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LA POESIE D’EDGAR ALLAN POE

LA POESIE D’EDGAR ALLAN POE
LITTERATURE AMERICAINE

Edgar Allan Poe Traduction Jacky Lavauzelle*******

Poésie Traduction Jacky Lavauzelle Montage

EDGAR ALLAN POE
1809-1849




Traduction – Translation

TRADUCTION JACKY LAVAUZELLE

French and English text
texte bilingue français-anglais


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LA POESIE D’EDGAR ALLAN POE

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A DREAM WITHIN A DREAM
UN RÊVE DANS UN RÊVE 
1849

Take this kiss upon the brow!
Tiens ce baiser sur le front !
And, in parting from you now,
Et, en te quittant à présent,

Photo et traduction Jacky Lavauzelle

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BRIDAL BALLAD
BALLADE NUPTIALE

The ring is on my hand,
L’anneau est à ma main,
  And the wreath is on my brow;
Et la couronne à mon front ;

Edgar Allan Poe Trad Jacky Lavauzelle

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EULALIE
(1845)

I dwelt alone
Je demeurais seul
In a world of moan,
Dans un monde de gémissements,

Van Gogh Edgar Allan Poe Jacky Lavauzelle

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THE HAPPIEST DAY
LE JOUR LE PLUS HEUREUX
1827

The happiest day – the happiest hour
Le jour le plus heureux – l’heure la plus heureuse
My sear’d and blighted heart hath known,
Mon coeur consumé et brisé l’a connue,

Tableau et Traduction Jacky Lavauzelle

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THE HAUNTED PALACE
LE PALAIS HANTE
1839

In the greenest of our valleys
Dans la plus verte de nos vallées
By good angels tenanted,
Par de bons anges loués,

photo et traduction Jacky Lavauzelle

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SILENCE
1838

There are some qualities—some incorporate things,
Il y a certaines qualités – certaines choses incorporelles,
That have a double life, which thus is made
Avec une double vie, qui est faite

Photo Jacky Lavauzelle

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TO HELEN
A HELENE
1831

Helen, thy beauty is to me
Hélène, ta beauté est pour moi
Like those Nicéan barks of yore,
Ces barques Nicéennes d’autrefois,

To Helen Edgar Allan Poe Traduction Jacky Lavauzelle

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TO ONE IN PARADISE
À QUELQU’UN AU PARADIS

Edgar Poe Poème Trad Jacky Lavauzelle
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LA VALLEE DES TROUBLES
The Valley of Unrest

Poe trad Jacky Lavauzelle*****************************

POE PAR BAUDELAIRE

LES PERSONNAGES DE POE

Les personnages de Poe, ou plutôt le personnage de Poe, l’homme aux facultés suraiguës, l’homme aux nerfs relâchés, l’homme dont la volonté ardente et patiente jette un défi aux difficultés, celui dont le regard est tendu avec la roideur d’une épée sur des objets qui grandissent à mesure qu’il les regarde, — c’est Poe lui-même. — Et ses femmes, toutes lumineuses et malades, mourant de maux bizarres et parlant avec une voix qui ressemble à une musique, c’est encore lui ; ou du moins, par leurs aspirations étranges, par leur savoir, par leur mélancolie inguérissable, elles participent fortement de la nature de leur créateur. Quant à sa femme idéale, à sa Titanide, elle se révèle sous différents portraits éparpillés dans ses poésies trop peu nombreuses, portraits, ou plutôt manières de sentir la beauté, que le tempérament de l’auteur rapproche et confond dans une unité vague mais sensible, et où vit plus délicatement peut-être qu’ailleurs cet amour insatiable du Beau, qui est son grand titre, c’est-à-dire le résumé de ses titres à l’affection et au respect des poëtes.

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L’accord de l’homme et du poète

L’ardeur même avec laquelle il se jette dans le grotesque pour l’amour du grotesque et dans l’horrible pour l’amour de l’horrible, me sert à vérifier la sincérité de son œuvre et l’accord de l’homme avec le poëte. — J’ai déjà remarqué que, chez plusieurs hommes, cette ardeur était souvent le résultat d’une vaste énergie vitale inoccupée, quelquefois d’une opiniâtre chasteté, et aussi d’une profonde sensibilité refoulée. La volupté surnaturelle que l’homme peut éprouver à voir couler son propre sang, les mouvements soudains, violents, inutiles, les grands cris jetés en l’air, sans que l’esprit ait commandé au gosier, sont des phénomènes à ranger dans le même ordre.

