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LE COUTEAU CARNIVORE Poème de Miguel Hernández – Un carnívoro cuchillo – 1934/1935

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Miguel Hernández
(30 octobre 1910 Orihuela, province d’Alicante – 28 mars 1942 Alicante)
(Orihuela, 30 de octubre de 1910-Alicante, 28 de marzo de 1942)
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El rayo que no cesa
(1934-1935)

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LE COUTEAU CARNIVORE
Un carnívoro cuchillo

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TRADUCTION JACKY LAVAUZELLE

Juan Gris – Compotier et nappe à carreaux (1917)
Musée Guggenheim

Un carnívoro cuchillo
Un couteau carnivore,
de ala dulce y homicida
aile douce et homicide,
sostiene un vuelo y un brillo
soutient son vol et son éclat
alrededor de mi vida.
autour de ma vie

Rayo de metal crispado
Rayon métallique crispé
fulgentemente caído,
Affaissé totalement,
picotea mi costado
me picote le flanc
y hace en él un triste nido.
pour y construit un triste nid.

Mi sien, florido balcón
Mon temple, balcon fleuri
de mis edades tempranas,
dès mon plus jeune âge
negra está, y mi corazón,
est noir et mon cœur,
y mi corazón con canas.
sur mon cœur des cheveux gris.

Tal es la mala virtud
Telle est la mauvaise vertu
del rayo que me rodea,
du rayon qui m’entoure,
que voy a mi juventud
que je vais à ma jeunesse
como la luna a mi aldea.
comme la lune à mon village.

Recojo con las pestañas
Je collecte avec mes cils
sal del alma y sal del ojo
le sel de l’âme et le sel de l’œil
y flores de telarañas
et des fleurs de toiles d’araignées
de mis tristezas recojo.
de ma tristesse je collecte.

¿A dónde iré que no vaya
Où irai-je sans aller
mi perdición a buscar?
à rechercher ma perte ?
Tu destino es de la playa
Ton destin c’est la plage
y mi vocación del mar.
ma vocation c’est la mer.

Descansar de esta labor
Se reposer de ce travail
de huracán, amor o infierno
d’ouragan, d’amour ou d’enfer
no es posible, y el dolor
n’est pas possible, et la douleur
me hará a mi pesar eterno.
sera mon éternelle peine.

Pero al fin podré vencerte,
Mais enfin je peux vaincre,
ave y rayo secular,
oiseau et rayon séculaire,
corazón, que de la muerte
cœur, de la mort
nadie ha de hacerme dudar.
personne ne doit me faire douter.

Sigue, pues, sigue cuchillo,
Suis ensuite le couteau, suis-le
volando, hiriendo. Algún día
volant, me blessant. Un jour
se pondrá el tiempo amarillo
le temps jauni se retrouvera
sobre mi fotografía.
sur ma photographie.

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POEMES DE MIGUEL HERNANDEZ
POEMAS DE MIGUEL HERNANDEZ

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LA VOLONTÉ – EL QUERER – Poème de Manuel MACHADO

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Juan Gris – Vue sur la baie (1921)
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Manuel Machado Ruiz
(Sevilla, 29 de agosto de 1874-Madrid, 19 de enero de 1947)
(Séville, 29 août 1874-Madrid, 19 janvier 1947)
Juan Gris – Portrait de Germaine Raynal (1912)

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EL QUERER
LA VOLONTÉ

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TRADUCTION JACKY LAVAUZELLE
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En tu boca roja y fresca
Ta bouche rouge et fraîche,
beso, y mi sed no se apaga,
Je l’embrasse mais ma soif ne part pas,
que en cada beso quisiera
dans chaque baiser je voudrais
beber entera tu alma.
pouvoir boire ton âme toute entière.

Me he enamorado de ti
Je suis tombée amoureux de toi,
y es enfermedad tan mala,
quelle terrible affection,
que ni la muerte la cura,
que même la mort ne peut guérir.
¡bien lo saben los que aman!
Ceux qui aiment le savent bien !

Loco me pongo si escucho
Quel fou si j’écoute
el ruido de tu charla,
le bruit de tes mots,
y el contacto de tu mano
et le contact de ta main !
me da la vida y me mata.
Ça me donne la vie et ça me tue.

Yo quisiera ser el aire
Je voudrais être l’air
que toda entera te abraza,
qui tout entier t’embrasse,
yo quisiera ser la sangre
J’aimerais être le sang
que corre por tus entrañas.
qui court dans tes entrailles.

