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FRANK WEDEKIND Frühlings Erwachen I-3 L’EVEIL DU PRINTEMPS 1891

*LITTERATURE ALLEMANDE
Dramatische Werke
Théâtre Allemand

Frank Wedekind

1864 Hannover Hanovre -1918 München Munich

 


L’EVEIL DU PRINTEMPS
Frühlings Erwachen
I-3
1891
Erscheinungsjahr
Année de publication

Franz Marc
Der Traum – Le Rêve
1912
Musée Thyssen-Bornemisza
Madrid

*********

TRADUCTION JACKY LAVAUZELLE

****************

Acte 1
Erster Akt
 Scène 3
Dritte Szene

Thea, Wendla und Martha- kommen Arm in Arm die Straße herauf.
Théa, Wendla et Martha arrivent par la rue en se tenant les bras.

MARTHA
Wie einem das Wasser ins Schuhwerk dringt!

Comme l’eau rentre dans ces chaussures !

WENDLA
Wie einem der Wind um die Wangen saust!

Comme le vent souffle sur les joues !

THEA
Wie einem das Herz hämmert!

Comme le cœur bat !

WENDLA
Gehn wir zur Brücke hinaus!

Sortons et allons au pont !
Ilse sagte, der Fluß führe Sträucher und Bäume.
Il se dit que sur la rivière, ils transportent des arbustes et des arbres
Die Jungens haben ein Floß auf dem Wasser.
. Les garçons ont un radeau sur l’eau.
Melchi Gabor soll gestern abend beinah ertrunken sein.
Melchi Gabor s’est presque noyé hier soir.

THEA
O der kann schwimmen!

Il sait nager pourtant !

MARTHA
Das will ich meinen, Kind!

Je le pense aussi, mon enfant !

WENDLA
Wenn der nicht hätte schwimmen können wäre er wohl sicher ertrunken!

S’il n’avait pas su si bien nager, il se serait sûrement noyé !

THEA
Dein Zopf geht auf, Martha; dein Zopf geht auf!

Ta tresse s’en va, Martha, ta tresse s’en va !

MARTHA
Puh – laß ihn aufgehn!

Peuh ! laisse-la donc tranquille !
Er ärgert mich so Tag und Nacht.
Elle me le fait jour et nuit.
Kurze Haare tragen wie du darf ich nicht, das Haar offen tragen wie Wendla darf ich nicht, Ponyhaare tragen darf ich nicht, und zu Hause muß ich mir gar die Frisur machen
Je ne peux ni porter les cheveux courts comme toi ni comme Wendla, je ne peux pas porter les cheveux au vent comme Wendla,  je ne suis pas autorisée à porter une frange et je dois me les coiffer seule
 – alles der Tanten wegen!
– tout ça pour obéir à mes tantes !

WENDLA
Ich bringe morgen eine Schere mit in die Religionsstunde.

J’apporterai demain une paire de ciseaux au cours de religion.
Während du »Wohl dem, der nicht wandelt« rezitierst, werd’ ich ihn abschneiden.
Pendant que tu chanteras « Heureux l’homme qui ne s’égare pas» je te les couperai.

MARTHA
Um Gottes willen, Wendla!

Pour l’amour de Dieu, Wendla !
Papa schlägt mich krumm, und Mama sperrt mich drei Nächte ins Kohlenloch.
Papa me battra, et maman m’enfermera trois nuits dans le trou à charbon.

WENDLA
Womit schlägt er dich, Martha?

Il te bat ?

MARTHA
Manchmal ist es mir, es müßte ihnen doch etwas abgehen, wenn sie keinen so schlecht gearteten Balg hätten wie ich.

Parfois, il m’arrive de penser que sans moi, ils leur manqueraient quelque chose.

THEA
Aber Mädchen!

Mais ma fille !

MARTHA
Hast du dir nicht auch ein himmelblaues Band durch die Hemdpasse ziehen dürfen?

Est-ce que tu n’as pas pu glisser un ruban bleu à travers ton corsage ?

THEA
Rosa Atlas!

Rose satin !
Mama behauptet, Rosa stehe mir bei meinen pechschwarzen Augen.
Maman dit que le rose se marie bien à mes yeux de jais.

MARTHA
Mir stand Blau reizend!

Le bleu m’allait bien !
– Mama riß mich am Zopf zum Bett heraus.
– Maman m’a tirée par les tresses du lit.
So – fiel ich mit den Händen vorauf auf die Diele.
Alors – je suis tombée avec les mains sur le plancher.
– Mama betet nämlich Abend für Abend mit uns…
– Maman prie tous les soirs avec nous …

WENDLA
Ich an deiner Stelle wäre ihnen längst in die Welt hinausgelaufen.

Moi, depuis longtemps j’aurais lâché ça pour entrer dans le monde.

MARTHA
– o sie wolle noch sehen!
– Elle voudrait m’y voir !
Meiner Mutter wenigstens solle ich einmal keine Vorwürfe machen können…
Ma mère, qu’au moins une fois je ne puisse pas la blâmer …

THEA
Hu – Hu –

Hou ! Hou !

MARTHA
Kannst du dir denken, Thea, was Mama damit meinte?

Comprends-tu, Théa ce que maman voulait dire ?

THEA
Ich nicht.

Moi non.
– Du, Wendla?
– Et toi, Wendla ?




WENDLA
Ich hätte sie einfach gefragt.

Je lui aurais posé la question.

MARTHA
Ich lag auf der Erde und schrie und heulte.
J’étais sur le sol et je criais et je pleurais.
Da kommt Papa.
Alors Papa est arrivé.
Ritsch – das Hemd herunter.
Cratch- ma chemise s’est défaite et elle est tombée.
Ich zur Türe hinaus.
Moi, je suis restée devant la porte.
Da habe man’s.
Enfin, voilà.
Ich wolle nun wohl so auf die Straße hinunter…
Je voulais descendre comme ça dans la rue…

WENDLA
Das ist doch gar nicht wahr, Martha.

Non, ce n’est pas vrai, Martha.

MARTHA
Ich fror.

J’étais gelé.
 Ich schloß auf.
Je suis rentrée.
Ich habe die ganze Nacht im Sack schlafen müssen.
J’ai dormi toute la nuit dans un sac.

THEA
Ich könnte meiner Lebtag in keinem Sack schlafen!

Moi, je ne pourrais jamais dormir dans un sac !

WENDLA
Ich möchte ganz gern mal für dich in deinem Sack schlafen.

J’aimerais bien dormir pour toi dans ton sac.

MARTHA
Wenn man nur nicht geschlagen wird.

Mais si on ne te bat pas.

THEA
Aber man erstickt doch darin!

Mais on y suffoque !

MARTHA
Der Kopf bleibt frei.

La tête reste libre.
Unter dem Kinn wird zugebunden.
Sous le menton, tu fais un nœud.

THEA
Und dann schlagen sie dich?

Et ensuite on te bat ?








MARTHA
Nein. Nur wenn etwas Besonderes vorliegt.

Non. Seulement si je fais quelque chose de spécial.

WENDLA
Womit schlägt man dich, Martha?

Avec quoi on te bat, Martha ?

MARTHA
Ach was – mit allerhand.

Ah ! Avec toutes sortes de choses
– Hält es deine Mutter auch für unanständig, im Bett ein Stück Brot zu essen?
– Et toi, ta mère trouve-t-elle indécent le fait de manger un morceau de pain au lit ?

WENDLA
Nein, nein.

Non, non.

MARTHA
Ich glaube immer, sie haben doch ihre Freude – wenn sie auch nichts davon sagen. 

Je crois toujours qu’ils y prennent du plaisir- même s’ils ne disent rien.
Wenn ich einmal Kinder habe, ich lasse sie aufwachsen wie das Unkraut in unserem Blumengarten.
Si j’ai des enfants, je les laisserai grandir comme des mauvaises herbes dans notre jardin fleuri.
Um das kümmert sich niemand, und es steht so hoch, so dicht – während die Rosen in den Beeten an ihren Stöcken mit jedem Sommer kümmerlicher blühn.
Personne ne s’en soucie, et elles s’élèvent hautes et poussent épaisses, alors que les roses dans les parterres de fleurs sur leurs bâtons fleurissent chaque été de plus en plus misérables.

THEA
Wenn ich Kinder habe, kleid’ ich sie ganz in Rosa, Rosahüte, Rosakleidchen, Rosaschuhe.

Si j’ai des enfants, ils auront du rose partout, des chapeaux roses, des robes roses, des chaussures roses.
Nur die Strümpfe – die Strümpfe schwarz wie die Nacht!
Seuls les bas ne seront pas roses- ce seront des bas noirs comme la nuit !
Wenn ich dann spazierengehe, laß ich sie vor mir hermarschieren.
En me promenant, je les laisserai gambader devant moi afin que je les admire.
– Und du, Wendla?
– Et toi, Wendla ?

WENDLA
Wißt ihr denn, ob ihr welche bekommt?

Vous ne savez même pas si vous en aurez ?

THEA
Warum sollten wir keine bekommen?

Pourquoi n’en n’aurions nous pas ?

MARTHA
Tante Euphemia hat allerdings auch keine.

Tante Euphémie n’en a pas.








THEA
Gänschen! – weil sie nicht verheiratet ist.

Gourde ! – parce qu’elle est pas mariée.

WENDLA
Tante Bauer war dreimal verheiratet und hat nicht ein einziges.

Tante Bauer n’en a pas non plus et pourtant elle a été mariée trois fois !

MARTHA
Wenn du welche bekommst, Wendla, was möchtest du lieber, Knaben oder Mädchen?

Et si tu en avais, Wendla, tu voudrais des garçons ou des filles ?

WENDLA
Jungens! Jungens!

Des garçons ! Des garçons !

THEA
Ich auch Jungens!

Moi aussi, je voudrais des garçons !

MARTHA
Ich auch.

Moi aussi.
Lieber zwanzig Jungens als drei Mädchen.
Vingt garçons plutôt que trois filles.

THEA
Mädchen sind langweilig!

Les filles sont vraiment ennuyeuses !

MARTHA
Wenn ich nicht schon ein Mädchen geworden wäre, ich würde es heute gewiß nicht mehr.

Si je ne n’étais pas déjà une fille, je ne voudrais certainement pas en être une.

WENDLA
Das ist, glaube ich, Geschmacksache, Martha!

C’est, je pense, une question de goût, Martha!
Ich freue mich jeden Tag, daß ich ein Mädchen bin.
Je suis heureuse moi tous les jours d’être une fille.
Glaub’ mir, ich wollte mit keinem Königssohn tauschen.
Crois-moi, je ne voudrais pas échanger avec le fils d’un roi.
– Darum möchte ich aber doch nur Buben!
– C’est pourquoi je voudrais n’avoir que des garçons!

THEA
Das ist doch Unsinn, lauter Unsinn, Wendla!

C’est un non-sens, un non-sens, Wendla !

WENDLA
Aber ich bitte dich, Kind, es muß doch tausendmal erhebender sein, von einem Manne geliebt zu werden, als von einem Mädchen!

Mais je t’en prie, mon enfant, c’est mille fois plus exaltant d’être aimé par un homme que par une fille !

THEA
Du wirst doch nicht behaupten wollen, Forstreferendar Pfälle liebe Melitta mehr als sie ihn!

Tu penses que Pfälle, le stagiaire forestier,  aime plus Melitta qu’elle ne l’aime !

WENDLA
Das will ich wohl, Thea!

Probablement, Thea !
 – Pfälle ist stolz.
– Pfälle est fier.
Pfälle ist stolz darauf, daß er Forstreferendar ist – denn Pfälle hat nichts.
– Pfälle est fier d’être un stagiaire forestier – car Pfälle n’a rien d’autre.
– Melitta ist selig, weil sie zehntausendmal mehr bekommt, als sie ist.
Melitta est bénie car elle recevra dix mille fois plus que sa valeur.

