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INSÔNIA – POEMA JACKY LAVAUZELLE (A hipótese do homem)

insônia
Poesia
*A hipótese do homem Insonia- Jacky Lavauzelle





Poema Jacky Lavauzelle

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A hipótese do homem


*
Insônia

Poema

*

insônia Poema Jacky Lavauzelle
Photo Jacky Lavauzelle – Fontaine Bartholdi – Lyon

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insônia

Não há
Há mais
Há mais cavalo negro e cavaleiro negro *
O último está morto
Temido no caos da noite

Cavalo preto a galope sem cavaleiro negro
As tumbas permanecem
A grama verde não é mais
Há …
Há sombras
Há essas sombras nas sombras engatadas
Cheio de medo
Emergindo do passado
E me guiando para outra noite
Para outra passagem
Para outras ilusões
Para esta outra noite que já está me esperando
Sombras com sombras
As letras abandonaram o quarto
Por muito tempo já
Apenas segue os males
Sofrimento e vingança esperando pacientemente
A peça cai na espessura da noite
Em um ritual de jato
Com a fidelidade de um cachorro treinado
Gritos de crianças saem do seu covil
Dores rasgadas
Alegrias perdidas
Seres caídos
E eu
No meio
Eu sinto uma estaca gigante no meio
Me derrotar
Nos ossos
Ramos com casca áspera
Em desenvolvimento
Me penetrando os dois olhos
Há …
Há ramos difíceis
Em madeira de amêndoa
E paredes ao redor
Tudo ao redor
A peça caindo no meio do deserto mais ardente
Os mortos estão acordando
E deite-se contra mim
Rasgando minha pele
Enquanto sorrindo para mim
Suas bocas sujas e pútrido
O cavaleiro negro ri
O cavalo de ébano também
E as frases do dia anterior
E as abominações do mundo
Na minha cabeça
E não encontrando mais isso
E eu não ouço mais
Aquele  um som de chicotada sem fim no ar
Quem lambe minhas gotas de sangue
O choro vermeil corre ao longo do horizonte
E o som da minha última gota
No chão macio
E pútrido
Me acorde
O raio de luz
limpa
De uma só vez
A lua negra
O cavaleiro negro encontrou sua montaria preta
Há …

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Note *

INSOMNIE DE VICTOR HUGO
(extrait)

…Et l’ange étreint Jacob, et l’âme tient le corps ;
Nul moyen de lutter ; et tout revient alors,
Le drame commencé dont l’ébauche frissonne,
Ruy Blas, Marion, Job, Sylva, son cor qui sonne,
Ou le roman pleurant avec des yeux humains,
Ou l’ode qui s’enfonce en deux profonds chemins,
Dans l’azur près d’Horace et dans l’ombre avec Dante ;
Il faut dans ces labeurs rentrer la tête ardente ;
Dans ces grands horizons subitement rouverts,
Il faut de strophe en strophe, il faut de vers en vers,
S’en aller devant soi, pensif, ivre de l’ombre ;
Il faut, rêveur nocturne en proie à l’esprit sombre,
Gravir le dur sentier de l’inspiration,
Poursuivre la lointaine et blanche vision,
Traverser, effaré, les clairières désertes,
Le champ plein de tombeaux, les eaux, les herbes vertes,
Et franchir la forêt, le torrent, le hallier,
Noir cheval galopant sous le noir cavalier.

Victor Hugo
Insomnie
Les Contemplations
Nelson, 

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insônia
Poesia
*insônia- Jacky Lavauzelle





Poema Jacky Lavauzelle

A hipótese do homem
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*
insônia
 –

POEMA

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LE PATINEUR CESAR – LYON – PLACE TOLOZAN -L’Homme du futur ou l’Homme de la liberté

LE PATINEUR CESAR
PLACE TOLOZAN
FRANCE – LYON

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Photo Jacky Lavauzelle Le Patineur César

 


 PHOTOS JACKY LAVAUZELLE

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LYON

LE PATINEUR
L’Homme du futur
ou l’Homme de la liberté

Par
CESAR
César Baldaccini
*1989 – 1992*
PLACE TOLOZAN

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CESAR
César Baldaccini
(1921-1998)
*

Sculpture 5 mètres de hauteur
Création 1989
Installation sur la Place Tolozan en 1992

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Le Patineur César Photo Jacky Lavauzelle

IL NOUS FAUT DEVELOPPER NOTRE INDIVIDUALITE

« Pour acquérir cette puissance, il nous faut lutter contre deux courants qui menacent la conquête de notre liberté : il faut la défendre contre autrui et contre soi-même, contre les forces extérieures et contre les forces intérieures. Pour aller vers la liberté, il nous faut développer notre individualité. – Quand je dis : aller vers la liberté, je veux dire aller vers le plus complet développement de notre individu : – Nous ne sommes donc pas libres de prendre n’importe quel chemin, il faut nous efforcer de prendre le « bon chemin ». Nous ne sommes pas libres de céder à des passions déréglées, nous sommes obligés de les satisfaire. Nous ne sommes pas libres de nous mettre en un état d’ébriété faisant perdre à notre personnalité l’usage de sa volonté et la mettant sous toutes les dépendances ; disons plutôt que nous subissons la tyrannie d’une passion que la misère ou le luxe nous a donnée. La véritable liberté consisterait à faire acte d’autorité sur cette habitude, pour se libérer de sa tyrannie et des corollaires. »

Albert Libertad
La liberté
1908

Le Patineur César Photo Jacky Lavauzelle

LE CHEVRIER
Et moi, je te voudrais libre, heureux comme moi.
Mais les dieux n’ont-ils point de remède pour toi ?
Il est des baumes doux, des lustrations pures
Qui peuvent de notre ame assoupir les blessures,
Et de magiques chants qui tarissent les pleurs.
André Chénier
Idylles

Le Patineur César Photo Jacky Lavauzelle

OU L’HOMME A L’AVENIR JETTE UN DEFI SUBLIME

« Dans l’âge où le cœur porte un souffle magnanime,
Où l’homme à l’avenir jette un défi sublime
Et montre à sa menace un sourire hardi ;
Avant l’heure où périt la fleur de l’espérance,
Quand l’âme, lasse de souffrance,
Passe du frais matin à l’aride midi ; »

Victor Hugo
Odes et Ballades
La Liberté
Essais et Poésies diverses. Les Orientales
 Ollendorf, 