Son las líneas de tu cuerpo
Les lignes de ton corps
el modelo de mis ansias,
sont le modèle de mes envies,
el camino de mis besos
la voie de mes baisers
y el imán de mis miradas.
et l’aimant de mes regards.

Siento al ceñir tu cintura
Quand je t’enlace je sens
una duda que me mata
un doute qui me tue
Estoy enfermo de ti,
Je suis malade de toi,
de curar no hay esperanza,
mais de guérir il n’y a pas d’espoir ;
que en la sed de este amor loco
 dans la soif de cet amour fou
tu eres mi sed y mi agua.
 Tu es autant ma soif que mon eau.

Maldita sea la hora
Maudite soit l’heure
en que contemplé tu cara,
où j’ai contemplé ton visage,
 en que vi tus ojos negros
J’ai vu tes yeux noirs
y besé tus labios grana.
 et baisé tes lèvres rouges.

Maldita sea la sed
Maudite soit la soif
y maldita sea el agua,
 et maudite soit l’eau,
maldito sea el veneno
maudit soit le poison
  que envenena y que no mata.
qui empoisonne mais ne tue pas.

En tu boca roja y fresca
Ta bouche rouge et fraîche
beso, y mi sed no se apaga,
Je l’embrasse mais ma soif ne part pas,
que en cada beso quisiera
dans chaque baiser je voudrais
beber entera tu alma.
pouvoir boire ton âme toute entière.

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POEMES DE MANUEL MACHADO
POEMAS DE MANUEL MACHADO

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LES JOURS SANS SOLEIL – LOS DÍAS SIN SOL -Poème de Manuel MACHADO

Juan Gris – Vue sur la baie (1921)
Manuel Machado Ruiz
(Sevilla, 29 de agosto de 1874-Madrid, 19 de enero de 1947)
(Séville, 29 août 1874-Madrid, 19 janvier 1947)

Loups sur une enluminure du Bestiaire d’Aberdeen

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TRADUCTION JACKY LAVAUZELLE
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El lobo blanco del invierno
Le loup blanc de l’hiver,
el lobo blanco viene,
le loup blanc vient,
con los feroces ojos inyectados
avec ses yeux féroces injectés
en sangre helada, fijos y crueles.
de sang glacé, fixe et cruel.
¡Maldito lobo invierno, que te llevas
Maudit loup d’hiver, que portes-tu ?
los viejos y los débiles!
les vieux et les faibles !

*

¡Reunámonos, que todos
Rassemblons-nous, que tous
tengan una familia,
ayons une famille,
un libro y fuego alegre!
autour d’un livre et d’un feu joyeux !

*


Y mientras, fuera, el hacha
Et tandis que, dehors, la hache
el tronco seco hiende,
frappe le tronc sec,
que será rojo en el hogar, cerremos
qui rougeoiera bientôt à la maison, refermons
la puerta y el balcón… ¡Dios no nos quiere!
la porte et le balcon … Dieu ne veut pas de nous !

*
¡Tregua! Seamos amigos…
Un instant ! Soyons amis…
La tibia paz entre nosotros reine
La paix chaleureuse entre nous règne
en torno de la lámpara, que esparce
autour de la lampe, que propage
la tranquila poesía del presente.
la poésie calme du présent.

*
Y tú, mi amada, cuyos rojos labios
Et toi ma bien-aimée, dont les lèvres rouges
son ya la sola flor, dámelos…, ¡quiéreme!…
sont la seule fleur, donne-les-moi …, aime-moi ! …
. . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . .

¡Que el lobo blanco del invierno
Que le loup blanc de l’hiver
el lobo blanco viene!
le loup blanc vienne !

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POEMES DE MANUEL MACHADO
POEMAS DE MANUEL MACHADO

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Poème de Manuel MACHADO – Cante Hondo – 1912 – Cante Jondo – Chant Profond

Juan Gris -Vue sur la baie (1921)
Manuel Machado Ruiz
(Sevilla, 29 de agosto de 1874-Madrid, 19 de enero de 1947)
(Séville, 29 août 1874-Madrid, 19 janvier 1947)

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Cante Hondo
Cante Jondo
Chant Profond
Danse andalouse
1912


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Danseuse de flamenco, John Singer Sargent, 1881-1882

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TRADUCTION JACKY LAVAUZELLE
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A todos nos han cantado
Nous avons tous chanté
en una noche de juerga
dans une nuit de joyeux
coplas que nos han matado…
coplas qui nous ont tués …

Corazón, calla tu pena;
Cœur, fais taire ton chagrin ;
a todos nos han cantado
nous avons tous chanté
en una noche de juerga.
dans une nuit de fête.

