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LE FIRMAMENT DU CAUCASE – LADO GUDIASHVILI ლადო გუდიაშვილი

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LADO GUDIASHVILI
ლადო გუდიაშვილი

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LADO GUDIASHVILI ლადო გუდიაშვილი PEINTRE GEORGIEN -TBILISSI - ნარიყალა PEINTRE GEORGIEN TBILISSI - ნარიყალა
Géorgie
საქართველო

PHOTO JACKY LAVAUZELLE

LADO GUDIASHVILI ლადო გუდიაშვილი PEINTRE GEORGIEN -TBILISSI - ნარიყალა

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ARTISTE GEORGIEN
ქართველი მხატვარი





LADO GUDIASHVILI
ლადო გუდიაშვილი

Lado Gudiashvili en 1925
30 mars 1896 à Tbilissi – 20 juillet 1980 à Tbilissi
30 მარტი, 1896 – 20 ივლისი, 1980

LE FIRMAMENT DU CAUCASE


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1910 -1914 Etude à l’École de peinture et de sculpture de Tbilissi à la Société des beaux-arts du Caucase
1914  დაამთავრა თბილისის სამხატვრო სასწავლებელი.
1914 Premières publications de dessins dans le magazine « თეატრი და ცხოვრება » Théâtre et Vie

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Une année avant, en 1919, la fameuse Galerie de la Renommée, ou Galerie de la Gloire, დიდების ტაძარში (musée historique, musée militaire d’État, galerie des artistes géorgiens) de la nouvelle Géorgie, organise une exposition de jeunes peintres Géorgiens. Y participent notamment trois artistes qui deviendront inséparables Lado Gudiashvili თავგადასავალი, David Kakabadze ლადო გუდიაშვილი, , Shalva Kikodze შალვა ქიქოძე. Ils comptent bien s’immerger dans cette fusion mondiale, mais souhaitent ne pas perdre leurs propres racines géorgiennes.
La Galerie de la Gloire est désormais la Galerie Nationale D. Shevardnadze du Musée national.
((დღეს – ეროვნული მუზეუმის დ. შევარდნაძის სახელობის ეროვნული გალერეა)

L’année 1919, est une année de chamboulement dans cette jeune République Démocratique de Géorgie. Le 21 mars, Noé Jordania, social-démocrate, prendre la tête du troisième gouvernement. Un traité d’alliance militaire est signé avec la jeune République démocratique d’Azerbaïdjan, avant son renversement par les bolchéviques russes. Les troupes britanniques, à l’exception de Batoumi, évacue le territoire géorgien. Tout semble aller dans le bon sens de l’histoire pour cette nouvelle République.

C’est dans ce contexte d’effervescence, de nouveautés et de créations, que nos trois compères vont découvrir les nouveautés artistiques.

Paris, entre 1919 et 1920, dans ces années qui suivirent la Terrible Grande Guerre, est un chaudron intellectuel et un lieu de rencontre bouillonnant d’artistes venus du monde entier. Pour autant, cela peut sembler contradictoire avec la vraie image de Paris et ce qu’elle renvoie dans le monde, suite à l’arrivée de VanGogh et du succès grandissant des impressionnistes. Jean Cassou dans Une Vie pour la Liberté, paru en 1981, l’exprime précisément : « Comment se fait-il que ce soit (…) en France, dans le pays le plus fermé sur lui-même, le plus indifférent à tout ce qui est étranger (…), comment se fait-il que ce soit dans ce pays le plus manifestement bourgeois que soit née à la fin du XIXe siècle et au cours du XXe cette Internationale qu’a été la révolution de l’art moderne, ou, d’un mot plus précis encore, l’école de Paris ? Paris, oui, capitale de la France bourgeoise, de la France officielle et pompière, a été le point du monde vers lequel, par l’effet d’un mirage, ont afflué d’innombrables artistes, venant de partout, Espagne, Italie, pays germaniques et pays scandinaves, Russie, Pologne, Europe centrale, Balkans, Amérique anglo-saxonne et latine, Japon. Certains arrivaient parce qu’ils étaient juifs et qu’on ne voulait pas de juifs chez eux. Mais d’autres sans aucune raison de force majeure comme celle-là, et seulement parce que, naguère, Van Gogh avait eu besoin de la lumière de la France et parce que les plus surprenantes inventions de l’art, dont l’impressionnisme, s’étaient produites en France

Ceci étant, le monde de la peinture se retrouve à Paris, en pleine explosion du cubisme synthétique avec Braque, Picasso, Fernand Léger, Juan Gris, Albert Gleizes, Marcel Duchamp et d’innombrables autres artistes dans les années 1920.

Les trois artistes sont très jeunes dans ce monde chamboulé par la guerre et les nouvelles idées. Shalva, né en 1894, a 25 ans, David Kakabadze დავით კაკაბაძე né en 1889 est le plus âgé des trois, avec ses trente ans, et Lado Gudiashviali ლადო გუდიაშვილი né en 1896 est le benjamin de l’équipe avec ses 23 ans. Leurs jeunesses et leurs envies de découvertes vont profiter pleinement de toutes ces nouveaux apports.

Pour autant, malgré son jeune âge, Lado a déjà une œuvre personnelle puissante et construite, lumineuse. Shalva va trouver un rythme puissant dans son passage à Paris et va se perdre. Lado continue son chemin.

Avant 1920, de 1910 à 1920, Tbilissi a mené une vie créative étonnamment intéressante. La ville de l’Est et de l’Ouest, avec son charme exotique de différents pays, où l’on peut croiser des européens, des russes, des azéris, kurdes, arméniens ou juifs,  a attiré des artistes exceptionnels de la Première Guerre mondiale. On y croise les pas de Sergueï Essenine,  Vladimir Maïakovski est né à Baghdati (Géorgie) en 1893, ou encore ceux de Vassili Kamenski.

Lado Gudiashvili était l’une des figures principales avant 1920 de ce foisonnant environnement artistique de Tbilissi.
Ilia (et Kirill) Zdanevich, revenu à Tbilissi,  fonde avec d’autres artistes le groupe futuriste de l’université du Degré 41,  aux côtés de David Kakabadze et Sergei Sudikekin, qui ont travaillé sur les murs du café artistiqe « Kimerioni » .