la phosphorescence de la pourriture et la senteur de l’orage

Au sein de cette littérature où l’air est raréfié, l’esprit peut éprouver cette vague angoisse, cette peur prompte aux larmes et ce malaise du cœur qui habitent les lieux immenses et singuliers. Mais l’admiration est la plus forte, et d’ailleurs l’art est si grand ! Les fonds et les accessoires y sont appropriés aux sentiments des personnages. Solitude de la nature ou agitation des villes, tout y est décrit nerveusement et fantastiquement. Comme notre Eugène Delacroix, qui a élevé son art à la hauteur de la grande poésie, Edgar Poe aime à agiter ses figures sur des fonds violâtres et verdâtres où se révèlent la phosphorescence de la pourriture et la senteur de l’orage. La nature dite inanimée participe de la nature des êtres vivants, et, comme eux, frissonne d’un frisson surnaturel et galvanique. L’espace est approfondi par l’opium ; l’opium y donne un sens magique à toutes les teintes, et fait vibrer tous les bruits avec une plus significative sonorité. Quelquefois, des échappées magnifiques, gorgées de lumière et de couleur, s’ouvrent soudainement dans ses paysages, et l’on voit apparaître au fond de leurs horizons des villes orientales et des architectures, vaporisées par la distance, où le soleil jette des pluies d’or.

Charles Baudelaire
Edgar Poe, sa vie et ses œuvres
1856
Histoires extraordinaires
Michel Lévy fr.

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LA POESIE D’EDGAR ALLAN POE

Poésie Traduction Jacky Lavauzelle Edgar Allan Poe

A HELENE – Poème d’Edgar Allan POE – TO HELEN (1831)

POEME D’EDGAR ALLAN POE
LITTERATURE AMERICAINE

Edgar Allan Poe Traduction Jacky Lavauzelle*******

Poésie Traduction Jacky Lavauzelle Montage

EDGAR ALLAN POE
1809-1849




Traduction – Translation

TRADUCTION JACKY LAVAUZELLE

French and English text
texte bilingue français-anglais


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TO HELEN
A HELENE
* 1831 *

 

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To Helen Edgar Allan Poe Traduction Jacky Lavauzelle

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Helen, thy beauty is to me
Hélène, ta beauté est pour moi
Like those Nicéan barks of yore,
Ces barques Nicéennes d’autrefois,
That gently, o’er a perfumed sea,
Qui, doucement, sur une mer parfumée,
The weary, way-worn wanderer bore
Portaient le vagabond fatigué
To his own native shore.
Vers sa rive natale.

*

On desperate seas long wont to roam,
Par des mers désespérées, après avoir longtemps erré,
Thy hyacinth hair, thy classic face,
Tes cheveux de hyacinthe, ton visage classique,
Thy Naiad airs have brought me home
Tes airs de Naïade m’ont porté dans mon foyer
To the glory that was Greece,      
Pour la gloire de la Grèce antique,
And the grandeur that was Rome.
Et la grandeur de l’antique Rome.

*

Lo! in yon brilliant window-niche
Là ! Dans l’embrasure éclatante
How statue-like I see thee stand,
Je te vois telle une statue,
The agate lamp within thy hand!
Dans ta main, la lampe d’agate  !
Ah, Psyche, from the regions which
Ah ! Psyché, venue de régions
Are Holy-Land!
Qui sont Terre sainte !

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LES PERSONNAGES DE POE
PAR
CHARLES BAUDELAIRE

Les personnages de Poe, ou plutôt le personnage de Poe, l’homme aux facultés suraiguës, l’homme aux nerfs relâchés, l’homme dont la volonté ardente et patiente jette un défi aux difficultés, celui dont le regard est tendu avec la roideur d’une épée sur des objets qui grandissent à mesure qu’il les regarde, — c’est Poe lui-même. — Et ses femmes, toutes lumineuses et malades, mourant de maux bizarres et parlant avec une voix qui ressemble à une musique, c’est encore lui ; ou du moins, par leurs aspirations étranges, par leur savoir, par leur mélancolie inguérissable, elles participent fortement de la nature de leur créateur. Quant à sa femme idéale, à sa Titanide, elle se révèle sous différents portraits éparpillés dans ses poésies trop peu nombreuses, portraits, ou plutôt manières de sentir la beauté, que le tempérament de l’auteur rapproche et confond dans une unité vague mais sensible, et où vit plus délicatement peut-être qu’ailleurs cet amour insatiable du Beau, qui est son grand titre, c’est-à-dire le résumé de ses titres à l’affection et au respect des poëtes.

Charles Baudelaire
Edgar Poe, sa vie et ses œuvres
1856
Histoires extraordinaires
Michel Lévy fr.