Malagueñas, soleares
Malagueñas, soleas
y seguiriyas gitanas…
et seguiriyas gitanes …
Historias de mis pesares
Histoires de mes chagrins
y de tus horitas malas.
et de vos mauvaises heures.

Malagueñas, soleares
Malagueñas, soleas
y seguiriyas gitanas…
et seguiriya gitanes …

Es el saber popular,
C’est le savoir populaire,
que encierra todo el saber:
qui détient tous les savoirs :
que es saber sufrir, amar,
ce que c’est de savoir souffrir, aimer,
morirse y aborrecer.
mourir et honnir.

Es el saber popular,
C’est le savoir populaire,
que encierra todo el saber.
qui détient tous les savoirs.

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LES POEMES DE MANUEL MACHADO
LOS POEMAS DE MANUEL MACHADO
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LES LAURIERS-ROSES – Poème de Manuel MACHADO -ADEFLOS – 1899

Juan Gris -Vue sur la baie (1921)
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Manuel Machado Ruiz
(Sevilla, 29 de agosto de 1874-Madrid, 19 de enero de 1947)
(Séville, 29 août 1874-Madrid, 19 janvier 1947)

A Miguel de Unamuno

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Juan Gris – Pierrot (1919)

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ADELFOS
LES LAURIERS-ROSES
1899


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TRADUCTION JACKY LAVAUZELLE
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Yo soy como las gentes que a mi tierra vinieron
Je suis comme ceux qui vinrent sur ma terre
—soy de la raza mora, vieja amiga del Sol—,
-Je suis de race maure, vieille amie du soleil-,
que todo lo ganaron y todo lo perdieron.
qui gagnèrent tout, pour tout perdre ensuite.
Tengo el alma de nardo del árabe español.
J’ai l’âme de nard de l’arabe espagnol.

*

Mi voluntad se ha muerto una noche de luna
Ma volonté est morte une nuit au clair de lune,
en que era muy hermoso no pensar ni querer…
comme c’était beau de ne pas penser ni vouloir …
Mi ideal es tenderme, sin ilusión ninguna…
Mon idéal est de m’allonger sans nulle illusion …
De cuando en cuando, un beso y un nombre de mujer.
De temps en temps, un baiser et un nom de femme.

*

En mi alma, hermana de la tarde, no hay contornos…;
Dans mon âme, sœur du soir, il n’y a plus de contours …;
y la rosa simbólica de mi única pasión
et la rose, symbole de mon unique passion,
es una flor que nace en tierras ignoradas
est une fleur qui naît sur des terres ignorées
y que no tiene aroma, ni forma, ni color.
et qui n’a pas ni arôme, ni forme, ni couleur.

*

Besos ¡pero no darlos! Gloria…. ¡la que me deben!
Baisers, n’en donner guère ! Gloire… ce qui m’est dû !
¡Que todo como un aura se venga para mí!
Que tout comme un souffle s’en vienne à moi !
¡Que las olas me traigan y las olas me lleven,
Puissent les vagues me porter, puissent les vagues m’emporter
y que jamás me obliguen el camino a elegir!
et que jamais ne m’obligent à choisir le chemin !

*

¡Ambición! No la tengo. ¡Amor! No lo he sentido.
Ambition ! Je n’en ai nullement. Amour ! Je ne l’ai ressenti.
No ardí nunca en un fuego de fe ni gratitud.
Je n’ai jamais brûlé dans un feu de foi ou de gratitude.
Un vago afán de arte tuve… Ya lo he perdido.
J’avais un vague désir d’art … je l’ai déjà perdu.
Ni el vicio me seduce ni adoro la virtud.
Ni le vice ne me séduit ni la vertu ne me tente.

*

De mi alta aristocracia dudar jamás se pudo.
De ma haute aristocratie, le doute ne pouvait exister. Jamais.
No se ganan, se heredan, elegancia y blasón…
Rien ne se gagne, ils héritent de l’élégance et du blason …
Pero el lema de casa, el mote del escudo,
Mais la devise de ma maison, l’emblème de mon blason,
es una nube vaga que eclipsa un vano sol.
c’est un vague nue qui éclipse un vain soleil.

