Archives par mot-clé : berger

LA PASTOURELLE DU PETIT BERGER – POESIE JEAN DE LA CROIX- Un pastorcico solo está penado – JUAN DE LA CRUZ

*

Saint Jean de la Croix Traduction Jacky Lavauzelle
musée diocésain de Valladolid Espagne

****************
LITTERATURE ESPAGNOLE
Literatura española
JEAN DE LA CROIX
Juan de la Cruz
1542 – 1591

*****************

Saint Jean de la Croix Trad Jacky Lavauzelle




Literatura española
Traduction Jacky Lavauzelle
JEAN DE LA CROIX
Juan de la Cruz

*

____________________________________________

LA PASTOURELLE DU PETIT BERGER
Un pastorcico solo está penado

__________________________________________________________________________

Un pastorcico solo está penado,
Un petit berger a de la peine, seul,
ajeno de placer y de contento,
étranger au plaisir et au bonheur,
y en su pastora puesto el pensamiento,
et la pensée toute à sa bergère,
y el pecho del amor muy lastimado.
et le cœur par l’amour si blessé.
*
No llora por haberle amor llagado,
D’être meurtri d’amour, il ne pleure pas,
que no le pena verse así afligido,
être si affligé, ne le peine pas,
 aunque en el corazón está herido;
bien que son cœur soit blessé ;
mas llora por pensar que está olvidado.
mais il pleure à la pensée d’être oublié.
*
Que sólo de pensar que está olvidado
C’est seulement en pensant qu’il est oublié
de su bella pastora, con gran pena
de sa belle bergère, avec grand chagrin,
se deja maltratar en tierra ajena,
qu’il se laisse maltraiter dans une étrangère terre,
el pecho del amor muy lastimado.
le cœur tant blessé par l’amour.
*
Y dice el pastorcito: ¡Ay, desdichado
Et le petit berger dit : Ah ! misérable
de aquel que de mi amor ha hecho ausencia
celui qui a déserté mon amour
y no quiere gozar la mi presencia,
et ne veut pas profiter de ma présence,
y el pecho por su amor muy lastimado!
et de mon cœur par son amour si blessé !
*
Y a cabo de un gran rato se ha encumbrado
Et après un long moment, il s’éleva
sobre un árbol, do abrió sus brazos bellos,
sur un arbre, ouvrit ses beaux bras,
y muerto se ha quedado asido dellos,
et mourut, les bras suspendus,
el pecho del amor muy lastimado
le cœur si blessé par l’amour.

*****************

Literatura española – Littérature Espagnole
Siècle d’or espagnol -Siglo de Oro

Juan de la Cruz


Saint Jean de la Croix
1542-1591

*****************


SUR
LA PASTOURELLE

La poésie des troubadours est essentiellement lyrique. Écoles de poésie? Le culte de la forme. Le « trobar clus »; admiration de Dante et de Pétrarque pour Arnaut Daniel. La musique des troubadours. Les genres la chanson, le sirventés, la tenson, la pastourelle, l’aube. Autres genres. 

Avec la pastourelle, nous arrivons à un genre qui paraît, au premier abord, être resté plus près de son origine populaire. Voici en quoi il consiste. Le poète, pendant un voyage, rencontre une bergère; elle est jeune, avenante, chante ou tresse des fleurs en gardant son troupeau. Le poète la salue courtoisement, et, après quelques compliments, lui offre son amour. La conversation s’engage et elle se développe suivant la fantaisie du poète. Le début et le dénouement sont seuls conventionnels. Un exemple emprunté à un des plus anciens troubadours, Marcabrun, montrera ce que peut donner ce genre. Le troubadour, à cheval, a rencontré une bergère.

Je pousse mon cheval vers elle

« Que ne puis-je arrêter, la belle,
La bise qui vous échevèle!

Sire, me répond la vilaine,
Si le vent souffle et me hérisse,
Je dois au lait de ma nourrice
De ne point trop m’en mettre en peine.

Sans médire de votre mère,
La belle, il pourrait bien se faire
Que quelque chevalier fût père
D’une aussi courtoise vilaine
Votre regard est un sourire
Plus je vous vois, plus je soupire
Mais vous être trop inhumaine.

Non, non, sire, je suis la fille
De gens dont toute la famille
N’a manié que la faucille
Ou le hoyau, dit la vilaine.

J’en sais un qui vante sa race,
Et qui devrait suivre leur trace
Six jours ou sept dans la semaine.
Fille aussi farouche que belle,
Je sais un peu, quand je m’en mêle,
Apprivoiser une rebelle.
On peut, avec telle vilaine,
Faire amour loyal et sincère,

Et vous m’êtes déjà plus chère
Que la plus noble châtelaine.
Quand un homme a perdu la tète
Est-ce un vain serment qui l’arrête?

Un mot, et votre bouche est prête,
A baiser mes pieds de vilaine.
Mais pensez-vous que je désire
Perdre, pour vous plaire, beau sire,
Ma richesse la plus certaine?

