien de lui que l’on peut dire aussi justement que de personne qu’il est alors le mets des délicats ; mais là où il est grossier, il l’est sans mesure, et c’est bien encore de lui que l’on peut dire qu’il est le charme de la canaille. Or, à Rome, en ce temps-là, dans le sens littéraire de l’un et l’autre mot, la canaille et les délicats, c’était presque tout un. On ne distinguait pas encore, selon le mot d’Horace, la plaisanterie spirituelle de l’insolente rusticité. La curiosité de l’intelligence, vivement éveillée, capable de goûter les finesses de l’alexandrinisme, était en avance, pour ainsi dire, sur la rudesse des mœurs et la vulgarité des habitudes mondaines. Quand on grattait ces soupeurs qui savaient apprécier les jolies bagatelles du poète, on retrouvait le paysan du Latium, qui s’égayait, au moment du vin, à faire le mouchoir. La raillerie, comme à la campagne, s’attaquait surtout aux défauts ou disgrâces physiques. Je sais bien que, jusque dans Horace, la grossièreté du vieux temps continuera de s’étaler, mais ce ne sera plus de la même manière naïvement impudente. Au temps de Catulle, la délicatesse n’avait pas encore passé de l’esprit dans les manières. Quand il s’élevait seulement un nuage sur les amours du poète et de sa Lesbie, le docte traducteur de Callimaque s’échappait en injures de corps de garde. Cette société très corrompue ne s’était pas encore assimilé la civilisation grecque. Elle s’essayait à la politesse, elle n’y touchait pas encore. Et sous son élégance toute superficielle, elle manquait étrangement de goût. — Il me paraît que, si l’on examinée quel moment de notre histoire la plupart de ces traits conviennent, on trouvera que c’est au XVIe siècle, dans le temps précis que le contact des mœurs italiennes opérait sur la cour des Valois le même effet qu’à Rome, sur les contemporains de César, le contact des mœurs de la Grèce.

Ferdinand Brunetière
Revue littéraire
À propos d’une traduction de Catulle
Revue des Deux Mondes
Troisième période
Tome 54 –  1882

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DOM CASMURRO MACHADO DE ASSIS CHAPITRE II DU LIVRE Capítulo II Do Livro

DOM CASMURRO MACHADO DE ASSIS

L’Œuvre de Joaquim Maria Machado de Assis

Poema & Prosa de Machado de Assis




Littérature Brésilienne
Literatura Brasileira

Joaquim Maria Machado de Assis
 Rio de Janeiro 1839 – 1908 Rio de Janeiro


joaquim-maria-machado-de-assis-artgitato




 

L’Œuvre de Machado de Assis

 DOM CASMURRO
II
Roman – Romance
1899

Traduction Jacky Lavauzelle

*****

dom-casmurro-machado-de-assis-artgitato-joaquin-sorolla-paseo-par-la-playa-1909-museo-sorolla-madridJoaquin Sorolla
Paseo par la playa
1909
Museo Sorolla Madrid

*******

DOM CASMURRO MACHADO DE ASSIS

Capítulo II- Second Chapitre
Do Livro
Du Livre





Agora que expliquei o título, passo a escrever o livro.
Maintenant que j’ai expliqué le titre, je passe à l’étape suivante qui est d’écrire le livre.
Antes disso, porém, digamos os motivos que me põem a pena na mão.
Avant, cependant, je souhaite donner les raisons pour lesquelles j’ai pris un stylo dans les mains.