*

Nada os pido. Ni os amo ni os odio. Con dejarme,
Je ne demande rien. Je n’aime ni ne hais. À me quitter,
lo que hago por vosotros, hacer podéis por mí…
ce que je fais pour toi, tu peux le faire pour moi …
¡Que la vida se tome la pena de matarme,
Laisse la vie prendre la peine de me tuer,
ya que yo no me tomo la pena de vivir! …
puisque je n’ai pas pris la peine de vivre ! …

*

Mi voluntad se ha muerto una noche de luna
Ma volonté est morte une nuit au clair de lune,
en que era muy hermoso no pensar ni querer…
comme c’était beau de ne pas penser ni vouloir …
De cuando en cuando un beso, sin ilusión ninguna.
De temps en temps un baiser, sans aucune illusion.
¡El beso generoso que no he de devolver!
Le baiser généreux que je ne rendrai pas !


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MA PEINE – Poème de Manuel MACHADO – 1900 – Mi pena es mu mala

Juan Gris – Vue sur la baie (1921)
Manuel Machado Ruiz
(Sevilla, 29 de agosto de 1874-Madrid, 19 de enero de 1947)
(Séville, 29 août 1874-Madrid, 19 janvier 1947)

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Juan Gris
Femme assise – Mujer sentada, 1917. Colección Carmen, Museo Thyssen Bornemisza


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LA « TONÁ » DE LA FRAGUA
(SEGUIRIYAS GITANAS)


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TRADUCTION JACKY LAVAUZELLE
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Mi pena es mu mala,
Ma peine est si lourde,
porque es una pena que yo no quisiera
une peine que je ne voudrais pas
que se me quitara.
voir me quitter.

Vino como vienen,
Elle est venue comme viennent,
sin saber de dónde,
 sans savoir d’où,
el agua a los mares, las flores a mayo,
 l’eau à la mer, les fleurs au mois de mai,
los vientos al bosque.
 les vents sur la forêt.

Vino, y se ha quedado
Elle est venue et s’est installée
en mi corazón,
 dans mon cœur,
como el amargo en la corteza verde
 comme l’amer à la verte écorce
del verde limón.
 du citron vert.

Como las raíces
Comme les racines
de la enredadera,
du lierre,
se va alimentando la pena en mi pecho
ma peine s’alimente dans ma poitrine
con sangre e mis venas.
 du sang de mes veines.

Yo no sé por dónde,
Je ne sais pas d’où,
ni por dónde no,
 ni d’ailleurs,
se me ha liao esta soguita al cuerpo
ce petit lien a agrippé mon corps
 sin saberlo yo.
sans que je le sache.

Pensamiento mío,
Mes pensées,
¿adónde te vas?
 Où allez-vous ?
No vayas a casa de quien tú solías,
Ne revenez pas vers votre maison,
  que no pués entrar.
vous ne pourriez plus entrer.

A pasar fatigas
Tant de fatigue
estoy ya tan hecho
 J’ai subie
  que las alegrías se me vuelven penas
que chaque joie se transforme en peine
dentro de mi pecho.  
au cœur de ma poitrine.



Yo voy como un ciego
Je vais tel un aveugle
por esos caminos.
 sur ces routes.
Siempre pensando en la penita negra
 Toujours pensant à ma petite peine obscure
que llevo conmigo.
 que je porte en moi.

Ya se han acabado
Ils sont finis
tiempos alegres.
 ces temps joyeux.
Las florecitas que hay en tu ventana
 Les petites fleurs à ta fenêtre
para mí no huelen.
Pour moi ne sentent plus.

Yo corté una rosa
J’ai coupé une rose
llenita de espinas…
 pleine d’épines …
Como las rosas espinitas tienen,
 Les roses pleines d’épines
son las más bonitas.
sont les plus divines.

El cristal se rompe
Le cristal se casse
  del calor al frío,
passant du chaud au froid,
como se ha roto de alegría y pena
 Ainsi se brise de la joie à la peine
mi corasonsiyo.
mon petit cœur.

Yo sentí el crujío
J’ai senti les craquements
del cristalito fino que se rompe
du fin cristal qui se rompt
del calor al frío.
passant du chaud au froid

Negra está la noche,
Noire est la nuit,
sin luna ni estrellas…
 sans lune ni étoiles …
A mí me alumbraban los ojitos garzos
M’éclairent seulement les petits yeux
de mi compañera.
de ma compagne.