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POEME D’EDGAR ALLAN POE

Poésie Traduction Jacky Lavauzelle Edgar Allan Poe

LUIS DE CAMOES OS LUSIADAS III-56 LES LUSIADES

*Luís de Camões Os Lusiadas Les Lusiades
OS LUSIADAS III-56 LES LUSIADES III-56
LITTERATURE PORTUGAISE

Luis de Camoes Oeuvres obras Artgitato

literatura português

Luis de Camões
[1525-1580]

Tradução – Traduction
texto bilingue

Luis de Camoes Les Lusiades

 

Obra Poética

(1556)

LES LUSIADES III-56

OS LUSIADAS III-56

A Epopeia Portuguesa

 

CHANT III
Canto Terceiro

Traduction Jacky Lavauzelle

verso 56
Strophe 56

III-56

Image illustrative de l'article Vasco de Gama

Vasco de Gama

Vasco da Gama signature almirante.svg

 

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Luís de Camões Os Lusiadas
OS LUSIADAS III-56
LES LUSIADES III-56

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Précisions historiques

Camoes a évoqué du verset 42 au verset 54 la bataille d’Ourique qui sera gagné par le premier roi de Portugal sous le nom d’Alphonse Ier – Alfonso I – Afonso Henriques (1109 Guimarães /Viseu-1185  Coimbra) –
Alfonso sera couronné roi de Portugal en 1139 après la bataille d’Ourique.
Dans le sonnet, Camoes évoque la séquence suivante à partir de la bataille de Leiria. Cette bataille n’a pas la même portée symbolique d’Ourique qui méritait une dizaine de sonnets, il s’agissait de la Grande Victoire, grão vitória. Nous nous trouvons à 7 kilomètres du Campo de Ourique. Nous sommes ici à la limite entre le nouveau royaume et les possessions des musulmans Almohades. D’où les premiers vers de Camoes sur la conquête récente de la ville par les Mahométans. Paio Guterres da Cunha, un noble portugais, se fera remarquer à plusieurs reprises dans la défense du château de Leiria Nous le retrouverons aussi dans le siège par les maures de Lisbonne.
Les autres villes citées dans le sonnet 55 sont Arronches, petite ville de l’Alentejo, située à proximité de l’actuelle frontière avec l’Espagne et Scabelicastro – nommée Scalabis par les Romains, puis Shantarin par les Maures – s’appelle aujourd’hui Santarém et se trouve au nord de Lisbonne, dans le Ribatejo.
Sonnet 56, Alphonse Ier continue ses conquêtes avec Sintra et Mafra situées à une vingtaine de kilomètres au nord de Lisbonne. Sintra tombe en 1147. Les Monts de Sintra sont nommés les Montagnes de la Lune, serras da Lua ; lien fait entre Sintra et Cynthie. Cynthie est associée à Diane, la déesse de la Lune (Première Encyclopédie – Diderot – 1751 – Tome 4 : CYNTHIUS & CYNTHIA, surnoms d’Apollon & de Diane, ainsi appelés du mont Cynthie situé au milieu de l’île de Délos où ils avoient pris naissance.)

Jacky Lavauzelle
Camoes Les Lusiades

******

« A estas nobres vilas sometidas,
« A ces nobles villes conquises,
Ajunta também Mafra, em pouco espaço,
 Il ajoute aussi Mafra, à proximité,
E nas serras da Lua conhecidas,
Et dans les montagnes de la Lune réputées,
Sojuga a fria Sintra o duro braço;
Son bras rigide subjugue la fraîche Sintra ;
Sintra, onde as Naiades, escondidas
Sintra, où les Naïades, cachées
Nas fontes, vão fugindo ao doce laço,
 Dans les sources, fuyant les douces entraves,
Onde Amor as enreda brandamente,
 Que l’Amour enchevêtre doucement,
Nas águas acendendo fogo ardente.
 Dans les eaux s’embrasent en un feu brûlant.

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Vasco de Gama par Gregorio Lopes

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Luís Vaz de Camões Os Lusiadas Les Lusiades
OS LUSIADAS III-56 CAMOES LUSIADES III-56
Traduction Jacky Lavauzelle
ARTGITATO
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White_Fawn_Drawing Faon Diane

LUIS DE CAMOES OS LUSIADAS LES LUSIADES

Reviczky Gyula LA MORT DE PAN Pán halála Poème Hongrois

 

LA MORT DE PAN
Reviczky Gyula
TRADUCTION JACKY LAVAUZELLE

 

 

Reviczky Gyula
Vitkóc, 1855. április 9. – Budapest, 1889. július 11.
19 avril 1855 – 11 juillet 1889
magyar költő, író
Poète et écrivain hongrois




