Archives par mot-clé : saint jean de la croix

LA PASTOURELLE DU PETIT BERGER – POESIE JEAN DE LA CROIX- Un pastorcico solo está penado – JUAN DE LA CRUZ

*

Saint Jean de la Croix Traduction Jacky Lavauzelle
musée diocésain de Valladolid Espagne

****************
LITTERATURE ESPAGNOLE
Literatura española
JEAN DE LA CROIX
Juan de la Cruz
1542 – 1591

*****************

Saint Jean de la Croix Trad Jacky Lavauzelle




Literatura española
Traduction Jacky Lavauzelle
JEAN DE LA CROIX
Juan de la Cruz

*

____________________________________________

LA PASTOURELLE DU PETIT BERGER
Un pastorcico solo está penado

__________________________________________________________________________

Un pastorcico solo está penado,
Un petit berger a de la peine, seul,
ajeno de placer y de contento,
étranger au plaisir et au bonheur,
y en su pastora puesto el pensamiento,
et la pensée toute à sa bergère,
y el pecho del amor muy lastimado.
et le cœur par l’amour si blessé.
*
No llora por haberle amor llagado,
D’être meurtri d’amour, il ne pleure pas,
que no le pena verse así afligido,
être si affligé, ne le peine pas,
 aunque en el corazón está herido;
bien que son cœur soit blessé ;
mas llora por pensar que está olvidado.
mais il pleure à la pensée d’être oublié.
*
Que sólo de pensar que está olvidado
C’est seulement en pensant qu’il est oublié
de su bella pastora, con gran pena
de sa belle bergère, avec grand chagrin,
se deja maltratar en tierra ajena,
qu’il se laisse maltraiter dans une étrangère terre,
el pecho del amor muy lastimado.
le cœur tant blessé par l’amour.
*
Y dice el pastorcito: ¡Ay, desdichado
Et le petit berger dit : Ah ! misérable
de aquel que de mi amor ha hecho ausencia
celui qui a déserté mon amour
y no quiere gozar la mi presencia,
et ne veut pas profiter de ma présence,
y el pecho por su amor muy lastimado!
et de mon cœur par son amour si blessé !
*
Y a cabo de un gran rato se ha encumbrado
Et après un long moment, il s’éleva
sobre un árbol, do abrió sus brazos bellos,
sur un arbre, ouvrit ses beaux bras,
y muerto se ha quedado asido dellos,
et mourut, les bras suspendus,
el pecho del amor muy lastimado
le cœur si blessé par l’amour.

*****************

Literatura española – Littérature Espagnole
Siècle d’or espagnol -Siglo de Oro

Juan de la Cruz


Saint Jean de la Croix
1542-1591

*****************


SUR
LA PASTOURELLE

La poésie des troubadours est essentiellement lyrique. Écoles de poésie? Le culte de la forme. Le « trobar clus »; admiration de Dante et de Pétrarque pour Arnaut Daniel. La musique des troubadours. Les genres la chanson, le sirventés, la tenson, la pastourelle, l’aube. Autres genres. 

Avec la pastourelle, nous arrivons à un genre qui paraît, au premier abord, être resté plus près de son origine populaire. Voici en quoi il consiste. Le poète, pendant un voyage, rencontre une bergère; elle est jeune, avenante, chante ou tresse des fleurs en gardant son troupeau. Le poète la salue courtoisement, et, après quelques compliments, lui offre son amour. La conversation s’engage et elle se développe suivant la fantaisie du poète. Le début et le dénouement sont seuls conventionnels. Un exemple emprunté à un des plus anciens troubadours, Marcabrun, montrera ce que peut donner ce genre. Le troubadour, à cheval, a rencontré une bergère.

Je pousse mon cheval vers elle

« Que ne puis-je arrêter, la belle,
La bise qui vous échevèle!

Sire, me répond la vilaine,
Si le vent souffle et me hérisse,
Je dois au lait de ma nourrice
De ne point trop m’en mettre en peine.

