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LETTRES DE L’ARETIN A MADONNA MARIA DE’ MEDICI A MARIA DE MEDICIS 1526 LETTERE DI ARETINO

PIERRE L’ARETIN – PIETRO ARETINO
LETTERE – Libro I – LETTRES -LIVRE I
A MADONNA MARIA DE’ MEDICI
A MARIA DE MEDICIS

1526

Traduction – Texte Bilingue
LITTERATURE ITALIENNE
Letteratura Italiana

TRADUCTION JACKY LAVAUZELLE

Pietro Aretino
Pierre l’Arétin
Arezzo, 20 aprile 1492 – Venezia, 21 ottobre 1556
Arezzo 20 avril 1492 – Venise 21 octobre 1556

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 L’ARETIN

LETTERE – Libro I
LETTRES -LIVRE I
A MADONNA MARIA DE’ MEDICI
A MARIA DE MEDICIS
Decembre 1526

 

 

Tiziano – Le Titien
Vers 1548 circa 1548
Frick Collection New York












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Notes & Précisions historiques

Cette lettre est écrite par Pierre l’Arétin à Mantoue et datée du 10 décembre 1526. L’Arétin présente ses condoléances à Maria de Médicis, suite à la mort du très célèbre candottiere de la famille des Médicis, Jean des Bandes Noires (1498-1526)- Giovanni dalle Bande Nere -mort dans la même ville de Mantoue, une dizaine de jours avant, le 30 novembre de cette année 1526.
Jean des Bandes Noires est le fils de Jean de Médicis. En 1516, il épousa la fille de Jacopo Salviati, Maria ( 1499-1543). Maria avait donc 26 ans à la mort de son époux. Elle descendait des Médicis du côté maternel.

Portrait de Jean des Bandes Noires

L’Arétin évoque la personne de Giullio di Raffaello dans cette lettre. [E sarei morto, mentre ho visto esalargli lo illustre spirito, e nel formargli del volto, che fece Giulio di Rafaello, e nel chiuderlo io ne la sepoltura.Il s’agit du peintre Jules Romain, élève de Raphaël, Giulio di Pietro di Filippo de Gianuzzi, Giulio Pippi ou  Giulio Romano,  qui aussi mourut à Mantoue le premier novembre 1546. Il est connu pour avoir réalisé des dessins érotiques qui lui valurent de nombreux ennuis et condamnations papales, notamment de la part d’Adrien VI. L’érotisme qui se dégage des dessins de Giullio di Raffaello se retrouve dans les I Sonneti lussuriosi de l’Arétin.

Giulio Romano par Jean-Louis Potrelle (1825)

Frédéric Gonzague est cité aussi dans notre lettre : « E il marchese, con tutta la nobiltà di casa Gonzaga e de la corte sua, con la folta del popolo dietro e la turba de le donne su per le finestre, conversa in stupore, ha riverito il tremendo corpo di lui che a voi fu sposo e a me signore, affermando di non veder mai più essequie di maggior guerriero. » Il s’agit de Frédéric II Gonzague, Frederico II Gonzaga, Frédérique II de Mantoue, né en 1500 à Mantoue. En 1526, il est auréolé de la prise de Parme,  avec le marquis de Pescara et Prospero Colonna, survenue 5 ans plus tôt en 1521, tenue par les armées de François Ier.

Il est question aussi de la blessure de Jean des Bandes Noires, survenue quelques jours avant, le 18 février 1525, qui l’empêche de participer à la Bataille de Pavie qui se déroula le 24 février 1525. [«Se il signor Giovanni non era ferito, la fortuna non mi faceva prigione?] François Ier fort de ses victoires en Provence en 1523, la conquête de Milan, continue sa progression avant d’échouer à Pavie où un siège commence le commence le 27 octobre 1524François Ier sera arrêté par César Hercolani et fait prisonnier par Charles Quint.

