Archives par mot-clé : poéme espagnol

LA CRUAUTÉ DE L’AMOUR -Poème de FERNANDO DE HERRERA – Después que en mí tentaron su crudeza

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Littérature espagnole
Literatura española
Poésie espagnole
Poesía española
Soneto
Sonnet

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FERNANDO DE HERRERA
Séville 1534 – Séville 1597

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TRADUCTION JACKY LAVAUZELLE
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Joaquín Sorolla
Joaquín Sorolla y Bastida
Académie d’homme, musée des beaux-arts de Valence, Espagne

1887
Academia de los Hombres, Museo de Bellas Artes de Valencia, España

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LA CRUAUTÉ DE L’AMOUR
Después que en mí tentaron su crudeza


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Después que en mí tentaron su crudeza
Après qu’en moi j’ai subi la cruauté
de Amor y vos las flechas y los ojos,
 de l’Amour et ses flèches et ses yeux,
di honra al uno, al otro los despojos,
j’ai supporté vaillamment et les uns et les autres,
y sufrí saña de ambos y aspereza.
 et j’ai souffert leur fureur et leur dureté.

El fuego que encendió vuestra belleza
 Le feu qu’alluma ta beauté
hizo dulces y alegres mis enojos,
 a rendu mon chagrin doux et joyeux,
y suave entre espinas y entre abrojos
 et douce entre les épines et entre les ronces
 el dolor que causaba mi tristeza.
la douleur engendrée par ma tristesse.

Tuve esperanza incierta de mi ufana
J’avais un espoir incertain de mon orgueilleuse
muerte, viendo el valor de mi tormento;
mort, voyant la valeur de mon tourment ;
 y confié este error de mi osadía.
et cette erreur provenait de mon audace.

Mas ¡ay! que tanta gloria suerte humana
 Mais ô quelle chance, la chance humaine
no alcanza, y no se debe al mal que siento
 ne suffit pas, et le mal que je ressens
el bien que me negáis, Estrella mía.
 ne provient pas du bien que tu me refuses, mon Étoile.

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LA POÉSIE DE FERNANDO DE HERRERA

LA POESIA DE FERNANDO DE HERRERA

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LE TRAVAIL DE PHIDIAS – Poème de Fernando de Herrera – A un capitán valeroso

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Littérature espagnole
Literatura española
Poésie espagnole
Poesía española
Soneto
Sonnet

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FERNANDO DE HERRERA
Séville 1534 – Séville 1597

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TRADUCTION JACKY LAVAUZELLE
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Statue chryséléphantine de Zeus à Olympie
Le Jupiter olympien ou l’art de la sculpture antique, Gravure, Quatremère de Quincy,1815

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(El trabajo de Fidia ingenioso)
(Le travail de l’ingénieux Phidias)

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El trabajo de Fidia ingenioso,
Le travail de l’ingénieux Phidias,
que a Júpiter Olimpio dio la gloria,
que le Jupiter Olympien a rendu célèbre,
fue soberbio despojo de victoria
fut un superbe butin de victoire
al tiempo, en nuestra injuria presuroso;
jadis, pour disparaître précipitamment ;

pero al valor de Aquiles animoso
mais la valeur courageuse d’Achille
el siempre insigne Homero alzó la historia,
dont le toujours distingué Homère a raconté l’histoire,
y dio a la fama eterna su memoria
a donné à sa mémoire une renommée éternelle
con alta voz del canto generoso.
par la voix haute de son chant généreux.

Yo, que mal puedo ser en honra vuestra
Moi, qui ne peux être en ton honneur
nuevo Homero, consagro, luz de España,
un nouvel Homère, j’offrirai, lumière de l’Espagne,
de mis incultos versos la armonía;
l’harmonie de mes vers incultes ;

Mas si me mira Caliope diestra,
Mais si la muse Calliope me regarde dans sa main droite,
valdrá, si mi deseo no me engaña,
elle deviendra, si mon désir ne me trompe,
mas que Fidia mortal la musa mía.
plus que Phidias mortel ma propre muse.

