Archives par mot-clé : sonetto

A vent’anni – Sonetto di SULLY PRUDHOMME – A VINGT ANS

A vent’anni, abbiamo uno sguardo difficile e orgoglioso
SULLY PRUDHOMME

Sully Prudhomme Trad Italienne Jacky Lavauzelle
Francisco dos Santos, Salomé, Lisbonne, 1917

*Sully Prudhomme Trad Italienne Jacky Lavauzelle




 

Traduction Jacky Lavauzelle

Sully Prudhomme Trad Italienne Jacky Lavauzelle

*
SULLY PRUDHOMME
1839-1907


****

A vent’anni, abbiamo uno sguardo difficile e orgoglioso
À vingt ans on a l’œil difficile et très fier 
***

**

À vingt ans on a l’œil difficile et très fier :
A vent’anni, abbiamo uno sguardo difficile e orgoglioso:
On ne regarde pas la première venue,
Non guardiamo la prima donna che viene,
  Mais la plus belle ! Et, plein d’une extase ingénue,
Ma solo la donna più bella! E pieno di estasi ingenua,
  On prend pour de l’amour le désir né d’hier.
Si crede che il desiderio nato ieri sia d’amore.

*

Plus tard, quand on a fait l’apprentissage amer,
Più tardi, quando abbiamo fatto un amaro apprendimento,
Le prestige insolent des grands yeux diminue,
Il prestigio insolente dei grandi occhi diminuisce,
  Et d’autres, d’une grâce autrefois méconnue,
E altri, di una grazia precedentemente sconosciuta,
Révèlent un trésor plus intime et plus cher.
Rivela un tesoro più intimo e più costoso.

*

Mais on ne fait jamais que changer d’infortune :
Ma stiamo solo trovando un’altra disgrazia
À l’âge où l’on croyait n’en pouvoir aimer qu’une,
All’età in cui pensavamo di poterne solo amare uno,
 C’est par elle déjà qu’on apprit à souffrir ;
È già da lei che si impara a soffrire;

*

Puis, quand on reconnaît que plus d’une est charmante,
Quindi, quando scopriamo che più di una donna è affascinante,
 On sent qu’il est trop tard pour choisir une amante
È troppo tardi per scegliere un amante
Et que le cœur n’a plus la force de s’ouvrir.
E il cuore non ha più la forza di aprirsi.

********************

 SULLY PRUDHOMME
&
LE SYMBOLISME
par Jules Huret

 

J’ai trouvé M. Sully-Prudhomme, l’auteur de Justice, des Vaines Tendresses et de tant d’autres œuvres poétiques qui l’ont mené à l’Académie française, très préoccupé de la question qui m’amenait près de lui : la signification et la portée du mouvement symboliste.

— Je prépare, en ce moment, m’a-t-il dit, une longue étude où je tâcherai d’analyser les états d’esprit de ces jeunes gens afin de les définir au point de vue poétique. Je ne suis pas encore fixé, j’en suis à la recherche des éléments de mon analyse, et, tenez, j’ai trouvé là-dedans, les Entretiens Politiques et Littéraires, une note importante pour mon étude : l’auteur d’un article confond, dans leur définition, la poésie et l’éloquence. II se trompe, il erre regrettablement, et je crains fort qu’il n’en soit de même pour beaucoup de ces messieurs dans la plupart de leurs théories… Mais, je vous le répète, je ne suis pas encore fixé, et je ne peux me prononcer à présent.

