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FACE À LA MORT ET À L’OUBLI – SHAKESPEARE SONNET 55 – LV – Not marble, nor the gilded monuments

SONNET de SHAKESPEARE
SHAKESPEARE SONNETS
THE SONNETS
THE SONNETS – LES SONNETS

Illustration du Phénix par Friedrich Justin Bertuch
*


WILLIAM SHAKESPEARE
[1564 – 1616]

Traduction JACKY LAVAUZELLE


**

SONNET 55

The Sonnets SHAKESPEARE
Les Sonnets de SHAKESPEARE
Not marble, nor the gilded monuments
****

FACE À LA MORT ET À L’OUBLI
***

1598 

**

*

Not marble, nor the gilded monuments
Pas un marbre, pas un majestueux monument
Of princes, shall outlive this powerful rhyme;
Des princes ne survivra à ces vers puissants;
But you shall shine more bright in these contents
Vous brillerez dans mes rimes plus intensément
 Than unswept stone, besmear’d with sluttish time.
Que la pierre empoussiérée, éprouvée par le temps.

*

When wasteful war shall statues overturn,
Lorsqu’une violente guerre renversera les statues,
And broils root out the work of masonry,
Et déracinera le travail de maçonnerie,
Nor Mars his sword, nor war’s quick fire shall burn
Ni l’épée de Mars, ni le feu ardent de la guerre ne brûleront
The living record of your memory.
Le monument vivant de votre mémoire. 

*


*

‘Gainst death, and all-oblivious enmity
Face à la mort et face à l’oubli
Shall you pace forth; your praise shall still find room
Vous avancerez ; votre louange trouvera place
Even in the eyes of all posterity
Même aux yeux des générations futures

*

That wear this world out to the ending doom.
Et ainsi jusqu’au jugement dernier.
 So, till the judgment that yourself arise,
Ainsi, jusqu’à ce qu’il advienne,
You live in this, and dwell in lovers’ eyes.
Vous habiterez dans le regard de ceux qui aiment.

*



 

*****************

SHAKESPEARE SONNETS
SONNET LV

LES SONNETS DE SHAKESPEARE SONNETS

LE CHANSONNIER PÉTRARQUE CANZONIERE SONNET 177 (Première Partie) – CLXXVII

*

FRANCESCO PETRARQUE SONNET

Francesco PETRARCA
1304 – 1374

Traduction Jacky Lavauzelle

——–


Canzoniere Petrarca  Sonetto 177

LE CHANSONNIER PETRARQUE Sonnet 177
CLXXII

Rerum vulgarium fragmenta

Fragments composés en vulgaire

Rime In vita di Madonna Laura

PRIMA PARTE
Première Partie

177/263

Dante Boccace Petrarque Guido Cavalvanti Cino da Pistoia Guittone dArezzo Trecento Italien 1544 Giorgio Vasari

[NdT : Traversée de la forêt ardennaise en guerre en 1333. Pétrarque a alors 29 ans. Laure réside en Provence.]

Mille piagge in un giorno et mille rivi
Mille lieux et mille rivières, en un jour,
  mostrato m’à per la famosa Ardenna
M’ont montré dans la célèbre Ardenne
 Amor, ch’a’ suoi le piante e i cori impenna
Amour,  qui aile ses pieds et son cœur
per fargli al terzo ciel volando ir vivi.
Pour qu’ils aillent vivants voler au troisième ciel.

**

Dolce m’è sol senz’arme esser stato ivi,
Qu’il m’est doux , d’y être allé désarmé et seul
dove armato fier Marte, et non acenna,
Là où le fier Mars armé frappe sans prévenir,
quasi senza governo et senza antenna
Presque sans gouvernail et sans antenne
 legno in mar, pien di penser’ gravi et schivi.
Un bateau dans la mer, plein de pensées graves et fuyantes.

**


**

Pur giunto al fin de la giornata oscura,
Au bout de cette sombre journée,
rimembrando ond’io vegno, et con quai piume,
Me souvenant d’où je viens, et avec quelles ailes,
  sento di troppo ardir nascer paura.
Je sens la peur naître de ce trop plein d’audace.

**

Ma ’l bel paese e ’l dilectoso fiume
Mais le beau pays et la délicieuse rivière
 con serena accoglienza rassecura
avec la sécurité de son accueil me rassure
il cor già vòlto ov’abita il suo lume.
Le cœur déjà tourné d’où provient sa lumière.

********************
Traduction Jacky Lavauzelle
ARTGITATO
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Ritratto_di_francesco_petrarca,_altichiero,_1376_circa,_padova

canzoniere Petrarca 177
PETRARQUE CANZONIERE
le chansonnier Pétrarque Sonnet 177
canzoniere poet

*******

PETRARQUE CANZONIERE

LUIS DE CAMOES OS LUSIADAS III-95 LES LUSIADES – Da terra dos Algarves

* Os Lusiadas Les Lusiades
OS LUSIADAS III-95 LES LUSIADES III-95
LITTERATURE PORTUGAISE





Luis de Camoes Oeuvres obras Artgitato

literatura português

Luis de Camões
[1525-1580]

Tradução – Traduction
texto bilingue




Luis de Camoes Les Lusiades

 

Obra Poética

(1556)

LES LUSIADES III-95




OS LUSIADAS III-95
A Epopeia Portuguesa

 

CHANT III
Canto Terceiro

Traduction Jacky Lavauzelle

verso 95
Strophe 95

III-95

Image illustrative de l'article Vasco de Gama

Vasco de Gama

Vasco da Gama signature almirante.svg

 

******




Luís de Camões Os Lusiadas
OS LUSIADAS III-95
LES LUSIADES III-95

 ******

 

« Da terra dos Algarves, que lhe fora
« De la terre de l’Algarve, qui en dot
 Em casamento dada, grande parte
De mariage avait été reçue , en grande partie
Recupera co’o braço, e deita fora
Fut récupérée par son bras guerrier en boutant dehors
O Mouro, mal querido já de Marte.
Le Maure, qui de Mars n’était plus chéri.
Este de todo fez livre e senhora
Ainsi devint souveraine et affranchie
Lusitânia, com força e bélica arte;
La Lusitanie par la force et la stratégie ;
E acabou de oprimir a nação forte,
Et achevant de submerger cette nation aguerrie,
Na terra que aos de Luso coube em sorte.
Qui des terres de Lusus s’était répartie. 

