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LES BERGERS – I pastori – Poème de Gabriele d’Annunzio

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Gabriele D’Annunzio

prince de Montenevoso

Traduction – Texte Bilingue
Poesia e traduzione

LITTERATURE ITALIENNE

 Gabriele d'Annunzio Traduction Artgitato Proses et Poèmes Italiens

Letteratura Italiana

Gabriele D’Annunzio
1863-1938

Traduction Jacky Lavauzelle

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I PASTORI
LES BERGERS


 

William Bouguereau, Jeune bergère, Pastorella

 

 

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Settembre, andiamo. È tempo di migrare.
Septembre, allons. Il est temps de migrer.
Ora in terra d’Abruzzi i miei pastori
Maintenant mes bergers dans les Abruzzes
lascian gli stazzi e vanno verso il mare:
laissent les enclos et vont vers la mer :
scendono all’Adriatico selvaggio
descendant vers la sauvage Adriatique
che verde è come i pascoli dei monti.
verte comme les alpages des montagnes.

*

Han bevuto profondamente ai fonti
Ils boivent profondément aux sources
alpestri, che sapor d’acqua natía
alpestres, pour que la saveur de cette eau indigène
rimanga ne’ cuori esuli a conforto,
console leurs cœurs exilés,
che lungo illuda la lor sete in via.
et garde longtemps la soif en chemin.
Rinnovato hanno verga d’avellano.
Voyez comme ils renouvellent leurs bâton de noisetier.

*

E vanno pel tratturo antico al piano,
Les voici prenant l’ancienne piste des moutons,
quasi per un erbal fiume silente,
presqu’une rivière d’herbe silencieuse,
su le vestigia degli antichi padri.
sur les vestiges des pas des anciens.
O voce di colui che primamente
Ô la voix du premier
conosce il tremolar della marina!
qui connaîtra les palpitations de la mer !

*

Ora lungh’esso il litoral cammina
Maintenant, longeant le littoral, marche
la greggia. Senza mutamento è l’aria.
le troupeau. L’air est comme suspendu.
il sole imbionda sì la viva lana
le soleil inonde cette laine vivante
che quasi dalla sabbia non divaria.
qui ne se démarque plus du sable.
Isciacquío, calpestío, dolci romori.
Vibrations, clapotis, doux sons.

*

Ah perché non son io co’ miei pastori?
Ah pourquoi ne suis-je donc pas avec mes bergers ?

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LE PARLEMENT – I – DELLA «CANZONE DI LEGNANO» de GIOSUÈ CARDUCCI

Traduction – Texte Bilingue
LITTERATURE ITALIENNE – letteratura italiana
TRADUCTION Jacky LAVAUZELLE

Giosuè Carducci
1835- 1907
Prix Nobel de Littérature 1906

IL PARLAMENTO
LE PARLEMENT
I

L’empereur Frédéric Barberousse, au milieu, aux côtés de ses deux fils, le roi Henri VI (à gauche) et le duc Frédéric VI (à droite).

DELLA «CANZONE DI LEGNANO»
DE LA « CANZONE DI LEGNANANO
PARTE I

[1879]

Sta Federico imperatore in Como.
Frédéric, empereur, séjourne à Côme.
ecco un messaggero entra in Milano
Et voici qu’un messager entre à Milan
Da Porta Nova a briglie abbandonate.
par la Porta Nuova à bride abattue.
“Popolo di Milano,„ ei passa e chiede,
« Peuple de Milan« , clama-t-il en passant,
“Fatemi scorta al console Gherardo„.
« Conduisez-moi vers le consul Gherardo ».
Il consolo era in mezzo de la piazza,
La consul se trouvait au milieu de la place,
E il messagger piegato in su l’arcione
Et le messager, courbé sur sa selle,
Parlò brevi parole e spronò via.
dit quelques mots et repartit.
Allor fe’ cenno il console Gherardo,
Alors le consul Gherardo fit un signe,
E squillaron le trombe a parlamento.
Et les trompettes sonnèrent devant le parlement.