De nombreuses toiles à cette époque représentent l’univers des Kintos, ces petits marchands vivant dans les rues de Tbilissi. Lado a toujours su resté fidèle au sujet. Il a crée une iconographie propre et des lignes fortes et généreuses dans son dessin tout en préservant les caractéristiques de ses personnages. Lado a toujours affectionné les dimensions hors normes et nous retrouvons ce plaisir de travailler les formes dans un allongement, parfois proche d’une stylisation à la Modigliani. Il est aussi important de noter l’influence qu’a pu lui apporter le travail de Pirosmani sur ses formes et sur ses propres couleurs.

Lado Gudiashviali ლადო გუდიაშვილი) (1896- 1980) fera plusieurs expositions à Paris et reviendra en Géorgie en 1926, désormais soviétique. Géorgie soviétique. Dans ces années, il travaillera dans le théâtre et la peinture de cinéma.

A partir de 1932, l’art devient un outil de propagande essentiellement. Cette période sera difficile pour un artiste-poète avec une nature aussi libre que celle de Gudiashviali.

À partir des années 1940, la peinture de Gudiashvili s’inspire du folklore historique géorgien. En 1946, le patriarche de Géorgie, Kalistrate Tsintsadze, proposa à Lado Gudiashvili de peindre le temple de la cathédrale Saint George. Sur le fond de l’unification du jardin d’Eden dans la cathédrale, Gudiashvili a exprimé le sacrement de la Mère de Dieu et des Apôtres, ainsi que sur les murs adjacents – l’Archange Gabriel et la Mère de Dieu.
Il se rapprochera alors des traditions caucasiennes et persanes. Il restera proche des symboliques chrétiennes et peindra de nombreux thèmes religieux ; il peindra notamment l’église Kashueti.

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სადღეგრძელო გარიჟრაჟზე
sadghegrdzelo garizhrazhze
TOAST A L’AUBE
TOAST AT DAWN
1920

ტილო, ზეთი
Huile sur toile
Oil on convas
99×80
Georgian National Museum
shalva amiranashvili museum of fine arts
შალვა ამირანაშვილის სახვითი ხელოვნების მუზეუმი

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თეზი ცოცხალი
tezi tsotskhali
POISSON TSOTSKHALI
Fish Tsotskhali
1920

ტილო, ზეთი
Huile sur toile
Oil on convas
177×114
Georgian National Museum
shalva amiranashvili museum of fine arts
შალვა ამირანაშვილის სახვითი ხელოვნების მუზეუმი

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იდილია
Idilia
IDYLLE
IDYLL
1920

ტილო, ზეთი
Huile sur toile
Oil on convas
107×71
Georgian National Museum
shalva amiranashvili museum of fine arts
შალვა ამირანაშვილის სახვითი ხელოვნების მუზეუმი

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სამი მოქალაქე
Sami Mokalake
TROIS CITOYENS
THREE CITIZENS
1920

ტილო, ზეთი
Huile sur toile
Oil on convas
81×60
Georgian National Museum
shalva amiranashvili museum of fine arts
შალვა ამირანაშვილის სახვითი ხელოვნების მუზეუმი

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სტუმრები ორთაჭალაში
VISITEURS A ORTACHALA
Visitors to Ortachala
1921

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პარიზის მოქალაქეები
Parizis Mokalakebi
CITOYENS DE PARIS
Citizens of Paris
1921

ტილო, ზეთი
Huile sur toile
Oil on convas
28×42
Georgian National Museum
shalva amiranashvili museum of fine arts
შალვა ამირანაშვილის სახვითი ხელოვნების მუზეუმი

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ოცნების მერანი
Otsmebis Merani
Dream Pegasus
1920

ტილო, ზეთი
Huile sur toile
Oil on convas
54×46
Georgian National Museum
shalva amiranashvili museum of fine arts
შალვა ამირანაშვილის სახვითი ხელოვნების მუზეუმი

***

ქინტოების ქეიფი
LA FÊTE DES KINTOS
FEAST OF « KINTOS »
1920

ტილო, ზეთი
Huile sur toile
Oil on convas
72.5×91
Georgian National Museum
shalva amiranashvili museum of fine arts
შალვა ამირანაშვილის სახვითი ხელოვნების მუზეუმი

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ქეიფი ფაეტონით
Keipi Paetonit
FÊTE DANS LE PHAETON
FEAST IN THE PHAETON
1920

ტილო, ზეთი
Huile sur toile
Oil on convas
79×70
Georgian National Museum
shalva amiranashvili museum of fine arts
შალვა ამირანაშვილის სახვითი ხელოვნების მუზეუმი

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კინტოების ქეიფი ქალითან
Kintoebis Keipi Kalitan
LA FÊTE DES KINTOS AVEC UNE FEMME
FEAST OF « KINTOS » WITH A WOMAN
1919

ტილო, ზეთი
Huile sur toile
Oil on convas
137×104
Georgian National Museum
shalva amiranashvili museum of fine arts
შალვა ამირანაშვილის სახვითი ხელოვნების მუზეუმი

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FÊTE AVEC DES AMIS, THE ET SOUPE AUX TRIPES
Feast with friends, tea and tripe soup
1919

ტილო, ზეთი
Huile sur toile
Oil on convas
139×113
Georgian National Museum
shalva amiranashvili museum of fine arts
შალვა ამირანაშვილის სახვითი ხელოვნების მუზეუმი

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სტეპკუას დუქანი
Stepkuas Dukani
LE DUKHAN DE STEPKUA
(CAVERNE CAUCASIENNE)
STEPKUA’S DUKHAN
(CAUCASIAN TAVERN)
1919

ტილო, ზეთი
Huile sur toile
Oil on convas
52×68
Georgian National Museum
shalva amiranashvili museum of fine arts
შალვა ამირანაშვილის სახვითი ხელოვნების მუზეუმი

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ქრისტინე
Kristini
KRISTINE
1919

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მერანი
Merani
PEGASE
PEGASUS
1919

ტილო, ზეთი
Huile sur toile
Oil on convas
154×107
Georgian National Museum
shalva amiranashvili museum of fine arts
შალვა ამირანაშვილის სახვითი ხელოვნების მუზეუმი

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ავტოპორტრეტი
Avtoportraiti
AUTOPORTRAIT
SELF-PORTRAIT
1919

ტილო, ზეთი
Huile sur toile
Oil on convas
90×72
Georgian National Museum
shalva amiranashvili museum of fine arts
შალვა ამირანაშვილის სახვითი ხელოვნების მუზეუმი

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პირიმზისა
PIRIMZISA
1917

ტილო, ზეთი
Huile sur toile
Oil on convas
136×106
Georgian National Museum
shalva amiranashvili museum of fine arts
შალვა ამირანაშვილის სახვითი ხელოვნების მუზეუმი

