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Lac d’Oô – Озеро д’Оо – 比利牛斯湖 – 湖OO比利牛斯

Lac d'Oô Pyrénées France Artgitato 0Lac d’Oô – Озеро д’Оо
Pyrénées – Пиренеи – 比利牛斯
比利牛斯湖
湖OO比利牛斯
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Photo Jacky Lavauzelle

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Lac d’Oô
湖OO比利牛斯
Озеро д’Оо

Lac d'Oô Pyrénées France Artgitato 1 Lac d'Oô Pyrénées France Artgitato 2 Lac d'Oô Pyrénées France Artgitato 3 Lac d'Oô Pyrénées France Artgitato 4 Lac d'Oô Pyrénées France Artgitato 5 Lac d'Oô Pyrénées France Artgitato 6 Lac d'Oô Pyrénées France Artgitato 7 Lac d'Oô Pyrénées France Artgitato 9

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LUCHON le 8 juillet 1858

En arrivant à Luchon, je me rends chez P… Ils sont tous en course à Saint-Bertrand. Je m’installe à l’hôtel d’Angleterre. Aspect charmant et élégant de Luchon, comparé aux autres eaux des Pyrénées ; belles maisons, jolis hôtels. Monté à la montagne boisée au-dessus de l’établissement des bains. Des allées tracées qui montent en tout sens dans la forêt la relient aux jardins d’en bas. Charmante promenade, et par un beau soleil. Admiré la richesse et la luxuriance de cette végétation de montagnes. Il semble qu’on y sente le mouvement, la circulation de la vie universelle, la sève qui coule à travers toutes choses, la rie abondante, active, fraîche, riva voluptas. Le sol est couvert de plantes de toutes sortes, éclatantes de fraîcheur (comme les arbres dans Lucrèce, crescendi magnum certamen), de toulfes de fougère vigoureusement épanouies qui se mêlent et s’entrelacent ; et sous toute cette végétation, on entend sourdre et courir l’humidité fécondante qui l’entretient, on sent le ruissellement mystérieux et clair de la rosée éternelle que versent les cimes.
Après dîner, promenade à la tombée de la nuit sur la route de Castel-Viel. On entend résonner de l’autre côté de la vallée l’Angélus d’une petite église qui est au pied du rocher et qu’on distingue à peine dans l’obscurité du soir. Comme ce simple son est solennel ! Du sein de cette nature si grande et si belle, mais qui n’a conscience ni de sa grandeur ni de sa beauté, c’est une voix qui s’élève pour dire qu’il y a là une intelligence en un cœur qui la réfléchit, la comprend ; cette voix semble faible auprès de ces énormes montagnes, de cette large nature qui l’entoure ; et pourtant combien elle est plus grande qu’elle par sa faiblesse même ; car la nature, qui atteste la grandeur de Dieu, ne la comprend pas !
Toute la société rentre à dix heures. Causé pendant leur dîner.

Alfred Tonnellé
Trois mois dans les Pyrénées et dans le midi en 1858
1859 pp. 16-18
Luchon, jeudi, 8 juillet

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Salardú Capitale du Naut Aran – Val d’Aran – L’église Sant Andreu – XIIIe siècle

Salardú Capitale du Naut Aran Val d'Aran Artgitato Pyrénées Espagne 30Salardú Capitale du Naut Aran – Val d’Aran
Pyrénées – Пиренеи – 比利牛斯
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Photo Jacky Lavauzelle

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Salardú
Capitale du Naut Aran
L’église Sant Andreu
XIIIe siècle
Val d’Aran

