Archives par mot-clé : toledo

DISCOURS MARTIAL DE Nuno Álvares Pereira – OS LUSIADAS IV-15 LES LUSIADES LUIS DE CAMOES – « Como!Da gente ilustre Portuguesa

*

OS LUSIADAS CAMOES CANTO IV
Os Lusiadas Les Lusiades
OS LUSIADAS IV-15  LES LUSIADES IV-15
LITTERATURE PORTUGAISE

Os Lusiadas Traduction Jacky Lavauzelle Les Lusiades de Luis de Camoes




Os Lusiadas Traduction Jacky Lavauzelle Les Lusiades de Luis de Camoes

literatura português

Luis de Camões
[1525-1580]

Tradução – Traduction
texto bilingue




Luis de Camoes Les Lusiades Trad Jacky Lavauzelle

 Obra Poética  (1556)




OS LUSIADAS IV-15
A Epopeia Portuguesa

 

Traduction Jacky Lavauzelle

Camoes Traduction Jacky Lavauzelle
Vasco de Gama

 

Traduction Jacky Lavauzelle

 

******




******

Les préparatifs au combat
Le discours martial de Nuno Álvares Pereira

*******

-« Como!Da gente ilustre Portuguesa
 – « Comment ! De l’illustre peuple portugais
  Há-de haver quem refuse o pátrio Marte?,
 Y aurait-il quelqu’un qui renie notre martiale patrie ?
  Como!Desta província, que princesa
Comment ! De cette province, qui , comme princesse
Foi das gentes na guerra em toda a parte,
De la guerre, fut reconnue partout,
Há-de sair quem negue ter defesa?
  Refuserait-on de se défendre ?
Quem negue a Fé, o amor, o esforço e arte
  Qui nierait la foi, l’amour, l’effort et l’art
   De Português, e por nenhum respeito
  Des portugais, et sans aucun remords
      O próprio Reino queira ver sujeito?
Accepterait de voir son propre Royaume se soumettre ?

**

OS LUSIADAS CANTO IV

****

Traduction Jacky Lavauzelle

Vasco de Gama par Gregorio Lopes

**************

**

LA MORT DU VETERAN CAMOES

Et puis, pour qu’un royaume ait des gens de lettres, il lui faut de l’argent pour les pensionner. Le Portugal, qui épuisait son épargne en flottes, en armées, en constructions de citadelles, ne pouvait avoir dans son budget un chapitre d’encouragemens aux lettres et aux arts. Bientôt même l’état ruiné par ses conquêtes, obéré par la victoire, n’eut plus de quoi suffire aux besoins de ses armées : il finit par ne pouvoir plus nourrir ceux qui l’avaient servi. Camoens mourut à l’hôpital, ou à-peu-près ; mais ce ne fut pas comme poète ; ce ne fut pas comme Gilbert et Maifilâtre à côté d’autres écrivains largement rentes: ce fut comme un vétéran dont la solde manque, ou dont la pension de retraite est suspendue.il mourut comme beaucoup de ses compagnons d’armes, comme mouraient les vice-rois eux-mêmes, qui n’avaient pas toujours (témoin dom Joâo de Castro) de quoi acheter une pouie dans leur dernière maladie.

« Qu’y a-t-il de plus déplorable que de voir un si grand génie si mal récompensé ? Je l’ai vu mourir dans un hôpital de Lisbonne, sans avoir un drap pour se couvrir, lui qui avait si bravement combattu dans l’Inde orientale et qui avait fait cinq mille cinq cents lieues en mer. Grande leçon pour ceux qui se fatiguent à travailler nuit et jour et aussi vainement que l’araignée qui ourdit sa toile pour y prendre des mouches. »
Il peut résulter de cette apostille que José Indio a vu Camoens à l’hôpital, sans qu’il faille prendre à la lettre les mots je l’ai vu mourir.
Ce fut dans ces circonstances que le désastre d’AIkacer Kébir (4 août 1578) frappa de mort le Portugal. Il restait encore à Camoens une larme pour sa patrie : Ah ! s’écria-t-il, du moins je meurs avec elle ! Il répéta la même pensée dans la dernière lettre qu’il ait écrite. « Enfin, disait-il, je vais sortir de la vie, et il sera manifeste à tous que j’ai tant aimé ma patrie, que non-seulement je me trouve heureux de mourir dans son sein, mais encore de mourir avec elle. »
Il ne survécut que peu de mois à ce désastre, et mourut au commencement de 1579, à l’âge de cinquante-cinq ans.
Il fut enterré très pauvrement dans l’église de Santa Anna, dit Pedro de Mariz, à gauche en entrant et sans que rien indiquât sa sépulture. Ses malheurs firent une impression si profonde, que personne ne voulut plus occuper la maison qu’il avait habitée. Elle est restée vide depuis sa mort. Les prévisions de Camoens ne tardèrent pas à s’accomplir. Le Portugal, ce royaume né d’une victoire et mort dans une défaite, tomba bientôt sous le joug de Philippe IL Ce monarque visitant ses nouvelles provinces, s’informa du poète, et, en apprenant qu’il n’existait plus, il témoigna un vif regret….

Charles Magnin
Luiz de Camoëns
Revue des Deux Mondes
Période Initiale, tome 6

*********************

Traduction Jacky Lavauzelle

ARTGITATO
*********************


Camoes Os Lusiadas IV Traduction Jacky Lavauzelle

 OS LUSIADAS IV

LUIS DE CAMOES LES LUSIADES

Camoes Canto III

Nuno Álvares Pereira – OS LUSIADAS IV-14 LES LUSIADES LUIS DE CAMOES – Mas nunca foi que este erro se sentisse

*

Nuno Álvares Pereira
OS LUSIADAS CAMOES CANTO IV

Os Lusiadas Les Lusiades
OS LUSIADAS IV-14  LES LUSIADES IV-14
LITTERATURE PORTUGAISE

Os Lusiadas Traduction Jacky Lavauzelle Les Lusiades de Luis de Camoes




Os Lusiadas Traduction Jacky Lavauzelle Les Lusiades de Luis de Camoes

literatura português

Luis de Camões
[1525-1580]

Tradução – Traduction
texto bilingue




Luis de Camoes Les Lusiades Trad Jacky Lavauzelle

 Obra Poética  (1556)




OS LUSIADAS IV-14
A Epopeia Portuguesa

 

Traduction Jacky Lavauzelle

Camoes Traduction Jacky Lavauzelle
Vasco de Gama

 

Traduction Jacky Lavauzelle

 

******




******

Les préparatifs au combat
Le courage de Nuno Álvares Pereira

*******

« Mas nunca foi que este erro se sentisse
« Mais rien de semblable ne pouvait être ressenti
No forte Dom Nuno Alvares; mas antes,
Par le fort Dom Nuno Álvares Pereira ; qui,
Posto que em seus irmãos tão claro o visse,

  Voyant clairement dans les yeux de ses frères, 
   Reprovando as vontades inconstantes,