Vivo só, com um criado.
Je vis seul avec un domestique.
A casa em que moro é própria;
Dans une maison qui m’appartient ;
fi-la construir de propósito, levado de um desejo tão particular que me vexa imprimi-lo, mas vá lá.
Je la fis construire avec, en tête, un dessin particulier qui me gêne d’expliciter, mais je vais le faire quand même.
Um dia, há bastantes anos, lembrou-me reproduzir no Engenho Novo a casa em que me criei na antiga Rua de Mata-cavalos, dando-lhe o mesmo aspecto e economia daquela outra, que desapareceu. 
Un jour, il y a plusieurs années, j’ai souhaité reproduire à Engenho Novo la maison dans laquelle j’ai grandi, dans une vieille rue de Mata-Cavalos, de lui donner le même aspect et les mêmes fonctions.
Construtor e pintor entenderam bem as indicações que lhes fiz:
Le constructeur et peintre ont bien compris les demandes que je formulais :
é o mesmo prédio assobradado, três janelas de frente, varanda ao fundo, as mesmas alcovas e salas.
c’était le même bâtiment d’un étage, trois fenêtres devant, une  véranda derrière, les mêmes chambres et les mêmes salles.
Na principal destas, a pintura do teto e das paredes é mais ou menos igual, umas grinaldas de flores miúdas e grandes pássaros que as tomam nos bicos, de espaço a espaço.
Dans la pièce principale, la peinture du plafond et des murs sont à peu près semblables, quelques guirlandes de fleurs fines et des grands oiseaux qui  les attrapent par le bec, approximativement.
Nos quatro cantos do teto as figuras das estações, e ao centro das paredes os medalhões de César, Augusto, Nero e Massinissa, com os nomes por baixo…
Dans les quatre coins, les saisons, et au centre des murs, des médaillons de César, Auguste, Néron et Masinissa, avec les noms en-dessous …
Não alcanço a razão de tais personagens.
Je ne comprends toutefois pas le présence de tels personnages.
Quando fomos para a casa de Mata-cavalos, já ela estava assim decorada;
Quand nous sommes arrivés à Mata-Cavalos, elle était déjà décorée ainsi ;
vinha do decênio anterior.
ça provenait de la décennie précédente.
Naturalmente era gosto do tempo meter sabor clássico e figuras antigas em pinturas americanas.
Bien sûr, c’était dans l’air du temps d’imiter les saveurs classiques et les figures antiques dans les peintures américaines.
O mais é também análogo e parecido.
L’ensemble est également similaire.
Tenho chacarinha, flores, legume, uma casuarina, um poço e lavadouro.
Je possède de la terre, des fleurs, des légumes, un casuarina, un puits et un lavoir.
Uso louça velha e mobília velha.
J’ai aussi de la vieille vaisselle et des meubles anciens.
Enfim, agora, como outrora, há aqui o mesmo contraste da vida interior, que é pacata, com a exterior, que é ruidosa.
Quoi qu’il en soit, maintenant, comme jadis, nous avons le même contraste entre la vie intérieure, qui est calme, et celle de l’extérieure, qui est bruyante.





O meu fim evidente era atar as duas pontas da vida, e restaurar na velhice a adolescência.
Mon but évident était de lier les deux extrémités de ma vie, et de restaurer ma vieillesse dans mon adolescence.
Pois, senhor, não consegui recompor o que foi nem o que fui.
Pour vous, lecteur, je n’ai pu ni retrouver qui j’étais ni ce qui fut.
Em tudo, se o rosto é igual, a fisionomia é diferente.

En tout état de cause, si le visage est le même, la physionomie, elle, est différente.
Se só me faltassem os outros, vá;
Si seulement il ne manquait que les autres, va ;
um homem consola-se mais ou menos das pessoas que perde;
Les hommes se consolent plus ou moins de ce qu’ils perdent ;
mas falto eu mesmo, e esta lacuna é tudo.

mais là, c’est moi qui manque, et cette absence est tout.
O que aqui está é, mal comparando, semelhante à pintura que se põe na barba e nos cabelos, e que apenas conserva o hábito externo, como se diz nas autópsias;
Ce qui est ici, je reconnais qu’il s’agit d’une mauvaise comparaison, ressemble à la teinture qui se met sur la barbe et les cheveux, et qui ne retient que l’aspect externe, comme on dit dans les autopsies ;
o interno não aguenta tinta.
l’intérieur ne se teinte pas d’encre.
Uma certidão que me desse vinte anos de idade poderia enganar os estranhos, como todos os documentos falsos, mas não a mim.
Un certificat me donnant vingt ans pourrais tromper les étrangers, comme tous les faux papiers, mais pas moi.
Os amigos que me restam são de data recente;
Les amis qui me restent sont récents ;
todos os antigos foram estudar a geologia dos campos-santos.
les plus vieux étudient la géologie des cimetières.
Quanto às amigas, algumas datam de quinze anos, outras de menos, e quase todas crêem na mocidade.
Quant aux amies, certaines datent de quinze ans, d’autres moins, et presque toutes croient en la jeunesse.
Duas ou três fariam crer nela aos outros, mas a língua que falam obriga muita vez a consultar os dicionários, e tal frequência é cansativa.
Deux ou trois voudraient le faire croire à d’autres, mais la langue qu’elles parlent demande beaucoup de temps ensuite en consultation des dictionnaires, et cette fréquence est fatigante.





