Archives par mot-clé : 1930

LA-BAS… Poème de JULES LEMAÎTRE

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LITTÉRATURE FRANÇAISE

 

JULES LEMAÎTRE

 né le  à Vennecy et mort le  à Tavers

 

_______________

 

LES POÈMES
DE
JULES LEMAÎTRE

 

REVUE 
LISEZ-MOI
1930

Là-bas…

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Jules Lemaître

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À P***

La-bas, sur la rive africaine,
Sous le beau ciel élyséen,
Tu verras, ma petite reine,
Comme il fait bon, comme on est bien !

Chère, veux-tu du pittoresque ?
Nous aurons, si c’est là ton goût.
Une blanche maison mauresque
Avec des faïences partout.

Tu porteras, ô ma chérie,
Des bijoux turcs et marocains.
Et des vestes en broderie.
Et de lourds colliers de sequins.

Tu t’envelopperas de voiles
Compliqués et très précieux :
Sous ce clair nuage, tes yeux
Brilleront comme deux étoiles…

Et tu rêveras tout le jour.
D’odeurs suaves enivrée,
Auprès du jet d’eau, dans la cour
D’un blanc péristyle entourée.

Sur des tapis je serai là,
Baisant le bout de tes babouches.
Comme un fidèle Bamboula,
J’aurai soin de chasser les mouches.

Et muet, sans te déranger,
Captif des grâces de ta pose,
Je te regarderai manger
Des confitures à la rose…


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LES YEUX DANS LA VILLE – Poème de Kurt TUCHOLSKY – Augen in der Großstadt – 1930

Montage à partir de l’oeuvre d’Ernst Ludwig Kirchner, Nollendorfplatz, 1912, huile sur toile, Stiftung Stadtmuseum Berlin

LITTERATURE ALLEMANDE

Poèmes Heine Poésie Gedichte Buch der Lieder

KURT TUCHOLSKY

9. Januar 1890 Berlin – 21. Dezember 1935 Göteborg
9 janvier 1890 – 21 décembre 1935

Traduction Jacky LAVAUZELLE 

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KURT TUCHOLSKY GEDICHTE

LES YEUX DANS LA VILLE
Augen in der Großstadt

1930
_______________________

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Wenn du zur Arbeit gehst
Quand vous partez au travail
am frühen Morgen,
tôt le matin,
wenn du am Bahnhof stehst
quand vous vous êtes à la gare
mit deinen Sorgen:
avec vos soucis,
da zeigt die Stadt
la ville vous montre
dir asphaltglatt
un lisse asphalte
im Menschentrichter
dans un entonnoir humain
Millionen Gesichter:
Des millions de visages :
Zwei fremde Augen, ein kurzer Blick,
Deux yeux étranges, un rapide regard,
die Braue, Pupillen, die Lider –
le front, les pupilles, les paupières –
Was war das? vielleicht dein Lebensglück…
Qu’était-ce ? peut-être votre bonheur…
vorbei, verweht, nie wieder.
un bonheur fini, disparu, plus jamais.


*

Du gehst dein Leben lang
Vous allez toute votre vie
auf tausend Straßen;
dans mille rues ;
du siehst auf deinem Gang, die
vous voyez dans votre couloir
dich vergaßen.
Ceux qui vous ont oublié.
Ein Auge winkt,
Un œil cligne,
die Seele klingt;
sonne l’âme ;
du hast’s gefunden,
vous l’avez trouvé,
nur für Sekunden…
seulement quelques secondes …
Zwei fremde Augen, ein kurzer Blick,
Deux yeux étranges, un rapide regard,
die Braue, Pupillen, die Lider –
le front, les pupilles, les paupières –
Was war das? Kein Mensch dreht die Zeit zurück…
Qu’était-ce ? Personne ne remonte le temps …
Vorbei, verweht, nie wieder.
Parti, disparu, plus jamais.