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LA POÉSIE DE FERNANDO DE HERRERA – LA POESIA DE FERNANDO DE HERRERA

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TOUTES LES MAISONS SONT DES YEUX – Poème de Miguel Hernández – Todas las casas son ojos

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Miguel Hernández
(30 octobre 1910 Orihuela, province d’Alicante – 28 mars 1942 Alicante)
(Orihuela, 30 de octubre de 1910-Alicante, 28 de marzo de 1942)
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TRADUCTION JACKY LAVAUZELLE
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Cancionero y romancero de ausencias
 (1938-1941)


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Vincent van Gogh, La Nuit étoilée, 1889, Museum of Modern Art, New York

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Todas las casas son ojos
Toutes les maisons sont des yeux
que resplandecen y acechan.
qui brillent et se cachent.

Todas las casas son bocas
Toutes les maisons sont des bouches
que escupen, muerden y besan.
qui crachent, mordent et embrassent.

Todas las casas son brazos
Toutes les maisons sont des bras
que se empujan y se estrechan.
qui se poussent et s’attirent.

De todas las casas salen
De toutes les maisons viennent
soplos de sombra y de selva.
des souffles d’ombres et de forêts.

En todas hay un clamor
En chacune, une clameur
de sangre insatisfechas.
de sangs insatisfaits.

Y a un grito todas las casas
Un cri, toutes les maisons
se asaltan y se despueblan.
se battent et se dépeuplent.

Y a un grito, todas se aplacan,
Un cri, toutes s’apaisent,
y se fecundan, y se esperan.
et se fécondent, et espèrent.

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POEMES DE MIGUEL HERNANDEZ
POEMAS DE MIGUEL HERNANDEZ

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LE COUTEAU CARNIVORE Poème de Miguel Hernández – Un carnívoro cuchillo – 1934/1935

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Miguel Hernández
(30 octobre 1910 Orihuela, province d’Alicante – 28 mars 1942 Alicante)
(Orihuela, 30 de octubre de 1910-Alicante, 28 de marzo de 1942)
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El rayo que no cesa
(1934-1935)

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LE COUTEAU CARNIVORE
Un carnívoro cuchillo

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TRADUCTION JACKY LAVAUZELLE

Juan Gris – Compotier et nappe à carreaux (1917)
Musée Guggenheim

Un carnívoro cuchillo
Un couteau carnivore,
de ala dulce y homicida
aile douce et homicide,
sostiene un vuelo y un brillo
soutient son vol et son éclat
alrededor de mi vida.
autour de ma vie

Rayo de metal crispado
Rayon métallique crispé
fulgentemente caído,
Affaissé totalement,
picotea mi costado
me picote le flanc
y hace en él un triste nido.
pour y construit un triste nid.

Mi sien, florido balcón
Mon temple, balcon fleuri
de mis edades tempranas,
dès mon plus jeune âge
negra está, y mi corazón,
est noir et mon cœur,
y mi corazón con canas.
sur mon cœur des cheveux gris.

Tal es la mala virtud
Telle est la mauvaise vertu
del rayo que me rodea,
du rayon qui m’entoure,
que voy a mi juventud
que je vais à ma jeunesse
como la luna a mi aldea.
comme la lune à mon village.

Recojo con las pestañas
Je collecte avec mes cils
sal del alma y sal del ojo
le sel de l’âme et le sel de l’œil
y flores de telarañas
et des fleurs de toiles d’araignées
de mis tristezas recojo.
de ma tristesse je collecte.

¿A dónde iré que no vaya
Où irai-je sans aller
mi perdición a buscar?
à rechercher ma perte ?
Tu destino es de la playa
Ton destin c’est la plage
y mi vocación del mar.
ma vocation c’est la mer.

Descansar de esta labor
Se reposer de ce travail
de huracán, amor o infierno
d’ouragan, d’amour ou d’enfer
no es posible, y el dolor
n’est pas possible, et la douleur
me hará a mi pesar eterno.
sera mon éternelle peine.

Pero al fin podré vencerte,
Mais enfin je peux vaincre,
ave y rayo secular,
oiseau et rayon séculaire,
corazón, que de la muerte
cœur, de la mort
nadie ha de hacerme dudar.
personne ne doit me faire douter.

