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POEME DE NIKOLOZ BARATACHVILI (BARATASHVILI)- LA BOUCLE D’OREILLE – 1839 – საყურე – O brinco

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POEME DE NIKOLOZ BARATASHVILI
POEME DE NIKOLOZ BARATACHVILI
LA BOUCLE D’OREILLE – 1839
LITTERATURE GEORGIENNE
ქართული ლიტერატურა
POESIE GEORGIENNE
ქართული პოეზია

GEORGIE – DECOUVERTE DE LA GEORGIE – საქართველოს აღმოჩენა

POEME DE NIKOLOZ BARATACHVILI NIKOLOZ BARATASHVILI
Géorgie
საქართველო

TRADUCTION JACKY LAVAUZELLE

POEME DE NIKOLOZ BARATACHVILI - POEME DE NIKOLOZ BARATACHVILI NIKOLOZ BARATASHVILI

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POESIE GEORGIENNE
ქართული პოეზია

NIKOLOZ BARATASHVILI
NIKOLOZ BARATACHVILI
ნიკოლოზ ბარათაშვილი

1817 წლის 4 დეკემბერი – 1844 წლის 21 ოქტომბერი
4 décembre 1817 – 21 octobre 1844

Nikoloz Baratachvili

TRADUCTION JACKY LAVAUZELLE

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LA BOUCLE D’OREILLE
საყურე
O brinco
1839

Anselme Feuerbach – Jeune Femme portant une boucle d’oreille – Détail

 

ვითა პეპელა
vita pepela
Au vif papillon
Uma borboleta rápida, 
არხევს ნელნელა
arkhevs nelnela
Fais ralentit son vol
Abrandar o seu voo
სპეტაკს შროშანას, ლამაზად ახრილს,
spetaks shroshanas, lamazad akhrils,
Au pétillant muguet, magnifiquement s’accorde,
No lírio cintilante, concorda lindamente
ასე საყურე,
ase saqure,
La boucle d’oreille,
O brinco,
უცხო საყურე,
utskho saqure,
L’étrange boucle d’oreille,
O estranho brinco
ეთამაშება თავისსა აჩრდილს.
etamasheba tavissa achrdils.
Joue avec les ombres.
Brinque com as sombras.
ნეტავი იმას,
net’avi imas,
Sera bienheureux
Será abençoado, 
ვინც თავისს სუნთქვას
vints taviss suntkvas
Celui qui la touche
Aquele que a toca 
შენსა ჩრდილშია მოიბრუნებდეს!
shensa chrdilshia moibrunebdes!
Et sortira de l’ombre !
E sairá das sombras!
შენის შერხევით,
shenis sherkhevit,
Comme bercé par les vents,
Como balançado pelos ventos,
სიო-მობერვით
sio-mobervit
Ton doux balancement
Seu balanço suave, 
გულისა სიცხეს განიგრილებდეს!
gulisa sitskhes ganigrilebdes!
Fais refroidir le cœur ardent !
Faz corações  legal !
ჰოჲ, საყურეო,
hoჲ, saqureo,
O boucle d’oreille,
O brinco,
გრძნებით ამრევო,
grdznebit amrevo,
Comment un tel cœur défaillant
Como um coração tão fracassado
ვინ ბაგე შენს ქვეშ დაიტკბარუნოს?
vin bage shens kvesh dait’k’barunos?
Peux-tu réanimer ?
Você pode ressuscitar?
მუნ უკვდავების
mun ukvdavebis
Est-ce de l’immortalité
A imortalidade está
შარბათი ვინ სვის?
sharbati vin svis?
Qui circule en tes veines ?
Fluindo em suas veias?
ვინ სული თვისი ზედ დაგაკონოს?
vin suli tvisi zed dagakonos?
Quelle âme peut donner davantage ?
Que alma pode dar mais?
1839 წ.
Année 1839
Ano de 1839
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POEME DE NIKOLOZ BARATACHVILI – LA BOUCLE D’OREILLE – 1839
LITTERATURE GEORGIENNE
ქართული ლიტერატურა
POESIE GEORGIENNE
ქართული პოეზია

 

POEME DE NIKOLOZ BARATACHVILI - LA BOUCLE D'OREILLE - 1839

A Melodia e o Acompanhamento – Théophile GAUTIER – LA MELODIE ET L’ACCOMPAGNEMENT

A Melodia e o Acompanhamento
THEOPHILE GAUTIER

Théophile Gautier Trad Jacky Lavauzelle
Jean-Auguste-Dominique Ingres, L’Odalisque à l’esclave, 1842, huile sur toile, Cambridge, Fogg Art Museum (détail)

*Théophile Gautier Trad Italienne Jacky Lavauzelle




 

Traduction Jacky Lavauzelle

Théophile Gautier Trad Jacky Lavauzelle
Theophile Gautier, par Auguste de Chatillon, 1839

*
THEOPHILE GAUTIER
1811-1872


****

A Melodia e o Acompanhamento
LA MELODIE ET L’ACCOMPAGNEMENT
23 avril 1869
***

**

Théophile Gautier
Un douzain de sonnets
Una dozzina di sonetti
Œuvres de Théophile Gautier  — Opere di Théophile Gautier
Poésies, Lemerre,
1890, Volume 2

********************

La beauté, dans la femme, est une mélodie
A beleza, na mulher, é uma melodia
Dont la toilette n’est que l’accompagnement.
Cujos efeitos são apenas o acompanhamento.
Vous avez la beauté. — Sur ce motif charmant,
Você tem beleza. – Neste motivo encantador,
À chercher des accords votre goût s’étudie :
Ao procurar acordes, seu gosto é especialista:

*

Tantôt c’est un corsage à la coupe hardie
  Às vezes é um corpete com um corte ousado
  Qui s’applique au contour, comme un baiser d’amant ;
Que se aplica ao contorno, como o beijo de um amante;
Tantôt une dentelle au feston écumant,
Às vezes, uma folha de renda espumante,
  Une fleur, un bijou qu’un reflet incendie.
Uma flor, uma jóia que um brilho vai queimar.

*

La gaze et le satin ont des soirs triomphants ;
Gaze e cetim têm noites triunfantes;
 D’autres fois une robe, avec deux plis de moire,
Outras vezes um vestido, com duas dobras de madrepérola,
Aux épaules vous met deux ailes de victoire.
Nos ombros, desenha duas asas da vitória.

*

Mais de tous ces atours, ajustés ou bouffants,
Mas de todos esses enfeites, ajustados ou bufantes,
Orchestre accompagnant votre grâce suprême,
Orquestra acompanhando sua suprema graça,
Le cœur, comme d’un air, ne retient que le thème !
O coração, como de um ar, retém apenas o tema!