Ce que je puis vous dire, par exemple, après Leconte de Lisle, Mendès, de Hérédia et Coppée, qui vous ont tout dit, c’est que mon oreille n’est pas sensible du tout, du tout, au charme que les novateurs veulent introduire dans leur nouvelle forme de vers. Ils me disent que j’ai l’oreille vieillie, gâtée par la musique des vieux rythmes, c’est possible ! Depuis vingt-cinq ans, trente ans même, je me suis habitué à voir dans le Parnasse la consécration de la vieille versification : il m’a semblé que le Parnasse, en fait de législation poétique, avait apporté la loi, et il se peut très bien que je m’expose à être aussi injuste envers eux que les romantiques envers Lebrun-Pindare et Baour-Lormian ! Aussi, je cherche à m’instruire… Pour savoir si c’est moi qui ai tort, je m’applique à analyser les ressources d’expression dont dispose la versification française. Mais c’est très difficile ! Leurs œuvres ne m’y aident pas du tout. Généralement, n’est-ce pas, on apporte, avec une forme nouvelle, un sens nouveau ? Or, il arrive ceci : c’est que non seulement la musique de leurs vers m’échappe, mais le sens m’en demeure tout à fait obscur, également !

De sorte, ajouta M. Sully Prudhomme, avec un vague sourire, que je me sens dans un état de prostration déplorable…

— Ce jugement, un peu général, s’applique-t-il, demandai-je, à tous indistinctement ?

— D’abord, je ne les connais pas tous ; ils m’ont quelquefois pris pour tête de Turc, et vous avez, d’ailleurs, enregistré leurs aménités à mon endroit. N’est-ce pas l’un d’eux, Charles Morice, qui m’a dit : Si vous étiez un poète ! et qui prend l’air de me breveter poète à l’usage des jeunes filles sentimentales ? Bast ! qu’est-ce que ça me fait ! Il oublie que j’ai écrit Justice et traduit Lucrèce. Mais ça n’a pas d’importance. Dans son livre, La Littérature de tout à l’heure, il y a des choses très bien, d’ailleurs. Mais quel cas voulez-vous que je fasse d’opinions si peu renseignées ?

J’en vois quelques autres ici : Henri de Régnier, par exemple, avec qui je parle souvent de tout cela. C’est celui qui, dans ses vers, chaque fois qu’il condescend à me faire participer à sa pensée, me paraît introduire le plus de musique dans le signe conventionnel du langage, et qui doit être par conséquent le plus apte à exprimer l’indéfinissable.

Oui, insista M. Sully Prudhomme, chaque fois que de Régnier daigne faire un vers qui me soit intelligible, ce vers est superbe, — d’où j’en conclus qu’il pourrait faire un poète supérieur si tous ses vers étaient intelligibles ! Mais, vous me comprenez, quand j’ai un volume de lui devant les yeux, que je cherche à le déchiffrer, je suis dans la situation d’un bonhomme qu’on aurait conduit au milieu d’une immense forêt, en lui disant : « Si tu as soif, il y a une source là, quelque part, cherche. » On en fait un Tantale, quand ce serait si simple de lui dire où elle est, la source. Eh bien ! moi, je lui demande, à de Régnier, de me conduire à son rêve…

Je demandai encore :

— Y a-t-il, selon vous, en dehors des Parnassiens et des symbolistes, une génération de poètes à considérer ?

— Mais, monsieur, n’y a-t-il pas Rouchor, Richepin, le petit Dorchain, Fabié, qui n’ont rien de commun avec nous que de se servir de la langue française telle qu’elle nous est venue de 1830, et d’en faire un usage personnel ? Ce sont là, il me semble, des poètes très originaux, et ce sont précisément des témoins de la puissance d’expression et de la féconde diversité qu’on peut trouver dans la langue poétique actuelle.

Jules Huret
Enquête sur l’évolution littéraire

Bibliothèque-Charpentier, 

*******************************
SULLY PRUDHOMME
*

Sully Prudhomme Trad Italienne Jacky Lavauzelle

PURIFICATION Sonnet de GABRIELE D’ANNUNZIO – Sonetto – PURIFICAZIONE

Gabriele D’Annunzio
prince de Montenevoso

Traduction – Texte Bilingue
Poesia e traduzione

LITTERATURE ITALIENNE

 Gabriele d'Annunzio Traduction Artgitato Proses et Poèmes Italiens

Letteratura Italiana

Gabriele D’Annunzio
1863-1938

Traduction Jacky Lavauzelle

——-

PURIFICATION

Sonnet

 

PURIFICAZIONE

Sonetto

Θάλαττα‚ θάλαττα.
Thalatta! Thalatta!