Le Patineur César Photo Jacky Lavauzelle

ô Liberté, suit tes nobles élans 

« Je disais : « O salut ! vierge aimable et sévère !
Le monde, ô Liberté, suit tes nobles élans ;
Comme une jeune épouse il t’aime, et te révère
Comme une aïeule en cheveux blancs !
« Salut ! tu sais, de l’âme écartant les entraves,
Descendre au cachot des esclaves
Plutôt qu’au palais des tyrans ;
Aux concertes du Cédron mêlant ceux du Permesse,
Ta voix douce a toujours quelque illustre promesse
Qu’entendent les héros mourants. » »

Victor Hugo
Odes et Ballades
La Liberté
Essais et Poésies diverses. Les Orientales
 Ollendorf, 

Le Patineur César Photo Jacky Lavauzelle

Leur Liberté, c’était un monstre immense

O Dieu ! leur Liberté, c’était un monstre immense,
Se nommant Vérité parce qu’il était nu,
Balbutiant les cris de l’aveugle démence
Et l’aveu du vice ingénu !
La fable eût pu donner à ses fureurs impies
L’ongle flétrissant des harpies
Et les mille bras d’Aegéon.
La dépouille de Rome ornait l’impure idole.

Le Supplice hagard, la Torture écumante,
Lui conduisaient la Mort comme une heureuse amante.
Le monstre aux pieds foulait tout un peuple innocent ;
Et les sages menteurs, aux pompeuses doctrines
Soutenaient ses pas lourds, quand, parmi les ruines,
Il chancelait, ivre de sang !

Victor Hugo
Odes et Ballades
La Liberté
Essais et Poésies diverses. Les Orientales
 Ollendorf, 

Le Patineur César Photo Jacky Lavauzelle

Le Patineur César Photo Jacky Lavauzelle Le Patineur César Photo Jacky Lavauzelle 

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Le Patineur César
LYON
Premier Arrondissement
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Photo Jacky Lavauzelle Le Patineur César

LA DANSE DE PAN – SCULPTURE DE JACKY LAVAUZELLE – A dança do deus Pan -ESCULTURA DE JACKY LAVAUZELLE

Art
*Jacky Lavauzelle LES FEUX DE VULCAIN - Sculpture Jacky Lavauzelle





Sculpture Jacky Lavauzelle

 La Série des divinités
A série das deidades


*
La Danse de Pan
A dança do deus Pan

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Sculpture

*

Béton, métal et cornes
Concreto, metal e chiffres

*

Sculpture Jacky Lavauzelle
« De deux cornes, bruyant, et des pasteurs aimé, Emplit les verts roseaux d’une amoureuse haleine. » Leconte de Lisle

Pan d’Arcadie, aux pieds de chèvre, au front armé
De deux cornes, bruyant, et des pasteurs aimé,
Emplit les verts roseaux d’une amoureuse haleine.
Dès que l’aube a doré la montagne et la plaine,
Vagabond, il se plaît aux jeux, aux chœurs dansants
Des Nymphes, sur la mousse et les gazons naissants.
La peau du lynx revêt son dos ; sa tête est ceinte
De l’agreste safran, de la molle hyacinthe ;
Et d’un rire sonore il éveille les bois.
Les Nymphes aux pieds nus accourent à sa voix,
Et légères, auprès des fontaines limpides,
Elles entourent Pan de leurs rondes rapides.

Leconte de Lisle
Poèmes antiques
Alphonse Lemerre, éditeur, s.d.

Sculpture Jacky Lavauzelle
« Le Dieu fuit de midi les ardeurs radieuses ; Il s’endort ; et les bois, respectant son sommeil.. » Leconte de Lisle

Le Dieu fuit de midi les ardeurs radieuses ;
Il s’endort ; et les bois, respectant son sommeil,
Gardent le divin Pan des flèches du Soleil.
Mais sitôt que la Nuit, calme et ceinte d’étoiles,
Déploie aux cieux muets les longs plis de ses voiles,
Pan, d’amour enflammé, dans les bois familiers
Poursuit la vierge errante à l’ombre des halliers,
La saisit au passage ; et, transporté de joie,
Aux clartés de la lune, il emporte sa proie.
Leconte de Lisle
Poèmes antiques
Alphonse Lemerre, éditeur, s.d.

Sculpture Jacky Lavauzelle
« Où j’ai su, d’une lame insinuante et dure Sculpter habilement la feuille du raisin Avec son pli, ses nœuds, sa vrille et sa frisure, » Anna de Noailles

Cette tasse de bois, noire comme un pépin,
Où j’ai su, d’une lame insinuante et dure
Sculpter habilement la feuille du raisin
Avec son pli, ses nœuds, sa vrille et sa frisure,

Je la consacre à Pan, en souvenir du jour
Où le berger Damis m’arrachant cette tasse
Après que j’y eus bu vint y boire à son tour
En riant de me voir rougir de son audace.

Anna de Noailles
Le Cœur innombrable
Calmann Lévy, 1901

Sculpture Jacky Lavauzelle
Ne sachant où trouver l’autel du dieu cornu, Je laisse mon offrande au creux de cette roche… » Anna de Noailles

Ne sachant où trouver l’autel du dieu cornu,
Je laisse mon offrande au creux de cette roche,
— Mais maintenant mon cœur a le goût continu
D’un baiser plus profond, plus durable et plus proche…

Anna de Noailles
Le Cœur innombrable
Calmann Lévy, 1901

SCulpture Jacky Lavauzelle
« Quand le soleil, que cache à demi la forêt, Montrant sur l’horizon sa rondeur échancrée… » Victor Hugo

Contemplez du matin la pureté divine,
Quand la brume en flocons inonde la ravine,
Quand le soleil, que cache à demi la forêt,
Montrant sur l’horizon sa rondeur échancrée,
Grandit, comme ferait la coupole dorée
D’un palais d’Orient dont on approcherait !

PAN
de Victor Hugo
Les Feuilles d’automne
XXXVIII
Œuvres complètes
Ollendorf, 1909

Sculpture Jacky Lavauzelle
« C’était au temps Où les grands Dieux de marbre et d’or Ne vivaient plus qu’en leurs statues … » Henri de Régnier

C’était au temps
Où les grands Dieux de marbre et d’or
Ne vivaient plus qu’en leurs statues ;
On les voyait encor,
Debout et nues,
Au seuil des temples clairs
A tuiles d’or,
Avec la mer
Derrière eux, éclatante, innombrable et sereine,
A l’horizon…

PAN
Henri de Régnier
La Cité des Eaux
Mercure de France, s.d.