Salardú Capitale du Naut Aran Val d'Aran Artgitato Pyrénées Espagne 221 Salardú Capitale du Naut Aran Val d'Aran Artgitato Pyrénées Espagne 31  Salardú Capitale du Naut Aran Val d'Aran Artgitato Pyrénées Espagne 0 Salardú Capitale du Naut Aran Val d'Aran Artgitato Pyrénées Espagne 29 Salardú Capitale du Naut Aran Val d'Aran Artgitato Pyrénées Espagne 28 Salardú Capitale du Naut Aran Val d'Aran Artgitato Pyrénées Espagne 27 Salardú Capitale du Naut Aran Val d'Aran Artgitato Pyrénées Espagne 26 Salardú Capitale du Naut Aran Val d'Aran Artgitato Pyrénées Espagne 25 Salardú Capitale du Naut Aran Val d'Aran Artgitato Pyrénées Espagne 24 Salardú Capitale du Naut Aran Val d'Aran Artgitato Pyrénées Espagne 23 Salardú Capitale du Naut Aran Val d'Aran Artgitato Pyrénées Espagne 22 Salardú Capitale du Naut Aran Val d'Aran Artgitato Pyrénées Espagne 20 Salardú Capitale du Naut Aran Val d'Aran Artgitato Pyrénées Espagne 19 Salardú Capitale du Naut Aran Val d'Aran Artgitato Pyrénées Espagne 17 saint philippe Salardú Capitale du Naut Aran Val d'Aran Artgitato Pyrénées Espagne 16 Salardú Capitale du Naut Aran Val d'Aran Artgitato Pyrénées Espagne 15 Salardú Capitale du Naut Aran Val d'Aran Artgitato Pyrénées Espagne 14 Salardú Capitale du Naut Aran Val d'Aran Artgitato Pyrénées Espagne 13 Salardú Capitale du Naut Aran Val d'Aran Artgitato Pyrénées Espagne 11 Salardú Capitale du Naut Aran Val d'Aran Artgitato Pyrénées Espagne 10 Salardú Capitale du Naut Aran Val d'Aran Artgitato Pyrénées Espagne 9 Salardú Capitale du Naut Aran Val d'Aran Artgitato Pyrénées Espagne 8 Salardú Capitale du Naut Aran Val d'Aran Artgitato Pyrénées Espagne 7 Salardú Capitale du Naut Aran Val d'Aran Artgitato Pyrénées Espagne 6 Salardú Capitale du Naut Aran Val d'Aran Artgitato Pyrénées Espagne 5 Salardú Capitale du Naut Aran Val d'Aran Artgitato Pyrénées Espagne 4 Salardú Capitale du Naut Aran Val d'Aran Artgitato Pyrénées Espagne 3 Salardú Capitale du Naut Aran Val d'Aran Artgitato Pyrénées Espagne 2 Salardú Capitale du Naut Aran Val d'Aran Artgitato Pyrénées Espagne 1

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GAULE
LE VAL D’ARAN PASSAGE DES
BANDES CHASSEES D’ESPAGNE

Les Pyrénées naturellement commandèrent plus fortement leur attention. Ces montagnes avaient déjà l’aspect dénudé qui nous frappe aujourd’hui, et il n’en fallut pas davantage pour engendrer la légende d’un incendie allumé par des bergers qui aurait dévoré les forêts d’un bout à l’autre. Cela n’expliquait-il pas leur nom par le rapprochement avec le mot grec pyr, feu ? Mais outre qu’il est infiniment peu probable que le grec ait fourni aux Celtibères le nom de leurs montagnes, il semble que l’eau eut bien plus de part que le feu au déboisement de ces pentes ardues. Le buis et les eaux thermales des Pyrénées sont vantés par Pline. Leurs neiges et leurs lacs glacés ont été chantés par Lucain. Le passage le plus fréquenté depuis la plus haute antiquité fut celui qui faisait partie de la route de Barcelone à Narbonne, passant par Girone et le col de Pertus, Un autre donnait accès à la route de Saragosse (Cœsar-Augusta) à Oléron ; un troisième permettait d’aller de Pampelune à Dax par le Summum Pyrenœum (Roncevaux) et l’Imum Pyrenœum (Saint-Jean-Pied-de-Port). Les Romains changèrent ces sentiers de chèvres en belles routes. Mais il y avait indubitablement d’autres passages encore, entre autres celui du val d’Arran par où passèrent des bandes chassées d’Espagne qui fondèrent le « Lyon des Réunis, » Lugdunum convenarum, dont on ne soupçonnerait jamais le nom antique sous l’appellation moderne de Saint-Bertrand de Comminges. Les fleuves font aussi partie du capital permanent de la terre gauloise, bien que leurs embouchures, nous allons bientôt le voir, aient singulièrement changé d’aspect.
Revue des Deux Mondes tome 34, 1879
Albert Réville
La géographie de la Gaule