Sans médire de votre mère,
La belle, il pourrait bien se faire
Que quelque chevalier fût père
D’une aussi courtoise vilaine
Votre regard est un sourire
Plus je vous vois, plus je soupire
Mais vous être trop inhumaine.

Non, non, sire, je suis la fille
De gens dont toute la famille
N’a manié que la faucille
Ou le hoyau, dit la vilaine.

J’en sais un qui vante sa race,
Et qui devrait suivre leur trace
Six jours ou sept dans la semaine.
Fille aussi farouche que belle,
Je sais un peu, quand je m’en mêle,
Apprivoiser une rebelle.
On peut, avec telle vilaine,
Faire amour loyal et sincère,

Et vous m’êtes déjà plus chère
Que la plus noble châtelaine.
Quand un homme a perdu la tète
Est-ce un vain serment qui l’arrête?

Un mot, et votre bouche est prête,
A baiser mes pieds de vilaine.
Mais pensez-vous que je désire
Perdre, pour vous plaire, beau sire,
Ma richesse la plus certaine?

L’auteur de cette traduction remarque que la vilaine, mise ainsi en scène, a « terriblement d’esprit » pour une femme des champs. « Ce n’est pas le long des haies, môme en Gascogne, que fleurit une ironie si légère et si perçante à la fois. » C’est une réflexion qu’on peut faire à propos de la plupart des pastourelles. C’est un genre qui a pu être populaire; mais il a perdu ce caractère de très bonne heure.
Comment d’ailleurs ce genre, s’il avait gardé la simplicité primitive que nous pouvons lui supposer, aurait-il eu des chances de plaire à la société raffinée pour laquelle écrivaient les troubadours? Aussi les bergères qu’ils mettent en scène ressemblent étrangement, du début à la fin de leur littérature, à celle de Marcabrun. C’est leur aïeule. Ce sont en général de vertueuses coquettes. Elles écoutent les compliments, acceptent les galanteries, mais finissent toujours par berner leur interlocuteur. Là encore règne la convention. Le charme de la plupart de ces compositions ne vient pas des tableaux champêtres qu’elles peuvent présenter, ni de la naïveté et de la simplicité des sentiments exprimés; il vient surtout de la forme dialoguée qui a permis aux auteurs de pastourelles de leur donner un tour dramatique. Elles se rapprochent à ce point de vue des débats que sont les tensons.
De la pastourelle on rapproche ordinairement la romance…

Joseph Anglade
Les Troubadours, leurs vies, leurs œuvres, leur influence
Chapitre III
L’Art des Troubadours
Les Genres

*********************

LA PASTOURELLE DU PETIT BERGER
JEAN DE LA CROIX

Saint Jean de la Croix Trad Jacky Lavauzelle

L’Elan Amoureux – JEAN DE LA CROIX – Tras de un amoroso lance – Juan de la Cruz (Otras del mismo a lo divino)

*

Saint Jean de la Croix Traduction Jacky Lavauzelle
musée diocésain de Valladolid Espagne

****************
LITTERATURE ESPAGNOLE
Literatura española
JEAN DE LA CROIX
Juan de la Cruz
1542 – 1591

*****************

Saint Jean de la Croix Trad Jacky Lavauzelle

 




Literatura española
Traduction Jacky Lavauzelle
Juan de la Cruz

Otras del mismo a lo divino

L’ELAN AMOUREUX
Tras de un amoroso lance

Tras de un amoroso lance,
Dans un élan amoureux,
y no de esperanza falto,
non sans espoir,
volé tan alto, tan alto,
j’ai volé si haut, si haut,
que le di a la caza alcance.
que j’ai atteint ce que je pourchassais.
*

Para que yo alcance diese
Pour que je l’atteigne,
a aqueste lance divino,
ce divin élan,
tanto volar me convino
J’ai tant volé
que de vista me perdiese;
que je me suis perdu de vue ;
y, con todo, en este trance
et, par dessus tout, dans cette transe,
en el vuelo quedé falto;
je défaillis sur ce vol ;
mas el amor fue tan alto,
mais l’amour était si haut,
que le di a la caza alcance.
que j’ai atteint ce que je pourchassais.