THEOPHILE GAUTIER
par
Jules Barbey d’Aurevilly

Depuis longtemps M. Gautier est un de ces Inattaquables officiels. Il jouit parmi les lettres d’une espèce de canonicat de popularité douce, car il ne s’y mêle rien de politique ni d’orageux, comme dans la popularité de Madame George Sand ou de M. Victor Hugo. Pour ma part, je ne crois pas l’avoir beaucoup troublée, cette popularité tranquille. J’ai toujours rendu pleine justice à M. Théophile Gautier. Quand il publia ses dernières poésies, — Émaux et Camées, — je consacrai, dans ce livre des Hommes et des Œuvres, une longue étude à ce talent savant et laborieux. Et cependant, si aujourd’hui, à propos d’un livre qu’il m’est impossible d’admirer, je veux prendre exactement la mesure de ce talent, et si j’ose introduire mes petites réserves sur des procédés d’exécution dont je connais la profondeur et la portée, dussé-je m’adresser aux esprits les plus connaisseurs, ayant au fond la conviction que la critique que je me permets est fondée ! je n’en entendrai pas moins partir de toutes parts le cri du désarmement : pourquoi dire du mal de ce pauvre Gautier, qui est si bienveillant ? Et au nom de la bienveillance, qualité très-charmante mais nullement littéraire, je verrai s’élever contre moi une inviolabilité sur laquelle je ne comptais pas ! Telle est la force du préjugé et encore plus des relations, chez un peuple qui croit peut-être toujours au mot de Lafayette : « L’insurrection est le plus saint des devoirs, » mais qui ne l’admet pas en littérature. Eh bien ! franchement, je dis que pareille chose passe la permission. Je dis que, si on se permet de telles fins de non-recevoir dans l’examen des œuvres littéraires, nous n’avons plus le droit de rire du vers de Boileau :

Attaquer Chapelain ! Mais c’est un si bon homme !

et qu’il est plus que temps, pour l’honneur de tous, d’en finir avec ce capitonnage dérisoire du même mot qu’on répète contre la Critique, surtout quand il s’agit d’un homme qui ne demande pas quartier, lui, et qui a bien assez de talent pour entendre une fois la vérité, — ce qui le changera !

Jules Barbey d’Aurevilly
Les Œuvres et les Hommes
Amyot, éditeur, 1865
4ème partie- Les Romanciers

*******************************
THEOPHILE GAUTIER
*

Théophile Gautier Trad Italienne Jacky Lavauzelle

Melodia e accompagnamento – La Mélodie et l’Accompagnement Théophile GAUTIER

Melodia e accompagnamento
THEOPHILE GAUTIER

Théophile Gautier Jacky Lavauzelle
Jean-Auguste-Dominique Ingres, L’Odalisque à l’esclave, 1842, huile sur toile, Cambridge, Fogg Art Museum (détail)

*Théophile Gautier Trad Italienne Jacky Lavauzelle




 

Traduction Jacky Lavauzelle

Théophile Gautier Trad Jacky Lavauzelle
Theophile Gautier, par Auguste de Chatillon, 1839

*
THEOPHILE GAUTIER
1811-1872


****

MELODIA E ACCOMPAGNAMENTO
LA MELODIE ET L’ACCOMPAGNEMENT
23 avril 1869
***

**

Théophile Gautier
Un douzain de sonnets
Una dozzina di sonetti
Œuvres de Théophile Gautier  — Opere di Théophile Gautier
Poésies, Lemerre,
1890, Volume 2

********************

La beauté, dans la femme, est une mélodie
La bellezza, nella donna, è una melodia
Dont la toilette n’est que l’accompagnement.
Il cui abbigliamento è solo l’accompagnamento.
Vous avez la beauté. — Sur ce motif charmant,
Hai la bellezza. – Su questo bel motivo,
À chercher des accords votre goût s’étudie :
Per cercare accordi, il tuo gusto è raffinato :

*

Tantôt c’est un corsage à la coupe hardie
A volte è un corpetto con un taglio audace
  Qui s’applique au contour, comme un baiser d’amant ;
Che si applica al contorno, come il bacio di un amante;
Tantôt une dentelle au feston écumant,
A volte un foglio di pizzo schiumoso,
  Une fleur, un bijou qu’un reflet incendie.
Un fiore, un gioiello infiammato seguente di un riflesso.

*

La gaze et le satin ont des soirs triomphants ;
Garza e raso hanno serate trionfanti;
 D’autres fois une robe, avec deux plis de moire,
Altre volte un vestito, con due pieghe di moiré,
Aux épaules vous met deux ailes de victoire.
Sulle spalle, disegna due ali di vittoria.

*

Mais de tous ces atours, ajustés ou bouffants,
Ma di tutti questi ornamenti, aggiustati o bouffant,
Orchestre accompagnant votre grâce suprême,
Orchestra che accompagna la tua suprema grazia,
Le cœur, comme d’un air, ne retient que le thème !
Il cuore, come una canzone, conserva solo il tema!

THEOPHILE GAUTIER
par
Jules Barbey d’Aurevilly

Depuis longtemps M. Gautier est un de ces Inattaquables officiels. Il jouit parmi les lettres d’une espèce de canonicat de popularité douce, car il ne s’y mêle rien de politique ni d’orageux, comme dans la popularité de Madame George Sand ou de M. Victor Hugo. Pour ma part, je ne crois pas l’avoir beaucoup troublée, cette popularité tranquille. J’ai toujours rendu pleine justice à M. Théophile Gautier. Quand il publia ses dernières poésies, — Émaux et Camées, — je consacrai, dans ce livre des Hommes et des Œuvres, une longue étude à ce talent savant et laborieux. Et cependant, si aujourd’hui, à propos d’un livre qu’il m’est impossible d’admirer, je veux prendre exactement la mesure de ce talent, et si j’ose introduire mes petites réserves sur des procédés d’exécution dont je connais la profondeur et la portée, dussé-je m’adresser aux esprits les plus connaisseurs, ayant au fond la conviction que la critique que je me permets est fondée ! je n’en entendrai pas moins partir de toutes parts le cri du désarmement : pourquoi dire du mal de ce pauvre Gautier, qui est si bienveillant ? Et au nom de la bienveillance, qualité très-charmante mais nullement littéraire, je verrai s’élever contre moi une inviolabilité sur laquelle je ne comptais pas ! Telle est la force du préjugé et encore plus des relations, chez un peuple qui croit peut-être toujours au mot de Lafayette : « L’insurrection est le plus saint des devoirs, » mais qui ne l’admet pas en littérature. Eh bien ! franchement, je dis que pareille chose passe la permission. Je dis que, si on se permet de telles fins de non-recevoir dans l’examen des œuvres littéraires, nous n’avons plus le droit de rire du vers de Boileau :

Attaquer Chapelain ! Mais c’est un si bon homme !

et qu’il est plus que temps, pour l’honneur de tous, d’en finir avec ce capitonnage dérisoire du même mot qu’on répète contre la Critique, surtout quand il s’agit d’un homme qui ne demande pas quartier, lui, et qui a bien assez de talent pour entendre une fois la vérité, — ce qui le changera !