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AOÛT 1799
LA FUITE DES DERNIERS ROYALISTES PAR LE VAL D’ARAN

La veille, le général de brigade Aubugeois, sorti de Toulouse avec les troupes qui y étaient réunies, avait battu les insurgés à l’extrémité du faubourg Saint-Michel ; le 23 (10 août) il les battait de nouveau et, le 24 (11 août), après un nouveau succès, il entrait à l’Isle-Jourdain, coupant par là les communications entre les insurgés de la Haute-Garonne et ceux du Gers. Battus aussi dans l’Ariège où fut distribuée une proclamation de Souvorov aux Français, les insurgés l’étaient également à Beaumont-de-Lomagne, le 3 fructidor (20 août). Ce même jour, les insurgés concentrés en masse à Montréjeau étaient attaqués à la fois, du côté de Lannemezan, par un petit corps que l’administration centrale des Hautes-Pyrénées y avait judicieusement et rapidement réuni, et, du côté de Saint-Gaudens, par des troupes qui venaient de reprendre Saint-Martory où, quelques jours avant, les insurgés avaient obtenu un succès. Les royalistes furent complètement écrasés ; ceux qui purent échapper gagnèrent l’Espagne par Bagnères-de-Luchon et le val d’Aran. Ce fut la fin de l’insurrection dont les principaux chefs avaient été : Rougé de Paulo, Gallias, Lamothe-Vedel, Labarrère, d’Espouy, de Palaminy, de Sainte-Gemme, de Valcabrère (L’insurrection royaliste en l’an VII, par Lavigne). Quand le général Frégeville, envoyé le 26 thermidor (13 août) par le Directoire, arriva à Toulouse, tout était terminé grâce aux courageux efforts de quelques municipalités républicaines.
Histoire socialiste
 Thermidor & Directoire (1794-1799)
 Chapitre XX
Le 30 prairial an VII. — Insurrections royalistes.
 (Vendémiaire an VII à vendémiaire an VIII-septembre 1798 à octobre 1799.)

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VAL D’ARAN
Un sentiment d’élévation et de paix sublime

« Je m’attarde, et m’assieds seul un quart d’heure au bas du sommet, au-dessus du val d’Aran, que couronnant encore les monts de la Catalogne. Lumière chaude et vaporeuse du Midi. Il faut un peu de solitude et de recueillement pour se pénétrer du sentiment d’élévation et de paix sublime qu’inspirent ces hauteurs. On ne voit plus que des sommets purs nageant dans l’éther, et tendant en haut pour s’y perdre dans la sérénité et la tranquillité ; les bas lieux de la terre ont disparu et sont oubliés. Puissent toutes les basses pensées, tous les soucis vulgaires, tout ce qui rattache et rabat notre vol vers l’udam humum disparaître avec eux ! Mais combien et des meilleurs les font monter avec eux jusqu’en ces hautes régions ! Combien de souillures et de vils désirs, ou de mesquines préoccupations d’âmes émoussées, ont promenez ; sans respect sur ces temples sereins ! Mais ils n’en gardent pas la trace. Les souillures des hommes s’y fondent et s’y effacent plus vite que leur neige au soleil, et ils demeurent éternellement purs et frais, source éternelle de fraîcheur et de pureté à l’âme qui sait s’y isoler et s’y asseoir. »

Alfred Tonnellé
Trois mois dans les Pyrénées et dans le midi en 1858
1859 – pp. 67-78
Luchon. jeudi, 22 juillet.
Course de Bacanère

Saint-Bertrand-de-Comminges – 圣·贝特朗·德科曼 – Санкт-Бертран де Коменж


Saint-Bertrand-de-Comminges France Pyrénées Artgitato 0

Ville Basse, Ville Haute et la Cathédrale Notre-Dame de Saint-Bertrand-de-Comminges

Saint-Bertrand-de-Comminges
Haute-Garonne (31)
Pyrénées – Пиренеи – 比利牛斯
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Saint-Bertrand-de-Comminges France Pyrénées Artgitato 123

Le mausolée de saint Bertrand
peintures du XVIIe siècle
La cathédrale Notre-Dame

Photo Jacky Lavauzelle

 

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Saint-Bertrand-de-Comminges
圣·贝特朗·德科曼
Санкт-Бертран де Коменж

 

DES PAYSAGES FANTASTIQUES
VUS PAR MICHELET

Tout ce Midi, si beau, c’est néanmoins, comparé au Nord, un pays de ruines. Passez les paysages fantastiques de Saint-Bertrand de Comminges et de Foix, ces villes qu’on dirait jetées là par les fées ; passez notre petite Espagne de France, le Roussillon, ses vertes prairies, ses brebis noires, ses romances catalanes, si douces à recueillir le soir de la bouche des filles du pays. Descendez dans ce pierreux Languedoc, suivez-en les collines mal ombragées d’oliviers, au chant monotone de la cigale. Là, point de rivières navigables ; le canal des deux mers n’a pas suffi pour y suppléer ; mais force étangs salés, des terres salées aussi, où ne croit que le salicor ; d’innombrables sources thermales, du bitume et du baume, c’est une autre Judée. Il ne tenait qu’aux rabbins des écoles juives de Narbonne de se croire dans leur pays. Ils n’avaient pas même à regretter la lèpre asiatique ; nous en avons eu des exemples récents à Carcassonne.
Jules Michelet
Tableau de la France : géographie physique, politique et morale
A. Lacroix et Cie, 1875 – pp. 32-35
La Gascogne. — La Navarre. — Les Basques