Réprouva ces faibles volontés,
Aquelas duvidosas gentes disse,

Apostropha les seigneurs plongés dans le doute,
Com palavras mais duras que elegantes,

  Et, avec des mots plus âpres qu’élégants,
  A mão na espada, irado, e não facundo,

  La main à l’épée, en colère, et non évoquant,
Ameaçando a terra, o mar e o mundo:
  Menaça la terre, la mer et le monde : 

**

 Nuno Álvares Pereira
– 

Nuno Álvares Pereira par Charles Legrand
Lithographie du XIXe siècle

**

OS LUSIADAS CANTO IV

****

Traduction Jacky Lavauzelle

Vasco de Gama par Gregorio Lopes

**************

**

LA MORT DU VETERAN CAMOES

Et puis, pour qu’un royaume ait des gens de lettres, il lui faut de l’argent pour les pensionner. Le Portugal, qui épuisait son épargne en flottes, en armées, en constructions de citadelles, ne pouvait avoir dans son budget un chapitre d’encouragemens aux lettres et aux arts. Bientôt même l’état ruiné par ses conquêtes, obéré par la victoire, n’eut plus de quoi suffire aux besoins de ses armées : il finit par ne pouvoir plus nourrir ceux qui l’avaient servi. Camoens mourut à l’hôpital, ou à-peu-près ; mais ce ne fut pas comme poète ; ce ne fut pas comme Gilbert et Maifilâtre à côté d’autres écrivains largement rentes: ce fut comme un vétéran dont la solde manque, ou dont la pension de retraite est suspendue.il mourut comme beaucoup de ses compagnons d’armes, comme mouraient les vice-rois eux-mêmes, qui n’avaient pas toujours (témoin dom Joâo de Castro) de quoi acheter une pouie dans leur dernière maladie.

« Qu’y a-t-il de plus déplorable que de voir un si grand génie si mal récompensé ? Je l’ai vu mourir dans un hôpital de Lisbonne, sans avoir un drap pour se couvrir, lui qui avait si bravement combattu dans l’Inde orientale et qui avait fait cinq mille cinq cents lieues en mer. Grande leçon pour ceux qui se fatiguent à travailler nuit et jour et aussi vainement que l’araignée qui ourdit sa toile pour y prendre des mouches. »
Il peut résulter de cette apostille que José Indio a vu Camoens à l’hôpital, sans qu’il faille prendre à la lettre les mots je l’ai vu mourir.
Ce fut dans ces circonstances que le désastre d’AIkacer Kébir (4 août 1578) frappa de mort le Portugal. Il restait encore à Camoens une larme pour sa patrie : Ah ! s’écria-t-il, du moins je meurs avec elle ! Il répéta la même pensée dans la dernière lettre qu’il ait écrite. « Enfin, disait-il, je vais sortir de la vie, et il sera manifeste à tous que j’ai tant aimé ma patrie, que non-seulement je me trouve heureux de mourir dans son sein, mais encore de mourir avec elle. »
Il ne survécut que peu de mois à ce désastre, et mourut au commencement de 1579, à l’âge de cinquante-cinq ans.
Il fut enterré très pauvrement dans l’église de Santa Anna, dit Pedro de Mariz, à gauche en entrant et sans que rien indiquât sa sépulture. Ses malheurs firent une impression si profonde, que personne ne voulut plus occuper la maison qu’il avait habitée. Elle est restée vide depuis sa mort. Les prévisions de Camoens ne tardèrent pas à s’accomplir. Le Portugal, ce royaume né d’une victoire et mort dans une défaite, tomba bientôt sous le joug de Philippe IL Ce monarque visitant ses nouvelles provinces, s’informa du poète, et, en apprenant qu’il n’existait plus, il témoigna un vif regret….

Charles Magnin
Luiz de Camoëns
Revue des Deux Mondes
Période Initiale, tome 6

*********************

Traduction Jacky Lavauzelle

ARTGITATO
*********************


Camoes Os Lusiadas IV Traduction Jacky Lavauzelle

 OS LUSIADAS IV

LUIS DE CAMOES LES LUSIADES

Camoes Canto III

JEAN et LES SEIGNEURS DU ROYAUME – OS LUSIADAS IV-13 LES LUSIADES LUIS DE CAMOES – Não falta com razões quem desconcerte

*

OS LUSIADAS CAMOES CANTO IV
Os Lusiadas Les Lusiades
OS LUSIADAS IV-13  LES LUSIADES IV-13
LITTERATURE PORTUGAISE

Os Lusiadas Traduction Jacky Lavauzelle Les Lusiades de Luis de Camoes




Os Lusiadas Traduction Jacky Lavauzelle Les Lusiades de Luis de Camoes

literatura português

Luis de Camões
[1525-1580]

Tradução – Traduction
texto bilingue




Luis de Camoes Les Lusiades Trad Jacky Lavauzelle

 Obra Poética  (1556)




OS LUSIADAS IV-13
A Epopeia Portuguesa

 

Traduction Jacky Lavauzelle

Camoes Traduction Jacky Lavauzelle
Vasco de Gama

 

Traduction Jacky Lavauzelle

 

******




******

Les préparatifs au combat
Jean face à des seigneurs tétanisés par la peur

*******

« Não falta com razões quem desconcerte
« Il ne manque pas de seigneurs qui restent perplexes
Da opinião de todos, na vontade,
Sur la volonté de combattre,
 Em quem o esforço antigo se converte
Et pour qui la vertu de l’antique force
   Em desusada e má deslealdade;
S’était muée en déloyauté et traîtrise ;
Podendo o temor mais, gelado, inerte,
Elle semblait plus forte l’inerte et glaciale peur,
  Que a própria e natural fidelidade:
Que la propre fidélité naturelle :
  Negam o Rei e a pátria, e, se convém,
Ils renient le Roi et la patrie, et seraient prêts
 Negarão (como Pedro) o Deus que têm.
  A renier, comme Pierre, Dieu lui-même. 

**

OS LUSIADAS CANTO IV

****

Traduction Jacky Lavauzelle

Vasco de Gama par Gregorio Lopes

**************

**

LA MORT DU VETERAN CAMOES

Et puis, pour qu’un royaume ait des gens de lettres, il lui faut de l’argent pour les pensionner. Le Portugal, qui épuisait son épargne en flottes, en armées, en constructions de citadelles, ne pouvait avoir dans son budget un chapitre d’encouragemens aux lettres et aux arts. Bientôt même l’état ruiné par ses conquêtes, obéré par la victoire, n’eut plus de quoi suffire aux besoins de ses armées : il finit par ne pouvoir plus nourrir ceux qui l’avaient servi. Camoens mourut à l’hôpital, ou à-peu-près ; mais ce ne fut pas comme poète ; ce ne fut pas comme Gilbert et Maifilâtre à côté d’autres écrivains largement rentes: ce fut comme un vétéran dont la solde manque, ou dont la pension de retraite est suspendue.il mourut comme beaucoup de ses compagnons d’armes, comme mouraient les vice-rois eux-mêmes, qui n’avaient pas toujours (témoin dom Joâo de Castro) de quoi acheter une pouie dans leur dernière maladie.