Sigue, pues, sigue cuchillo,
Suis ensuite le couteau, suis-le
volando, hiriendo. Algún día
volant, me blessant. Un jour
se pondrá el tiempo amarillo
le temps jauni se retrouvera
sobre mi fotografía.
sur ma photographie.

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POEMES DE MIGUEL HERNANDEZ
POEMAS DE MIGUEL HERNANDEZ

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CANTARES – CHANSONS – Poème de Manuel MACHADO

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Manuel Machado Ruiz
(Sevilla, 29 de agosto de 1874-Madrid, 19 de enero de 1947)
(Séville, 29 août 1874-Madrid, 19 janvier 1947)
Juan Gris – Nature morte avec fruits et mandoline (1919)

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TRADUCTION JACKY LAVAUZELLE
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Vino, sentimiento, guitarra y poesía
Vin, sensation, guitare et poésie
hacen los cantares de la patria mía.
font les chansons de mon pays.
Cantares…
Chansons …
Quien dice cantares dice Andalucía.
Qui dit chansons dit Andalousie.

A la sombra fresca de la vieja parra,
À l’ombre fraîche de la vieille vigne,
un mozo moreno rasguea la guitarra…
un homme aux cheveux noirs gratte la guitare …
Cantares…
Chansons …
Algo que acaricia y algo que desgarra.
Quelque chose qui se caresse et quelque chose qui se déchire.

La prima que canta y el bordón que llora…
La cousine qui chante et le bâton qui pleure …
Y el tiempo callado se va hora tras hora.
Et le temps calme passe heure après heure.
Cantares…
Chansons …
Son dejos fatales de la raza mora.
Sont les destins de la race maure.

No importa la vida, que ya está perdida,
La vie n’a pas d’importance, elle est déjà perdue
y, después de todo, ¿qué es eso, la vida?…
et après tout, qu’est-ce que c’est que la vie? …
Cantares…
Chansons …
Cantando la pena, la pena se olvida.
En chantant le chagrin, le chagrin s’oublie.

Madre, pena, suerte, pena, madre, muerte,
Mère, chagrin, chance, chagrin, mère, mort,
ojos negros, negros, y negra la suerte…
yeux noirs, noirs et chance noire …
Cantares…
Chansons …
En ellos el alma del alma se vierte.
En eux, l’âme de l’âme se déverse.

Cantares. Cantares de la patria mía,
Des chansons Des chansons de mon pays,
quien dice cantares dice Andalucía.
qui dit des chansons dit Andalousie.
Cantares…
Chansons …
No tiene más notas la guitarra mía.
Ma guitare n’a plus de notes.

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LES POEMES DE MANUEL MACHADO
LOS POEMAS DE MANUEL MACHADO
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LES LAURIERS-ROSES – Poème de Manuel MACHADO -ADEFLOS – 1899

Juan Gris -Vue sur la baie (1921)
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Manuel Machado Ruiz
(Sevilla, 29 de agosto de 1874-Madrid, 19 de enero de 1947)
(Séville, 29 août 1874-Madrid, 19 janvier 1947)

A Miguel de Unamuno

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Juan Gris – Pierrot (1919)

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ADELFOS
LES LAURIERS-ROSES
1899


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TRADUCTION JACKY LAVAUZELLE
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Yo soy como las gentes que a mi tierra vinieron
Je suis comme ceux qui vinrent sur ma terre
—soy de la raza mora, vieja amiga del Sol—,
-Je suis de race maure, vieille amie du soleil-,
que todo lo ganaron y todo lo perdieron.
qui gagnèrent tout, pour tout perdre ensuite.
Tengo el alma de nardo del árabe español.
J’ai l’âme de nard de l’arabe espagnol.

*

Mi voluntad se ha muerto una noche de luna
Ma volonté est morte une nuit au clair de lune,
en que era muy hermoso no pensar ni querer…
comme c’était beau de ne pas penser ni vouloir …
Mi ideal es tenderme, sin ilusión ninguna…
Mon idéal est de m’allonger sans nulle illusion …
De cuando en cuando, un beso y un nombre de mujer.
De temps en temps, un baiser et un nom de femme.