Entretanto, vida diferente não quer dizer vida pior;
Cependant, une vie différente ne signifie pas une vie plus mauvaise ;
é outra coisa.
c’est autre chose.
A certos respeitos, aquela vida antiga aparece-me despida de muitos encantos que lhe achei;
A certains égards, cette vieille vie me semble dépouillée aujourd’hui de nombreux charmes que je percevais jadis ;
mas é também exato que perdeu muito espinho que a fez molesta, e, de memória, conservo alguma recordação doce e feiticeira.
mais il est également vrai qu’elle a perdu de nombreuses épines qui la rendait détestable, et j’en garde des souvenirs doux et suave.
Em verdade, pouco apareço e menos falo.
En fait, je sors et je parle peu.
Distrações raras.
Les distractions sont rares.
O mais do tempo é gasto em hortar, jardinar e ler;
La majeure partie de mon temps se passe à jardiner et à lire ;
como bem e não durmo mal.
je mange et je dors plutôt bien.

Ora, como tudo cansa, esta monotonia acabou por exaurir-me também.
Maintenant, comme tout me fatigue, cette monotonie m’a finalement épuisé aussi.
Quis variar, e lembrou-me escrever um livro.
Je voulais un changement, et m’est venu l’idée d’écrire un livre.
Jurisprudência, filosofia e política acudiram-me, mas não me acudiram as forças necessárias.
La jurisprudence, la philosophie et la politique se sont présentées à moi, mais je n’avais pas la force nécessaire.
Depois, pensei em fazer uma História dos Subúrbios, menos seca que as memórias do padre Luís Gonçalves dos Santos, relativas à cidade;
Alors je pensais faire une Histoire des Faubourgs, moins sèches que les mémoires du père Luís Gonçalves dos Santos [Padre Perereca 1767-1844], relatifs à la ville ;
era obra modesta, mas exigia documentos e datas, como preliminares, tudo árido e longo.
Le travail était modeste, mais la recherche des documents requis et ses dates demandaient un travail aride et long.
Foi então que os bustos pintados nas paredes entraram a falar-me e a dizer-me que, uma vez que eles não alcançavam reconstituir-me os tempos idos, pegasse da pena e contasse alguns.
Ce fut alors que les bustes peints sur les murs sont venus me parler et me dire que, étant donné qu’ils ne parvenaient pas à reconstituer pour moi les temps anciens, je me devais de prendre la plume et d’en conter quelques-uns.
Talvez a narração me desse a ilusão, e as sombras viessem perpassar ligeiras, como ao poeta, não o do trem, mas o do Fausto:
Peut-être que l’histoire me donnerait l’illusion, et les ombres envahiraient-elles légères, comme au poète, pas le nôtre du train, mais celui du Faust,
« Aí vindes outra vez, inquietas sombras? »…
« Là, vous voilà, ombres agitées ? » …

Fiquei tão alegre com esta ideia, que ainda agora me treme a pena na mão.
J’étais si joyeux à cette idée, que la plume tremble, même encore maintenant, dans la main.
Sim, Nero, Augusto, Massinissa, e tu, grande César, que me incitas a fazer os meus comentários, agradeço-vos o conselho, e vou deitar ao papel as reminiscências que me vierem vindo.
Oui, Neron, Auguste, Masinissa, et toi, grand César, qui m’incitent pour faire mes commentaires, je vous remercie de vos conseils, et je pose sur le papier les souvenirs qui viennent à moi.
Deste modo, viverei o que vivi, e assentarei a mão para alguma obra de maior tomo.
Par conséquent, je vivrai ce que j’ai vécu, et ainsi ma main travaillera pour réaliser demain une œuvre encore plus magistrale.
Eia, comecemos a evocação por uma célebre tarde de novembro, que nunca me esqueceu.
Allons, commençons en évoquant une célèbre fin de novembre, que je n’ai jamais oubliée.
Tive outras muitas, melhores, e piores, mas aquela nunca se me apagou do espírito.
J’ai eu bien d’autres, mieux, et des pires encore, mais celle-ci n’est jamais sortie de mon esprit.
É o que vais entender, lendo.
Tu comprendras pourquoi à la lecture de ce qui suit.