*
Cuanto más alto subía
Plus haut je montais
deslumbróseme la vista,
plus ma vue en était éblouie,
y la más fuerte conquista
et la plus forte conquête
en oscuro se hacía;
dans l’obscurité c’était faite ;
mas, por ser de amor el lance
mais, l’élan étant d’amour,
di un ciego y oscuro salto,
Je bondis d’un saut aveugle et sombre,
y fui tan alto, tan alto,
et je partis si haut, si haut,
que le di a la caza alcance.
que j’ai atteint ce que je pourchassais.
*
Cuanto más alto llegaba
Plus j’étais dans les hautes sphères
de este lance tan subido,
de cet élan si grandiose,
 tanto más bajo y rendido
à la fois démuni, affligé
 y abatido me hallaba;
et abattu je me trouvais ;
dije: ¡No habrá quien alcance!
je dis :  personne ne pourra l’atteindre !
y abatíme tanto, tanto,
et je m’affligeais tant et tant,
que fui tan alto, tan alto,
que je me projetais si haut, si haut,
que le di a la caza alcance.
que j’ai atteint ce que je pourchassais.
*
Por una extraña manera
D’une manière étrange
mil vuelos pasé de un vuelo,
mille vols devinrent un seul vol,
 porque esperanza del cielo
car l’espoir de ciel
tanto alcanza cuanto espera;
est pour celui qui tant espère ;
esperé solo este lance,
j’ai espéré cet élan,
y en esperar no fui falto,
et je n’ai jamais manqué d’espérance,
pues fui tan alto, tan alto,
je partis si haut, si haut,
que le di a la caza alcance.
que j’ai atteint ce que je pourchassais.

*****************

Literatura española – Littérature Espagnole
Siècle d’or espagnol -Siglo de Oro

Juan de la Cruz


San Juan de la Cruz- Saint Jean de la Croix
1542-1591

 

*****************

Saint Jean de la Croix Trad Jacky Lavauzelle

 

TRADUCTION ESPAGNOL Jacky Lavauzelle Traducción de textos en español

**************************
Traduction Espagnol Jacky Lavauzelle
ARTGITATO
traducción de textos en español
**************************





Traductions Artgitato Français Portugais Latin Tchèque Allemand Espagnol

*******




TRADUCTION ESPAGNOL

traducción de textos
en español

*******




**

Gustavo Adolfo Bécquer

Poemas Traduction française de poèmes

**

Jacinto Benavente

Los intereses creados – Les intérêts créés

**

Gonzalo de Berceo

Milagros de Nuestra Señora (introducción)
Miracles de Notre Dame Introduction

**

Calderon
Pedro Calderon de la Barca

La Vie est un songe Acte I
Monologue de Sigismond [1635]

**

Miguel de Cervantès
DON QUICHOTTE

Le Prologue
Chapitre 1 : Qui traite de la condition et des activités du célèbre et brave hidalgo don Quichotte de la Manche
Chapitre 2 : Qui traite de la première sortie de sa terre que fit l’ingénieux don Quichotte

**

Rubén Darío

A Roosevelt

**

Federico García Lorca

Poésie – Poesía

**

Luis de Góngora y Argote

La Poésie de Luis de Góngora – La poesía de Luis de Góngora

**

Fernando de Herrera

Rojo sol que con hacha luminosa – Soleil Rouge

**

Machado Antonio

Caminos – Les chemins

**

José María de Pereda

Œuvre Obra
jose-maria-de-pereda-oeuvres-obras-artgitato

**

Francisco de Quevedo y Villegas

La Poésie de Francisco de Quevedo –  La poesía de Francisco de Quevedo

**

José Rizal
Poète Philippin

 Mi último adiós Mon dernier adieu

**

San Juan de la Cruz
Saint Jean de la Croix

Cantico Espiritual – Cantique Spirituel (Cantico A – Cantique A) 1584

Trad Jacky Lavauzelle

L’Elan Amoureux –  Tras de un amoroso lance
(Otras del mismo a lo divino)