« Qu’y a-t-il de plus déplorable que de voir un si grand génie si mal récompensé ? Je l’ai vu mourir dans un hôpital de Lisbonne, sans avoir un drap pour se couvrir, lui qui avait si bravement combattu dans l’Inde orientale et qui avait fait cinq mille cinq cents lieues en mer. Grande leçon pour ceux qui se fatiguent à travailler nuit et jour et aussi vainement que l’araignée qui ourdit sa toile pour y prendre des mouches. »
Il peut résulter de cette apostille que José Indio a vu Camoens à l’hôpital, sans qu’il faille prendre à la lettre les mots je l’ai vu mourir.
Ce fut dans ces circonstances que le désastre d’AIkacer Kébir (4 août 1578) frappa de mort le Portugal. Il restait encore à Camoens une larme pour sa patrie : Ah ! s’écria-t-il, du moins je meurs avec elle ! Il répéta la même pensée dans la dernière lettre qu’il ait écrite. « Enfin, disait-il, je vais sortir de la vie, et il sera manifeste à tous que j’ai tant aimé ma patrie, que non-seulement je me trouve heureux de mourir dans son sein, mais encore de mourir avec elle. »
Il ne survécut que peu de mois à ce désastre, et mourut au commencement de 1579, à l’âge de cinquante-cinq ans.
Il fut enterré très pauvrement dans l’église de Santa Anna, dit Pedro de Mariz, à gauche en entrant et sans que rien indiquât sa sépulture. Ses malheurs firent une impression si profonde, que personne ne voulut plus occuper la maison qu’il avait habitée. Elle est restée vide depuis sa mort. Les prévisions de Camoens ne tardèrent pas à s’accomplir. Le Portugal, ce royaume né d’une victoire et mort dans une défaite, tomba bientôt sous le joug de Philippe IL Ce monarque visitant ses nouvelles provinces, s’informa du poète, et, en apprenant qu’il n’existait plus, il témoigna un vif regret….

Charles Magnin
Luiz de Camoëns
Revue des Deux Mondes
Période Initiale, tome 6

*********************

Traduction Jacky Lavauzelle

ARTGITATO
*********************


Camoes Os Lusiadas IV Traduction Jacky Lavauzelle

 OS LUSIADAS IV

LUIS DE CAMOES LES LUSIADES

Camoes Canto III

JEAN ET LES GRANDS SEIGNEURS – OS LUSIADAS IV-12 LES LUSIADES LUIS DE CAMOES – Joane, a quem do peito o esforço cresce

*

OS LUSIADAS CAMOES CANTO IV
Os Lusiadas Les Lusiades
OS LUSIADAS IV-12  LES LUSIADES IV-12
LITTERATURE PORTUGAISE

Os Lusiadas Traduction Jacky Lavauzelle Les Lusiades de Luis de Camoes




Os Lusiadas Traduction Jacky Lavauzelle Les Lusiades de Luis de Camoes

literatura português

Luis de Camões
[1525-1580]

Tradução – Traduction
texto bilingue




Luis de Camoes Les Lusiades Trad Jacky Lavauzelle

 Obra Poética  (1556)




OS LUSIADAS IV-12
A Epopeia Portuguesa

 

Traduction Jacky Lavauzelle

Camoes Traduction Jacky Lavauzelle
Vasco de Gama

 

Traduction Jacky Lavauzelle

 

******




******

Les préparatifs au combat
Jean à l’écoute des grands seigneurs de son Royaume

*******

« Joane, a quem do peito o esforço cresce,
« Jean, qui, dans son cœur, sent croître sa force,
Como a Sansão Hebréio da guedelha,
  Comme l’hébreu Samson dans ses cheveux,
Posto que tudo pouco lhe parece,
  Même si toutes ensembles
  Co’os poucos de seu Reino se aparelha;
Les armées de son Royaume semblent dérisoires ;
   E não porque conselho lhe falece,
 Et, non qu’il manque de conseils,
    Co’os principais senhores se aconselha,
Il interroge alors les principaux seigneurs,
Mas só por ver das gentes as sentenças:
  Afin de connaître leurs avis :
Que sempre houve entre muitos diferenças.
Car la sagesse vient toujours à l’écoute des différences. 

**

OS LUSIADAS CANTO IV

****

Traduction Jacky Lavauzelle

Vasco de Gama par Gregorio Lopes

**************

**

LA MORT DU VETERAN CAMOES

Et puis, pour qu’un royaume ait des gens de lettres, il lui faut de l’argent pour les pensionner. Le Portugal, qui épuisait son épargne en flottes, en armées, en constructions de citadelles, ne pouvait avoir dans son budget un chapitre d’encouragemens aux lettres et aux arts. Bientôt même l’état ruiné par ses conquêtes, obéré par la victoire, n’eut plus de quoi suffire aux besoins de ses armées : il finit par ne pouvoir plus nourrir ceux qui l’avaient servi. Camoens mourut à l’hôpital, ou à-peu-près ; mais ce ne fut pas comme poète ; ce ne fut pas comme Gilbert et Maifilâtre à côté d’autres écrivains largement rentes: ce fut comme un vétéran dont la solde manque, ou dont la pension de retraite est suspendue.il mourut comme beaucoup de ses compagnons d’armes, comme mouraient les vice-rois eux-mêmes, qui n’avaient pas toujours (témoin dom Joâo de Castro) de quoi acheter une pouie dans leur dernière maladie.

« Qu’y a-t-il de plus déplorable que de voir un si grand génie si mal récompensé ? Je l’ai vu mourir dans un hôpital de Lisbonne, sans avoir un drap pour se couvrir, lui qui avait si bravement combattu dans l’Inde orientale et qui avait fait cinq mille cinq cents lieues en mer. Grande leçon pour ceux qui se fatiguent à travailler nuit et jour et aussi vainement que l’araignée qui ourdit sa toile pour y prendre des mouches. »
Il peut résulter de cette apostille que José Indio a vu Camoens à l’hôpital, sans qu’il faille prendre à la lettre les mots je l’ai vu mourir.
Ce fut dans ces circonstances que le désastre d’AIkacer Kébir (4 août 1578) frappa de mort le Portugal. Il restait encore à Camoens une larme pour sa patrie : Ah ! s’écria-t-il, du moins je meurs avec elle ! Il répéta la même pensée dans la dernière lettre qu’il ait écrite. « Enfin, disait-il, je vais sortir de la vie, et il sera manifeste à tous que j’ai tant aimé ma patrie, que non-seulement je me trouve heureux de mourir dans son sein, mais encore de mourir avec elle. »
Il ne survécut que peu de mois à ce désastre, et mourut au commencement de 1579, à l’âge de cinquante-cinq ans.
Il fut enterré très pauvrement dans l’église de Santa Anna, dit Pedro de Mariz, à gauche en entrant et sans que rien indiquât sa sépulture. Ses malheurs firent une impression si profonde, que personne ne voulut plus occuper la maison qu’il avait habitée. Elle est restée vide depuis sa mort. Les prévisions de Camoens ne tardèrent pas à s’accomplir. Le Portugal, ce royaume né d’une victoire et mort dans une défaite, tomba bientôt sous le joug de Philippe IL Ce monarque visitant ses nouvelles provinces, s’informa du poète, et, en apprenant qu’il n’existait plus, il témoigna un vif regret….