*******

ALPHONSE III
ALFONSO III

Roi de Portugal et des Algarves, comte de Boulogne par la grâce de Dieu

Alphonse III de Portugal
Alphonse le Boulonnais
Alfonso III de Borgoña,
El Boloñés o el Reformador
Coimbra, 5 mai 1210 – Coimbra, 16 février 1279
5 de mayo de 1210 – 16 de febrero de 1279

Roi de Portugal de 1247 à 1279

********************

Précisions historiques
et
Retour sur les versets précédents


Sonnet 1 à Sonnet 94 : la naissance du Portugal – Règnes d’Alphonse I, Sanche I, Alponse II et Sanche II. Le sonnet 94 évoque la passation de pouvoir de Sanche II à Alphonse III en 1247, un an avant la mort de Sanche II.
A partir du Sonnet 94 nous partons pour 32 années de règne qui nous conduirons jusqu’en 1279, date du nouveau règne de Denis Ier.
Sonnet 95 : Camoes évoque les prises guerrières de l’Algarve sur les Maures.

Jacky Lavauzelle
Camoes Les Lusiades

****

Vasco de Gama par Gregorio Lopes

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Luís Vaz de Camões Os Lusiadas Les Lusiades
OS LUSIADAS III-95 CAMOES LUSIADES III-95
Traduction Jacky Lavauzelle
ARTGITATO
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White_Fawn_Drawing Faon Diane

LUIS VAZ DE CAMOES OS LUSIADAS LES LUSIADES

LUIS VAZ DE CAMOES LES LUSIADES III-89 OS LUSIADAS – E se tantos troféus do Mahometa

*Luís de Camões Os Lusiadas Les Lusiades
OS LUSIADAS III-89 LES LUSIADES III-89
LITTERATURE PORTUGAISE









Luis de Camoes Oeuvres obras Artgitato

literatura português

Luis de Camões
[1525-1580]

Tradução – Traduction
texto bilingue








Luis de Camoes Les Lusiades

 

Obra Poética

(1556)

LES LUSIADES III-89








OS LUSIADAS III-89

A Epopeia Portuguesa

 

CHANT III
Canto Terceiro

Traduction Jacky Lavauzelle

verso 89
Strophe 89

III-89

Image illustrative de l'article Vasco de Gama

Vasco de Gama

Vasco da Gama signature almirante.svg

 

******








Luís de Camões Os Lusiadas
OS LUSIADAS III-89
LES LUSIADES III-89

 *****

Sancho Primeiro
Sanche Ier
Succède à son père Alphonse Ier sur le trône, devenant ainsi le second Roi du Portugal
Règne de 1185 – 1211
Sancho I de Portugal, quarto filho de Afonso Henriques
Sucedeu o seu pai no trono, tornando-se assim no segundo Rei de Portugal

******

« E se tantos troféus do Mahometa
« Et si tant de trophées face au Mahométan
  
Alevantando vai, também do forte
Il remporte, aussi pour ce qui en est du fougueux
Lionês não consente estar quieta
Léon, ne consent-il pas à délaisser
A terra, usada aos casos de Mavorte,
cette terre, coutumière des pratiques de Mars,
Até que na cerviz seu jugo meta
Jusqu’à mettre le joug
Da soberba Tui, que a mesma sorte
A la superbe Tui, qui sera suivie
Viu ter a muitas vilas suas vizinhas,
Par de nombreux villages voisins
Que, por armas, tu, Sancho, humildes tinhas.
Que, par tes armes, Toi, Sanche, tu soumis. 