L’auteur de cette traduction remarque que la vilaine, mise ainsi en scène, a « terriblement d’esprit » pour une femme des champs. « Ce n’est pas le long des haies, môme en Gascogne, que fleurit une ironie si légère et si perçante à la fois. » C’est une réflexion qu’on peut faire à propos de la plupart des pastourelles. C’est un genre qui a pu être populaire; mais il a perdu ce caractère de très bonne heure.
Comment d’ailleurs ce genre, s’il avait gardé la simplicité primitive que nous pouvons lui supposer, aurait-il eu des chances de plaire à la société raffinée pour laquelle écrivaient les troubadours? Aussi les bergères qu’ils mettent en scène ressemblent étrangement, du début à la fin de leur littérature, à celle de Marcabrun. C’est leur aïeule. Ce sont en général de vertueuses coquettes. Elles écoutent les compliments, acceptent les galanteries, mais finissent toujours par berner leur interlocuteur. Là encore règne la convention. Le charme de la plupart de ces compositions ne vient pas des tableaux champêtres qu’elles peuvent présenter, ni de la naïveté et de la simplicité des sentiments exprimés; il vient surtout de la forme dialoguée qui a permis aux auteurs de pastourelles de leur donner un tour dramatique. Elles se rapprochent à ce point de vue des débats que sont les tensons.
De la pastourelle on rapproche ordinairement la romance…

Joseph Anglade
Les Troubadours, leurs vies, leurs œuvres, leur influence
Chapitre III
L’Art des Troubadours
Les Genres

*********************

LA PASTOURELLE DU PETIT BERGER
JEAN DE LA CROIX

Saint Jean de la Croix Trad Jacky Lavauzelle

TANNHÄUSER ACTE 1 SCENE 3 Textes Vidéo & Traduction AKT 1 Dritte szene

  OPERA  – OPER

RICHARD WAGNER
1813-1883
TANNHÄUSER ACTE 1

TANNHÄUSER
Tannhäuser und der Sängerkrieg auf Wartburg

1845

ACTE 1
AKT 1

Dritte Szene
Scène 3

 

Tannhäuser Opera Richard Wagner Acte 1 Scène 3 Texte et Traduction Artgitato The Mirror of Venus Edward Burne Jones

Tannhäuser, der seine Stellung nicht verlassen, befindet sich plötzlich, in ein schönes Tal versetzt.
Tannhäuser, toujours au même endroit, se retrouve soudainement dans une belle vallée.
Blauer Himmel, heitere Sonnenbeleuchtung.
Le ciel est bleu et la lumière du soleil sereine.
– Rechts im Hintergrunde die Wartburg; durch die Talöffnung nach links erblickt man den Hörselberg.
– à droite, au fond,  la Wartburg ; à gauche, par l’embouchure du vallon on voit le Hörselberg.
– Rechts führt auf der halben Höhe des Tales ein Bergweg von der Richtung der Wartburg her nach dem Vordergrunde zu, wo er dann seitwärts abbiegt;
Sur la droite, à mi-hauteur de la vallée, un chemin de montagne qui vient de la Wartburg descend vers le devant de la scène, où il dévie alors sur le côté des coulisses ;
in demselben Vordergrunde ist ein Muttergottesbild, zu welchem ein niedriger Bergvorsprung hinaufführt.
dans le même plan, une image de la Vierge Marie, où l’on accède à partir d’un promontoire.
– Von der Höhe links vernimmt man das Geläut von Herdeglocken; En haut à gauche, on entend les cloches d’un troupeau;
auf einem hohen Vorsprunge sitzt ein junger Hirt mit der Schalmei dem Tale zugekehrt und spielt.
en hauteur, nous trouvons un jeune berger avec un chalumeau assis en regardant la vallée ; il joue avec le chalumeau.

 

Joseph Tichatschek als Tannhäuser und Wilhelmine Schröder-Devrient als Venus in der Uraufführung 1845

Der Hirt
Le Berger

Frau Holda kam aus dem Berg hervor,
Dame Holda qui sortait de la montagne,
zu ziehen durch Flur und Auen;
marchant à travers les prairies et les plaines ;
gar süßen Klang vernahm da mein Ohr,
ce doux bruit arriva jusqu’à mon oreille,
mein Auge begehrte zu schauen: –
mon œil était dans l’attente de la voir :
da träumt’ ich manchen holden Traum,
je rêvais de beaux rêves,
und als mein Aug’ erschlossen kaum,
et quand mes yeux commencèrent à s’entrouvrir,
da strahlte warm die Sonnen,
brillait chaleureusement le soleil,
 der Mai, der Mai war kommen.
mai, le mois de mai était arrivé.
 Nun spiel’ ich lustig die Schalmei: –
Maintenant, je joue dans mon chalumeau :
der Mai ist da, der liebe Mai!
mai est là, le tendre mois de mai !

Er spielt auf der Schalmei. Man hört den Gesang der älteren Pilger, welche, von der Richtung der Wartburg her kommend, den Bergweg rechts entlang ziehen.
Il joue avec son chalumeau. On entend le chant des pèlerins plus âgés, qui venant de la direction de la Wartburg, qui arrivent par un sentier de montagne à droite.