[Mer ! Mer !- écrit par Xénophon dans son Anabase – Livre IV – Chapitre VII]


  
Ecco i pomi vermigli e succulenti
Voici les pommes vermeilles et succulentes
del cui profumo tu ti profumasti
dont leur parfum t’as parfumé
il sangue. Ecco la fronda che sfrondasti
le sang. Voici la frondaison que tu effeuillas
su’ tuoi giacigli pe’ tuoi sonni lenti.
sur ton divan quand ton sommeil arrivait lentement.

*

 Ecco lo spazio aperto a tutti i vènti
Voici l’espace ouvert à tous les vents
dove tu senza freno spaziasti
où tu vécus sans frein
solo : ecco il Mare dove tu sembrasti
seul : voici la Mer où tu semblas
il più divino de gli Adolescenti.
le plus divin des adolescents.

*

 Ecco l’aroma, ecco il vivace sale
Voici la saveur, voici le vivace sel
che caccerà da la tua carne trista
qui conduira loin de ta triste chair
l’impuro filtro onde sei fatto schiavo.
l‘impur filtre d’où tu devins esclave.

*

 Ecco la voce immensa ed immortale
Voici la voix immense et immortelle
che la gioia dirà de la Conquista
qui dira la joie de la Conquête
nova al tuo cor voluttuoso e ignavo.
nouvelle à ton cœur voluptueux et indolent.

***********************
ARTGITATO

*********************

 

Description de l'image Gabriele D'Annunzio.jpg.Description de l'image Gabriele D'Annunzio.jpg.Description de l'image Gabriele D'Annunzio.jpg.Description de l'image Gabriele D'Annunzio.jpg.Description de l'image Gabriele D'Annunzio.jpg.Description de l'image Gabriele D'Annunzio.jpg.

chryséléphantine Sonnet de GABRIELE D’ANNUNZIO – Criselefantina – Sonetto

Gabriele D’Annunzio
prince de Montenevoso

Traduction – Texte Bilingue
Poesia e traduzione

LITTERATURE ITALIENNE

 Gabriele d'Annunzio Traduction Artgitato Proses et Poèmes Italiens

Letteratura Italiana

Gabriele D’Annunzio
1863-1938

Traduction Jacky Lavauzelle

——-

chryséléphantine

Sonnet

 

Criselefantina

Sonetto


  
Tutti gli ori che tu senza misura,
Tous les ors que toi, sans mesure,
Autunno, fulvi e rosei diffondi
Automnefauves et roses, tu parsèmes,
ne le chiome de’ boschi moribondi,
seront le feuillage des forêts moribondes,
fanno ricca la sua capellatura.
rendant riche sa chevelure.

*

 E la più delicata e la più pura
Et la plus délicate et la plus pure
qualità de gli avorii un poco biondi
qualité des ivoires un peu blonds
è ne’ pallori vergini e profondi
se trouve dans les pâleurs vierges et profondes
de la misteriosa creatura.
de cette mystérieuse créature.

*

 Snella com’Ebe gioia degli dei,
Elancée comme Hébé, joie des dieux,
senz’ombra alcuna poi ch’è quasi impube,
sans ombre aucune, car elle est presque impubère,
guarda il Mare che lento trascolora.
elle regarde la Mer qui se fane lentement.

*

 Ed ecco sorge a imagine di lei,
Et voici que surgit une image d’elle,
su da l’estremo limite, una Nube
sur la limite extrême, une Nuée
pallida che su ’l vertice s’indora.
pâle qui bronze sur le sommet.

***********************
ARTGITATO

*********************

 

Description de l'image Gabriele D'Annunzio.jpg.Description de l'image Gabriele D'Annunzio.jpg.Description de l'image Gabriele D'Annunzio.jpg.Description de l'image Gabriele D'Annunzio.jpg.Description de l'image Gabriele D'Annunzio.jpg.Description de l'image Gabriele D'Annunzio.jpg.