Sculpture Jacky Lavauzelle
« Et, tandis que les dieux ont quitté leurs statues, Lui seul est demeuré quand les autres sont morts… » Henri de Régnier

Et, tandis que les dieux ont quitté leurs statues,
Lui seul est demeuré quand les autres sont morts,
Et sa forme multiple, éparse et jamais vue
Subsiste universelle et vit partout encor.

PAN
Henri de Régnier
La Cité des Eaux
Mercure de France, s.d.

Sculpture Jacky Lavauzelle
« Le Chèvre-pied divin, chasseur de nymphes nues, Se glisse, l’œil en feu, sous les hautes forêts… » José-Maria de Heredua

A travers les halliers, par les chemins secrets
Qui se perdent au fond des vertes avenues,
Le Chèvre-pied divin, chasseur de nymphes nues,
Se glisse, l’œil en feu, sous les hautes forêts.

Il est doux d’écouter les soupirs, les bruits frais
Qui montent à midi des sources inconnues,
Quand le soleil, vainqueur étincelant des nues,
Dans la mouvante nuit darde l’or de ses traits.

José-Maria de Heredia
Pan
1876

*

LA DANSE DE PAN
*

Art
*Jacky Lavauzelle LES FEUX DE VULCAIN - Sculpture Jacky Lavauzelle



LES FEUX DE VULCAIN – Sculpture Jacky Lavauzelle – Os fogos de Vulcano

Art
*Jacky Lavauzelle LES FEUX DE VULCAIN - Sculpture Jacky Lavauzelle





Sculpture Jacky Lavauzelle

 La Série des divinités
A série das deidades


*
LES FEUX DE VULCAIN
Os fogos de Vulcano
*


Sculpture

*

La ligne et le contour du feu sont d’une égale ardeur.
A linha e o contorno do fogo são de igual ardor.
Elles glissent contre le soleil qu’elles illuminent.
Eles deslizam contra o sol que eles iluminam.
Le corps porte la masse de fer, la masse de volcans et de métaux. Le corps porte tout ce que le monde peut porter.
O corpo carrega a massa de ferro, a massa de vulcões e metais. O corpo carrega tudo o que o mundo pode vestir.
Il porte le rouleau brûlant de sa force  tellurique et de sa puissance quasi-démoniaque juste sorti de sa forge en action.
Ele carrega o pergaminho em chamas de sua força telúrica e seu poder quase demoníaco apenas fora de sua forja em ação.

JL

 

VULCAIN
Dieu du feu, de la forge, des métaux et des volcans

*

« …fils de Jupiter & de Junon, est un dieu dont les aventures & les travaux sont immortalisés par les poètes. Il se bâtit dans le ciel un palais tout d’airain, & parsemé des plus brillantes étoiles. C’est-là que ce dieu forgeron, d’une taille prodigieuse, tout couvert de sueur, & tout noir de cendre & de fumée, s’occupait sans cesse après les soufflets de sa forge, à mettre en pratique les idées que lui fournissaient sa science divine.
Un jour que le père des dieux piqué contre Junon de ce qu’elle avait excité une tempête pour faire périr Hercule, l’avait suspendue au milieu des airs avec deux fortes enclumes aux pieds. Vulcain, pour son malheur, s’avisa de quitter son palais, & de venir au secours de sa mère. Jupiter indigné de son audace, le prit par un pied, & le précipita dans l’île de Lemnos, où il tomba presque sans vie, après avoir roulé tout le jour dans la vaste étendue des airs. Les habitants de Lemnos le relevèrent, & l’emportèrent ; mais il demeura toujours un peu boiteux de cette terrible chute. »
Charles de Jaucourt
Première édition de l’Encyclopédie
– Tome 17  

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« On entend retentir les enclumes bruyantes ;
Là, grondent les métaux ; là, cent soufflets mouvants
Gonflent leur vaste sein où s’engouffrent les vents ;
Là, s’ouvre l’antre obscur des fils de Sicanie.
Ce palais de Vulcain fut nommé Vulcanie ;
Le dieu des feux y vole à la voix de Vénus.
Brontès et Pyracmon, et Stérope aux bras nus,
En ce moment forgeaient au maître du tonnerre
La foudre que son bras fait gronder sur la terre.
Cet ouvrage imparfait s’achevait sous leurs coups.
Ils y mêlaient déjà l’Eclair et le Courroux,
Et trois rayons de Grêle et trois rayons de Flamme,
Et le Bruit, et la Peur qui terrasse notre âme. »
L’Antre des Cyclopes
Victor Hugo

Premières publications
Extrait d’une traduction inédite de l’Enéide

*

« A ce Vulcan ingrat & sans pitié,
Qui s’opposant aus rais de ma moitié,
Fait eclipser le Soleil de ma vie. »
Au plus profond de ma poitrine morte
Pierre de Ronsard

Les Amours
1553

*

« Vulcain toutpuissant, dieu trèsfort, flamme éternelle, toujours alimentée par des souffles enflammés, dieu de la lumière, dieu brillant, dieu éternel et rempli d’habileté ; toi qui travailles le fer, pur élément, portion du monde qui dévores tout, qui domptes tout, qui surpasses tout, qui envahis tout. Le soleil, la lune, les étoiles, ne reluisent aux yeux des mortels, ô Vulcain, que comme les membres enflammés de ton corps. Tu fréquentes toutes les maisons, toutes les villes, tous les peuples ; dieu bienheureux et aimable, tu t’insinues dans les membres des mortels. Sois heureux, sois favorable à nos libations, viens à notre secours dans les travaux difficiles, éteins les incendies rapides, et conserve cependant en nous une lumière génératrice. »
L’Encens du Liban
LXIII
Parfum de Vulcain
Ernest Falconet
 Petits poèmes grecs
Editions Desrez, 1838

*

LES FEUX DE VULCAIN
*

Art
*Jacky Lavauzelle LES FEUX DE VULCAIN - Sculpture Jacky Lavauzelle




Ce siècle est grand et fort VICTOR HUGO 1837 VS L’époque est faible et lâche JACKY LAVAUZELLE 2017

VICTOR HUGO
REVISITE

Ce siècle est grand et fort
Victor Hugo

 

L’Epoque est faible et lâche
Jacky Lavauzelle
2017

En gras le poème Ce siècle est grand et fort de Victor Hugo paru dans Les Voix intérieures (15 avril 1837 -Œuvres complètes : Les Feuilles d’automne. Les Chants du crépuscule. Les Voix intérieures. Les Rayons et les Ombres, Editions Ollendorf, 1909, 17 (pp. 361-362))
En dessous, un Victor Hugo revisité, l’Epoque est faible est lâche.