Jules Barbey d’Aurevilly
Les Œuvres et les Hommes
Amyot, éditeur, 1865
4ème partie- Les Romanciers

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THEOPHILE GAUTIER
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Théophile Gautier Trad Italienne Jacky Lavauzelle

LE PALAIS HANTE Edgar Allan POE Poème The Haunted Palace – 1839

EDGAR ALLAN POE POEME
LITTERATURE AMERICAINE

EDGAR ALLAN POE POEME Traduction Jacky Lavauzelle*******

EDGAR ALLAN POE POEME Poésie Traduction Jacky Lavauzelle Montage

EDGAR ALLAN POE
1809-1849




Traduction – Translation

TRADUCTION JACKY LAVAUZELLE

French and English text
texte bilingue français-anglais


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EDGAR ALLAN POE POEME

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 The Haunted Palace
LE PALAIS HANTE

 

 *1839*

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Edgar Allan Poe Poème Trad Jacky Lavauzelle
Photo Jacky Lavauzelle

 

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In the greenest of our valleys
Dans la plus verte de nos vallées
By good angels tenanted,
Par de bons anges loués,
Once a fair and stately palace—
Il y avait un palais fier et majestueux
Radiant palace—reared its head.
Qui dressait sa tête – Ô palais radieux !
In the monarch Thought’s dominion,
Possession du monarque de la Pensée,
   It stood there!
Là, il dominait !
Never seraph spread a pinion
Jamais séraphin ne répandit de plume
Over fabric half so fair!
Sur une toile deux fois moins belle !

*

Banners yellow, glorious, golden,
Bannières jaunes, glorieuses, dorées,
On its roof did float and flow
Sur son toit flottaient et coulaient
(This—all this—was in the olden
(Ceci-tout cela – dans un autre temps
Time long ago)
Il y a si longtemps)
And every gentle air that dallied,
Et chaque air suave qui badinait,
In that sweet day,
En cette douce journée,
Along the ramparts plumed and pallid,
Le long des remparts blafards et empanachés,
A wingèd odor went away.
Sur une odeur ailée repartait.

*

Wanderers in that happy valley,
Les étrangers dans cette vallée heureuse,
 Through two luminous windows, saw
Par deux fenêtres lumineuses,
 Spirits moving musically
Des esprits se déplaçant musicalement, regardaient,
To a lute’s well-tunèd law,
Sous la loi d’un luth bien accordé,
Round about a throne where, sitting,
Autour d’un trône où, assis,
 Porphyrogene!
Porphyrogénète !
 In state his glory well befitting,
Dans un état conforme à sa gloire, ainsi
The ruler of the realm was seen.
Le souverain du royaume de tous était vu. 

*

And all with pearl and ruby glowing
Perle et rubis se répandaient
Was the fair palace door,
Sur la porte du majestueux palais,
Through which came flowing, flowing, flowing
A travers laquelle coulait, coulait, coulait
And sparkling evermore,
Et étincelant toujours,
 A troop of Echoes, whose sweet duty
Une troupe d’Echos, dont le doux devoir
Was but to sing,
Se résumait à chanter,
In voices of surpassing beauty,
Avec des voix d’une incomparable beauté,
 The wit and wisdom of their king.
L’esprit et la sagesse de leur roi.

*

But evil things, in robes of sorrow,
Mais des choses mauvaises, en robes de chagrin,
Assailed the monarch’s high estate;
Assaillirent le grand pouvoir du monarque ;
 (Ah, let us mourn!—for never morrow
(Ah ! Pleurons ! Plus jamais
Shall dawn upon him, desolate!)
Le jour ne viendra sur lui, désolé !
And round about his home the glory
Et autour de sa maison, la gloire
 That blushed and bloomed
Qui l’irradiait et le fleurissait
Is but a dim-remembered story
N’est plus qu’une histoire ignorée
Of the old time entombed.
D’un ancien temps oublié.

*

And travellers, now, within that valley,
Et les voyageurs, désormais, dans cette vallée,
Through the red-litten windows see
Par les fenêtres rougeâtre regardent
Vast forms that move fantastically
De vastes formes qui se meuvent fantastiquement
To a discordant melody;
Dans une mélodie discordante ;
 While, like a ghastly rapid river,
Alors que, comme une rapide rivière horrible,
Through the pale door
À travers la pâle porte
A hideous throng rush out forever,
Une foule hideuse se précipite pour toujours,
 And laugh—but smile no more.
Et rit, mais elle, ne sourit plus.

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LES PERSONNAGES D’EDGAR POE
PAR
CHARLES BAUDELAIRE

Les personnages de Poe, ou plutôt le personnage de Poe, l’homme aux facultés suraiguës, l’homme aux nerfs relâchés, l’homme dont la volonté ardente et patiente jette un défi aux difficultés, celui dont le regard est tendu avec la roideur d’une épée sur des objets qui grandissent à mesure qu’il les regarde, — c’est Poe lui-même. — Et ses femmes, toutes lumineuses et malades, mourant de maux bizarres et parlant avec une voix qui ressemble à une musique, c’est encore lui ; ou du moins, par leurs aspirations étranges, par leur savoir, par leur mélancolie inguérissable, elles participent fortement de la nature de leur créateur. Quant à sa femme idéale, à sa Titanide, elle se révèle sous différents portraits éparpillés dans ses poésies trop peu nombreuses, portraits, ou plutôt manières de sentir la beauté, que le tempérament de l’auteur rapproche et confond dans une unité vague mais sensible, et où vit plus délicatement peut-être qu’ailleurs cet amour insatiable du Beau, qui est son grand titre, c’est-à-dire le résumé de ses titres à l’affection et au respect des poëtes.

Charles Baudelaire
Edgar Poe, sa vie et ses œuvres
1856
Histoires extraordinaires
Michel Lévy fr.
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EDGAR ALLAN POE POEME 

Poésie Traduction Jacky Lavauzelle EDGAR ALLAN POE POEME

LA POESIE D’EDGAR ALLAN POE

LA POESIE D’EDGAR ALLAN POE
LITTERATURE AMERICAINE

Edgar Allan Poe Traduction Jacky Lavauzelle*******

Poésie Traduction Jacky Lavauzelle Montage

EDGAR ALLAN POE
1809-1849




Traduction – Translation

TRADUCTION JACKY LAVAUZELLE

French and English text
texte bilingue français-anglais


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LA POESIE D’EDGAR ALLAN POE

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A DREAM WITHIN A DREAM
UN RÊVE DANS UN RÊVE 
1849

Take this kiss upon the brow!
Tiens ce baiser sur le front !
And, in parting from you now,
Et, en te quittant à présent,

Photo et traduction Jacky Lavauzelle

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BRIDAL BALLAD
BALLADE NUPTIALE

The ring is on my hand,
L’anneau est à ma main,
  And the wreath is on my brow;
Et la couronne à mon front ;

Edgar Allan Poe Trad Jacky Lavauzelle

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EULALIE
(1845)