***

DOM CASMURRO MACHADO DE ASSIS

EMINESCU Împărat şi proletar Empereur et Prolétaire IV

România – textul în limba română
Mihai Eminescu
Eminescu Împărat şi proletar

EminescuEminescu

Traduction – Texte Bilingue
Traducerea Text bilingvă

Eminescu Împărat şi proletar
Traduction Jacky Lavauzelle


LITTERATURE ROUMAINE
POESIE ROUMAINE

Literatura Română
Romanian Poetry

MIHAI EMINESCU Împarat si proletar Empereure et Prolétaire Artgitato Gustave_Moreau_-_Phaeton,_1878

Mihai Eminescu
1850 – 1889

poet roman
Poète Roumain

Empereur & Prolétaire
IV

 Împărat şi proletar
IV

 

1 decembrie 1874
1er décembre 1874

Scânteie marea lină, şi placele ei sure
Lisse, la mer étincelle, et des plaques
Se mişc una pe alta ca pături de cristal
Se déplacent les unes sur les autres comme du cristal
Prin lunce prăvălite; din tainica pădure
Jusqu’à terre ; de la mystérieuse forêt
  Apare luna mare câmpiilor azure,
La lune apparaît dans les plaines d’azur,
Împlându-le cu ochiul ei mândru, triumfal.
Les dominant de son oeil fier et triomphant.

Pe undele încete îşi mişcă legănate
Se déplacent sur ses lentes ondes
Corăbii învechite scheletele de lemn;
Des navires en bois aux obsolètes squelettes ;
Trecând încet ca umbre – ţin pânzele umflate
Se déplaçant lentement comme des ombres – voiles gonflées
În faţa lunei, care prin ele-atunci străbate,
La face à la lune, les traverse ensuite,
Şi-n roată de foc galben stă faţa-i ca un semn.
Et dans la roue de feu jaune, elle se dresse devant eux tel un signe.

Pe maluri zdrumicate de aiurirea mării
Au rivage déchiré par la mer en furie,
Cezaru-ncă veghează la trunchiul cel plecat
César observe sous la courbe du tronc
Al salciei pletoase – şi-ntinse-a apei arii
Du saule pleureur – et les ondes aquatiques
În cercuri fulgerânde se pleacă lin suflării
En cercles fulgurants se lient au  souffle
 A zefirului nopţii şi sună cadenţat.
De la nuit en sons cadencés.

Îi pare că prin aer în noaptea înstelată,
Il lui semble que l’air dans la nuit étoilée,
Călcând pe vârf de codri, pe-a apelor măriri,
progresse au-dessus des bois, par-delà les eaux,
Trecea cu barba albă – pe fruntea-ntunecată
Passe barbe blanche – sombre sommet,
Cununa cea de paie îi atârna uscată –
A la couronne de paille  sèche s’accroche
Moşneagul rege Lear.
Le Roi Lear en vieil homme.

Uimit privea Cezarul la umbra cea din nouri,
César, l’air étonné de voir dans les ombres des nuées,
Prin creţi ai cărei stele lin tremurând transpar,
Le tremblement des étoiles dans les failles des rochers,
I se deschide-n minte tot sensul din tablouri
L’esprit ouvert au sens des peintures
A vieţii sclipitoare… A popoarelor ecouri
De la brillante vie … les échos des peuples,
  Par glasuri ce îmbracă o lume de amar:
Les voix d’un monde amer :

« În orice om o lume îşi face încercarea,
«Dans le monde, chaque homme tente,
Bătrânul Demiurgos se opinteşte-n van;
Le vieux Démiurge persévère en vain ;
În orice minte lumea îşi pune întrebarea
Dans chaque esprit, l’interrogation
Din nou: de unde vine şi unde merge floarea
Encore une fois : d’où vient et où va la fleur
Dorinţelor obscure sădite în noian?
Des désirs obscurs dans ce pot d’abîme ?

Al lumii-ntregul sâmbur, dorinţa-i şi mărirea,
Le cœur du monde, désir et gloire,
În inima oricărui i-ascuns şi trăitor,
Dans notre cœur, vit et se terre,
Zvârlire hazardată, cum pomu-n înflorire
Ballottements dangereux, tel l’arbre en fleurs
În orice floare-ncearcă întreagă a sa fire,
Donnant sa sève à chacun d’eux,
Ci-n calea de-a da roade cele mai multe mor.
Puis les regardant mourir l’une après l’autre.

Astfel umana roadă în calea ei îngheaţă,
Donc le fruit humain en chemin se durcit,
Se pietrifică unul în sclav, altu-mpărat,
Pétrifié ou en esclave ou en empereur,
Acoperind cu noime sărmana lui viaţă
Questionnant sa pauvre vie
Şi arătând la soare-a mizeriei lui faţă –
Et pointant sa face miséreuse au soleil –
Faţa – căci înţelesul i-acelaşi la toţi dat.
L’intelligence des choses est la même chose pour tous.