LA PASTOURELLE DU PETIT BERGER
Un pastorcico solo está penado 


**

Santillane, Marquis de
Íñigo López de Mendoza

La mozuela de Bores – La Jeune fille de Borès

**

Garcilaso de la Vega

Première Eglogue – Fragments des plaintes de Nemoroso
Troisième Eglogue – Fragments sur le Tage

**

GIL VICENTE

Dicen que me case yo

***

traducción de textos en español
Traduction Espagnol

CANTIQUE SPIRITUEL Saint Jean de la Croix CANTICO ESPIRITUAL Juan de la Cruz Texte & Traduction

musée diocésain de Valladolid   Espagne Traduction Jacky Lavauzelle
musée diocésain de Valladolid Espagne

****************
LITTERATURE ESPAGNOLE
Literatura española
JEAN DE LA CROIX
Juan de la Cruz
1542 – 1591

*****************

Saint Jean de la Croix Trad Jacky Lavauzelle




Literatura española
Traduction Jacky Lavauzelle
Juan de la Cruz

Literatura española – Littérature Espagnole
Siècle d’or espagnol -Siglo de Oro

Juan de la Cruz


San Juan de la Cruz- Saint Jean de la Croix
1542-1591

 

Cantique Spirituel Saint Jean de la Croix San Juan de la Cruz Cantico Espiritual Artgitato

CANTICO ESPIRITUAL
CANTIQUE SPIRITUEL

1584
Cántico A
Première Publication Française 1622

Canciones entre el alma y el Esposo
Chansons entre l’âme et l’Epoux

Esposa
La Femme

1
¿Adónde te escondiste,
t’es-tu caché,
Amado, y me dejaste con gemido?
Bien-aimé, en me laissant gémir?
Como el ciervo huiste,
Tu as fui comme le cerf,
habiéndome herido;
après la blessure;
salí tras ti clamando, y eras ido.
Je suis sortie t’appeler, et tu étais parti.

2
Pastores, los que fuerdes
Bergers, vous qui parcouraient
  allá por las majadas al otero:
avec vos troupeaux dans la montagne:
si por ventura vierdes
si par aventures vous rencontrez
aquel que yo más quiero,
celui que je désire le plus,
decidle que adolezco, peno y muero.
dîtes-lui quelle douleur, quelle peine et quelle mort.

3
Buscando mis amores,
A la recherche de mes amours,
iré por esos montes y riberas;
J’irai les chercher par ces collines et par ces rivières ;
ni cogeré las flores,
sans cueillir les fleurs,
  ni temeré las fieras,
ni craindre les bêtes sauvages;
y pasaré los fuertes y fronteras.
et passerai les forts et les frontières.

Pregunta a las criaturas
Demandez aux créatures

4
¡Oh bosques y espesuras,
Ô bois et fourrés,
plantadas por la mano del Amado!
plantés par la main de l’Aimé!
   ¡Oh prado de verduras,
Ô pré de verdure,
  de flores esmaltado!
de fleurs émaillées!
Decid si por vosotros ha pasado.
Dites s’il est passé parmi vous.

Respuesta de las criaturas
Réponses des créatures

5
Mil gracias derramando
Mille grâces il a semé
pasó por estos Sotos con presura,
il passa par ces bosquets à la hâte,
 e, yéndolos mirando,
et les a regardés,
con sola su figura
avec seulement son regard
vestidos los dejó de su hermosura.
il les a vêtus de sa beauté.