——–


Hongrie- Magyarországon
Szöveggyûjtemény
A magyar irodalom








Traduction – Texte Bilingue
Fordítás –  Kétnyelvű szöveget

Traduction Jacky Lavauzelle


LITTERATURE HONGROISE
POESIE HONGROISE

A Magyar Irodalom
Magyar Költészet

Flag_of_Hungary_(1920–1946)_svg

 

Magyar Költő
Poète Hongrois








Pán halála  

La Mort de Pan

Jacob Jordaens
Le Satyre et le Paysan
Munich Alte Pinakothek

**

 

Alkonybiborban úszik a hajó.
Le pourpre nocturne flotte autour du bateau,
A tenger keble álmodón piheg.
Que soulèvent les rêves intimes de la mer.
Csélcsap Zefír, az arra illanó,
Le coquet Zéphyr volatile,
Hableplét pajkosan lebbenti meg.
Le frôle malicieusement.
Langyos párázat rezg a légben;
De tièdes vapeurs vibrent dans l’azur ;
A holdtányér az alkonyégen
La lune dans le ciel crépusculaire
Bágyadt szinéből lángba olvad át…
Jette à travers des languissantes flammes…
Köröskörül merengő némaság.
Tout autour le silence couve.

*

Lent a hajóba’
Au fond du navire
  Pattog a nóta.
Chavire la chanson.
Durva hajósnak
Les marins rugueux
Víg lakomátul
Joyeusement gueuletonnent
Keble kitágul;
Les poitrines s’entrouvrent ;
Szűk nyaku korsók összekoczódnak.
Les cruches au col étroit sensuellement se choquent.
Perdül a koczka, csalfa szerencse
Les dés se frôlent, la fortune trompeuse
 Pörgeti arra, pörgeti erre.
Passe par ici, passe par là.
Ölben a lányok,
Autour des filles
Ing a ruhájok,
Frissonnent les tuniques,
  Szív az ajak hiblájai mézet.
Aux lèvres au goût du miel d’Hybla.
« Lezbia, csókolj! éljen az élet!
« Lesbie, embrasse-moi ! Vive la vie !
 Éljen a kedvnek mámora, gőze
Vive le frisson vaporeux de mon désir,
Éljen a vágy, mely minden időbe’
Vive le désir qui tout le temps s’abreuve 
 Inni mohón kéjserleget unszol.
Goulûment à la fontaine des voluptés.
Nincs zene, bor, lány, hol Koczitusz foly! »
Plus de musique, de vin, plus de fille, où continue le Cocyte ! « 

*

S még hangosabb lesz a hajófenék.
Des huées plus fortes encore dans le fond du navire.
Szitok, kurjantás röpköd szerteszét.
Le vacarme partout dans l’espace.
Padlóra öntik a caecubumit,
Du vin sur le sol se verse,
  Tiberiust, a császárt így köszöntve.
Tibère l’empereur est salué.
Egy ifju pár függöny mögé buvik;
Derrière le rideau se caresse un jeune couple ;
 Pajkos manó incselkedik körötte.
Un malicieux elfe autour d’eux s’affaire.
  Mások szilaj cordaxot lejtenek,
D’autres s’inclinent dans une sauvage ronde,
S a gondtalan, a dévaj istenek
Et les dieux, au milieu des plaisirs insouciantes
 Látatlanul vegyülnek el e körbe.
S’introduisent invisibles dans le cercle.








*

És hallga, a hajó kormányosa
Et le commandant entend
Hangot hall, mely nevén szólítja zordul.
Une voix l’appelant sinistrement.
« Thamus! »… Ki az? Ki volna! Nem csoda.
« Thamus! » … Qui est-ce ? Qui sait ! Rien d’étonnant.
Csak feje zúg, csak füle cseng a bortul.
Seule la clameur dans sa tête, où le vin chante encore.
  De ni! Nem volt ez az előbbi hang?
Une voix à nouveau ! Différente de la première voix ?
  « Thamus! »… No várj, nem tréfálsz meg, bitang!
« Thamus! « … Non, attends, je ne plaisante plus, maraud !
 S fölmegy, hogy lássa. Gyönyörű az éj:
Il remonte sur le pont. Une belle nuit :
Ezüstszegélyü a hullámkarély.
Lumineux scintillement des vagues.
A tengerből lágyan kirezgenek
La mer doucement redessine
A csillagok, vagy tán najád-szemek?
Les étoiles, ou peut-être les yeux des naïades ?
S távol, hová a szem sötétben ér,
Et au loin, là où l’œil atteint l’obscurité,
Etóliának partja feketél.
Les côtes d’Étolie se cachent.