Charles Magnin
Luiz de Camoëns
Revue des Deux Mondes
Période Initiale, tome 6

*********************

Traduction Jacky Lavauzelle

ARTGITATO
*********************


Camoes Os Lusiadas IV Traduction Jacky Lavauzelle

 OS LUSIADAS IV

LUIS DE CAMOES LES LUSIADES

Camoes Canto III

TOLEDE ET LA GALICE – OS LUSIADAS IV-10 LES LUSIADES LUIS DE CAMOES – Também vem lá do Reino de Toledo

*

OS LUSIADAS CAMOES CANTO IV
Os Lusiadas Les Lusiades
OS LUSIADAS IV-10  LES LUSIADES IV-10
LITTERATURE PORTUGAISE

Os Lusiadas Traduction Jacky Lavauzelle Les Lusiades de Luis de Camoes




Os Lusiadas Traduction Jacky Lavauzelle Les Lusiades de Luis de Camoes

literatura português

Luis de Camões
[1525-1580]

Tradução – Traduction
texto bilingue




Luis de Camoes Les Lusiades Trad Jacky Lavauzelle

 Obra Poética  (1556)




OS LUSIADAS IV-10
A Epopeia Portuguesa

 

Traduction Jacky Lavauzelle

Camoes Traduction Jacky Lavauzelle
Vasco de Gama

 

Traduction Jacky Lavauzelle

 

******




******

Les préparatifs au combat
Tolède et la Galice

*******

« Também vem lá do Reino de Toledo,
« Du Royaume de Tolède, d’autres arrivent,
 Cidade nobre e antiga, a quem cercando

Ville ancienne et noble, qu’entoure
 O Tejo em torno vai suave e ledo
Le Tage devenu calme et serein
 Que das serras de Conca vem manando.
  Qui, dans les monts de Cuenca, serpente en son sein.
 A vós outros também não tolhe o medo,
Toi aussi, elle ne t’arrête jamais, la peur,
 Ó sórdidos Galegos, duro bando,
O coriace Galicien sordide, à l’âpre cœur,
 Que para resistirdes vos armastes,
  Qui arrive armé pour résister
 Aqueles, cujos golpes já provasses.
 
A ceux dont tu as déjà les coups essuyé. 

**

OS LUSIADAS CANTO IV

****

Traduction Jacky Lavauzelle

Vasco de Gama par Gregorio Lopes

**************

**

LA MORT DU VETERAN CAMOES

Et puis, pour qu’un royaume ait des gens de lettres, il lui faut de l’argent pour les pensionner. Le Portugal, qui épuisait son épargne en flottes, en armées, en constructions de citadelles, ne pouvait avoir dans son budget un chapitre d’encouragemens aux lettres et aux arts. Bientôt même l’état ruiné par ses conquêtes, obéré par la victoire, n’eut plus de quoi suffire aux besoins de ses armées : il finit par ne pouvoir plus nourrir ceux qui l’avaient servi. Camoens mourut à l’hôpital, ou à-peu-près ; mais ce ne fut pas comme poète ; ce ne fut pas comme Gilbert et Maifilâtre à côté d’autres écrivains largement rentes: ce fut comme un vétéran dont la solde manque, ou dont la pension de retraite est suspendue.il mourut comme beaucoup de ses compagnons d’armes, comme mouraient les vice-rois eux-mêmes, qui n’avaient pas toujours (témoin dom Joâo de Castro) de quoi acheter une pouie dans leur dernière maladie.

« Qu’y a-t-il de plus déplorable que de voir un si grand génie si mal récompensé ? Je l’ai vu mourir dans un hôpital de Lisbonne, sans avoir un drap pour se couvrir, lui qui avait si bravement combattu dans l’Inde orientale et qui avait fait cinq mille cinq cents lieues en mer. Grande leçon pour ceux qui se fatiguent à travailler nuit et jour et aussi vainement que l’araignée qui ourdit sa toile pour y prendre des mouches. »
Il peut résulter de cette apostille que José Indio a vu Camoens à l’hôpital, sans qu’il faille prendre à la lettre les mots je l’ai vu mourir.
Ce fut dans ces circonstances que le désastre d’AIkacer Kébir (4 août 1578) frappa de mort le Portugal. Il restait encore à Camoens une larme pour sa patrie : Ah ! s’écria-t-il, du moins je meurs avec elle ! Il répéta la même pensée dans la dernière lettre qu’il ait écrite. « Enfin, disait-il, je vais sortir de la vie, et il sera manifeste à tous que j’ai tant aimé ma patrie, que non-seulement je me trouve heureux de mourir dans son sein, mais encore de mourir avec elle. »
Il ne survécut que peu de mois à ce désastre, et mourut au commencement de 1579, à l’âge de cinquante-cinq ans.
Il fut enterré très pauvrement dans l’église de Santa Anna, dit Pedro de Mariz, à gauche en entrant et sans que rien indiquât sa sépulture. Ses malheurs firent une impression si profonde, que personne ne voulut plus occuper la maison qu’il avait habitée. Elle est restée vide depuis sa mort. Les prévisions de Camoens ne tardèrent pas à s’accomplir. Le Portugal, ce royaume né d’une victoire et mort dans une défaite, tomba bientôt sous le joug de Philippe IL Ce monarque visitant ses nouvelles provinces, s’informa du poète, et, en apprenant qu’il n’existait plus, il témoigna un vif regret….

Charles Magnin
Luiz de Camoëns
Revue des Deux Mondes
Période Initiale, tome 6

*********************

Traduction Jacky Lavauzelle

ARTGITATO
*********************


Camoes Os Lusiadas IV Traduction Jacky Lavauzelle

 OS LUSIADAS IV

LUIS DE CAMOES LES LUSIADES

Camoes Canto III

VOYAGE EN ESPAGNE – Viajar a España – 西班牙 – Испания – スペイン

Photo Jacky Lavauzelle

Viajar a España
Voyage en Espagne




 

 ESPAGNE – ESPAÑA
西班牙
スペイン
Испания

*




 Espagne – España

*

A CORUÑA
LA COROGNE
科伦纳
コラナ
Corunna
la-virgen-del-carmen-a-coruna-la-vierge-du-carmen-la-corogne-artgitato-2

*

Bilbao
ビルバオ – 毕尔巴鄂
Бильбао
Bilbo
maman-louise-bourgeois-bilbao-mama-la-arana-del-guggenheim-musee-guggenheim-artgitato-espagne-7

*

VISITE DE BURGOS 
Visita a Burgos
Тур Бургос
布尔戈斯
ブルゴス
Бургос

portail-du-sarmental-puerta-del-sarmental-porte-du-serment-cathedrale-de-burgos-artgitato-2