*******

Précisions historiques
et
Retour sur les versets précédents



Sonnet 73 : suite du sonnet 72 et des victoires de Pompée sur Mithridate. Pour la Chaîne du Taurus Scythique, la Scythie où habitait les Scythes s’étendait de l’Ukraine à l’Altaï. Les Monts Taurus est une chaîne montagneuse au sud-est du plateau de l’Anatolie. « Taurus, (Geog. anc.) nom commun à quelques montagnes ; mais la principale de ce nom est le Taurus d’Asie, & c’est la plus grande montagne que nous connoissons, d’où vient aussi qu’on l’a nommée Taurus, car la coutume des Grecs étoit d’appeller ταῦροι, tauri, ce qui étoit d’une grandeur démesurée. Le plus grand nombre des auteurs, entr’autres Strabon, Pline & Pomponius Mela font commencer cette montagne au promontoire Sacrum ou Chelidonium, quoiqu’elle traverse toute la Carie jusqu’à la Perée, mais ses branches de ce côté-là n’ont pas semblé mériter le nom de Taurus. » (L’Encyclopédie, Première édition 1751-Tome 15). L’Imathie se trouve dans l’actuelle Macédoine-Centrale.
Le Sonnet 74 termine la séquence des batailles d’Alphonse avec la bataille de Santarém et le retour des reliques du martyr Vincent. La retraite n’a pas encore sonnée définitivement puisque nous le retrouverons au Sonnet 80, suivi par les Sonnets 81, 82 et 83, venant en aide à son fils Sanche en difficulté.
Sonnet 75 : cette nouvelle séquence concerne la passation de pouvoir d’Alphonse Ier à son fils Sanche, dit le Laboureur, le Fondateur, le Colonisateur, le Populaire. et qui deviendra Sanche Ier ou Sancho Primeiro, second roi du Portugal à la mort d’Alphonse en 1185.
Sonnet 76 : le prince Sanche, fort de ses victoires, continue le combat sur Béja. Les Maures vaincus s’organisent.
Sonnet 77 : Les forces Maures se regroupent et viennent de tous les sites d’Afrique du Nord : les musiciens sont mauritaniens, les soldats viennent de Ceuta (Tingis) de Péluse en Egypte (Ampelusa), du Royaume du Grand Juba (Namibie).
Sonnet 78 : C’est L’Amir al Mouminine, le Commandeur des croyants maures, qui fédère les troupes maures autour de dix rois. Il pénètre au Portugal et encercle Sanche à Santarém.
Sonnet 79 : Sanche subit les assauts des maures. Tout est utilisé par ces derniers : catapultes, béliers, mines creusées pour faire écrouler les murailles. Mais les Portugais résistent courageusement.
Sonnet 80 : nous retrouvons le vieux Roi Alphonse Ier en repos dans la ville de Coimbra et qui quitte sa demeure pour voler au secours de son fils Sanche encerclé à Santarém.
Sonnet 81 : les Portugais rassemblés mettent en déroute les Maures devant Santarém. Il n’y a plus que des cadavres d’hommes et de chevaux qui jonchent la prairie.
Sonnet 82 : Défaite de L’Amir al Mouminine et victoire d’Alphonse Ier et se son fils, le Prince Sanche.
Sonnet 83 : la mort grandiose d’Alphonse Ier après son éclatante victoire.
Sonnet 84 : l’ensemble du peuple Lusitanien est en deuil.
Sonnet 85 : La valeur de Sanche n’a pas attendu la mort d’Alphonse. Camoes évoque les exploits du Prince, notamment en Andalousie.
Sonnet 86 : Bataille de Silves, dans l’Algarve, dans l’actuel district de Faro. Sanche se fait aider par des troupes Germaniques de passage en Lusitanie pour délivrer et reconquérir la Judée.
Sonnet 87 : Les troupes Germaniques partent rejoindre la Croisade de Frédéric Ier Barberousse. Rappel de la Bataille de Hattin – bataille de Tibériade  (4 juillet 1187) des Croisés (avec Guy de Lusignan à la tête) contre Saladin et de sa stratégie d’assoiffer les troupes du royaume Chrétien de Jérusalem, soit en comblant des puits, soit en empoisonnant les eaux, soit en les gardant avec des troupes.
Sonnet 88 : A l’instar d’Alphonse aidé par les Germains pour reprendre Lisbonne, Sanche avec leur aide reprend la ville de Silves dans l’Algarve.
Sonnet 89 : Sanche Ier n’en oublie pas d’autres combats. Il soumet de nombreuses villes du Léon.

Jacky Lavauzelle
Camoes Les Lusiades

****

Vasco de Gama par Gregorio Lopes

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Luís Vaz de Camões Os Lusiadas Les Lusiades
OS LUSIADAS III-89 CAMOES LUSIADES III-89
Traduction Jacky Lavauzelle
ARTGITATO
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White_Fawn_Drawing Faon Diane

LUIS VAZ DE CAMOES LES LUSIADES OS LUSIADAS

EMILY DICKINSON (1869) LES DEVOIRS ET LES PLAISIRS DU VENT -THE DUTIES OF THE WIND ARE FEW

POEME D’EMILY DICKINSON
LITTERATURE AMERICAINE

*******

 

EMILY DICKINSON
December 10, 1830 – May 15, 1886
10 décembre 1830 – 15 mai 1886
Amherst, Massachusetts




Traduction – Translation

TRADUCTION JACKY LAVAUZELLE

French and English text
texte bilingue français-anglais

 






******




THE DUTIES OF THE WINDS ARE FEW




LES DEVOIRS ET LES PLAISIRS DU VENT

1869

********

The duties of the Wind are few,
Les devoirs du Vent sont peu nombreux :
To cast the ships, at Sea,
Fracasser les navires, en Mer,
Establish March, the Floods escort,
Positionner Mars, accompagner les Déluges,
  And usher Liberty.
Et annoncer la Liberté.

The pleasures of the Wind are broad,
Les plaisirs du Vent sont immenses :
  To dwell Extent among,
Contenir l’Etendue,
  Remain, or wander,
Rester ou errer,
 Speculate, or Forests entertain.
Spéculer ou égayer les Forêts.




 

The kinsmen of the Wind are Peaks
Pour les parents du Vent nous avons les Pics
Azof — the Equinox,
Azov – l’Equinoxe,
  Also with Bird and Asteroid
Mais aussi l’Oiseau et l’Astéroïde
  A bowing intercourse.
Qui se saluent dans leurs courses.



The limitations of the Wind
Les limites du vent ?
Do he exist, or die,
Existe-t-il encore après ou meurt-t-il ?
Too wise he seems for Wakelessness,
Trop sage pour dormir d’un Sommeil de Mort,
  However, know not i.
Cependant, je ne sais pas.