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LES POEMES DE MANUEL MACHADO – Los poemas de manuel machado

Juan Gris – Vue sur la baie (1921)
L’attribut alt de cette image est vide, son nom de fichier est Symbole-Artgitato-2-10.gif.

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L’attribut alt de cette image est vide, son nom de fichier est ManuelMachado.jpg.
Manuel Machado Ruiz
(Sevilla, 29 de agosto de 1874-Madrid, 19 de enero de 1947)
(Séville, 29 août 1874-Madrid, 19 janvier 1947)

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TRADUCTION JACKY LAVAUZELLE
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ADELFOS
LES LAURIERS-ROSES
1899

Juan Gris – Pierrot (1919)

Yo soy como las gentes que a mi tierra vinieron
Je suis comme ceux qui vinrent sur ma terre
—soy de la raza mora, vieja amiga del Sol—,
-Je suis de race maure, vieille amie du soleil-,
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CANTE HONDO
Cante Jondo
Chant Profond
1912

Danseuse de flamenco, John Singer Sargent, 1881-1882

A todos nos han cantado
Nous avons tous chanté
en una noche de juerga
dans une nuit de joyeux

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LA COPLA (1920)

Tableau de Juan Gris – Violon et Damier (1913)

Hasta que el pueblo las canta,
Jusqu’à ce que les gens ne les chantent,
las coplas, coplas no son,
aucun de nos coplas n’existe,

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CANTARES
CHANSONS

Vino, sentimiento, guitarra y poesía
Vin, sensation, guitare et poésie
hacen los cantares de la patria mía.
font les chansons de mon pays.

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LE JARDIN GRIS – EL JARDÍN GRIS

Juan Gris -Bodegón, 1913. Museo Thyssen Bornemisza

¡Jardín sin jardinero!
Jardin sans jardinier!
¡Viejo jardín,
Vieux jardin,

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MI PENA ES MU MALA
MA PEINE
1900

Juan Gris
Femme assise – Mujer sentada, 1917. Colección Carmen, Museo Thyssen Bornemisza

Mi pena es mu mala,
Ma peine est si lourde,
porque es una pena que yo no quisiera
une peine que je ne voudrais pas

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LOS DÍAS SIN SOL
LES JOURS SANS SOLEIL

Loups sur une enluminure du Bestiaire d’Aberdeen

El lobo blanco del invierno
Le loup blanc de l’hiver,
el lobo blanco viene,
le loup blanc vient,

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EL QUERER
LA VOLONTE

Juan Gris – Portrait de Germaine Raynal (1912)

En tu boca roja y fresca 
Ta bouche rouge et fraîche, 
beso, y mi sed no se apaga, 
Je l’embrasse mais ma soif ne part pas,

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LES POÈMES DE MANUEL MACHADO
Los poemas de manuel machado

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L’attribut alt de cette image est vide, son nom de fichier est Symbole-Artgitato-2-10.gif.

LE JARDIN GRIS – Poème de Manuel MACHADO – EL JARDÍN GRIS

Juan Gris – Vue sur la baie (1921)
Manuel Machado Ruiz
(Sevilla, 29 de agosto de 1874-Madrid, 19 de enero de 1947)
(Séville, 29 août 1874-Madrid, 19 janvier 1947)

LE JARDIN GRIS – EL JARDÍN GRIS
A Francisco Villaespesa

Juan Gris -Bodegón, 1913. Museo Thyssen Bornemisza

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TRADUCTION JACKY LAVAUZELLE
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¡Jardín sin jardinero!
Jardin sans jardinier!
¡Viejo jardín,
Vieux jardin,