DIE ÄLTEREN PILGER
Les Pèlerins plus âgés

Zu dir wall ich, mein Jesus Christ,
Vers Toi, je marche, mon JésusChrist,
der du des Pilgers Hoffnung bist!
Toi qui est l’espoir des pèlerins !
Gelobt sei, Jungfrau süß und rein!
Heureuse, Vierge douce et pure!
Der Wallfahrt wolle günstig sein!
Que notre pèlerinage soit favorable!

Der Hirt, den Gesang vernehmend, hält auf der Schalmei ein und hört andächtig zu
Le berger qui entend le chant, arrête de jouer avec le chalumeau et écoute attentivement

Ach, schwer drückt mich der Sünden Last,
Oh, que le poids de mes péchés me pèse,
kann länger sie nicht mehr ertragen;
je ne les supporte plus ;
drum will ich auch nicht Ruh noch Rast,
donc je suis sans paix ni repos,
und wähle gern mir Müh und Plagen,
et je ne désire que labeur et peines,
Am hohen Fest der Gnad und Huld
A la grande fête de la grâce et du pardon
in Demut büß ich meine Schuld,
Je bénis humblement ma faute,
gesegnet, wer im Glauben treu!
Béni soit le fidèle dans la foi!
Er wird erlöst durch Buß und Reu.
Il sera racheté par le repentir et la pénitence.

DER HIRT
Le Berger

als die Pilger auf der ihm gegenüberliegenden Höhe angelangt sind, ruft ihnen, die Mütze schwenkend, laut zu.
quand les pèlerins arrivent sur la hauteur en face de lui, il les appelle, agitant sa casquette, bruyamment.

Glück auf! Glück auf nach Rom!
Bonne chance ! Bonne chance à Rome !
Betet für meine arme Seele!
Priez pour ma pauvre âme!

 

Szenenfoto der Eisenacher Inszenierung (1951 1952) mit Tannhäuser und Elisabeth

Tannhäuser, der in der Mitte der Bühne wie festgewurzelt gestanden, sinkt heftig erschüttert auf die Knie
Tannhäuser, immobile au milieu de la scène, tombe violemment sur ses genoux

TANNHÄUSER

Allmächt’ger, dir sei Preis!
Par la puissance divine, louange à toi !
 Groß sind die Wunder deiner Gnade!
Grandes sont les merveilles de ta miséricorde !

Der Zug der Pilger biegt von hier an auf dem Bergwege bei dem Muttergottesbilde links ab und verläßt so die Bühne.
Le groupe des pèlerins tourne  à partir d’ici sur les chemins de montagne devant la statue de la Vierge à gauche et donc quitte la scène.
Der Hirt entfernt sich ebenfalls mit der Schalmei rechts von der Höhe;
Le berger sur la droite s’éloigne lui-aussi avec son chalumeau;
man hört die Herdeglocken immer entfernter
 on entend toujours au loin les cloches de troupeau

 

DIE PILGER
Les Pélerins

Zu dir wall ich, mein Jesus Christ,
Vers Toi, je marche, mon JésusChrist,
der du des Pilgers Hoffnung bist!
Toi qui est l’espoir des pèlerins !
Gelobt sei, Jungfrau süß und rein!
Heureuse, Vierge douce et pure!
Der Wallfahrt wolle günstig sein!
Que notre pèlerinage soit favorable!

Die Pilger haben hier bereits die Bühne verlassen
Les pèlerins ont ici déjà quitté la scène

TANNHÄUSER
auf den Knien, wie in brünstiges Gebet versunken
agenouillé, comme dans une prière fervente

Ach, schwer drückt mich der Sünden Last,
Oh, que le poids de mes péchés me pèse,
kann länger sie nicht mehr ertragen;
je ne les supporte plus ;
drum will ich auch nicht Ruh noch Rast,
donc je suis sans paix ni repos,
und wähle gern mir Müh und Plagen…
et je ne désire que labeur et peines…

Tränen ersticken seine Stimme;
Les larmes étouffent sa voix;
er neigt das Haupt tief zur Erde und scheint heftig zu weinen.
Il incline la tête jusqu’au sol et semble pleurer amèrement.
Aus dem Hintergrunde, sehr entfernt, wie von Eisenach her, hört man Glockengeläute
 En arrière-plan, de très loin, on entend les cloches

DIE PILGER
Les Pélerins
sehr entfernt
Très éloignés

Am hohen Fest der Gnad und Huld
A la grande fête de la grâce et du pardon
in Demut büß ich meine Schuld,
Je bénis humblement ma faute,
gesegnet, wer im Glauben treu!…
Béni soit le fidèle dans la foi!…

Während sich der Klang der Hörner allmählich nähert, schweigt das entfernte Geläute
Alors que le son des cors de chasse se rapprochent progressivement, le son du carillon au lointain s’amenuise

*****************************
Traduction Jacky Lavauzelle
ARTGITATO
*****************************