I dwelt alone
Je demeurais seul
In a world of moan,
Dans un monde de gémissements,

Van Gogh Edgar Allan Poe Jacky Lavauzelle

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THE HAPPIEST DAY
LE JOUR LE PLUS HEUREUX
1827

The happiest day – the happiest hour
Le jour le plus heureux – l’heure la plus heureuse
My sear’d and blighted heart hath known,
Mon coeur consumé et brisé l’a connue,

Tableau et Traduction Jacky Lavauzelle

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THE HAUNTED PALACE
LE PALAIS HANTE
1839

In the greenest of our valleys
Dans la plus verte de nos vallées
By good angels tenanted,
Par de bons anges loués,

photo et traduction Jacky Lavauzelle

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SILENCE
1838

There are some qualities—some incorporate things,
Il y a certaines qualités – certaines choses incorporelles,
That have a double life, which thus is made
Avec une double vie, qui est faite

Photo Jacky Lavauzelle

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TO HELEN
A HELENE
1831

Helen, thy beauty is to me
Hélène, ta beauté est pour moi
Like those Nicéan barks of yore,
Ces barques Nicéennes d’autrefois,

To Helen Edgar Allan Poe Traduction Jacky Lavauzelle

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TO ONE IN PARADISE
À QUELQU’UN AU PARADIS

Edgar Poe Poème Trad Jacky Lavauzelle
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LA VALLEE DES TROUBLES
The Valley of Unrest

Poe trad Jacky Lavauzelle*****************************

POE PAR BAUDELAIRE

LES PERSONNAGES DE POE

Les personnages de Poe, ou plutôt le personnage de Poe, l’homme aux facultés suraiguës, l’homme aux nerfs relâchés, l’homme dont la volonté ardente et patiente jette un défi aux difficultés, celui dont le regard est tendu avec la roideur d’une épée sur des objets qui grandissent à mesure qu’il les regarde, — c’est Poe lui-même. — Et ses femmes, toutes lumineuses et malades, mourant de maux bizarres et parlant avec une voix qui ressemble à une musique, c’est encore lui ; ou du moins, par leurs aspirations étranges, par leur savoir, par leur mélancolie inguérissable, elles participent fortement de la nature de leur créateur. Quant à sa femme idéale, à sa Titanide, elle se révèle sous différents portraits éparpillés dans ses poésies trop peu nombreuses, portraits, ou plutôt manières de sentir la beauté, que le tempérament de l’auteur rapproche et confond dans une unité vague mais sensible, et où vit plus délicatement peut-être qu’ailleurs cet amour insatiable du Beau, qui est son grand titre, c’est-à-dire le résumé de ses titres à l’affection et au respect des poëtes.

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L’accord de l’homme et du poète

L’ardeur même avec laquelle il se jette dans le grotesque pour l’amour du grotesque et dans l’horrible pour l’amour de l’horrible, me sert à vérifier la sincérité de son œuvre et l’accord de l’homme avec le poëte. — J’ai déjà remarqué que, chez plusieurs hommes, cette ardeur était souvent le résultat d’une vaste énergie vitale inoccupée, quelquefois d’une opiniâtre chasteté, et aussi d’une profonde sensibilité refoulée. La volupté surnaturelle que l’homme peut éprouver à voir couler son propre sang, les mouvements soudains, violents, inutiles, les grands cris jetés en l’air, sans que l’esprit ait commandé au gosier, sont des phénomènes à ranger dans le même ordre.

la phosphorescence de la pourriture et la senteur de l’orage

Au sein de cette littérature où l’air est raréfié, l’esprit peut éprouver cette vague angoisse, cette peur prompte aux larmes et ce malaise du cœur qui habitent les lieux immenses et singuliers. Mais l’admiration est la plus forte, et d’ailleurs l’art est si grand ! Les fonds et les accessoires y sont appropriés aux sentiments des personnages. Solitude de la nature ou agitation des villes, tout y est décrit nerveusement et fantastiquement. Comme notre Eugène Delacroix, qui a élevé son art à la hauteur de la grande poésie, Edgar Poe aime à agiter ses figures sur des fonds violâtres et verdâtres où se révèlent la phosphorescence de la pourriture et la senteur de l’orage. La nature dite inanimée participe de la nature des êtres vivants, et, comme eux, frissonne d’un frisson surnaturel et galvanique. L’espace est approfondi par l’opium ; l’opium y donne un sens magique à toutes les teintes, et fait vibrer tous les bruits avec une plus significative sonorité. Quelquefois, des échappées magnifiques, gorgées de lumière et de couleur, s’ouvrent soudainement dans ses paysages, et l’on voit apparaître au fond de leurs horizons des villes orientales et des architectures, vaporisées par la distance, où le soleil jette des pluies d’or.

Charles Baudelaire
Edgar Poe, sa vie et ses œuvres
1856
Histoires extraordinaires
Michel Lévy fr.

***************

LA POESIE D’EDGAR ALLAN POE

Poésie Traduction Jacky Lavauzelle Edgar Allan Poe

MES PENSEES de Taras CHEVTCHENKO – MEUS PENSAMENTOS de Taras SHEVCHENKO – Кобзар – Kobzar

 

*
Taras Chevtchenko
Taras Shevchenko
Тарас Григорович Шевченко
Вірші Тараса Шевченка
Кобзар – Kobzar
JAN HUS L'HERETIQUE de Taras Chevtchenko - Trad Jacky Lavauzelle - Вірші Тараса Шевченка

 


 TRADUCTION FRANCAISE & PORTUGAISE
Tradução Francês e Português
JACKY LAVAUZELLE

 
 Тарас Григорович Шевченко
TARAS CHEVTCHENKO
Taras Shevchenko
25 février 1814 Moryntsi (près de Tcherkassy) – 26 février 1861 Saint-Pétersbourg

Тарас Григорович Шевченко Taras Chevtchenko Тарас Григорович Шевченко Taras Chevtchenko


************************* 





Poème – Poema – вірш
Вірші Тараса Шевченка
Os poemas de Taras Shevchenko
Les Poèmes de Taras Chevtchenko
*
Кобзар – Kobzar

Думи мої, думи мої
MES PENSEES
MEUS PENSAMENTOS
1839
 **

**

Autoportrait en soldat en exil

**

Думи мої, думи мої,
Mes pensées, mes pensées
Meus pensamentos, meus pensamentos
Лихо мені з вами!
Combien vous me torturez !
Quanto você me tortura!
Нащо стали на папері
Pourquoi vous alignez-vous sur ma page
Por que você se alinha na minha página
Сумними рядами?..
En lignes si tristes ? …
Em linhas tão tristes? …
Чом вас вітер не розвіяв
Pourquoi le vent ne vous a-t-il pas éparpillées
Por que o vento não te dispersou
В степу, як пилину?
Dans la steppe, comme de la vulgaire poussière ?
Na estepe como poeira comum?
Чом вас лихо не приспало,
Pourquoi ne vous êtes vous pas assoupies
Por que você não adormeceu
Як свою дитину?..
Comme l’enfant dans son berceau ? …
Como a criança em seu berço? …