Esposa
La Femme

6
¡Ay, quién podrá sanarme!
Hélas, qui peut me guérir!
Acaba de entregarte ya de vero:
Juste dis-moi vraiment :
no quieras enviarme
je ne veux plus que tu m’envoies
  de hoy más ya mensajero,
à compter d’aujourd’hui de ces messagers,
que no saben decirme lo que quiero.
qui ne savent pas me dire ce que je veux.

7
Y todos cuantos vagan
Et tous ce qui errent
de ti me van mil gracias refiriendo,
de toi, me vient mille grâces,
  y todos más me llagan,
qui toutes me pénètrent,
 y déjame muriendo
et me laissent mourant
  un no sé qué que quedan balbuciendo.
Un je ne sais quoi qu’ils sont à balbutier .

8
Mas ¿cómo perseveras,
Mais comment tu persévères,
   ¡oh vida!, no viviendo donde vives,
Ô vie ! Ne vivant pas où tu vis,
 y haciendo porque mueras
et ce faisant pour que meurent
  las flechas que recibes
les flèches que tu reçois
de lo que del Amado en ti concibes?
que de l’Aimé en toi tu conçus ?

9
¿Por qué, pues has llagado
Pourquoi, puisque tu as blessé
 aqueste corazón, no le sanaste?
ce cœur, ne l’as-tu guéri ?
Y, pues me le has robado,
Et puisque tu l’as volé,
   ¿por qué así le dejaste,
Alors, pourquoi l’as-tu abandonné,
y no tomas el robo que robaste?
et ne pas prendre le vol que tu as volé ?

10
Apaga mis enojos,
Etouffe ma colère,
pues que ninguno basta a deshacellos,
parce qu’aucun autre n’en est capable,
 y véante mis ojos,
et par mes yeux je te vois,
pues eres lumbre dellos,
tu es la lumière pour eux,
   y sólo para ti quiero tenellos.
et seulement pour toi, je veux les avoir.

11
¡Oh cristalina fuente,
Ô source cristalline,
 
si en esos tus semblantes plateados
si, de ta face d’argent, tu pouvais
formases de repente
donner forme soudainement
los ojos deseados
aux  yeux ayant désiré
  que tengo en mis entrañas dibujados!
ce qu’au plus profond de mes entrailles j’ai dessiné !

12
¡Apártalos, Amado,
Retire-les, Bien-Aimé
que voy de vuelo!
que je vole !

El Esposo
L’Epoux

­Vuélvete, paloma,
Reviens, colombe,
que el ciervo vulnerado
que le cerf attaqué
por el otero asoma
par la colline revienne
al aire de tu vuelo, y fresco toma.
dans l’air de ton vol, et prenne de ta fraîcheur.

La Esposa

L’Epouse

13
Mi Amado, las montañas,
Mon bien-aimé, les montagnes,
los valles solitarios nemorosos,
les vallées boisées solitaires,
las ínsulas extrañas,
les îles étranges,
  los ríos sonorosos,
les fleuves retentissants,
el silbo de los aires amorosos,
le sifflement de l’air amoureux,

14
la noche sosegada
la nuit calme
 en par de los levantes del aurora,
en couple avec le lever de l’aurore,
la música callada,
la musique silencieuse,
la soledad sonora,
la solitude sonore,
la cena que recrea y enamora.
le repas qui rafraîchit et énamoure.

15
Nuestro lecho florido,
Notre lit fleuri,
de cuevas de leones enlazado,
de caverne de lions lié,
en púrpura tendido,
en pourpre tendue,
de paz edificado,
de paix édifiée,
 de mil escudos de oro coronado.
de mille écus d’or couronné.

16
A zaga de tu huella
Derrière vos empreintes de pas
 
las jóvenes discurren al camino,
les jeunes filles courent sur la route,
al toque de centella,
au contact d’une étincelle,
 al adobado vino,
au bouquet d’un vin,
emisiones de bálsamo divino.
aux  fragrances de ton baume divin.