*

En mi alma, hermana de la tarde, no hay contornos…;
Dans mon âme, sœur du soir, il n’y a plus de contours …;
y la rosa simbólica de mi única pasión
et la rose, symbole de mon unique passion,
es una flor que nace en tierras ignoradas
est une fleur qui naît sur des terres ignorées
y que no tiene aroma, ni forma, ni color.
et qui n’a pas ni arôme, ni forme, ni couleur.

*

Besos ¡pero no darlos! Gloria…. ¡la que me deben!
Baisers, n’en donner guère ! Gloire… ce qui m’est dû !
¡Que todo como un aura se venga para mí!
Que tout comme un souffle s’en vienne à moi !
¡Que las olas me traigan y las olas me lleven,
Puissent les vagues me porter, puissent les vagues m’emporter
y que jamás me obliguen el camino a elegir!
et que jamais ne m’obligent à choisir le chemin !

*

¡Ambición! No la tengo. ¡Amor! No lo he sentido.
Ambition ! Je n’en ai nullement. Amour ! Je ne l’ai ressenti.
No ardí nunca en un fuego de fe ni gratitud.
Je n’ai jamais brûlé dans un feu de foi ou de gratitude.
Un vago afán de arte tuve… Ya lo he perdido.
J’avais un vague désir d’art … je l’ai déjà perdu.
Ni el vicio me seduce ni adoro la virtud.
Ni le vice ne me séduit ni la vertu ne me tente.

*

De mi alta aristocracia dudar jamás se pudo.
De ma haute aristocratie, le doute ne pouvait exister. Jamais.
No se ganan, se heredan, elegancia y blasón…
Rien ne se gagne, ils héritent de l’élégance et du blason …
Pero el lema de casa, el mote del escudo,
Mais la devise de ma maison, l’emblème de mon blason,
es una nube vaga que eclipsa un vano sol.
c’est un vague nue qui éclipse un vain soleil.

*

Nada os pido. Ni os amo ni os odio. Con dejarme,
Je ne demande rien. Je n’aime ni ne hais. À me quitter,
lo que hago por vosotros, hacer podéis por mí…
ce que je fais pour toi, tu peux le faire pour moi …
¡Que la vida se tome la pena de matarme,
Laisse la vie prendre la peine de me tuer,
ya que yo no me tomo la pena de vivir! …
puisque je n’ai pas pris la peine de vivre ! …

*

Mi voluntad se ha muerto una noche de luna
Ma volonté est morte une nuit au clair de lune,
en que era muy hermoso no pensar ni querer…
comme c’était beau de ne pas penser ni vouloir …
De cuando en cuando un beso, sin ilusión ninguna.
De temps en temps un baiser, sans aucune illusion.
¡El beso generoso que no he de devolver!
Le baiser généreux que je ne rendrai pas !


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LA PASTOURELLE DU PETIT BERGER – POESIE JEAN DE LA CROIX- Un pastorcico solo está penado – JUAN DE LA CRUZ

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Saint Jean de la Croix Traduction Jacky Lavauzelle
musée diocésain de Valladolid Espagne

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LITTERATURE ESPAGNOLE
Literatura española
JEAN DE LA CROIX
Juan de la Cruz
1542 – 1591

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Saint Jean de la Croix Trad Jacky Lavauzelle




Literatura española
Traduction Jacky Lavauzelle
JEAN DE LA CROIX
Juan de la Cruz

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LA PASTOURELLE DU PETIT BERGER
Un pastorcico solo está penado

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Un pastorcico solo está penado,
Un petit berger a de la peine, seul,
ajeno de placer y de contento,
étranger au plaisir et au bonheur,
y en su pastora puesto el pensamiento,
et la pensée toute à sa bergère,
y el pecho del amor muy lastimado.
et le cœur par l’amour si blessé.
*
No llora por haberle amor llagado,
D’être meurtri d’amour, il ne pleure pas,
que no le pena verse así afligido,
être si affligé, ne le peine pas,
 aunque en el corazón está herido;
bien que son cœur soit blessé ;
mas llora por pensar que está olvidado.
mais il pleure à la pensée d’être oublié.
*
Que sólo de pensar que está olvidado
C’est seulement en pensant qu’il est oublié
de su bella pastora, con gran pena
de sa belle bergère, avec grand chagrin,
se deja maltratar en tierra ajena,
qu’il se laisse maltraiter dans une étrangère terre,
el pecho del amor muy lastimado.
le cœur tant blessé par l’amour.
*
Y dice el pastorcito: ¡Ay, desdichado
Et le petit berger dit : Ah ! misérable
de aquel que de mi amor ha hecho ausencia
celui qui a déserté mon amour
y no quiere gozar la mi presencia,
et ne veut pas profiter de ma présence,
y el pecho por su amor muy lastimado!
et de mon cœur par son amour si blessé !
*
Y a cabo de un gran rato se ha encumbrado
Et après un long moment, il s’éleva
sobre un árbol, do abrió sus brazos bellos,
sur un arbre, ouvrit ses beaux bras,
y muerto se ha quedado asido dellos,
et mourut, les bras suspendus,
el pecho del amor muy lastimado
le cœur si blessé par l’amour.

