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LA VOLONTÉ – EL QUERER – Poème de Manuel MACHADO

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Juan Gris – Vue sur la baie (1921)
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Manuel Machado Ruiz
(Sevilla, 29 de agosto de 1874-Madrid, 19 de enero de 1947)
(Séville, 29 août 1874-Madrid, 19 janvier 1947)
Juan Gris – Portrait de Germaine Raynal (1912)

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EL QUERER
LA VOLONTÉ

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TRADUCTION JACKY LAVAUZELLE
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En tu boca roja y fresca
Ta bouche rouge et fraîche,
beso, y mi sed no se apaga,
Je l’embrasse mais ma soif ne part pas,
que en cada beso quisiera
dans chaque baiser je voudrais
beber entera tu alma.
pouvoir boire ton âme toute entière.

Me he enamorado de ti
Je suis tombée amoureux de toi,
y es enfermedad tan mala,
quelle terrible affection,
que ni la muerte la cura,
que même la mort ne peut guérir.
¡bien lo saben los que aman!
Ceux qui aiment le savent bien !

Loco me pongo si escucho
Quel fou si j’écoute
el ruido de tu charla,
le bruit de tes mots,
y el contacto de tu mano
et le contact de ta main !
me da la vida y me mata.
Ça me donne la vie et ça me tue.

Yo quisiera ser el aire
Je voudrais être l’air
que toda entera te abraza,
qui tout entier t’embrasse,
yo quisiera ser la sangre
J’aimerais être le sang
que corre por tus entrañas.
qui court dans tes entrailles.

Son las líneas de tu cuerpo
Les lignes de ton corps
el modelo de mis ansias,
sont le modèle de mes envies,
el camino de mis besos
la voie de mes baisers
y el imán de mis miradas.
et l’aimant de mes regards.

Siento al ceñir tu cintura
Quand je t’enlace je sens
una duda que me mata
un doute qui me tue
Estoy enfermo de ti,
Je suis malade de toi,
de curar no hay esperanza,
mais de guérir il n’y a pas d’espoir ;
que en la sed de este amor loco
 dans la soif de cet amour fou
tu eres mi sed y mi agua.
 Tu es autant ma soif que mon eau.

Maldita sea la hora
Maudite soit l’heure
en que contemplé tu cara,
où j’ai contemplé ton visage,
 en que vi tus ojos negros
J’ai vu tes yeux noirs
y besé tus labios grana.
 et baisé tes lèvres rouges.

Maldita sea la sed
Maudite soit la soif
y maldita sea el agua,
 et maudite soit l’eau,
maldito sea el veneno
maudit soit le poison
  que envenena y que no mata.
qui empoisonne mais ne tue pas.

En tu boca roja y fresca
Ta bouche rouge et fraîche
beso, y mi sed no se apaga,
Je l’embrasse mais ma soif ne part pas,
que en cada beso quisiera
dans chaque baiser je voudrais
beber entera tu alma.
pouvoir boire ton âme toute entière.

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POEMES DE MANUEL MACHADO
POEMAS DE MANUEL MACHADO

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LE JARDIN GRIS – Poème de Manuel MACHADO – EL JARDÍN GRIS

Juan Gris – Vue sur la baie (1921)
Manuel Machado Ruiz
(Sevilla, 29 de agosto de 1874-Madrid, 19 de enero de 1947)
(Séville, 29 août 1874-Madrid, 19 janvier 1947)

LE JARDIN GRIS – EL JARDÍN GRIS
A Francisco Villaespesa

Juan Gris -Bodegón, 1913. Museo Thyssen Bornemisza

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TRADUCTION JACKY LAVAUZELLE
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¡Jardín sin jardinero!
Jardin sans jardinier!
¡Viejo jardín,
Vieux jardin,