Jacky Lavauzelle

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A MADONNA MARIA DE’ MEDICI
A MARIA DE MEDICIS

MARIA SALVIATI

 

Io non voglio, signora, contendere con voi di dolore.
Je n’entends pas, Madame, ici opposer nos douleurs.
Non che io non vincessi per dolermi la morte del vostro marito più che a persona che viva;
Non que je puisse vaincre, car je pleure la mort de votre mari plus qu’aucune autre personne vivante ;
ma perché la vincita mi saria perdita, essendogli voi moglie, perché tutti i duoli, nel mancar dei consorti, si dànno a loro.
mais ce serait perdre inéluctablement, car sa femme vous êtes et le malheur suprême revient toujours inéluctablement au conjoint.
E non è perciò che la mia passione non preceda a la vostra, perché il vezzo, che vi domesticò a star senza, aveva indurato l’amore, tanto più tenero in me quanto non un’ora, non un momento, non un attimo ho saputo né potuto stargli assente, e più son note le vertù sue a me che a voi.
Mais mon affliction surpasse la vôtre, car l’habitude de vivre sans l’être chéri, a durci votre amour, alors que, pour moi, elle est tellement tendre que pas une heure, pas une seconde, pas un instant, je n’ai été en mesure de vivre cette absence, et, je l’avoue aussi, ses vertus me sont plus connus qu’à vous.
E mi si debbe credere, avendole io sempre vedute e voi sempre udite;
Et je crois que je les ai toujours vues, vous qui les connaissez par la rumeur ;
onde altri si compiace più ne la vertù degli occhi propri che nei gridi de la fama.
et nous préférons contempler la vertu de nos yeux plutôt que d’entendre courir les cris de la renommée.
E, caso che io ceda con la passione al vostro patire, do cotal preminenza al valore e a la saviezza di che sète piena, di maniera che è più capacità de le cose in voi donna che in me uomo.
Et, si je cède à l’intensité de votre souffrance, c’est que vous êtes la gardienne de la sagesse et de la grandeur de cet homme, et que vous les ressentez plus fortement qu’un homme tel que moi.
E, essendo così, il duolo è maggiore dal lato che più sa che da quello che men conosce.
Mais, ceci étant, le deuil est plus grand du côté de celui qui sait que que de celui qui ignore.

Ma diamisi il secondo luogo ne la doglia, la quale è sì giunta al sommo nel mio core, che non ha di che più dolersi.
Mais donnez-moi alors la seconde place dans cette échelle de la douleur, douleur qui se positionne au sommet de mon cœur, que rien ne plus déchirer davantage.
E sarei morto, mentre ho visto esalargli lo illustre spirito, e nel formargli del volto, che fece Giulio di Rafaello, e nel chiuderlo io ne la sepoltura.
J’aurais pu mourir quand Giulio Raffaello a terminé son moulage avant son enterrement, comme s’il venait à l’instant de nous quitter.
Ma il conforto, che mi ha dato la eternità de la sua memoria, mi ha sostenuto in vita.
Mais le réconfort que m’apportait la présence éternelle de sa mémoire, m’a soutenu en vie.
La publica voce de le sue vertù, le quali saranno le gioie e gli ornamenti de la vedovanza vostra, mi ha asciutto il pianto.
La connaissance publique de ses vertus qui réjouit et calme votre veuvage, assèche aussi mes larmes.
L’istorie dei suoi fatti mi tolgono non pur la maninconia, ma fannomi lieto.
Les histoires des ses actions balaient non seulement ma mélancolie mais aussi me rendent joyeux.
E mi pasco di udir da le gran persone:
Et je me nourris en entendant des gens formidables dire :
“Egli è morto uno sforzo di natura.
« Cette force de la nature est morte.
Egli è finito l’essempio de la fede antica.
Il s’est éteint ce parangon de la foi antique.
Egli è sparito il vero braccio di battaglia”.
Il a disparu ce bras vigoureux dans la bataille ».
E certo non fu mai chi levasse a tanta speranza l’arme italiane.
Il n’y a certainement jamais eu d’autre personne capable de faire lever ainsi les bras italiens.
E che più bel vanto può avere uno tolto a le cose umane che la ricordanza del re Francesco, da la cui bocca s’è udito più volte:
Quelle plus belle fierté que de recevoir du roi François, de sa bouche  même, et à maintes reprises, les propos suivants :
«Se il signor Giovanni non era ferito, la fortuna non mi faceva prigione?”
« Si le Seigneur Jean n’avait pas été blessé, la fortune m’aurait-elle conduit en prison ? “