MARTHA
Bist du nicht stolz auf dich, Wendla?

N’es-tu pas fière de toi, Wendla ?

WENDLA
Das wäre doch einfältig.

Ce serait stupide.

MARTHA
Wie wollt’ ich stolz sein an deiner Stelle!

A ta place, comme je voudrais être fière !

THEA
Sieh doch nur, wie sie die Füße setzt
Il suffit de voir comment elle met ses pieds
– wie sie geradeaus schaut

– comme elle regarde droit devant elle
wie sie sich hält, Martha!
– comme elle se tient, Martha.
– Wenn das nicht Stolz ist!
– Si ce n’est pas la fierté ça !

WENDLA
Wozu nur?

Pourquoi ?
Ich bin so glücklich, ein Mädchen zu sein; 
Je suis tellement heureuse d’être une fille ;
wenn ich kein Mädchen wär’, brächt’ ich mich um, um das nächste Mal…
si je n’étais pas une fille, je me tuerais, et la prochaine fois …

 Melchior geht vorüber und grüßt.
Melchior arrive et salue.

THEA
Er hat einen wundervollen Kopf.

Il a un esprit merveilleux.

MARTHA
So denke ich mir den jungen Alexander, als er zu Aristoteles in die Schule ging.

Je pense au jeune Alexandre, lorsqu’il allait à l’école d’Aristote.

THEA
Du lieber Gott, die griechische Geschichte!

Divin Dieu, de l’histoire grecque !
ich weiß nur noch, wie Sokrates in der Tonne lag, als ihm Alexander den Eselsschatten verkaufte.
Je ne sais que Socrate vivait dans un tonneau quand Alexandre lui vendait l’ombre de son âne.

WENDLA
Er soll der Drittbeste in seiner Klasse sein.

Il doit être le troisième meilleur élève dans sa classe.

THEA
Professor Knochenbruch sagt, wenn er wollte, könnte er Primus sein.

Professeur Knochenbruch a pourtant bien dit que s’il voulait, il serait premier.

MARTHA
Er hat eine schöne Stirn, aber sein Freund hat einen seelenvolleren Blick.

Il a un visage agréable, mais son ami a un regard mélancolique.

THEA
Moritz Stiefel? – Ist das eine Schlafmütze!

Moritz Stiefel? – C’est un doux rêveur !

MARTHA
Ich habe mich immer ganz gut mit ihm unterhalten.

Je me suis toujours très bien entendue avec lui.

THEA
Er blamiert einen, wo man ihn trifft.

Il te fait honte quand tu le croises.
Auf dem Kinderball bei Rilows bot er mir Pralinés an.
Au bal des enfants des Rilows, il m’a offert des chocolats.
Denke dir, Wendla, die waren weich und warm.
Imagine, Wendla, ils étaient doux et chauds.
 Ist das nicht…?
N’est-ce pas …?
– Er sagte, er habe sie zu lang in der Hosentasche gehabt.
-Il a dit qu’il les avait dans sa poche depuis trop longtemps.

WENDLA
Denke dir, Melchi Gabor sagte mir damals, er glaube an nichts – nicht an Gott, nicht an ein Jenseits – an gar nichts mehr in dieser Welt.

Sais-tu que  Melchi Gabor m’a dit qu’il ne croyait en rien – qu’il ne croyait pas en Dieu, ni à l’au-delà – à rien dans ce monde.

 

******************

Frank Wedekind
Frühlings Erwachen
L’Eveil du Printemps
Acte 1 Erster Akt
 Scène 3 Dritte Szene

FRANK WEDEKIND Frühlings Erwachen I-2 L’EVEIL DU PRINTEMPS 1891

*LITTERATURE ALLEMANDE
Dramatische Werke
Théâtre Allemand

Frank Wedekind

1864 Hannover Hanovre -1918 München Munich

 


L’EVEIL DU PRINTEMPS
Frühlings Erwachen
I-2
1891
Erscheinungsjahr
Année de publication

Franz Marc
Der Traum – Le Rêve
1912
Musée Thyssen-Bornemisza
Madrid

 

*********

TRADUCTION JACKY LAVAUZELLE

****************

Acte 1
Erster Akt
 Scène 2
Zweite Szene

Sonntag abend
Dimanche soir

Melchior
Das ist mir zu langweilig. Ich mache nicht mehr mit.
Comme c’est ennuyeux ! J’arrête de jouer !

Otto
Dann können wir andern nur auch aufhören! 
Alors, arrêtons-nous aussi !
– Hast du die Arbeiten, Melchior?
– As-tu travaillé, Melchior ?

Melchior
Spielt ihr nur weiter!
Continuez votre jeu !

Moritz
Wohin gehst du?
Où vas-tu ?

Melchior
Spazieren.
Je vais faire un tour.

Georg
Es wird ja dunkel!
Il fait déjà bien sombre !

Robert
Hast du die Arbeiten schon?
Ton travail est déjà fini ?

Melchior
Warum soll ich denn nicht im Dunkeln spazierengehn?
Pourquoi ne devrais-je pas me promener en soirée ?

Ernst
Zentralamerika!
L’Amérique centrale !
 – Ludwig der Fünfzehnte!
– Louis XV !
– Sechzig Verse Homer!
Les soixante vers d’Homère !
– Sieben Gleichungen!
– et les sept équations !

Melchior
Verdammte Arbeiten!
Damné travail !

Georg
Wenn nur wenigstens der lateinische Aufsatz nicht auf morgen wäre!
Si seulement au moins le latin n’était pas pour demain !

Moritz
An nichts kann man denken, ohne daß einem Arbeiten dazwischenkommen!
Sur tout ce que vous pouvez penser, le travail vient s’y immiscer !

Otto
Ich gehe nach Hause.

Je retourne à la maison.

Georg
Ich auch,

Moi aussi.
Arbeiten machen.
Pour travailler.

Ernst
Ich auch, ich auch.
Moi aussi. Moi aussi.

Robert
Gute Nacht, Melchior.

Bonne nuit, Melchior.

Melchior
Schlaft wohl!
Dormez bien !

Alle entfernen sich bis auf Moritz und Melchior.
Tous partent, à l’exception de Moritz et de Melchior.












Melchior
Möchte doch wissen, wozu wir eigentlich auf der Welt sind!

J’aimerais tant savoir pourquoi nous sommes réellement dans le monde !

Moritz
Lieber wollt’ ich ein Droschkengaul sein um der Schule willen! –
Je préférerais être un cheval de fiacre plutôt que d’aller à l’école ! –
Wozu gehen wir in die Schule?
Pourquoi allons-nous à l’école?
– Wir gehen in die Schule, damit man uns examinieren kann!
– Nous allons à l’école afin que nous puissions passer nos examens !
– Und wozu examiniert man uns?
-Et pourquoi nous les passons ?
– Damit wir durchfallen.
– Pour nous les loupions.
– Sieben müssen ja durchfallen, schon weil das Klassenzimmer oben nur sechzig faßt.
– Sept doivent redoubler, parce que la classe au-dessus n’a que soixante places.
– Mir ist so eigentümlich seit Weihnachten…
– Je me sens si étrange depuis Noël…
hol mich der Teufel, wäre Papa nicht, heut noch schnürt’ ich mein Bündel und ginge nach Altona!
par tous les diables, si papa n’était pas là, aujourd’hui même je ferais mon paquetage et direction Altona !

Melchior
Reden wir von etwas anderem. –

Parlons d’autres choses.

Sie gehen spazieren.
Ils partent se promener

Moritz
Siehst du die schwarze Katze dort mit dem emporgereckten Schweif?
Est-ce que tu vois là-bas le chat noir avec sa queue dressée ?

Melchior
Glaubst du an Vorbedeutungen?
Crois-tu aux présages ?

Moritz
Ich weiß nicht recht. –
Je ne sais pas vraiment.
 – Sie kam von drüben her.
– Il vient de là-bas.
Es hat nichts zu sagen.
Cela ne veut rien dire.

Melchior
Ich glaube, das ist eine Charybdis, in die jeder stürzt, der sich aus der Skylla religiösen Irrwahns emporgerungen.
Je pense que c’est une Charybde, où tout le monde se précipite, quand il s’arrache à la Scylla de l’illusion religieuse.
– Laß uns hier unter der Buche Platz nehmen.
– Arrêtons-nous ici sous le hêtre.
Der Tauwind fegt über die Berge.
Le vent du dégel balaie les montagnes.
Jetzt möchte ich droben im Wald eine junge Dryade sein, die sich die ganze lange Nacht in den höchsten Wipfeln wiegen und schaukeln läßt.
Maintenant, je veux être une jeune dryade étage dans la forêt, toute la nuit sur la plus haute cime des arbres, me balançant.

Moritz
Knöpf dir die Weste auf, Melchior!
Déboutonne ta veste, Melchior !

Melchior
Ha – wie das einem die Kleider bläht!
Ha ! Comme il gonfle les vêtements ce vent !

Moritz
Es wird weiß Gott so stockfinster, daß man die Hand nicht vor den Augen sieht.
Dieu qu’il fait sombre à ne pas voir sa main devant les yeux.
Wo bist du eigentlich?
Où es-tu enfin ?
– Glaubst du nicht auch, Melchior, daß das Schamgefühl im Menschen nur ein Produkt seiner Erziehung ist?
– Ne penses-tu pas aussi, Melchior, que le sentiment de honte chez l’homme est seulement un produit de son éducation ?

Melchior
Darüber habe ich erst vorgestern noch nachgedacht.
J’y pensais aussi avant-hier encore.
Es scheint mir immerhin tief eingewurzelt in der menschlichen Natur.
Il me semble, après tout, profondément enraciné dans la nature humaine.
Denke dir, du sollst dich vollständig entkleiden vor deinem besten Freund.
Imagine, tu dois te déshabiller entièrement en face de ton meilleur ami.
Du wirst es nicht tun, wenn er es nicht zugleich auch tut.
Tu ne le ferais pas, sauf s’il se déshabille en même temps.
– Es ist eben auch mehr oder weniger Modesache.
– C’est aussi plus ou moins une question de mode.

Moritz
Ich habe mir schon gedacht, wenn ich Kinder habe, Knaben und Mädchen, so lasse ich sie von früh auf im nämlichen Gemach, wenn möglich auf ein und demselben Lager, zusammenschlafen, lasse ich sie morgens und abends beim An- und Auskleiden einander behilflich sein und in der heißen Jahreszeit, die Knaben sowohl wie die Mädchen, tagsüber nichts als eine kurze, mit einem Lederriemen gegürtete Tunika aus weißem Wollstoff tragen.
J’ai réfléchi là-dessus, si j’ai des enfants, garçons et filles, je les laisserais très tôt dans la même chambre, si possible dans le même lit, dormir ensemble, je les laisserais matin et soir s’aider les uns les autres pour se déshabiller et, à la saison chaude, les garçons comme les filles, ne porteraient rien de la journée, seulement une tunique de laine blanche cintrée avec une lanière de cuir
– Mir ist, sie müßten, wenn sie so heranwachsen, später ruhiger sein, als wir es in der Regel sind.
– Il me semble qu’ils seraient ainsi plus calmes en grandissant que nous ne le sommes.

Melchior
Das glaube ich entschieden, Moritz!
Je le crois vraiment, Moritz !
– Die Frage ist nur, wenn die Mädchen Kinder bekommen, was dann?
– La seule question est de savoir si les filles ont des enfants, alors quoi faire ?

Moritz
Wieso Kinder bekommen?
Comment si elles ont des enfants ?