Saint-Bertrand-de-Comminges France Artgitato 7

Chemin vers la Ville Haute

Saint-Bertrand-de-Comminges France Artgitato 6 Saint-Bertrand-de-Comminges France Artgitato 5 Saint-Bertrand-de-Comminges France Artgitato 4 Saint-Bertrand-de-Comminges France Artgitato 3 Saint-Bertrand-de-Comminges France Artgitato 2 Saint-Bertrand-de-Comminges France Artgitato 1

Saint-Bertrand-de-Comminges France Artgitato 17 Saint-Bertrand-de-Comminges France Artgitato 16

le clocher-tour de la cathédrale

Saint-Bertrand-de-Comminges France Artgitato 15 Saint-Bertrand-de-Comminges France Artgitato 14 Saint-Bertrand-de-Comminges France Artgitato 13 Saint-Bertrand-de-Comminges France Artgitato 12 Saint-Bertrand-de-Comminges France Artgitato 11 Saint-Bertrand-de-Comminges France Artgitato 10

 Saint-Bertrand-de-Comminges France Pyrénées Artgitato 122 Saint-Bertrand-de-Comminges France Pyrénées Artgitato 121 Saint-Bertrand-de-Comminges France Pyrénées Artgitato 120 Saint-Bertrand-de-Comminges France Pyrénées Artgitato 119 Saint-Bertrand-de-Comminges France Pyrénées Artgitato 118 Saint-Bertrand-de-Comminges France Pyrénées Artgitato 117

Le tombeau d’Hugues de Castillon
Evêque
1336-1352

Saint-Bertrand-de-Comminges France Pyrénées Artgitato 116

Ex-votoSaint-Bertrand-de-Comminges France Pyrénées Artgitato 115  Saint-Bertrand-de-Comminges France Pyrénées Artgitato 113 Saint-Bertrand-de-Comminges France Pyrénées Artgitato 112   Saint-Bertrand-de-Comminges France Pyrénées Artgitato 109

La Clôture et le Buffet d’Orgues

Saint-Bertrand-de-Comminges France Pyrénées Artgitato 108

Le tombeau d’Hugues de Castillon


Saint-Bertrand-de-Comminges France Pyrénées Artgitato 107
Saint-Bertrand-de-Comminges France Pyrénées Artgitato 106 Saint-Bertrand-de-Comminges France Pyrénées Artgitato 105 Saint-Bertrand-de-Comminges France Pyrénées Artgitato 104 Saint-Bertrand-de-Comminges France Pyrénées Artgitato 103 Saint-Bertrand-de-Comminges France Pyrénées Artgitato 102 Saint-Bertrand-de-Comminges France Pyrénées Artgitato 101 Saint-Bertrand-de-Comminges France Pyrénées Artgitato 100

Saint-Bertrand-de-Comminges France Pyrénées Artgitato 05 Saint-Bertrand-de-Comminges France Pyrénées Artgitato 04

panneau droit du jubé

Saint-Bertrand-de-Comminges France Pyrénées Artgitato 03 Saint-Bertrand-de-Comminges France Pyrénées Artgitato 02 Saint-Bertrand-de-Comminges France Pyrénées Artgitato 01

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Saint-Bertrand-de-Comminges
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Saint-Bertrand-de-Comminges
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Saint-Bertrand-de-Comminges
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Saint-Bertrand-de-Comminges
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Saint-Bertrand-de-Comminges
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Saint-Bertrand de Comminges
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Saint-Bertrand-de-Comminges
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Saint-Bertrand-de-Comminges
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Saint-Bertrand-de-Comminges
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Saint-Bertrand-de-Comminges
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Saint-Bertrand-de-Comminges
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Saint-Bertrand-de-Comminges
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Saint-Bertrand-de-Comminges
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Saint-Bertrand-de-Comminges
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Saint-Bertrand-de-Comminges
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Saint-Bertrand-de-Comminges
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Saint-Bertrand-de-Comminges
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Saint-Bertrand-de-Comminges
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Saint-Bertrand-de-Comminges
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Saint-Bertrand-de-Comminges

 

 

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Saint-Bertrand-de-Comminges

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LE BUFFET D’ORGUE
de Saint-Bertrand-de-Comminges