*

Бо вас лихо на світ на сміх породило,
Le malheur, moqueur, les a fait naître,
A desgraça, rindo, deu à luz a eles,
Поливали сльози… чом не затопили,
En les arrosant de larmes… Pourquoi ne vous ont-elles pas inondées,
Tomando-as de lágrimas … Por que elas não te inundaram,
Не винесли в море, не розмили в полі?…
Emportées vers la mer, enfouies dans la steppe ?
Por que eles não te levaram para o mar ou foram enterrados nas estepes?
Не питали б люде, що в мене болить,
Personne ne me demanderait ce qui me blesse
Ninguém me perguntaria o que me machuca
Не питали б, за що проклинаю долю,
Ni pourquoi je maudis mon sort,
Nem por que eu amaldiçoo meu destino
Чого нуджу світом? «Нічого робить»,—
Ni pourquoi j’erre dans le monde ? « Je m’en moque »,
Nem por que estou vagando no mundo? « Eu não me importo »,
Не сказали б на сміх…
Ils n’en parleraient plus ainsi en se moquant …
Eles não falavam dessa maneira tirando sarro …

*

Квіти мої, діти!
Mes fleurs, mes enfants !
Minhas flores, meus filhos!
Нащо ж вас кохав я, нащо доглядав?
Pourquoi vous avoir aimées, pourquoi vous avoir élevées ?
Por que você ama, por que você se levantou?
Чи заплаче серце одно на всім світі,
Y a-t-il un cœur dans le monde entier
Existe um coração no mundo inteiro?
Як я з вами плакав?.. Може, і вгадав…
Pour vous pleurer ainsi ? .. Peut-être ai-je deviné …
Chorar tanto assim? .. Talvez eu tenha adivinhado …
Може, найдеться дівоче
Peut-être y a-t-il une fille,
Talvez haja uma garota
  Серце, карі очі,
Cœur tendre, yeux bruns,
Coração mole, olhos castanhos,
Що заплачуть на сі думи,—
Qui pleure sur ces pensées,
Quem chora sobre esses pensamentos?
Я більше не хочу.
Moi, je ne veux plus !
Eu não quero mais!
Одну сльозу з очей карих —
Une larme des yeux noirs de cette demoiselle,
Uma lágrima dos olhos negros desta jovem
І пан над панами!
Et le seigneur des seigneurs, je deviendrais !
E o senhor dos senhores eu me tornaria!
Думи мої, думи мої,
Mes pensées, mes pensées
Meus pensamentos, meus pensamentos
Лихо мені з вами!
Combien vous me torturez !
Quanto você me tortura!

*

За карії оченята,
Pour les beaux yeux malicieux
За чорнії брови
Sous de noirs sourcils
Серце рвалося, сміялось,
Mon cœur s’est emporté, léger,
Виливало мову,
Il a chanté la langue,
Виливало, як уміло,
Il a chanté, habilement,
За темнії ночі,
L’obscurité de la nuit,
За вишневий сад зелений,
Les verts cerisiers sombres du verger,
За ласки дівочі…
Les douces caresses de la jeune fille…
За степи та за могили,
Les steppes et les monticules funéraires,
Що на Україні,
Par l’Ukraine,
Серце мліло, не хотіло
Mon cœur ne voulait plus
Співать на чужині…
Chanter dans un autre pays…

(…)

 

*

Думи мої, думи мої,
Mes pensées, mes pensées
Meus pensamentos, meus pensamentos
 Квіти мої, діти!
Mes fleurs, mes enfants!
Minhas flores, meus filhos!
 Виростав вас, доглядав вас,—
Je vous ai éduquées en prenant soin de vous,
Educando-se e cuidando de si mesmo,
Де ж мені вас діти?
Et maintenant ?
E agora?
  В Україну ідіть, діти!
Partez en Ukraine, mes enfants !
Vá para a Ucrânia, meus filhos!
 В нашу Україну,
Dans notre Ukraine,
Na nossa Ucrânia,
Попідтинню, сиротами,
Comme des orphelins, à travers les chemins de traverse,
Como órfãos,
А я — тут загину.
Et moi, moi je vais mourir ici.
E eu vou morrer aqui.
Там найдете щире серце
Vous trouverez là-bas un cœur sincère
Você vai encontrar lá um coração sincero
І слово ласкаве,
Et de tendres mots
E palavras carinhosas
Там найдете щиру правду,
Là, vous trouverez la pure vérité,
Lá você encontrará a pura verdade,
А ще, може, й славу…
Et aussi, peut-être, la gloire …
E também, talvez, glória …

*

Привітай же, моя ненько,
Accepte, ma tendre
Aceite ,meu doce
Моя Україно,
Ma chère Ukraine,
Minha querida Ucrânia,
Моїх діток нерозумних,
Mes innocents enfants
Minhas crianças inocentes
Як свою дитину.
Comme si c’était les tiens.
Como se fosse seu.

1839, С.-Петербург
1839 – Saint-Pétersbourg
1839 – São Petersburgo

 

**

 

Taras Chevtchenko
Taras Shevchenko
Тарас Григорович Шевченко
Вірші Тараса Шевченка
JAN HUS L'HERETIQUE de Taras Chevtchenko - Trad Jacky Lavauzelle

 


 TRADUCTION FRANCAISE & PORTUGAISE
Tradução Francês e Português
JACKY LAVAUZELLE

POEMES D’EMILY BRONTË – POEMS OF EMILY BRONTË

LITTERATURE ANGLAISE -English Literature – English poetry

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EMILY BRONTË
30 July 1818 – 19 December 1848
30 Juillet 1818 – 19 décembre 1848

Traduction – Translation

TRADUCTION JACKY LAVAUZELLE

French and English text
texte bilingue français-anglais

 


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POEMS OF EMILY BRONTË

POEMES D’EMILY BRONTË

The night is darkening round me
La Nuit tout autour de moi
1837

**

POETICAL FRAGMENTS
‘TWAS OF THOSE DARK CLOUDY DAYS
Ces sombres jours
1838

‘Twas one of those dark, cloudy days
C’était l’un de ces sombres jours caligineux
That sometimes come in summer blaze,
Qui parfois recouvrent la flamboyance de l’été,

*

I’m happiest when most away
Les Mondes de lumière
1838

I’m happiest when most away
Je suis la plus heureuse quand le plus loin possible
I can bear my soul from its home of clay
 Mon âme s’éloigne de son foyer d’argile


*

 Fair sinks the summer evening now 
Une Claire soirée d’été
1839

Fair sinks the summer evening now
Passe la claire soirée d’été
In scattered glory round;
Tout autour dans une gloire diffuse ;

 









Riches I hold in light esteem,
Les richesses, je les estime peu,
And Love I laugh to scorn;
Et l’amour, je le méprise ;