*

Du mußt auf deinem Gang
Vous devez sur vos chemins
durch Städte wandern;
vous promener dans les villes ;
siehst einen Pulsschlag lang
vous voyez en une fraction
den fremden Andern.
cet étrange autre.
Es kann ein Feind sein,
Ça peut être un ennemi,
es kann ein Freund sein,
ça peut être un ami,
es kann im Kampfe dein
il peut être au combat
Genosse sein.
votre camarade.
Er sieht hinüber
Il regarde par-dessus
und zieht vorüber …
et passe …
Zwei fremde Augen, ein kurzer Blick,
Deux yeux étranges, un regard rapide,
die Braue, Pupillen, die Lider –
le front, les pupilles, les paupières –
Was war das?
Qu’était-ce ?
Von der großen Menschheit ein Stück!
Un morceau de grande humanité !
Vorbei, verweht, nie wieder.
Parti, disparu, plus jamais.



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1930

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L’AUTRE HOMME – Poème de Kurt TUCHOLSKY – DER ANDRE MANN – 1930

LITTERATURE ALLEMANDE

Poèmes Heine Poésie Gedichte Buch der Lieder

KURT TUCHOLSKY

9. Januar 1890 Berlin – 21. Dezember 1935 Göteborg
9 janvier 1890 – 21 décembre 1935

Traduction Jacky LAVAUZELLE 

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KURT TUCHOLSKY GEDICHTE

DER ANDRE MANN
L’AUTRE HOMME

1930
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Charles Meynier, Apollon du Belvédère sur fond de paysage, musée de la Révolution française & Gustave Caillebotte, L’homme à son bain, 1884

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Du lernst ihn in einer Gesellschaft kennen.
Tu le rencontres en société.
Er plaudert. Er ist zu dir nett.
Il pérore. Comme il est gentil avec toi.
Er kann dir alle Tenniscracks nennen.
Il connaît tout des arcanes du tennis.
Er sieht gut aus. Ohne Fett.
Comme il est intéressant. Comme il est affûté.
Er tanzt ausgezeichnet. Du siehst ihn dir an …
Comme il danse divinement. Tu l’admires …
Dann tritt zu euch beiden dein Mann.
Voilà ton mari qui arrive et qui se joint à vous.

*

Und du vergleichst sie in deinem Gemüte.
Et dans ta tête, tu les compares.
Dein Mann kommt nicht gut dabei weg.
Ton mari n’a pas l’avantage, visiblement.
Wie er schon dasteht — du liebe Güte!
Alors qu’il se tient là – bonté divine !
Und hinten am Hals der Speck!
Mais comme son cou est gras !
Und du denkst bei dir so: « Eigentlich …
Et tu penses alors ça : « En fait ...
Der da wäre ein Mann für mich. »
Celui-là serait bien un homme pour moi. « 

*

Ach, gnädige Frau! Hör auf einen wahren
Oh, madame ! Écoute un vrai
und guten alten Papa!
et vénérable vieux papa !
Hättst du den Neuen: in ein, zwei Jahren
Si tu sortais avec ce nouveau bellâtre : dans un an ou deux
ständest du ebenso da!
tu serais dans la même situation !
Dann kennst du seine Nuancen beim Kosen;
Alors, tu connaîtrais toutes les nuances de chacune de ses caresses ;
dann kennst du ihn in Unterhosen;
alors tu l’aurais vu en slip ;
dann wird er satt in deinem Besitze;
alors qu’il serait satisfait par ta possession ;
dann kennst du alle seine Witze.
Mais toi tu connaîtrais toutes ses blagues.
Dann siehst du ihn in Freude und Zorn,
Ensuite, tu l’aurais vu dans la joie et la colère
von oben und unten, von hinten und vorn …
de haut en bas, de tous côtés …
Glaub mir: wenn man uns näher kennt,
Crois-moi: si tu nous connaissais mieux, nous les hommes,
gibt sich das mit dem happy end.
tu oublierais la vision d’une fin heureuse.
Wir sind manchmal reizend, auf einer Feier …
Nous sommes parfois charmants, lors d’une fête …
und den Rest des Tages ganz wie Herr Meyer.
et le reste de la journée nous sommes comme tout un chacun.
Beurteil uns nie nach den besten Stunden.
Ne nous juge jamais dans nos meilleurs moments.

*

Und hast du einen Kerl gefunden,
Et si tu trouves un gars
mit dem man einigermaßen auskommen kann:
avec lequel tu penses pouvoir bien t’entendre :
dann bleib bei dem eigenen Mann!
il vaut mieux que tu restes avec ton propre mari !