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Literatura española – Littérature Espagnole
Siècle d’or espagnol -Siglo de Oro

Juan de la Cruz


Saint Jean de la Croix
1542-1591

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SUR
LA PASTOURELLE

La poésie des troubadours est essentiellement lyrique. Écoles de poésie? Le culte de la forme. Le « trobar clus »; admiration de Dante et de Pétrarque pour Arnaut Daniel. La musique des troubadours. Les genres la chanson, le sirventés, la tenson, la pastourelle, l’aube. Autres genres. 

Avec la pastourelle, nous arrivons à un genre qui paraît, au premier abord, être resté plus près de son origine populaire. Voici en quoi il consiste. Le poète, pendant un voyage, rencontre une bergère; elle est jeune, avenante, chante ou tresse des fleurs en gardant son troupeau. Le poète la salue courtoisement, et, après quelques compliments, lui offre son amour. La conversation s’engage et elle se développe suivant la fantaisie du poète. Le début et le dénouement sont seuls conventionnels. Un exemple emprunté à un des plus anciens troubadours, Marcabrun, montrera ce que peut donner ce genre. Le troubadour, à cheval, a rencontré une bergère.

Je pousse mon cheval vers elle

« Que ne puis-je arrêter, la belle,
La bise qui vous échevèle!

Sire, me répond la vilaine,
Si le vent souffle et me hérisse,
Je dois au lait de ma nourrice
De ne point trop m’en mettre en peine.

Sans médire de votre mère,
La belle, il pourrait bien se faire
Que quelque chevalier fût père
D’une aussi courtoise vilaine
Votre regard est un sourire
Plus je vous vois, plus je soupire
Mais vous être trop inhumaine.

Non, non, sire, je suis la fille
De gens dont toute la famille
N’a manié que la faucille
Ou le hoyau, dit la vilaine.

J’en sais un qui vante sa race,
Et qui devrait suivre leur trace
Six jours ou sept dans la semaine.
Fille aussi farouche que belle,
Je sais un peu, quand je m’en mêle,
Apprivoiser une rebelle.
On peut, avec telle vilaine,
Faire amour loyal et sincère,

Et vous m’êtes déjà plus chère
Que la plus noble châtelaine.
Quand un homme a perdu la tète
Est-ce un vain serment qui l’arrête?

Un mot, et votre bouche est prête,
A baiser mes pieds de vilaine.
Mais pensez-vous que je désire
Perdre, pour vous plaire, beau sire,
Ma richesse la plus certaine?

L’auteur de cette traduction remarque que la vilaine, mise ainsi en scène, a « terriblement d’esprit » pour une femme des champs. « Ce n’est pas le long des haies, môme en Gascogne, que fleurit une ironie si légère et si perçante à la fois. » C’est une réflexion qu’on peut faire à propos de la plupart des pastourelles. C’est un genre qui a pu être populaire; mais il a perdu ce caractère de très bonne heure.
Comment d’ailleurs ce genre, s’il avait gardé la simplicité primitive que nous pouvons lui supposer, aurait-il eu des chances de plaire à la société raffinée pour laquelle écrivaient les troubadours? Aussi les bergères qu’ils mettent en scène ressemblent étrangement, du début à la fin de leur littérature, à celle de Marcabrun. C’est leur aïeule. Ce sont en général de vertueuses coquettes. Elles écoutent les compliments, acceptent les galanteries, mais finissent toujours par berner leur interlocuteur. Là encore règne la convention. Le charme de la plupart de ces compositions ne vient pas des tableaux champêtres qu’elles peuvent présenter, ni de la naïveté et de la simplicité des sentiments exprimés; il vient surtout de la forme dialoguée qui a permis aux auteurs de pastourelles de leur donner un tour dramatique. Elles se rapprochent à ce point de vue des débats que sont les tensons.
De la pastourelle on rapproche ordinairement la romance…