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LES ARTISTES GEORGIENS : Peintres Géorgiens & Sculpteurs Géorgiens- ქართველი მხატვრები

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LADO GUDIASHVILI
ლადო გუდიაშვილი

LADO GUDIASHVILI ლადო გუდიაშვილი PEINTRE GEORGIEN -TBILISSI - ნარიყალა PEINTRE GEORGIEN TBILISSI - ნარიყალა
Géorgie
საქართველო

SHALVA KIKODZE – DEUX ANS DANS L’ENFER DE LA CREATION- 1920 & 1921- შალვა ქიქოძე

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SHALVA KIKODZE
შალვა ქიქოძე

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SCENES DE LA VIE GEORGIENNE 1862 par Henri Cantel
Géorgie
საქართველო

PHOTO JACKY LAVAUZELLE

Shalva Kikodze PEINTRE GEORGIEN -TBILISSI - ნარიყალა

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ARTISTE GEORGIEN
ქართველი მხატვარი
 Shalva Kikodze - Photo Jacky Lavauzelle






SHALVA KIKODZE
შალვა ქიქოძე

 né le 27 mai 1894 à Bakhvi (Ozourguéti  ოზურგეთი – Province de Guria გურია) – mort le 7 novembre 1921 à Fribourg
27 მაისი, 1894 – 7 ნოემბერი, 1921

DEUX ANS DANS L’ENFER DE LA CREATION

 


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Etudes secondaires au lycée à Tbilissi
1914-1918 Etude d’art à Moscou

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Si l’on regarde sa ნატურმორტი, nature-morte peinte entre 1918-1919, sa femme Adjare აჭარელი ქალიაჭარელი ქალი peinte en 1910, ses paysages პეიზაჟი, peints aussi vers 1910, nous voyons l’importance des influences Parisiennes sur son œuvre à partir de 1919.

Paris, entre 1919 et 1920, dans ces années qui suivirent la Terrible Grande Guerre, est un chaudron intellectuel et un lieu de rencontre bouillonnant d’artistes venus du monde entier. Pour autant, cela peut sembler contradictoire avec la vraie image de Paris et ce qu’elle renvoie dans le monde, suite à l’arrivée de VanGogh et du succès grandissant des impressionnistes. Jean Cassou dans Une Vie pour la Liberté, paru en 1981, l’exprime précisément : « Comment se fait-il que ce soit (…) en France, dans le pays le plus fermé sur lui-même, le plus indifférent à tout ce qui est étranger (…), comment se fait-il que ce soit dans ce pays le plus manifestement bourgeois que soit née à la fin du XIXe siècle et au cours du XXe cette Internationale qu’a été la révolution de l’art moderne, ou, d’un mot plus précis encore, l’école de Paris ? Paris, oui, capitale de la France bourgeoise, de la France officielle et pompière, a été le point du monde vers lequel, par l’effet d’un mirage, ont afflué d’innombrables artistes, venant de partout, Espagne, Italie, pays germaniques et pays scandinaves, Russie, Pologne, Europe centrale, Balkans, Amérique anglo-saxonne et latine, Japon. Certains arrivaient parce qu’ils étaient juifs et qu’on ne voulait pas de juifs chez eux. Mais d’autres sans aucune raison de force majeure comme celle-là, et seulement parce que, naguère, Van Gogh avait eu besoin de la lumière de la France et parce que les plus surprenantes inventions de l’art, dont l’impressionnisme, s’étaient produites en France

Ceci étant, le monde de la peinture se retrouve à Paris, en pleine explosion du cubisme synthétique avec Braque, Picasso, Fernand Léger, Juan Gris, Albert Gleizes, Marcel Duchamp et d’innombrables autres artistes dans les années 1920.

Une année avant, en 1919, la fameuse Galerie de la Renommée, ou Galerie de la Gloire, დიდების ტაძარში (musée historique, musée militaire d’État, galerie des artistes géorgiens) de la nouvelle Géorgie, organise une exposition de jeunes peintres Géorgiens. Y participent notamment trois artistes qui deviendront inséparables Lado Gudiashvili თავგადასავალი, David Kakabadze ლადო გუდიაშვილი, , Shalva Kikodze შალვა ქიქოძე. Ils comptent bien s’immerger dans cette fusion mondiale, mais souhaitent ne pas perdre leurs propres racines géorgiennes.

L’année 1919, est une année de chamboulement dans cette jeune République Démocratique de Géorgie. Le 21 mars, Noé Jordania, social-démocrate, prendre la tête du troisième gouvernement. Un traité d’alliance militaire est signé avec la jeune République démocratique d’Azerbaïdjan, avant son renversement par les bolchéviques russes. Les troupes britanniques, à l’exception de Batoumi, évacue le territoire géorgien. Tout semble aller dans le bon sens de l’histoire pour cette nouvelle République.

C’est dans ce contexte d’effervescence, de nouveautés et de créations, que Shalva va découvrir les nouveautés artistiques. Pour autant, les sujets peints restent ses deux amis géorgiens proches, les soirées débridées parisiennes et les grands symboles de la Capitale Française : le Jardin du Luxembourg, la Tour Eiffel, les Cafés de Paris.

Les trois artistes sont très jeunes dans ce monde chamboulé par la guerre et les nouvelles idées. Shalva, né en 1894, a 25 ans, David Kakabadze დავით კაკაბაძე né en 1889 est le plus âgé des trois, avec ses trente ans, et Lado Gudiashviali ლადო გუდიაშვილი né en 1896 est le benjamin de l’équipe avec ses 23 ans. Leurs jeunesses et leurs envies de découvertes vont profiter pleinement de toutes ces nouveaux apports.

Les scènes peintes désormais par Shalva sont crues et rien n’est caché aux yeux du spectateur. Nous sommes loin des paysannes géorgiennes peintes dans la montagne. Les artistes sont dans ce tourbillon culturel, mais aussi dans un tourbillon des sens.

Pourtant, son œuvre regorge de symboliques comme le poisson dans l’assiette ou la pomme proposée à l’artiste rappelant le péché originel.

Shalva va mourir à 27 ans et sera enterré en terres étrangères, à Fribourg en Allemagne. Malgré la reconnaissance internationale de son œuvre puissante, réalisée principalement en deux ans entre 1919 et 1921, avec une très forte production en 1920, il reste beaucoup moins connu dans son pays que des artistes comme Pirosmani ფიროსმანი ou encore son ami Lado Guidashvili, ლადო გუდიაშვილი.