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Frédéric Premier de Hohenstaufen
Frédéric Barberousse 
Friedrich I. – Barbarossa, 
1122 – 10 juin 1190
Empereur romain germanique
Roi des Romains
Roi d’Italie
Duc de Souabe
Duc d’Alsace,

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Carducci

HENRI HAUVETTE
Littérature Italienne
CINQUIÈME PARTIE
L’ITALIE RÉGÉNÉRÉE

L’influence exercée par G. Carducci sur le mouvement intellectuel de son temps a été considérable, et on a remarqué que son exemple avait suscité un nombre inusite de professeurs-poetes. Parmi ceux—ci, Giuseppe Chiarini, d’Arezzo ({8334908) fut lié au maitre par une étroite amitié, qui ne se démentit pas un seul jour. Théoricien et imitateur de la métrique a barbare », traducteur de H. Heine, poéte délicat lui-méme, notamment dans un volume intitulé Lacrymae ({880), il s’est fait le biographe de Carducci (Memorie della vim di G. Carducci, Florence, {903), comme il fut celui d’autres grande poétes, de Foscolo ({892) et de Leopardi (I 905).

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Le poète Giosuè Carducci
Maurice Muret
Revue des Deux Mondes
Tome 40 – 1907

Dans un temps où la littérature devient de plus en plus internationale, où les auteurs du monde entier sont traduits dans toutes les langues, Giosuè Carducci offre l’exemple exceptionnel d’un grand écrivain dont l’œuvre s’est fort peu répandue à l’étranger. Son nom, à vrai dire, était depuis longtemps célèbre. Tout le monde savait que Giosuè Carducci enseignait à Bologne la littérature italienne. On connaissait son Hymne à Satan ; on n’ignorait pas non plus que ce poète, naguère républicain farouche, s’était converti à la monarchie par admiration, par vénération pour la reine douairière d’Italie, Marguerite de Savoie. Lorsque, au mois de décembre 1906, le prix Nobel pour la poésie fut attribué, après plusieurs années d’hésitation, à Giosuè Carducci, journaux et revues lui consacrèrent des études un peu plus substantielles. La mort du poète, enfin, survenue le 16 février dernier, donna lieu hors d’Italie à toute une série nouvelle d’articles nécrologiques, mais cet événement provoqua en Europe des regrets beaucoup moins sentis et beaucoup moins éloquents que la mort d’Henrik Ibsen, par exemple. L’Italie fit à son enfant des obsèques dignes de son génie, mais les autres nations, insuffisamment renseignées, restèrent plutôt indifférentes au deuil pompeux de nos voisins d’outre-monts.
Hâtons-nous de dire qu’il n’y eut, dans cette indifférence de l’étranger, aucune ingratitude. L’œuvre de Carducci ne pouvait raisonnablement prétendre à la grande célébrité internationale. Giosuè Carducci doit à la poésie le meilleur de sa gloire. Or c’est par le roman, c’est par le théâtre, c’est par la littérature d’idées que se créent les célébrités universelles. Traduite dans une langue étrangère, une œuvre lyrique perd le principal de son charme, a l’instar de ces vins généreux dont l’arôme s’évanouit en passant à travers un filtre. On traduit parfois, par curiosité ou pour l’instruction des lettrés, les poèmes lyriques d’un auteur illustre parvenu à la renommée internationale par le roman ou le théâtre. On a traduit récemment les poésies d’Henrik Ibsen, on traduira quelque jour les Laudi de M. Gabriele d’Annunzio, mais la réputation d’un auteur ne saurait se fonder sur une traduction, si bonne fût-elle, de ses ouvrages en vers. Aussi la splendeur de Giosuè Carducci, poète uniquement lyrique, était-elle et reste-t-elle condamnée à n’être jamais pleinement goûtée de quiconque ignore la langue italienne.
Une autre raison de l’obscurité relative où demeura l’œuvre de Carducci tient à son caractère rigoureusement national. Exception faite d’une série de sonnets consacrés à la Révolution française, c’est l’histoire italienne uniquement qui l’inspira, pendant toute sa vie. L’Italie a traversé de 1821 à 1870 une époque de troubles, de succès politiques mêlés de revers, de vastes espoirs suivis de mornes découragements qui aboutirent enfin à la reconstitution de l’unité et dont l’ensemble constitue la période du Risorgimento. Un poète, mort cinquante ans exactement avant Carducci, Giacomo Léopardi, avait exprimé les aspirations nationales dans la première phase de cette lutte glorieuse. Giosuè Carducci les a traduites, presque au jour le jour peut-on dire, dans la deuxième phase, la plus heureuse : celle qui devait se terminer par l’entrée des Italiens dans Rome et l’installation de la monarchie au Quirinal. Les péripéties de cet âge héroïque, Carducci les a retracées d’un point de vue assez spécial, mais avec une telle ferveur patriotique qu’il finit par incarner, aux yeux des Italiens de ce temps, non point le sentiment d’un parti, mais l’idée nationale elle-même, si bien qu’en 1891, lorsque le barde mazzinien et garibaldien inclina son front naguère indocile devant la majesté de la reine Marguerite, on salua dans cette conversion le couronnement de son œuvre de poète et de citoyen. Le nom de Carducci avait pris dans les dernières années de sa vie un sens en quelque sorte symbolique. Il représentait les idées désormais inséparables de patrie et d’unité. Après lui avoir tenu longtemps rigueur, les catholiques d’outre-monts avaient généreusement rapporté la sentence naguère prononcée contre le poète révolutionnaire. Lors d’un jubilé professoral de Carducci, le marquis Filippo Crispolti, le plus connu des publicistes catholiques de la péninsule, tint même à honneur de joindre aux hommages spontanés de l’Italie libérale l’hommage réfléchi de l’Italie catholique. Et il loua en termes parfaits tout ce qui, dans l’œuvre de Carducci, pouvait être loué par un esprit religieux. Cette unanimité dans l’admiration et la reconnaissance se retrouva lorsqu’il s’agit de rendre à la dépouille mortelle du poète les honneurs suprêmes. Le 16 février 1907 plongea dans le deuil l’Italie entière. Jour néfaste pour la Nation ! Jour de larmes pour la Poésie ! La scène funèbre décrite dans l’ode barbare Aux sources du Clitumne dut se répéter sur toutes les rives italiques :
Les nymphes allèrent en pleurant se cacher dans les fleuves, rentrèrent dans le sein maternel, ou, poussant de longs cris, se dispersèrent ainsi que des nuages au-dessus des montagnes…
Et la voix mystérieuse qui jadis, tandis que se mouraient le monde romain, ses dieux et ses héros, s’écria au large de la Méditerranée : « Le grand Pan est mort ! » dut exhaler de nouveau sa plainte en ce triste jour où descendait dans la tombe le plus antique, le plus latin, le plus romain des poètes modernes.