Joseph Anglade
Les Troubadours, leurs vies, leurs œuvres, leur influence
Chapitre III
L’Art des Troubadours
Les Genres

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LA PASTOURELLE DU PETIT BERGER
JEAN DE LA CROIX

Saint Jean de la Croix Trad Jacky Lavauzelle

L’Elan Amoureux – JEAN DE LA CROIX – Tras de un amoroso lance – Juan de la Cruz (Otras del mismo a lo divino)

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Saint Jean de la Croix Traduction Jacky Lavauzelle
musée diocésain de Valladolid Espagne

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LITTERATURE ESPAGNOLE
Literatura española
JEAN DE LA CROIX
Juan de la Cruz
1542 – 1591

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Saint Jean de la Croix Trad Jacky Lavauzelle

 




Literatura española
Traduction Jacky Lavauzelle
Juan de la Cruz

Otras del mismo a lo divino

L’ELAN AMOUREUX
Tras de un amoroso lance

Tras de un amoroso lance,
Dans un élan amoureux,
y no de esperanza falto,
non sans espoir,
volé tan alto, tan alto,
j’ai volé si haut, si haut,
que le di a la caza alcance.
que j’ai atteint ce que je pourchassais.
*

Para que yo alcance diese
Pour que je l’atteigne,
a aqueste lance divino,
ce divin élan,
tanto volar me convino
J’ai tant volé
que de vista me perdiese;
que je me suis perdu de vue ;
y, con todo, en este trance
et, par dessus tout, dans cette transe,
en el vuelo quedé falto;
je défaillis sur ce vol ;
mas el amor fue tan alto,
mais l’amour était si haut,
que le di a la caza alcance.
que j’ai atteint ce que je pourchassais.

*
Cuanto más alto subía
Plus haut je montais
deslumbróseme la vista,
plus ma vue en était éblouie,
y la más fuerte conquista
et la plus forte conquête
en oscuro se hacía;
dans l’obscurité c’était faite ;
mas, por ser de amor el lance
mais, l’élan étant d’amour,
di un ciego y oscuro salto,
Je bondis d’un saut aveugle et sombre,
y fui tan alto, tan alto,
et je partis si haut, si haut,
que le di a la caza alcance.
que j’ai atteint ce que je pourchassais.
*
Cuanto más alto llegaba
Plus j’étais dans les hautes sphères
de este lance tan subido,
de cet élan si grandiose,
 tanto más bajo y rendido
à la fois démuni, affligé
 y abatido me hallaba;
et abattu je me trouvais ;
dije: ¡No habrá quien alcance!
je dis :  personne ne pourra l’atteindre !
y abatíme tanto, tanto,
et je m’affligeais tant et tant,
que fui tan alto, tan alto,
que je me projetais si haut, si haut,
que le di a la caza alcance.
que j’ai atteint ce que je pourchassais.
*
Por una extraña manera
D’une manière étrange
mil vuelos pasé de un vuelo,
mille vols devinrent un seul vol,
 porque esperanza del cielo
car l’espoir de ciel
tanto alcanza cuanto espera;
est pour celui qui tant espère ;
esperé solo este lance,
j’ai espéré cet élan,
y en esperar no fui falto,
et je n’ai jamais manqué d’espérance,
pues fui tan alto, tan alto,
je partis si haut, si haut,
que le di a la caza alcance.
que j’ai atteint ce que je pourchassais.