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Ce siècle est grand et fort. Un noble instinct le mène.
L’époque est faible et lâche. Plus rien ne la porte.
Partout on voit marcher l’idée en mission ;
Rien ne s’éclaire, rien n’illumine ;
Et le bruit du travail, plein de parole humaine,
Le malheur sort du travail plein d’une effroyable détresse
Se mêle au bruit divin de la création
Et se mélange aux pleurs d’une guerre ce matin déclarée.

Partout, dans les cités et dans les solitudes,
Au cœur des cités, au cœur des solitudes
L’homme est fidèle au lait dont nous le nourrissions ;
L’homme est perdu sans cap ni missions
Et dans l’informe bloc des sombres multitudes
Au cœur des blocs tremblent d’étranges maléfices
La pensée en rêvant sculpte des nations.
Les piqûres en pénétrant nourrissent les mirages.

L’échafaud vieilli croule, et la Grève se lave.
Les prisons croulent, les grèves perlent
L’émeute se rendort. De meilleurs jours sont prêts.
Les émeutes se lèvent. Que les beaux jours sont loin !
Le peuple a sa colère et le volcan sa lave
Le peuple ne décolère plus et sa langue explose
Qui dévaste d’abord et qui féconde après.
En dévastant tout pour que plus rien ne vienne.

Des poëtes puissants, têtes par Dieu touchées,
Des slameurs impuissants tentent de toucher Dieu
Nous jettent les rayons de leurs fronts inspirés.
Nous jetant des mots à nos fronts fatigués.
L’art a de frais vallons où les âmes penchées
Les artistes n’ont plus les routes où des âmes s’épanchent
Boivent la poésie à des ruisseaux sacrés.
Noyant des soirées par des cocktails de cordes.

Pierre à pierre, en songeant aux vieilles mœurs éteintes,
Article après article après une ultime étreinte
Sous la société qui chancelle à tous vents,
De cette société disparue dans un si petit trou d’égout,
Le penseur reconstruit ces deux colonnes saintes,
L’artiste puceau voit dans sa nuit deux pierres peintes
Le respect des vieillards et l’amour des enfants.
Un vieillard en lambeaux et des étreintes d’enfance

Le devoir, fils du droit, sous nos toits domestiques
Le droit domestiquant le devoir
Habite comme un hôte auguste et sérieux.
Domine comme un maître son chien.








Les mendiants groupés dans l’ombre des portiques
Les SDF inanimés contre des bouches utopiques
Ont moins de haine au cœur et moins de flamme aux yeux.
N’ont même plus une seule haine et une lueur dans les yeux.

L’austère vérité n’a plus de portes closes.
La vérité s’est perdue dans la dernière maison close
Tout verbe est déchiffré. Notre esprit éperdu,
Le verbe s’est fait déchiré. Notre esprit s’est perdu,
Chaque jour, en lisant dans le livre des choses,
Pendu au petit jour par les choses pendantes
Découvre à l’univers un sens inattendu.
Il pense à cet univers qui jadis devait avoir un sens.

O poëtes ! le fer et la vapeur ardente








Ô chanteurs ! la peur amère suffocante
Effacent de la terre, à l’heure où vous rêvez,
Sort de la terre, là où vos entrailles et votre cœur
L’antique pesanteur, à tout objet pendante,
Paniquent dans l’horreur, toute langue pendante,
Qui sous ses lourds essieux broyait les durs pavés.
Qui, par de trop lourds aveux, a broyé sa mâchoire.

L’homme se fait servir par l’aveugle matière.
L’homme n’est plus rien, qu’une matière aveugle.
Il pense, il cherche, il crée ! A son souffle vivant
Il se bat, bande et butte ! De son souffle fétide
Les germes dispersés dans la nature entière
Les germes eux-mêmes se meurent
Tremblent comme frissonne une forêt au vent !
En tremblant comme frissonne une verge qui s’égoutte !

Oui, tout va, tout s’accroît. Les heures fugitives
Oui, tout ploie ici-bas. Une lueur fugitive
Laissent toutes leur trace. Un grand siècle a surgi.
Ne laisse aucune trace. Le temps s’est enfui.
Et, contemplant de loin de lumineuses rives,
En marchant dans la nuit de la nuit
L’homme voit son destin comme un fleuve élargi.
L’homme avance dans le fleuve étourdi.

Mais parmi ces progrès dont notre âge se vante,
Mais parmi ces douleurs au milieu de ces râles
Dans tout ce grand éclat d’un siècle éblouissant,
Dans ce qui semble se terminer dans un immense pet
Une chose, ô Jésus, en secret m’épouvante,
Une chose, ô Humain, une chose me questionne
C’est l’écho de ta voix qui va s’affaiblissant
C’est pourquoi avoir fait tout ça pour ça !

15 avril 1837
20 avril 2017

Ce siècle est grand et fort
Victor Hugo

HUGO REVISITE
L’Epoque est faible et lâche
Jacky Lavauzelle

Mohd Fazli Othman PESTA PISANG 2017 LA NOIRCEUR DES INTENTIONS

Malaysia
Voyage en Malaisie
PHOTO JACKY LAVAUZELLE

 




 

 

Balai Seni Visual Negara
BSVN
Mohd Fazli Othman
LA NOIRCEUR DES INTENTIONS

 Visiter Kuala Lumpur
Meneroka kota Kuala Lumpur
Melawat Kuala Lumpur
吉隆坡
Куала-Лумпур

 

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Balai Seni Visual Negara
LA GALERIE NATIONALE DES ARTS VISUELS DE KUALA LUMPUR
国家视觉艺术画廊在吉隆坡
National Visual Arts Gallery

Mohd Fazli Othman
LA NOIRCEUR DES INTENTIONS

PESTA PISANG
‘Selamat Datang Ke Pesta Pisang Di Kampung Batang Pisang’
Acrylic & Oil on canvas
Variable dimension
2017

Nous nous souvenons de la réalisation de Mohd Fazli Othman en 2013 : Selapas Majlis. Une lumière étonnante dans une facture réaliste, où le tiers de gauche était encombré d’une masse d’ordures et le côté droit par un soleil magnifique et une belle campagne. Un éboueur, face cachée, œuvrant comme pour minimiser la catastrophe. Un tas qui ne cache pas, loin de là, la destruction imminente. Le tas ne peut qu’envahir l’espace de la toile et nous savons que le bleu de ce ciel est compté.
En 2014, le paysage urbain de travaux nous renvoie un paysage connu, déshumanisé. Dans Daily Struggle (Lutte quotidienne). La luminosité et le ciel sont toujours là. Le bleu domine y compris sur le mur. Mais la catastrophe est devant nous. Le mur nous sert d’horizon. La mémoire n’est plus. L’espace est confinée. Notre rêve est dans ce reste de travaux qui parsème les villes modernes, à Kuala Lumpur plus encore qu’ailleurs.
Avec Pesta Pisang, peinture de 2017 exposée à la Balai Seni Visual Negara (Galerie Nationale des Arts Visuels de Kuala Lumpur), Mohd Fazli Othman continue sa réflexion sur notre société autour des thématiques sur notre place en tant qu’humain, notre rapport au monde et notre responsabilité sur notre empreinte écologique. Toujours, Mohd Fazli Othman positionne notre place autour de l’opposition pureté et impureté, dans un cadre original magnifique et lumineux, mais jusqu’à quand.