viejo jardín sin alma,
vieux jardin sans âme,
jardín muerto! Tus árboles
jardin mort ! Tes arbres
no agita el viento. En el estanque, el agua
ne s’agitent plus dans le vent. Dans l’étang, l’eau
yace podrida. ¡Ni una onda! El pájaro
s’est putréfiée. Plus une vague ! L’oiseau
no se posa en tus ramas.
ne se pose plus sur tes branches.
La verdinegra sombra
L’ombre verte
de tus hiedras contrasta
de ton lierre qui contraste
con la triste blancura
avec la triste blancheur
de tus veredas áridas…
de tes sentiers arides …
¡Jardín, jardín! ¿Qué tienes?
Jardin, jardin! Qu’as-tu?
¡Tu soledad es tanta,
Ta solitude est telle,
que no deja poesía a tu tristeza!
qu’elle ne laisse nulle poésie à ta tristesse !
¡Llegando a ti, se muere la mirada!
En venant à toi, se meurt le regard !
Cementerio sin tumbas…
Cimetière sans tombes …
Ni una voz, ni recuerdos, ni esperanza.
Pas une voix, ni de souvenirs, ni d’espoir.
¡Jardín sin jardinero!
Jardin sans jardinier!
¡Viejo jardín,
Vieux jardin,
viejo jardín sin alma!
vieux jardin sans âme!



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LA COPLA – Poème de Manuel MACHADO – 1920

Juan Gris – Vue sur la baie (1921)
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Manuel Machado Ruiz
(Sevilla, 29 de agosto de 1874-Madrid, 19 de enero de 1947)
(Séville, 29 août 1874-Madrid, 19 janvier 1947)

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Tableau de Juan Gris – Violon et Damier (1913)

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TRADUCTION JACKY LAVAUZELLE
*******************

Hasta que el pueblo las canta,
Jusqu’à ce que les gens ne les chantent,
las coplas, coplas no son,
aucun de nos coplas n’existe,
y cuando las canta el pueblo,
et dès que les gens les chantent,
ya nadie sabe el autor.
l’auteur aussitôt ils oublient.

Tal es la gloria, Guillén,
Telle est la gloire, Guillen,
de los que escriben cantares:
de ceux qui écrivent des chansons :
oír decir a la gente
entendre les gens dire
que no los ha escrito nadie.
que personne ne les a écrites.

Procura tú que tus coplas
Veille donc que tes coplas
vayan al pueblo a parar,
viennent se perdre dans le peuple,
aunque dejen de ser tuyas
qu’ils cessent d’être les tiens
para ser de los demás.
et soient pour tous les autres.

Que, al fundir el corazón
Que, en dissolvant notre cœur
en el alma popular,
dans l’âme populaire,
lo que se pierde de nombre
notre nom se perde
se gana de eternidad.
pour gagner l’éternité.

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LA COPLA
DANS LA FEMME ET LE PANTIN
ROMAN DE
Pierre Louÿs

La Femme et le Pantin : roman espagnol
Apparition d’une petite moricaude dans un paysage polaire
Librairie Charpentier et Fasquelle (p. 55-72)


(EXTRAIT)

Tout le wagon savait déjà qu’elle était élève au couvent de San José d’Avila, qu’elle se rendait à Madrid, qu’elle allait retrouver sa mère, qu’elle n’avait pas de novio et qu’on l’appelait Concha Perez.

Sa voix était singulièrement pénétrante. Elle chantait sans bouger, les mains sous le châle, presque étendue, les yeux fermés ; mais les chansons qu’elle chantait là, j’imagine qu’elle ne les avait pas apprises chez les sœurs. Elle choisissait bien, parmi ces coplas de quatre vers où le peuple met toute sa passion. Je l’entends encore chanter avec une caresse dans la voix :

Dime, niña, si me quieres;
Por Dios, descubre tu pecho…

ou :

Tes matelas sont des jasmins, 
Tes draps des roses blanches, 
Des lis tes oreillers, 
Et toi, une rose qui te couches.

Je ne vous dis que les moins vives.

Mais soudain, comme si elle avait senti le ridicule d’adresser de pareilles hyperboles à cette sauvagesse, elle changea de ton son répertoire et n’accompagna plus la danse que par des chansons ironiques comme celle-ci, dont je me souviens :

Petite aux vingt novios
(Et avec moi vingt et un), 
Si tous sont comme je suis
Tu resteras toute seule.

La gitane ne sut d’abord si elle devait rire ou se fâcher. Les rieurs étaient pour l’adversaire et il était visible que cette fille d’Égypte ne comptait pas au nombre de ses qualités l’esprit de repartie qui remplace, dans nos sociétés modernes, les arguments du poing fermé.

Elle se tut en serrant les dents. La petite, complètement rassurée désormais sur les conséquences de son escarmouche, redoubla d’audace et de gaieté.

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LES POÈMES DE MANUEL MACHADO

L’attribut alt de cette image est vide, son nom de fichier est Symbole-Artgitato-2-10.gif.