David Kakabadze დავით კაკაბაძე (1889 – 1952) pendant ce séjour parisien s’orientera vers une « peinture sans sujet » en travaillant à partir de métal, miroir, vitrail, plutôt que la peinture elle-même.

Lado Gudiashviali ლადო გუდიაშვილი) (1896- 1980) reviendra en Géorgie en 1926 et se rapprochera alors des traditions caucasiennes et persanes. Il restera proche des symboliques chrétiennes et peindra de nombreux thèmes religieux de ces trois artistes ; il peindra notamment l’église Kashueti.

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სამი მხატვარი
Sami Mikhatvari
TROIS ARTISTES
THREE ARTISTS
1920

Shalva Kikodze – Trois artistes

ტილო, ზეთი
Huile sur toile
Oil on convas
96×101
Georgian National Museum
shalva amiranashvili museum of fine arts
შალვა ამირანაშვილის სახვითი ხელოვნების მუზეუმი

Shalva Kikodze – Trois artistes – Détail
Shalva Kikodze – Trois artistes – Détail

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ქეიფე შანტანში
AU CAFE SHANTAN
IN CAFE SHANTAN
1920

Shalva Kikodze- Au Café Shantan- 1920

ტილო, ზეთი
Huile sur toile
Oil on convas
88×88
Georgian National Museum
shalva amiranashvili museum of fine arts
შალვა ამირანაშვილის სახვითი ხელოვნების მუზეუმი

Shalva Kikodze- Au Café Shantan- 1920 – Détail
Shalva Kikodze- Au Café Shantan- 1920 – Détail
Shalva Kikodze- Au Café Shantan- 1920 – Détail
Shalva Kikodze- Au Café Shantan- 1920 – Détail

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ლუქსემბურგის ბარი – პარიზი
Luksemburgis bari – Parizi
AU JARDIN DU LUXEMBOURG
LUXEMBURG GARDEN
PARIS – 1920

Shalva Kikodze- Au Jardin du Luxembourg – 1920

ტილო, ზეთი
Huile sur toile
Oil on convas
108×104
Georgian National Museum
shalva amiranashvili museum of fine arts
შალვა ამირანაშვილის სახვითი ხელოვნების მუზეუმი

Shalva Kikodze- Au Jardin du Luxembourg – 1920 – Détail
Shalva Kikodze- Au Jardin du Luxembourg – 1920 – Détail
Shalva Kikodze- Au Jardin du Luxembourg – 1920 – Détail

ლუქსემბურგის ბარი – პარიზი

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მხატვრებას ყავახანა
Mkhatvrebas Qavakhana
AU CAFE
IN THE CAFE
1920

Shalva Kikodze – Au Café – 1920

ტილო, ზეთი
Huile sur toile
Oil on convas
52×46
Georgian National Museum
shalva amiranashvili museum of fine arts
შალვა ამირანაშვილის სახვითი ხელოვნების მუზეუმი

Shalva Kikodze – Au Café – 1920 – Détail
Shalva Kikodze – Au Café – 1920 – Détail –

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ROUNDABOUT
1921

Shalva Kikodze – Roundabout – 1921

ზეთი მუყაოზე
Huile sur carton
Oil on cardboard
33×40.5
Georgian National Museum
shalva amiranashvili museum of fine arts
შალვა ამირანაშვილის სახვითი ხელოვნების მუზეუმი

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ეიფელის კოშკი
Eipelis koshki
LA TOUR EIFFEL
EIFFEL TOWER
1920

Shalva Kikodze – La Tour Eiffel – 1920

ზეთი მუყაოზე
Huile sur carton
Oil on cardboard
42×32,5
Georgian National Museum
shalva amiranashvili museum of fine arts
შალვა ამირანაშვილის სახვითი ხელოვნების მუზეუმი

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კ. მახარაძის პორტრეტი
K. makharadzis Portreti
PORTRAIT DE K. MAKHARADZE
PORTRAIT OF K. MAKARADZE
1921

Shalva Kikdodze – PORTRAIT OF K. MAKARADZE – 1921

ტილო, ზეთი
Huile sur toile
Oil on convas
102×42
Georgian National Museum
shalva amiranashvili museum of fine arts
შალვა ამირანაშვილის სახვითი ხელოვნების მუზეუმი

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ავტოპორტრეტი
Autoportraiti
AUTOPORTRAIT
SELF-PORTRAIT
1920

Shalva Kikodze – Autoportrait 1920

ტილო, ზეთი
Huile sur toile
Oil on convas
65×44
Georgian National Museum
shalva amiranashvili museum of fine arts
შალვა ამირანაშვილის სახვითი ხელოვნების მუზეუმი

Shalva Kikodze – Autoportrait 1920 – Détail

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დაღუპული მეგობრის მოსაგონრად
Daghupuli Megobris Mosagonrad
EN SOUVENIR D’UN AMI PREMATUREMENT DECEDE
In Rembrance of Untimely Died Friend
ავტოპორტრეტი

Autoportraiti
AUTOPORTRAIT
SELF-PORTRAIT
1920

Shalva Kikodze – EN SOUVENIR D’UN AMI PREMATUREMENT DECEDE – 1920

ტილო, ზეთი
Huile sur toile
Oil on convas
96×101
Georgian National Museum
shalva amiranashvili museum of fine arts
შალვა ამირანაშვილის სახვითი ხელოვნების მუზეუმი




Shalva Kikodze – EN SOUVENIR D’UN AMI PREMATUREMENT DECEDE – 1920 – Détail

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გურული ქალი
Guruli Kali
FEMME DE GURIE
WOMAN FROM GURIA
1921

ტილო, ზეთი
Huile sur toile
Oil on convas
92×73
Georgian National Museum
shalva amiranashvili museum of fine arts
შალვა ამირანაშვილის სახვითი ხელოვნების მუზეუმი

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აჭარილი ქალიბი
Adjarili Kalibi
FEMMES ADJARES
WOMEN ADJARAIAN
1921

Shalva Kikodze – Femmes Adjares – 1921

ტილო, ზეთი
Huile sur toile
Oil on convas
55×46
Georgian National Museum
shalva amiranashvili museum of fine arts
შალვა ამირანაშვილის სახვითი ხელოვნების მუზეუმი

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 SHALVA KIKODZE
შალვა ქიქოძე