*

Thamus körültekint figyelmesen.
Thamus regarde tout autour.
Lélek se. Minden néma, nesztelen.
Personne. Tout est silencieux, calme.
Csalódott mégis; s már indulna vissza.
Encore déçu, il redescend.
  Lent koczka várja, bor s tüzes Melissza.
Le vin est là et la chaude Mélissa.
De ím, a titkos hang az éjhomályba’
Mais la voix secrète énigmatique
Harmadszor is Thamus nevét kiáltja.
Souffle une troisième fois le nom de Thamus.
  « A földi hang embertől jő; ez égi.
  « Toi, la voix qui provient pas de la terre, voix céleste,
Ki vagy? Mi kell? » – Thamus szepegve kérdi.
Qui es-tu ? Que veux-tu ? »- Demande Thamus agacé.
Harsány szózat zúg erre át a légen;
La voix forte traverse alors les airs ;
Meghallják lent is, a hajófenéken.
Et s’entend même au fond du navire.
  S ez íge hallik: « Thamus, vén hajós,
Et dit : « Thamus, vieux marin,
Légy tudtodon kivűl ma jós.
 Tu deviendras oracle aujourd’hui.
Elérve Palodesz magaslatot,
 En atteignant le haut lieu de Pallentès,
Add hírűl: « A nagy Pán halott! »
Et tu proclameras alors : Le grand Pan est mort! »

*

S elnémul a duhajkodó csapat.
L’équipage se tut.
Nem kell a korty, nem izlik a falat.
Plus aucunes gorgées, plus rien ne passe.
Thamusnak nem jön álom a szemére;
Les rêves pénètreront les yeux de Thamus ;
Magába száll, merengő, meghatott;
Troublé et perdu ;
S midőn Palodeszt a hajó elérte:
Le navire atteignit Pallentès :
A part felé
S’approchant de la côte
Kiáltja, mint a szózat rendelé:
Il cria à pleins poumons :
« Meghalt a nagy Pán! A nagy Pán halott! »
  « Le grand Pan est mort ! Le grand Pan est mort ! » 

*

S egyszerre – ily csodát ugyan ki látott? –
Et soudain- a-t-on vu déjà un tel miracle ? –
Megindulnak fák, bokrok és kövek.
Les arbres se pliant, des buissons et des rochers.
Halk zokogás kél; elhaló sirámot
Sanglots silencieux ; sombres lamentations
Kinos nyöszörgés, jajgatás követ.
Gémissements, rochers en pleurs.
Velőt rázó, mély sóhajok keringnek,
Des secousses et des valses de profonds soupirs,
Sirás hangzik fel, csukló, szakgatott.
Des sons déchirants, des sanglots frémissants.
De kétségb’esve túlzokogja mindet:
Mais cette voix encore les dépasse :
« Meghalt a nagy Pán! A nagy Pán halott! »
  « Le grand Pan est mort ! Le grand Pan est mort ! » 

*








Némán hever hétcsővü fuvolája,
La flûte aux sept tuyaux sonores s’est éteinte,
A mellyel nimfákat rémítgetett.
Celle qui effarouchait les nymphes.
A föld mátul rideg, zord, néma, árva;
La terre est froide, sombre, orpheline muette ;
Nem élnek rajt’ a játszi istenek.
Ils ne vivent pas ici les dieux rieurs.
A szatirok, szilvánok és najádok
Les satyres, les sylvains et les naïades
– Minden bokorban istenség lakott –
– Chaque divinité habitait dans les buissons –
Ott hagytak fát, füvet, forrást, virágot…
Il ont déserté désormais les arbres, les herbes et les fleurs…
Meghalt a nagy Pán! A nagy Pán halott!
Le grand Pan est mort ! Le grand Pan est mort !

*

A természetből elszállott a lélek.
L’âme de la nature s’est envolée :
Eztán a földön isten nem mulat.
La terre n’amuse plus les dieux.
Nem lesznek többé gondtalan kedélyek;
Elle n’a plus la même insouciance ;
Jön a szivet fásító öntudat.
La conscience dans le cœur s’est installée.
Egyhanguság, elmélkedés unalma…
Uniforme, la pensée ennuie …
Óh Thamus, ezt jelenti jóslatod!
Oh Thamus, voilà ta prédiction !
Megszünt az istenek pogány uralma.
Les dieux païens ont cessé de régner.
Meghalt a nagy Pán! A nagy Pán halott!
Le grand Pan est mort ! Le grand Pan est mort !

*

Hallják ezt a hajósok, de nem értik.
Les marins entendent, mais ne comprennent pas.
« Meghalt a nagy Pán? » Álmélkodva kérdik.
« Il est mort le grand Pan ? » demandent-ils étonnés.
Ki fejti meg e százhangú siralmat?…
S’expliquent-ils ce deuil unanime ? …
Ti embersorsot intéző hatalmak,
Vous les puissances souveraines,
Óh, küldjetek fényjelt e vak homályba,
Oh ! envoyez un signal lumineux dans cette aveugle obscurité,
Hogy mit jelent a természet siráma.
Expliquez-nous d’où proviennent ces lamentations.