*

OÑA
provincia de Burgos
Province de Burgos
Castilla la Vieja
comunidad autónoma de Castilla y León

ona-burgos-provincia-de-burgos-artgitato-15

*

Caceres
La Perle de l’Estrémadure

Caceres Artgitato Espagne 9

*

Guadalajara
Le Palais de l’Infantado
Palacio del Infantado

Guadalajara Palais de l'Infantado Artgitato Palacio del Infantado 1

*

Huesca
La cathédrale
Catedral de Santa María

Catedral de Santa María de Huesca Cathédrale de Huesca Artgitato 2




*

Madrid – Мадрид  马德里
Visite de Madrid
Visita a Madrid
Визит в Мадрид
观光马德里

Paseo del Prado Museo del Prado Velasquez artgitato 0*

Salamanca
Salamanque 萨拉曼卡 –  サラマンカ
Quod natura non dat, Salmantica non præstat 
Plaza de Toros

Salamanca Artgitato 30

*

CANTABRIE – CANTABRIA
SANTANDER
サンタンデル
桑坦德
Сантандер
monumento-a-jose-maria-de-pereda-santander-artgitato-6

*
CANTABRIE – CANTABRIA
SANTILLANA DEL MAR
Сантильяна-дель-Мар 
サンティジャーナデルマル
桑蒂拉納大海

santilla-del-mar-artgitato-cantabria-cantabrique-espana-espagne-1

*




Sevilla – Séville
Севилья – 塞维利亚
セビリア
Plaza de
España – Place d’Espagne
Les Bancs des Provinces Espagnoles

Sevilla Plaza de España Artgitato 00

*

TOLEDE – TOLEDO
トレド – 托莱多
Толедо

Senda Ecologica Toledo Tolède Chemin Ecologique du Tage Artgitato 2

 

 

Val d’Aran
Bossost – Église de l’Assomption de Bossòst
Vielha
 – Saint Michel – Sant Miquel
Salardú Capitale du Naut Aran – Val d’Aran – L’église Sant Andreu – XIIIe siècle
Salardú Capitale du Naut Aran Val d'Aran Artgitato Pyrénées Espagne 10

********************
Espagne – España

********************************




Le
Voyage en Espagne
de Téophile Gautier
Chapitre III
La moitié du pont de la Bidassoa appartient à la France, l’autre moitié à l’Espagne, vous pouvez avoir un pied sur chaque royaume, ce qui est fort majestueux : ici, le gendarme grave, honnête, sérieux, le gendarme épanoui d’avoir été réhabilité, dans Les Français de Curmer, par Édouard Ourliac ; là, le soldat espagnol, habillé de vert, et savourant dans l’herbe verte les douceurs et les mollesses du repos avec une bienheureuse nonchalance. Au bout du pont, vous entrez de plain-pied dans la vie espagnole et la couleur locale : Irun ne ressemble en aucune manière à un bourg français ; les toits des maisons s’avancent en éventail ; les tuiles, alternativement rondes et creuses, forment une espèce de crénelage d’un aspect bizarre et moresque. Les balcons très saillants sont d’une serrurerie ancienne, ouvrée avec un soin qui étonne dans un village perdu comme Irun, et qui suppose une grande opulence évanouie. Les femmes passent leur vie sur ces balcons ombragés par une toile à bandes de couleurs, et qui sont comme autant de chambres aériennes appliquées au corps de l’édifice ; les deux côtés restent libres et donnent passage à la brise fraîche et aux regards ardents ; du reste, ne cherchez pas là les teintes fauves et culottées (pardon du terme), les nuances de bistre et de vieille pipe qu’un peintre pourrait espérer : tout est blanchi à la chaux selon l’usage arabe ; mais le contraste de ce ton crayeux avec la couleur brune et foncée des poutres, des toits et du balcon, ne laisse pas que de produire un bon effet.

Les chevaux nous abandonnèrent à Irun. On attela à la voiture dix mules rasées jusqu’au milieu du corps, mi-partie cuir, mi-partie poil, comme ces costumes du Moyen Age qui ont l’air de deux moitiés d’habits différents recousues par hasard ; ces bêtes ainsi rasées ont une étrange mine et paraissent d’une maigreur effrayante ; car cette dénudation permet d’étudier à fond leur anatomie, les os, les muscles et jusqu’aux moindres veines ; avec leur queue pelée et leurs oreilles pointues, elles ont l’air d’énormes souris. Outre les dix mules, notre personnel s’augmenta d’un zagal et de deux escopeteros ornés de leur trabuco (tromblon). Le zagal est une espèce de coureur, de sous-mayoral ; qui enraye les roues dans les descentes périlleuses, qui surveille les harnais et les ressorts, qui presse les relais et joue autour de la voiture le rôle de la mouche du coche, mais avec bien plus d’efficacité. Le costume du zagal est charmant, d’une élégance et d’une légèreté extrêmes ; il porte un chapeau pointu enjolivé de bandes de velours et de pompons de soie, une veste marron ou tabac, avec des dessous de manches et un collet fait de morceaux de diverses couleurs, bleu, blanc et rouge ordinairement, et une grande arabesque épanouie au milieu du dos, des culottes constellées de boutons de filigrane, et pour chaussure des alpargatas, sandales attachées par des cordelettes ; ajoutez à cela une ceinture rouge et une cravate bariolée, et vous aurez une tournure tout à fait caractéristique. Les escopeteros sont des gardiens, des miqueletes destinés à escorter la voiture et à effrayer les rateros (on appelle ainsi les petits voleurs), qui ne résisteraient pas à la tentation de détrousser un voyageur isolé, mais que la vue édifiante du trabuco suffit à tenir en respect, et qui passent en vous saluant du sacramentel : Vaya usted con Dios ; allez avec Dieu. L’habit des escopeteros est à peu près semblable à celui du zagal, mais moins coquet, moins enjolivé. Ils se placent sur l’impériale à l’arrière de la voiture, et dominent ainsi la campagne. Dans la description de notre caravane, nous avons oublié de mentionner un petit postillon monté sur un cheval, qui se tient en tête du convoi et donne l’impulsion à toute la file.

Avant de partir, il fallut encore faire viser nos passeports, déjà passablement chamarrés. Pendant cette importante opération, nous eûmes le temps de jeter un coup d’œil sur la population d’Irun qui n’a rien de particulier, sinon que les femmes portent leurs cheveux, remarquablement longs, réunis en une seule tresse qui leur pend jusqu’aux reins ; les souliers y sont rares et les bas encore davantage.