Melchior
Ich glaube in dieser Hinsicht nämlich an einen gewissen Instinkt.
Je crois, à cet égard, à un certain instinct.
Ich glaube, wenn man einen Kater zum Beispiel mit einer Katze von Jugend auf zusammensperrt und beide von jedem Verkehr mit der Außenwelt fernhält, d. h. sie ganz nur ihren eigenen Trieben überläßt
Je crois que si, par exemple, on isole ensemble un chat avec une chatte très tôt dans leur jeunesse, leur empêchant toute communication avec le monde extérieur, ce qui veut dire qu’on les laisse complètement livrés à leurs propres instincts
– daß die Katze früher oder später doch einmal trächtig wird, obgleich sie sowohl wie der Kater niemand hatten, dessen Beispiel ihnen hätte die Augen öffnen können.
– la chatte se retrouvera pleine, tôt ou tard, bien qu’ils n’aient eu personne pour leur ouvrir les yeux.

Moritz
Bei Tieren muß sich das ja schließlich von selbst ergeben.
Chez les animaux, cela arrive naturellement.

Melchior
Bei Menschen glaube ich erst recht!
Chez l’homme, je crois plus que jamais !
Ich bitte dich, Moritz, wenn deine Knaben mit den Mädchen auf ein und demselben Lager schlafen und es kommen ihnen nun unversehens die ersten männlichen Regungen
Je t’en prie, Moritz, si tu mets dans le même lit les garçons avec les filles, ne penses-tu pas que viendraient tout à coup les premiers élans masculins
– ich möchte mit jedermann eine Wette eingehen…
– je ferai là un pari avec n’importe qui…

Moritz
Darin magst du recht haben.
Dans ce cas, tu as sans doute raison.
– Aber immerhin…
– Mais quand même …

Melchior
Und bei deinen Mädchen wäre es im entsprechenden Alter vollkommen das nämliche!
Et au sujet des filles, à l’âge appropriée, ce serait complètement la même chose !
Nicht, daß das Mädchen gerade…
Non pas que la jeune fille justement …
man kann das ja freilich so genau nicht beurteilen…
peut être, oui, bien sûr, aussi précisément …
Jedenfalls wäre vorauszusetzen…
Quoi qu’il en soit, supposons…
und die Neugierde würde das ihrige zu tun auch nicht verabsäumen!
et il ne faut pas négliger la curiosité !

Moritz
Eine Frage beiläufig –
Une question en passant

Melchior
Nun?
Quoi ?












Moritz
Aber du antwortest?
Mais tu réponds ?

Melchior
Natürlich!

Naturellement !




Moritz
Wahr?!

Vraiment ?!

Melchior
Meine Hand darauf. 
Ma main.
Nun, Moritz?
Eh bien, Moritz ?
So sprich doch frisch von der Leber weg!
Parle librement !
– Hier hört und sieht uns ja niemand.
– Ici, personne ne te voit ni ne t’entend.

Moritz
Selbstverständlich müßten meine Kinder nämlich tagsüber arbeiten, in Hof und Garten, oder sich durch Spiele zerstreuen, die mit körperlicher Anstrengung verbunden sind.
Bien sûr, mes enfants travailleraient pendant la journée, dans la cour et le jardin, ou feraient des jeux qui sont associés à un effort physique.
Sie müßten reiten, turnen, klettern und vor allen Dingen nachts nicht so weich schlafen wie wir.
Ils monteraient à cheval, feraient de la gymnastique, de l’escalade et surtout ils n’auraient pas de nuit douce comme nous.
Wir sind schrecklich verweichlicht.
Nous sommes terriblement ramollis.
– Ich glaube, man träumt gar nicht, wenn man hart schläft.
– Je pense qu’on ne rêve plus quand on dort à la dure.

Melchior
Ich schlafe von jetzt bis nach der Weinlese überhaupt nur in meiner Hängematte.
Je dors à partir de maintenant et ce jusqu’à ce qu’après les vendanges uniquement dans mon hamac.
Ich habe mein Bett hinter den Ofen gestellt.
J’ai fait mon lit derrière le poêle.
Es ist zum Zusammenklappen.
Il est repliable
 – Vergangenen Winter träumte mir einmal, ich hätte unsern Lolo so lange gepeitscht, bis er kein Glied mehr rührte.
– L’hiver dernier, j’ai rêvé une fois que, notre Lolo, je l’avais longtemps fouetté jusqu’à ce qu’il ne puisse bouger un seul de ses membres.
Das war das Grauenhafteste, was ich je geträumt habe.
Ce fut la chose la plus horrible que j’ai jamais rêvé.
– Was siehst du mich so sonderbar an?
– Pourquoi me regardes-tu si étrangement?

Moritz
Hast du sie schon empfunden?
Les as-tu ressenties déjà ?

Melchior
Was?
Quoi ?

Moritz
Wie sagtest du?
Comment disais-tu ?

Melchior
Männliche Regungen?
Les impulsions masculines ?

Moritz
M-hm.

Melchior
 Allerdings!

Naturellement !

Moritz
Ich Auch

Moi aussi

Melchior
Ich kenne das nämlich schon lange!
Je connais ça depuis longtemps!
Schon bald ein Jahr.
Depuis bientôt un an.

Moritz
Ich war wie vom Blitz gerührt.

Je me suis trouvé comme frappé par la foudre.

Melchior
Du hattest geträumt?
As-tu rêvé ?

Moritz
Aber nur ganz kurz…
Mais très brièvement …
von Beinen im himmelblauen Trikot, die über das Katheder steigen
des jambes sous le maillot bleu ciel qui montaient au-dessus du lutrin
– um aufrichtig zu sein, ich dachte, sie wollten hinüber.
– Pour être honnête, je pensais qu’elle voulait juste passer.
– Ich habe sie nur flüchtig gesehen.
– Je ne les ai vues que brièvement.

Melchior
Georg Zirschnitz träumte von seiner Mutter.
Georg Zirschnitz rêvait de sa mère.

Moritz
Hat er dir das erzählt?

Il te l’as dit ?

Melchior
Draußen am Galgensteg!
Dehors, sur la route de la potence !




Moritz
Wenn du wüßtest, was ich ausgestanden seit jener Nacht!
Si tu savais tout ce que j’ai enduré !

Melchior
Gewissensbisse?
Des remords ?

Moritz
Gewissensbisse??
Des remords ??
Todesangst!
L’angoisse de la mort !

Melchior
Herrgott…
Seigneur…

Moritz
Ich hielt mich für unheilbar.
Je me croyais incurable.
Ich glaubte, ich litte an einem inneren Schaden.
Je pensais que je souffrais d’une blessure interne.
Schließlich wurde ich nur dadurch wieder ruhiger, daß ich meine Lebenserinnerungen aufzuzeichnen begann.
Enfin, j’ai retrouvé mon calme dès que j’ai commencé à écrire mes mémoires.
Ja, ja, lieber Melchior, die letzten drei Wochen waren ein Gethsemane für mich.
Oui, oui, cher Melchior, les trois dernières semaines ont été un Gethsémani pour moi.

Melchior
Ich war seinerzeit mehr oder weniger darauf gefaßt gewesen.
J’étais à ce moment-là plus ou moins bien préparé.
Ich schämte mich ein wenig. 
J’ai eu un peu honte il est vrai.
Das war aber auch alles.
Mais ce fut tout.

Moritz
Und dabei bist du noch fast um ein ganzes Jahr jünger als ich!
Et tu as près d’un an de moins que moi !

Melchior
Darüber, Moritz, würd’ ich mir keine Gedanken machen.
Moritz, cela ne doit pas t’inquiéter.
All meinen Erfahrungen nach besteht für das erste Auftauchen dieser Phantome keine bestimmte Altersstufe.
D’après mes expériences, il n’y a pas d’âge précis pour la première apparition de ces fantômes.
Kennst du den großen Lämmermeier mit dem strohgelben Haar und der Adlernase?
Connais -tu le grand Lämmermeier avec ses cheveux couleur paille et le nez aquilin ?
Drei Jahre ist der älter als ich. 
Il a trois ans de plus que moi.
Hänschen Rilow sagt, der träume noch bis heute von nichts als Sandtorten und Aprikosengelee.
Hans Rilow a dit qu’il ne rêve encore à ce jour de rien d’autre que de tartes et de gelée d’abricots.

Moritz
Ich bitte dich, wie kann Hänschen Rilow darüber urteilen!

Comment Hans Rilow peut-il en juger ?

Melchior
Er hat ihn gefragt.
Il lui a demandé.

Moritz
Er hat ihn gefragt?
Il lui a demandé ?
Ich hätte mich nicht getraut, jemanden zu fragen.
– Je n’oserai jamais demander ça à quelqu’un.

Melchior
Du hast mich doch auch gefragt.
Tu me l’as demandé à moi.

Moritz
Weiß Gott ja! 

Dieu, oui !
Möglicherweise hatte Hänschen auch schon sein Testament gemacht.
Peut-être que Hans avait déjà fait son testament.
Wahrlich ein sonderbares Spiel, das man mit uns treibt.
Vraiment, c’est un jeu étrange qui nous pousse.
Und dafür sollen wir uns dankbar erweisen!
Et nous devons nous montrer reconnaissants !
Ich erinnere mich nicht, je eine Sehnsucht nach dieser Art Aufregung verspürt zu haben.
Je ne me souviens pas avoir jamais ressenti un désir pour ce genre d’excitation.
Warum hat man mich nicht ruhig schlafen lassen, bis alles wieder still gewesen wäre.
Pourquoi ne pas m’avoir laisser dormir tranquillement jusqu’à ce que tout  se soit calmé à nouveau.
Meine lieben Eltern hätten hundert bessere Kinder haben können.
Mes chers parents auraient pu avoir une centaine d’enfants meilleurs que moi.
So bin ich nun hergekommen, ich weiß nicht, wie, und soll mich dafür verantworten, daß ich nicht weggeblieben bin.
Je suis là maintenant, je ne sais pas comment, et je dois répondre du fait de n’être pas resté où j’étais.
Hast du nicht auch schon darüber nachgedacht, Melchior, auf welche Art und Weise wir eigentlich in diesen Strudel hineingeraten?
As-tu déjà pensé, Melchior, comment nous nous sommes retrouvés dans ce tourbillon?

Melchior
Du weißt das also noch nicht, Moritz?
Tu ne le sais donc pas que encore, Moritz?

Moritz
Wie sollt’ ich es wissen?
Comment puis-je le savoir ?
Ich sehe, wie die Hühner Eier legen, und höre, daß mich Mama unter dem Herzen getragen haben will.
Je vois comment les poules pondent des œufs, et j’entends dire que Maman m’a porté sous le cœur.
Aber genügt denn das?
Mais est-ce suffisant ?
Ich erinnere mich auch, als fünfjähriges Kind schon befangen worden zu sein, wenn einer die dekolletierte Coeurdame aufschlug.
Je me souviens aussi d’avoir été ému dès l’âge de cinq ans, quand on a sortait la Dame de Cœur, celle avec un large décolleté.
Dieses Gefühl hat sich verloren.
Cette émotion s’est envolée.
Indessen kann ich heute kaum mehr mit irgendeinem Mädchen sprechen, ohne etwas Verabscheuungswürdiges dabei zu denken, und
Pourtant, aujourd’hui, je peux à peine parler à une fille sans penser à quelque chose cas détestable, et
– ich schwöre dir, Melchior
– je te jure, Melchior –
ich weiß nicht was.
Je ne sais pas quoi.

Melchior
Ich sage dir alles.
Je vais tout te dire.
Ich habe es teils aus Büchern, teils aus Illustrationen, teils aus Beobachtungen in der Natur.
Cela vient en partie des livres et en partie à partir de photographies et en partie à partir d’observations dans la nature.
Du wirst überrascht sein;
Tu seras surpris ;
ich wurde seinerzeit Atheist.
Je suis devenu athée à partir de là.