***************

POEME D’EMILY DICKINSON

LE PURGATOIRE DANTE – PURGATORIO CANTO II CHANT II

***
LE PURGATOIRE DANTE

 

LA DIVINE COMEDIE – Divina Commedia
Traduction – Texte Bilingue
LITTERATURE ITALIENNE
Letteratura Italiana

DANTE ALIGHIERI
Firenze 1265 Florence – Ravenna 1321 Ravenne

Portrait de Dante de la Chapelle du Palais de Bargello Florence
Cappella del Podestà Firenze
attribué à Giotto di Bondone
Il ritratto di Dante in un’elaborazione grafica
Détail
& Representación artística del purgatorio
Représentation artistique du purgatoire

***********

Traduction  Traduzione Jacky Lavauzelle

——–



DANTE ALIGHIERI

LA DIVINE COMEDIE
Divina Commedia
1303 – 1321
LE PURGATOIRE
PURGATORIO

CANTO 2
CHANT 2

 ******

Già era ‘l sole a l’orizzonte giunto
Déjà le soleil avait atteint l’horizon
lo cui meridïan cerchio coverchia
où le cercle méridien couvre
   Ierusalèm col suo più alto punto;
Jérusalem à son point le plus élevé ;

*

e la notte, che opposita a lui cerchia,
et la nuit, parcourant le cercle opposé,
uscia di Gange fuor con le Bilance,
sortait du Gange avec les Balances
che le caggion di man quando soverchia; 
qui chutent de ses mains quand elle s’allonge ;

*

sì che le bianche e le vermiglie guance,
qu’alors les blanches et vermeilles joues,
là dov’i’ era, de la bella Aurora
d’où j’étais, de la belle Aurore
per troppa etate divenivan rance.
en vieillissant se changeaient en orange.

*

Noi eravam lunghesso mare ancora,
Nous étions encore non loin de la mer,
come gente che pensa a suo cammino,
Comme ces gens qui pensent à leur route,
che va col cuore e col corpo dimora.
qui y vont avec le cœur et demeurent avec le corps.

*

Ed ecco, qual, sorpreso dal mattino,
Et ici, quand, surpris sur le matin,
per li grossi vapor Marte rosseggia
par les lourdes vapeurs Mars rougeoie
giù nel ponente sovra ’l suol marino,
sur le couchant sur le sol marin,


*

cotal m’apparve, s’io ancor lo veggia,
m’apparut, je la vois à nouveau,
un lume per lo mar venir sì ratto
une lumière de la mer galopant
che ’l muover suo nessun volar pareggia.
qu’aucun autre vol ne peut égaler.

*

 Dal qual com’io un poco ebbi ritratto
Je détournai d’elle un instant mon regard
l’occhio per domandar lo duca mio,
Afin de questionner mon guide,
rividil più lucente e maggior fatto.
Je la revis ensuite et plus lumineuse et plus grande.

*

Poi d’ogne lato ad esso m’appario
Puis de chaque côté m’apparut
un non sapeva che bianco, e di sotto
un je ne sais quoi de blanc, et au-dessous
a poco a poco un altro a lui uscìo.
Peu à peu, il en sortit un autre.

*

Lo mio maestro ancor non facea motto,
Mon maître n’avait pas prononcé encore un seul mot,
mentre che i primi bianchi apparver ali;
quand la première blancheur devenait des ailes ;
allor che ben conobbe il galeotto,
Mais quand il reconnu clairement le pilote,

*

gridò: « Fa, fa che le ginocchia cali.
il cria : « Dépêche-toi, à genoux.
Ecco l’angel di Dio: piega le mani;
 Voici l’Ange de Dieu : joins tes mains !
omai vedrai di sì fatti officiali.
 désormais, tu verras de tels officiers. 


*




Vedi che sdegna li argomenti umani,
 Vois comme il se moque des arguments humains,
sì che remo non vuol, né altro velo
 il ne veut ni rame ni voile
 che l’ali sue, tra liti sì lontani.
il ne veut que ses propres ailes entre les rivages si lointains.

*

Vedi come l’ ha dritte verso ’l cielo,
 Vois comme il les pointe vers le haut du ciel,
 trattando l’aere con l’etterne penne,
 frappant l’air de ses plumes éternelles,
che non si mutan come mortal pelo ».
 qui jamais ne muent comme le poil des mortels ».

*




Poi, come più e più verso noi venne
Puis, comme de plus en plus près de nous s’approchait
l’uccel divino, più chiaro appariva:
l’oiseau divin, il apparaissait plus encore rayonnant
  per che l’occhio da presso nol sostenne,
que l’œil ne pouvait le supporter,

*

ma chinail giuso; e quei sen venne a riva
mais je les baissais ; et il appareilla à terre
 con un vasello snelletto e leggero,
avec un vaisseau rapide et léger,
tanto che l’acqua nulla ne ’nghiottiva.
que nulle eau n’en pouvait en submerger la coque.




*

Da poppa stava il celestial nocchiero,
Le céleste nocher tenait la poupe
tal che faria beato pur descripto;
envahi d’une pure béatitude ;
 e più di cento spirti entro sediero.
à ses côtés, une centaine d’esprits étaient assis.


*

’In exitu Isräel de Aegypto’
‘In exitu Israel de Aegypto »
[Quand Israël sortit d’Egypte]
cantavan tutti insieme ad una voce
scandaient-ils tous ensemble d’une seule voix
con quanto di quel salmo è poscia scripto.
et suivait la suite du psaume.

*

Poi fece il segno lor di santa croce;
Puis il fit le signe de la sainte croix ;
ond’ei si gittar tutti in su la piaggia:
tous se ruèrent sur le rivage:
ed el sen gì, come venne, veloce.
et lui partit, comme il était venu.

*

La turba che rimase lì, selvaggia
La foule paraissait étrangère
parea del loco, rimirando intorno
à ces lieux, regardant tout autour
come colui che nove cose assaggia.
comme celui qui découvre une chose nouvelle.