*

És zúg az erdő, hűs szellőcske támad,
Et un murmure frissonne dans la forêt, un vent passe,
Az éj sötétje szürkeségre bágyad.
L’obscurité de la nuit devient gris doré.
A lejtőn fínom ködburok lapul,
Une fine nuée tombe
S titkos szózat kél íme válaszul:
Et une voix secrète donna la réponse suivante :

*

« Pán és családja meghalt. Él az Isten:
 « Pan et sa famille sont morts dans le Dieu vivant :
Nem fűben, fában, kőben, de a szivben.
Il ne se trouve ni dans les herbes, ni dans les bois, ni dans la pierre, mais dans le cœur.
A kicsapongó istenek halottak,
Les dieux paillards sont morts,
Kora lejárt a dölyfös boldogoknak,
  L’ère heureuse des gens arrogants est terminée,
A szenvedők birják eztán a földet.
  Maintenant, la terre s’ouvre désormais à la souffrance.
  Édes gyönyör leszen hullatni könnyet.
Il y aura un doux plaisir versé de larmes.
  Az erdő hallgatag, szelid magánya
La calme forêt, la solitude douce
A búsulóknak lesz vigasztalása.
Consoleront les peines.
  Ki szomorú nem volt, az mind pogány,
 Ceux qui n’éprouvent pas de tristesse sont païens,
Ő rendelé ezt így a Golgothán.
Voici Ses révélations des hauteurs du Golgotha.
Ő, a ki jámbor, irgalmas, szelid
 Lui, saint, miséricordieux, doux
 S elvette a világnak bűneit. »
Qui enleva les péchés du monde « .

*

És ím kelet felől, a hol pirosra
Et de l’Est, où le rouge
Leget, párát a hajnal fénye fest:
Teinte le brouillard aux premières lueurs de l’aube :
Az ég alján, a földdel összefolyva
Du fond du ciel au plus profond de la terre
Feltűnik a kereszt.
Apparaît la croix.

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Reviczky Gyula
LA MORT DE PAN

TANNHÄUSER ACTE I SCENE 1 Erster Aufzug Ouvertüre & Erste Szene Texte Allemand et Traduction

 OPERA  – OPER

RICHARD WAGNER
1813-1883

TANNHÄUSER
Tannhäuser und der Sängerkrieg auf Wartburg

1845

ERSTER AUFZUG
ACTE 1
OUVERTURE & SCENE 1

Tannhäuser Opera Richard Wagner ACTE 1 scène 1 Texte et Traduction Artgitato The Mirror of Venus Edward Burne Jones

OUVERTÜRE
OUVERTURE

 

 

1-SZENE
SCENE 1

Die Bühne stellt das Innere des Venusberges [Hörselberges bei Eisenach] dar.
La scène représente l’intérieur du Venusberg [Hörselberg à côté d’Eisenach].
Weite Grotte, welche sich im Hintergrunde durch eine Biegung nach rechts wie unabsehbar dahin zieht.
Une large grotte s’inclinant sur la droite en arrière-plan.
Aus einer zerklüfteten Öffnung, durch welche mattes Tageslicht hereinscheint, stürzt sich die Höhe der Grotte entlang ein grünlicher Wasserfall herab, wild über Gestein schäumend;
D’un trou à travers la roche déchiquetée filtre une lumière terne, une chute d’eau, de la hauteur de la grotte, jaillit, se fracassant sauvagement sur les rochers ;
aus dem Becken, welches das Wasser auffängt, fließt nach dem ferneren Hintergrunde der Bach hin, welcher dort sich zu einem See sammelt, in welchem man die Gestalten badender Najaden, und an dessen Ufern gelagerte Sirenen gewahrt. 
Du bassin, qui recueille l’eau, coule en arrière-plan vers lointain un ruisseau, qui rassemble là-bas à un lac, où l’on aperçoit les Naïades se baignant, et où se reposent les sirènes.