Ich habe es auch Georg Zirschnitz gesagt!
Je l’ai dit à Georg Zirschnitz !
Georg Zirschnitz wollte es Hänschen Rilow sagen, aber Hänschen Rilow hatte als Kind schon alles von seiner Gouvernante erfahren.
Georg Zirschnitz voulait en parler à Hans Rilow mais Hans Rilow avait déjà tout appris quand il était enfant par sa gouvernante.

Moritz
Ich habe den Kleinen Meyer von A bis Z durchgenommen.
Je suis passé par le petit Meyer de A à Z.
Worte – nichts als Worte und Worte!
Des mots – rien que des mots et des mots !
Nicht eine einzige schlichte Erklärung.
Pas une seule explication simple.
O dieses Schamgefühl!
O cette honte !
Was soll mir ein Konversationslexikon, das auf die nächstliegende Lebensfrage nicht antwortet.
A quoi peut bien servir une encyclopédie qui ne répond à aucune question du quotidien.

Melchior
Hast du schon einmal zwei Hunde über die Straße laufen sehen?
As-tu déjà vu deux chiens qui traversent la rue ?

Moritz
Nein!

Non !
Sag mir lieber heute noch nichts, Melchior.
Ne me dis rien maintenant, Melchior.
Ich habe noch Mittelamerika und Ludwig den Fünfzehnten vor mir.
Je reste en Amérique centrale et j’ai Louis XV devant moi.
Dazu die sechzig Verse Homer, die sieben Gleichungen, der lateinische Aufsatz
Et avec tout ça, les soixante versets d’Homère, les sept équations, le latin
– ich würde morgen wieder überall abblitzen.
– Je voudrais tout pouvoir renvoyer à demain.
Um mit Erfolg büffeln zu können, muß ich stumpfsinnig wie ein Ochse sein.
Pour que tout rentre dans mon crâne avec succès, je vais devoir travailler comme un bœuf.

Melchior
Komm doch mit auf mein Zimmer. 
Viens dans ma chambre.
In dreiviertel Stunden habe ich den Homer, die Gleichungen und zwei Aufsätze.
En trois quarts d’heure, je te fais Homère, les équations et deux essais.
Ich korrigiere dir einige harmlose Schnitzer hinein, so ist die Sache im Blei.
Je vais y ajouter quelques fautes aux bons endroits, comme cela ce sera perlé !
Mama braut uns wieder eine Limonade, und wir plaudern gemütlich über die Fortpflanzung.
Maman nous préparera à nouveau une limonade, et nous bavardons confortablement à propos de la reproduction.

Moritz
Ich kann nicht. 
Je ne peux pas.
 – Ich kann nicht gemütlich über die Fortpflanzung plaudern!
– Je ne peux pas avoir une conversation au sujet de la reproduction ! Wenn du mir einen Gefallen tun willst, dann gib mir deine Unterweisungen schriftlich. 
Si tu veux me faire une faveur, dis-les moi par écrit.
Schreib mir auf, was du weißt.
Écris-moi ce que tu sais.
Schreib es möglichst kurz und klar und steck es mir morgen während der Turnstunde zwischen die Bücher.
Ecrit aussi clairement et que cela soit court, mets-moi le mot entre deux livres que je lirai pendant le cours de gymnastique.
Ich werde es nach Hause tragen, ohne zu wissen, daß ich es habe.
Je le porterai la maison sans savoir que je l’ai.
Ich werde es unverhofft einmal wiederfinden.
Je le trouverai et je lirai à nouveau de façon inattendue.
Ich werde nicht umhinkönnen, es müden Auges zu durchfliegen…
Je lirai à travers mes yeux fatigués …
falls es unumgänglich notwendig ist, magst du ja auch einzelne Randzeichnungen anbringen.
Si c’est absolument nécessaire, tu peux aussi y ajouter des dessins dans les marges.




Melchior
Du bist wie ein Mädchen. 
Tu es comme une fille.
– übrigens wie du willst!
– C’est comme tu veux !
Es ist mir das eine ganz interessante Arbeit. 
C’est un travail très intéressant pour moi.
Eine Frage, Moritz.
Une question Moritz.

Moritz
Hm?

Melchior
Hast du schon einmal ein Mädchen gesehen?
As-tu déjà vu une fille ?

Moritz
Ja!

Oui !

Melchior
Aber ganz?!
Mais entièrement ?!

Moritz
Vollständig!
Complètement !

Melchior
Ich nämlich auch! 
Moi aussi !
– Dann werden keine Illustrationen nötig sein.
– Les photos ne seront donc pas nécessaires.

Moritz
Während des Schützenfestes, in Leilichs anatomischem Museum!
Au cours de la Fête des Chasseurs, à Leilich, au musée d’anatomie !
Wenn es aufgekommen wäre, hätte man mich aus der Schule gejagt.
Si on l’avait vu, on m’aurait  chassé de l’école.
– Schön wie der lichte Tag, und – o so naturgetreu!
– Aussi belle que la lumière du jour, et – Oh ! si réaliste !

Melchior
Ich war letzten Sommer mit Mama in Frankfurt  
J’étais l’été dernier avec maman à Francfort
– Du willst schon gehen, Moritz?
– Tu veux partir déjà, Moritz ?

Moritz
Arbeiten machen.
Je vais finir mon travail.
– Gute Nacht.
-Bonne nuit.

Melchior
Auf Wiedersehen.
Au revoir.

******************

Frank Wedekind
Frühlings Erwachen
L’Eveil du Printemps
Acte 2 Erster Akt
 Scène 2 Zweite Szene

FRANK WEDEKIND Frühlings Erwachen L’EVEIL DU PRINTEMPS Pièce en 3 actes

LITTERATURE ALLEMANDE
Dramatische Werke
Théâtre Allemand

Frank Wedekind

1864 Hannover Hanovre -1918 München Munich

 


L’EVEIL DU PRINTEMPS
Frühlings Erwachen
1891
Erscheinungsjahr
Année de publication

Franz Marc
Der Traum – Le Rêve
1912
Musée Thyssen-Bornemisza
Madrid

*********

TRADUCTION JACKY LAVAUZELLE

****************

Acte 1
Erster Akt

**
 Scène 1
Erste Szene
Sie kommen mir so des Abends, wenn ich nicht einschlafe.
Elles arrivent le soir, quand je ne suis pas endormie.
Mir ist gar nicht traurig dabei, und ich weiß, daß ich dann um so besser schlafe.
Je ne suis pas triste, car je sais que je dors beaucoup mieux ensuite.
– Ist es sündhaft, Mutter, über derlei zu sinnen?
– Est-ce un péché, mère, de rêver ainsi ?

**

 Scène 2
Zweite Szene
Aber nur ganz kurz…
Mais très brièvement …
von Beinen im himmelblauen Trikot, die über das Katheder steigen
des jambes sous le maillot bleu ciel qui montaient au-dessus du lutrin
– um aufrichtig zu sein, ich dachte, sie wollten hinüber.
Pour être honnête, je pensais qu’elle voulait juste passer.
Ich habe sie nur flüchtig gesehen.
– Je ne les ai vues que brièvement.

**

Scène 3
Dritte Szene
WENDLA
Denke dir, Melchi Gabor sagte mir damals, er glaube an nichts – nicht an Gott, nicht an ein Jenseits – an gar nichts mehr in dieser Welt.
Sais-tu que  Melchi Gabor m’a dit qu’il ne croyait en rien – qu’il ne croyait pas en Dieu,  ni à l’au-delà – à rien dans ce monde.

**

******************

Frank Wedekind
Frühlings Erwachen
L’Eveil du Printemps

*****************************

SIGMUND FREUD
SUR
FRANK WEDEKIND

Ainsi que le montrent quelques-unes des observations qui précèdent, une tendance perturbatrice inconsciente peut atteindre son but par la répétition obstinée du même acte manqué. J’emprunte un exemple amusant d’une répétition de ce genre à un petit livre intitulé Frank Wedekind et le théâtre, paru à la maison d’édition « Drei-Masken Verlag », de Munich. Je laisse toutefois à l’auteur du livre la responsabilité de l’histoire qu’il raconte à la manière de Marc Twain.

« Dans la partie la plus intéressante de la pièce de Wedekind, La Censure, figure la phrase suivante : « La crainte de la mort est une erreur de la pensée (Denkfehler) ». L’auteur, qui tenait beaucoup à ce passage, pria l’acteur, lors de la répétition, de faire une petite pause, avant de prononcer le mot Denkfehler. Le soir, l’acteur, tout à fait familiarisé avec son rôle, observe la pause indiquée, mais dit à son insu et sur le ton le plus solennel : « La crainte de la mort est… une faute d’impression (Druckfehler). » La représentation terminée, l’auteur assure l’acteur qu’il n’a rien à lui reprocher, mais lui rappelle que « la crainte de la mort est une erreur de la pensée (Denkfehler) », et non une « faute d’impression (Druckfehler) ».

Le lendemain soir, La Censure est de nouveau jouée. Arrivé au fameux passage, l’acteur dit, toujours du ton le plus solennel : « La crainte de la mort est une… fiche aide-mémoire (Denkzettel). » Wedekind combla, cette fois encore, l’acteur d’éloges, mais lui rappela une fois de plus que « la crainte de la mort est une erreur de la pensée (Denkfehler) ».

Lors de la troisième représentation de La Censure, l’acteur qui, entre temps, s’était lié d’amitié avec l’auteur, avec lequel il avait eu de longues discussions sur l’art, prononce encore la fameuse phrase, avec l’expression la plus solennelle du monde : « La crainte de la mort est… une étiquette imprimée (Druckzettel). »

L’artiste reçut de nouveau les plus chaleureuses félicitations de l’auteur, la pièce fut encore jouée nombre de fois; mais quant à l’ « erreur de la pensée » (Denkfehler), Wedekind n’en parla plus, considérant la question comme liquidée une fois pour toutes.

Psychopathologie de la vie quotidienne
Sigmund Freud
Chapitre XI
Association de plusieurs actes manqués

**********

FRANK WEDEKIND Frühlings Erwachen I-1 L’EVEIL DU PRINTEMPS 1891

LITTERATURE ALLEMANDE
Dramatische Werke
Théâtre Allemand

Frank Wedekind

1864 Hannover Hanovre -1918 München Munich

 


L’EVEIL DU PRINTEMPS
Frühlings Erwachen
I-1
1891
Erscheinungsjahr
Année de publication

Franz Marc
Der Traum – Le Rêve
1912
Musée Thyssen-Bornemisza
Madrid

*********

TRADUCTION JACKY LAVAUZELLE

****************

Acte 1
Erster Akt
 Scène 1
Erste Szene

Wendla
Warum hast du mir das Kleid so lang gemacht, Mutter?
Mère, pourquoi m’as tu fait cette robe si longue ?

Frau Bergmann
Du wirst vierzehn Jahr heute!
Tu as tes quatorze ans aujourd’hui !

Wendla
Hätt’ ich gewußt, daß du mir das Kleid so lang machen werdest, ich wäre lieber nicht vierzehn geworden.
Si j’avais su que j’aurais une si longue robe, j’aurais préféré ne pas les avoir, ces quatorze ans.

Frau Bergmann
Das Kleid ist nicht zu lang, Wendla.
Ta robe n’est pas trop longue, Wendla.
Was willst du denn!
Que veux-tu donc ?




Kann ich dafür, daß mein Kind mit jedem Frühling wieder zwei Zoll größer ist?
Mon enfant, chaque printemps, ne prends-tu pas deux pouces ?
Du darfst doch als ausgewachsenes Mädchen nicht in Prinzeßkleidchen einhergehen.
Tu ne peux plus sortir en robe de petite princesse tout de même, une grande fille comme toi !