MAURICE MURET

——–

LE CHANSONNIER SONNET 170 (Première Partie) CANZONIERE PETRARCA 170- SONNET CLXX

*
Pétrarque Chansonnier Petrarca

Pétrarque CANZONIERE Petrarca LE CHANSONNIER (Sommaire)

FRANCESCO PETRARQUE

Francesco PETRARCA
1304 – 1374

Traduction Jacky Lavauzelle

——–


Canzoniere Petrarca  Sonetto 170

LE CHANSONNIER PETRARQUE Sonnet 170
CLXX

Rerum vulgarium fragmenta

Fragments composés en vulgaire

Rime In vita di Madonna Laura

PRIMA PARTE
Première Partie

170/263

Dante Boccace Petrarque Guido Cavalvanti Cino da Pistoia Guittone dArezzo Trecento Italien 1544 Giorgio Vasari

Piú volte già dal bel sembiante humano

Plusieurs fois déjà de la belle apparence humaine
 ò preso ardir co le mie fide scorte
J’ai pris courage avec ma fidèle escorte
d’assalir con parole honeste accorte
d’attaquer avec des mots honnêtes et justes
la mia nemica in atto humile et piano.
mon ennemie, sous des abords humbles et mesurés.

**

Fanno poi gli occhi suoi mio penser vano

Mais ils sont vains face à son regard fort
perch’ogni mia fortuna, ogni mia sorte,
et toute ma fortune, tout mon destin,
mio ben, mio male, et mia vita, et mia morte,
mon bien et mon mal, ma vie et ma mort,
quei che solo il pò far, l’à posto in mano.
se retrouvent à sa merci dans sa main.

**


**

Ond’io non poté’ mai formar parola

Ne pouvant plus jamais sortir un mot
ch’altro che da me stesso fosse intesa:
que moi seul pouvait entendre :
cosí m’ha fatto Amor tremante et fioco.
ainsi Amour m’a fait : tremblant et faible.

**

E veggi’ or ben che caritate accesa

Et je vois en effet ces effets de la passion violente
lega la lingua altrui, gli spirti invola:
qui lient la langue d’autrui et fait perdre la raison :
chi pò dir com’egli arde, è ’n picciol foco.
qui peut dire qu’il brûle, brûle en fait bien peu.