În veci aceleaşi doruri mascate cu-altă haină,
Dans les mêmes désirs toujours masqués par des différents vêtements
 
Şi-n toată omenirea în veci acelaşi om –
Et dans toute l’humanité, à jamais, le même homme –
În multe forme-apare a vieţii crudă taină,
Il apparaît dans de nombreuses formes, le mystère cruel de la vie,
 Pe toţi ea îi înşală, la nime se distaină,
Il trompe tout le monde sans jamais se dévoiler,
Dorinţi nemărginite plantând într-un atom.
Plantés dans un atome, ces gigantesques désirs.

Când ştii că visu-acesta cu moarte se sfârşeşte,
Quand tu sais que tout ça se termine par la mort,
Că-n urmă-ţi rămân toate astfel cum sunt, de dregi
Que derrière toi, tout restera identique
Oricât ai drege-n lume – atunci te oboseşte
Malgré ton bricolage dans ce monde – Quand, fatigué
Eterna alergare… ş-un gând te-ademeneşte:
Par cette éternelle course… tu te diras :
Că vis al morţii-eterne e viaţa lumii-ntregi. »
Ce rêve de la mort éternelle, voilà ce qu’est la vie du monde « .

 

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Împărat şi proletar
Eminescu Împărat şi proletar
Empereur et Prolétaire
IV

MIHAI EMINESCU Împărat şi proletar II – Empereur et Prolétaire II

România – textul în limba română
Mihai Eminescu
Empereur et Prolétaire

EminescuEminescu

Traduction – Texte Bilingue
Traducerea Text bilingvă

Empereur et Prolétaire
Traduction Jacky Lavauzelle
MIHAI EMINESCU Împarat si proletar Empereure et Prolétaire Artgitato Gustave_Moreau_-_Phaeton,_1878


LITTERATURE ROUMAINE
POESIE ROUMAINE

Literatura Română
Romanian Poetry

Mihai Eminescu
1850 – 1889

poet roman
Poète Roumain

Empereur et Prolétaire
II

  Împărat şi proletar
II

1 decembrie 1874
1er décembre 1874

 

EMPEREUR ET PROLETAIRE
II

Pe malurile Senei, în faeton de gală,
En phaéton de gala, sur les rives de la Seine
Cezarul trece palid, în gânduri adâncit;
César va pâle, seul dans ses pensées ;
Al undelor greu vuiet, vuirea în granit
Des vagues lourdes de rugissement, tremblement du granit
A sute d-echipajuri, gândirea-i n-o înşală;
Sous de centaines équipages, ne le distrait pas ;
Poporul loc îi face tăcut şi umilit.
Le peuple rend les gens silencieux et humbles.

Zâmbirea lui deşteaptă, adâncă şi tăcută,
Intelligent, son sourire, profond, silencieux,
Privirea-i ce citeşte în suflete-omeneşti,
Un regard lisant dans les âmes,
Şi mâna-i care poartă destinele lumeşti,
Et cette main qui porte les destins du monde,
Cea grupă zdrenţuită în cale-i o salută.
Les groupes en haillons la saluent.
Mărirea-i e în taină legată de aceşti.
Sa gloire leur reste secrètement liée.

Convins ca voi el este-n nălţimea-i solitară
Il est convaincu que dans les hauteurs de sa solitude
Lipsită de iubire, cum că principiul rău,
Sans amour, telle que les principes du mal,
Nedreptul şi minciuna al lumii duce frâu;
Injustice et mensonge empoignent les rênes du monde ;
 Istoria umană în veci se desfăşoară,
L’histoire humaine jamais n’y déroge,
Povestea-i a ciocanului ce cade pe ilău.
Le marteau tombant sur l’enclume.

Şi el – el vârful mândru al celor ce apasă –
Et lui- pointe fière de ceux qui oppressent-
 
Salută-n a lui cale pe-apărătorul mut.
Salue dans son passage le muet défenseur.
De aţi lipsi din lume, voi cauza-ntunecoasă
Dans ce monde, manquant, vous, la cause ténébreuse
De răsturnări măreţe, mărirea-i radioasă,
Des grands bouleversements, l’apogée radieuse
Cezarul, chiar Cezarul de mult ar fi căzut.
De César, César-même aurait chuté.

Cu ale voastre umbre nimica crezătoare,
Par vos ombres qui ne croient plus en rien,
 Cu zâmbetu-vă rece, de milă părăsit,
Par vos masques de pitié froide,
Cu mintea de dreptate şi bine râzătoare,
Avec votre bon esprit et vos belles idées,
Cu umbra voastră numai, puteri îngrozitoare,
Avec seulement vos ombres, pouvoirs terrifiants,
La jugu-i el sileşte pe cei ce l-au urât.
Il oblige sous son joug ceux qui le haïssait.

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Împărat şi proletar
Eminescu
Empereur et Prolétaire
II