Il pose un regard sur l’urgence et, comme il le souligne dans le passage ci-dessous, pense que l’art répond parfaitement à ce questionnement. Il met l’homme face à sa production qui va finir par le submerger.

Mais ce regard est ici marqué par cette humour que nous ne lui connaissions pas dans d’autres œuvres. Il aborde aussi les thématiques du langage et de la manipulation. Mohd Fazli Othman cache toujours le regard et la face des hommes, mais présente celles des singes. Les images gentiment provocatrices ne nous disent pas quoi penser mais nous interrogent sur notre naïveté par rapport au monde et à cette société du spectacle permanent où les faux cadeaux, les faux prédicateurs surnagent en maître. Victor Hugo pensait que le « discours est le visage de l’âme« , Mohd Fazli Othman semble nous dire que le discours cherche surtout et avant tout à cacher la noirceur des intentions mercantiles. Il est, en ce sens, plus près du philosophe américain Henry David Thoreau, pour qui “Le malheur de l’humain est sa langue« .

Jacky Lavauzelle

 

TEXTE PRESENTATION DE LA GALERIE





Syed Ahmad Jamal, « hanya seni sahaja yang menjadi bahantara tunggal yang sempurna dan terhadang di antara manusia dengan manusia dan saya adalah sekumpulan manusia yang amat sensitif terhadap apa saja yang berlaku disekitar mereka lebih-lebih lagi peristiwa dan situasi yang menyayat hati. »

Seni dan persekitaran merupakan satu ikatan yang sukar dipisahkan. Kita tidak boleh memisahkan imaginasi-imaginasi dalam karya seni dari unsur-unsur persekitaran yang sentiasa berubah dan mencabar. Realiti kehidupan banyak memberikan imaginasi kepada manusia untuk terus berfikir dan melihat setiap perubahan kejadiaan alam sekeliling. Setiap isu atau kejadian yang berlaku dipersekitaran akan memberi itham dalam berkarya Pertembungan dan perbezaan kebudayaan, tradisi, ideologi, cara penyampaian pemerhatian dan sebagainya telah memberi impak kepada dunia seni. Apa jua bentuk isu semasa sama ada sosial, politik, ekonomi, alam sekitar dan budaya menyebabkan isu ini menjadi bahan dan tema bagi setiap pelukis untuk mempersembahkan karya hanya menggunakan seni sebagai peranta.

POLICE LUNAIRE (2016) UN GRAND CYGNE BLANC SUR UNE MER PROFONDE TOM GAULD –

BANDE DESSINEE
TOM GAULD
POLICE LUNAIRE
EDITIONS 2024

POLICE LUNAIRE

 UN GRAND CYGNE BLANC
SUR UNE
MER PROFONDE

Tom gauld nous entraîne sur cette mer profonde et grise où surnagent des donuts et quelques robots fatigués.
Ils ne sont pas nombreux et ne resteront que deux. Un homme et une femme, Adam et Eve de demain, partageant un café et un donut en regardant la terre.

Autour, le noir et les étoiles. La poésie vient du gris, des ondes de poussière dans l’attente d’une mutation impossible.








La poésie vient du lieu et des feux qui du gris et du bleu embrasent. Des cercles qui enserrent les têtes et les mots inutiles.

« Je suis pâle, il est vrai, mais je suis belle aussi,
Et quand tes derniers feux se sont éteints dans l’onde,
C’est mon tour de voguer sur le monde obscurci
Comme un grand cygne blanc sur une mer profonde. »
(
Raoul Ponchon La Lune –  La Muse gaillarde, Aux éditions Rieder, 1939 pp. 224-225)

Mais il ne se passe rien et c’est passionnant. Ce rien nous habite et occupe l’espace sidéral.  Les êtres sillonnent la lune dans leur véhicule qui avance immobile. et « La lune sillonne les cieux,
Mais un peu triste, et bien seulette,  Comme si faute d’être deux
Elle languissait la pauvrette :  Les étoiles voila sa cour… Les étoiles voilà sa cour, Pour son miroir elle a la terre… »  (Letitia Elizabeth Landon)

Il ne reste que deux êtres… Il n’en restera que deux. Les premiers avaient l’espoir, mais que laissent-ils aux autres, aux deux autres.

Deux êtres qui rencontrent leur solitude au rythme d’un écran ; un écran qui distille des informations lapidaires et de bien tristes nouvelles. Les humains partent et des machines arrivent, souvent inadaptées, « non équipées pour les terrains accidentés. »

Un policier, un seul. Mais sans crimes ni délits. Un chien parfois s’égare. Une fillette aussi dans une zone qui est interdite sans que l’on sache vraiment pourquoi tant elle ressemble à l’autre zone.

Mais zéro crime, ça donne 100% d’affaires élucidées et un moral à 100% dans les chaussettes.

L’humour est là, léger comme la voiture de police qui garde les lieux. léger, perceptible. Mais est-ce encore de l’humour quand la joie a définitivement quitté les lieux. La lune jette « son masque obscur » sur les machines et les âmes. Que faire ?

« La lune, sortant des nuages noirs,
Semble une clarté qui vient par surprise.

Oui, je leur donnerais, lune, ta sombre sphère,
Ton ciel, d’où Swedenborg n’est jamais revenu,
Ton énigme, ton puits sans fond, ton inconnu !
Oui, je leur donnerais, en disant : Soyez sages !
Ton masque obscur qui fait le guet dans les nuages,
Tes cratères tordus par de noirs aquilons,
Tes solitudes d’ombre et d’oubli, tes vallons,
Peut-être heureux, peut-être affreux, édens ou bagnes,
Lune, et la vision de tes pâles montagnes. »
Victor Hugo
LA LUNE
L’Art d’être grand-père, Calmann-Lévy, éditeurs, 1877 (pp. 47-59).