Shalva Kikodze PEINTRE GEORGIEN -TBILISSI - ნარიყალა PEINTRE GEORGIEN TBILISSI - ნარიყალა
Géorgie
საქართველო

CE QUELQUE CHOSE QUI DONNE DE LA COULEUR AUX CHOSES – Kostas Karyotákis Όταν κατέβουμε τη σκάλα τι θα πούμε – Κώστας Καρυωτάκης

Poème de Kostas Karyotákis
Κώστας Καρυωτάκης
Gr
èce – Ελλάδα

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Traduction Jacky Lavauzelle*******

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Kostas Karyotákis poèmes
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LITTERATURE GRECQUE
POESIE GRECQUE

Ελληνική λογοτεχνία
Ελληνική ποίηση

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Kostas Karyotákis
Κώστας Καρυωτάκης

11 Νοεμβρίου 1896 – 21 Ιουλίου 1928
11 Novembre 1896 – 21 juillet 1928

Traduction Jacky Lavauzelle
Autoportrait ,1923,Αυτοπροσωπογραφία ,- Εσπέρου , Σύρου,1923

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Traduction Jacky Lavauzelle


LES POEMES GRECS

 Όταν κατέβουμε τη σκάλα τι θα πούμε 

Ce quelque chose qui donne de la couleur aux choses

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Traduction Jacky Lavauzelle
La colline de Pausilippe, Alexandre-Hyacinthe Dunouy

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Όταν κατέβουμε τη σκάλα τι θα πούμε
En bas de l’escalier, que dirons-nous
στους ίσκιους που θα μας υποδεχτούνε,
aux ombres qui nous accueilleront,
αυστηροί, γνώριμοι, αόριστοι φίλοι,
amis austères, familiers et lointains,
μ’ ένα χαμόγελο στ’ ανύπαρκτά τους χείλη;
souriant sur de fictives lèvres ?

*

Τουλάχιστον δωπέρα είμαστε μόνοι.
Au moins, ici, nous sommes seuls.
Περνάει η μέρα μας, η άλλη ξημερώνει,
Le jour passe, un autre jour se lève,
και μες στα μάτια μας διατηρούμε ακόμα
et dans nos yeux, nous avons encore
κάτι που δίνει στο πράγμα χρώμα.
ce quelque chose qui donne de la couleur aux choses.

*

Αλλά εκεί κάτου τι να πούμε, πού να πάμε;
Mais là-bas, que dire ? que faire ?
Αναγκαστικά ένας τον άλλον θα κοιτάμε,
Nous nous regarderons sûrement,
με κομμένα τα χέρια στους αγκώνες,
avec les bras coupés jusqu’aux coudes,
ασάλευτοι σαν πρόσωπα σε εικόνες.
impassibles tels des visages sur des images.

*

Αν έρθει κανείς την πλάκα μας να χτυπήσει,
Si l’on vient sur notre sépulture,
θα φαντάζεται πως έχουμε ζήσει.
on s’imaginera que nous avons vécu.
Αν πάρει ένα τριαντάφυλλο ή αφήσει χάμου,
Et si l’on pose une rose,
το τριαντάφυλλο θα ‘ναι της άμμου.
la rose sera de sable.

*

ν ποτέ στα νύχια μας ανασηκωθούμε,
Et si jamais nous nous relevons,
 τις βίλες του Posilipo θα ιδούμε,
les villas du Pausilippe nous verrons,
Κύριε, Κύριε, και το τερραίν του Παραδείσου
Seigneur, Seigneur, où, sur le terrain du Paradis,
όπου θα παίζουν cricket οι οπαδοί Σου.
joueront au cricket tes charmants fidèles.

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LA POESIE GRECQUE EN GRECE 

Le langage est ce qu’il y a en Grèce de plus antique. C’est un grand charme pour celui qui a voué un culte à l’antiquité grecque d’entendre parler grec autour de lui, de reconnaître dans les conversations d’un guide ou d’un marinier tel mot qu’il n’avait jusque-là rencontré que dans Homère. Il semble alors qu’on est réellement transporté dans la Grèce antique ; on est tenté de dire aux passans, comme Philoctète à ses compatriotes retrouvés dans Lemnos : je veux vous entendre, et de s’écrier comme lui, ô langage bien aimé ! Mais, pour se livrer à ce transport, il faudrait, dira-t-on, que ce langage fût celui des anciens Hellènes, et non pas un dérivé imparfait que défigure une prononciation bizarre. A cela on peut répondre : Quant à la prononciation, il n’y a pas de raison pour que les descendans de Périclès adoptent le système qu’un savant Hollandais a imaginé au XVIe siècle. Du reste la question est délicate et ne saurait être traitée ici. Qu’il suffise d’affirmer que plusieurs règles de prononciation, adoptées par les Grecs modernes, remontent à la plus haute antiquité, et que l’on trouve déjà dans le second siècle de notre ère des exemples de l’iotacisme, c’est-à-dire de ê, ei, oi, prononcés i, bien que l’iotacisme ne paraisse avoir été définitivement et complètement constituée qu’au Xe ou XIe siècle.

Dans le langage populaire de certaines parties de la Grèce, on retrouve quelques vestiges des dialectes qui y furent parlé autrefois. En général, les anciens dialectes grecs ont péri par suite de la conquête, qui les a éteints avec la vie locale des pays subjugués. Cependant ils n’ont pas disparu entièrement ; on retrouve des traces assez nombreuses du dialecte œolien dans la Béotie et la Phocide, et dans un canton montagneux du Péloponèse, la Tzaconie, le dialecte dorien s’est merveilleusement conservé un certain nombre de mots grecs oubliés par le temps ont été remplacés dans l’usage par une autre expression : ainsi, trecho, courir, au lieu de dremo ; au lieu d’artos, pain, psomi. Eh bien ! il arrive que le vieux mot grec oublié se retrouve dans un coin de la Grèce, par exemple dremo dans les villages du Parnasse…

Jean-Jacques Ampère
La poésie grecques en Grèce
Seconde Partie
Revue des Deux Mondes, tome 7, 1844

**********************************

MANUSCRIT « OPTIMISME »