 






*

No coward soul is mine
L’Âme ardente
1846

*

 I’ll come when thou art saddest
Je viendrai quand tu seras vraiment triste

 

*
 





*

,





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SUPPLEMENT

LES DERNIERS JOURS D’EMILY

Pourtant, et malgré le sincère désir de la mort qu’elle a toujours laissé voir, Emily se sentait si nécessaire dans la maison qu’elle s’acharnait à vivre. On ne put obtenir qu’elle renonçât à une seule de ses occupations ordinaires. « Je n’ai jamais rien vu qui lui ressemblât, écrivait encore Charlotte. Plus forte qu’un homme, plus simple qu’un enfant. Le seul point affreux était que, pleine de sollicitude pour les autres, pour elle-même elle n’avait aucune pitié. De ses mains tremblantes, de ses jambes affaiblies, de ses pauvres yeux fatigués, elle exigeait le même service que quand elle était bien portante. Et c’était un supplice inexprimable d’être là auprès d’elle, d’assister à tout cela, et de ne rien oser lui dire. »




Le 18 décembre 1848, Emily, qui la veille encore avait pris froid dans une promenade sur les bruyères, s’obstina cependant à vouloir se lever. Elle commença à se peigner, assise près du feu. Le peigne tomba de ses mains ; elle essaya de se baisser pour le ramasser, mais elle était trop faible, elle ne put. Sa toilette finie, elle descendit au salon et se mit à un ouvrage de couture. Vers deux heures, elle était si pâle que ses sœurs la supplièrent d’aller se coucher. Elle refusa d’un signe de tête, fit un effort pour se lever, s’appuya sur le sofa, Elle était morte.




Le corps de cette chère jeune fille repose maintenant dans un caveau de l’église de Haworth, tout au sommet de cette colline qu’elle a si passionnément aimée. Son âme aussi, j’imagine, doit avoir obtenu la permission d’y demeurer à jamais, puisque tout autre séjour lui était impossible. Je crois bien même l’y avoir vue, dans la visite que j’ai faite à la petite église du village : c’était une âme pâle et douce, tout odorante du parfum des bruyères. Elle flottait devant moi ; mais quand je voulus l’approcher, je ne vis plus rien.




Je me réjouis pourtant de la savoir là, et j’en vins à envier l’heureux destin qui lui était échu. Elle n’a point connu, comme sa sœur Charlotte, les fortes émotions de la renommée ; mais le désir de la renommée n’a été pour elle « qu’un rêve léger qui s’est évanoui avec le matin ». Et la voici en revanche qui possède un privilège plus rare, la fidèle amitié de cœurs pareils au sien. Je n’oublierai pas de quelle touchante manière son nom me fut révélé pour la première fois. C’était à Dresde, sur la terrasse de Brühl, un soir d’été, il y a quatre ou cinq ans. L’orchestre du Belvédère jouait des valses dans le lointain ; une odeur tranquille me venait des jardins, par delà le fleuve ; et la jeune Anglaise avec qui je causais voulut bien m’avouer que, entre tous les romans, celui qu’elle préférait était Wuthering Heights, d’Emily Brontë. Elle eut pour me faire cet aveu un gracieux sourire un peu gêné, et baissa la tête, toute rougissante, comme s’il s’était agi d’une confidence trop hardie. Mais bientôt elle reprit courage : elle me récita, j’en jurerais, le roman tout entier ; elle me peignit le caractère d’Emily Brontë ; elle me dit comment ses amies et elle s’étaient promis de garder toujours un culte exclusif à cette noble mémoire. Oui, plus de quarante ans après sa mort, Emily excite encore dans les âmes des jeunes filles de son pays de pieux enthousiasmes. Et tandis que sa sœur Charlotte et George Eliot et Mistress Browning entrent peu à peu dans l’oubli, tous les jours arrivent de nouvelles guirlandes au tombeau de cette Emily Brontë, qui « joignait à l’énergie d’un homme la simplicité d’un enfant ».

Préface de Théodore de Wyzewa
Pour sa traduction de UN AMANT
D’Emily Brontë
1892







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LES TROIS SOEURS BRONTË
par/by Branwell Brontë
From left to right: Anne, Emily and Charlotte
De gauche à droite : Anne, Emily et Charlotte

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EMILY BRONTË – Fair sinks the summer evening now (1839) UNE CLAIRE SOIREE D’ETE

LITTERATURE ANGLAISE -English Literature – English poetry

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EMILY BRONTË
30 July 1818 – 19 December 1848
30 Juillet 1818 – 19 décembre 1848

Traduction – Translation

TRADUCTION JACKY LAVAUZELLE

French and English text
texte bilingue français-anglais

 


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Fair sinks the summer evening now

UNE CLAIRE SOIREE D’ETE

August 30, 1839
30 août 1839

 




Fair sinks the summer evening now
Passe la claire soirée d’été
In scattered glory round;
Tout autour dans une gloire diffuse ;
  The sky upon its holy brow
Le ciel sur son front sacré
Wears not a cloud that speaks of gloom.
Ne loge pas un seul ténébreux nuage.

 






*

The old tower, shrined in golden light,
La vieille tour, ornée d’un halo flavescent,
 
Looks down on the descending sun;
Contemple le soleil descendant ;
 So softly evening blends with night,
Alors doucement, le soir tant se confond avec la nuit,
 You scarce can say when day is done.
Que la fin du jour devient un mystère.

 

 






*

And this is just the joyous hour
Et c’est l’heure joyeuse
 When we were wont to burst away
Où nous nous dérobions
  T’ escape from labour’s tyrant power
Afin d’échapper au pouvoir tyrannique du travail
And cheerfully go out to play.
Et allions jouer au-dehors tendrement. 




*

Then why is all so sad and lone?
Alors, pourquoi tout est-il si triste et abandonné ?
 
No merry footstep on the stair,
Pas de pas joyeux dans l’escalier,
No laugh, no heart-awaking tone,
Pas de rire, pas d’éveil du cœur,
  But voiceless silence everywhere.
Mais un silence aphone partout.




*

 I’ve wandered round our garden ground,
J’ai erré tout autour de notre jardin,
 
And still it seemed at every turn
Et il me semblait, à chaque tour,
That I should greet approaching feet,
Que des pas de moi s’approchaient,
And words upon the breezes hung.
Et que des mots vers moi se portaient.




*

In vain, they will not come to-day,
Aujourd’hui, ils ne viendront pas, en vain,
 
And morning’s beams will rise as drear.
Et les rais du matin se lèveront aussi tristes.
 Then tell me, are they gone for aye,
Alors dis-moi, sont-elles pour toujours parties,
Or gleams the sun amongst the mists of care?
Les étincelles de soleil parmi les brumes de chagrin ?




*

Be still, reviving hope doth say,
Sois tranquille,  pour l’espoir salvateur,
 
Departed joys ’tis fond to mourn,
Les joies disparues sont plus douces à pleurer,
 Think every storm that rides its way
Quand chaque tempête sur son parcours
 Prepared a more divine return.
Prépare un plus divin retour.