Wendla
Jedenfalls steht mir mein Prinzeßkleidchen besser als diese Nachtschlumpe.
Quoi qu’il en soit, ma robe de petite princesse me va beaucoup mieux que cette chemise de nuit.
– Laß mich’s noch einmal tragen, Mutter!
– Permets-moi de la porter à nouveau, mère !
 Nur noch den Sommer lang.
Seulement encore cet été.  
Ob ich nun vierzehn zähle oder fünfzehn, dies Bußgewand wird mir immer noch recht sein. 
Que j’ai quatorze ou quinze ans, ce sac sera toujours bien pour moi.
– Heben wir’s auf bis zu meinem nächsten Geburtstag;
– Nous la mettrions de côté pour mon prochain anniversaire ;
jetzt würd’ ich doch nur die Litze heruntertreten.
maintenant je ne pourrais que marcher sur ses coutures.








Frau Bergmann
Ich weiß nicht, was ich sagen soll.
Je ne sais pas quoi dire.
Ich würde dich ja gerne so behalten, Kind, wie du gerade bist. 
Je voudrais te garder ainsi, mon enfant, comme tu es maintenant.

Andere Mädchen sind stakig und plump in deinem Alter.
D’autres filles sont des potiches à ton âge.
Du bist das Gegenteil.
Tu es tout le contraire.
– Wer weiß, wie du sein wirst, wenn sich die andern entwickelt haben.
– Qui sait comment tu seras quand les autres auront grandi.

Wendla
Wer weiß
Qui sait
 – vielleicht werde ich nicht mehr sein.
– peut-être que je ne serai pas !

Frau Bergmann
Kind, Kind, wie kommst du auf die Gedanken!
Mon enfant, mon enfant, comment te viennent de si vilaines pensées !

Wendla
Nicht, liebe Mutter;
Non, chère mère ;
nicht traurig sein!
Ne sois pas triste !

Frau Bergmann
sie küssend
elle l’embrasse
Mein einziges Herzblatt!
Mon unique fortune !

Wendla
Sie kommen mir so des Abends, wenn ich nicht einschlafe.
Elles arrivent le soir, quand je ne suis pas endormie.
Mir ist gar nicht traurig dabei, und ich weiß, daß ich dann um so besser schlafe.
Je ne suis pas triste, car je sais que je dors beaucoup mieux ensuite.
– Ist es sündhaft, Mutter, über derlei zu sinnen?
– Est-ce un péché, mère, de rêver ainsi ?

Frau Bergmann
Geh denn und häng das Bußgewand in den Schrank!
Va accrocher ce sac dans le placard !
Zieh in Gottes Namen dein Prinzeßkleidchen wieder an!
Remets à nouveau ta robe de petite princesse !
Ich werde dir gelegentlich eine Handbreit Volants unten ansetzen.
J’y ajouterai quand même quelques pouces de ruban.

Wendla
das Kleid in den Schrank hängend
accrochant la robe dans l’armoire
Nein, da möcht’ ich schon lieber gleich vollends zwanzig sein…!
Ah non ! là je préférerais avoir mes vingt ans révolus…!

Frau Bergmann
Wenn du nur nicht zu kalt hast!
Si seulement tu ne prends pas trop froid !
– Das Kleidchen war dir ja seinerzeit reichlich lang; aber…
– La robe en effet, il y a quelques années, était bien longue ; mais …

Wendla
Jetzt, wo der Sommer kommt?
Maintenant que l’été arrive ?
– O Mutter, in den Kniekehlen bekommt man auch als Kind keine Diphtheritis!
– O Mère, aux genoux, aucun enfant n’attrape la diphtérie !
Wer wird so kleinmütig sein.
Que l’on manque de courage.
In meinen Jahren friert man noch nicht – am wenigsten an die Beine.
A mon âge, on ne peut pas geler – du moins au niveau des jambes. Wär’s etwa besser, wenn ich zu heiß hätte, Mutter?
Est-ce mieux si j’ai trop chaud, mère ?
– Dank’ es dem lieben Gott, wenn sich dein Herzblatt nicht eines Morgens die Ärmel wegstutzt und dir so zwischen Licht abends ohne Schuhe und Strümpfe entgegentritt!
– Merci à Dieu bienveillant, si ta bien-aimée n’arrive pas un matin les manches raccourcies et ne rentre à la lumière de la nuit sans chaussures et sans chaussettes !
– Wenn ich mein Bußgewand trage, kleide ich mich darunter wie eine Elfenkönigin…
– Quand je porterai mon sac, je n’aurai rien en-dessous comme la reine des fées …
Nicht schelten, Mütterchen!
Ne me gronde pas, Mère !
  Es sieht’s dann ja niemand mehr.
Personne ne pourra le voir !

******************

Frank Wedekind
Frühlings Erwachen
L’Eveil du Printemps
Acte 1 Erster Akt
 Scène 1 Erste Szene

 

WALLENSTEINS LAGER SCHILLER- Le Camp de Wallenstein SCHILLER -11ème tableau Ende des Spiels – 11 Auftritt – Fin de la Pièce

LITTERATURE ALLEMANDE
Dramatische Werke
Théâtre ALLEMAND

Friedrich von Schiller
1759-1805

WALLENSTEINS LAGER SCHILLER
Le Camp de Wallenstein

 

Le Camp de Wallenstein Scène 11 Wallensteins 11 Auftritt Lager Friedrich Schiller par Ludovike Simanowiz Traduction Française Artgitato


LE CAMP DE WALLENSTEIN
1799

Traduction Jacky Lavauzelle

——–

11 Auftritt

Onzième Tableau

Scène 11

TEIL 8
 8ème partie

Zweiter Jäger
Le Second Chasseur
Kommt! Dabei bleibt’s! Schlagt alle ein!
Venez ! Ça y est ! Nous nous battrons ensemble !
 Piccolomini soll unser Sprecher sein.
Piccolomini sera notre porte-parole !
Trompeter. Dragoner. Erster Jäger. Zweiter Kürassier. Scharfschützen
Le Trompette, le Dragon, le Premier Chasseur, le deuxième Cuirassier et les Fusiliers
zugleich
ensemble
Piccolomini soll unser Sprecher sein.
Piccolomini sera notre porte-parole !
Wollen fort
Ils vont sortir

Wachtmeister
Le Maréchal des Logis
Erst noch ein Gläschen, Kameraden!
Avant tout encore un verre, camarades !
Trinkt
Il boit
Des Piccolomini hohe Gnaden!
Que Piccolomini soit béni !
Marketenderin
bringt eine Flasche
elle apporte une bouteille
 
Das kommt nicht aufs Kerbholz. Ich geb’ es gern.
Cette tournée est pour moi. Et c’est volontiers que je l’offre.
 Gute Verrichtung, meine Herrn!
Bonne chance, messieurs !
Kürassiere
Der Wehrstand soll leben!
Que vive l’armée !

Dragoner
und Scharfschützen
Die Armee soll florieren!
L’armée doit croître !
Trompeter und Wachtmeister
Le Trompette et le Maréchal des Logis
Und der Friedländer soll sie regieren!
Et Friedland doit régner !
Zweiter Kürassier
Le Second Cuirassier
singt
Chante
Wohl auf, Kameraden, aufs Pferd, aufs Pferd!
Allons, camarades, à cheval, à cheval !
 Ins Feld, in die Freiheit gezogen.
Sur le terrainpour  la liberté.
Im Felde, da ist der Mann noch was wert,
Au combat, car l’homme vaut quelque chose encore,
Da wird das Herz noch gewogen.
Puisque le cœur a toujours de l’importance.
Da tritt kein anderer für ihn ein,
Puisque personne d’autre que vous ne compte,
Auf sich selber steht er da ganz allein.
Chacun se tient seul sur le champ de bataille.
Die Soldaten aus dem Hintergrunde haben sich während des Gesangs herbeigezogen und machen den Chor
Les soldats placés au milieu de la scène pendant la chanson se sont rapprochés  et chantent en  chœur
Chor
Le Chœur
Da tritt kein anderer für ihn ein,
Puisque personne d’autre que vous ne compte,
Auf sich selber steht er da ganz allein.
Chacun se tient seul sur le champ de bataille.
Dragoner
Le Dragon
Aus der Welt die Freiheit verschwunden ist,
La liberté, du monde, a disparu,
  Man sieht nur Herren und Knechte;
On ne voit que des maîtres et des serviteurs;
Die Falschheit herrschet, die Hinterlist
C’est le règne du  mensonge et de la ruse
Bei dem feigen Menschengeschlechte.
Dans la lâche race humaine.
Der dem Tod ins Angesicht schauen kann.
Qui peut regarder la mort en face.
Der Soldat allein ist der freie Mann.
Le soldat est le seul homme libre.
Chor
Le Chœur
Der dem Tod ins Angesicht schauen kann.
 Qui peut regarder la mort en face.
Der Soldat allein ist der freie Mann.
Le soldat est le seul homme libre
Erster Jäger
Le Premier Chasseur
Des Lebens Ängsten, er wirft sie weg,
Les craintes de la vie, il les rejette,
 Hat nicht mehr zu fürchten, zu sorgen;
Il n’a plus à avoir ni peurs ni soucis ;
Er reitet dem Schicksal entgegen keck;
Il se dresse devant le mauvais sort hardiment;
Trifft’s heute nicht, trifft es doch morgen.
Et si aujourd’hui il n’est pas touché, il frappera demain.
Und trifft es morgen, so lasset uns heut
Et s’il doit le rencontrer demain, aujourd’hui il se laisse
Noch schlürfen die Neige der köstlichen Zeit.
profiter encore de délicieux moments.
Chor
Le Chœur
 Und trifft es morgen, so lasset uns heut
Et s’il doit le rencontrer demain, aujourd’hui il se laisse
Noch schlürfen die Neige der köstlichen Zeit.

profiter encore de délicieux moments.

Die Gläser sind aufs neue gefüllt worden, sie stoßen an und trinken
Les verres ont été remplis à nouveau, ils trinquent et boivent

Wachtmeister
Le Maréchal des Logis

Von dem Himmel fällt ihm sein lustig Los,
Du ciel tombe son sort enviable,
Braucht’s nicht mit Müh’ zu erstreben;
Il ne doit pas peiner pour l’avoir ;
Der Fröner, der sucht in der Erde Schoß,
Le paysan qui cherche dans le sein de la terre,
Da meint er den Schatz zu erheben.
Pensant en trouver un trésor.
Er gräbt und schaufelt, so lang er lebt,
Il creuse et creuse, tant qu’il vit,
Und gräbt, bis er endlich sein Grab sich gräbt.
Et creuse jusqu’à ce qu’il finisse par creuser sa propre tombe.

Chor
Le Chœur
Er gräbt und schaufelt, so lang er lebt,
Il creuse et creuse, tant qu’il vit,
Und gräbt, bis er endlich sein Grab sich gräbt.
Et creuse jusqu’à ce qu’il finisse par creuser sa propre tombe.

Erster Jäger
Le Premier Chasseur
Der Reiter und sein geschwindes Roß,
Le coursier et son déstrier,
Sie sind gefürchtete Gäste;
Ce sont des invités redoutés ;
Es flimmern die Lampen im Hochzeitschloß,
Le scintillement des lumières dans le palais ,
Ungeladen kommt er zum Feste.
Non invité, il s’invite à la fête.
Er wirbt nicht lange, er zeiget nicht Gold,
Il n’a pas le temps de chicaner, il ne montre pas son or,
Im Sturm erringt er den Minnesold.
Dans la tempête, il remporte sa conquête.

Chor
Le Chœur

Er wirbt nicht lange, er zeiget nicht Gold,
Il n’a pas le temps de chicaner, il ne montre pas son or,
Im Sturm erringt er den Minnesold.
Dans la tempête, il remporte sa conquête.