Un bruit étrange, inexplicable, enroué, effrayant et risible, me préoccupait l’oreille depuis quelque temps ; on eût dit une multitude de geais plumés vifs, d’enfants fouettés, de chats en amour, de scies s’agaçant les dents sur une pierre dure, de chaudrons raclés, de gonds de prison roulant sur la rouille et forcés de lâcher leur prisonnier ; je croyais tout au moins que c’était une princesse égorgée par un nécromant farouche ; ce n’était rien qu’un char à bœufs qui montait la rue d’Irun, et dont les roues miaulaient affreusement faute d’être suiffées, le conducteur aimant mieux sans doute mettre la graisse dans sa soupe. Ce char n’avait assurément rien que de fort primitif ; les roues étaient pleines et tournaient avec l’essieu, comme dans les petits chariots que font les enfants avec de l’écorce de potiron. Ce bruit s’entend d’une demi-lieue, et ne déplaît pas aux naturels du pays. Ils ont ainsi un instrument de musique qui ne leur coûte rien et qui joue de lui-même, tout seul, tant que la roue dure. Cela leur semble aussi harmonieux qu’à nous des exercices de violoniste sur la quatrième corde. Un paysan ne voudrait pas d’un char qui ne chanterait pas : ce véhicule doit dater du déluge.

Sur un ancien palais transformé en maison commune, nous vîmes pour la première fois le placard de plâtre blanc qui déshonore beaucoup d’autres vieux palais avec l’inscription : Plaza de la Constitucion. Il faut bien que ce qui est dans les choses en sorte par quelque côté : l’on ne saurait choisir un meilleur symbole pour représenter l’état actuel du pays. Une Constitution sur l’Espagne, c’est une poignée de plâtre sur du granit.

Comme la montée est rude, j’allai jusqu’à la porte de la ville, et, me retournant, je jetai un regard d’adieu à la France ; c’était un spectacle vraiment magnifique : la chaîne des Pyrénées s’abaissait en ondulations harmonieuses vers la nappe bleue de la mer, coupée çà et là par quelques barres d’argent, et grâce à l’extrême limpidité de l’air, on apercevait loin, bien loin, une faible ligne couleur saumon pâle, qui s’avançait dans l’incommensurable azur et formait une vaste échancrure au flanc de la côte. Bayonne et sa sentinelle avancée, Biarritz, occupait le bout de cette pointe, et le golfe de Gascogne se dessinait aussi nettement que sur une carte de géographie ; à partir de là, nous ne verrons plus la mer que lorsque nous serons en Andalousie. Bonsoir, brave Océan !

La voiture montait et descendait au grand galop des pentes d’une rapidité extrême ; exercices sans balancier sur le chemin roide, qui ne peuvent s’exécuter que grâce à la prodigieuse adresse des conducteurs et à l’extraordinaire sûreté du pied des mules. Malgré cette vélocité, il nous tombait de temps en temps sur les genoux une branche de laurier, un petit bouquet de fleurs sauvages, un collier de fraises de montagnes, perles roses enfilées dans un brin d’herbe. Ces bouquets étaient lancés par de petits mendiants, filles et garçons, qui suivaient la voiture en courant pieds nus sur les pierres tranchantes : cette manière de demander l’aumône en faisant d’abord un cadeau soi-même a quelque chose de noble et de poétique.

Le paysage était charmant, un peu suisse peut-être, et d’une grande variété d’aspect. Des croupes de montagnes dont les interstices laissaient voir des chaînes plus élevées, s’arrondissaient de chaque côté de la route ; leurs flancs gaufrés de différentes cultures, boisés de chênes verts, formaient un vigoureux repoussoir pour les cimes éloignées et vaporeuses ; des villages avec leurs toits de tuiles rouges s’épanouissaient au pied des montagnes dans des massifs d’arbres, et je m’attendais à chaque instant à voir sortir Kettly ou Gretly de ces nouveaux chalets. Heureusement, l’Espagne ne pousse pas l’opéra-comique jusque-là.

Des torrents capricieux comme des femmes vont et viennent, forment des cascatelles, se divisent, se rejoignent à travers les rochers et les cailloux de la manière la plus divertissante, et servent de prétexte à une multitude de ponts les plus pittoresques du monde. Ces ponts multipliés à l’infini ont un caractère singulier ; les arches sont échancrées presque jusqu’au garde-fou, en sorte que la chaussée sur laquelle passe la voiture semble ne pas avoir plus de six pouces d’épaisseur ; une espèce de pile triangulaire et formant bastion occupe ordinairement le milieu. Ce n’est pas un état bien fatigant que celui de pont espagnol, il n’y a pas de sinécure plus parfaite : on peut se promener dessous les trois quarts de l’année ; ils restent là avec un flegme imperturbable et une patience digne d’un meilleur sort, attendant une rivière, un filet d’eau, un peu d’humidité seulement ; car ils sentent bien que leurs arches ne sont que des arcades, et que leur titre de pont est une pure flatterie. Les torrents dont j’ai parlé tout à l’heure ont tout au plus quatre à cinq pouces d’eau ; mais ils suffisent pour faire beaucoup de bruit et servent à donner de la vie aux solitudes qu’ils parcourent. De loin en loin, ils font tourner quelque moulin ou quelque usine au moyen d’écluses bâties à souhait pour les paysagistes ; les maisons, dispersées dans la campagne par petits groupes, ont une couleur étrange ; elles ne sont ni noires, ni blanches, ni jaunes, elles sont couleur de dindes rôties : cette définition, pour être triviale et culinaire, n’en est pas moins d’une vérité frappante. Des bouquets d’arbres et des plaques de chênes verts relèvent heureusement les grandes lignes et les teintes vaporeusement sévères des montagnes. Nous insistons beaucoup sur ces arbres, parce que rien n’est plus rare en Espagne, et que désormais nous n’aurons guère occasion d’en décrire.

Nous changeâmes de mules à Oyarzun, et nous arrivâmes à la tombée de la nuit au village d’Astigarraga, où nous devions coucher. Nous n’avions pas encore tâté de l’auberge espagnole ; les descriptions picaresques et fourmillantes de Don Quichotte et de Lazarille de Tormes nous revenaient en mémoire, et tout le corps nous démangeait rien que d’y songer. Nous nous attendions à des omelettes ornées de cheveux mérovingiens, entremêlées de plumes et de pattes, à des quartiers de lard rance avec toutes leurs soies, également propres à faire la soupe et à brosser les souliers, à du vin dans des outres de bouc, comme celles que le bon chevalier de la Manche tailladait si furieusement, et même nous nous attendions à rien du tout, ce qui est bien pis, et nous tremblions de n’avoir rien autre chose à prendre que le frais du soir, et de souper, comme le valeureux don Sanche, d’un air de mandoline tout sec.

Profitant du peu de jour qui nous restait, nous allâmes visiter l’église qui, à vrai dire, avait plutôt l’air d’une forteresse que d’un temple : la petitesse des fenêtres percées en meurtrières, l’épaisseur des murs, la solidité des contre-forts lui donnaient une attitude robuste et carrée, plus guerrière que pensive. Cette forme se reproduit souvent dans les églises d’Espagne. Tout autour régnait une espèce de cloître ouvert, dans lequel était suspendue une cloche d’une forte dimension qu’on fait sonner en agitant le battant avec une corde, au lieu de donner la volée à l’énorme capsule de métal.