August 30, 1839
30 août 1839


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SUPPLEMENT

EMILY BRONTË
DE 1837 A 1842

De 1837 à 1842, Emily resta seule à Haworth, avec son père et sa tante. Elle s’occupait du ménage, soignait la vieille servante Tabby, qui s’était cassé la jambe, surveillait l’éducation de ses chiens, de ses chats et de ses poules, et, aux heures de liberté, courait parmi les bruyères, sous le vent qui soufflait. Pendant les vacances, la famille se réunissait, et la joyeuse vie d’autrefois recommençait. Personne autant qu’Emily ne paraissait s’y plaire.

Il y avait aussi, dans ces années, un desservant (curate) qui venait souvent dans la maison des Brontë et qui semble avoir fait sur Emily une impression assez vive. C’était un beau jeune homme plein de galanterie, et miss Ellen Nussey, l’amie des demoiselles Brontë, a raconté à miss Mary Robinson que sa présence au presbytère mettait dans les yeux d’Emily un éclat inaccoutumé. 






Le bonheur d’Emily devait être de peu de durée. En 1842, sur les instances de Charlotte, la pauvre fille se laissa mener à Bruxelles, où un maître de pension s’offrait à compléter son éducation, et notamment à lui apprendre le français. La compagnie de sa sœur n’empêcha pas ce séjour en Belgique d’être pour Emily un affreux exil. Comme partout et toujours, c’est elle qui là-bas parut la mieux douée, la plus intéressante et la plus belle des deux sœurs. « Sa faculté d’imagination était si vive, elle avait un tel art pour se représenter les scènes et les caractères, et son raisonnement était, en outre, si serré, que je la croyais destinée à l’avenir le plus haut. » C’est en ces termes que parlait d’elle, plus tard, le maître de pension bruxellois. Mais il se plaignait en même temps de cette nature sombre, concentrée, inabordable, qu’il lui avait vue tout le temps qu’il l’avait connue. Des dames anglaises qui habitaient aux environs de Bruxelles se trouvèrent forcées à rompre toutes relations avec les demoiselles Brontë, qu’elles avaient d’abord invitées chez elles : Emily ne leur disait pas un mot ; elle restait des heures dans leur salon, immobile et les yeux baissés. Elle étudiait consciencieusement le français, le dessin, la musique ; elle étonnait ses maîtres par la sûreté et la rapidité de ses progrès ; mais sa tristesse de jour en jour s’aggravait. Elle n’avait d’autre consolation que d’écrire des vers, à l’insu de tous, et de lire Hoffmann, dont les noires inventions concordaient avec les rêves tragiques qu’elle portait en elle.

Préface de Théodore de Wyzewa
Pour sa traduction de UN AMANT
D’Emily Brontë
1892






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LES TROIS SOEURS BRONTË
par/by Branwell Brontë
From left to right: Anne, Emily and Charlotte
De gauche à droite : Anne, Emily et Charlotte

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JOUR ET NUIT Poème de Fiodor TIOUTTCHEV – День и ночь – Фёдор Иванович Тютчев

Poème de Fiodor Tiouttchev
День и ночь
 –

Traduction – Texte Bilingue

Traduction Jacky Lavauzelle
перевод


LITTERATURE RUSSE
русская литература

стихотворение  – Poèmes

 

Fiodor Tiouttchev
Фёдор Иванович Тютчев
1803-1873
Fiodor Tiouttchev Poèmes Poésie Artgitato Les poèmes de Fiodor Tiouttchev

 

Jour et Nuit
1839

Poème de Fiodor Tiouttchev

День и ночь

*

Fiodor TIOUTTCHEVJour et Nuit Poème de Fiodor Tiouttchev Artgitato Goya Sorolla

На мир таинственный духо́в,
Dans le monde mystérieux des esprits,
Над этой бездной безымянной,

Au-dessus de cet abîme sans nom,
Покров наброшен златотканый

Recouvert d’un voile
Высокой волею богов.

Par la haute volonté des dieux.
 День — сей блистательный покров —

Le jour – voilà cette couverture brillante –
День, земнородных оживленье,

Jour qui éveille les vivants,
Души болящей исцеленье,

Répare la santé des malades,
Друг человеков и богов!
Ami de l’homme et les dieux !

*

Но меркнет день — настала ночь;
Mais le jour se décolore – il fait nuit ;
Пришла — и, с мира рокового

Elle est là, la nuit- et sur ce sombre monde
Ткань благодатную покрова

La couverture fertile qui se relève
Сорвав, отбрасывает прочь…

Est déchirée, rejetée …
И бездна нам обнажена

Et l’abîme nu survient
С своими страхами и мглами,

Avec ses craintes et sa noirceur,
И нет преград меж ей и нами —

Et il n’y a pas de barrières entre lui et nous –
Вот отчего нам ночь страшна!
Voilà pourquoi terrible est la nuit !

******

День и ночь

Jour & Nuit

Real Jardín Botánico de Madrid-1781- Le Jardin Botanique Royal Madrid – 马德里 – 皇家植物园 – Королевские ботанические сады Мадрид

  Madrid – Мадрид – 马德里
Real Jardín Botánico de Madrid
——

Madrid Blason Artgitato  Madrid L'Ours & L'arbousier Artgitato La estatua del oso y del madroño

Photos Jacky Lavauzelle
*

Madrid Drapeau Artgitato


Madrid Espagne Real Jardín Botánico Jardin Royal Botanique artgitato Entrée
Le Jardin Botanique Royal Madrid
Real Jardín Botánico
马德里 – 皇家植物园
Королевские ботанические сады Мадрид

ordonnance royale 17 octobre 1755 – roi Ferdinand VI
(Migas Calientes)
Sur l’actuelle promendade du Prado sous Charles III
1716-1788
Roi de 1759 à 1788
17 de octubre de 1755 por el rey Fernando VI en el Soto de Migas Caliente
Carlos III ordenó el traslado a su situación actual en 1781, al Paseo del Prado
Королевский указ 17 октября 1755 – король Фердинанд VII – Мигас Калиентес
На Promendade Prado под Карла III
西班牙卡洛斯三世

 Charles III Carles III Real Jardín Botánico Jardin Botanique Royal Madrid Artgitato

Le Plan du Jardin – El plan del jardín
План сада – 花园计划

Image illustrative de l'article Jardin botanique royal de Madrid

 Madrid Espagne Real Jardín Botánico Jardin Royal Botanique artgitato Plan Plano 2 Madrid Espagne Real Jardín Botánico Jardin Royal Botanique artgitato Plan Plano

*

Mariano Lagasca y Segura
Mariano Lagasca
1776 – 1839

Tras la Guerra de la Independencia (1808-1814), Lagasca es nombrado director del Real Jardín Botánico
Après la Guerre d’indépendance, Lagasca est nommé directeur du Jardin