Zweiter Kürassier
Le Second Cuirassier
Warum weint die Dirn und zergrämet sich schier?
Pourquoi pleures-tu demoiselle et sanglotes-tu de peine ?
 Laß fahren dahin, laß fahren!
Que tous partent, laisse-le aller !
Er hat auf Erden kein bleibend Quartier,
Il n’a pas sur terre de quartier,
Kann treue Lieb nicht bewahren.
Tu ne peux le garder comme un amant fidèle.

Das rasche Schicksal, es treibt ihn fort,
Le destin rapide le chasse plus loin,
 Seine Ruhe läßt er an keinem Ort.
Il ne peut en aucun lieu se reposer.

Chor
Le Choeur
Das rasche Schicksal, es treibt ihn fort,
Le destin rapide le chasse plus loin,
 Seine Ruhe läßt er an keinem Ort.
Il ne peut en aucun lieu se reposer.
Erster Jäger
Le Premier Chasseur
faßt die zwei Nächsten an der Hand; die übrigen ahmen es nach, alle, welche gesprochen, bilden einen großen Halbkreis
attrape la main de ses deux voisin; les autres l’imitent, ils forment alors un grand demi-cercle
Drum frisch, Kameraden, den Rappen gezäumt,
Tambourinons, camarades, bridons les chevaux,
 Die Brust im Gefechte gelüftet!
Relevons la poitrine dans les combats !
Die Jugend brauset, das Leben schäumt,
Les rugissements de la jeunesse, la vie écumante,
Frisch auf! eh der Geist noch verdüftet.
En avant ! l’esprit n’est pas encore parti.
Und setzet ihr nicht das Leben ein,
Et si vous ne mettez pas votre vie en danger,
Nie wird euch das Leben gewonnen sein.

Jamais vous ne profiterez de la vie.
Chor
Le Chœur
Und setzet ihr nicht das Leben ein,

Et si vous ne mettez pas votre vie en danger,
Nie wird euch das Leben gewonnen sein.
Jamais vous ne profiterez de la vie.

Der Vorhang fällt, ehe der Chor ganz ausgesungen
Le rideau tombe, avant que le refrain du chœur ne commence

Ende des Spiels
FIN DE LA PIECE

********************
Traduction Jacky Lavauzelle
ARTGITATO
********************

Wallensteins Lager Schiller 11 Auftritt

 

WALLENSTEINS LAGER SCHILLER- Le Camp de Wallenstein SCHILLER -11ème tableau 7ème partie – 11 Auftritt – Teil 7

LITTERATURE ALLEMANDE
Dramatische Werke
Théâtre ALLEMAND

Friedrich von Schiller
1759-1805

WALLENSTEINS LAGER SCHILLER
Le Camp de Wallenstein

 

Le Camp de Wallenstein Scène 11 Wallensteins 11 Auftritt Lager Friedrich Schiller par Ludovike Simanowiz Traduction Française Artgitato


LE CAMP DE WALLENSTEIN
1799

Traduction Jacky Lavauzelle

——–

11 Auftritt

Onzième Tableau

Scène 11

TEIL 7
7ème partie

Erster Jäger
Le Premier Chasseur
Nein, das darf nimmermehr geschehn!
Non, ça ne doit plus jamais arriver !
Kommt, laßt uns alle für einen stehn!
Venez et ne formerons tous plus qu’un !
Zweiter Jäger
Le Second Chasseur
Ja, laßt uns Abrede nehmen, hört!
Ouiarrivons à un accord, écoutez  !
Erster Arkebusier
Le Premier Arquebusier
ein ledernes Beutelchen ziehend, zur Marketenderin
un sac à main en cuir à la main pour la cantinière
Gevatterin, was hab’ ich verzehrt?
Marraine, qu’ai-je mangé ?
Marketenderin
La Cantinière
Ach, es ist nicht der Rede wert!
Oh, ça ne vaut pas la peine d’en parler!
Sie rechnen
ils s’attablent

Trompeter
Le Trompette
Ihr tut wohl, daß ihr weiter geht,
Vous faites bien de nous quitter
 Verderbt uns doch nur die Sozietät.
Vous nous gâtez notre société.

Arkebusiere gehen ab
Les arquebusiers sortent

Erster Kürassier
Le Premier Cuirassier
Schad’ um die Leut! Sind sonst wackre Brüder.
C’est ennuyeux ! Ce sont par ailleurs de braves frères.
Erster Jäger
Le Premier Chasseur
Aber das denkt wie ein Seifensieder.
Mais qui pensent comme un fabricant de savon !
Zweiter Jäger
Le Second Chasseur
Jetzt sind wir unter uns, laßt hören,
Maintenant, nous sommes seulsvoyons
Wie wir den neuen Anschlag stören.
comment nous pouvons nous arranger.
Trompeter
Le Trompette
Was? wir gehen eben nicht hin.
Eh quoi ? nous n’avons qu’à ne pas y aller !
Erster Kürassier
Le Premier Cuirassier
Nichts, ihr Herrn, gegen die Disziplin!
Rien, messieurs, contre la discipline !
Jeder geht jetzt zu seinem Korps,
Chacun va maintenant retrouver son corps,
Trägt’s den Kameraden vernünftig vor,
Expliquant à ses camarades les raisons ;
Daß sie’s begreifen und einsehn lernen:
Qu’ils comprennent et apprennent ce que nous savons :
Wir dürfen uns nicht so weit entfernen.
Nous ne pouvons pas partir ainsi.
Für meine Wallonen sag’ ich gut.
Pour mes Wallons, je parle pour eux.
So, wie ich, jeder denken tut.
Car comme moi chacun d’eux pense.
Wachtmeister
Le Maréchal des Logis
Terzkas Regimenter zu Roß und Fuß
Les régiments de Terschka à cheval et à pied
Stimmen alle in diesen Schluß.
Tous suivront cette conclusion.
Zweiter Kürassier
Le Second Cuirassier
stellt sich zum ersten
à côté du premier
Der Lombard sich nicht vom Wallonen trennt.
Le Lombard ne se sépare pas du Wallon.
Erster Jäger
Le Premier Chasseur
Freiheit ist Jägers Element.
La liberté est l’élément des Chasseurs.
Zweiter Jäger
Le Second Chasseur
Freiheit ist bei der Macht allein:
La liberté n’existe que par la puissance:
 Ich leb’ und sterb’ bei dem Wallenstein.
Je vis et je mourrai avec Wallenstein.
Erster Scharfschütz
Der Lothringer geht mit der großen Flut,
Le Lorrain va dans le sens du courant,
Wo der leichte Sinn ist und lustiger Mut.
Il est où se trouve la gaieté et l’amusement.
Dragoner
Der Irländer folgt des Glückes Stern.
Les Irlandais suivent l’étoile de fortune.
Zweiter Scharfschütz
Der Tiroler dient nur dem Landesherrn.
Le Tyrolien est fidèle à son souverain.
Erster Kürassier
Also laßt jedes Regiment
Alors laissons chaque régiment
Ein Promemoria reinlich schreiben:
d’une écriture soignée rédiger un mémoire :
Daß wir zusammen wollen bleiben,
Et dire que nous voulons rester ensemble,
Daß uns keine Gewalt noch List
Qu’aucune violence ne permettra
Von dem Friedländer weg soll treiben,
De nous conduire loin de Friedland,
Der ein Soldatenvater ist.
Qui est un père pour le soldat.
Das reicht man in tiefer Devotion
Celui-ci se montrera avec une dévotion profonde
Dem Piccolomini – ich meine den Sohn –
A Piccolomini je parle du fils
Der versteht sich auf solche Sachen,
Il a entendu de telles choses,
Kann bei dem Friedländer alles machen,
Il peut tout faire pour Friedland,
Hat auch einen großen Stein im Bret
Il a également du poids
Bei des Kaisers und Königs Majestät.
Auprès de sa Majesté l’empereur et roi.

********************
Traduction Jacky Lavauzelle
ARTGITATO
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Wallensteins Lager Schiller 11 Auftritt

WALLENSTEINS LAGER SCHILLER- Le Camp de Wallenstein SCHILLER -11ème tableau 6ème partie – 11 Auftritt – Teil Sechs

LITTERATURE ALLEMANDE
Dramatische Werke
Théâtre ALLEMAND

Friedrich von Schiller
1759-1805

WALLENSTEINS LAGER SCHILLER
Le Camp de Wallenstein

 

Le Camp de Wallenstein Scène 11 Wallensteins 11 Auftritt Lager Friedrich Schiller par Ludovike Simanowiz Traduction Française Artgitato


LE CAMP DE WALLENSTEIN
1799

Traduction Jacky Lavauzelle

——–

11 Auftritt

Onzième Tableau

Scène 11

Teil sechs
6ème partie

Erster Kürassier
Le Premier Cuirassier
Kamerad, die Zeiten sind schwer,
Camarades, les temps sont durs,
Das Schwert ist nicht bei der Wage mehr;
L’épée est pas dans la balance non plus ;
  Aber so mag mir’s keiner verdenken,
Mais qui peut me blâmer,
Daß ich mich lieber zum Schwert will lenken.
De préférer l’épée.
Kann ich im Krieg mich doch menschlich fassen,
Puis-je moi-même faire en sorte que la guerre prenne un coté humain,
Aber nicht auf mir trommeln lassen.
Mais on ne fera pas de peau un tambour !
Erster Arkebusier
Le Premier Arquebusier
Wer ist dran schuld, als wir Soldaten,
Qui est à blâmer, sinon nous les soldats
Daß der Nährstand in Schimpf geraten?
Si les civils tombent en faillite ?
Der leidige Krieg und die Not und Plag’
La guerre et la  détresse et la misère
In die sechzehn Jahr’ schon währen mag.
Depuis seize ans durent déjà.
Erster Kürassier
Le Premier Cuirassier
Bruder, den lieben Gott da droben,
Frère, le bon Dieu là-haut,
Es können ihn alle zugleich nicht loben.
Ne peut recevoir de tous à la fois les éloges.
Einer will die Sonn’, die den andern beschwert;
L’un veut le Soleil qu’un autre plaindra ;
Dieser will’s trocken, was jener feucht begehrt.
L’un veut un temps pour sécher quand l’autre en veut un humide.
Wo du nur die Not siehst und die Plag’,
tu ne vois seulement que la détresse et la misère,
Da scheint mir des Lebens heller Tag.
M’apparaît une journée avec une vie lumineuse.
Geht’s auf Kosten des Bürgers und Bauern,
Si ça se fait au détriment des bourgeois et des paysans,
Nun, wahrhaftig, sie werden mich dauern;
Maintenant, vraiment, c’est dur pour eux;
Aber ich kann’s nicht ändern – seht,
Mais je ne peux pas les aider vois-tu,
‘s ist hier just, wie’s beim Einhau’n geht:
C’est ici juste comme avec une charge des cavaliers :
  Die Pferde schnauben und setzen an,
Les chevaux reniflent et se cabrent,
Liege, wer will, mitten in der Bahn,
Se couche qui veut au milieu du passage,
Sei’s mein Bruder, mein leiblicher Sohn,
Que ce soit mon frère, mon propre fils,
Zerriss’ mir die Seele sein Jammerton,
Déchirée mon âme sera par ces cris,
Über seinen Leib weg muß ich jagen,
Sur ces corps je devrais passer,
 Kann ihn nicht sachte beiseite tragen.
Ne pouvant écarter doucement ma direction.