DE Kostas Karyotákis 

Αισιοδοξία χειρόγραφο του Κώστα Καρυωτάκη

traduction Jacky Lavauzelle

***

*

Poème de Kostas Karyotákis
Κώστας Καρυωτάκης
Έλληνα ποιητή

************************************************

LES DON QUICHOTTE Kostas Karyotákis – ΔΟΝ ΚΙΧΩΤΕΣ – Κώστας Καρυωτάκης

Poème de Kostas Karyotákis
Κώστας Καρυωτάκης
Gr
èce – Ελλάδα

***

Traduction Jacky Lavauzelle*******

**
Kostas Karyotákis poèmes
**

LITTERATURE GRECQUE
POESIE GRECQUE

Ελληνική λογοτεχνία
Ελληνική ποίηση

**

Kostas Karyotákis
Κώστας Καρυωτάκης

11 Νοεμβρίου 1896 – 21 Ιουλίου 1928
11 Novembre 1896 – 21 juillet 1928

Traduction Jacky Lavauzelle
Autoportrait ,1923,Αυτοπροσωπογραφία ,- Εσπέρου , Σύρου,1923

**

Traduction Jacky Lavauzelle


LES POEMES GRECS

ΔΟΝ ΚΙΧΩΤΕΣ

LES DON QUICHOTTE

**

 

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Traduction Jacky Lavauzelle
Don Quichotte – Gustave Doré

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Οι Δον Κιχώτες πάνε ομπρός και βλέπουνε ως την άκρη
Les Don Quichotte vont de l’avant et regardent au loin
 του κονταριού που εκρέμασαν σημαία τους την Ιδέα.
la bannière de l’Idée qui danse au bout de la lance.
Ιδέα ένα δεν έχουν δάκρυ
Des visionnaires aux yeux ahuris, sans larmes
για να δεχτούν ανθρώπινα κάθε βρισιά χυδαία.
pour accepter humainement  le vulgaire et la laideur.

*

Σκοντάφτουνε στη Λογική και στα ραβδιά των άλλων
Ils trébuchent sur la Logique et sous le joug d’autrui
αστεία δαρμένοι σέρνονται καταμεσίς του δρόμου,
errent, ridicules, sur les routes,
ο Σάντσος λέει «δε σ’ το ‘λεγα;» μα εκείνοι των μεγάλων
Sancho dit « Je vous l’avais dit ! » mais, dans leurs grands
 σχεδίων, αντάξιοι μένουνε και: «Σάντσο, τ’ άλογό μου!»
desseins, ils répondent moqueurs : « Sancho, mon cheval! »

*

Έτσι αν το θέλει ο Θερβάντες, εγώ τους είδα, μέσα
Et, quoi qu’en dise Cervantès, je les ai vus dans
 στην μίαν ανάλγητη Ζωή, του Ονείρου τους ιππότες
la Vie, chevaliers des Rêves,
άναντρα να πεζέψουνε και, με πικρήν ανέσα,
un  genoux au sol, dans une joie triste,
  με μάτια ογρά, τις χίμαιρες ν’ απαρνηθούν τις πρώτες.
les yeux en pleurs, renier leurs toutes premières chimères.

*

Τους είδα πίσω να ‘ρθουνε — παράφρονες, ωραίοι
Je les ai vus revenir – fous, magnifiques
ρηγάδες που επολέμησαν γι’ ανύπαρχτο βασίλειο —
rois combattant d’un royaume illusoire –
και σαν πορφύρα νιώθωντας χλευαστικιά, πως ρέει,
sentant couler, moqueuse et pourpre,
την ανοιχτή να δείξουνε μάταιη πληγή στον ήλιο!
leur blessure futile au soleil !

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LA POESIE GRECQUE EN GRECE 

Le langage est ce qu’il y a en Grèce de plus antique. C’est un grand charme pour celui qui a voué un culte à l’antiquité grecque d’entendre parler grec autour de lui, de reconnaître dans les conversations d’un guide ou d’un marinier tel mot qu’il n’avait jusque-là rencontré que dans Homère. Il semble alors qu’on est réellement transporté dans la Grèce antique ; on est tenté de dire aux passans, comme Philoctète à ses compatriotes retrouvés dans Lemnos : je veux vous entendre, et de s’écrier comme lui, ô langage bien aimé ! Mais, pour se livrer à ce transport, il faudrait, dira-t-on, que ce langage fût celui des anciens Hellènes, et non pas un dérivé imparfait que défigure une prononciation bizarre. A cela on peut répondre : Quant à la prononciation, il n’y a pas de raison pour que les descendans de Périclès adoptent le système qu’un savant Hollandais a imaginé au XVIe siècle. Du reste la question est délicate et ne saurait être traitée ici. Qu’il suffise d’affirmer que plusieurs règles de prononciation, adoptées par les Grecs modernes, remontent à la plus haute antiquité, et que l’on trouve déjà dans le second siècle de notre ère des exemples de l’iotacisme, c’est-à-dire de ê, ei, oi, prononcés i, bien que l’iotacisme ne paraisse avoir été définitivement et complètement constituée qu’au Xe ou XIe siècle.

Dans le langage populaire de certaines parties de la Grèce, on retrouve quelques vestiges des dialectes qui y furent parlé autrefois. En général, les anciens dialectes grecs ont péri par suite de la conquête, qui les a éteints avec la vie locale des pays subjugués. Cependant ils n’ont pas disparu entièrement ; on retrouve des traces assez nombreuses du dialecte œolien dans la Béotie et la Phocide, et dans un canton montagneux du Péloponèse, la Tzaconie, le dialecte dorien s’est merveilleusement conservé un certain nombre de mots grecs oubliés par le temps ont été remplacés dans l’usage par une autre expression : ainsi, trecho, courir, au lieu de dremo ; au lieu d’artos, pain, psomi. Eh bien ! il arrive que le vieux mot grec oublié se retrouve dans un coin de la Grèce, par exemple dremo dans les villages du Parnasse…

Jean-Jacques Ampère
La poésie grecques en Grèce
Seconde Partie
Revue des Deux Mondes, tome 7, 1844

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MANUSCRIT « OPTIMISME »

DE Kostas Karyotákis 

Αισιοδοξία χειρόγραφο του Κώστα Καρυωτάκη

traduction Jacky Lavauzelle

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Poème de Kostas Karyotákis
Κώστας Καρυωτάκης
Έλληνα ποιητή

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SOIREE – Poème de Kostas Karyotákis – Βράδυ – Κώστας Καρυωτάκης

Poème de Kostas Karyotákis
Κώστας Καρυωτάκης
Gr
èce – Ελλάδα

***

Traduction Jacky Lavauzelle*******

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Kostas Karyotákis poèmes
**

LITTERATURE GRECQUE
POESIE GRECQUE

Ελληνική λογοτεχνία
Ελληνική ποίηση

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Kostas Karyotákis
Κώστας Καρυωτάκης

11 Νοεμβρίου 1896 – 21 Ιουλίου 1928
11 Novembre 1896 – 21 juillet 1928

Traduction Jacky Lavauzelle
Autoportrait ,1923,Αυτοπροσωπογραφία ,- Εσπέρου , Σύρου,1923

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Traduction Jacky Lavauzelle


LES POEMES GRECS

Βράδυ

SOIREE

 

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Traduction Jacky Lavauzelle
Constantinos Maleas, Κωνσταντίνος Μαλέας , Παντάνασσα Νάξου

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Τα παιδάκια που παίζουν
Les petits enfants jouent
στ’ ανοιξιάτικο δείλι
dans la scène du printemps –
μια ιαχή μακρυσμένη.
bruissement dans le lointain.