Il y a maintenant deux cygnes blancs sur une mer profonde qui regardent la Terre.

Jacky Lavauzelle

Jacky Lavauzelle Romans Théâtre & Poèmes

JACKY LAVAUZELLE
Poèmes – Romans – théâtre

*




 Jacky Lavauzelle
Romans Théâtre & Poèmes

 

La Virade
(roman)

LA VIRADE Jacky Lavauzelle Roman Le Bûcheron et l’Hamadryade Aïgeïros par Émile Bin 1870 The_Hamadryad_by_Émile_Bin

 La ville était là.
Après un déluge de pluie, de vents et de journaux de la veille. La ville était là, puante comme toujours après des jours de pluie. Seules les violettes se permettaient dans ce fatras d’odeurs de chanter leur tonalité, précise et pointue.
Seules ces violettes permettaient de supporter la ville et ceux qui s’y accrochaient.

*

ALZHEIMER
(Roman musical)

**

Poème
VICTOR HUGO REVISITE

Ce siècle est grand et fort
VICTOR HUGO 1837
VS
L’époque est faible et lâche
JACKY LAVAUZELLE 2017

*

Poème
ARKHIP KOUÏNDJI

ou LA SENTINELLE DES RÊVES
Куїнджі Архип Іванович
Архип Иванович Куинджи

arkhip-kouindji-poeme-jacky-lavauzelle-portrait-de-viktor-vasnetsov-1869-la-sentinelle-des-reves

La mort a fait son lit
Ce matin
Sans lumières
J’ai vu l’Elbrouz apparaître
disparaître
Le mont comme un baiser recevait la mort

*

Cirque Éloise
Cirkopolis
Le Soleil brille encore dans la nuit

La parole n’est plus
Elle est morte
Les mots ne s’entendent plus
Que des pas cadencés

*

Le Train de 9h
O Trem das 9 horas

Il a raté sa vie, comme on rate le train de 9 heures pour prendre celui de 9h45.
Ele perdeu sua vida, já que sentimos o trem de 9 horas para tomar as 9:45.
Peut-être que celui de 9h45, voire celui de 10h09, est plus pointu et plus rond.
Talvez seja de 9:45, ou mesmo de 10:09, é mais apontado e mais redondo.

*

Le chemin du Ciel
O caminho do Céu

Dans la forêt, les gens se sont cachés
Na floresta, as pessoas esconderam
Les uns après les autres
Um após o outro

*

LE DERNIER CHANT DES CYGNES
A última música de cisnes

Sur le chemin, les dieux égarés et les cieux couverts se répandent
No caminho, os deuses perdidos e o céu coberto se espalham
Seule la patience se couche dans le lit de la plus profonde des mers
Só paciência está no leito do mar mais profundo

*

LA NAISSANCE DU TEMPS 
O Nascimento do Tempo

Dans un marécage poisseux
Em um pântano pegajoso
Ce soir
Esta noite

*

L’ÂME DE DECEMBRE 
A Alma de dezembro

Demain,
Amanhã
  Un navire fatigué partira
Um navio cansado vai sair

Jacky Lavauzelle

*

LE BLEU DES MONDES
O Azul dos Mundos

Il était une fois
Era uma vez
Des hommes qui cherchaient le bleu
Homens que estavam procurando o azul

*

A Mellin de Saint-Gelais

A CASCA DO MUNDO
L’ECORCE DU MONDE

Au temps heureux de ma jeune ignorance
No momento feliz da minha jovem ignorância
Je pénétrais dans l’épaisse et dure écorce du monde

Eu penetrei a casca grossa e dura do mundo

*

L’HYPOTHESE DE L’HOMME
A hipótese do homem

Je m’en remets à toi 
Eu deixo para voce

Je m’en remets à toi
Eu deixo para você
Combien a-t-il fallu de temps
Quanto tempo demorou

*

L’HYPOTHESE DE L’HOMME
A hipótese do homem

INSÔNIA

Não há
Há mais
Há mais cavalo negro e cavaleiro negro

Poème et photo Jacky Lavauzelle

INSOMNIE

Il n’y a pas
Il n’y a plus
De noir cheval et de noir cavalier

Photo et Poème Jacky Lavauzelle

L’HYPOTHESE DE L’HOMME
A hipótese do homem

Les Larmes de Satan
As lágrimas de Satanas

 Les morceaux de ciel se répandent
Os pedaços do céu estão se espalhando
Des couronnes de regrets et de hontes
Coroas de arrependimentos e vergonhas

Poème et Photo Jacky Lavauzelle

*

L’HYPOTHESE DE L’HOMME
A hipótese do homem

JARNAC SUR LA RACINE DU MONDE
Na raiz do mundo

Chaque goutte est une ancienne larme
Cada gota é uma lágrima velha
D’un lointain horizon
De um horizonte distante

*

L’HYPOTHESE DE L’HOMME
A hipótese do homem

LA BIBLIOTHEQUE

Que diable as-tu ?
Les secrets moisissent en silence
Dans un long et profond bâillement

Photo et Poème Jacky Lavauzelle

A BIBLIOTECA

O que diabos você tem?
Segredos continuam a se moldar em silêncio
Em um longo bocejo

Photo et Poème Jacky Lavauzelle

**
LES THEORIES DU VENT
TEORIAS DO VENTO

Le matin secoua la tête
De manhã balançou a cabeça
Il n’aurait pas pu prendre une autre route
Ele não poderia ter tomado outro caminho

*

A la Deriva

a-la-deriva-jose-zugasti-bilbao-espagne-artgitato-0Noir un soir d’orage
Un éclair
A la dérive
Un trou dans le ciel

*
A Tamara Weber-Fillion
(Chanson)
塔玛拉·韦伯 – 菲利安
Тамара Вебер
Филлион


Emportez–moi ! Emportez-moi !
Dans un désert
Sur la mer !




*
Le Damas

Le Damas Artgitato Poème Jacky Lavauzelle

Dans la forme, dans le fond
Dans la pièce, dans son âme
Libre, sinueux, vague
Je vais dans la ligne




*

LE TUEUR DE MOUCHES

Voici le temps des fins de ronde
Voici la fin d’un monde
De la mouche attentionnée comme de celle qui n’en a rien à foutre

*
Jorge Oteizabilbao-espagne-artgitato-jorge-oteiza-sculpture

Dans le creux doux du fleuve qui finit
La cédille signe dans les bleus du ciel
Au-dessus de la ville au-dedans de la terre
La matière brille
.