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Literatura española – Littérature Espagnole
Siècle d’or espagnol -Siglo de Oro

Juan de la Cruz


San Juan de la Cruz- Saint Jean de la Croix
1542-1591

 

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Saint Jean de la Croix Trad Jacky Lavauzelle

 

BELLE IDOLE – Góngora Poemas DE PURA HONESTIDAD TEMPLO SAGRADO

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LITTERATURE ESPAGNOLE
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Luis de Góngora Sonnet
Góngora Poemas
***

Siècle d’or espagnol -Siglo de Oro 


 

TRADUCTION JACKY LAVAUZELLE

Luis de Góngora y Argote
1561-1627

Sonetos – Sonnets


Poésie de Luis de Góngora
*****

La poesía de Luis de Góngora

De pura honestidad templo sagrado
*****

La poesía de Luis de Góngora

**

De pura honestidad templo sagrado,
De pure honnêteté temple sacré,
Cuyo bello cimiento y gentil muro
Avec doux ciment et agréable mur
De blanco nácar y alabastro duro
De nacre blanc et d’albâtre dur
 Fue por divina mano fabricado;
Par une divine main fabriqué ;

*

Pequeña puerta de coral preciado,
Petite porte de corail précieux,
Claras lumbreras de mirar seguro,
Luminaires clairs pour la sécurité des yeux,
Que a la esmeralda fina el verde puro
Qui à la fine émeraude le pur vert
Habéis para viriles usurpado;
Avez virilement usurpé ;

*

Soberbio techo, cuyas cimbrias de oro
Superbe toit, dont les cintres d’or
Al claro Sol, en cuanto en torno gira,
Au clair Soleil, sur chaque coin
Ornan de luz, coronan de belleza;
S’orne de lumière, couronne de beauté ;

*

Ídolo bello, a quien humilde adoro,
Belle idole, qu’humble j’adore,
Oye piadoso al que por ti suspira,
Entends qui pieusement soupire après toi,
Tus himnos canta, y tus virtudes reza.
Qui chante tes hymnes et qui loue tes vertus.



 

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LE PLUS BEAU GÉNIE
QUE L’ESPAGNE AIT PRODUIT

De manière qu’avec cela et ce que je pouvais avoir grappillé dans les petites commissions dont on avait chargé mon intégrité, je fus en état, en arrivant à Madrid, de me mettre proprement. Ce que je ne manquai pas de faire, quoique les écrivains de notre nation ne se piquent guère de propreté. Je connus bientôt Lope de Vega Carpio, Miguel Cervantès de Saavedra et les autres fameux auteurs ; mais, préférablement à ces grands hommes, je choisis pour mon précepteur un jeune bachelier cordouan, l’incomparable don Luis de Gongora, le plus beau génie que l’Espagne ait jamais produit. Il ne veut pas que ses ouvrages soient imprimés de son vivant ; il se contente de les lire à ses amis. Ce qu’il a de particulier, c’est que la nature l’a doué du rare talent de réussir dans toutes sortes de poésies. Il excelle principalement dans les pièces satiriques. Voilà son fort. Ce n’est pas, comme Lucilius, un fleuve bourbeux qui entraîne avec lui beaucoup de limon ; c’est le Tage qui roule des eaux pures sur un sable d’or.

Alain-René Lesage
Histoire de Gil Blas de Santillane
Chapitre XIII
Éditions Garnier
1920
Tome 2

 

 

PLAZA DE TOROS TOLEDO – F. Garcia Lorca LA COGIDA Y LA MUERTE -LE COUP DE CORNE ET LA MORT- Les arènes de Tolède

ESPAÑA – Espagne
Castille – La Manche — Castilla – La Mancha

LAS ARENAS DE TOLEDO
LES ARENES DE TOLEDE

PLAZA DE TOROS TOLEDO

Tolède les arenes Las Arenas de Toledo Artgitato 4

Poème de Federico García Lorca
Texte espagnol et Traduction française

 LA COGIDA Y LA MUERTE
LE COUP DE CORNE ET LA MORT

A las cinco de la tarde.
Cinq heures de l’après-midi.

Eran las cinco en punto de la tarde.
Il était cinq heures cet après-midi.

Un niño trajo la blanca sábana
Un garçon porte le blanc linceul
a las cinco de la tarde.
à cinq heures de l’après-midi.

 Plaza de Toros Toledo Las Arenas de Toledo Les Arènes de Tolède 2

Una espuerta de cal ya prevenida
Un panier de chaux est arrivé
a las cinco de la tarde.
à cinq heures cet après-midi.