ARGENTEE Sonnet de GABRIELE D’ANNUNZIO – Sonetto ARGENTEA

Gabriele D’Annunzio
prince de Montenevoso

Traduction – Texte Bilingue
Poesia e traduzione

LITTERATURE ITALIENNE

 Gabriele d'Annunzio Traduction Artgitato Proses et Poèmes Italiens

Letteratura Italiana

Gabriele D’Annunzio
1863-1938

Traduction Jacky Lavauzelle

——-

Argentée

Sonnet

 

ARGENTEA

Sonetto


 
Quando prona, co ’l ventre ne l’arena,
Lorsqu’inclinée, avec le ventre dans le sable,
offresi nuda al conquistare lento
elle s’offraient nue à la conquête lente
de la marea, non è sotto la piena
de la marée, n’était-elle, sous la pleine
luna una grande statua di argento?
lune, une grande statue d’argent ?

*

 Venere Callipige in una oscena
Venus Callipyge dans une obscène
posa. Scolpiti nel tondeggiamento
pose. Sculptées dans les courbes
de’ lombi stan due solchi; ampia la schiena
de ses reins deux rainures son échine ample
piegasi ad un profondo incavamento.
qu’elle plie, profondément se creuse.

*

 Cresce il flutto e la bagna. Ella si scote
Montent les flots qui la baignent. Elle se secoue,
rabbrividendo al gelido contatto
grelottant à ce froid contact
e di piacer le vibrano le terga.
et de plaisir vibre son dos.

*

 Il flutto su la faccia la percote;
Les flots lui percutent le visage ;
ma impavida rimane ella in quell’atto
mais elle reste inébranlable dans cette posture
fin che l’alta marea non la sommerga.
jusqu’à ce que la marée haute ne la submerge.

ARTGITATO
*********************

 

Description de l'image Gabriele D'Annunzio.jpg.Description de l'image Gabriele D'Annunzio.jpg.Description de l'image Gabriele D'Annunzio.jpg.Description de l'image Gabriele D'Annunzio.jpg.Description de l'image Gabriele D'Annunzio.jpg.Description de l'image Gabriele D'Annunzio.jpg.

CUIVREE Sonnet de GABRIELE D’ANNUNZIO – Sonetto – CUPREA

Gabriele D’Annunzio
prince de Montenevoso

Traduction – Texte Bilingue
Poesia e traduzione

LITTERATURE ITALIENNE

 Gabriele d'Annunzio Traduction Artgitato Proses et Poèmes Italiens

Letteratura Italiana

Gabriele D’Annunzio
1863-1938

Traduction Jacky Lavauzelle

——-

CUIVREE

Sonnet

 

CUPREA

Sonetto


 
Poi ch’è risorta dal lavacro tutta
Puis elle sortit du bain toute
grondante, chiusa ne le chiome oscure,
trempée, enfermée dans ses cheveux noirs,
fremendo preme su l’arena asciutta
frémissante sur le sable sec
ella i contorni de le membra pure.
qu’elle marqua de ses membres purs.

*

 Or costringe in sua man le vive frutta
Elle comprimait dans sa main le fruit vif
del seno, urgendo le due punte dure;
de son sein, d’où surgissaient deux pointes dures ;
or si volge, e l’arena aspra le brutta
elle se tournait, et l’âpre sable souillait
stranamente la pelle di figure.
étrangement la peau de son visage.

*

 Poi, così maculata, ella al lunare
Ensuite, ainsi maculée, elle, aux lunaires
abbraccio si distende su lo strame
étreintes étendue sur la litière
de l’alghe, e resta immota, resupina.
des algues, restait immobile, renversée.

*

 E, di lunge, su ’l cupo fondo appare
Et, de loin, sur ce fond sombre, elle apparaissait
come una grande statua di rame
comme une grande statue de cuivre
corrosa da l’acredine marina.
rongée par l’âcreté de la mer.  