Ici, l’instrument est porté par des encorbellements, la partie inférieure n’ayant guère que la largeur nécessaire aux claviers et aux registres. Cette disposition permettait à des musiciens, joueurs d’instruments ou chanteurs, de se placer dans la tribune autour de l’organiste, assis dans la petite chaire portée sur un cul-de-lampe ; et, sous ce rapport, elle mérite d’être signalée. Du reste, même système de menuiserie qu’à Perpignan et à Soliès. Ce sont les tuyaux qui commandent la forme de la boiserie, celle-ci les laissant apparents dans toute leur hauteur et suivant leur déclivité. Nous citerons encore les buffets d’orgues de la cathédrale de Strasbourg, des églises de Gonesse, de Moret près Fontainebleau, de Clamecy, de Saint-Bertrand de Comminges, de la cathédrale de Chartres, qui datent de la fin du XVe siècle et du XVIe. La menuiserie de tous ces buffets est soumise à l’instrument et ne fait que le couvrir ; les panneaux à jour ne remplissent que les vides existant entre l’extrémité supérieure de ces tuyaux et les plafonds, afin de permettre l’émission du son ; quant au mécanisme et aux porte-vent, ils sont complètement renfermés entre les panneaux pleins des soubassements.

Dictionnaire raisonné de l’architecture française du XIe au XVIe siècle/Buffet (d’orgues)

Saint-Bertrand-de-Comminges France Pyrénées Artgitato 111

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LES STALLES DE SAINT-BERTRAND-DE-COMMINGES

Des stalles du XVIe siècle présentent encore quelque intérêt, entre autres celles des églises de Saint-Bertrand de Comminges (Haute-Garonne), de Montréal (Yonne) ; les beaux fragments déposés dans l’église impériale de Saint-Denis, et qui proviennent de la chapelle du château de Gaillon. Les dorsals de ces stalles sont revêtus d’ouvrages de marqueterie, et les accoudoirs, les patiences, les montants, appartiennent à la plus jolie sculpture du commencement de la renaissance.
Dictionnaire raisonné de l’architecture française
du XIe au XVIe siècle

Stalle

Saint-Bertrand-de-Comminges France Pyrénées Artgitato 110

Vue de la Clôture

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Les animaux dans l’iconographie de
Saint-Bertrand-de-Comminges

L’ordre observé dans la vision de saint Jean se perd, et les quatre animaux ne sont plus là que comme la personnification admise par tous, des quatre évangélistes. On les retrouve aux angles des tours, comme à la tour Saint-Jacques-la-Boucherie de Paris, XVIe siècle ; dans les angles laissés par les encadrements qui circonscrivent les roses, dans les tympans des pignons, sur les contre-forts des façades, dans les clefs de voûtes, et même dans les chapiteaux des piliers de chœurs. Avant le XIIIe siècle, les quatre animaux sont ordinairement seuls ; mais, plus tard, ils accompagnent souvent les évangélistes qu’ils sont alors destinés à faire reconnaître. Cependant, nous citerons un exemple curieux de statues d’évangélistes de la fin du XIIe siècle, qui portent entre leurs bras les animaux symboliques. Ces quatre statues sont adossées à un pilier du cloître de Saint-Bertrand de Comminges. La décoration des édifices religieux et civils présente une variété infinie d’animaux fantastiques pendant la période du moyen âge. Les bestiaires des XIIe et XIIIe siècles attribuaient aux animaux réels ou fabuleux des qualités symboliques dont la tradition s’est longtemps conservée dans l’esprit des populations, grâce aux innombrables sculptures et peintures qui couvrent nos anciens monuments…

Animaux_cloitre_Saint_Bertrand_Comminges

Animaux
Cloître de Saint-Bertrand-de-Comminges

Dictionnaire raisonné de l’architecture française
du XIe au XVIe siècle
Animaux

Saint-Bertrand-de-Comminges France Pyrénées Artgitato 114

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Une Balade dans le Comminges en juillet 1858

« Au jour, gros nuages gris. Saint-Gaudens, affreux petit bourg sur une éminence. On sent l’approche de la montagne ; la route devient montueuse et accidentée ; la vallée de la Garonne se resserre entre deux lignes de montagnes. Cette entrée est jolie, riante et fertile, avec un fond accidenté. On laisse Saint-Bertrand-de-Comminges à droite, ville antique avec une belle église et un cloître. Cierp, dernier relais avant Luchon, joli village assis sur les eaux écumantes du torrent, au confluent de la vallée de la Garenne, qu’on quitte ici, et de celle de la Pique. Après Saint-Béat, on entre dans la vallée de Luchon, bordée de montagnes aux pentes douces et arrondies. Luchon ne se voit pas de loin ; il est situé à l’entrée d’une vallée latérale au pied de la montagne de Cazaril. Arrivé à dix heures et demie. »