Lo demás era muerte y sólo muerte
Là ne demeurait que la mort et seulement la mort
a las cinco de la tarde.
à cinq heures cet après-midi.

El viento se llevó los algodones
Et le vent emporta les cotons
a las cinco de la tarde.
à cinq heures cet après-midi.

 Tolède les arenes Las Arenas de Toledo Artgitato 6

Y el óxido sembró cristal y níquel
Et l’oxyde ensemença le verre et le nikel
a las cinco de la tarde.
à cinq heures cet après-midi.

Ya luchan la paloma y el leopardo
Déjà aux prises, la colombe et le léopard
a las cinco de la tarde.
à cinq heures cet après-midi

Y un muslo con un asta desolada
Et une cuisse avec une corne désolée
a las cinco de la tarde.
à cinq heures cet après-midi.

 Tolède les arenes Las Arenas de Toledo Artgitato 5

Comenzaron los sones del bordón
Le son du glas se fit entendre
a las cinco de la tarde.
à cinq heures cet après-midi.

 Las campanas de arsénico y el humo
Les cloches d’arsenic et la fumée
a las cinco de la tarde.
à cinq heures cet après-midi.

 En las esquinas grupos de silencio
Dans les coins, des groupes silencieux
a las cinco de la tarde.
à cinq heures cet après-midi.

 Tolède les arenes Las Arenas de Toledo Artgitato 1

¡Y el toro, solo corazón arriba!
Et le taureau, seul cœur encore debout !
a las cinco de la tarde.
à cinq heures cet après-midi.

 Cuando el sudor de nieve fue llegando
Quand la sueur froide arriva
a las cinco de la tarde,
à cinq heures cet après-midi.

 cuando la plaza se cubrió de yodo
quand la place se couvrit d’iode
a las cinco de la tarde,
à cinq heures cet après-midi.

Tolède les arenes Las Arenas de Toledo Artgitato 3

 la muerte puso huevos en la herida
La mort pondit ses œufs dans la blessure
a las cinco de la tarde.
à cinq heures cet après-midi.

A las cinco de la tarde.
à cinq heures cet après-midi.

A las cinco en punto de la tarde.
A cinq heures de l’après-midi exactement.

 Un ataúd con ruedas es la cama
Un cercueil sur roulettes en guise de lit
a las cinco de la tarde.
à cinq heures cet après-midi.

 Huesos y flautas suenan en su oído
Les os et les flûtes sonnent à  son oreille
a las cinco de la tarde.
à cinq heures cet après-midi.

Plaza de Toros Toledo Las Arenas de Toledo Les Arènes de Tolède 1

El toro ya mugía por su frente
Le taureau beuglait sur son visage

a las cinco de la tarde.
à cinq heures cet après-midi.

El cuarto se irisaba de agonía
La chambre brillait d’agonie
a las cinco de la tarde.
à cinq heures cet après-midi.

A lo lejos ya viene la gangrena
A la porte frappe la gangrène
a las cinco de la tarde.
à cinq heures cet après-midi.

Trompa de lirio por las verdes ingles
Trompette d’iris pour cette aine verdâtre
a las cinco de la tarde.
à cinq heures cet après-midi.

Tolède les arenes Las Arenas de Toledo Artgitato 2

Las heridas quemaban como soles
Les blessures brûlaient comme des soleils
a las cinco de la tarde,
à cinq heures cet après-midi.

y el gentío rompía las ventanas
et cette foule qui cassait les fenêtres
a las cinco de la tarde.
à cinq heures cet après-midi.

A las cinco de la tarde.
à cinq heures cet après-midi.

 ¡Ay qué terribles cinco de la tarde!
Ah ! Qu’elles furent terribles les cinq heures de cet après-midi !
¡Eran las cinco en todos los relojes!
Cinq heures de l’après-midi à toutes les horloges !
¡Eran las cinco en sombra de la tarde!
Cinq heures dans l’ombre du soir !

Traduction Jacky Lavauzelle 

 Plaza de Toros Toledo Las Arenas de Toledo Les Arènes de Tolède 10

PHOTOS ARTGITATO