Eccolo a pena sotterra che gli orgogli barbari, sollevandosi al cielo, spaventano i più coraggiosi;
Ici, à peine enterré, l’orgueil des barbares s’élève vers le ciel, effrayant les plus courageux ;
e già la paura signoreggia Clemente, che impara a desiderar il morire a chi era atto a sostenerlo vivo.
et maintenant la peur envahit Clément, qui désire la mort de ceux qui étaient là pour le garder en vie.
Ma l’ira di Dio, che vòl procedere sopra i falli altrui, ce l’ha tolto.
Mais la colère de Dieu, qui châtie les fautes des autres, nous l’a enlevé.
La Maestà Sua l’ha tirato a sé per gastigar gli erranti.
Sa Majesté l’a tiré vers elle afin de juger les offenses.
Perciò consentiamo a la volontà divina, senza più trafiggerci l’animo, dando orecchie a l’armonia de la sua lode.
Par conséquent, remettons-nous à la volonté divine, ne nous martyrisons plus l’âme, tendons l’oreille à l’harmonie de ses louanges.
Ristringasi il cor nostro nei diletti dei suoi onori.
Que notre cœur se remplisse des honneurs attachés à notre bien-aimé.
E, ragionando de le sue vittorie, facciamoci lume con i raggi de la sua gloria, la quale è andata inanzi al feretro, mentre la pompa funebre stupiva nel vedersi splendere nel mezzo dei capitani famosi, che l’hanno portato a seppellire su le loro spalle onorate.
Et, en pensant à ses victoires, réchauffons-nous à la lumière des rayons de sa gloire, qui cheminait au-devant du cercueil, tandis que la cérémonie funèbre s’émerveillait de briller au milieu des célèbres capitaines qui le portaient sur leurs nobles épaules.

E il marchese, con tutta la nobiltà di casa Gonzaga e de la corte sua, con la folta del popolo dietro e la turba de le donne su per le finestre, conversa in stupore, ha riverito il tremendo corpo di lui che a voi fu sposo e a me signore, affermando di non veder mai più essequie di maggior guerriero.
Et le marquis Frédéric Gonzague, avec toute la noblesse de la famille Gonzague et de sa cour, avec le peuple derrière lui et la foule des femmes aux fenêtres, qui conversaient avec étonnement, vénérait le corps majestueux de votre époux et de mon Seigneur, déclamait qu’on ne verrait jamais plus de funérailles d’un aussi grand guerrier.
Sì che riposate la mente nel grembo dei suoi meriti, e mandate Cosimo a Sua Eccellenza, che così mi comandò che io vi scrivesse, perché quella vòl succedergli in luogo del padre, che gliene ha lasciato per figliuolo.
Oui, calmez votre esprit dans le sein de ses mérites, et envoyait Cosme à Son Excellence, qui m’a commandé ce que je devais écrire, car pour père il en souhaite la charge, puisqu’il lui a laissé un fils.
E, se io credessi che Iddio non gli rendesse con doppia usura la copia de le degnità tolte al mio idolo da la invidia del destino e de la morte, mi gittarei ne le braccia de la disperazione.
Et, si je ne croyais que Dieu ne lui accorde pleinement, avec usure même, une quantité de bienfaits que l’envie du destin et de la mort a privé votre mari, je me jetterais dans les bras du désespoir.
Ma viviamo, ché così sarà, perché non pò esser che non sia.
Mais vivons, qu’il en soit ainsi et que différemment cela ne peut être.

Di Mantova, il 10 di decembre 1526
De Mantoue, le 10 décembre 1526

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Pierre l’Arétin
A MADONNA MARIA DE’ MEDICI
A MARIA DE MEDICIS
1526

WALLENSTEINS LAGER -SCHILLER- Le Camp de Wallenstein- Traduction Scène 5 Auftritt

 LITTERATURE ALLEMANDE
Dramatische Werke
Théâtre

Friedrich von Schiller
1759-1805

Le Camp de Wallenstein Friedrich Schiller par Ludovike Simanowiz Traduction Française Artgitato


WALLENSTEINS LAGER
LE CAMP DE WALLENSTEIN

1799

Traduction Jacky Lavauzelle

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Personen
Personnages

Wachtmeister, von einem Terzkyschen Karabinier-Regiment.
Maréchal des logis d’un régiment de carabiniers de Tersky