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CANZONIERE PETRARCA
Traduction Jacky Lavauzelle
ARTGITATO
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Ritratto_di_francesco_petrarca,_altichiero,_1376_circa,_padova

canzoniere Petrarca 170
le chansonnier Pétrarque Sonnet 170
canzoniere poet

FRANCESCO PETRARQUE


LE CHANSONNIER SONNET 169 (Première Partie) CANZONIERE PETRARCA 169 – SONNET CLIX

*
Pétrarque Chansonnier Petrarca

Pétrarque CANZONIERE Petrarca LE CHANSONNIER (Sommaire)

FRANCESCO PETRARQUE

Francesco PETRARCA
1304 – 1374

Traduction Jacky Lavauzelle

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Canzoniere Petrarca  Sonetto 169

LE CHANSONNIER PETRARQUE Sonnet 169
SONNET CLIX

 

Rerum vulgarium fragmenta

Fragments composés en vulgaire

Rime In vita di Madonna Laura

PRIMA PARTE
Première Partie

169/263

Dante Boccace Petrarque Guido Cavalvanti Cino da Pistoia Guittone dArezzo Trecento Italien 1544 Giorgio Vasari

Pien d’un vago penser che me desvia

Accaparé d’une suave pensée qui me fait oublier
da tutti gli altri, et fammi al mondo ir solo,
toutes les autres, et me conduit seul par le monde,
ad or ad ora a me stesso m’involo
parfois j’arrive à ne plus penser
pur lei cercando che fuggir devria;
qu’à celle que je devrais fuir ;

**

et veggiola passar sí dolce et ria

et je la vois vaquant douce et cruelle
che l’alma trema per levarsi a volo,
que mon âme tremblante semble parée d’ailes,
 tal d’armati sospir’ conduce stuolo
accompagnée de tant d’armés émois,
questa bella d’Amor nemica, et mia.
ce bel ennemi d’Amour et de moi.

**


**

Ben s’i’ non erro di pietate un raggio

Pourtant, voici un rayon de miséricorde
scorgo fra ’l nubiloso, altero ciglio,
que j’aperçois entre ces sombres cils hautains,
che ’n parte rasserena il cor doglioso:
et qui rassure mon cœur endolori :

**

allor raccolgo l’alma, et poi ch’i’ agio

alors je ressaisis mon âme, décidé
di scovrirle il mio mal preso consiglio,
de m’écarter des mauvais conseils,
tanto gli ò a dir, che ’ncominciar non oso.
j’ai tant à dire qu’à commencer je n’ose.

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CANZONIERE PETRARCA
Traduction Jacky Lavauzelle
ARTGITATO
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Ritratto_di_francesco_petrarca,_altichiero,_1376_circa,_padova

canzoniere Petrarca 169
le chansonnier Pétrarque Sonnet 169
canzoniere poet

FRANCESCO PETRARQUE


LA SIRENE DU CIEL – LE CHANSONNIER SONNET 167 (Première Partie) CANZONIERE PETRARCA 167 – SONNET CLXVII

*
Pétrarque Chansonnier Petrarca

Pétrarque CANZONIERE Petrarca LE CHANSONNIER (Sommaire)

FRANCESCO PETRARQUE

Francesco PETRARCA
1304 – 1374

Traduction Jacky Lavauzelle

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Canzoniere Petrarca  Sonetto 167

LE CHANSONNIER PETRARQUE Sonnet 167
CLXVII

Rerum vulgarium fragmenta

Fragments composés en vulgaire

Rime In vita di Madonna Laura

PRIMA PARTE
Première Partie

167/263

Dante Boccace Petrarque Guido Cavalvanti Cino da Pistoia Guittone dArezzo Trecento Italien 1544 Giorgio Vasari

LA SIRENE DU CIEL

Quando Amor i belli occhi a terra inchina

Quand Amour au sol baisse ses beaux yeux,
e i vaghi spirti in un sospiro accoglie
accueille tous les esprits flottants dans un soupir
co le sue mani, et poi in voce gli scioglie,
dans ses mains, puis les démêle dans sa voix,
 chiara, soave, angelica, divina,
claire, douce, angélique, divine,

**

sento far del mio cor dolce rapina,

Je sens tant un doux brigandage de mon cœur,
et sí dentro cangiar penseri et voglie,
et une intrusion dans mes pensées et mes désirs,
 ch’i’ dico: Or fien di me l’ultime spoglie,
que je dis:  que je reçoive mon dernier butin,
se ’l ciel sí honesta morte mi destina.
si le ciel me destine à une mort honnête.