*

Τ’ αεράκι που λόγια
La brise chuchote
 με των ρόδων τα χείλη
aux lèvres des roses
ψιθυρίζει και μένει.
La brise chuchote et s’attarde.

*

Τ’ ανοιχτά παραθύρια
Ouvertes sont les fenêtres,
που ανασαίνουν την ώρα
qui respirent le temps,
η αδειανή κάμαρά μου.
fenêtres de ma chambre vide.

*

Ένα τρένο που θα ‘ρχεται
Un train venu
από μια άγνωστη χώρα
d’un pays inconnu
 τα χαμένα όνειρά μου.
charge mes rêves perdus.

*

Οι καμπάνες που σβήνουν
Le bruit des cloches s’atténue
και το βράδυ που πέφτει
et la soirée tombe
ολοένα στην πόλη.
sur la ville.

*

Στων ανθρώπων την όψη,
Tombe sur la face des gens,
στ’ ουρανού τον καθρέφτη
tombe sur le miroir du ciel
στη ζωή μου τώρα όλη.
et tombe sur toute ma vie désormais.

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LA POESIE GRECQUE EN GRECE 

Le langage est ce qu’il y a en Grèce de plus antique. C’est un grand charme pour celui qui a voué un culte à l’antiquité grecque d’entendre parler grec autour de lui, de reconnaître dans les conversations d’un guide ou d’un marinier tel mot qu’il n’avait jusque-là rencontré que dans Homère. Il semble alors qu’on est réellement transporté dans la Grèce antique ; on est tenté de dire aux passans, comme Philoctète à ses compatriotes retrouvés dans Lemnos : je veux vous entendre, et de s’écrier comme lui, ô langage bien aimé ! Mais, pour se livrer à ce transport, il faudrait, dira-t-on, que ce langage fût celui des anciens Hellènes, et non pas un dérivé imparfait que défigure une prononciation bizarre. A cela on peut répondre : Quant à la prononciation, il n’y a pas de raison pour que les descendans de Périclès adoptent le système qu’un savant Hollandais a imaginé au XVIe siècle. Du reste la question est délicate et ne saurait être traitée ici. Qu’il suffise d’affirmer que plusieurs règles de prononciation, adoptées par les Grecs modernes, remontent à la plus haute antiquité, et que l’on trouve déjà dans le second siècle de notre ère des exemples de l’iotacisme, c’est-à-dire de ê, ei, oi, prononcés i, bien que l’iotacisme ne paraisse avoir été définitivement et complètement constituée qu’au Xe ou XIe siècle.

Dans le langage populaire de certaines parties de la Grèce, on retrouve quelques vestiges des dialectes qui y furent parlé autrefois. En général, les anciens dialectes grecs ont péri par suite de la conquête, qui les a éteints avec la vie locale des pays subjugués. Cependant ils n’ont pas disparu entièrement ; on retrouve des traces assez nombreuses du dialecte œolien dans la Béotie et la Phocide, et dans un canton montagneux du Péloponèse, la Tzaconie, le dialecte dorien s’est merveilleusement conservé un certain nombre de mots grecs oubliés par le temps ont été remplacés dans l’usage par une autre expression : ainsi, trecho, courir, au lieu de dremo ; au lieu d’artos, pain, psomi. Eh bien ! il arrive que le vieux mot grec oublié se retrouve dans un coin de la Grèce, par exemple dremo dans les villages du Parnasse…

Jean-Jacques Ampère
La poésie grecques en Grèce
Seconde Partie
Revue des Deux Mondes, tome 7, 1844

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MANUSCRIT « OPTIMISME »

DE Kostas Karyotákis 

Αισιοδοξία χειρόγραφο του Κώστα Καρυωτάκη

traduction Jacky Lavauzelle

***

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Poème de Kostas Karyotákis
Κώστας Καρυωτάκης
Έλληνα ποιητή

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TOUT LE MONDE EST MORT – Poème de Kostas Karyotákis Κώστας Καρυωτάκης – Θέλω να φύγω πια από δω…

Poème de Kostas Karyotákis
Κώστας Καρυωτάκης
Gr
èce – Ελλάδα

***

Traduction Jacky Lavauzelle*******

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Kostas Karyotákis poèmes
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LITTERATURE GRECQUE
POESIE GRECQUE

Ελληνική λογοτεχνία
Ελληνική ποίηση

**

Kostas Karyotákis
Κώστας Καρυωτάκης

11 Νοεμβρίου 1896 – 21 Ιουλίου 1928
11 Novembre 1896 – 21 juillet 1928

 

Traduction Jacky Lavauzelle
Autoportrait ,1923,Αυτοπροσωπογραφία ,- Εσπέρου , Σύρου,1923

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Traduction Jacky Lavauzelle


LES POEMES GRECS

ÔΘέλω να φύγω πια από δω…

Tout le monde est mort

 

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Kostas Karyotákis Traduction Jacky Lavauzelle
Constantinos Maleas, Κωνσταντίνος Μαλέας, Maison à Lesvos , Σπίτι στην Λέσβο , Collection privée, Ιδιωτική συλλογή

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Θέλω να φύγω πια από δω, θέλω να φύγω πέρα,
Je veux partir maintenant, je veux y aller dès à présent,
σε κάποιο τόπο αγνώριστο και νέο,
dans un endroit inconnu et nouveau,
θέλω να γίνω μια χρυσή σκόνη μες στον αιθέρα,
Je veux devenir une poussière dorée dans l’éther,
απλό στοιχείο, ελεύθερο, γενναίο.
un élément simple, libre, courageux.