********************
ARTGITATO

*********************

 

Description de l'image Gabriele D'Annunzio.jpg.Description de l'image Gabriele D'Annunzio.jpg.Description de l'image Gabriele D'Annunzio.jpg.Description de l'image Gabriele D'Annunzio.jpg.Description de l'image Gabriele D'Annunzio.jpg.Description de l'image Gabriele D'Annunzio.jpg.

LA FEMME DE LA MER Sonnet de GABRIELE D’ANNUNZIO – Sonetto – LA DONNA DEL MARE

Gabriele D’Annunzio
prince de Montenevoso

Traduction – Texte Bilingue
Poesia e traduzione

LITTERATURE ITALIENNE

 Gabriele d'Annunzio Traduction Artgitato Proses et Poèmes Italiens

Letteratura Italiana

Gabriele D’Annunzio
1863-1938

Traduction Jacky Lavauzelle

——-

LA FEMME DE LA MER

Sonnet

 

LA DONNA DEL MARE

Sonetto


 
Ella dormia da tempo. Il divin Mare
Elle dormait depuis longtemps. La divine Mer
proteggeva ne l’acque la divina
protégeait la divine eau
dormente. Era una dubia alba lunare
dormante. Une aube lunaire qui doutait
ne la profondità sottomarina;
se trouvait dans les profondeurs sous-marines ;

*

 ed a l’alba un immenso fluttuare
et de cette aube, il y eut une immense vague
di forme. Si attorceano a lei supina
des formes. Elles s’entortillaient à elle, couchée,
come colubri l’alghe nere e amare;
comme des couleuvres, les algues noires et amères ;
 una ferrigna selva corallina.
une forêt de corail de fer.

*

 ramificava a lei su ’l capo, in miti
se ramifiaient à elle sur sa tête, dans de mythiques
nozze; prolificavan lentamente
mariages ; et proliféraient lentement
i molluschi su ’l nudo mostro umano;
les mollusques sur la nudité du monstre humain ;

*

 ed enormi crostacei stupiti
et d’énormes coquillages surpris
guatavan con l’inerte occhio sporgente,
regardaient avec leurs yeux inertes,
 l’animal novo — così dolce e strano!
l’animal nouveau  si doux et étrange !

*******************
ARTGITATO

*********************

 

Description de l'image Gabriele D'Annunzio.jpg.Description de l'image Gabriele D'Annunzio.jpg.Description de l'image Gabriele D'Annunzio.jpg.Description de l'image Gabriele D'Annunzio.jpg.Description de l'image Gabriele D'Annunzio.jpg.Description de l'image Gabriele D'Annunzio.jpg.

LA LUTTE Sonnet de GABRIELE D’ANNUNZIO -Sonetto – LA LOTTA

Gabriele D’Annunzio
prince de Montenevoso

Traduction – Texte Bilingue
Poesia e traduzione

LITTERATURE ITALIENNE

 Gabriele d'Annunzio Traduction Artgitato Proses et Poèmes Italiens

Letteratura Italiana

Gabriele D’Annunzio
1863-1938

Traduction Jacky Lavauzelle

——-

LA LUTTE

Sonnet

 

LA LOTTA

Sonetto


 
Ella a l’ebro d’amor lenta si niega;
A celui-là, ivre d’amour, sans se pressée, elle dit non ;
con un perfido invito ella si abbatte.
et c’est avec une invitation perfide qu’elle frappe.
E l’iride nel bianco le si annega
Et l’iris dans le blanc se noie
simile a un fiore glauco nel latte.
comme une fleur glauque dans le lait.

*

 Come vampa la faccia le si piega
Comme un incendie, sa tête se plie
in dietro luminando, e le scarlatte
en arrière, lumineuse, et, écarlates,
labbra feroci mostrano una sega
ses lèvres féroces montrent une scie
di denti acuti a lui che in van combatte.
des dents pointues à celui qui, en vain, combat.