**


**

Ma ’l suon che di dolcezza i sensi lega

Mais le son qui lie mes sens par tant de douceur
col gran desir d’udendo esser beata
avec ce grand désir de l’entendre
l’anima al dipartir presta raffrena.
réfrène mon âme dans son départ .

**

Cosí mi vivo, et cosí avolge et spiega

Ainsi je vis, et ainsi se noue et se dénoue
lo stame de la vita che m’è data,
le fil de cette vie qui m’a été donné,
questa sola fra noi del ciel sirena.
au son de cette singulière sirène du ciel.

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CANZONIERE PETRARCA
Traduction Jacky Lavauzelle
ARTGITATO
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Ritratto_di_francesco_petrarca,_altichiero,_1376_circa,_padova

canzoniere Petrarca 167
le chansonnier Pétrarque Sonnet 167
canzoniere poet

FRANCESCO PETRARQUE


LE CHANSONNIER SONNET 166 (Première Partie) CANZONIERE PETRARCA 166 – SONNET CLXVI

*
Pétrarque Chansonnier Petrarca

Pétrarque CANZONIERE Petrarca LE CHANSONNIER (Sommaire)

FRANCESCO PETRARQUE

Francesco PETRARCA
1304 – 1374

Traduction Jacky Lavauzelle

——–


Canzoniere Petrarca  Sonetto 166

LE CHANSONNIER PETRARQUE Sonnet 166
CLXVI

Rerum vulgarium fragmenta

Fragments composés en vulgaire

Rime In vita di Madonna Laura

PRIMA PARTE
Première Partie

166/263

Dante Boccace Petrarque Guido Cavalvanti Cino da Pistoia Guittone dArezzo Trecento Italien 1544 Giorgio Vasari

S’i’ fussi stato fermo a la spelunca

Si j’étais demeuré immobile dans la caverne
là dove Apollo diventò profeta,
où Apollon est devenu prophète,
Fiorenza avria forse oggi il suo poeta,
Florence aurait aujourd’hui son poète,
non pur Verona et Mantoa et Arunca;
Comme Vérone, Mantoue et Sessa Aurunca ;

**

ma perché ’l mio terren piú non s’ingiunca

mais ma terre ne reçoit plus
de l’humor di quel sasso, altro pianeta
les bienfaits du Parnasse, une autre destin
conven ch’i’ segua, et del mio campo mieta
je vais suivre et que l’on récolte de mon champ
lappole et stecchi co la falce adunca.
buissons et maquis avec une faux crochue.

**


**

L’oliva è secca, et è rivolta altrove

L’olive est sèche et ailleurs dérivée
l’acqua che di Parnaso si deriva,
l’eau qui vient du Parnasse,
per cui in alcun tempo ella fioriva.
qui jadis l’avait fait prospérer.

**

Cosí sventura over colpa mi priva

Ainsi le malheur et la culpabilité me prive
d’ogni buon fructo, se l’etterno Giove
de tout bon fruit, si l’éternel Jupiter,
de la sua gratia sopra me non piove.
au-dessus de moi, ne m’arrose de sa bienveillance.

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CANZONIERE PETRARCA
Traduction Jacky Lavauzelle
ARTGITATO
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canzoniere Petrarca 166
le chansonnier Pétrarque Sonnet 166
canzoniere poet

FRANCESCO PETRARQUE


PETRARQUE LE CHANSONNIER SONNET 168 (1ère Partie) CANZONIERE PETRARCA 168 – SONNET CLXVIII

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Pétrarque Chansonnier Petrarca

Pétrarque CANZONIERE Petrarca LE CHANSONNIER (Sommaire)

FRANCESCO PETRARQUE

Francesco PETRARCA
1304 – 1374

Traduction Jacky Lavauzelle

——–


Canzoniere Petrarca  Sonetto 168

LE CHANSONNIER PETRARQUE Sonnet 168
CLXVIII

Rerum vulgarium fragmenta

Fragments composés en vulgaire

Rime In vita di Madonna Laura

PRIMA PARTE
Première Partie

168/263

Dante Boccace Petrarque Guido Cavalvanti Cino da Pistoia Guittone dArezzo Trecento Italien 1544 Giorgio Vasari

Amor mi manda quel dolce pensero

Amour m’envoie cette douce pensée
che secretario anticho è fra noi due,
De cet antique secrétaire, notre confident,
et mi conforta, et dice che non fue
et cette pensée me réconforte et me dit que jamais
mai come or presto a quel ch’io bramo et spero.
Je ne fus plus près de ce que je désire et attends.