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Unter dem Pseudonym Theobald Tiger
Sous le pseudonyme de Teobald Tiger
1930


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QUAND LES BOURSES S’EFFONDRENT – Poème de Kurt TUCHOLSKY – Gedicht von Kurt TUCHOLSKY – Wenn die Börsenkurse fallen – 1930

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LITTERATURE ALLEMANDE

Poèmes Heine Poésie Gedichte Buch der Lieder

KURT TUCHOLSKY

9. Januar 1890 Berlin – 21. Dezember 1935 Göteborg
9 janvier 1890 – 21 décembre 1935

 

Traduction Jacky LAVAUZELLE 

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KURT TUCHOLSKY GEDICHTE

QUAND LA BOURSES S’EFFONDRENT
Wenn die Börsenkurse fallen

1930
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Fermeture des portes de l’American Union Bank – 30 juin 1931.

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Wenn die Börsenkurse fallen,
Quand les bourses s’effondrent,
regt sich Kummer fast bei allen,
Presque tout le monde pleure,
aber manche blühen auf:
mais certains prospèrent :
Ihr Rezept heißt Leerverkauf.
Leur recette : la vente à découvert.

*

Keck verhökern diese Knaben Dinge,
Coquins, ces garçons jouent gaiement
die sie gar nicht haben,
avec ce qu’ils ne possèdent pas,
treten selbst den Absturz los,
Ils provoquent eux-mêmes le crach
den sie brauchen – echt famos!
Dont ils ont besoin – vraiment génial !

*

Leichter noch bei solchen
Encore plus simple dans de tels moments,
Taten tun sie sich mit Derivaten:
Ils font des actes avec des produits dérivés :
Wenn Papier den Wert frisiert,
 Si le papier définit la valeur,
wird die Wirkung potenziert.
l’effet sera encore multiplié.

*

Wenn in Folge Banken krachen,
Lorsque les banques s’effondrent les unes après les autres,
haben Sparer nichts zu lachen,
les épargnants n’ont pas de quoi rire :
und die Hypothek aufs Haus heißt,
Maisons hypothéquées !
Bewohner müssen raus.
Résidents locataires expulsés !

*

Trifft’s hingegen große Banken,
Cependant, si les grandes banques
kommt die ganze Welt ins Wanken
et le monde entier commencent à vaciller
-auch die Spekulantenbrut
– la poussée spéculative
zittert jetzt um Hab und Gut!
tremble maintenant pour ses affaires !

*

Soll man das System gefährden?
Doit-on mettre le système en danger ?
Da muss eingeschritten werden:
Il faut désormais intervenir :
Der Gewinn, der bleibt privat,
Le profit reste privé,
die Verluste kauft der Staat.
l’État rachète les pertes.

*

Dazu braucht der Staat Kredite,
L’Etat a alors besoin de crédits,
und das bringt erneut Profite,
et cela ravive encore les profits,
hat man doch in jenem Land
vous avez dans ce pays
die Regierung in der Hand.
le gouvernement dans vôtre main.

*

Für die Zechen dieser Frechen
Pour colmater les brèches
hat der Kleine Mann zu blechen
 les petits doivent contribuer
und – das ist das Feine ja –
et – quelle bonne chose –
nicht nur in Amerika!
pas seulement en Amérique !

*

Und wenn Kurse wieder steigen,
Et quand les prix remontent,
fängt von vorne an der Reigen –
recommence à nouveau la ronde :
ist halt Umverteilung pur,
 une pure redistribution
stets in eine Richtung nur.
toujours dans une seule et unique direction.

*

Aber sollten sich die Massen
Mais la foule devrait
das mal nimmer bieten lassen,
ne pas s’en laisser compter,
ist der Ausweg längst bedacht:
une issue a longtemps été envisagée :
Dann wird bisschen Krieg gemacht.
Qu’une bonne petite guerre soit menée.