Erster Jäger
Le Premier Chasseur
Ei, wer wird nach dem andern fragen!
Eh, qui va s’occuper dans ce moment de son prochain!
Erster Kürassier
Le Premier Cuirassier
Und weil sich’s nun einmal so gemacht,
Et parce que maintenant les choses sont ainsi faites,
Daß das Glück dem Soldaten lacht,
Que le bonheur sourit aux soldats,
Laßt’s uns mit beiden Händen fassen,
Que nous prendrons des deux mains,
Lang werden sie’s uns nicht so treiben lassen.
Car longtemps on ne nous laissera pas continuer ainsi.
Der Friede wird kommen über Nacht,
La paix viendra durant la nuit,
Der dem Wesen ein Ende macht;
Qui y mettra fin ;
Der Soldat zäumt ab, der Bauer spannt ein,
Le soldat enlèvera les brides, le paysan attellera,
Eh man’s denkt, wird’s wieder das alte sein.
Eh avant que d’y penser ce sera à nouveau comme jadis.
Jetzt sind wir noch beisammen im Land,

Maintenant, nous sommes toujours tous  ensemble dans le pays,
Wir haben’s Heft noch in der Hand.
Nous nous tenons encore la main.
Lassen wir uns auseinander sprengen,
Laissons-nous nous faire disperser,
Werden sie uns den Brotkorb höher hängen.
Qu’ils nous pendraient haut et court dans le grenier.

********************
Traduction Jacky Lavauzelle
ARTGITATO
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Wallensteins Lager Schiller 11 Auftritt 6ème partie

WALLENSTEINS LAGER SCHILLER- Le Camp de Wallenstein SCHILLER -11ème tableau 5ème partie – 11 Auftritt – Fünfter Teil

LITTERATURE ALLEMANDE
Dramatische Werke
Théâtre ALLEMAND

Friedrich von Schiller
1759-1805

WALLENSTEINS LAGER SCHILLER
Le Camp de Wallenstein

 

Le Camp de Wallenstein Scène 11 Wallensteins 11 Auftritt Lager Friedrich Schiller par Ludovike Simanowiz Traduction Française Artgitato


LE CAMP DE WALLENSTEIN
1799

Traduction Jacky Lavauzelle

——–

11 Auftritt

Onzième Tableau

Scène 11

Fünfter Teil
Cinquième Partie


Zweiter Jäger
Le Second Chasseur

Alle großen Tyrannen und Kaiser
Tous les grands tyrans et les empereurs
Hielten’s so und waren viel weiser.
Connaissaient ça et ont été beaucoup plus sages !
Alles andre täten sie hudeln und schänden,
Pour tout le reste, ils s’humiliaient et se déshonoraient entre eux,
Den Soldaten trugen sie auf den Händen.
Les soldats, eux ,étaient protégés.
Erster Kürassier
Le Premier Cuirassier
Der Soldat muß sich können fühlen.
Le soldat doit pouvoir se reconnaître.
Wer’s nicht edel und nobel treibt,
Ceux qui ne sont pas nobles et convenables,
Lieber weit von dem Handwerk bleibt.
Qu’ils restent loin de ce métier.
Soll ich frisch um mein Leben spielen,
Si je dois y risquer ma vie,
Muß mir noch etwas gelten mehr.
Ce doit être pour quelque chose de plus précieux.
Oder ich lasse mich eben schlachten
Ou je vais me laisser égorger
Wie der Kroat – und muß mich verachten.
Comme un croate et cela me déshonorerait.

Beide Jäger
Les Deux Chasseurs
Ja, übers Leben noch geht die Ehr!
Oui, avant la vie il y a l’honneur !
Erster Kürassier
Le Premier Cuirassier
Das Schwert ist kein Spaten, kein Pflug,
L’épée est pas ni une faux ni une charrue,
Wer damit ackern wollte, wäre nicht klug.
Ceux qui souhaiteraient labourer avec elle, ne serait pas bien sage.
Es grünt uns kein Halm, es wächst keine Saat,
Il ne verdit aucun épi, il ne pousse aucune semence,
Ohne Heimat muß der Soldat
Sans maison, le soldat doit
Auf dem Erdboden flüchtig schwärmen,
sur la surface de la terre errer constamment,
Darf sich an eignem Herd nicht wärmen,
Il ne peut se réchauffer à aucun poêle,
Er muß vorbei an der Städte Glanz,
Il doit vite sortir des villes qui resplendissent,
An des Dörfleins lustigen, grünen Auen,
Des joyeux villages et des verts pâturages,
Die Traubenlese, den Erntekranz
Des vendangesdes récoltes
Muß er wandernd von ferne schauen.
Il se doit de regarder loin devant en errant.
Sagt mir, was hat er an Gut und Wert,
Dites-moi, ce qu’il a comme bien et comme valeur,
Wenn der Soldat sich nicht selber ehrt?
Si le soldat ne s’honore pas lui-même ?
Etwas muß er sein eigen nennen,
Quelque chose doit lui appartenir en propre,
Oder der Mensch wird morden und brennen.
Sinon l’homme ne serait bon qu’à tuer et à brûler !
Erster Arkebusier
Le Premier Arquebusier
Das weiß Gott, ‘s ist ein elend Leben!
Dieu le sait, c’est une misérable vie !
Erster Kürassier
Le Premier Cuirassier
Möcht’s doch nicht für ein andres geben.
je ne l’échangerais pourtant contre rien au monde !
Seht, ich bin weit in der Welt ‘rum kommen,
Voyez, je suis allé loin dans le monde et revenu,
Hab’ alles in Erfahrung genommen.
J’ai acquis beaucoup d’expérience.
Hab’ der hispanischen Monarchie
J’ai vu la monarchie hispanique
Gedient und der Republik Venedig
Et servi la République de Venise
Und dem Königreich Napoli;
Et le royaume de Naples ;
Aber das Glück war mir nirgends gnädig.
Mais la chance ne m’a été gracieuse nulle part.
Hab’ den Kaufmann gesehn und den Ritter
J’ai vu des marchands et des chevaliers
Und den Handwerksmann und den Jesuiter,
Et des artisans et des jésuites,
Und kein Rock hat mir unter allen
Et rien de tout ça ne m’a été plus plaisant
Wie mein eisernes Wams gefallen.
Que mes justaucorps de fer.
Erster Arkebusier
Le Premier Arquebusier
Ne! das kann ich eben nicht sagen.Ne!
Non ! je ne dirai pas de même
. Non !
Erster Kürassier
Le Premier Cuirassier
Will einer in der Welt was erjagen,
 Si l’on veut dans ce monde devenir quelque chose,
Mag er sich rühren und mag sich plagen;
Il faut se bouger et se donner la peine;
Will er zu hohen Ehren und Würden,
Si l’on veut  des honneurs et des hautes dignités,
Bück’ er sich unter die goldnen Bürden;
Il faut s’incliner sous les charges dorées ;
Will er genießen den Vatersegen,
Si l’on veut profiter de la bénédiction d’être père,
Kinder und Enkelein um sich pflegen,
Des enfants et des petits-enfants se soucier,
 Treib’ er ein ehrlich Gewerb’ in Ruh.
Il faut employer son énergie calmement.
Ich – ich hab’ kein Gemüt dazu.
Moi… Je ne trouve pas de plaisirs à ça !
Frei will ich leben und also sterben,
Libre je veux vivre et libre je veux mourir,
Niemand berauben und niemand beerben
Ne voler personne et n’hériter de personne
Und auf das Gehudel unter mir
Et des futilités en dessous de moi
Leicht wegschauen von meinem Tier.
Il est facile de détourner le regard de mon canasson !
Erster Jäger
Le Premier Chasseur
Bravo! Just so ergeht es mir.
Bravo! Juste ce que je pense !
Erster Arkebusier
Le Premier Arquebusier
Lustiger freilich mag sich’s haben,
C’est certainement amusant d‘avoir,
 Über anderer Köpf’ wegtraben.
Au-dessus de tous une tête de plus !

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Traduction Jacky Lavauzelle
ARTGITATO
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Wallensteins Lager Schiller 11 Auftritt Fünfter Teil

WALLENSTEINS LAGER SCHILLER- Le Camp de Wallenstein SCHILLER -11ème tableau 4ème partie – 11 Auftritt – Vierter Teil

LITTERATURE ALLEMANDE
Dramatische Werke
Théâtre ALLEMAND

Friedrich von Schiller
1759-1805

WALLENSTEINS LAGER SCHILLER
Le Camp de Wallenstein

 

Le Camp de Wallenstein Scène 11 Wallensteins 11 Auftritt Lager Friedrich Schiller par Ludovike Simanowiz Traduction Française Artgitato


LE CAMP DE WALLENSTEIN
1799

Traduction Jacky Lavauzelle

——–

11 Auftritt

Onzième Tableau

Scène 11

Vierter Teil
Quatrième Partie

Zweiter Jäger
Le Second Chasseur
Wir lassen uns nicht so im Land ‘rum führen!
Nous ne laisserons pas ainsi diriger le pays !
Sie sollen kommen und sollen’s probieren!
Qu’ils tentent ! Qu’ils essaient !
Erster Arkebusier
Le Premier Arquebusier
Liebe Herren, bedenkt’s mit Fleiß,
Chers messieurs, envisagez ça avec sagesse,
  ‘s ist des Kaisers Will’ und Geheiß.
C’est la volonté et c’est un ordre de l’empereur.
Trompeter
Le Trompette
Werden uns viel um den Kaiser scheren.
Il nous rase bien cet empereur.
Erster Arkebusier
Le Premier Arquebusier
Laß Er mich das nicht zweimal hören.
Ne me permettez pas d’entendre ça deux fois !
Trompeter
Le Trompette
‘s ist aber doch so, wie ich gesagt.
C’est comme je l’ai dit !

Erster Jäger
Le Premier Chasseur
Ja, ja, ich hört’s immer so erzählen,
Oui, oui, j’ai toujours entendu dire ,
Der Friedländer hab’ hier allein zu befehlen.
Qu’ici seul Friedland commandait.
Wachtmeister
Le Maréchal des Logis
So ist’s auch, das ist sein Beding und Pakt.
Même s’il en est ainsi, ce qui est son devoir et son Pacte.
Absolute Gewalt hat er, müßt ihr wissen,
Il a le pouvoir absolu, vous devez le savoir,
Krieg zu führen und Frieden zu schließen,
de faire la guerre et de signer la paix,
Geld und Gut kann er konfiszieren,
Argent et biens, il peut les confisquer,
Kann henken lassen und pardonieren,
Il peut faire pendre et pardonner,
Offiziere kann er und Obersten machen,
Il peut promouvoir des officiers et des colonels ,
Kurz, er hat alle die Ehrensachen.
En bref, il possède toutes les prérogatives.
Das hat er vom Kaiser eigenhändig.
Qu’il a  reçu personnellement de l’empereur.
Erster Arkebusier
Le Premier Arquebusier