*

 Ma si divincola in un serpentino
Mais elle se trémousse en de serpentins
guizzo e s’allunga e resta irrigidita
frétillements, s’allonge et reste raidie
con un riso terribile ne gli occhi,
avec un terrible rire dans les yeux,

*

 se l’uom, livido in faccia, a capo chino,
si l’homme, visage livide, tête baissée,
ebro d’ira, tenendola a la vita,
ivre de colère, tenant sa taille,
su ’l collo i baci aridi alfin le scocchi.
lui appose des baisers arides enfin sur le cou.

ARTGITATO
*********************

 

Description de l'image Gabriele D'Annunzio.jpg.Description de l'image Gabriele D'Annunzio.jpg.Description de l'image Gabriele D'Annunzio.jpg.Description de l'image Gabriele D'Annunzio.jpg.Description de l'image Gabriele D'Annunzio.jpg.Description de l'image Gabriele D'Annunzio.jpg.

PLASTIQUE Sonnet de GABRIELE D’ANNUNZIO – Sonetto – Plastice d’Annunzio

Plastice d’Annunzio

Gabriele D’Annunzio

prince de Montenevoso

Traduction – Texte Bilingue
Poesia e traduzione

LITTERATURE ITALIENNE

 Gabriele d'Annunzio Traduction Artgitato Proses et Poèmes Italiens

Letteratura Italiana

Gabriele D’Annunzio
1863-1938

Traduction Jacky Lavauzelle

——-

PLASTIQUE

Sonnet

 

PLATICE

Sonetto


 
Ed ancóra de l’arte amo i tormenti.
J’aime encore les tourments de l’art.
Ma un’angoscia mi punge irrequieta
Mais une angoisse me saisie et m’irrite :
se non meglio che i versi evanescenti
mieux que les versets évanescents,
domato avrei co ’l pollice la creta.
aurais-je peut-être apprivoisé l argile avec mes pouces ?

*

 Questi lunghi esercizii pazienti
Ces exercices de longues patiences
su le fragili pagine di seta
sur les pages de soie fragile
mi sembran vili. Muoiono su i vènti
me semblent vils. Meurent dans les vents
i suoni co’ i fantasmi del poeta.
les sons puis les images du poète.

*

 Oh come in vece nitide e sicure
Ô comme sont nettes et sûres
ne la materia imprimonsi le forme
les formes imprimées dans la matière
per l’ostinata pugna del lavoro!
par la lutte acharnée du travail !

*

 E come al vivo de la fiamma pure
Et avec la vie de la pure flamme
bàlzano poi dal minerale informe
sort ensuite des minerais informes
quelle perfette nudità che adoro!
ces nudités parfaites, que j‘aime!

ARTGITATO
*********************

 

Description de l'image Gabriele D'Annunzio.jpg.Description de l'image Gabriele D'Annunzio.jpg.Description de l'image Gabriele D'Annunzio.jpg.Description de l'image Gabriele D'Annunzio.jpg.Description de l'image Gabriele D'Annunzio.jpg.Description de l'image Gabriele D'Annunzio.jpg.

EROTICA-HEROICA (2/2) Sonnet de GABRIELE D’ANNUNZIO – Sonetto

Gabriele D’Annunzio
prince de Montenevoso

Traduction – Texte Bilingue
Poesia e traduzione

LITTERATURE ITALIENNE

 Gabriele d'Annunzio Traduction Artgitato Proses et Poèmes Italiens

Letteratura Italiana

Gabriele D’Annunzio
1863-1938

Traduction Jacky Lavauzelle

——-

EROTICA-HEROICA

Sonnet
… dum taedet sui, pigetque.

[in Tranquillitate Animi II- Sur la tranquillité de l’âme II
(écrit entre 47 et 62) de Sénèque

« …parce qu’elle est fatiguée, lasse d’elle-même »]

 

2/2

Sonetto


 
Principe un tempo amai sotto aurorali
Jadis prince, j’aimai sous de crépusculaires
cieli donne possenti in un paese
cieux des femmes puissantes dans un pays
ricco d’antiche selve circomprese
riche en bois anciens entouré
da meandri di fiumi imperiali.
par les méandres de rivières impériales.