Quand on nous mena dans nos chambres, nous fûmes éblouis de la blancheur des rideaux du lit et des fenêtres, de la propreté hollandaise des planchers, et du soin parfait de tous les détails. De belles grandes filles bien découplées, avec leurs magnifiques tresses tombant sur les épaules, parfaitement habillées, et ne ressemblant en rien aux maritornes promises, allaient et venaient avec une activité de bon augure pour le souper qui ne se fit pas attendre ; il était excellent et fort bien servi. Au risque de paraître minutieux, nous allons en faire la description ; car la différence d’un peuple à un autre se compose précisément de ces mille petits détails que les voyageurs négligent pour de grandes considérations poétiques et politiques que l’on peut très bien écrire sans aller dans le pays.

L’on sert d’abord une soupe grasse, qui diffère de la nôtre en ce qu’elle a une teinte rougeâtre qu’elle doit au safran, dont on la saupoudre pour lui donner du ton. Voilà, pour le coup, de la couleur locale, de la soupe rouge ! Le pain est très blanc, très serré, avec une croûte lisse et légèrement dorée ; il est salé d’une manière sensible aux palais parisiens. Les fourchettes ont la queue renversée en arrière, les pointes plates et taillées en dents de peigne ; les cuillers ont aussi une apparence de spatule que n’a pas notre argenterie. Le linge est une espèce de damas à gros grains. Quant au vin, nous devons avouer qu’il était du plus beau violet d’évêque qu’on puisse voir, épais à couper au couteau, et les carafes où il était renfermé ne lui donnaient aucune transparence.

Après la soupe, l’on apporta le puchero, mets éminemment espagnol, ou plutôt l’unique mets espagnol car on en mange tous les jours d’Irun à Cadix, et réciproquement. Il entre dans la composition d’un puchero confortable un quartier de vache, un morceau de mouton, un poulet, quelques bouts d’un saucisson nommé chorizo, bourré de poivre, de piment et autres épices, des tranches de lard et de jambon, et par là-dessus une sauce véhémente aux tomates et au safran ; voici pour la partie animale. La partie végétale, appelée verdura, varie selon les saisons ; mais les choux et les garbanzos servent toujours de fond ; le garbanzo n’est guère connu à Paris, et nous ne pouvons mieux le définir qu’en disant : C’est un pois qui a l’ambition d’être un haricot, et qui y réussit trop bien. Tout cela est servi dans des plats différents, mais on mêle ces ingrédients sur son assiette de manière à produire une mayonnaise très compliquée et d’un fort bon goût. Cette mixture paraîtra tant soit peu sauvage aux gourmets qui lisent Carême, Brillat-Savarin, Grimod de La Reynière et M. de Cussy ; cependant, elle a bien son charme et doit plaire aux éclectiques et aux panthéistes. Ensuite viennent les poulets à l’huile, car le beurre est une chose inconnue en Espagne, le poisson frit, truite ou merluche, l’agneau rôti, les asperges, la salade, et, pour dessert, des petits biscuits-macarons, des amandes passées à la poêle et d’un goût exquis, du fromage de lait de chèvre, queso de Burgos, qui a une grande réputation qu’il mérite quelquefois. Pour finir, on apporte un cabaret avec du vin de Malaga, de Jeres et de l’eau-de-vie, aguardiente, qui ressemble à de l’anisette de France, et une petite coupe (fuego) remplie de braise pour allumer les cigarettes. Ce repas, avec quelques variantes peu importantes, se reproduit invariablement dans toutes les Espagnes…

Nous partîmes d’Astigarraga au milieu de la nuit ; comme il ne faisait pas clair de lune, il se trouve naturellement une lacune dans notre récit. Nous passâmes à Ernani, bourg dont le nom éveille les souvenirs les plus romantiques, sans y rien apercevoir que des tas de masures et de décombres vaguement ébauchés dans l’obscurité. Nous traversâmes, sans nous y arrêter, Tolosa, où nous remarquâmes des maisons ornées de fresques et de gigantesques blasons sculptés en pierre : c’était jour de marché, et la place était couverte d’ânes, de mulets pittoresquement harnachés, et de paysans à mines singulières et farouches.

À force de monter et de descendre, de passer des torrents sur des ponts de pierre sèche, nous arrivâmes enfin à Vergara, lieu de la dînée, avec une satisfaction intime, car nous n’avions plus souvenir de la jicara de chocolate avalée, moitié en dormant, à l’auberge d’Astigarraga.

Théophile Gautier
Voyage en Espagne
charpentier, 1859
Chapitre III

pp. 17-25

******************

Espagne – España

VISITE A TOLEDE – Visita a Toledo – Посещение Толедо – 参观托莱多 – トレドへの訪問

TOLEDE – TOLEDO
トレド – 托莱多
Толедо
——

 

Photos Jacky Lavauzelle
*

Visite de Tolède
Visita a Toledo
Посещение Толедо
参观托莱多
トレドへの訪問

*

Tolède
ou le secret de la Mancha

Tolede Toledo Artgitato L'Alcázar Don Quichotte

*

L’Alcazar de Tolède
 L’Alcázar de Tolède

Alcázar de Tolède Alcázar Toledo Artgitato 14

*

Hospital de Tavera
L’Hôpital de Tavera de Tolède
Capilla y Panteón

Hospital de Tavera Hopital de Tavera Artgitato Arcada del patio interior del Hospital de Tavera 2

*

Iglesia de Santiago del Arrabal Tolède

Église Iglesia Santiago del Arrabal Toledo de Tolède Artgitato 2

*




Mezquita Cristo de la Luz
Mosquée Bab al-Mardum

mezquita Cristo de la Luz Toledo Mosquée Bab al-Mardum Artgitato 15

*

Monasterio San Juan de Reyes
Monastère de Saint-Jean des rois
Le bestiaire
Bestiario

Monasterio SAN JUAN DE REYES Toledo Tolede Artgitato 1 Bestiaire

*

Musée Sefardi
David Aronson

david aronson musée safardi Toledo Tolède 1

*

Puente de San Martin
Pont de saint Martin

Tolède Puente de San Martin Toledo Artgitato Pont de saint Martin30

*

Santa Maria la Blanca
antigua sinágoga

Toledo Santa Maria la Blanca Antigua Sinagoga Synagogue Antique Artgitato 6

*

 la Senda Ecológica de Toledo
Le Chemin Ecologique du Tage

Senda Ecologica Toledo Tolède Chemin Ecologique du Tage Artgitato 1

*

Museo del Ejército Toledo
Musée de l’Armée de Tolède

Museo del Ejército Toledo Musée de l'Armée Tolède Artgitato 0

*

Plaza de Toros
Las Arenas de Toledo
Les arènes de Tolède

Tolède les arenes Las Arenas de Toledo Artgitato 3

 

*********************




LA PERLE DE TOLÈDE

IMITÉ DE L’ESPAGNOL

Par Prosper Mérimée


Qui me dira si le soleil est plus beau à son lever qu’à son coucher ? Qui me dira de l’olivier ou de l’amandier lequel est le plus beau des arbres ? Qui me dira qui du Valencien ou de l’Andalous est le plus brave ? Qui me dira quelle est la plus belle des femmes ? — Je vous dirai quelle est la plus belle des femmes : c’est Aurore de Vargas, la perle de Tolède.