L’Heure Rouge

arc-rouge-arcos-rojos-arku-gorriak-daniel-buren-puente-principes-de-espana-bilbao-artgitato-espagne-9
Ce matin le pont s’éveille et craque
Un double pont
Celui qui se jette vers les étoiles
Celui qui plonge dans le cœur de la terre

..




L’Heure Blanche

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Les fils meurent dans la profondeur de l’éclat
Le Pont n’est plus tenu
Tendu toujours
Il se courbe
Frappé

COMPLEXITE SUCREE

Dans le simple acide
Cauteleux
Dans l’un turbide
Une rambleur forlignait l’horizon

***

LE POISSON DE MIAO FU

Il descend dans la nuit plus noire que l’esprit
Longe les bleus, longe les gris et les nénuphars inertes

LA CHASSE DES CHATS

La feuille se cabre et trésaille
Dans un silence de grâce
Les courbes se tendent
La courbure de la voûte s’affaisse

Poème et photo Jacky Lavauzelle
Photo Jacky Lavauzelle

***

Le Chant des Premières Pouces Printanières

Pointes de gris et impassibles vides
Lignes au-dessus des pierres
Dents acérées
Mâchoires d’ombres

****

Théâtre

LE MAMBA NOIR

**

LE TAUREAU D’AIRAIN

Le Taureau d'Airain Jacky Lavauzelle

**

PETIT DISCOURS SUR LA PERFECTION

***

Les Traductions
Jacky Lavauzelle

TRADUCTION DE TEXTE ALBANAIS
shqiptar

***

TRADUCTION DE TEXTES
ALLEMAND – Deutsch


 
Rainer Maria Rilke Portrait de Paula Modersohn-Becker 1906
***

TRADUCTION DE TEXTES ANGLAIS
TRANSLATION

Poetry of Yeats La Poésie de Yeats William_Butler_Yeats_by_John_Singer_Sargent_1908

**

TRADUCTION DE TEXTES BULGARES
 български


Ivan Vazov Les poèmes d'Ivan Vazov Poésie d'Ivan Vazov

**

TRADUCTION TEXTES CHINOIS
中国

Lu Xun Oeuvres Proses et Poésie Artgitato 2

**

TRADUCTION TEXTES DANOIS
danske

Andersen Hans Christian Andersen Oeuvre Arbejde Artgitato 2

**

TRADUCTION DE TEXTES ESPAGNOLS
Traducción de textos en español

Rubén Darío A ROOSEVELT Artgitato Traduction Française et Texte Espagnol

**

TRADUCTION FINNOIS

** TRADUCTION  DU GREC μετάφραση των ελληνικών κειμένων

**

TRADUCTION DE TEXTE EN HEBREU- עברית

**

TRADUCTION DE TEXTES HONGROIS Magyar szövegek fordítása

Ady Endre Poésie Poèmes d'Ady Endre Versek Artgitato

**

TRADUCTION D’OEUVRES ISLANDAISES  íslenska Þýðingar verka

**

TRADUCTION DE TEXTES ITALIENS Traduzione di testi in italiano  Italiano

Rinaldo Aquino Artgitato J Robert-fleury Baudouin s'empare de la ville d'Édesse 1098**

TRADUCTION  DE TEXTES JAPONAIS 日本語のテキスト翻訳 日本人 Basho par Buson Traduction Française Haiku période Edo Artgitato

**

TRADUCTION LATIN Latine

Plautus Plaute Artgitato Mostellaria Le Revenant

****

TRADUCTION LETTON Latvijā Latvijas tekstu tulkošana **

TRADUCTION MALTAIS Malti Traduzzjoni Maltija ta ‘xogħlijiet

blason-de-malte

** TRADUCTION NORVEGIEN Norsk Fransk oversettelse av norsk tekst theatre-ibsen-de-vienne-lithographie-de-frank-wedekind-1898 **

TRADUCTION DE TEXTES POLONAIS Polskie Francuskie tłumaczenie tekstów polskich

**

PORTUGAIS & BRESILIEN Português e brasileiro Tradução francesa de textos em português

Luis de Camoes Oeuvres obras Artgitato

**

TRADUCTION DE TEXTES ROUMAINS  Român traducere franceză textelor în limba română La Poésie de Mihai Eminescu - Poezia lui Mihai Eminescu Artgitato

**

TRADUCTION DE TEXTES RUSSES Французский перевод текстов на русском языке

 Fiodor Tiouttchev Poèmes Poésie Artgitato Les poèmes de Fiodor Tiouttchev

**

TRADUCTION SERBE Француски превод од арапских текстова

Monumento a Petar II Petrovic Niegoš Petar II Petrovic Njegos artgitato 1

**

TRADUCTION TEXTES SUEDOIS Franska översättningen av den svenska texten

Poesi Poésie de Carl Jonas Love Almqvist Dikter Artgitato1835 Carl Peter Mazer 2   **

TCHEQUIE – SLOVAQUIE TRADUCTION DE TEXTES TCHEQUES Francouzský překlad českých textů

  Jan_Neruda Poezi Jan Neruda Les Poésies de Jan Neruda Vampire Vampýr **

TRADUCTION TURC Türkçe metinlerin Fransızca çevirisi

Tevfik Fikret Poesie Artgitato Traduction Poèmes

************************** Traduction Jacky Lavauzelle ARTGITATO **************************

http://artgitato.com/canzoniere-petrarca-le-chansonnier-petrarque-texte-bilingue-sommario-sommaire-table-des-matieres/

MAMAN LOUISE BOURGEOIS – MUSEE GUGGENHEIM – BILBAO – 1999

MAMAN LOUISE BOURGEOIS
Euskal Herria
Pays Basque
EUSKADI

BILBAO
毕尔巴鄂
ビルバオ
билбао
——

Visite de BILBAO
Visita a Bilbao
Визит в Бильбао
参观毕尔巴鄂
ビルバオをご覧ください

Photos Jacky Lavauzelle
*

 MAMAN LOUISE BOURGEOIS
1999

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Louise Bourgeois
Paris 1911 – New-York 2010

 

MAMAN LOUISE BOURGEOIS
1999
Bronze, Acier inoxydable, Marbre

maman-louise-bourgeois-bilbao-mama-la-arana-del-guggenheim-musee-guggenheim-artgitato-espagne-1

maman-louise-bourgeois-bilbao-mama-la-arana-del-guggenheim-musee-guggenheim-artgitato-espagne-3

Maman Louise Bourgeois

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Maman Louise Bourgeois

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Maman Louise Bourgeois

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Maman Louise Bourgeois

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Poème de Victor Hugo

J’aime l’araignée et j’aime l’ortie,
Parce qu’on les hait ;
Et que rien n’exauce et que tout châtie
Leur morne souhait ;

Parce qu’elles sont maudites, chétives,
Noirs êtres rampants ;
Parce qu’elles sont les tristes captives
De leur guet-apens ;

Parce qu’elles sont prises dans leur œuvre ;
Ô sort ! fatals nœuds !
Parce que l’ortie est une couleuvre,
L’araignée un gueux ;

Parce qu’elles ont l’ombre des abîmes,
Parce qu’on les fuit,
Parce qu’elles sont toutes deux victimes
De la sombre nuit.