*

Da tutte parti saettava il giorno
De tous côtés, pointait la lueur
lo sol, ch’avea con le saette conte
du soleil, qui avait, par sa foudre cinglante,
di mezzo ’l ciel cacciato Capricorno,
du milieu du ciel, chassé le Capricorne,





*

quando la nova gente alzò la fronte
Lorsque les nouveaux arrivants levèrent leurs visages
 ver’ noi, dicendo a noi: « Se voi sapete,
vers nous, en nous disant : « Si vous savez,
mostratene la via di gire al monte ».
Montrez-nous le chemin jusqu’à la montagne « .




*

E Virgilio rispuose: « Voi credete
Et Virgile répondit: « Vous croyez
forse che siamo esperti d’esto loco;
Que nous connaissons ces lieux ;
ma noi siam peregrin come voi siete.
nous sommes des pèlerins tout comme vous.

*

Dianzi venimmo, innanzi a voi un poco,
Nous sommes arrivés ici peu avant vous,
per altra via, che fu sì aspra e forte,
par une autre route,  si rude et escarpée,
 che lo salire omai ne parrà gioco ».
que grimper désormais nous paraîtrait un jeu».

*

gridò: « Fa, fa che le ginocchia cali.
Il a crié: « Dépêche-toi, à genoux !
 
Ecco l’angel di Dio: piega le mani;
Voici l’Ange de Dieu : joins tes mains ;
  omai vedrai di sì fatti officiali.
désormais, tu verras d’autres officiels de la sorte.

*




Vedi che sdegna li argomenti umani,
Vois comme il se moque des arguments humains,
sì che remo non vuol, né altro velo
il ne veut ni rame ni voile
 che l’ali sue, tra liti sì lontani.
 Que ses propres ailes, entre les lointains rivages.


*

Vedi come l’ ha dritte verso ’l cielo,
Vois comme il les pointe vers le haut du ciel,
  trattando l’aere con l’etterne penne,
Frappant l’air avec ses plumes éternelles,
che non si mutan come mortal pelo ».
  Qui ne poussent pas comme un mortel poil».

*




L’anime, che si fuor di me accorte,
Les âmes qui avaient remarqué,
per lo spirare, ch’i’ era ancor vivo,
que je respirais encore, que j’étais encore en vie,
maravigliando diventaro smorte.
pâlir d’étonnement.

*

E come a messagger che porta ulivo
Et comme à messager portant l’olivier
tragge la gente per udir novelle,
Les gens se pressent pour entendre les nouvelles,
 e di calcar nessun si mostra schivo,
et personne n’a plus de peur de la foule,

*




così al viso mio s’affisar quelle
ainsi sur mon visage se fixèrent
anime fortunate tutte quante,
les âmes  fortunées attentives,
  quasi oblïando d’ire a farsi belle.
oubliant presque d’aller se faire belles.

*

Io vidi una di lor trarresi avante
Une d’entre elles se détacha des autres
per abbracciarmi, con sì grande affetto,
pour m’embrasser, avec tant d’affection,
che mosse me a far lo somigliante.
qu’elle m’incita à en faire autant.

*

Ohi ombre vane, fuor che ne l’aspetto!
O vaines ombres, sauf en apparence !
tre volte dietro a lei le mani avvinsi,
trois fois derrière elle je posai mes bras,
e tante mi tornai con esse al petto.
mais toujours je les ramenai sur ma poitrine.


*

Di maraviglia, credo, mi dipinsi;
Je pense que l’étonnement se voyait sur mon visage ;
 
per che l’ombra sorrise e si ritrasse,
sur quoi l’ombre sourit et prit la fuite ;
  e io, seguendo lei, oltre mi pinsi.
et moi, la suivant, je la dépassai.

*

Soavemente disse ch’io posasse;
Doucement, elle me dit d’arrêter ;
allor conobbi chi era, e pregai
je la reconnus alors, et je la priai
che, per parlarmi, un poco s’arrestasse.
que de parler un peu avec moi.

*




Rispuosemi: « Così com’io t’amai
Elle me réponduit : « comme je t’ai aimé
nel mortal corpo, così t’amo sciolta:
Dans le corps mortel, mais je t’aime libérée de ce corps :
però m’arresto; ma tu perché vai? »
cependant, je m’arrête; mais toi pourquoi vas-tu ? « 

*

« Casella mio, per tornar altra volta
« Mon Casella ! c’est pour revenir encore
 
là dov’io son, fo io questo vïaggio »,
 de là d’où je suis, que je fais ce voyage,  »
diss’io; « ma a te com’è tanta ora tolta? »
lui dis-je ; « Mais pourquoi avoir pris tant de temps ? »

*

Ed elli a me: « Nessun m’è fatto oltraggio,
Et lui me dit alors : « aucun outrage ne m’a été fait,
  se quei che leva quando e cui li piace,
quand celui qui prend qui il veut et quand il veut,
 più volte m’ ha negato esto passaggio;
me refusa à plusieurs reprises le passage ;

*

ché di giusto voler lo suo si face:
car sa volonté profonde est juste ;
 
veramente da tre mesi elli ha tolto
il a vraiment depuis trois mois fait monter 
  chi ha voluto intrar, con tutta pace.
ceux qui le voulaient et cela très sereinement.




*

Ond’io, ch’era ora a la marina vòlto
et moi, qui maintenant m’étais tourné vers ce rivage
dove l’acqua di Tevero s’insala,
 où les eaux du Tibre se salent,
benignamente fu’ da lui ricolto.
Bénignement il m’a reçu.