17
En la interior bodega
Dans la cave intérieure
 de mi Amado bebí, y cuando salía
Je buvais à mon Bien-Aimé, et quand je partis
por toda aquesta vega,
par la vaste vallée,
 ya cosa no sabía;
plus rien je ne savais;
y el ganado perdí que antes seguía.
et le troupeau je perdis, celui qui, auparavant, me suivait.

18
Allí me dio su pecho,
Là, il m’a donnée son sein,
allí me enseñó ciencia muy sabrosa;
Là, il m’a enseignée la science très savoureuse ;
y yo le di de hecho
et je me donnai, en fait,
  a mí, sin dejar cosa:
à moi, sans ne garder aucune chose :
 allí le prometí de ser su Esposa.
là, je promis d’être son Epouse.

19
Mi alma se ha empleado,
Mon âme s’est employée,
y todo mi caudal en su servicio;
ainsi que tous mes biens à son service;
 ya no guardo ganado,
Je ne garde plus le troupeau,
ni ya tengo otro oficio,
ni n’ai d’autres offices,
  que ya sólo en amar es mi ejercicio.
que de m’exercer seulement dans le seul amour .

20
Pues ya si en el ejido
Eh bien, si, dans la prairie
de hoy más no fuere vista ni hallada,
à compter de ce jour, on ne me voit ni ne me trouve,
diréis que me he perdido;
vous direz que je me suis perdue;
 que, andando enamorada,
car marchant dans l’amour,
me hice perdidiza, y fui ganada.
j’ai dit que je me perdrai, et j’ai réussi.

21
De flores y esmeraldas,
De fleurs et d’émeraudes,
en las frescas mañanas escogidas,
cueillies dans la fraîcheur des matins,
haremos las guirnaldas
nous construirons les guirlandes
  en tu amor florecidas
en ton amour fleuries
y en un cabello mío entretejidas.
et à un de mes cheveux entrelacées.

22
En solo aquel cabello
Un cheveu, un seul
que en mi cuello volar consideraste,
que tu aperçus voler dans mon cou,
mirástele en mi cuello,
tu le regardas sur mon cou,
y en él preso quedaste,
en lui tu te fis captif,
 y en uno de mis ojos te llagaste.
et en un seul de mes yeux, tu te blessas.

23
Cuando tú me mirabas
Lorsque tu me regardais
 su gracia en mí tus ojos imprimían;
Sa grâce en moi par tes yeux s’imprimait ;
por eso me adamabas,
pour cela tu m’aimais,
y en eso merecían
et  en cela ils méritaient
 los míos adorar lo que en ti vían.
d’adorer ce qu’en toi ils voyaient.

24
No quieras despreciarme,
Tu ne veux pas ce mépris,
  que, si color moreno en mi hallaste,
que même si tu as trouvé en moi ce teint hâlé,
ya bien puedes mirarme
tu peux bien me regarder
 después que me miraste,
et après que tu m’aies regardée,
 que gracia y hermosura en mi dejaste.
la grâce et la beauté en moi tu laissas.

25
Cogednos las raposas,
Chassez  les renards,
 que está ya florecida nuestra viña,
qu’ici fleurisse notre vigne,
en tanto que de rosas
tandis que des roses
hacemos una piña,
nous faisons un bouquet,
 y no parezca nadie en la montiña.
et personne ainsi ne sera vu dans la montagne.

26
Detente, cierzo muerto;
Arrête ! Vent mortel ;
  ven, austro, que recuerdas los amores,
Viens ! souffle, qui émoustille les amours,
aspira por mi huerto,
respire par mon verger,
 y corran sus olores,
et ranime ses odeurs,
 y pacerá el Amado entre las flores.
et que le Bien-Aimé se nourrisse parmi les fleurs.

Esposo

L’Epoux

27
Entrado se ha la Esposa
Est entrée l’Epouse
  en el ameno huerto deseado,
dans l’agréable jardin désiré,
y a su sabor reposa,
et se repose à son goût,
 el cuello reclinado
le cou incliné
sobre los dulces brazos deI Amado.
sur les doux bras du Bien-Aimé.