viejo jardín sin alma,
vieux jardin sans âme,
jardín muerto! Tus árboles
jardin mort ! Tes arbres
no agita el viento. En el estanque, el agua
ne s’agitent plus dans le vent. Dans l’étang, l’eau
yace podrida. ¡Ni una onda! El pájaro
s’est putréfiée. Plus une vague ! L’oiseau
no se posa en tus ramas.
ne se pose plus sur tes branches.
La verdinegra sombra
L’ombre verte
de tus hiedras contrasta
de ton lierre qui contraste
con la triste blancura
avec la triste blancheur
de tus veredas áridas…
de tes sentiers arides …
¡Jardín, jardín! ¿Qué tienes?
Jardin, jardin! Qu’as-tu?
¡Tu soledad es tanta,
Ta solitude est telle,
que no deja poesía a tu tristeza!
qu’elle ne laisse nulle poésie à ta tristesse !
¡Llegando a ti, se muere la mirada!
En venant à toi, se meurt le regard !
Cementerio sin tumbas…
Cimetière sans tombes …
Ni una voz, ni recuerdos, ni esperanza.
Pas une voix, ni de souvenirs, ni d’espoir.
¡Jardín sin jardinero!
Jardin sans jardinier!
¡Viejo jardín,
Vieux jardin,
viejo jardín sin alma!
vieux jardin sans âme!



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LA COPLA – Poème de Manuel MACHADO – 1920

Juan Gris – Vue sur la baie (1921)
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Manuel Machado Ruiz
(Sevilla, 29 de agosto de 1874-Madrid, 19 de enero de 1947)
(Séville, 29 août 1874-Madrid, 19 janvier 1947)

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Tableau de Juan Gris – Violon et Damier (1913)

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TRADUCTION JACKY LAVAUZELLE
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Hasta que el pueblo las canta,
Jusqu’à ce que les gens ne les chantent,
las coplas, coplas no son,
aucun de nos coplas n’existe,
y cuando las canta el pueblo,
et dès que les gens les chantent,
ya nadie sabe el autor.
l’auteur aussitôt ils oublient.

Tal es la gloria, Guillén,
Telle est la gloire, Guillen,
de los que escriben cantares:
de ceux qui écrivent des chansons :
oír decir a la gente
entendre les gens dire
que no los ha escrito nadie.
que personne ne les a écrites.

Procura tú que tus coplas
Veille donc que tes coplas
vayan al pueblo a parar,
viennent se perdre dans le peuple,
aunque dejen de ser tuyas
qu’ils cessent d’être les tiens
para ser de los demás.
et soient pour tous les autres.

Que, al fundir el corazón
Que, en dissolvant notre cœur
en el alma popular,
dans l’âme populaire,
lo que se pierde de nombre
notre nom se perde
se gana de eternidad.
pour gagner l’éternité.

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LA COPLA
DANS LA FEMME ET LE PANTIN
ROMAN DE
Pierre Louÿs

La Femme et le Pantin : roman espagnol
Apparition d’une petite moricaude dans un paysage polaire
Librairie Charpentier et Fasquelle (p. 55-72)


(EXTRAIT)

Tout le wagon savait déjà qu’elle était élève au couvent de San José d’Avila, qu’elle se rendait à Madrid, qu’elle allait retrouver sa mère, qu’elle n’avait pas de novio et qu’on l’appelait Concha Perez.

Sa voix était singulièrement pénétrante. Elle chantait sans bouger, les mains sous le châle, presque étendue, les yeux fermés ; mais les chansons qu’elle chantait là, j’imagine qu’elle ne les avait pas apprises chez les sœurs. Elle choisissait bien, parmi ces coplas de quatre vers où le peuple met toute sa passion. Je l’entends encore chanter avec une caresse dans la voix :

Dime, niña, si me quieres;
Por Dios, descubre tu pecho…

ou :

Tes matelas sont des jasmins, 
Tes draps des roses blanches, 
Des lis tes oreillers, 
Et toi, une rose qui te couches.

Je ne vous dis que les moins vives.

Mais soudain, comme si elle avait senti le ridicule d’adresser de pareilles hyperboles à cette sauvagesse, elle changea de ton son répertoire et n’accompagna plus la danse que par des chansons ironiques comme celle-ci, dont je me souviens :

Petite aux vingt novios
(Et avec moi vingt et un), 
Si tous sont comme je suis
Tu resteras toute seule.

La gitane ne sut d’abord si elle devait rire ou se fâcher. Les rieurs étaient pour l’adversaire et il était visible que cette fille d’Égypte ne comptait pas au nombre de ses qualités l’esprit de repartie qui remplace, dans nos sociétés modernes, les arguments du poing fermé.

Elle se tut en serrant les dents. La petite, complètement rassurée désormais sur les conséquences de son escarmouche, redoubla d’audace et de gaieté.

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LES POÈMES DE MANUEL MACHADO

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