*

 E fui pugnace; ed infiniti mali
J’étais querelleur ; et les maux infinis
addussi ai vinti ne le mie contese;
s’abattaient sur les vaincus dans mes combats ;
e più d’un rogo la mia mano accese
et plus d’un brasier ma main alluma
per l’orgia ne le sere trionfali.
pour les orgies des soirées triomphales.

*

 Dove e quando colui che froda e langue
Où et quand la personne qui fraude et languit
 in vili amori, èbbesi de la Terra
en de viles amours, acquit-il de la Terre
una sì fiera vision vermiglia?
une si fière vision vermeille ?

*

 Dove e quando poté, de l’ostil sangue
Où et quand put-ildu sang de l’ennemi
deterso, al letto suo preda di guerra
nettoyé, à son lit, son butin de guerre
trarre, o dio Sole, l’ultima tua figlia?
traîner, ô dieu Soleil, ton ultime fille ?

ARTGITATO
*********************

 

Description de l'image Gabriele D'Annunzio.jpg.Description de l'image Gabriele D'Annunzio.jpg.Description de l'image Gabriele D'Annunzio.jpg.Description de l'image Gabriele D'Annunzio.jpg.Description de l'image Gabriele D'Annunzio.jpg.Description de l'image Gabriele D'Annunzio.jpg.

EROTICA-HEROICA (1/2) Sonnet de GABRIELE D’ANNUNZIO – Sonetto

Gabriele D’Annunzio
prince de Montenevoso

Traduction – Texte Bilingue
Poesia e traduzione

LITTERATURE ITALIENNE

 Gabriele d'Annunzio Traduction Artgitato Proses et Poèmes Italiens

Letteratura Italiana

Gabriele D’Annunzio
1863-1938

Traduction Jacky Lavauzelle

——-

EROTICA-HEROICA

Sonnet
… dum taedet sui, pigetque.

[in Tranquillitate Animi II- Sur la tranquillité de l’âme II (écrit entre 47 et 62) de Sénèque
« …parce qu’elle est fatiguée, lasse d’elle-même »]

 1/2

Sonetto


 
Talvolta, mentre l’anima asservita
Parfois, tandis que mon âme asservie
 si sprofonda nel tristo suo languore
sombre dans une triste langueur
(a poco a poco fugge ogni vigore
(s’échappe peu à peu toute force
come da un’invisibile ferita),
comme une plaie invisible),

*

 improvviso il ricordo d’una vita
Tout à coup, la mémoire d’une vie
remota, d’una forza anteriore,
distante, d’une force antérieure,
d’un’eroica lotta, d’un amore
d’une lutte héroïque, d’un amour
oltrapossente, m’agita e m’incita.
surpuissant, m’agite et m’enfièvre.

*

 E fastidio e vergogna ho dei malsani
Et l’aversion et la honte des malsains
artifizi e de l’ombra accidiosa
artifices et de l’ombre indolente
in cui si sfa la giovinezza imbelle.
dans lesquels se fane ma jeunesse inerte.

*

 Risollevasi al lampo degli immani
Se reprend à la lumière de ces énormes
fantasmi e ancóra d’una generosa
fantasmes et encore, d’une généreuse
collera freme l’anima ribelle.
rage, frissonne mon âme rebelle.

********************
Traduction Jacky Lavauzelle
ARTGITATO
*********************

Gabriele d'annunzio erotica-heroica Le suicide de Sénèque par Manuel Domínguez Sánchez Manuel_Domínguez_Sánchez_-_El_suicidio_de_Séneca

 

Description de l'image Gabriele D'Annunzio.jpg.Description de l'image Gabriele D'Annunzio.jpg.Description de l'image Gabriele D'Annunzio.jpg.Description de l'image Gabriele D'Annunzio.jpg.Description de l'image Gabriele D'Annunzio.jpg.Description de l'image Gabriele D'Annunzio.jpg.