Alfred Tonnellé
Trois mois dans les Pyrénées et dans le midi en 1858
1859 -pp. 9-15
Toulouse, mercredi, 7 juillet

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LE TRESOR DE
SAINT-BERTRAND-DU-COMMINGES

Souvent, sur les coffrets, étaient sculptées des chasses, des scènes tirées de romans en vogue, des inscriptions, etc. Il existe encore, dans le trésor de l’église de Saint-Bertrand de Comminges, un coffret de bois recouvert de plaques de cuivre jaune estampé, sur lesquelles sont figurés en relief des chevaliers, des dames, des animaux.

Dictionnaire raisonné du mobilier français de l’époque carlovingienne à la Renaissance
Coffret

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le « Lyon des Réunis, »
Lugdunum convenarum

Les Pyrénées naturellement commandèrent plus fortement leur attention. Ces montagnes avaient déjà l’aspect dénudé qui nous frappe aujourd’hui, et il n’en fallut pas davantage pour engendrer la légende d’un incendie allumé par des bergers qui aurait dévoré les forêts d’un bout à l’autre. Cela n’expliquait-il pas leur nom par le rapprochement avec le mot grec pyr, feu ? Mais outre qu’il est infiniment peu probable que le grec ait fourni aux Celtibères le nom de leurs montagnes, il semble que l’eau eut bien plus de part que le feu au déboisement de ces pentes ardues. Le buis et les eaux thermales des Pyrénées sont vantés par Pline. Leurs neiges et leurs lacs glacés ont été chantés par Lucain. Le passage le plus fréquenté depuis la plus haute antiquité fut celui qui faisait partie de la route de Barcelone à Narbonne, passant par Girone et le col de Pertus, Un autre donnait accès à la route de Saragosse (Cœsar-Augusta) à Oléron ; un troisième permettait d’aller de Pampelune à Dax par le Summum Pyrenœum (Roncevaux) et l’Imum Pyrenœum (Saint-Jean-Pied-de-Port). Les Romains changèrent ces sentiers de chèvres en belles routes. Mais il y avait indubitablement d’autres passages encore, entre autres celui du val d’Arran par où passèrent des bandes chassées d’Espagne qui fondèrent le « Lyon des Réunis, » Lugdunum convenarum, dont on ne soupçonnerait jamais le nom antique sous l’appellation moderne de Saint-Bertrand de Comminges. Les fleuves font aussi partie du capital permanent de la terre gauloise, bien que leurs embouchures, nous allons bientôt le voir, aient singulièrement changé d’aspect.
Revue des Deux Mondes tome 34, 1879
Albert Réville
La géographie de la Gaule

MONUMENTO MARTINEZ CAMPOS Madrid Памятник Мартинес Кампос

Madrid – Мадрид – 马德里
Monumento Martinez Campos
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Madrid Blason Artgitato  Madrid L'Ours & L'arbousier Artgitato La estatua del oso y del madroño

Photo Jacky Lavauzelle
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Madrid Drapeau Artgitato



 MONUMENTO A MARTINEZ CAMPOS
Monument à Martinez Campos
Памятник Мартинес Кампос

PARQUE DE EL RETIRO

 

Arsenio Martínez-Campos Antón
1831-1900

Arsenio_martinez_campos

Martinez Campos Monumento Monument Parque de El Retiro Madrid Artgitato (1) Martinez Campos Monumento Monument Parque de El Retiro Madrid Artgitato (2) Martinez Campos Monumento Monument Parque de El Retiro Madrid Artgitato (3) Martinez Campos Monumento Monument Parque de El Retiro Madrid Artgitato (4)