 

**

Io, che talor menzogna et talor vero

Moi qui sais que, parfois mensonge et parfois vérité,
ò ritrovato le parole sue,
sa parole souvent utilisait,
non so s’i’ ’l creda, et vivomi intra due,
Je ne sais pas si je dois le croire, et je vis entre les deux,
né sí né no nel cor mi sona intero.
ni le oui ni le non ne sont dans mon cœur pleinement.

**


**

In questa passa ’l tempo, et ne lo specchio

Et le temps passe, et dans le miroir
mi veggio andar ver’ la stagion contraria
Je vois la saison contraire
a sua impromessa, et a la mia speranza.
à sa promesse et à mon espoir.

 

**

Or sia che pò: già sol io non invecchio;

Advienne que pourra : je ne vieillis pas seul ;
già per etate il mio desir non varia;
déjà l’âge n’a pas changé mon désir ;
ben temo il viver breve che n’avanza.
et je crains plutôt la courte vie qui reste.

***

À la louange de Laure et de Pétrarque

par Paul Verlaine
À la louange de Laure et de Pétrarque
Jadis et Naguère, Léon Vanier, 1884

Chose italienne où Shakspeare a passé
Mais que Ronsard fit superbement française,
Fine basilique au large diocèse,
Saint-Pierre-des-Vers, immense et condensé,

Elle, ta marraine, et Lui qui t’a pensé,
Dogme entier toujours debout sous l’exégèse
Même edmondschéresque ou francisquesarceyse,
Sonnet, force acquise et trésor amassé,

Ceux-là sont très bons et toujours vénérables,
Ayant procuré leur luxe aux misérables
Et l’or fou qui sied aux pauvres glorieux,

Aux poètes fiers comme les gueux d’Espagne,
Aux vierges qu’exalte un rythme exact, aux yeux
Épris d’ordre, aux cœurs qu’un vœu chaste accompagne.

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CANZONIERE PETRARCA
Traduction Jacky Lavauzelle
ARTGITATO
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canzoniere Petrarca 168
le chansonnier Pétrarque Sonnet 168
canzoniere poet

FRANCESCO PETRARQUE


GIOSUE CARDUCCI – ÇA IRA (1883)- PREMIER SONNET – Lieto su i colli di Borgogna splende

Traduction – Texte Bilingue
CARDUCCI


 

Giosuè Carducci
1835- 1907

Prix Nobel de Littérature 1906

 

Traduction Jacky Lavauzelle

Sélection de poèmes de
Giosuè Carducci
*********

ÇA IRA
I
*********

 


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Lieto su i colli di Borgogna splende
Heureux brille sur les collines de Bourgogne
e in val di Marna a le vendemmie il sole:
et sur les vendanges dans la vallée de la Marne le soleil :
il riposato suoI piccardo attende
le sol apaisé de la Picardie attend
l’aratro che l’inviti a nuova prole.
de la charrue une nouvelle invitation à procréer.

*

Ma il falcetto su l’uve iroso scende
Mais la faucille sur les raisins de colère s’abat
come una scure, e par che sangue còle:
telle une hache, d’où semble s’écouler du sang :
 nel rosso vespro l’arator protende
dans ce soir rouge, le paysan observe
l’occhio vago a le terre inculte e sole,
le regard vague les terres incultes et solitaires,

*

ed il pungolo vibra in su i mugghianti
et le fouet claque sur les bêtes mugissantes
  quasi che l’asta palleggiasse, e afferra
comme s’il agitait de sa lance, il empoigne alors
la stiva urlando : Avanti, Francia, avanti!
la charrue en criant : En avant, France, en avant !

*

Stride l’aratro in solchi aspri: la terra
La charrue gémit dans l’âpre sillon ; la terre
  fuma: l’aria oscurata è di montanti
fume ;  l’air est obscurci par l’ombre montante
fantasimi che cercano la guerra.
des fantômes qui cherchent la guerre.


*******

ÇA IRA
 I

******

GIOSUE CARDUCCI

********************

LE « ÇA IRA »
Le poète Giosuè Carducci
Maurice Muret
Revue des Deux Mondes
Tome 40 – 1907

…Le sonnet est un moule d’une rare plasticité. Il s’est prêté aux mignardises de Joséphin Soulary comme aux visions grandioses de José Maria de Heredia. Dans leur concision lapidaire, leur âpre et sinistre beauté, les douze sonnets de Ça ira brillent d’un éclat tragique.