A quella foce ha elli or dritta l’ala,
Ses ailes dominent désormais l’embouchure,
però che sempre quivi si ricoglie
 car en ce lieu toujours il recueille
qual verso Acheronte non si cala ».
ceux qui ne descendent pas vers l’Achéron ».

*

E io: « Se nuova legge non ti toglie
Et moi : « Si une nouvelle loi ne t’a pas enlevé
 
memoria o uso a l’amoroso canto
 la mémoire ou la pratique de la chanson galante
  che mi solea quetar tutte mie doglie,
qui calmait d’habitude tous mes désirs,




*

di ciò ti piaccia consolare alquanto
qu’il serait bon que tu consoles un peu
l’anima mia, che, con la sua persona
mon âme, qui, avec le corps
venendo qui, è affannata tanto! ».
est venue au coeur de tant de détresse ».


*

’Amor che ne la mente mi ragiona’
« Amour qui en mon âme raisonne »
cominciò elli allor sì dolcemente,
chanta-t-il si mélodieusement ;
che la dolcezza ancor dentro mi suona.
combien cette douce mélodie retentit toujours en moi.

*




Lo mio maestro e io e quella gente
Mon maître et moi et ces gens
 ch’eran con lui parevan sì contenti,
qui étaient là avec lui, étions satisfaits
come a nessun toccasse altro la mente.
comme si rien d’autre ne pouvait toucher l’esprit.

*

Noi eravam tutti fissi e attenti
Nous prêtions tous une attentive oreille
 
a le sue note; ed ecco il veglio onesto
dans ses notes ; et voici alors que le vénérable
gridando: « Che è ciò, spiriti lenti?
cria : « Qu’est-ce  donc là, esprits indolents ?




*

qual negligenza, quale stare è questo?
Quelle négligence en tout ceci ?
Correte al monte a spogliarvi lo scoglio
Courez vers la montagne pour enlever les souillures de vos péchés
ch’esser non lascia a voi Dio manifesto ».
qui empêchent qu’à vous Dieu ne se manifeste ».

*

Come quando, cogliendo biado o loglio,
Comme dans la collecte du grain ou de la paille,
 
li colombi adunati a la pastura,
Les colombes partent ensemble dans les pâtures,
queti, sanza mostrar l’usato orgoglio,
sans montrer de fierté ordinaire,

*

se cosa appare ond’elli abbian paura,
si une chose apparaît provoquant de la peur,
subitamente lasciano star l’esca,
elles laissent tomber subitement l’appât,
attention;perch’assaliti son da maggior cura;
car assaillies par une plus grande préoccupation ;

*

così vid’io quella masnada fresca
ainsi, je vis cette nouvelle troupe
lasciar lo canto, e fuggir ver’ la costa,
cesser le chant et fuir vers la côte,
com’om che va, né sa dove rïesca;
comme un homme totalement désorienté ;




*

né la nostra partita fu men tosta.
et notre départ ne fut pas moins précipité.

 

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LE PURGATOIRE DANTE

PEIRE GODOLIN : GUINHOLET A MES SUR LE PORTAL DE SA BORDA – INSCRIPTION DE GUIGNOLET SUR SON PORTAIL


PEIRE GODOLIN
LITTERATURE OCCITANE

*


PEIRE GODOLIN
Pierre Goudouli
Pierre Goudelin

[1580 Toulouse – 1649 Toulouse]


Traduction JACKY LAVAUZELLE

**

Poème occitan

 




GUINHOLET A MES SUR LE PORTAL DE SA BORDA
Inscription de Guignolet sur son portail

 

S’asqueste Març fraire d’Abril
Si donc, Mars, frère d’Avril,
Fòra de paur e de perilh
Loin des peurs et des périls
Torna damb son bèl equipage,
Revient sur son bel équipage
Nos le pregarem a sopar.
Nous l’attendrons pour souper.
Mai que non vòlga vin ni pan,
Qu’il ne demande toutefois ni vin ni pain,
E que se pòrte companatge*.
Mais qu’il porte sa pitance.

******

*Companatge = (pitança) ce que l’on mange avec du pain




 




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PEIRE GODOLIN

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NOTICES HISTORIQUES
SUR
PIERRE GODOLIN

Pierre de Godolin naquit à Toulouse l’an 1579, dans la maison de la rue Pargaminières, contiguë au coin de celle de Notre-Dame-du-Sac ; élevé au collège des Jésuites, il y étudia les belles-lettres, et se fit remarquer par la vivacité de son esprit, par l’élégance des compositions, et la facilité avec laquelle il était parvenu à placer dans sa mémoire la majeure partie des œuvres de Virgile ; i étudia, hélas ! bien à contre cœur, mais enfin, il étudia jusqu’au bout la jurisprudence, prit la licence, et se fit recevoir avocat au parlement. Arrivé là, les épines que Thémis présente à ses favoris, ne purent convenir à une âme passionnée qui aimait à se perdre dans les rêves de son imagination ; il crut avoir assez montré de courage. Les muses vinrent le prendre, et le bon Godolin s’abandonna à leur aimable séduction. Contemporain du Tasse, il ne suivit pas seulement, comme ce célèbre poète, le penchant de son génie, mais comme lui, il chercha une route nouvelle. La langue d’oc était tombée avec le pouvoir des comtes de Toulouse ; le patois de nos provinces, n’étant plus soutenu ni par la majorité de la nation, ni par l’imprimerie, était devenu le partage du peuple, et cette langue si douce, si harmonieuse, véritable fille de celle que les troubadours avaient parlée, semblait être délaissée pour employer la langue générale du pays. Mais Godolin, qui connaissait les trésors de la linguistique qu’elle renfermait, avant de la laisser se perdre, voulut en sauver les débris ; il la préféra donc à la langue française, qui, froide, sèche et sans charmes, sortait à peine de la grossièreté de son premier âge ; car, suspendue encore aux mamelles de l’antiquité, elle n’était guère alors que du grec ou du latin, traduit en français ; il refusa de jeter ses gracieuses créations dans le moule grec ou romain. Il fallait à son génie un nouvel horizon. Sous la plume de notre compatriote, cette langue parut étincelante de nouvelles beautés ; elle se prêta à tous les tons et devint tour à tour grave, moelleuse, fière ou mélancolique ; son génie lui fit surmonter les difficultés qu’entraîne un dialecte peu usité, et les cordes de sa lyre furent assez dociles pour chanter, avec un talent varié, le ciel, les grands, les bergères et ses amis. Toujours élégant, il a employé avec adresse les fictions et les métaphores les pus ingénieuses. Imitateur heureux de Pindare, d’Horace et d’Anacréon, ses odes sont élevées d’un style noble et soutenu ; ses idylles respirent  la molle délicatesse, la grâce et l’abandon ; ses chansons sont enjouées, élégantes et faciles, et a mélopée, sou ses doigts, se transforme, se module et se ploie à toutes les inspirations, à toutes ses fantaisies. Enfin, tantôt enjoué, tantôt badin, mais toujours énergique, il surprend par la noblesse de ses expressions, dans une langue condamnée à ramper parmi le vulgaire.