**********

1930

veröffentlicht in « Die Weltbühne »
Publié dans « Die Weltbühne »

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ARMÉNIE – XII – Poésie d’Ossip MANDELSTAM – 1930- Поэзия Осипа Мандельштама – Армения (цикл)

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LITTÉRATURE RUSSE
POÉSIE RUSSE
Русская литература
Русская поэзия
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Poésie de Ossip Mandelstam
Поэзии Осип Мандельштам
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Ossip Emilievitch Mandelstam
О́сип Эми́льевич Мандельшта́м
2/3 janvier 1891 Varsovie – 27 décembre 1938 Vladivostok
2/3 января 1891 Варшава — 27 декабря 1938

__________________________________
TRADUCTION JACKY LAVAUZELLE
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ARMÉNIE (Cycle – XIIème Poème)
1930
Армения (цикл)

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*

Лазурь да глина, глина да лазурь,
D’azur et d’argile, d’argile et d’azur
Чего ж тебе еще? Скорей глаза сощурь,
Que veux-tu d’autre ? Tu plisses les yeux bientôt
Как близорукий шах над перстнем бирюзовым,
Comme un Shah myope admirant une bague turquoise,
Над книгой звонких глин, над книжною землей,
Au-dessus d’un livre d’argile, au-dessus d’un livre,
Над гнойной книгою, над глиной дорогой,
Sur ce livre purulent, écrit dans ce cher argile,
Которой мучимся, как музыкой и словом.
Qui nous obsède comme la musique et comme la parole.

*****

16 октября , 5 ноября 1930
16 octobre – 5 novembre 1930

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DE TOUTE FAÇON – POÈME DE ZINAÏDA HIPPIUS – 1930 – Поэзия Зинаиды Гиппиус -Всё равно

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LITTÉRATURE RUSSE
POÉSIE RUSSE
Русская литература
Русская поэзия
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Poésie de Zinaïda Hippius
Поэзия Зинаиды Гиппиус
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Zinaïda Nicolaïevna Hippius
Зинаи́да Никола́евна Ги́ппиус

8 novembre 1869 Beliov Russie – 9 septembre 1945 Paris,
8 ноября 1869 Белёв, Российская империя — 9 сентября 1945 Париж Франция


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TRADUCTION JACKY LAVAUZELLE
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DE TOUTE FAÇON 
1930
Всё равно

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…Нет! из слабости истощающей
…Non ! Une incroyable faiblesse
Никуда! Никуда!
Nulle part ! Nulle part !
Сердце мое обтекающей
Coule sur mon cœur
 Как вода! Как вода!
    Comme de l’eau ! Comme de l’eau !

*

Ужель написано – и кем оно?
Étais-ce vraiment écrit – et par qui ? –
В небесах,
Au paradis,
Чтоб въедались в душу два демона,
Pour que deux démons rongent ainsi mon âme :
Надежда и Страх?
    L’Espoir et la Peur ?

*

Не спасусь, я борюсь,
Je ne serai pas sauvée, je me bats,
   Так давно! Так давно!
 Depuis si longtemps ! Depuis si longtemps !
Все равно утону, уж скорей бы ко дну…
De toute façon, c’est la noyade, je préfère aller au fond …
Но где дно?..
     Mais où est le fond ? …

***

1930

*

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*

ÊTRE POÈTE – Poème de FLORBELA ESTANCA – SER POETA – 1930

Traduction Jacky Lavauzelle João da Cruz e Sousa
João da Cruz e Sousa Traduction Jacky Lavauzelle

LITTÉRATURE PORTUGAISE
POÉSIE PORTUGAISE
LITERATURA PORTUGUESA
POESIA PORTUGUESA

******
TRADUCTION JACKY LAVAUZELLE
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Florbela Espanca
Flor Bela de Alma da Conceição
Poétesse portugaise
8 décembre 1894 – 8 décembre 1930
Vila Viçosa, 8 de dezembro de 1894 — Matosinhos, 8 de dezembro de 1930

Poème paru dans
« Charneca em Flor »
1930

***************

Ser Poeta é ser mais alto, é ser maior
Être poète, c’est être plus haut, c’est être plus grand
Do que os homens! Morder como quem beija!
Que les hommes ! Mordre comme l’on donne un baiser !
É ser mendigo e dar como quem seja
C’est être mendiant et donner comme en étant
Rei do Reino de Aquém e de Além Dor!
Roi du royaume de l’Au-dessus et de l’Au-delà de la Douleur !

*

É ter de mil desejos o esplendor
C’est avoir mille désirs de splendeur
E não saber sequer que se deseja!
sans savoir ce que l’on veut !
É ter cá dentro um astro que flameja,
C’est avoir à l’intérieur d’une étoile enflammée,
É ter garras e asas de condor!
Et des griffes et des ailes de condor !