C’est au sortir d’une lecture de la Révolution française par Carlyle que Carducci les composa. Sans doute il connaissait aussi Thiers, Louis Blanc et Michelet ; mais la lecture de Carlyle donna l’élan décisif. C’est elle qui força l’inspiration. Comme Carlyle, — et comme Joseph de Maistre, — Carducci voit dans la Révolution française un événement proprement « satanique, » mais le rebelle qu’il est attache à ce terme le sens favorable qui se découvre dans son Hymne à Satan. La Révolution française est pour lui une revanche de la raison, de la liberté, de la justice sur les « tyrannies séculaires » de l’Eglise et de la monarchie. Il a protesté contre les critiques qui dénoncèrent ses sympathies terroristes quelque peu excessives ; il a prétendu s’être borné (ou à peu près) au rôle d historiographe. C’est pur paradoxe ! Ça ira prend énergiquement fait et cause pour la Terreur. Carducci condamne Louis XVI et Marie-Antoinette avec une rigueur inconnue des historiens impartiaux. Le sonnet qui retrace le meurtre de la princesse de Lamballe est une apologie déguisée de ce crime. Louis XVI, enfin, dans la prison où il se recueille en attendant la mort, est montré par le poète italien « demandant pardon au ciel pour la nuit de la Saint-Barthélemy. » Que voilà donc un « état d’Ame » peu historique ! N’y a-t-il pas tout lieu de croire que Louis XVI, à la veille de mourir, était à cent lieues de penser qu’il expiait les méfaits de Charles IX ? C’est l’impitoyable logique jacobine qui établit des rapprochements de cette sorte.

Il faut tenir compte, dans l’appréciation du Ça ira, de la date où fut publié cet ouvrage. Il parut « pour le 77e anniversaire de la République, » à une époque où la France traversait une nouvelle « année terrible. » Bien que le poète n’y fasse aucune allusion formelle, les événements de 1870-1871 restent toujours présents à son esprit. A l’opprobre de Sedan s’oppose dans sa pensée la gloire de Valmy, de Valmy qui fait l’objet de son dernier sonnet. Plutôt que Sedan, la Terreur ; plutôt Danton que Napoléon III ; plutôt Robespierre que Bazaine, voilà ce qu’on peut lire entre les lignes du Ça ira. Un critique italien a parlé des « Grâces pétrolières » qui avaient servi de marraines à cette poésie. Et ce propos irrita l’auteur. Le mot n’en était pas moins exact.

Indépendamment du Ça ira consacré à un sujet français, Carducci mentionne fréquemment la France dans ses ouvrages. Quel autre pays a été plus étroitement mêlé aux destinées du Risorgimento ? Carducci n’est pas gallophobe, tant s’en faut ; mais c’est exclusivement à la France rouge que vont ses sympathies. Les Iambes et épodes traînent aux gémonies ce peuple devenu infidèle à l’idéal révolutionnaire d’autrefois. Le poète maudit la France impériale « brigande au service du Pape » (masnadière papale). Dans les vers Pour Edouard Corazzini, il invective plus sauvagement encore la « grande nation » au nom de ceux qui crurent en elle, de ceux « qui avaient grandi à ta libre splendeur, de ceux qui t’avaient aimée, ô France ! » Même note dans le Sacre d’Henri V, où il s’élève contre les tentatives de restauration monarchique en France après la chute de l’Empire. Mais c’est surtout contre Bonaparte et le bonapartisme que le poète romain brandit ses foudres vengeresses.

Maurice Muret
Revue des Deux Mondes
Tome 40 – 1907

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LE CHANSONNIER SONNET 165 (Première Partie) CANZONIERE PETRARCA 165 – SONNET CLXV

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Pétrarque Chansonnier Petrarca

Pétrarque CANZONIERE Petrarca LE CHANSONNIER (Sommaire)

FRANCESCO PETRARQUE

Francesco PETRARCA
1304 – 1374

Traduction Jacky Lavauzelle

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Canzoniere Petrarca  Sonetto 165

LE CHANSONNIER PETRARQUE Sonnet 165
CLXV

Rerum vulgarium fragmenta

Fragments composés en vulgaire

Rime In vita di Madonna Laura

PRIMA PARTE
Première Partie

165/263

Dante Boccace Petrarque Guido Cavalvanti Cino da Pistoia Guittone dArezzo Trecento Italien 1544 Giorgio Vasari

Come ’l candido pie’ per l’erba fresca
Quand son pied candide se pose sur l’herbe fraîche,
i dolci passi honestamente move,
ses doux pas se déplaçant délicatement,
vertú che ’ntorno i fiori apra et rinove,
une vertu ouvre les fleurs nouvelles pleinement,
de le tenere piante sue par ch’esca.
qui de sa plante semble émaner.