Trompeter
Une trompette

Konstabler
Canonnier

Scharfschützen
Fusiliers

Zwei Holkische reitende Jäger
Deux chasseurs à cheval de Holk

Buttlerische Dragoner
Dragons de Buttler

Arkebusiere vom Regiment Tiefenbach
Arquebusiers du régiment de Tiefenbach

Kürassier von einem wallonischen Regiment
Cuirassier d’un régiment wallon

Kürassier von einem lombardischen 
Cuirassier d’un régiment lombard

Kroaten
Craotes

Ulanen
Ulhans

Rekrut
Recrue

Bürger
Bourgeois

Bauer
Paysan

Bauerknabe
Fils de paysan

Kapuziner
Capucin

Soldatenschulmeiste
Le Maître d’école du campement militaire

Marketenderin
Cantinière

Eine Aufwärterin
Une servante

Soldatenjungen
Enfants de soldats

Hoboisten
Musiciens

5. Auftritt.
Scène 5

Vorige. Zwei Jäger. Dann Marketenderin. Soldatenjungen. Schulmeister. Aufwärterin.
Les précédents. Deux chasseurs. Puis la Cantinière. Des enfants de soldats. Le Maître d’école du camp militaireLa servante.

Erster Jäger
Le premier chasseur
Sieh, sieh!
Regarde ! Regarde !
Da treffen wir lustige Kompanie.
Comme nous rencontrons ici de la joyeuse compagnie.
Trompeter
La Trompette
Was für Grünröck’ mögen das sein?
Qui portent ainsi des habits verts ?
Treten ganz schmuck und stattlich ein.
Ils sont bien coupés et très beaux.
Wachtmeister
Le Maréchal des Logis
Sind Holkische Jäger; die silbernen Tressen
Ce sont des chasseurs de Holk ; leurs tresses d’argent
Holten sie sich nicht auf der Leipziger Messen.
Ne viennent pas des foires de Leipzig.
Marketenderin
La Cantinière
(kommt und bringt Wein)
(Elle arrive et apporte le vin)
Glück zur Ankunft, ihr Herrn!
Soyez les bienvenus, Messieurs!
Erster Jäger
Le premier chasseur
Was? der Blitz!
Quoi ? Diable !
 Das ist ja die Gustel aus Blasewitz.
Voilà le Gustine de Blasewitz !
Marketenderin
La Cantinière
I freilich! Und Er ist wohl gar, Mußjö,
Bien sûr ! Et je veux bien qu’on me calcine,
Der lange Peter aus Itzehö?
Si le grand n’est autre que Pierre de Itzehoe ?
Der seines Vaters goldene Füchse
Tous les renards d’or de son père
Mit unserm Regiment hat durchgebracht
Avec son régiment, il les a dilapidés
Zu Glückstadt in einer lustigen Nacht –
A Glückstadt en une folle nuit …
Erster Jäger
Le premier chasseur
Und die Feder vertauscht mit der Kugelbüchse.
Et à échanger sa plume contre des munitions pour sa carabine.
Marketenderin
La Cantinière
Ei da sind wir alte Bekannte!
Eh ! Il paraît que nous sommes de vieux amis !
Erster Jäger
Le premier chasseur
Und treffen uns hier im böhmischen Lande.
Et nous nous rencontrons ici, dans la campagne de Bohème.
Marketenderin
La Cantinière
Heute da, Herr Vetter, und morgen dort –
Aujourd’hui ici, mon cousin, et demain ailleurs…
Wie einen der rauhe Kriegesbesen
Comme le veut le rugueux balai de la guerre
Fegt und schüttelt von Ort zu Ort;
Qui vous porte et vous emporte de place en place;
Bin indes weit herum gewesen.
En attendant, j’ai bien usé mes galoches.
Erster Jäger
Le premier chasseur
Will’s Ihr glauben! Das stellt sich dar.
Je le crois bien ! Il n’y a qu’à te regarder !
Marketenderin
 La Cantinière
Bin hinauf bis nach Temeswar
Quand jusqu’à Timișoara
Gekommen mit den Bagagewagen,
Nous étions dans le chariot à bagages,
Als wir den Mansfelder täten jagen.
Comme nous l’avons chassé le Mansfeld !
Lag mit dem Friedländer vor Stralsund,
Nous étions avec Friedland devant Stralsund,
Ging mir dorten die Wirtschaft zu Grund.
C’est là-bas que mon entreprise a connu des revers.
Zog mit dem Sukkurs vor Mantua,
J’ai suivi les renforts devant Mantoue,
Kam wieder heraus mit dem Feria,
Puis revenue avec la Féria,
Und mit einem spanischen Regiment
Et, avec un régiment espagnol,
Hab’ ich einen Abstecher gemacht nach Gent.
J’ai entrepris mon voyage à Gand.
Jetzt will ich’s im böhmischen Land probieren,
Maintenant, je me fixe dans le pays de Bohême,
Alte Schulden einkassieren –
Où je souhaite faire rentrer de vieilles dettes…
Ob mir der Fürst hilft zu meinem Geld.
Si le prince me permet de revoir mon argent.
Und das dort ist mein Marketenderzelt.
Et voilà : c’est là que se trouve ma tente de cantine.
Erster Jäger
Le premier chasseur
Nun, da trifft Sie alles beisammen an!
Maintenant que nous nous retrouvons tous ensemble!
Doch wo hat Sie den Schottländer hingetan,
Mais où est donc cet Écossais,
Mit dem Sie damals herumgezogen?
Avec qui tu vivais à l’époque?
Marketenderin
La Cantinière
Der Spitzbub! der hat mich schön betrogen.
Le coquin ! qui m’a eue de belles manières !
Fort ist er! Mit allem davon gefahren,
Il s’est volatilisé ! Avec tous les deniers,
Was ich mir tät am Leibe ersparen.
Que mon corps avait gagné.
Ließ mir nichts als den Schlingel da!
Sans rien me laisser, ce faquin !
Soldatenjunge
Un enfant de soldat
(kommt gesprungen)
(vient en sautillant)
Mutter! sprichst du von meinem Papa?
Mère ! Tu parles de mon père ?
Erster Jäger
Le premier chasseur
Nun, nun! das muß der Kaiser ernähren,
Bien, bien ! Le devoir de nourrir revient à l’empereur,
Die Armee sich immer muß neu gebären.
L’armée a toujours besoin d’assurer son remplacement.
Soldatenschulmeister
Le maître d’école
(kommt)
(qui arrive)
Fort in die Feldschule! Marsch, ihr Buben!
Là-bas à l’école dans les champs ! Marche, mon garçon !
Erster Jäger
Le premier chasseur
Das fürcht sich auch vor der engen Stuben!
La peur qu’il a de se retrouver enfermé !
Aufwärterin
La servante
(kommt)
(qui arrive)
Base, sie wollen fort.
Tante, ils veulent partir !
Marketenderin
La cantinière
Gleich, gleich!
Tout de suite ! Tout de suite !
Erster Jäger
Le premier chasseur
Ei, wer ist denn das kleine Schelmengesichte?
Eh! qui est cette belle là ?
Marketenderin
La cantinière
‘s ist meiner Schwester Kind – aus dem Reich.
C’est la fille de ma sœur elle vit en Autriche.
Erster Jäger
Le premier chasseur
Ei, also eine liebe Nichte?
Eh ! C’est donc ma chère nièce?