*

É ter fome, é ter sede de Infinito!
C’est avoir faim, avoir soif d’infini !
Por elmo, as manhãs de oiro e de cetim…
C’est avoir pour casque des matinées d’or et de satin …
É condensar o mundo num só grito!
C’est condenser le monde en un seul cri !

*

E é amar-te, assim, perdidamente…
Et c’est t’aimer, ainsi, sauvagement …
É seres alma e sangue e vida em mim
C’est être des êtres d’âme et de sang et de vie en moi
E dizê-lo cantando a toda gente!
Et dites-le en chantant à la terre entière !

*******************
LA POÉSIE DE FLORBELA ESPANCA – POESIA DE FLORBELLA ESPANCA
*******************

João da Cruz e Sousa Traduction Jacky Lavauzelle

LES CENDRES GRISES DE MON ÂME – Poème de Florbela ESPANCA – Eu – 1930

Traduction Jacky Lavauzelle João da Cruz e Sousa
João da Cruz e Sousa Traduction Jacky Lavauzelle

LITTÉRATURE PORTUGAISE
POÉSIE PORTUGAISE
LITERATURA PORTUGUESA
POESIA PORTUGUESA

******
TRADUCTION JACKY LAVAUZELLE
******

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Poème paru dans
« Charneca em Flor »
1930

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Florbela Espanca
Flor Bela de Alma da Conceição
Poétesse portugaise
8 décembre 1894 – 8 décembre 1930
Vila Viçosa, 8 de dezembro de 1894 — Matosinhos, 8 de dezembro de 1930

***************

Les cendres grises de mon âme
(JE)
EU

****************

Vilhelm Hammershøi, Intérieur avec jeune femme vue de dos, 1904, Randers Kunstmuseum, Randers

Até agora eu não me conhecia,
Jusqu’à présent, je ne me connaissais pas
julgava que era Eu e eu não era
Je pensais que j’étais Moi et que je n’étais pas
Aquela que em meus versos descrevera
Celle que dans mes versets je décrivais
Tão clara como a fonte e como o dia.
Aussi clair que la fontaine et le jour.

*

Mas que eu não era Eu não o sabia
Mais que je n’étais pas Moi, je ne le savais pas
mesmo que o soubesse, o não dissera…
même si je l’avais su, je ne l’aurais pas dit …
Olhos fitos em rútila quimera
Les yeux fixés sur de chimériques décombres
Andava atrás de mim… e não me via!
J’étais après moi … et je ne me voyais pas !

*

Andava a procurar-me – pobre louca!-
Je me cherchais – pauvre idiote !
E achei o meu olhar no teu olhar,
Et j’ai trouvé mon regard dans ton regard,
E a minha boca sobre a tua boca!
Et ma bouche sur ta bouche !

*

E esta ânsia de viver, que nada acalma,
Et cette soif de vivre, qui rien n’apaise,
E a chama da tua alma a esbrasear
Est la flamme de ton âme embrasant
As apagadas cinzas da minha alma!
Les cendres grises de mon âme !

**

*******************
LA POÉSIE DE FLORBELA ESPANCA – POESIA DE FLORBELLA ESPANCA
*******************

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João da Cruz e Sousa Traduction Jacky Lavauzelle

LA FLÛTE DES VERTEBRES de MAÏAKOVSKI – Le Prologue – Флейта-позвоночник

Флейта-позвоночник

LA FLÛTE DES VERTEBRES DE MAÏAKOVSKI


русский поэт- Poète Russe
русская литература
Littérature Russe
 

 





 

Владимир Владимирович Маяковский
Vladimir Maïakovski

1893-1930

TRADUCTION JACKY LAVAUZELLE
стихотворение Лермонтова

 




 Poème de Vladimir Maïakovski

LA FLÛTE DE VERTEBRES
Флейта-позвоночник
1915
PROLOGUE – пролог

**

За всех вас,
A vous toutes,
которые нравились или нравятся,
qui aiment ou qui avez aimé,
хранимых иконами у души в пещере,
Icônes stockées dans une caverne de l’âme,
как чашу вина в застольной здравице,
Comme une coupe de vin à boire lors d’un toast,
подъемлю стихами наполненный череп.
Je lève mes vers au fond de ce crâne.