Joseph Tichatschek als Tannhäuser und Wilhelmine Schröder-Devrient als Venus in der Uraufführung 1845

Zu beiden Seiten der Grotte Felsenvorsprünge von unregelmäßiger Form, mit wunderbaren, korallenartigen tropischen Gewächsen bewachsen.
Sur les deux côtés des parois de la grotte avec des roches de formes irrégulières, se dressent de magnifiques plantes tropicales, tels des coraux.
Vor einer nach links aufwärts sich dehnenden Grottenöffnung, aus welcher ein zarter, rosiger Dämmer herausscheint, liegt im Vordergrunde Venus auf einem reichen Lager, vor ihr das Haupt in ihrem Schoße, die Harfe zur Seite, Tannhäuser halb kniend. 
Une ouverture de la grotte à gauche vers le haut, brouillard vaporeux et rose, le principal dans son ventre, au premier plan Vénus est étendue sur une couche majestueuse, une harpe à ses côtés Tannhäuser est à moitié agenouillé.
Das Lager umgeben, in reizender Verschlingung gelagert, die drei Grazien.
Autour du camp, dans un bel enchevêtrement de corps, les trois Grâces.
Zur Seite und hinter dem Lager zahlreiche schlafende Amoretten, wild über und neben einander gelagert, einen verworrenen Knäuel bildend, wie Kinder, die, von einer Balgerei ermattet, eingeschlafen sind.
De côté et derrière le lit, de nombreux Cupidons couchés, disposés sauvagement, sans ordre précis et côte à côte, formant un écheveau, comme des enfants endormis fatigués après une bagarre.
Der ganze Vordergrund ist von einem zauberhaften, von unten her dringenden, rötlichen Lichte beleuchtet, durch welches das Smaragdgrün des Wasserfalles, mit dem Weiß seiner schäumenden Wellen, stark durchbricht;
L’ensemble du premier plan est illuminé par une magnifique lumière rouge qui vient du bas, à travers lequel le vert émeraude de la cascade et le blanc des vagues écumantes font contrastes ;
der ferne Hintergrund mit den Seeufern ist von einem verklärt baluen Dufte mondscheinartig erhellt.
l’arrière-plan lointain des rives est éclairé comme par un clair de lune.

Beim Aufzuge des Vorhanges sind, auf den erhöhten Vorsprüngen, bei Bechern noch die Jünglinge gelagert, welche jetzt sofort den verlockenden Winken der Nymphen folgen, und zu diesen hinabeilen;
Quand le rideau se lève, les jeunes hommes étendus avec leurs coupes se lèvent maintenant en suivant immédiatement le chant envoûtant des Nymphes, et se ruent vers le bas de la scène ;
die Nymphen hatten um das schäumende Bekken des Wasserfalles den auffordernden Reigen begonnen, welcher die Jünglinge zu ihnen führen sollte;
les nymphes avaient commencé autour de la cascade une chorégraphie afin d’émoustiller les jeunes gens et les conduire jusqu’à elles ;
die Paare finden und mischen sich; 
les couples se forment et se refont ;
Suchen, Fliehen und reizendes Nekken beleben den Tanz.
Les attirances et les répulsions animent la danse.
Aus dem ferneren Hintergrunde naht ein Zug von Bacchantinnen, welcher durch die Reihen der liebenden Paare, zu wilder Lust auffordernd, daherbraust. 
A l’arrière-plan s’approche un groupe de de Bacchantes, qui s’engagent dans les rangs des couples d’amoureux, avec un sauvage désir.
Durch Gebärden begeisterter Trunkenheit reißen die Bacchantinnen die Liebenden zu wachsender Ausgelassenheit hin.
À travers des gestes d’ivresse enthousiaste les Bacchantes font monter le désir par une exubérance croissante.
Satyre und Faune sind aus den Klüften erschienen, und drängen sich zur höchsten Wut.
Satyres et faunes à travers les fissures, s’élancent avec colère.
Hier, beim Ausbruche der höchsten Raserei, erheben sich entsetzt die drei Grazien.
Ici, lorsque l’orgie est à son summum, les Trois Grâces apparaissent terrorisées.
Sie suchen den Wütenden Einhalt zu tun und sie zu entfernen.
Elles essaient toutefois de contenir la colère et de les éloigner.
Machtlos fürchten sie selbst mit fortgerissen zu werden:
Impuissantes, elles craignent alors d’être emportées:
sie wenden sich zu den schlafenden Amoretten, rütteln sie auf, und jagen sie in die Höhe. 
elles se tournent vers les cupidons endormis, les secouent et les chassent dans l’air.
Diese flattern wie eine Schar Vögel aufwärts auseinander, nehmen in der Höhe, wie in Schlachtordnung, den ganzen Raum der Höhle ein, und schießen von da herab einen unaufhörlichen Hagel von Pfeilen auf das Getümmel in der Tiefe. 
Ils se répandent comme flotterait une nuée d’oiseaux, prennent de la hauteur, et occupent, comme en ordre de bataille, tout l’espace de la grotte, et tirer ,vers le bas, une grêle incessante de flèches sur les proies restées dans les profondeurs.
Die Verwundeten, von mächtigem Liebessehnen ergriffen, lassen vom rasenden Tanze ab und sinken in Ermattung.
Les blessés, pris d’un désir puissant d’amour, partent au large de la danse frénétique et se laisse tomber d’épuisement.
Die Grazien bemächtigen sich der Verwundeten und suchen, indem sie die Trunkenen zu Paaren fügen, sie mit sanfter Gewalt nach dem Hintergrund zu zu zerstreuen.
Les Grâces saisissent les blessés et tente de regrouper par deux les couples enivrés pour les disperser, par la force douce, par le fond de la scène.
Dort nach den verschiedensten Richtungen hin entfernen sich [zum Teil auch von der Höhe herab durch die Amoretten verfolgt] die Bacchanten, Faunen, Satyren, Nymphen und Jünglinge. 
Dans toutes les directions, partent [en partie, descendant des hauteurs, poursuivis par les amours] les Bacchantes, les faunes, les satyres, les nymphes et les jeunes gens.
Ein immer dichterer rosiger Duft senkt sich herab;
Un brouillard rose, de plus en plus dense, descend ;
in ihm verschwinden zunächst die Amoretten;
où disparaît dans un premier temps les amours ;
dann bedeckt er den ganzen Hintergrund, so daß endlich, außer Venus und Tannhäuser, nur noch die drei Grazien sichtbar zurückbleiben.
Puis recouvre l’ensemble du fond, de sorte que finalement restent visibles, avec Vénus et Tannhäuser, les trois Grâces seulement.
Diese wenden sich jetzt nach dem Vordergrunde zurück;
Celles-ci reviennent maintenant au premier plan;
in anmutigen Verschlingungen nahen sie sich Venus, ihr gleichsam von dem Siege berichtend, den sie über die wilden Leidenschaften der Untertanen ihres Reiches gewonnen.
entrelacées gracieusement elles arrivent près de Vénus, comme pour lui parler de  la victoire, celle gagnée sur les passions sauvages des sujets de leur empire.