Der Herzog ist gewaltig und hochverständig;
Le duc est puissant et très intelligent;
Aber er bleibt doch, schlecht und recht,
  Mais il reste, parfait et droit,
Wie wir alle, des Kaisers Knecht.
Comme nous tous, le serviteur de l’Empereur.
Wachtmeister
Le Maréchal des Logis
Nicht wie wir alle! Das wißt Ihr schlecht.
Pas comme nous tous! Vous ne connaissez rien !
 Er ist ein unmittelbarer und freier
Il est d’une lignée immédiate et libre
Des Reiches Fürst, so gut wie der Bayer.
Prince du royaume, ainsi que le Bavarois.
Sah ich’s etwa nicht selbst mit an,
Ne l’ai-je pas vu de mes yeux,
Als ich zu Brandeis die Wach’ getan,
Quand je faisais les gardes à Brandeis,
Wie ihm der Kaiser selbsten erlaubt,
Comme l’empereur lui permettait, devant lui,
Zu bedecken sein fürstlich Haupt?
De rester couvert comme le veut son rang ?
Erster Arkebusier
Le Premier Arquebusier
Das war für das Mecklenburger Land,
C’est pour le pays de Mecklembourg
Das ihm der Kaiser versetzt als Pfand.
L’empereur le lui a donné en gage.
Erster Jäger
Le Premier Chasseur
zum Wachtmeister
Au Maréchal des Logis
Wie? In des Kaisers Gegenwart?
Comment ? En présence de l’Empereur ?
Das ist doch seltsam und sehr apart!
Comme cela est étrange et très surprenant !
Wachtmeister
Le Maréchal des Logis
fährt in die Tasche
il cherche dans sa poche
Wollt ihr mein Wort nicht gelten lassen,
Vous ne voulez pas me croire sur parole,
 Sollt ihr’s mit Händen greifen und fassen.
Je vous montre alors quelque chose de palpable et de saisissable.
Eine Münze zeigend
Il montre une pièce
Wes ist das Bild und Gepräg?
De qui est cette image et ce portrait ?
Marketenderin
La Cantinière
Weist her!
Que je vois !
Ei, das ist ja ein Wallensteiner!
Eh ! C’est bien un Wallenstein !
Wachtmeister
Le Maréchal des Logis
Na, da habt ihr’s, was wollt ihr mehr?
Eh bien! Là ! Vous l’avez ! Que voulez-vous de plus?
Ist er nicht Fürst so gut als einer?
N’est-il pas aussi bien qu’un autre prince ?
Schlägt er nicht Geld, wie der Ferdinand?
Ne bat-il pas monnaie, comme le fait Ferdinand?
Hat er nicht eigenes Volk und Land?
Ne possède t-il  pas un peuple et un pays ?
Eine Durchlauchtigkeit läßt er sich nennen!
Altesse se laisse-t-il appeler !
Drum muß er Soldaten halten können.
Par conséquent, il doit bien être capable d’avoir des soldats !
Erster Arkebusier
Le Premier Arquebusier
Das disputiert ihm niemand nicht.
Personne ne lui conteste.
Wir aber stehn in des Kaisers Pflicht,
Nous sommes aux ordres de l’Empereur
Und wer uns bezahlt, das ist der Kaiser.
Et qui nous paie, si ce n’est l’empereur.
Trompeter
Le Trompette
Das leugn’ ich Ihm, sieht Er, ins Angesicht.
Je ne le vois pas ainsi , et je le dis devant vous.
Wer uns nicht zahlt, das ist der Kaiser!
Qui ne nous paie pas, c’est l’empereur !
Hat man uns nicht seit vierzig Wochen
Nous ont-ils donné depuis quarante semaines
Die Löhnung immer umsonst versprochen?
Les salaires toujours promis en vain ?
Erster Arkebusier
Le Premier Arquebusier
Ei was! Das steht ja in guten Händen.
Eh, quoi ! Elle est en de bonnes mains.
Erster Kürassier
Le Premier Cuirassier
Fried’, ihr Herrn! Wollt ihr mit Schlägen enden?
Du calme, messieurs! Voulez-vous donc vous battre ?
Ist denn darüber Zank und Zwist,
Est-il à propos de se disputer et de se quereller,
Ob der Kaiser unser Gebieter ist?
Afin de savoir si l’Empereur est notre maître?
Eben drum, weil wir gern in Ehren
C’est en effet parce que nous souhaitons être honorer
Seine tüchtigen Reiter wären,
Comme ses cavaliers habiles,
Wollen wir nicht seine Herde sein,
Que nous ne voulons pas être son troupeau,
Wollen uns nicht von den Pfaffen und Schranzen
Vous ne voulez pas être par les prêtres et les courtisans
Herum lassen führen und verpflanzen.
guidés ni transplantés.
Sagt selber! Kommt’s nicht dem Herrn zu gut,
Je vous le dis ! N’est-il pas bon aussi pour le seigneur,
Wenn sein Kriegsvolk was auf sich halten tut?
Que ses gens d’armes soient fiers de leur bannière ?
Wer anders macht ihn, als seine Soldaten,
Qui lui donne comme ses soldats,
Zu dem großmächtigen Potentaten?
sa stature de  grand et puissant monarque ?
Verschafft und bewahrt ihm weit und breit
Qui lui fournit et lui permet de garder longuement et largement
Das große Wort in der Christenheit?
Le verbe dans la chrétienté?
Mögen sich die sein Joch aufladen,
Qui se courbe sous son joug,
Die mitessen von seinen Gnaden,
Ceux qui sont dans ses grâces,
Die mit ihm tafeln im goldnen Zimmer.
et qui ripaillent avec lui dans une salle dorée.
Wir, wir haben von seinem Glanz und Schimmer
Nous, nous avons de son éclat et de son lustre
Nichts als die Müh’ und als die Schmerzen,
Rien que le labeur et rien que la douleur,
Und wofür wir uns halten in unserm Herzen.
Et c’est ce que nous conservons fièrement dans nos cœurs.

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Traduction Jacky Lavauzelle
ARTGITATO
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Wallensteins Lager Schiller 11 Auftritt vierter teil
Le Camp de Wallenstein Scène 11 – Quatrième Partie

WALLENSTEINS LAGER SCHILLER- Le Camp de Wallenstein SCHILLER -11ème tableau 3ème partie – 11 Auftritt – Teil Drei

LITTERATURE ALLEMANDE
Dramatische Werke
Théâtre ALLEMAND

Friedrich von Schiller
1759-1805

WALLENSTEINS LAGER SCHILLER
Le Camp de Wallenstein

 

Le Camp de Wallenstein Scène 11 Wallensteins 11 Auftritt Lager Friedrich Schiller par Ludovike Simanowiz Traduction Française Artgitato


LE CAMP DE WALLENSTEIN
1799

Traduction Jacky Lavauzelle

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11 Auftritt

Onzième Tableau

Scène 11

Teil Drei
3ème Partie

Erster Dragoner
Le Premier Dragon
Weit aus Hibernien her komm’ ich.
Je viens loin de là, je viens d’Irlande.

Wachtmeister
Le Maréchal des Logis
 zu den beiden Kürassieren
Aux deux cuirassiers
Ihr, das weiß ich, seid ein Wallon;
Vous, je sais, vous êtes un Wallon;
Ihr ein Welscher. Man hört’s am Ton.
Et vous un Welche, on l’entend à l’accent.
Erster Kürassier
Le Premier Cuirassier
Wer ich bin? ich hab’s nie können erfahren:
Qui suis-je ? Je n’ai jamais été capable de le savoir :
Sie stahlen mich schon in jungen Jahren.
On m’a volé à un âge précoce.
Wachtmeister
Le Maréchal des Logis
Und du bist auch nicht aus der Näh?
Et vous aussi vous n’êtes pas de par ici ?
Erster Arkebusier
Le Premier Arquebusier
Ich bin von Buchau am Federsee.
Je suis de Buchau, sur le lac Feder
Wachtmeister
Le Maréchal des Logis
Und Ihr, Nachbar?
Et vous, mon voisin ?
Zweiter Arkebusier
Le Second Arquebusier
Aus der Schwitz.
Je suis de Suisse
Wachtmeister
Le Maréchal des Logis
zum zweiten Jäger
Aux deux chasseurs
Was für ein Landsmann bist du, Jäger?
Et toi, de quel pays viens-tu, chasseur ?
Zweiter Jäger
Le Second Chasseur
Hinter Wismar ist meiner Eltern Sitz.
Derrière Wismar se sont établis mes parents.
Wachtmeister
Le Maréchal des Logis
auf den Trompeter zeigend
il montre le Trompette
Und der da und ich, wir sind aus Eger.
Et toi là et moi, nous sommes d’Egra.
Nun! und wer merkt uns das nun an,
Eh bien! et qui a noté ça maintenant,
Daß wir aus Süden und aus Norden
Que nous sommes du sud et du nord
Zusammen geschneit und geblasen worden?
Rassemblés comme la neige par les vents ?
Sehn wir nicht aus, wie aus einem Span?
Voyez, ne sommes-nous pas d’une écorce ?
Stehn wir nicht gegen den Feind geschlossen,
Ne sommes -nous pas unis contre l’ennemi
Recht wie zusammen geleimt und gegossen?
Comme si nous étions collés ensemble et fondus ?
Greifen wir nicht, wie ein Mühlwerk, flink
Nous réagissons-nous pas comme les engrenages d’un moulin
Ineinander auf Wort und Wink?
Soudés d’un mot et d’un signe ?
Wer hat uns so zusammen geschmiedet,
Qui nous a forgé ensemble afin
Daß ihr uns nimmer unterschiedet?
Que nous ne puissions plus nous différencier ?
Kein andrer sonst als der Wallenstein!
Personne d’autre sinon Wallenstein !
Erster Jäger
Le Premier Chasseur
Das fiel mir mein Lebtag nimmer ein,
Cet accord, par ma vie jamais je n’ai pensé,
Daß wir so gut zusammen passen;
Que nous étions si bien ensemble;
Hab’ mich immer nur gehen lassen.
Je me suis toujours juste laisser vivre.
Erster Kürassier
Le Premier Cuirassier
Dem Wachtmeister muß ich Beifall geben.
Je ne peux qu’aller dans le sens du Maréchal des Logis.
Dem Kriegsstand kämen sie gern ans Leben;
L’état de guerre nous empêche de vivre ;
Den Soldaten wollen sie niederhalten,
Les soldats, ils veulent les diminuer,
Daß sie alleine können walten.
Pour exercer seul le pouvoir.
‘s ist eine Verschwörung, ein Komplott.
C’est une conjuration, un complot.
Marketenderin
La Cantinière
Eine Verschwörung? Du lieber Gott!
Une conspiration ? Mon Dieu !
Da können die Herren ja nicht mehr zahlen.
Ces messieurs ne pourront donc plus me payer.
Wachtmeister
Le Maréchal des Logis
Freilich! Es wird alles bankerott.
Bien sûr ! Il seront tous en faillite.
Viele von den Hauptleuten und Generalen
Beaucoup des capitaines et des généraux
Stellten aus ihren eignen Kassen
Ont investi de leurs fonds propres
Die Regimenter, wollten sich sehen lassen,
Dans les régiments, ils voulaient se montrer,
Täten sich angreifen über Vermögen,
Ils ont dépensé plus que de raison,
Dachten, es bring’ ihnen großen Segen.
Pensant que ça leur rapporterait de grandes bénédictions.
Und die alle sind um ihr Geld,
Et chacun d’entre eux perdra son argent,
Wenn das Haupt, wenn der Herzog fällt.
Si le sommet, c’est à dire le duc, faillit.
Marketenderin
La Cantinière
Ach, du mein Heiland! Das bringt mir Fluch!
Ô toi mon Sauveur! Cela apporte ma malédiction !
Die halbe Armee steht in meinem Buch.
La moitié de l’armée est dans mon livre de compte.
Der Graf Isolani, der böse Zahler,
Le comte Isolani, ce mauvais payeur,
Restiert mir allein noch zweihundert Taler.
Me doit à lui seul deux cents Thalers.
Erster Kürassier
Le Premier Cuirassier
Was ist da zu machen, Kameraden?
Que faire alors, camarades ?
 
Es ist nur eins, was uns retten kann:
Il n’y a qu’une seule chose qui peut nous sauver :
Verbunden können sie uns nichts schaden;
Regroupés, ils ne pourront pas nous nuire ;
Wir stehen alle für einen Mann.
Nous devons agir comme si nous étions un homme.
Laßt sie schicken und ordenanzen,
Qu’ils envoient et qu’ils ordonnent
Wir wollen uns fest in Böhmen pflanzen,
Nous, nous voulons nous installer fermement en Bohême,
Wir geben nicht nach und marschieren nicht,
Nous ne céderons pas et ne marcherons pas,
Der Soldat jetzt um seine Ehre ficht.
Le soldat se bat maintenant pour son honneur.

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Traduction Jacky Lavauzelle
ARTGITATO
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Wallensteins Lager Schiller 11 Auftritt