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Amor che solo i cor’ leggiadri invesca
Amour qui aux seuls cœurs gracieux se montre
né degna di provar sua forza altrove,
et ne daigne forcer ailleurs sa puissance,
da’ begli occhi un piacer sí caldo piove
aux beaux yeux extrait tant d’ardentes pluies
ch’i’ non curo altro ben né bramo altr’ésca.
que je ne cherche ni d’autres biens ni d’autres appâts.

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**

Et co l’andar et col soave sguardo
Et à ce doux regard, à cette silhouette
s’accordan le dolcissime parole,
s’accordent des douces paroles soyeuses,
et l’atto mansüeto, humile et tardo.
et une démarche de bonté, humble et délicate.

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Di tai quattro faville, et non già sole,
De ces quatre étincelles, et non seulement,
nasce ’l gran foco, di ch’io vivo et ardo,
naît le grand feu dont je vis et brûle,
che son fatto un augel notturno al sole.
moi qui suis devenu oiseau nocturne sous le soleil.

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CANZONIERE PETRARCA
Traduction Jacky Lavauzelle
ARTGITATO
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Ritratto_di_francesco_petrarca,_altichiero,_1376_circa,_padova

canzoniere Petrarca 165
le chansonnier Pétrarque Sonnet 165
canzoniere poet

FRANCESCO PETRARQUE


LE CHANSONNIER SONNET 164 (Première Partie) CANZONIERE – PETRARQUE CLXIV

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FRANCESCO PETRARQUE

Francesco PETRARCA
1304 – 1374

Traduction Jacky Lavauzelle

——–


Canzoniere Petrarca  Sonetto 164

LE CHANSONNIER PETRARQUE Sonnet 164
CLXIV

Rerum vulgarium fragmenta

Fragments composés en vulgaire

Rime In vita di Madonna Laura

PRIMA PARTE
Première Partie

164/263

Dante Boccace Petrarque Guido Cavalvanti Cino da Pistoia Guittone dArezzo Trecento Italien 1544 Giorgio Vasari

Or che ’l ciel et la terra e ’l vento tace
Alors que le silence sur le ciel, la terre et le vent s’est abattu,
et le fere e gli augelli il sonno affrena,
que les bêtes et les oiseaux par les rênes du sommeil sont tenus,
Notte il carro stellato in giro mena
que fait sa ronde le char de la Nuit
et nel suo letto il mar senz’onda giace,
et que la mer se répand dans son lit,

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vegghio, penso, ardo, piango; et chi mi sface
je veille, pense, brûle et pleure ; et qui* me tue
sempre m’è inanzi per mia dolce pena:
pour ma douce douleur, toujours devant moi se tient :
guerra è ’l mio stato, d’ira et di duol piena,
la guerre est mon état, de rage et de tristesse contenue,
et sol di lei pensando ò qualche pace.
et peu de paix seulement, en pensant à elle, j’obtiens.

*[Laure]

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Cosí sol d’una chiara fonte viva
C’est donc d’une source de vie claire
move ’l dolce et l’amaro ond’io mi pasco;
que me vient, et dont je me nourris, et le doux et l’amer ;
una man sola mi risana et punge;
une seule main qui autant me pique que me guérit les plaies ;

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e perché ’l mio martir non giunga a riva,
et pour que ma souffrance n’atteigne le rivage,
mille volte il dí moro et mille nasco,
mille fois par jour je meurs et mille fois renais,
tanto da la salute mia son lunge.
tant que sur ma santé s’opère des ravages.

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Traduction Jacky Lavauzelle
ARTGITATO
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Ritratto_di_francesco_petrarca,_altichiero,_1376_circa,_padova

canzoniere Petrarca 164
le chansonnier Pétrarque Sonnet 164
canzoniere poet

FRANCESCO PETRARQUE