Œuvres Complètes de Pierre Godolin
Notes historiques et littéraires par J.-M. Cayla et Paul Cléobule
Editeur Delboy à Toulouse en 1843

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PEIRE GODOLIN

SONNET DE PEIRE GODOLIN Poète Occitan XVIIe siècle – SONET

PEIRE GODOLIN
LITTERATURE OCCITANE

*


PEIRE GODOLIN
Pierre Goudouli
Pierre Goudelin

[1580 Toulouse – 1649 Toulouse]

*
Traduction JACKY LAVAUZELLE

**

SONNET
SONET




Epitaphes – Epitafas

 

Jos aqueste grand roc es rebondula l’òssa
Sous le grand roc, les os reposent
D’Enceladanle fier, la glòria del Gigants
Du fier Encelade, la gloire des Géants
Que, per tirar del Cèl les prumières estatjants
Qui, pour sortir du Ciel les premiers habitants,
Enjoquèc Pelion sur la grand cima d’òssa.
A poser Pélion sur les hautes cimes de l’Osse.




*

Ja levava l’un pè le descarat colòssa,
Le voici avançant, colosse effrayant,
Per sautar dins le cèl vesin de quatre palms,
Sautant dans le ciel voisin de quatre pans
Quand Jupiter sasic un fòlze de tres brands
Quand Jupiter saisit le feu du trident
Que, flésc ! li fèc bronzir pel mièi de la cabóça.
Et vlan !, lui jeta en pleine tête.

*

Del brave Jupiter le cèl forèc gardat ;
Le Ciel fut préservé par le brave Jupiter
Car, perquanta de Mars que se fa tant soldat
Car Mars, qui se prétend si grand soldat,
El s’arrucava tot, quand ausiá las campanhas
Se terra aux bruits des campagnes




*

Retronir jots l’aprèst d’un tan cruèl assaut,
Succombant au poison d’un si cruel assaut,
E peisson se mudèc, plus regde qu’un lebraud,
En poisson se mue, plus rapide qu’un levreau,
Quand vic al crabimè carrejar las montanhas.
Quand sur le dos l’on portait les montagnes.

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PEIRE GODOLIN

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NOTICES HISTORIQUES
SUR
PIERRE GODOLIN

Pierre de Godolin naquit à Toulouse l’an 1579, dans la maison de la rue Pargaminières, contiguë au coin de celle de Notre-Dame-du-Sac ; élevé au collège des Jésuites, il y étudia les belles-lettres, et se fit remarquer par la vivacité de son esprit, par l’élégance des compositions, et la facilité avec laquelle il était parvenu à placer dans sa mémoire la majeure partie des œuvres de Virgile ; i étudia, hélas ! bien à contre cœur, mais enfin, il étudia jusqu’au bout la jurisprudence, prit la licence, et se fit recevoir avocat au parlement. Arrivé là, les épines que Thémis présente à ses favoris, ne purent convenir à une âme passionnée qui aimait à se perdre dans les rêves de son imagination ; il crut avoir assez montré de courage. Les muses vinrent le prendre, et le bon Godolin s’abandonna à leur aimable séduction. Contemporain du Tasse, il ne suivit pas seulement, comme ce célèbre poète, le penchant de son génie, mais comme lui, il chercha une route nouvelle. La langue d’oc était tombée avec le pouvoir des comtes de Toulouse ; le patois de nos provinces, n’étant plus soutenu ni par la majorité de la nation, ni par l’imprimerie, était devenu le partage du peuple, et cette langue si douce, si harmonieuse, véritable fille de celle que les troubadours avaient parlée, semblait être délaissée pour employer la langue générale du pays. Mais Godolin, qui connaissait les trésors de la linguistique qu’elle renfermait, avant de la laisser se perdre, voulut en sauver les débris ; il la préféra donc à la langue française, qui, froide, sèche et sans charmes, sortait à peine de la grossièreté de son premier âge ; car, suspendue encore aux mamelles de l’antiquité, elle n’était guère alors que du grec ou du latin, traduit en français ; il refusa de jeter ses gracieuses créations dans le moule grec ou romain. Il fallait à son génie un nouvel horizon. Sous la plume de notre compatriote, cette langue parut étincelante de nouvelles beautés ; elle se prêta à tous les tons et devint tour à tour grave, moelleuse, fière ou mélancolique ; son génie lui fit surmonter les difficultés qu’entraîne un dialecte peu usité, et les cordes de sa lyre furent assez dociles pour chanter, avec un talent varié, le ciel, les grands, les bergères et ses amis. Toujours élégant, il a employé avec adresse les fictions et les métaphores les pus ingénieuses. Imitateur heureux de Pindare, d’Horace et d’Anacréon, ses odes sont élevées d’un style noble et soutenu ; ses idylles respirent  la molle délicatesse, la grâce et l’abandon ; ses chansons sont enjouées, élégantes et faciles, et a mélopée, sou ses doigts, se transforme, se module et se ploie à toutes les inspirations, à toutes ses fantaisies. Enfin, tantôt enjoué, tantôt badin, mais toujours énergique, il surprend par la noblesse de ses expressions, dans une langue condamnée à ramper parmi le vulgaire.