Все чаще думаю –
De plus en plus, je pense –
не поставить ли лучше
Que le mieux serait de placer
точку пули в своем конце.
Une balle à la fin.
Сегодня я
Aujourd’hui,
на всякий случай
Juste au cas où,
даю прощальный концерт.
Je donne un concert d’adieu.



 

Память!
Mémoire !
Собери у мозга в зале
Recueille dans la pièce du cerveau
любимых неисчерпаемые очереди.
Une file inépuisable d’amantes.
Смех из глаз в глаза лей.
Que le rire baignent les yeux.
Былыми свадьбами ночь ряди.
Que la nuit s’embellisse de nos hymens passés.
Из тела в тело веселье лейте.
Que de corps en corps la joie circule.
Пусть не забудется ночь никем.
Que ne soit jamais oublié cette nuit.
Я сегодня буду играть на флейте.
Aujourd’hui, je vais jouer de la flûte.
На собственном позвоночнике.
Sur ma propre colonne vertébrale.



 




*******

Poème de Vladimir Maïakovski
LA FLÛTE DES VERTEBRES
PROLOGUE
1915




LA FLÛTE DES VERTEBRES DE MAÏAKOVSKI

PASSION DE MAÏAKOVSKI (1917) Страсти Маяковского (Владимир Владимирович Маяковский)

Маяковский поэма
Страсти Маяковского

PASSION DE MAÏAKOVSKI


русский поэт- Poète Russe
русская литература
Littérature Russe
 

 





 

Владимир Владимирович Маяковский
Vladimir Maïakovski

1893-1930

TRADUCTION JACKY LAVAUZELLE
стихотворение Лермонтова

 




 Poème de Vladimir Maïakovski

Страсти Маяковского
La Passion de Maïakovki
1917

**

 Слышите?
Entendez-vous ?
Слышите лошажье ржанье?
Entendez-vous hennir les montures ?
Слышите?
Entendez-vous ?
Слышите вопли автомобильи?
Entendez-vous les crissements des voitures ?
Это идут,
Voilà
идут горожане
Les citoyens
выкупаться в Его обилии.
Qui se baignent dans Son abondance.

Разлив людей.
Une foule qui se déverse.
Затерся в люд,
Une foule qui m’étouffe,
расстроенный и хлюпкий.
Frustrée et visqueuse.
Хватаюсь за уздцы.
Je tends les rênes.
Ловлю
Je pêche
за фалды и за юбки.
Les basques et les jupes.


Что это?
Qui est-ce ?
Ты?
Est-ce toi ?
Туда же ведома?!
Tu sembles désinvoltes ?!
В святошестве изолгалась!
Désinvolture blasphématrice !
Как красный фонарь у публичного дома,
Comme la lumière rouge d’un bordel,
кровав
Se colorent
налившийся глаз.
Mes yeux irrigués.

Зачем тебе?
Pourquoi es-tu ici ?
Остановись!
Stop !
Я знаю радость слаже!
Je sais de plus douces joies !
Надменно лес ресниц навис.
Des forêts de cils hautainement suspendus.
Остановись!
Stop !
Ушла уже…
Elle est déjà emportée …



 

Там, возносясь над головами, Он.
Là-bas, s’élevant au-dessus des têtes, le voici.

Череп блестит,
Crâne scintillant,
хоть надень его на ноги,
A s’en même mettre sur ses pieds !
безволосый,
Sans un poil sur le caillou
весь рассиялся в лоске.
Tout brille en lui.
Только
Seulement
у пальца безымянного
Sur l’annulaire
  на последней фаланге
Sur la dernière phalange
 три
Trois
 из-под бриллианта –
– à côté des brillants-
выщетинились волосики.
Poils hirsutes.



Вижу – подошла.
Je vois – elle s’approche.
Склонилась руке.
Elle attrape sa main.
Губы волосикам,
Puis approche ses lèvres des trois poils,
шепчут над ними они,
Qui chuchotent sur chacun d’eux,
   « Флейточкой » называют один,
« Ma belle flûte » pour l’un,
« Облачком » – другой,
« Mon petit nuage » – pour l’autre,
 третий – сияньем неведомым
Au troisième – un éclat inconnu
 какого-то,
Pour lequel,
только что
Je viens juste
 мною творимого имени.
De lui donner un nom.




*******

Poème de Vladimir Maïakovski
PASSION DE MAÏAKOVSKI
Страсти Маяковского




PASSION DE MAÏAKOVSKI