 

Szenenfoto der Eisenacher Inszenierung (1951 1952) mit Tannhäuser und Elisabeth

Der dichte Duft im Hintergrunde zerteilt sich;
L’épaisse brume dans l’arrière-plan se dissipe ;
ein Nebelbild zeigt die Entführung der Europa, welche auf dem Rücken des mit Blumen geschmückten weißen Stieres, von Tritonen und Nereiden geleitet, durch das blaue Meer dahinfährt.
une vision dans le brouillard montre l’enlèvement d’Europe, qui, conduite sur un taureau blanc, accompagnée des Tritons et des Néréides, part sur la mer bleue.

Tannhauser Bild zur Oper von John Collier

Chor der Sirenen
Chœur des Sirènes
Im Hintergrunde, unsichtbar
Dans le fond, mais invisible

Naht euch dem Strande,
Venez près de la rive,
naht euch dem Lande,
Venez près de la berge,
wo in den Armen
dans les bras
glühender Liebe
d’un amour ardent
selig Erbarmen
miséricorde bénie
still’ eure Triebe!
calmera vos ardeurs !


Der rosige Duft schließt sich wieder, das Bild verschwindet, und die Grazien deuten nun durch einen anmutigen Tanz den geheimnisvollen Inhalt des Bildes, als ein Werk der Liebe, an.
Retombe la brouillard rose, la vision disparaît, et les Grâces interprètent maintenant, par une danse gracieuse, le sens mystérieux contenu dans la vision, c’est une œuvre de l’amour.
Von neuem teilt sich der Duft. Man erblickt in sanfter Mondesdämmerung Leda, am Waldteiche ausgestreckt;
Encore une fois les actions de parfum. On voit en douce Monde Crépuscule Leda, vautré sur les étangs de la forêt;
der Schwan schwimmt auf sie zu und birgt schmeichelnd seinen Hals an ihrem Busen.

Chor der Sirenen
Chœur des Sirènes
sehr entfernt
Dans le lointain

Naht euch dem Strande,
Venez près de la rive,
naht euch dem Lande,
Venez près de la berge,

 Der Duft verzieht sich endlich ganz, und zeigt die ganze Grotte einsam und still. 
Le brouillard part finalement entièrement, et toute la grotte apparaît solitaire et tranquille.
Die Grazien neigen sich lächelnd vor Venus, und entfernen sich langsam nach der Seiten-Grotte. 
Les Grâces s’inclinent en souriant à Venus, et se retirent lentement en se dirigeant du côté de la grotte.
Tiefste Ruhe. 
Calme profond.

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Traduction Jacky Lavauzelle
ARTGITATO
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