(Marketenderin geht)
(La cantinière sort)

Zweiter Jäger
Le second chasseur
(das Mädchen haltend)
(Maintenant la fille)
Bleib Sie bei uns doch, artiges Kind.
Restez avec nous, divine enfant.
Aufwärterin
La servante
Gäste dort zu bedienen sind.
Les clients sont nombreux à attendre là-bas.

(Macht sich los und geht)
(Elle se libère et sort)

Erster Jäger
Le premier chasseur
Das Mädchen ist kein übler Bissen! –
La jeune fille n’est pas une mauvaise affaire !
Und die Muhme – beim Element!
Et la tante Quel phénomène !
Was haben die Herrn vom Regiment
Ces Messieurs du régiment
Sich um das niedliche Lärvchen gerissen! –
Ont dû bien profiter de la belle mignonne ! …
Was man nicht alles für Leute kennt,
C’est fou tous ces gens que l’on connaît,
Und wie die Zeit von dannen rennt. –
Et comme le temps court
Was werd’ ich noch alles erleben müssen!
Tout ce qui me reste à connaître de ce monde !
 (Zum Wachtmeister und Trompeter)
(Au Maréchal des Logis et à la Trompette)
Euch zur Gesundheit, meine Herrn! –
Santé, Messieurs !
Laßt uns hier auch ein Plätzchen nehmen.
Laissez-nous ici prendre place.
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Traduction Jacky Lavauzelle
ARTGITATO
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