Mariano Lagasca y Segura Jardin Boranique Royal Madrid artgitato

*
Aesculus Hippocastanum
Castaño de Indias
marronnier commun, marronnier d’Inde, marronnier blanc
欧洲七叶树
Конский каштан обыкновенный

*

Madrid Espagne Real Jardín Botánico Jardin Royal Botanique artgitato Aesculus Hippocastanum Castaño de Indias Chataignier des Indes

***
BONZAÏ – BONSAI – 盆景 – Бонса́й

*

Acer palmatum ‘Deshojo’
Arce rojo de cinco puntas
El arce japonés palmeado
Erable du Japon
клён дланевидный

鸡爪槭

Madrid Espagne Real Jardín Botánico Jardin Royal Botanique artgitato Bonzai Acer Palmatum Deshojo Arce rojo de cinco puntas

*

Elaeagnus pungens – Eleagno
胡颓子 – лох колючий

Madrid Espagne Real Jardín Botánico Jardin Royal Botanique artgitato Bonzai Elaeagnus pungens Eleagno

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Fagus sylvatica
Hêtre commun
水青冈
бук европейский

  Madrid Espagne Real Jardín Botánico Jardin Royal Botanique artgitato Bonzai Pinus densiflora    Madrid Espagne Real Jardín Botánico Jardin Royal Botanique artgitato Bonzai Pseudocydonia senensis falso membrillo

*
Juniperus chinensis
Genévrier de Chine

можжевельник китайский
[famille des Cupressaceae]

Madrid Espagne Real Jardín Botánico Jardin Royal Botanique artgitato Bonzai Juniperus chinensis

*

Larix decidua
Mélèze d’Europe – Mélèze commun
Лиственница европейская, или общий лиственница
欧洲落叶松,或共同落叶松

Madrid Espagne Real Jardín Botánico Jardin Royal Botanique artgitato Bonzai Larix decidua    *

Olea europaea var sylvestris
El acebuche
L’oléastre
Olea еигораеа вар обыкновенная
油橄榄樟子松

Madrid Espagne Real Jardín Botánico Jardin Royal Botanique artgitato Bonzai Olea europaea var sylvestris

Madrid Espagne Real Jardín Botánico Jardin Royal Botanique artgitato Bonzai Olea europae var sylvestris Acebuche

*

Pinus densiflora
pin rouge du Japon ou pin parasol du Japon

*

Pinus sylvestris – Pin sylvestre
樟子松 – обыкновенная

Madrid Espagne Real Jardín Botánico Jardin Royal Botanique artgitato Bonzai Pinus Sylvestris Pino Albar

*

Prunus mume
Abricotier du Japon
梅花

Madrid Espagne Real Jardín Botánico Jardin Royal Botanique artgitato Bonzai Prunus mume Albaricoquero japones de flor

*

Trachelospermum asiaticum
jasmin étoilé jaune ou faux jasmin jaune
络黄龙病

Madrid Espagne Real Jardín Botánico Jardin Royal Botanique artgitato Bonzai trachelospermum asiaticum

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Zelkova serrata
zelkova du Japon
Японский дзельквы
日本光叶榉树

Madrid Espagne Real Jardín Botánico Jardin Royal Botanique artgitato Bonzai Zelkova Serrata

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Crocosmia ‘Lucifer’

Madrid Espagne Real Jardín Botánico Jardin Royal Botanique artgitato Crocosmia Lucifer

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Helleborus Orientalis
Rose de carême
东方铁筷子
Helleborus восточный

Madrid Espagne Real Jardín Botánico Jardin Royal Botanique artgitato Helleborus Orientalis

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Hydrangea Macrophylla
Hortensia
八仙花
Гортензия крупнолистная

Madrid Espagne Real Jardín Botánico Jardin Royal Botanique artgitato Hydrangea Macrophylla

*

Hylotelephium Telephium
紫八宝
hylotelephium незаживающая язва
[Famille des Crassulaceae]

*

paeonia suffruticosa – paeonia arbustiva
pivoine arbustive
пион древовидный
牡丹
Lu He Hong

Madrid Espagne Real Jardín Botánico Jardin Royal Botanique Paeonia suffruticosa Peonia arbustiva

*
paeonia suffruticosa – paeonia arbustiva
pivoine arbustive
пион древовидный
牡丹
‘Otome no mai’

Madrid Espagne Real Jardín Botánico Jardin Royal Botanique Paeonia suffruticosa otome no mai*

Potentilla Fruticosa
Abbotswood
Potentille frutescente – Potentille arbustive
Лапчатка кустарниковая
金露梅
[Famille des Rosaceae]

Madrid Espagne Real Jardín Botánico Jardin Royal Botanique artgitato Potentilla Fruticosa Abbotswood

*

Rhododendron ‘Amoenum’
Рододендрон
杜鹃

Madrid Espagne Real Jardín Botánico Jardin Royal Botanique artgitato Rhododendron Amoenum Azalée

Madrid Espagne Real Jardín Botánico Jardin Royal Botanique artgitato Rhododendron Amoenum Azalée 2

*

Variedad de Tulipanes

Tulipa – Tulipes
тюльпаны
郁金香
[famille des Liliacées]
Madrid Espagne Real Jardín Botánico Jardin Royal Botanique artgitato Tulipes 1Madrid Espagne Real Jardín Botánico Jardin Royal Botanique artgitato Tulipes Tulipanes 00Madrid Espagne Real Jardín Botánico Jardin Royal Botanique artgitato Tulipes Tulipanes 5Madrid Espagne Real Jardín Botánico Jardin Royal Botanique artgitato Tulipes Tulipanes 4Madrid Espagne Real Jardín Botánico Jardin Royal Botanique artgitato Tulipes Tulipanes 0Madrid Espagne Real Jardín Botánico Jardin Royal Botanique artgitato Tulipes Tulipanes 3Madrid Espagne Real Jardín Botánico Jardin Royal Botanique artgitato Tulipes Tulipanes 2Madrid Espagne Real Jardín Botánico Jardin Royal Botanique artgitato Tulipes Tulipanes

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« Cueillez-nous, disent les fleurs. Nous sommes belles à voir et nos haleines sont embaumées. Nous aimons que notre beauté soit rehaussée par les femmes qui nous portent. Quand nous sommes écloses, nous n’avons plus rien à puiser dans le sein de la terre, et les baisers des vents nous dispersent bientôt loin de ceux qui nous ont vu naître.
« Cueillez-nous ! La mort ignorée nous effraie. Portez-nous dans vos fêtes, admirez-nous un instant seulement. Car nous naissons par milliers sous les pas des hommes, et les pleurs de la nuit nous reproduisent en bien plus grand nombre qu’on ne saurait nous détruire.
« Les fleurs ne mentent jamais ; dès qu’elles changent de couleur, elles ont cessé de vivre. »

Ernest Cœurderoy
Jours d’Exil, tome II
Las Coplas de los Ciegos

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