Le noir Tuzani a demandé sa lance, il a demandé son bouclier : sa lance, il la tient de sa main droite ; son bouclier pend à son cou. Il descend dans son écurie, et considère ses quarante juments l’une après l’autre. Il dit : « Berja est la plus vigoureuse ; sur sa large croupe j’emporterai la perle de Tolède, ou, par Allah ! Cordoue ne me reverra jamais. »

Il part, il chevauche, il arrive à Tolède, et il rencontre un vieillard près du Zacatin. « Vieillard à la barbe blanche, porte cette lettre à don Guttiere, à don Guttiere de Saldana. S’il est homme, il viendra combattre contre moi près de la fontaine d’Almami. La perle de Tolède doit appartenir à l’un de nous. »

Et le vieillard a pris la lettre, il l’a prise et l’a portée au comte de Saldana, comme il jouait aux échecs avec la perle de Tolède. Le comte a lu la lettre, il a lu le cartel, et de sa main il a frappé la table si fort que toutes les pièces sont tombées. Et il se lève et demande sa lance et son bon cheval ; et la perle s’est levée aussi toute tremblante, car elle a compris qu’il allait à un duel.

« Seigneur Guttiere, don Guttiere de Saldana, restez, je vous en prie, et jouez encore avec moi. — Je ne jouerai pas davantage aux échecs ; je veux jouer au jeu des lances à la fontaine d’Almami. » Et les pleurs d’Aurore ne purent l’arrêter ; car rien n’arrête un cavalier qui se rend à un duel. Alors la perle de Tolède a pris son manteau, et, montée sur sa mule, s’en est allée à la fontaine d’Almami.

Autour de la fontaine le gazon est rouge ; l’eau de la fontaine est rouge aussi : mais ce n’est point le sang d’un chrétien qui rougit le gazon, qui rougit l’eau de la fontaine. Le noir Tuzani est couché sur le dos ; la lance de don Guttiere s’est brisée dans sa poitrine ; tout son sang se perd peu à peu. Sa jument Berja le regarde en pleurant, car elle ne peut guérir la blessure de son maître.

La perle descend de sa mule : « Cavalier, ayez bon courage ; vous vivrez encore pour épouser une belle Moresque ; ma main sait guérir les blessures que fait mon chevalier. — O perle si blanche, ô perle si belle, arrache de mon sein ce tronçon de lance qui le déchire : le froid de l’acier me glace et me transit. » Elle s’est approchée sans défiance ; mais il a ranimé ses forces, et du tranchant de son sabre il balafre ce visage si beau.

Fin de la perle de Tolède
Prosper Mérimée
La Perle de Tolède
Colomba et autres contes et nouvelles
Charpentier, 1845
pp. 319-320

Iglesia de Santiago del Arrabal TOLEDO Tolède

España – Espagne
TOLEDO  TOLEDE

Iglesia de Santiago del Arrabal
La iglesia de Santiago el Mayor
Saint-Jacques-des-Faubourgs

Église Iglesia Santiago del Arrabal Toledo de Tolède Artgitato 1

 Construida en la segunda mitad del  siglo XIII
Construite dans la seconde moitié du XIIIème siècle

Triple ábside de la iglesia
Triple abside de l’église de Santiago del Arrabal

Style mudéjar

Église Iglesia Santiago del Arrabal Toledo de Tolède Artgitato 6Église Iglesia Santiago del Arrabal Toledo de Tolède Artgitato 2Église Iglesia Santiago del Arrabal Toledo de Tolède Artgitato 3Église Iglesia Santiago del Arrabal Toledo de Tolède Artgitato 4

Église Iglesia Santiago del Arrabal Toledo de Tolède Artgitato 5

PHOTOS ARTGITATO

Hospital de Tavera – L’Hôpital de Tavera de Tolède – Capilla y Panteón

España – Espagne
TOLEDO  TOLEDE
Hospital de Tavera
Hospital de San Juan Bautista

construit entre 1541 et 1603
par le cardinal Tavera

Fue construido entre 1541 y 1603 por orden del cardenal Tavera
Primer gran edificio del renacimiento clásico que se construye en Castilla
Premier grand bâtiment néoclassique construit en Castilla

 «el hospital de afuera»
« L’hôpital de l’extérieur »

Côté
Calle de Cardenal Tavera

Rue du Cardinal Tavera

Hospital de Tavera Hopital de Tavera Artgitato 2

Hospital de Tavera Hopital de Tavera Artgitato 1

Juan Pardo de Tavera (1472-1545)
Par El Greco

Cardenal Tavera par El Greco Artgitato

SEPULCRO DEL CARDENAL TAVERA
Tombeau du Cardinal Tavera

SEPULCRO DEL CARDENAL TAVERA Tombeau du Cardinal Tavera Hospital de Tavera Toledo Artgitato 2

SEPULCRO DEL CARDENAL TAVERA

SEPULCRO DEL CARDENAL TAVERA Tombeau du Cardinal Tavera Hospital de Tavera Toledo Artgitato

 

La portada de la iglesia
La Façade de l’Eglise

Capilla y Panteón 
La Mapa – La carte

Capilla y Panteón Hospital de Tavera Artgitato

La Iglesia – L’Eglise
Capilla y Panteón
Chapelle et Panthéon

Esta iglesia fue iniciada en 1560 por Hernán González de Lara, quien murió habiendo concluido únicamente la cripta, obra maestra de la estereotomía moderna.
Cette église a été construite en 1560 par Hernán González de Lara, qui est mort après avoir terminé seulement la crypte, chef-d’œuvre du panthéon funéraire moderne.

Capilla y Panteón Hospital de Tavera Artgitato 2

LE BAPTÊME DU CHRIST
d’EL GRECO
(1608-1624)

El Bautismo de Cristo (El Greco)

El Bautismo de Cristo Le Baptême du Christ El Greco Artgitato

El Bautismo de Cristo Le Baptême du Christ El Greco Artgitato 2

Tabernáculo y Cristo Resucitado
Tabernacle et Christ ressusité

Tabernáculo y Cristo Resucitado Artgitato Tabernacle et Christ ressuscité 2

Tabernáculo y Cristo Resucitado Artgitato Tabernacle et Christ ressuscité

Arcada del patio interior del Hospital de Tavera
Arcades de la cour intérieure de l’Hôpital de Tavera

Hospital de Tavera Hopital de Tavera Artgitato Arcada del patio interior del Hospital de Tavera 2

Hospital de Tavera Hopital de Tavera Artgitato Arcada del patio interior del Hospital de Tavera 1Hospital de Tavera Hopital de Tavera Artgitato Arcada del patio interior del Hospital de Tavera 3Hospital de Tavera Hopital de Tavera Artgitato Arcada del patio interior del Hospital de Tavera 5Hospital de Tavera Hopital de Tavera Artgitato Arcada del patio interior del Hospital de Tavera 4

PHOTOS ARTGITATO