*

Σαν όνειρο να φαίνονται απαλό και να μιλούνε
Je veux devenir un doux rêve chuchotant
έως την ψυχή τα πράγματα του κόσμου,
à l’âme les choses du monde
ωραία να ’ναι τα πρόσωπα και να χαμογελούνε,
aux agréables visages souriant,
ωραίος ακόμη ο ίδιος εαυτός μου.
toujours comme je le suis moi-même.

*

Σκοτάδι τόσο εκεί μπορεί να μην υπάρχει, θεέ μου,
Les ténèbres y sont peut-être moins prégnants, mon Dieu,
στη νύχτα, στην απόγνωση των τόπων,
que dans nos nuits, dans nos lieux désolés,
στο φοβερό στερέωμα, στην ωρυγή του ανέμου,
que dans le terrible hurlement des vents,
στα βλέμματα, στα λόγια των ανθρώπων.
que dans les yeux et dans les mots des hommes.

*

Να μην υπάρχει τίποτε, τίποτε πια, μα λίγη
Qu’il n’y ait plus rien, rien d’autre qu’un peu
χαρά και ικανοποίηση να μένει,
de joie et de satisfaction qui reste,
κι όλοι να λένε τάχα πώς έχουν για πάντα φύγει,
et que tous disent comment ils sont partis et pour toujours,
όλοι πως είναι τάχα πεθαμένοι.
car tout le monde est mort.

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LA POESIE GRECQUE EN GRECE 

Le langage est ce qu’il y a en Grèce de plus antique. C’est un grand charme pour celui qui a voué un culte à l’antiquité grecque d’entendre parler grec autour de lui, de reconnaître dans les conversations d’un guide ou d’un marinier tel mot qu’il n’avait jusque-là rencontré que dans Homère. Il semble alors qu’on est réellement transporté dans la Grèce antique ; on est tenté de dire aux passans, comme Philoctète à ses compatriotes retrouvés dans Lemnos : je veux vous entendre, et de s’écrier comme lui, ô langage bien aimé ! Mais, pour se livrer à ce transport, il faudrait, dira-t-on, que ce langage fût celui des anciens Hellènes, et non pas un dérivé imparfait que défigure une prononciation bizarre. A cela on peut répondre : Quant à la prononciation, il n’y a pas de raison pour que les descendans de Périclès adoptent le système qu’un savant Hollandais a imaginé au XVIe siècle. Du reste la question est délicate et ne saurait être traitée ici. Qu’il suffise d’affirmer que plusieurs règles de prononciation, adoptées par les Grecs modernes, remontent à la plus haute antiquité, et que l’on trouve déjà dans le second siècle de notre ère des exemples de l’iotacisme, c’est-à-dire de ê, ei, oi, prononcés i, bien que l’iotacisme ne paraisse avoir été définitivement et complètement constituée qu’au Xe ou XIe siècle.

Dans le langage populaire de certaines parties de la Grèce, on retrouve quelques vestiges des dialectes qui y furent parlé autrefois. En général, les anciens dialectes grecs ont péri par suite de la conquête, qui les a éteints avec la vie locale des pays subjugués. Cependant ils n’ont pas disparu entièrement ; on retrouve des traces assez nombreuses du dialecte œolien dans la Béotie et la Phocide, et dans un canton montagneux du Péloponèse, la Tzaconie, le dialecte dorien s’est merveilleusement conservé un certain nombre de mots grecs oubliés par le temps ont été remplacés dans l’usage par une autre expression : ainsi, trecho, courir, au lieu de dremo ; au lieu d’artos, pain, psomi. Eh bien ! il arrive que le vieux mot grec oublié se retrouve dans un coin de la Grèce, par exemple dremo dans les villages du Parnasse…

Jean-Jacques Ampère
La poésie grecques en Grèce
Seconde Partie
Revue des Deux Mondes, tome 7, 1844

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MANUSCRIT « OPTIMISME »

DE Kostas Karyotákis 

Αισιοδοξία χειρόγραφο του Κώστα Καρυωτάκη

traduction Jacky Lavauzelle

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Poème de Kostas Karyotákis
Κώστας Καρυωτάκης
Έλληνα ποιητή

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Ode en mètre antique – Poème Roumain de Mihai Eminescu : Oda în metru antic

România – textul în limba română
Mihai Eminescu

EminescuEminescu

Traduction – Texte Bilingue
Traducerea Text bilingvă


LITTERATURE ROUMAINE
POESIE ROUMAINE

Literatura Română
Romanian Poetry

Mihai Eminescu
1850 – 1889

poet roman
Poète Roumain

Oda în metru antic

 

Poésie de Mihai Eminescu

 Ode en mètre antique

*

Oda în metru antic Ode en mètre antique Mihai Eminescu Artgitato Nicolae Tonitza
Nicolae Tonitza
Autoportrait

*

Nu credeam sa-nvat a muri vrodata;
Pour apprendre à mourir, jamais je ne fis d’étude;
Pururi tânar, înfasurat în manta-mi, 
Toujours jeune, enveloppé dans ma toile,
Ochii mei naltam visatori la steaua
Mes yeux rêvaient à cette haute étoile :
Singuratatii.
Solitude.

*

Când deodata tu rasarisi în cale-mi,
Quand tout à coup face à moi tu fus,
Suferinta tu, dureros de dulce…
toi, Souffrance, douleur aimable
Pân-în fund baui voluptatea mortii
Cul-sec la mort je bus
Ne’nduratoare.
Impitoyable.

*

Jalnic ard de viu chinuit ca Nessus.
Pathétique je brûle vif, tourmenté comme Nessus.
Ori ca Hercul înveninat de haina-i;
Ou Hercule empoisonné par sa tenue ;
Focul meu a-l stinge nu pot cu toate
Mon feu, rien ne peut l’éteindre même
  Apele marii.
Les eaux de la mer.

*

De-al meu propriu vis, mistuit ma vaiet,
Mon rêve, il me dévore, un couteau
 Pe-al meu propriu rug, ma topesc în flacari…
Sur mon propre feu et je fonds dans les flammes
Pot sa mai re’nviu luminos din el ca
Puis-je revenir dans la lumière comme
Pasarea Phoenix?
Phoenix l’oiseau  ?

*

Piara-mi ochii turburatori din cale,
Que mes yeux fondent sur le sentier,
Vino iar în sân, nepasare trista;
Reviens la triste indifférence ;
Ca sa pot muri linistit, pe mine
Je peux donc mourir en paix,
  Mie reda-ma!
Je retourne à moi-même !

 

 

*************************************************************

România – textul în limba română
Mihai Eminescu

EminescuEminescu