UN DES PLUS BRILLANTS CHEFS MILITAIRE DE L’ESPAGNE
LE PACIFICATEUR DE CUBA
1879

L’Espagne à son tour vient d’avoir sa crise intérieure, une crise ministérielle qui s’est dénouée en quelques jours par la retraite de M. Canovas del Castillo et par l’avènement à la présidence du conseil du général Martinez Campos. A proprement parler, ce n’est point un changement de direction politique, puisque le nouveau cabinet comme l’ancien est l’expression des opinions conservatrices libérales qui ont trouvé jusqu’ici une majorité dans les cortès, et que de plus, comme pour rendre le fait plus sensible, quelques-uns des collègues de M. Canovas del Castillo, M. de Toreno, M. Orovio, M. Pavia, restent dans le ministère du général Martinez Campos. La modification qui vient de s’accomplir à Madrid n’a pas moins sa gravité parce qu’elle est la première de cette importance depuis le rétablissement de la monarchie et parce qu’elle est née de circonstances particulières. Comment s’est donc produite cette crise qui pendant quelques jours a si vivement occupé Madrid ? Mon Dieu ! il y a peut-être au fond une raison bien simple, très humaine, qui joue souvent un plus grand rôle qu’on ne le croit dans la politique : ces » que M. Canovas del Castillo était depuis longtemps aux affaires ! M. Canovas del Castillo a été le véritable organisateur de cette restauration espagnole dont le général Martinez Campos avait été le premier promoteur militaire. Depuis l’avènement du roi Alphonse, il n’a cessé d’être au pouvoir, ayant à faire face à des difficultés de toute sorte, à la guerre civile du nord, à l’insurrection de Cuba, à toutes les nécessités d’une réorganisation intérieure, déployant à cette œuvre autant de souplesse que de fermeté, évitant toute concession aux idées anarchiques et toute réaction absolutiste ou religieuse. Il a voulu être le premier ministre d’une restauration constitutionnelle, il a réussi ; mais il est depuis plus de quatre ans déjà au pouvoir, et dans un pays comme l’Espagne, même dans bien d’autres pays, un ministère si prolongé finit par irriter les partis à peine réconciliés, M, Canovas del Castillo était le premier à le sentir ; il comprenait qu’à l’approche d’une dissolution devenue inévitable des cortès il devait offrir au roi sa démission, ne fût-ce que pour ne pas paraître vouloir prolonger son règne ministériel à la faveur des élections. Rien n’était encore décidé cependant, et ce qui en réalité a déterminé ou précipité la crise, c’est l’arrivée à Madrid du général Martinez Campos revenant en triomphateur de Cuba.
Le général Martinez Campos, qui le premier il y a quatre ans relevait le drapeau du roi Alphonse, est aujourd’hui un des plus brillants chefs militaires de l’Espagne. Après avoir contribué avec un certain éclat à terminer la guerre carliste, il vient de passer deux années à Cuba, où il a réussi à en finir avec une insurrection de dix ans. Il ne s’est pas borné à agir en soldat, il a procédé en politique. Il n’a pas tardé à comprendre que cette pacification qu’il venait de réaliser ne serait durable qu’avec de grandes et sérieuses réformes politiques, commerciales, financières. Il s’est fait tout un programme, et c’est pour assurer la réalisation de ce programme qu’il est revenu récemment à Madrid avec le prestige d’un nom popularisé par le succès. Les idées du gouverneur de Cuba peuvent être justes ; mais on ne peut se dissimuler qu’elles sont de nature à imposer de singulières charges aux finances déjà assez pauvres de l’Espagne et qu’elles touchent à bien des intérêts puissants, tenaces de la métropole, M. Canovas del Castillo a-t-il vu tout de suite qu’il ne pourrait accepter la responsabilité d’une politique qui, dans tous les cas, avait besoin de la sanction de nouvelles cortès ? Il a cru surtout évidemment l’occasion favorable pour s’effacer devant un brillant successeur, et c’est dans ces conditions que le jeune roi, après avoir consulté tous les chefs de partis, après avoir écouté tout le monde, s’est décidé à appeler à la présidence du conseil le général Martinez Campos lui-même. Aujourd’hui, c’est sous les auspices du nouveau ministère que vont être élues les cortès appelées à sanctionner ou à modifier les plans de l’heureux pacificateur de Cuba ; mais, quel que soit le sort des réformes coloniales, c’est toujours visiblement la politique constitutionnelle, la politique de libéralisme conservateur, qui garde le pouvoir et l’ascendant au delà des Pyrénées.