Passants, faites grâce à la plante obscure,
Au pauvre animal.
Plaignez la laideur, plaignez la piqûre,
Oh ! plaignez le mal !

Il n’est rien qui n’ait sa mélancolie ;
Tout veut un baiser.
Dans leur fauve horreur, pour peu qu’on oublie
De les écraser,

Pour peu qu’on leur jette un œil moins superbe,
Tout bas, loin du jour,
La vilaine bête et la mauvaise herbe
Murmurent : Amour !

Victor Hugo
Les Contemplations
1830-1855
Nelson, 1911
pp. 192-193

Juillet 1842

CHAROLLES

VILLAGE DE FRANCE
BOURGOGNE
CHAROLLES


Charolles Bourgogne Artgitato




 


CHAROLLES

-Photos Jacky Lavauzelle-

Charolles Bourgogne Artgitato (2)

LA VACHE
de Jules Renard

Las de chercher, on a fini par ne pas lui donner de nom. Elle s’appelle simplement « la vache » et c’est le nom qui lui va le mieux.

D’ailleurs, qu’importe, pourvu qu’elle mange ! et l’herbe fraîche, le foin sec, les légumes, le grain et même le pain et le sel, elle a tout à discrétion, et elle mange de tout, tout le temps, deux fois, puisqu’elle rumine.

Dès qu’elle m’a vu, elle accourt d’un petit pas léger, en sabots fendus, la peau bien tirée sur ses pattes comme un bas blanc, elle arrive certaine que j’apporte quelque chose qui se mange, et l’admirant chaque fois, je ne peux que lui dire : Tiens, mange !

Mais de ce qu’elle absorbe elle fait du lait et non de la graisse. À heure fixe, elle offre son pis plein et carré. Elle ne retient pas le lait, — il y a des vaches qui le retiennent, — généreusement, par ses quatre trayons élastiques, à peine pressés, elle vide sa fontaine. Elle ne remue ni le pied, ni la queue, mais de sa langue énorme et souple, elle s’amuse à lécher le dos de la servante.

Quoiqu’elle vive seule, l’appétit l’empêche de s’ennuyer. Il est rare qu’elle beugle de regret au souvenir vague de son dernier veau. Mais elle aime les visites, accueillante avec ses cornes relevées sur le front, et ses lèvres affriandées d’où pendent un fil d’eau et un brin d’herbe.

Les hommes, qui ne craignent rien, flattent son ventre débordant ; les femmes, étonnées qu’une si grosse bête soit si douce, ne se défient plus que de ses caresses et font des rêves de bonheur.

Jules Renard
Le Vigneron dans sa vigne
Mercure de France, 1914
pp. 222-223

Charolles Bourgogne Artgitato (3) Charolles Bourgogne Artgitato (5) Charolles Bourgogne Artgitato (6) Charolles Bourgogne Artgitato (7) Charolles Bourgogne Artgitato (8) Charolles Bourgogne Artgitato (9)

1868

Charolles Bourgogne Artgitato (10)

L’Orgue
Église du Sacré-Cœur de Charolles

Charolles Bourgogne Artgitato (11) Charolles Bourgogne Artgitato (12) Charolles Bourgogne Artgitato (13) Charolles Bourgogne Artgitato (15) Charolles Bourgogne Artgitato (17)

 

LA VACHE
Poème de Victor Hugo

Devant la blanche ferme où parfois vers midi
Un vieillard vient s’asseoir sur le seuil attiédi,
Où cent poules gaîment mêlent leurs crêtes rouges,
Où, gardiens du sommeil, les dogues dans leurs bouges
Ecoutent les chansons du gardien du réveil,
Du beau coq vernissé qui reluit au soleil,
Une vache était là, tout à l’heure arrêtée.
Superbe, énorme, rousse et de blanc tachetée,
Douce comme une biche avec ses jeunes faons,
Elle avait sous le ventre un beau groupe d’enfants,
D’enfants aux dents de marbre, aux cheveux en broussailles
Frais, et plus charbonnés que de vieilles murailles,
Qui, bruyants, tous ensemble, à grands cris appelant
D’autres qui, tout petits, se hâtaient en tremblant,
Dérobant sans pitié quelque laitière absente,
Sous leur bouche joyeuse et peut-être blessante
Et sous leurs doigts pressant le lait pas mille trous,
Tiraient le pis fécond de la mère au poil roux.
Elle, bonne et puissante et de son trésor pleine,
Sous leurs mains par moments faisant frémir à peine
Son beau flanc plus ombré qu’un flanc de léopard,
Distraite, regardait vaguement quelque part.

Ainsi, Nature ! abri de toute créature !
O mère universelle ! indulgente Nature !
Ainsi, tous à la fois, mystiques et charnels,
Cherchant l’ombre et le lait sous tes flancs éternels,
Nous sommes là, savants, poëtes, pêle-mêle,
Pendus de toutes parts à ta forte mamelle !
Et tandis qu’affamés, avec des cris vainqueurs,
A tes sources sans fin désaltérant nos cœurs,

Pour en faire plus tard notre sang et nos âme,
Nous aspirons à flots ta lumière et ta flamme,
Les feuillages, les monts, les prés verts, le ciel bleu,
Toi, sans te déranger, tu rêves à ton Dieu !

15 mai 1837
Victor Hugo
Les Voix intérieures – XV

 

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CHAROLLES DANS LA PREMIERE ENCYCLOPEDIE

« CHAROLLES, (Géog.) petite ville de France en Bourgogne, capitale du Charolois, sur la Réconce. Long. 21. 42. lat. 46. 25. »

L’Encyclopédie – Première Edition
Tome 3 – Page 214