Œuvres Complètes de Pierre Godolin
Notes historiques et littéraires par J.-M. Cayla et Paul Cléobule
Editeur Delboy à Toulouse en 1843

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PEIRE GODOLIN

CAMOES OS LUSIADAS III-30 LES LUSIADES

Luís Vaz de Camões Les Lusiades
OS LUSIADAS III-30 LES LUSIADES III-30
LITTERATURE PORTUGAISE

Luis de Camoes Oeuvres obras Artgitato

literatura português

Luis de Camões
[1525-1580]

Tradução – Traduction
texto bilingue

Luis de Camoes Les Lusiades

 

Obra Poética

(1556)

LES LUSIADES III-30

OS LUSIADAS III-30

A Epopeia Portuguesa

 

CHANT III
Canto Terceiro

Traduction Jacky Lavauzelle

verso 30
Strophe 30

III-30

Image illustrative de l'article Vasco de Gama

Vasco de Gama

Vasco da Gama signature almirante.svg

 

******

Luís Vaz de Camões Les Lusiades
OS LUSIADAS III-30
LES LUSIADES III-30

 *****

« Mas o Príncipe Alfonso, que desta arte
« Mais le prince Alphonse, qui
Se chamava, do avô tomando o nome,
S’appelait ainsi car de son grand-père il avait pris le nom,
Vendo-se em suas terras não ter parte,
Voyant que sur ses terres il n’avait aucune part,
Que a mãe, com seu marido, as manda e come,
Et que sa mère, avec son mari, était la seule bénéficiaire ,
Fervendo-lhe no peito o duro Marte,
Bouillonne en-lui la colère du farouche Mars,
Imagina consigo como as tome.
Imagine une stratégie de conquête.
Revolvidas as causas no conceito,
Après une analyses minutieuses des causes,
Ao propósito firme segue o efeito.
Sa ferme intention fut suivie d’effet.

Vasco de Gama par Gregorio Lopes

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Luís Vaz de Camões Les Lusiades
OS LUSIADAS III-30 LES LUSIADES III-30
Traduction Jacky Lavauzelle
ARTGITATO
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White_Fawn_Drawing Faon Diane

LA VIE DE LUIS DE CAMOES

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PREMIERE SATIRE JUVENAL SATVRA I Textes latin & français

SATIRE JUVENAL I
TRADUCTION JACKY LAVAUZELLE

Decimus Iunius Iuvenalis
JUVENAL
~50 -après 128

Les chroniques de Nuremberg
Michael Wolgemut – Wilhelm Pleydenwurff
Gravure sur bois XIVe siècle

 








LITTERATURE LATINE

JUVENAL
LES SATIRES

 

VERSETS DE 1 à 14
Semper ego auditor tantum? numquamne reponam

Ne serai-je jamais qu’un auditeur ? ne réponderai-je jamais
 uexatus totiens rauci Theseide Cordi?
A mon exaspération devant la Théséide d’un Cordus enroué ?

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VERSETS DE 15 à 21
 Et nos ergo manum ferulae subduximus, et nos
Et notre main sous la férule, nous aussi, avons enlevé et avons
consilium dedimus Sullae, priuatus ut altum
Donné des conseils à Sylla : rejoindre son domicile et profondément

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PREMIERE SATIRE JUVENAL
TRADUCTION JACKY LAVAUZELLE

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JUVENAL
LE POINT DE VUE DES PAUVRES GENS
Les historiens ne songent à s’apitoyer que sur les malheurs des grands personnages ; il faut être sénateur ou chevalier pour avoir des droits à leurs larmes ; la pitié de Juvénal descend beaucoup plus bas. Quand il dépeint les malheurs de la société, c’est presque toujours au point de vue des pauvres gens qu’il se place. Il adopte tous leurs préjugés et reproduit leurs plaintes ; il juge le monde comme eux et ne s’appesantit que sur les maux dont ils souffrent. Dans cette première satire, où il étale avec tant de complaisance tous les vices de son temps, il en veut aux riches, moins peut-être de dévorer leur fortune que de la dévorer tout seuls. Débauchés, avares et solitaires, ils n’appellent plus de compagnons pour les aider à se ruiner plus vite. « Eh quoi ! s’écrie Juvénal, il n’y aura donc plus de parasites, nullus jam parasitus erit ! » N’entendez-vous pas ce cri qui sort du cœur des Naevolus, des Umbritius, des Trébius ? Ce n’est certes pas la morale qui peut être fâchée qu’on supprime ce métier honteux ; mais que deviendront ceux qui faisaient profession d’en vivre ? Juvénal s’est mis à leur place, et il a parlé en leur nom.

Gaston Boissier
Les Mœurs romaines sous l’empire
Revue des Deux Mondes
Deuxième période
Tome 87
1870