Charles de Mazade
Chronique de la quinzaine, histoire politique et littéraire – 14 mars 1879
Revue des Deux Mondes, 3e période
Tome 32, 1879 pp. 469-480

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LE GENERAL MARTINEZ CAMPOS  EN 1888

« Comment cela s’est-il passé ? On ne s’y attendait peut-être pas sitôt. Un incident imprévu et assez singulier, d’une nature assez délicate, est venu tout précipiter. En l’absence de la reine, il est d’usage que la première autorité militaire de Madrid aille tous les jours prendre le mot d’ordre auprès de la personne de la famille royale la plus rapprochée du trône. Après le départ de la régente, le capitaine-général de la Nouvelle-Castille, gouverneur militaire de Madrid, le général Martinez Campos, qui est un personnage important de la situation, s’est conformé à l’usage en se rendant tous les jours auprès de l’infante Isabelle, qui a été elle-même un moment princesse des Asturies, héritière du trône. L’infante Isabelle a quitté à son tour Madrid ; il n’est plus resté que l’infante Eulalia, mariée à un fils du duc de Montpensier, officier dans l’armée active, et le gouverneur de Madrid, s’en tenant strictement à l’ordonnance militaire, ne s’est plus cru obligé d’aller chercher le mot d’ordre auprès d’une princesse dont le mari est son subordonné. La question a été soumise au ministre de la guerre, qui était en ce moment auprès de la régente à Barcelone, et le ministre, le général Cassola, paraît avoir répondu d’un ton impérieux et cassant, en homme qui n’était pas lâché de faire sentir son autorité au gouverneur de Madrid. Le général Martinez Campos a répondu aussitôt par sa démission, — et voilà la guerre allumée pour le mot d’ordre qui n’a pas été demandé à l’infante ! S’il y a eu quelque plainte, elle ne paraît pas être venue de l’infante elle-même, et comme, d’un autre côté, le général Martinez Campos, qui est un des principaux auteurs de la restauration, un des serviteurs les plus résolus de la monarchie, ne peut pas être soupçonné d’avoir voulu manquer d’égards à une personne de la maison royale, il est clair que l’incident survenu à Madrid n’a été qu’une occasion. La question d’étiquette n’a été qu’un prétexte dans une situation déjà compromise, devenue de plus en plus laborieuse et confuse par le trouble des partis, par l’ébranlement de la majorité ministérielle, par la difficulté qu’éprouve le chef du cabinet, M. Sagasta, à faire accepter sa politique. Le fait est que, depuis quelque temps, le ministère rencontre une assez vive opposition, même parmi ses amis. Le ministre de la guerre, le général Cassola, avec ses réformes militaires, n’a réussi qu’à mettre successivement contre lui tous les généraux. Le ministre des finances, de son côté, M. Puigcerver, avec ses projets économiques, a soulevé les plus vives contradictions. Le président du conseil, enfin, s’est exposé à lasser ses partisans avec sa politique semi-réformatrice, à la fois agitée et indécise. Tout tendait à se disloquer, et le général Martinez Campos, qui représente une des fractions constitutionnelles dont l’appui a été jusqu’ici une des forces du ministère, le général Martinez Campos, par sa retraite, n’a fait que hâter une crise qui se préparait depuis quelque temps déjà.
Ce qui sortira maintenant de cette crise ouverte à Madrid est assez difficile à prévoir, d’autant plus que les conditions parlementaires n’ont rien de clair et de précis. Le chef du cabinet, M. Sagasta, est sans doute un homme de ressources et de dextérité, expert dans toutes les combinaisons, habile à raffermir une situation ébranlée et à refaire un ministère. Il paraît évident, toutefois, que le système d’équilibre qu’il a suivi jusqu’ici est à peu près épuisé. Il est obligé de prendre un parti, de se décider à chercher un appui dans un libéralisme plus avancé, dont il devra payer l’alliance par des concessions nouvelles, ou de se replier vers les groupes constitutionnels plus modérés, en ajournant quelques-unes des réformes qu’il a inscrites dans son programme. Ce sont des évolutions qui ne sont peut-être pas sans difficultés et sans périls, même pour un tacticien expérimenté. Si M. Sagasta, soit par lassitude, soit par prévoyance, croit le moment venu pour lui de quitter le pouvoir, il n’y a plus que cette alternative : ou bien les conservateurs dirigés par M. Canovas del Castillo reviendront avant peu aux affaires, ou bien il se formera un cabinet avec le ministre de la justice, M. Alonso Martinez, qui représente un libéralisme modéré, les opinions constitutionnelles auxquelles se rallie le général Martinez Campos. Ce serait, dans tous les cas, une expérience nouvelle, et c’est ainsi que les brillantes fêtes de Barcelone ont pour lendemain cette crise ministérielle que la reine et le président du conseil ont trouvée ouverte à Madrid, qui a cela de caractéristique qu’elle est la première crise un peu décisive depuis l’inauguration de la régence espagnole. »

Ch. de Mazade
Chronique de la quinzaine, histoire politique et littéraire – 14 juin 1888
Revue des Deux Mondes, 3e période,
tome 87, 1888 – pp. 945-956