28
Debajo del manzano,
Sous le pommier,
 allí conmigo fuiste desposada.
comme mariée tu étais là à mes côtés.
allí te di la mano,
là, je te serrai la main,
y fuiste reparada
et tu as été soignée
donde tu madre fuera violada.
d’où ta mère a été violée.

29
A las aves ligeras,
Oiseaux légers,
leones, ciervos, gamos saltadores,
lions, cerfs, daims jaillissants,
montes, valles, riberas,
montagnes, vallées, ruisseaux,
 aguas, aires, ardores
eaux, airs, ardeurs
y miedos de las noches veladores,
et craintes des nuits de veille,

30
Por las amenas liras
par les douces lyres
  y canto de serenas os conjuro
et je conjure par le chant des sirènes
 que cesen vuestras iras,
de cesser votre colère,
y no toquéis al muro,
et ne pas toucher le mur,
 porque la esposa duerma más seguro.
pour que mon épouse dorme le plus tranquillement possible.

Esposa
L’Epouse

31
Oh ninfas de Judea!
Ô nymphes de Judée !
en tanto que en las flores y rosales
tandis que dans les fleurs et les roses
el ámbar perfumea,
l’ambre embaume,
morá en los arrabales,
habite aux alentours,
y no queráis tocar nuestros umbrales
mais ne touchez pas à nos seuils !

32
Escóndete, Carillo,
Cache-toi, Chéri !
y mira con tu haz a las montañas,
et tourne-toi vers les montagnes,
y no quieras decillo;
et ne dis rien ;
mas mira las compañas
Regarde seulement les compagnes
de la que va por ínsulas extrañas
dont celle qui part sur les îles étranges

Esposo
L’Epoux

33
La blanca palomica
La blanche palombe
al arca con el ramo se ha tornado
l’arche avec la branche, ce qu’elle est devenue
y ya la tortolica
et la tourterelle
al socio deseado
le partenaire désiré
en las riberas verdes ha hallado.
sur les rives vertes a trouvé.

34
En soledad vivía,
Elle vivait seule,
y en soledad ha puesto ya su nido,
dans cette solitude elle a fait son nid,
y en soledad la guía
en cette solitude la conduit
a solas su querido,
seul son bien-aimé,
también en soledad de amor herido.
également dans la solitude de l’amour blessé.

Esposa
L’Epouse

35
Gocémonos, Amado,
Réjouissons-nous, Bien-Aimé,
y vámonos a ver en tu hermosura
et voyons dans ta beauté
al monte ó al collado
la montagne ou la colline
do mana el agua pura;
d’où sort une eau pure;
entremos más adentro en la espesura.
rentrons, profondément, dans le fourré.

36
Y luego a las subidas
Et puis remontant
cavernas de la piedra nos iremos,
les grottes de pierre nous irons,
que están bien escondidas,
elles sont si bien cachées,
y allí nos entraremos,
et là nous entrerons,
y el mosto de granadas gustaremos
et le jus de grenades nous goûterons.

37
Allí me mostrarías
Là tu me montrerais
aquello que mi alma pretendía,
ce que mon âme voulait,
y luego me darías
et puis tu me donnerais
allí, tú, vida mía,
là,  ma vie,
aquello que me diste el otro día:
ce que tu me donnas l’autre jour :

38
El aspirar del aire,
Le souffle de l’air,
el canto de la dulce Filomena,
le chant du doux rossignol,
el soto y su donaire,
le bocage et sa grâce,
en la noche serena,
dans la nuit calme,
con llama que consume y no da pena
la flamme qui consume mais sans la peine.

39
Que nadie lo miraba,
Personne ne regardait,
Aminadab tampoco parecía,
Aminadab ne paraissait pas,
y el cerco sosegaba,
et le cercle se calmait,
y la caballería
et la cavalerie
a vista de las aguas descendía.
à la vue des eaux descendait.  

****************
Traduction Jacky Lavauzelle
ARTGITATO
********************